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Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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définitions

épée (n.f.)

1.arme constituée d'une lame d'acier pointue.

 
synonymes
 
locutions

-Saint-Jacques de l'Epée • abbé de l'Épée • canne-épée • ceindre l'épée • coup d'épée dans l'eau • escrime à l'épée • homme d'épée • laisser son épée • mettre l'épée à la main • noblesse d'épée • nœud d'épée • port de l'épée • porte-épée • porter l'épée • ranger l'épée • remettre l'épée au fourreau • rendre son épée • saluer de l'épée • sortir l'épée • tirer l'épée • épée courte • épée de Damoclès • épée longue • épée à deux mains

-COURTE-ÉPÉE • PORTE-ÉPÉE[Littré]

-Au fil de l'épée • Au fil de l'épée (revue) • Cara (L'Épée de Vérité) • Charles-Michel de L'Épée • Château de Garde-Épée • Claymore (épée) • Courte (épée) • Demi-épée • Epée de Khaine • Excalibur, l'épée magique • Film de cape et d'épée • Fort Fleur d'épée • Gram (épée) • Joyeuse (épée) • L'Enfant à l'épée • L'Épée de Fly • L'Épée de Gédéon • L'Épée de Kamui • L'Épée de Shannara • L'Épée de Vérité • L'Épée de cristal • L'Épée de la vengeance • L'Épée du licteur • L'Épée sauvage • L'Épée-soleil • La Cape et l'Épée • Le Sabre et l'épée • Maryse Ewanje-Epée • Monique Ewanje-Epée • Où est l'épée la plus puissante !!? • Par l'épée • Roman de cape et d'épée • Rue de l'Abbé-de-l'Épée • Réserve écologique de Manche-d'Épée • Stormbringer (épée) • Tangente (épée) • Tessa à la pointe de l'épée • Togari, l'épée de justice • Warren (l'Epée de Vérité) • Épée (escrime) • Épée bâtarde • Épée de Damoclès • Épée de cour • Épée à deux mains

 
dictionnaire analogique

épée (n. f.) [ancien]

épée (n. f.)

tid

chose pointue[ClasseParExt.]

épée (n. f.)

tid

symbole chrétien[Symbolise]

épée (n. f.)

tid

arme d'escrime[Classe]

épée (n. f.)

tid

escrime (discipline)[Classe]

épée et sabre[termes liés]

épée (n. f.)

 
le Littré (1880)

ÉPÉE (s. f.)

1. Chez les anciens, arme offensive semblable à un sabre droit, dont on frappait l'adversaire ; chez les modernes, arme offensive longue et aiguë que l'on porte suspendue au côté. Longue, courte épée. Se battre en duel à l'épée.

[Il] met l'épée à la main, tourne le reste en fuite (CORN. Théod. IV, 4)

Contre nous de pied ferme ils tirent leurs épées (CORN. Cid, IV, 3)

Mon père est mort, Elvire, et la première épée Dont s'est armé Rodrigue a sa trame coupée (CORN. ib. III, 3)

Si je savais qui ce peut être, je lui donnerais tout à l'heure de l'épée dans le ventre (MOL. Georg. Dandin, I, 6)

Aussitôt dans son sein il plonge son épée (RAC. Mith. v, 4)

Il tira son épée pour se percer (FÉN. Tél. v.)

Épée de Damoclès, voy.

DAMOCLÈS

.

Il est brave comme son épée, se dit d'un homme très brave.

Achille, beau comme le jour, Et vaillant comme son épée (SARRASIN au duc d'Enghien.)

Avoir l'épée sur la gorge, être saisi et menacé d'être tué ; et fig. Être vivement pressé.

Se voir l'épée à la gorge (PATRU Plaid. 5, dans RICHELET)

Se battre de l'épée qui est chez le fourbisseur, se disputer de choses qui ne sont pas en la puissance de ceux qui se les disputent.

Un coup d'épée, un coup donné avec l'épée.

