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Lettris est un jeu de lettres gravitationnelles proche de Tetris. Chaque lettre qui apparaît descend ; il faut placer les lettres de telle manière que des mots se forment (gauche, droit, haut et bas) et que de la place soit libérée.

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Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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définitions

étoile (n.f.)

1.astre visible (hormis le soleil et la lune).

2.figure qui représente une étoile, formée de branches ou de rayons qui partent d'un point central.

3.personne de grande réputation dans le domaine du sport ou du spectacle.

4.(astronomie)astre qui brille d'une lumière propre.

étoilé (adj.)

1.semé d'étoiles.

2.qui est en forme d'étoile.

étoiler (v.)

1.semer d'étoiles.

2.marquer d'éléments en forme d'étoiles.

 
voir aussi

étoilé (adj.)

étoile

étoile (n.f.)

étoilé, étoiler, stellaire

étoiler (v.)

étoile

 
synonymes

étoilé (nominal)

constellé, fêlé, rayonné, stellaire

 
locutions
 
dictionnaire analogique

étoile (n. f.)

tid

étoile[ClasseHyper.]

étoile (n. f.)

tid

éperon[DomainDescrip.]

étoile (n. f.)

étoile (n. f.)

tid

forêt et bois[termes liés]

étoile (n. f.)

tid

chance[Classe]

étoile (n. f.)

tid

figure en étoile[ClasseHyper.]

symbole chrétien[Symbolise]

étoile (n. f.)

étoile (n. f.)

étoile (n. f.)

étoilé (adj.)

étoilé (adj.)

étoiler (v. pron.)

se+V

étoiler (v. tr.)

V+comp

tid

parsemer d'étoiles[Classe]

étoile[GenV+comp]

 
le Littré (1880)

ÉTOILE (s. f.)

1. Primitivement et dans le langage ordinaire, tout astre, soit fixe, soit errant.

Jamais étoile, lune, aurore ni soleil Ne virent abaisser sa paupière au sommeil (CORN. Médée, II, 2)

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles (CORN. Cid, IV, 3)

Aurait-il [Dieu] imprimé sur le front des étoiles Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles ? (LA FONT. Fabl. II, 13)

Thalès plaçait la terre au centre du monde, il la croyait sphérique, il a pensé que les étoiles ne sont pas d'une autre substance (CONDIL. Hist. anc. III, 14)

Pour toute réponse à cette vive attaque, l'empereur le prit par la main [le cardinal Fesch], le conduisit à la fenêtre, l'ouvrit, et lui dit : Voyez-vous là haut cette étoile ? - Non, sire. - Regardez bien. - Sire, je ne la vois pas. - Eh bien ! moi, je la vois, s'écria Napoléon (SÉGUR Hist. de Nap. II, 3)

La lune est dans le ciel et le ciel est sans voiles ; Elle éclaire de loin la route des étoiles, Et leur sillage blanc dans l'océan d'azur (LAMART. Harm. I, 10)

Fig. Personne éminente ou chère.

Quand.... Je demande à mon coeur tous ceux qui ne sont plus, Et que, les yeux flottants sur de chères empreintes, Je pleure dans mon ciel tant d'étoiles éteintes (LAMART. Harm. IV, 10)

L'étoile du matin, l'étoile du soir, la planète Vénus.

Est-ce vous qui faites paraître en son temps sur les enfants des hommes l'étoile du matin, ou qui faites lever ensuite l'étoile du soir ? (SACI Bible, Job, ch. XXXVIII, v. 32)

Là le lac immobile étend ses eaux dormantes Où l'étoile du soir s'élève dans l'azur (LAMART. Méd. I, 1)

L'étoile du berger, la planète Vénus.

Il fait clair d'étoiles, la nuit est claire et les étoiles brillent.

2. Étoile fixe, ou, simplement, étoile, astre fixe qui brille de sa lumière propre.

Ces masses prodigieuses qu'on appelle des étoiles ne sont qu'un point à nos yeux et ne nous paraissent presque que des étincelles (NICOLE Ess. de mor. 1er traité, ch. 8)

Les étoiles fixes ne sauraient être éloignées de la terre moins que de vingt-sept mille six cent soixante fois la distance d'ici au soleil, qui est de trente-trois millions de lieues (FONTEN. Mond. 5e soir.)