Ton premier coup d'épée égale tous les miens (CORN. Cid, III, 6)

Faire deux coups d'épée, s'est dit d'un échange de quelques bottes, d'un duel sans acharnement.

Plutôt, si votre amour a tant de véhémence, Faisons deux coups d'épée au nom de la beauté (CORN. Illus. com. III, 9)

Il a fait un beau coup d'épée, se dit ironiquement d'un homme qui a fait quelque sottise.

Familièrement. Un coup d'épée dans l'eau, un effort sans résultat.

Poursuivre, presser l'épée dans les reins, presser vivement à la guerre, dans une affaire, dans une discussion.

Emporter une chose à la pointe de l'épée, l'obtenir par la voie des armes ; et fig. avec effort, de vive force.

Rien d'assuré, point de franche lippée ; Tout à la pointe de l'épée (LA FONT. Fabl. I, 5)

Nous avons gagné la requête du grand conseil à la pointe de l'épée (SÉV. 534)

Poser l'épée, cesser la guerre.

Rendre son épée, se déclarer vaincu, céder.

N'avez-vous point vu un prince qui se bat jusqu'à l'extrémité ? un autre s'avance pour voir qui peut faire une si grande résistance ; il voit l'inégalité du combat.... il écarte ses gens, il demande pardon à ce vaillant homme, qui lui rend son épée à cause de son honnêteté ; car, sans lui, il ne l'eût jamais rendue (SÉV. 209)

Rendre l'épée à un officier, la remettre entre les mains d'un officier qui l'avait déposée pour passer en jugement et qui est honorablement acquitté.

On lui a demandé son épée, on l'a arrêté (en parlant d'un officier).

Briser son épée, quitter le service.

Mettre son épée au service de l'étranger, prendre du service dans une armée étrangère.

Fig. Se blesser de son épée, se faire du mal en voulant en faire aux autres.

Je me blessai tellement de ma propre épée que j'en pleurai (SÉV. 510)

N'avoir que la cape et l'épée, se disait autrefois d'un gentilhomme, d'un cadet, qui n'avait point de fortune.

Fig. Cela n'a que la cape et l'épée, ce mérite n'a que la cape et l'épée, cela est de peu de valeur, ce mérite est léger.

Son épée ne tient pas dans le fourreau, au fourreau, se dit d'un homme toujours prêt à se battre.

Son épée est trop courte, se dit de celui qui ne peut obtenir ce qu'il prétend, faute de force ou de crédit.

Son épée est vierge, se dit de celui qui ne s'est jamais battu.

Ils en sont aux épées et aux couteaux, ils sont en grande querelle.

On vous a mandé comme M. de Coetquen était avec M. de Chaulnes : il était avec lui ouvertement aux épées et aux couteaux (CHARL. DE SÉV. Lett. à Mme de Grign. 17 janv. 1676)

Traîneur d'épée, batteur de pavé qui porte une épée et ne va pas à la guerre.

Chevalier de la petite épée, filou.

Et l'autre un chevalier de la petite épée (RÉGNIER Sat. X)

Se faire blanc de son épée, voy. BLANC 1, avec l'explication qui montre qu'il ne faut pas dire, comme on dit quelquefois, faire blanc de son épée.

Mettre, faire passer quelque chose du côté de l'épée, mettre quelque profit, quelques fonds à couvert, en réserve.

Quoique les pots de vin que Son Éminence prend sur toutes les charges puissent avoir été du côté de l'épée, car on n'en voit pas le débouché dans le peu de petites charités qu'il fait (D'ARGENSON Mém. t. III, 1861, p. 122)

Il se dit souvent, en mauvaise part, de quelque profit illicite, ou de quelque bien qu'on soustrait à ceux qui y auraient droit. Il abandonne ses biens à ses créanciers, mais il a mis quelque chose du côté de l'épée.

Mais prompt, habile, diligent à saisir un certain argent, Somme aux inspecteurs échappée, Il a du côté de l'épée Mis, ce dit-on, quelques deniers (LA FONT. Lett. XXI)

Mourir d'une belle épée, d'une vilaine épée, éprouver un revers, quelque accident par une belle, par une vilaine cause, succomber sous un adversaire considérable ou sans considération.

Se laisser dire quelque chose d'injurieux l'épée au côté, souffrir une injure sans rien dire.

2. Épée de chevet, épée qu'on mettait sous son chevet pour se défendre en cas d'attaque nocturne.

Fig. Épée de chevet, personne sur laquelle on compte, chose dont on fait un usage continuel.

Toujours parler d'argent ! voilà leur épée de chevet (MOL. l'Avare, III, 5)

Épée à deux mains, épée à lame très longue et très forte dont on se servait au moyen âge.

Épée d'État, glaive qui se porte devant les souverains d'Angleterre dans les cérémonies.

Épée flamboyante, épée dont la lame semble jeter des flammes. Un ange armé d'une épée flamboyante.

Terme de blason. Épée haute, épée dont la pointe est tournée vers le haut de l'écu. Épée garnie, épée dont la garde et le pommeau sont d'un autre émail que la lame.

3. Plat d'épée, ou de l'épée, la partie plate de la lame. Donner des coups de plat d'épée.

4. L'état militaire.

À la fin j'ai quitté la robe pour l'épée (CORN. le Menteur, I, 1)

À son retour en France, il quitta l'épée et se mit dans l'état ecclésiastique, non point par ambition, mais par goût et pour jouir d'une vie paisible et réglée (D'OLIVET Hist. Acad. t. II, p. 306, dans POUGENS)

Les gens d'épée, les militaires.

J'ai si grand peur de ces hommes d'épée (RÉGNIER Sat. IX)

Les gens d'épée sont les princes, les ducs et pairs, les maréchaux de France et les grands officiers de la couronne, les gouverneurs et lieutenants généraux des provinces, les gouverneurs et états-majors des villes et places de guerre (VAUBAN Dîme, p. 67)

5. Fig. Vaillance à la guerre. Il ne doit son élévation qu'à son épée.

Une noblesse fière aimait à soutenir ses droits par son épée.... (MONTESQ. Esp. XXVIII, 18)

6. Celui qui est l'arme offensive, celui qui porte la guerre.

Qui fut tantôt le bouclier, et tantôt l'épée de son pays (FLÉCH. Tur.)

7. Une bonne épée, un bon tireur, un homme qui se bat bravement.

C'était la plus rude épée de France (HAMILT. Gramm. 4)

8. Noeud d'épée, noeud de rubans dont les hommes en habit de parure garnissaient autrefois la garde de leur épée.

9. Terme d'escrime. Le fort de l'épée, la partie de la lame la plus proche de la garde. Le mi-fort de l'épée, le milieu de la lame. Le faible de l'épée, l'extrémité de la lame.

10. Terme de manége. La main de l'épée, se disait de la main droite.

Épée ou épée romaine, marque en forme d'épi, qui vient sur l'encolure de certains chevaux, près de la crinière.

11. Terme de cordier. Morceau de bois en forme de coutelas qui sert à battre la sangle.

Grande alêne de bourrelier.

12. Chacun des deux montants d'un avant-train de charrue.

13. Terme de pêche. Instrument qui sert à prendre les poissons en les piquant, et qui a du rapport avec la foine.

14. Épée de mer, espadon, scie de mer, espèce de dauphin.

15. Terme d'alchimie. Épée des philosophes, le feu.

PROVERBES

Il a couché comme l'épée du roi, dans son fourreau, se dit de celui qui s'est couché sans se déshabiller.

À vaillant homme courte épée, c'est-à-dire un homme vaillant n'a pas besoin d'une longue épée, un homme habile n'a pas besoin de beaucoup d'instruments.

L'épée use le fourreau, se dit en parlant des personnes dont la grande activité d'esprit altère les forces, la santé.