Il [Tycho-Brahé] a composé avec tant d'exactitude un nouveau catalogue des étoiles fixes, que ce seul ouvrage peut mériter à son auteur le nom que quelques-uns lui ont donné de restaurateur de l'astronomie (ROLLIN Hist. anc. liv. XXVII, ch. 2)

Les étoiles fixes sont autant de points de comparaison dont les astronomes ne peuvent se passer.... aussi s'est-on donné des soins infinis dans tous les siècles pour connaître le nombre et la situation des étoiles fixes (MAIRAN Éloges, Halley)

Chaque étoile fixe est un soleil comme le nôtre environné de planètes (VOLT. Jenni, 8)

.... Lorsque la nuit sur ses immenses voiles De leur rayon tremblant fait briller les étoiles (DUCIS Abufar, I, 3)

Ses grands yeux noirs brillaient sous la noire mantille : Telle une double étoile au front des nuits scintille Sous les plis d'un nuage obscur (V. HUGO Orient. 33)

L'étoile polaire, étoile située à la queue de la Petite Ourse, et très voisine du pole boréal.

Étoiles fondamentales, certaines étoiles dont l'observation est presque toujours facile et qui servent aux marins.

Étoiles groupées, amas nébuleux ressemblant à de petites comètes, à la vue simple.

Étoiles doubles, groupe de deux étoiles qui forment un système et dont l'une tourne autour de l'autre, conformément aux lois de la gravitation.

Étoiles doubles, multiples, se dit aussi de groupes d'étoiles placées dans des directions visuelles si voisines qu'elles paraissent ne former qu'un astre.

Étoiles changeantes, étoiles qui présentent des variations de couleur.

Familièrement. Loger, coucher à la belle étoile, coucher dehors, en plein air.

La nuit m'ayant surpris dans un endroit où il n'y avait aucune habitation, il fallut me résoudre à coucher à la belle étoile (LESAGE Estev. Gonz. ch. 46)

Faire voir à quelqu'un les étoiles en plein midi, lui donner un grand coup sur les yeux, sur la tête, qui lui fait voir mille bluettes, et aussi lui en imposer, lui en faire accroire.

On dit d'un prédicateur qu'il voit les étoiles, quand il bat la campagne et perd le fil de son sermon.

Compter les étoiles, perdre son temps, pousser la curiosité trop loin

Poétiquement. Porter le front, avoir le front dans les étoiles, être au comble de la gloire.

Quand la faveur.... Vous ferait devant le trépas Avoir le front dans les étoiles (MALH. IV, 5)

3. Étoiles tombantes, étoiles filantes, petits corps que l'on voit pendant la nuit traverser l'air et s'éteindre presque aussitôt, et qui proviennent de régions célestes placées bien au delà de l'atmosphère terrestre.

La plupart des météores, les feux follets, les exhalaisons, les étoiles tombantes, les phosphores naturels et artificiels, les bois pourris et lumineux, ont-ils d'autres causes que l'électricité ? (DIDEROT Interprét. de la nat. n° 35)

Encore une étoile qui file, Qui file, file et disparaît (BÉRANG. Étoiles fil.)

4. Fig. Destinée, fortune, influence prétendue des astres.

Aussi, pourvu que je vous aie favorable, il ne m'importe que les étoiles me soient contraires (VOIT. Lett. 29)

Un destin tout-puissant, une invincible étoile Aux yeux de ma raison attache un sombre voile (MAIRET Panthée, I, 7)

À ma mauvaise étoile imputons mon ennui (ROTROU Vencesl. III, 2)

Mais, madame, accusez une étoile fatale (ROTROU ib. v, 2)

Il semble que nos actions aient des étoiles heureuses ou malheureuses, à qui elles doivent une grande partie de la louange et du blâme qu'on leur donne (LAROCHEF. Réflex. 58)

Son étoile est d'être utile à M. de Lavardin (SÉV. 438)

Tout le monde croit que l'étoile [le crédit] de Quanto [Mme de Montespan] pâlit (SÉV. 310)

L'étoile du roi résiste à Ruyter (SÉV. 225)

C'est mon étoile, disent-ils, c'est mon ascendant, c'est l'astre puissant et bénin qui a éclairé ma nativité, qui met tous mes ennemis à mes pieds (BOSSUET Polit. VII, VI, 5)

Ils se trouvent dignes de leur étoile (LA BRUY. VIII)

Je crois qu'à la fin je serai un sot ; il semble que ce soit mon étoile et que je ne puisse m'en dispenser (MONTESQ. Lett. pers. 54)

Ils étaient très orgueilleux et très ignorants ; il n'y avait d'étoiles que pour eux ; le reste de l'univers était de la canaille dont les étoiles ne se mêlaient pas (VOLT. Dict. phil. Astronom.)

Berger, tu dis que notre étoile, Règle nos jours et brille aux cieux (BÉRANG. Étoiles filantes)

Je m'en prends à mon étoile, et j'accuse les dieux qui ne veulent pas nous voir ensemble si près d'eux [au sommet des Pyrénées], non plus que Castor et Pollux (P. L. COUR. Lett. I, 23)

Être né sous une heureuse, sous une fâcheuse étoile, réussir, échouer en ce qu'on fait.

Lire dans les étoiles, se dit des faiseurs d'horoscope.

5. Petit artifice qui imite dans les airs l'éclat d'une étoile. Chaque fusée en éclatant lance un bouquet d'étoiles.

6. Ornement qui a quelque ressemblance avec une étoile. Un manteau parsemé d'étoiles.

La coupe transversale d'une racine de vigne offre une étoile à neuf ou dix rayons parfaitement bien dessinée des mains de la nature (BONNET Usage des feuilles, 5e mém.)

7. Insigne de décoration, ainsi dit à cause de ses rayons.

L'étoile des braves, l'étoile de l'honneur, la croix de la Légion d'honneur.

Ils [les maréchaux] préfèrent au cordon bleu De l'honneur l'étoile sacrée (BÉRANG. Deux cousins)

L'étoile de l'honneur brille sur sa poitrine (BARTHÉLEMY)

Ordre de l'Étoile polaire, ordre de chevalerie institué en Suède.

M. de Linné fut le premier homme de lettres décoré de l'ordre de Étoile polaire (CONDORCET Linné.)

Ordre de l'Étoile, ordre de chevalerie institué à Paris en 1351 par le roi Jean.

8. Fêlure en forme d'étoile faite à une bouteille, à une vitre, etc. Il est prudent de vider les bouteilles qui ont une étoile.

9. Terme d'imprimerie. Sorte d'astérisque qui sert à remplir un vide, ou à marquer un renvoi.

Monsieur trois étoiles, s'emploie pour désigner quelqu'un qu'on ne veut pas nommer ; ce qui s'indique, en écrivant ou en imprimant : Monsieur ou M.***.

Des initiales d'abord ; on attribue à M. le comte trois étoiles.... ; et puis demain le nom en toutes lettres (SCRIBE Le Puff, IV, 1)

Ces madrigaux niais et doux, Qui peignent, avec ou sans voile, Des bergères toutes à tous, à qui les adresserions-nous Sans madame de trois étoiles ? (PONS (de Verdun), Contes et poésies, p. 64)

10. Terme de vétérinaire. Étoile en tête, ou, simplement, étoile, marque blanche et particulière des robes foncées, existant au front du cheval et du boeuf.

Comme on faisait beaucoup de cas des chevaux qui avaient, sur le devant du front, une espèce d'épi ou rebroussement du poil qu'on appelle étoile ou pelote, ils vinrent à bout d'en faire paraître (Dict. des arts et mét. Marchands de chevaux)

Fausse étoile, marque artificielle que les maquignons font aux chevaux qui n'en ont pas de véritable.

11. Étoile de mer, astérie.

Diverses espèces de vers d'eau douce, les vers de terre, les orties et les étoiles de mer, coupés par morceaux, se reproduisirent de bouture comme le polype (BONNET 1er mém. Reprod. salamandre)

12. Poétiquement. Étoile se dit pour fleur en étoile.

Tandis que l'étoile inodore [le bluet] Que l'été mêle aux blonds épis, Émaille de son bleu lapis Les sillons que la moisson dore (V. HUGO Orient. 31)

13. Point central où aboutissent plusieurs allées, qui forment comme autant de rayons d'étoiles.

Ce fut Chandenier qui fit percer une étoile régulière à mon père qui voulait bâtir (SAINT-SIMON 38, 183)

C'est une sorte d'étoile où concourent quelques allées qui resserrent entre elles un parterre moins étendu qu'irrégulier (DIDEROT Mém. La promenade du sceptique)

14. Terme de fortification. Étoile ou fort à étoile, ouvrage de fortification fait à angles saillants et qui a six pointes.