HISTORIQUE

Xe s.Ad une spede [il] li roveret [commanda] tolir lo chief [tête] (Eulalie)

XIe s.[Il] ceint Murglies s'espée à son costed (Ch. de Rol. XXVI)Quant le vit Guenes, mist la main à l'espée (ib. XXXIII)

XIIe s.Car nos espées bones sont et tranchant (Ronc. p. 43)Fous, fait-il, tuz dis fustes et estes, et serez, Quant vus l'espée traite de sur le rei venez ; S'il trait sur vus la sue, coment vus defendrez ? (Th. le mart. 39)Cos [coup] d'espée garist et sainne Mult tost, des que mires [le médecin] i painne ; Et la plaie d'amors anpire, Quant ele est plus pres de son mire (CRESTIENS DE TROIE dans HOLLAND, p. 268)

XIIIe s.Deus espées sunt, par lesqueles toz li pueples doit estre governés esperituelment et temporelment, car l'une des espées doit estre espirituel et l'autre temporel (BEAUMANOIR XLVI, 11)Tant lui prierent tout cil qui là estoient que li rois rendi s'espée au soudan (JOINV. 208)

XVe s.Si commanda ledit comte qu'on mit tout à l'espée [qu'on tuât tout] (FROISS. I, I, 138)Il ouyt une voix qui lui dist : Chevalier sans espée, où vas-tu si vistement ? car chevalier sans espée n'est que femme sans quenouille (Perceforest, t. IV, f° 157)

XVIe s.Il mesle la premiere trouppe qui estoit sur le bord de l'eau, et, sans la desmordre, va mesler à l'entrée d'un chemin quelques espées dorées [seigneurs, muscadins] qui firent ferme (D'AUB. Hist. II, 381)La mort de son espée de chevet Bussi, de qui la fin fut telle (D'AUB. ib. II, 423)Je faillis à le frapper, mais c'estoit un homme d'espée (D'AUB. Conf. II, 6)Lui qui est aussi vaillant que son espée (Caquets de l'accouchée, p. 135, dans LACURNE, au mot martial)Qui porte espée porte paix (GÉNIN Récréat. t. II, p. 248)[Cheval ayant] poil chastain, astre au front, aux jambes deux balzans, romaine espée au col, de l'aage de sept ans (DES ACCORDS Bigarr. f° 140)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. espaza, espada ; catal. espasa ; espagn. et port. espada ; ital. spada ; du latin spatha, large épée, ainsi dite par assimilation avec spatha, outil de tisserand. Cependant, comme le celtique a spad, bêche (irland. et angl. spade), et spadaim, abattre, tuer. et que Diodore, v, 30, dit que spatha est le nom d'une longue épée des Gaulois, certains étymologistes ont pensé que spatha, dans le sens d'épée, était celtique, et ne s'était trouvé que par hasard conforme avec le latin spatha, outil de tisserand.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ÉPÉE. Ajoutez : - REM. Voici le nom et la définition de différentes sortes d'épées.

L'épée des monuments grecs affecte la forme d'une feuille de sauge ; elle a deux tranchants ; la pointe en est aiguë.

L'épée romaine a une lame courte et droite ; elle est à deux tranchants ; la pointe en est à deux biseaux, dont l'angle est plus ou moins ouvert.

Grande épée d'armes, arme des XIIe et XIIIe siècles ; lame lourde, sans évidement.

Épée fourrée ou à deux mains, grande et lourde épée, à deux tranchants, agissant surtout de taille, à longue poignée pour être maniée à deux mains.

Épée bâtarde, épée dont la lame était large et plus courte que celle de l'épée ordinaire des hommes d'armes.

Épées jumelles, épées symétriques, disposées de manière à pouvoir être placées deux à la fois dans le même fourreau.

L'épée moderne est une arme aiguë et longue, caractérisée par la forme symétrique de la lame ; elle n'a pas de dos comme en ont les armes d'estoc et de taille ; elle n'a pas de tranchant, ou en a deux ou trois.

 
Wikipedia

Épée

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L'épée est une arme blanche à simple ou double tranchant composée d'une lame droite en métal pourvue le cas échéant d'une gouttière (dépression longitudinale), d'une poignée et, dans certains époques, d'une garde protégeant la main et d'un pommeau.