15. Point graisseux en forme d'étoile qui se voit dans le bouillon ; on dit aussi les yeux du bouillon.

S'il pensait y trouver une étoile de graisse (RÉGNIER Sat. x)

16. Terme de chirurgie. Étoile, ou bandage étoilé, ou, simplement, étoilé, bandage improprement comparé à une étoile, parce que les jets de bande forment à peu près un X par leur entre-croisement.

17. Terme de coiffeur. Extrémité d'une tresse de cheveux.

18. Terme de marine. Petit anneau de fer-blanc, contenant la mèche qui éclaire le compas de route.

19. Pièce de la cadrature d'une montre ou d'une pendule à répétition.

Une des pièces du moulin à mouliner les soies.

Outil pour faire une étoile sur le dos des livres.

Instrument pour vérifier le calibre des canons.

On ne peut aller contre son étoile, on ne peut résister à sa propre destinée.

HISTORIQUE

XIe s.Clere est la lune, les esteiles flambient (Ch. de Rol. CCLXVIII)

XIIe s.Là sus au ciel mainte estoile flambie (Ronc. p. 147)Enpris [j'] ai greignor [plus grande] folie Que li faus enfes [enfant] qui crie Pour la bele estoile avoir Qu'il voit haut et clair seoir (Couci, III)As esteilles s'en vunt e à la tenebrur, E se sunt comandé à Deu nostre seignur (Th. le mart. 49)

XIIIe s.Li oel qui en son chief estoient à deus estoiles resembloient (la Rose, 2990)....Dont aucunes gens cuident que ce soit li dragons, ou que ce soit une estele qui chiet [tombe] (BRUN. LATINI Trés. p. 120)

XVe s.Car fortune n'est pas si très cruelle, Qu'elle voulsist hors de ce monde oster Celle qui est des princesses l'estoille (CHARLES D'ORL. Ball. 56)

XVIe s.Estoient logez à l'enseigne de l'estoile [en plein air] (JEAN D'AUTON Annales de Louis XII, dans LACURNE)Sa clarté [de ton livre] nous suffit ; l'homme n'a plus que faire D'estoiles au matin quand le jour est levé (RONS. Sonn. à des Caurres.)À midy estoile ne luit, chat-huant ne sort de son nid (LEROUX DE LINCY Prov. t. I, p. 97)

ÉTYMOLOGIE

Wallon, siteul ; norm. ételle ; il ételle, il fait clair d'étoiles ; provenç. estela, stela ; espagn. estrella ; ital. stella ; du latin stella.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ÉTOILE. Ajoutez : - REM. Dans la locution loger, coucher à la belle étoile, il ne faut pas croire que le sens soit : coucher aux rayons des belles étoiles, ou du moins la locution a commencé par : coucher à une auberge dont l'enseigne est la belle étoile. Cela résulte de la phrase citée à l'historique : Estoient logez à l'enseigne de l'estoile [en plein air]. On comprend très bien la façon de cette plaisanterie : c'est un jeu de mots entre une prétendue enseigne d'auberge portant des étoiles, et les étoiles du ciel sous lesquelles couche celui qui n'a pas de logis.

ÉTOILÉ, ÉE (part. passé.)

1. Semé d'étoiles. Le ciel est étoilé.

Le séjour étoilé, la voûte étoilée, le ciel.

L'opale étincelante à la perle mêlée Renvoie un jour pompeux vers la voûte étoilée (CORN. Tois. d'or, II, 3)

Plus heureux dans la mort, les voûtes étoilées Réuniront un jour nos ombres consolées (DUCIS Oscar, v, 4)

Tout me sourit, les fleurs brillent plus belles, Les jours plus purs, les cieux plus étoilés (BÉRANG. Encore des amours.)

Par extension.

Cloris n'est que parée et Cloris se croit belle ; En vêtements légers l'or s'est changé pour elle ; Son front luit, étoilé de mille diamants (GILBERT Le XVIIIe siècle)

Sur ce divan étoilé d'or Qu'inventa l'opulente Asie, De ses cheveux je crois encor Respirer la pure ambroisie (MILLEV. Élég. I, 3)

2. Qui ressemble à une étoile.

Terme de botanique. Feuilles étoilées, petites feuilles verticillées, fort étalées, disposées en rayons, par ex. dans les galium.

Chardon étoilé, la chausse-trape (centaurea calcitrappa, L.).

Terme d'histoire naturelle. Poils étoilés, poils groupés et rayonnant d'un centre commun.

3. Terme de chirurgie. Bandage étoilé, voy.

ÉTOILE

3. .

4. Chambre étoilée, juridiction exceptionnelle établie en Angleterre depuis Henri VII jusqu'à la fin du long parlement.

5. Fêlé en étoile. Bouteille, glace étoilée.

Terme d'eaux et forêts. Bois étoilés, les bois où il se trouve une fente, et quelquefois plusieurs, qui se croisent sous différents angles et qui ouvrent le coeur des arbres.

6. S. m. L'étoilé, sorte de merle d'Afrique.

Espèce de héron et de gobe-mouches.

Un des noms vulgaires d'une espèce de squale, appelé aussi lentillat, offrant, sur tout le corps, des taches blanches qui ont la figure de lentilles ou de petites étoiles.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ÉTOILÉ. Ajoutez :

7. Terme de fortification. Fort étoilé, ouvrage fermé, dont le tracé se compose de saillants et de rentrants, disposés de manière à donner des feux sur les capitales et dans les fossés.

REMARQUE

L'expression de chambre étoilée est d'ordinaire expliquée ainsi par les dictionnaires historiques : la haute cour de justice des lords siégeait dans une salle sur les murs de laquelle on avait peint des étoiles. Mais un écrivain contemporain, Greene, dans son Histoire du peuple anglais, dit à cette occasion : " Au temps de Guillaume le Conquérant, c'est-à-dire vers 1070, les Juifs, qui étaient hors de la protection des lois et ne pouvaient demander du secours qu'au roi lui-même, eurent la permission de déposer leurs cédules de sûreté dans une chambre du palais royal à Westminster, laquelle reçut le nom de star chamber, du nom hébreu des cédules, starrs. " Sur quoi, M. Berthoud, qui me transmet ce renseignement, remarque : " Il se trouve en effet que cette dérivation, au moins quant au mot star ou plutôt shtar, est exacte, le mot étant fort usité de nos jours encore chez les Juifs et se trouvant déjà au dire des hébraïsants dans les anciens targums. Ils appellent ainsi toute stipulation par écrit, contrats, cédules, etc. ; la racine est shtar, écrire, qui existe aussi dans l'arabe. " Le mot hébreu starr ou shtar a été confondu avec le mot anglais star, étoile, d'où chambre étoilée.

ÉTOILER (v. a.)

1. Garnir d'étoiles.

Ta main du paon superbe étoila le plumage (DELILLE Imagin. V)

Éclairer comme fait une étoile.

À peine quelque lampe au fond des corridors Étoilait l'ombre obscure (V. HUGO Crép. 33)

2. Fêler en étoile. Étoiler une glace. On a étoilé ces bouteilles.

3. S'étoiler, v. réfl. Se fêler en forme d'étoile. Prenez garde que vos bouteilles ne s'étoilent.

REMARQUE

L'Académie n'a étoiler ni au sens de garnir d'étoiles, ni à celui de fêler ; elle n'a que s'étoiler, se fêler.

HISTORIQUE

XIIIe s.Li ciex fu cler et estelez (Ren. 1133)Il vous fust avis que la terre Voisist [voulût] emprendre estrif et guerre Au ciel d'estre miex estelée ; Tant iert [elle était] par ses flors relevée (la Rose, 8467)

XIVe s.Cheval bay obscur, estoilé au front (Bibl. des Chart. 3e série, t. II, p. 128)

XVe s.À la premiere porte de Saint-Denis.... y avoit un ciel tout estellé (FROISS. III, IV, 1)

XVIe s.Nuict estoillée (LA BOÉTIE 508)

ÉTYMOLOGIE

Étoile ; wallon, siteulé, étoiler ; provenç. estelat, étoilé ; espagn. estrellado ; ital. stellato.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ÉTOILER. - HIST. Ajoutez :

XIIe s.Une porpre noire, estelée D'or... (Perceval le Gallois, V. 2991)

 
Wikipedia

Étoile

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Pour les articles homonymes, voir Étoile (homonymie). 