Le terme d’épée est polysémique :

  1. Il peut désigner l’ensemble de la famille de ces descendants du glaive romain. Le terme anglais est alors sword
  2. Il a depuis le XXe siècle acquis un sens nouveau, l’« épée d’escrime », l'une des trois armes avec le fleuret et le sabre. Le terme anglais est alors le même qu'en français, épée. C'est un des nombreux cas de terme récursif, un terme désignant à la fois un objet et la famille à laquelle il appartient.

Le présent article s’intéresse au sens 1. Il aborde également le second sens, mais de manière mineure. La forme de l'épée détermine son utilisation :

  • de taille : coup portée avec le fil de l'épée (l'arête tranchante) ;
  • d'estoc : coup porté dans l'axe de l'épée pour transpercer son adversaire.

Sommaire

  • 1 Histoire
    • 1.1 Système de suspension
    • 1.2 Techniques de forge
    • 1.3 Voir aussi
  • 2 Types
  • 3 Épées célèbres
    • 3.1 Épées « historiques » ou armes d'épopées médiévales
    • 3.2 Épées d'œuvres de fiction des XIXe-XXe siècles
  • 4 Films de capes et d'épées
  • 5 Notes et références
  • 6 Voir aussi
    • 6.1 Articles connexes
    • 6.2 Lien externe

Histoire

Épées du Moyen Âge
Épées du Moyen Âge

Des épées, c'est-à-dire des armes ayant une lame d'au moins trente centimètres, sont connues dès l'âge du bronze : celles-ci sont alors réparties en quatre types, dont le plus ancien est celui des « épées à languette large » (G.Gaucher et J.-P.Mohen) du Bronze ancien ou moyen, vers -2000.

À l'âge du bronze final, les « épées à languette tripartite » ont les trois parties de la poignée clairement distinctes (garde, fusée et pommeau) : c'est au plus tard à cette période et probablement plus encore au premier âge du fer que l'arme acquiert une valeur aristocratique. Coûteuse, longue et complexe à élaborer, l'épée semble en effet se trouver exclusivement dans les tombes de personnages importants.

Lourde et difficile à manier, l'épée s'affirme au départ comme une arme de prestige et devient durant l'antiquité l'arme par excellence qu'utilise le cavalier pour frapper « de taille » le fantassin. Néanmoins, Celtes, Germains et Romains l'utilisent aussi dans l'infanterie, sous différentes formes.

Dans le dernier quart du IVe siècle, l'épée celtique cladio [[1]], d'une longueur de lame de 60 cm devient un élément primordial de l'équipement standard du guerrier. Jusqu'à la période romaine, cette épée connaît un allongement de sa lame, tandis que sa pointe s'arrondit, ce qui indique un usage quasi-exclusif de taille.

Les légionnaires romains emploient le glaive (latin gladius), qui se porte au côté droit comme avant lui l'épée gauloise ou ibérique. Le glaive du haut Empire (type « Mayence ») est directement inspiré de l'épée hispanique avec une lame qui peut atteindre soixante centimètres. Par la suite, sa pointe se raccourcit (type « Pompéi »). Le glaive du légionnaire est peut-être l'arme qui contribue le plus à la supériorité militaire romaine des premiers siècles de l'ère chrétienne, notamment en raison de sa capacité à être utilisé de taille et d'estoc.

Parallèlement, la cavalerie romaine, souvent composée des troupes auxiliaires celtes ou germains, emploie un type d'épée longue (latin spatha). Sous les Sévères, la spatha devient à son tour une arme d'infanterie, avec une lame longue de 60 à 90 cm qui s'élargit progressivement, qui se porte au côté gauche.