Les Pléiades, un amas ouvert d’étoiles jeunes située dans la constellation du Taureau.
Les Pléiades, un amas ouvert d’étoiles jeunes située dans la constellation du Taureau.

À l’exception du Soleil, les étoiles, du fait de leur éloignement, apparaissent à l’œil nu sous la forme de points brillants — généralement scintillants du fait de la turbulence atmosphérique —, sans mouvement apparent immédiat par rapport aux autres objets fixes du ciel. L’étoile la plus proche après le Soleil, Proxima du Centaure, est située à environ quatre années-lumière du système solaire, soit près de 250 000 fois plus loin que le Soleil.

Astronomiquement parlant, une étoile est un astre semblable au Soleil qui rayonne de l’énergie en raison des réactions nucléaires se produisant en son sein. Sa masse est de l’ordre de quelques 1030 kilogrammes, et son rayon de l’ordre du million de kilomètres. La puissance rayonnée par une étoile comme le Soleil est de l’ordre de 1026 watts.

Si le nombre d’étoiles observables la nuit à l’œil nu et par temps clair varie entre une centaine et plusieurs milliers selon les conditions d’observation, l'estimation du nombre d'étoiles dans l'univers oscille entre 1022 et 1023 [1]. À part le Soleil, Sirius — dans d’excellentes conditions d’observation — et quelques supernovae, les étoiles sont trop peu brillantes pour être observables en plein jour (sauf lors des éclipses totales de Soleil).

Sommaire

  • 1 Caractéristiques principales
    • 1.1 Masse
    • 1.2 Diamètre
    • 1.3 Métallicité
    • 1.4 Magnitude
    • 1.5 Température et couleur
    • 1.6 Vitesse de rotation
    • 1.7 Spectre
    • 1.8 Champ magnétique
  • 2 Structure d’une étoile
    • 2.1 Noyau
    • 2.2 Zone radiative
    • 2.3 Zone convective
    • 2.4 Photosphère
    • 2.5 Couronne
  • 3 Évolution
    • 3.1 Formation
    • 3.2 La séquence principale
    • 3.3 La fin d’une étoile
  • 4 Les types d’étoiles
    • 4.1 Naines brunes
    • 4.2 Naines rouges
    • 4.3 Naines jaunes
    • 4.4 Géante rouge
    • 4.5 Géante bleue et supergéante rouge
    • 4.6 Naines blanches
    • 4.7 Naine noire
    • 4.8 Étoile à neutrons et trou noir
    • 4.9 Étoile variable
  • 5 Les systèmes stellaires
    • 5.1 Les systèmes binaires et multiples
    • 5.2 Les amas
    • 5.3 Les associations
    • 5.4 Les galaxies
  • 6 Constellations
  • 7 Les systèmes planétaires
  • 8 Notes et références
  • 9 Voir aussi
    • 9.1 Liens internes
    • 9.2 Liens externes
    • 9.3 Bibliographie

Caractéristiques principales

Une étoile est caractérisée par différentes grandeurs :

Masse

Les étoiles ont une masse comprise entre environ 0,08 et 120 fois la masse du Soleil. Cette grandeur détermine la vie de l’étoile aussi bien en durée que dans ses phases évoluées et finales. Une étoile très massive sera très lumineuse mais sa durée de vie sera très réduite. En deçà de la masse minimale, l’échauffement généré par la contraction gravitationnelle est insuffisant pour démarrer le cycle de réactions nucléaires : l'astre ainsi formé est une naine brune. Au-delà de la masse maximale, la force de gravité est insuffisante pour retenir toute la matière de l’étoile une fois les réactions nucléaires entamées.

Diamètre

Comparativement à notre planète (12 756 km de diamètre), les étoiles sont gigantesques : le Soleil a un diamètre d’environ un million et demi de kilomètres et certaines étoiles (comme Antarès ou Bételgeuse) ont un diamètre 700, voire 800 fois supérieur à ce dernier.

Le diamètre d’une étoile n’est pas constant dans le temps : il varie en fonction de son stade d’évolution. Il peut aussi varier régulièrement pour les étoiles variables périodiques (RR Lyrae, Céphéides, Miras, etc.).

Métallicité

La métallicité est la quantité (mesurée en nombre, ou généralement par masse) des éléments plus lourds que l’hélium présents dans l’étoile (ou plutôt sa surface). Le Soleil possède une métallicité (notée Z) de 0,02, ce qui signifie que 2 % de la masse du Soleil est composée d’éléments qui ne sont ni de l’hydrogène ni de l’hélium. Pour le Soleil, ce sont principalement du carbone, de l’oxygène, de l’azote et du fer. Bien que cela semble faible, ces deux pourcents sont pourtant très importants pour évaluer l’opacité de l’atmosphère de l’étoile. Cette opacité est directement liée à la capacité de l’étoile à produire un vent stellaire (voir le cas extrême des étoiles Wolf-Rayet).

Magnitude

La magnitude — qui mesure la luminosité — est une échelle logarithmique du flux radiatif de l’étoile. On distingue la magnitude apparente qui dépend de la distance entre l’étoile et l’observateur, et la magnitude absolue, qui est la magnitude de l’étoile si celle-ci était arbitrairement placée à 10 parsecs de l’observateur. La magnitude absolue est bien sûr directement liée à la luminosité de l’étoile. Cette dernière grandeur est utilisée par les modèles d’évolution stellaires, tandis que la magnitude est plutôt utilisée pour les observations, puisque l’œil possède une sensibilité également logarithmique, en première approximation.

Température et couleur

La plupart des étoiles paraissent blanches à l’œil nu, parce que la sensibilité de l'œil est maximale autour du jaune. Mais si nous regardons attentivement, nous pouvons noter une plage de couleurs : bleu, blanc, rouge et même doré. Ce qui fait que les étoiles montrent différentes couleurs resta longtemps un mystère jusqu’il y a deux siècles, quand les physiciens eurent suffisamment de compréhension de la nature de la lumière et des propriétés de la matière aux très hautes températures.

La nébuleuse NGC 1999 est illuminée de façon spectaculaire par  V380 Orionis (centre), une étoile variable d'apporixmativement 3,5 fois la masse du Soleil. image NASA .
La nébuleuse NGC 1999 est illuminée de façon spectaculaire par V380 Orionis (centre), une étoile variable d'apporixmativement 3,5 fois la masse du Soleil. image NASA .

La couleur permet de classifier les étoiles suivant leur type spectral (qui est en rapport avec la température de l’étoile). Les types spectraux vont du plus violet au plus rouge, c’est-à-dire du plus chaud vers le plus froid. Ils sont classés par les lettres O B A F G K M (moyen mnémotechnique pour retenir la séquence : ce sont les initiales de la phrase anglaise Oh, be a fine girl, kiss me). Le Soleil, par exemple, est de type spectral G.

Mais il ne suffit pas de caractériser une étoile par sa couleur (son type spectral), il faut aussi mesurer sa luminosité. En fait, pour un type spectral donné, plus l’étoile est grande, plus sa luminosité est forte. Les étoiles O et B sont bleues à l’œil, Rigel par exemple, les étoiles A sont blanches (Sirius, Véga), les étoiles F et G sont jaunes, c’est l’exemple du Soleil (qu’il ne faut pas regarder à travers un instrument optique grossissant, tel que jumelles, longue focale, lunette astronomique ou télescope), les étoiles K sont oranges (Arcturus), et enfin les étoiles M sont rouges comme par exemple Bételgeuse.

On peut définir un indice de couleur, correspondant à la différence de flux photométrique dans deux bandes spectrales dites bandes photométriques (les filtres). Par exemple, le bleu (B) et le visible (V) formeront ensemble l’indice de couleur B-V dont la variation est reliée à la température de surface de l’étoile et donc à son type spectral. Les indices de température les plus utilisés sont le B-V, le R-I et le V-I car ce sont les plus sensibles à la variation de la température.

Vitesse de rotation

la rotation des étoiles a été mise en évidence grâce au déplacement des taches solaires.

Ce mouvement de rotation est un reliquat de leur formation à partir de l'effondrement du nuage de gaz. La vitesse de rotation[2] dépend de leur âge : la rotation ralentit au cours du temps, sous les effets conjugués du vent stellaire et du champ magnétique qui emportent une partie du moment cinétique de l'astre. Cette vitesse dépend également de leur masse et de leur statut d’étoile simple, binaire ou multiple. Une étoile n’étant pas un corps solide (c'est-à-dire rigide), elle est animée d’une rotation différentielle : la vitesse de rotation dépend de la latitude.