Sans doute à cause des traits évoqués, l'épée est une arme dont la fabrication est confiée à des spécialistes. En raison de cela, un modèle est souvent et longtemps imité avant qu'une innovation apparaisse. Ainsi, les Germains avaient emprunté l'épée longue aux Celtes. À partir du IIIe siècle environ, la spatha (l'épée longue romaine) s'inspire elle-même des armes germaniques occidentales : elle connaît son heure de gloire au moment des Grandes invasions ; c'est l'épée des barbares qui triomphe du glaive équipant les cohortes, en quelque sorte.

Exportée en Scandinavie (dans le Jutland), c'est celle-ci qui semble avoir servi de modèle originel à l'épée occidentale médiévale, dont le premier type est celui de l'épée mérovingienne, au pommeau triangulaire muni d'un anneau. L'épée longue « mérovingienne » sert à son tour de modèle à l'épée franque carolingienne, la meilleure de son temps au point que son commerce a été interdit à l'exterieur de l'empire. Celle-ci est perfectionnée jusqu'au IXe siècle en Saxe, puis copiée par les Vikings. Lors de l'établissement du duché de Normandie, l'épée Viking est améliorée jusqu'au XIe siecle (son poids diminue et la garde s'allonge). Au XIIe siècle le pommeau rond se répand et remplace les pommeaux ovales ou lobés des épées Normandes. Des modèles à la garde recourbée apparaissent. L'estoc (pointe) rond tend à s'éffiler jusqu'au développement au début du XIVe de l'épée d'estoc : son talon est large (jusqu'à 10cm) et l'estoc très pointu permet de transpercer l'armure entre les plates qui apparaissent alors. A la fin du XIIIe siècle apparaissent les épées longues (à deux mains) telles que le brand d'arçon qui, comme son nom l'indique, est porté sur la selle et est utilisé par le chevalier démonté. Les épées batardes (dites à une main et demi) se développent au XVe siècle. Leur longueur et leur poids modérés ainsi qu'un excellent équilibrage (notamment grace aux pommeaux en ampoule) en permettent l'usage à cheval et à pied. Les épées très longues telles que les espadons restent d'usage au XVe siècle et jusqu'au début du XIVe (Zweihänder des Lansquenets).

Système de suspension

L'évolution de l'arme proprement dite est indissociable de celle de son système de suspension : les Celtes protohistoriques de la Tène avaient déjà su élaborer un système de suspension reposant sur deux chaînes : un brin court (15 cm) et sur un brin long (45 -- 50 cm).

Au début du haut Moyen Âge, les épées sont portées au côté gauche au moyen d'un double pontet vertical (sorte de boucle rigide). L'origine exacte de ce dernier est incertaine : connu des Chinois, il faut attendre pour le voir utilisé en occident que les Sarmates et les Alains l'introduisent durant les invasions "barbares", une des découpes des Grandes invasions (IIIe-IVe siècle). Jusqu'au XIe siècle, le port de l'épée dans son fourreau en bandoulière ou grace à une ceinture simple est courant. Plus tard, alors que l'usage de la cavalerie se répand, on utilisera des fourreaux attachés avec une double ceinture, conferant ainsi une meilleure stabilité à cheval. Pour les mêmes raisons, au XIIe siècle, le port de l'épée, d'abord vertical le long de la jambe gauche, devient oblique. Il passe presque à l'horizontale au XVe siècle lorsque les épées longues se répandent, afin que la pointe ne touche pas le sol quand l'homme d'armes est à pied. Les épées de très grande dimensions (brands, espadons) sont portées attachés à la selle du cheval, et non dans le dos. Les seules épées communément portées dans le dos furent les claymores des highlanders au XVIIe.

Techniques de forge

Un autre aspect important de l'Histoire de l'épée est l'évolution des techniques de forge : ainsi, pour forger leurs lames, les Gaulois pratiquaient le corroyage en mélangeant eux-mêmes différents métaux, probablement dans un but de réemploi. Au haut Moyen Âge, « une caractéristique des épées longues "mérovingiennes" est la structure composite de beaucoup de lames »[1]. La technique, consistant à forger l'« âme » de la lame, puis à lui adjoindre (« rapporter ») deux tranchants à la teneur plus élevée en azote a été bien étudiée : deux bandes étroites de métal, destinées à être utilisées comme tranchants, sont soudées à une bande centrale de métal damassé (composé de bandes alternées de fer doux et de fer carburé, éventuellement torsadées avant d'être martelées). L'amélioration des métaux, soit par corroyage en occident, soit par emploi de lingots déjà prêts, en orient puis en occident, est également un souci majeur que rapportent notamment les épopées scandinaves.

Hydace, chroniqueur galicien du VIème siècle, rapporte dans son Olympiade 211 que "de même un jour, lors de l'assemblée des Goths, la partie de fer ou la pointe des armes qu'ils tenaient à la main prit une couleur verte pour les unes, rose ou jaune, safran ou noire pour les autres, perdant ainsi provisoirement son aspect naturel de métal." On peut y voir un témoignage de leur structure en couches, qui reflète le soleil de différentes manières.

Voir aussi

Au fil des siècles et des peuples, des armes qui pouvaient être regroupées sous ce terme générique ont évolué en différentes formes, devenant sabre en Orient, cimeterre, katana dans le Japon médiéval, etc. Toutefois l'épée était en principe une arme réservée aux nobles.

Types

liste complète : (en) List of swords

Épées en vente
Épées en vente

Épées à une main :

  • cladio[2] : épée celte en fer de La Tène, lame de 80 à 90 cm, pointe large et tranchants parallèles
  • xiphos : épée courte des anciens Grecs ;
  • glaive : épée courte à lame et garde symétrique des légionnaire romains ou plus tard des hauts dignitaires au 19ème;
  • spatha : épée longue romaine des grandes invasions (exemple) ;
  • arming sword : « épée de guerre », ce que l’on imagine habituellement quand on pense à une épée (c’est l'épée longue dans les jeux de rôles) ;
  • side sword : « spada de lato » en italien, c'est une épée développée pour lutter contre les plates et utiliser un ricasso tout en continuant à utiliser l’arme à une seule main (exemple) ;
  • dirk : (exemple)
  • katzbalger : (étripe chat en allemand) une épée courte utilisée par les lansquenets ;
  • rapière : épée longue et fine utilisée en Europe à partir du fin XIVe ;
  • épée de cour : une version plus courte de la précédent, prolongeant la tendance d'une arme de moins en moins utilitaire ;
  • jian : épée chinoise légère utilisée notamment pour la pratique du Tai-Chi.
  • braquemard : épée large et courte
  • colichemarde
  • Reitschwert (exemple)
  • katana, sabre japonais de main droite
  • wakizashi, sabre japonais de main gauche
  • tanto, variation du katana
  • tachi, variation du wakizashi
  • o-katana, long katana
  • faucon (arme), sabre droit, semblable à la latte

Épées à deux mains :

  • épée bâtarde (ou épée à une main et demie), utilisable à une ou deux mains
  • claymore épée longue des Hautes Terres d'Écosse
  • espadon (zweihänder en anglais et allemand), un épée tardive conçue pour la force brute et l'effet de choc
    • flamberge, une version à lame ondulée, qui ajoute un impact psychologique, réduit la performance et censément induit des vibrations dans l'arme adverse
  • ōdachi, long sabre japonais
  • nodachi, long sabre japonais
  • zhanmadao, extrêment longue épée chinoise
  • Tuck (non classé) (exemple)

Épées célèbres

De nombreuses épées ont un nom célèbre, qu'elles soient au départ historiques, devenues des armes légendaires dans les épopées médiévales, ou bien qu'il s'agisse d'armes entièrement imaginaires qui appartenant à des œuvres fantastiques écrites après le XIXe siècle :

Épées « historiques » ou armes d'épopées médiévales

  • L'Épée de Damoclès
  • Almace : épée de l'archevêque Turpin, compagnon de Charlemagne
  • Balmung (ou Nothung dans la Tétralogie de Richard Wagner): l'épée de Siegfried
  • Caladbolg, l’épée magique de Fergus Mac Roeg, dans la mythologie celtique irlandaise
  • Courte : l'épée d'Ogier le Danois
  • Durandal : épée de Roland, compagnon de Charlemagne
  • Excalibur (ou Escalibur) : épée du roi Arthur
  • Flamberge : épée à deux mains de Renaud de Montauban
  • Hauteclaire : épée du chevalier Olivier
  • Joyeuse appartenant à Charlemagne
  • Tizona : épée du Cid
  • Santacrux : épée de Thibaut de Sauvigny
  • L'épée aux étranges attaches : épée de Galaad
  • L'épée de Nuada : épée du dieu irlandais Nuada qui tranche le fer et l'acier, peut avoir inspiré la légende d'Excalibur

Épées d'œuvres de fiction des XIXe-XXe siècles

  • Andúril : épée d'Aragorn, personnage du Seigneur des Anneaux
  • Dard : épée de Bilbon dans Bilbo le hobbit de J.R.R. Tolkien, elle fut remise à son neveu Frodon Sacquet dans Le Seigneur des Anneaux. Elle a la particularité de luire lorsque des orques sont à proximité.
  • Daywalker : épée du vampire Blade dans les films du même nom.
  • Destinée : épée indestructible et disputée dans le film Tigre et dragon
  • Excalibur-Jr: épée du personnage-joueur Pip, dans la série de livre dont vous êtes le héros Quête du Graal.
  • Frostmourn : épée maudite d'Arthas, prince du royaume déchu de Lordaeron dans le monde d'Azeroth tirée du jeu vidéo Warcraft III.
  • Glaive de Sommer : Épée (le terme glaive est issu d’une mauvaise traduction) des rois du Sommerlund, longtemps laissé au royaume de Durenor en gage d’alliance. Elle est l’une des rares armes permettant de tuer les Seigneurs des ténèbres et son possesseur est Loup Solitaire dans la série de récits du même nom.
  • Glamdring : épée de Gandalf le sorcier dans le Seigneur des Anneaux.
  • Grayswandir : épée du prince d'Ambre Corwin, personnage de Roger Zelazny.
  • Epée marqué du héron : épée fabriquée à l'aide du Pouvoir Unique dans La Roue du Temps. Elles ont la particularité d'être pratiquement indestructible. Elles sont généralement la propriété de grands épéistes. Le jeune héros, Rand, héritera la sienne de son père adoptif..
  • Herugrim : épée du roi Théoden, roi de Rohan dans le Seigneur des Anneaux.
  • Master Sword (Epée de Légende ou Excalibur) : épée légendaire et arme principale du héros Link dans la série de jeux vidéo The Legend of Zelda.
  • Narsil : épée d'Elendil dans le Seigneur des Anneaux, elle fut brisée dans le combat contre Sauron puis reforgée pour devenir Andúril.
  • Stormbringer : épée d'Elric le Nécromancien, personnage de Michael Moorcock, et sa jumelle Mournblade
  • Vorpale : épée évoquée dans le poème Jabberwocky de Lewis Carroll.
  • Werewindle : épée du prince d'Ambre Brand, personnage de Roger Zelazny.
  • Zar'roc : épée de Morzan le Parjure puis de Brom le Dragonnier et enfin d'Eragon dans la trilogie Eragon.

Films de capes et d'épées

Voir article complet : Film de cape et d'épée

L'épée (rapière ou épée de cour) est l'arme caractéristique des personnages, et en particulier des héros, des films appartenant au genre « films de cape et d'épée ». Ces films se terminent généralement par un duel à l'épée.

Le film de cape et d'épée se caractérise par des combats d'épées, un héros et une histoire d'amour.

Notes et références

  1. ↑ Iaroslav Lebedynsky, dans Armes et guerriers barbares au temps des grandes invasions, Paris, 2001

Voir aussi

Articles connexes

  • Escrime
  • Escrime médiévale
  • Armement médiéval
  • Sabre

Lien externe

  • L'armement Médiévale dans les collections bourguignonnes
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