Spectre

Le spectre d’une source lumineuse et donc d’une étoile est obtenu par des spectrographes qui décomposent la lumière en ses différentes composantes et les enregistrent par le biais de détecteurs (historiquement, des plaques photographiques et aujourd’hui des détecteurs de type CCD). Cette décomposition de la lumière révèle la distribution de l’énergie lumineuse venant de l’étoile en fonction de la longueur d'onde. Elle permet de mettre en évidence des raies spectrales en émission et/ou en absorption révélant les conditions de température, de pression et d’abondances chimiques des couches externes de l’étoile.

Champ magnétique

Comme le Soleil, la plupart des étoiles sont dotées de champs magnétiques très intenses dont dépend l’activité de l’étoile, c’est-à-dire la quantité de rayonnement et de particules émis par l’astre, appelé vent stellaire (pour le Soleil, on parle de vent solaire). Pour le Soleil, l’activité peut se mesurer par le nombre et la dimension de taches présentes sur sa surface, qui trahissent les variations locales d’intensité du champ magnétique.

Structure d’une étoile

Bien qu'inaccessible, il est possible de construire une image de l'intérieur d'une étoile, à partir des différentes grandeurs mesurées (l'astérosismologie permet littéralement de sonder les étoiles, par exemple), et de simulations issues de différents modèles.

Une étoile est structurée en différentes régions concentriques, décrites ci-après à partir du centre.

Noyau

Le noyau (ou cœur) est la partie centrale de l’étoile, concentrant une grande partie de la masse de l'astre, dans laquelle se déroulent les réactions thermonucléaires qui dégagent l’énergie nécessaire à la stabilité de l’étoile. Le noyau est la zone la plus dense et la plus chaude, et, dans le cas du Soleil, atteint la température de 15,7 millions de kelvins. Dans ces conditions extrêmes, la matière se trouve sous forme de plasma ; les noyaux d’hydrogène (protons) atteignent des vitesses leur permettant de vaincre leur répulsion électrique et de fusionner, à l’aide de l’effet tunnel. Les protons fusionnent par groupe de 4 pour donner un noyau d’hélium, composé de 2 protons et de 2 neutrons. Il se produit alors un dégagement d’énergie selon les réactions suivantes (chaîne proton-proton[3]) :

2 (1H + 1H → 2D + e- + νe) (4,0 MeV + 1,0 MeV)
2 (1H + 2D → 3He + γ) (5,5 MeV)
3He + 3He → 4He + 1H + 1H (12,86 MeV)

Une partie de l’énergie dégagée sous forme de photons commence alors un long voyage vers l’extérieur, car un plasma est opaque et la lumière y voyage très difficilement. On estime qu’un photon met plusieurs millions d’années avant d’atteindre la surface de l’étoile par transfert de rayonnement puis par convection vers la surface.

Zone radiative

L’énergie libérée par les réactions de fusions nucléaires dans le noyau de l’étoile se transmet aux couches externes par rayonnement. Dans les étoiles peu massives et évoluant sur la séquence principale, cette zone radiative est surmontée d’une zone convective. Dans le Soleil, le rayonnement produit dans la partie centrale met près d’un million d’années à traverser la zone radiative.

Zone convective

Au contraire de la zone précédente, l’énergie se transmet par des mouvements macroscopiques de matière : chauffée à la base de la couche convective, la matière s’élève sous l’effet de la poussée d'Archimède, réchauffe la matière alentour (vers la surface), se refroidit et plonge vers la base de la zone convective pour un nouveau cycle. C’est le principe de la convection. Cette zone convective est plus ou moins grande : pour une étoile sur la séquence principale, elle dépend de la masse et de la composition chimique ; pour une géante, elle est très développée et occupe un pourcentage important du volume de l’étoile ; pour une supergéante, cette zone peut atteindre les trois quarts du volume de l’étoile, comme pour Bételgeuse.

Photosphère

La photosphère est la partie externe de l’étoile qui produit la lumière visible. Elle est plus ou moins étendue, de quelques centaines de kilomètres pour les étoiles naines (inférieur à 1 pourcent du rayon) à quelques dizaines de pourcents du rayon de l’étoile pour les plus géantes. La lumière qui y est produite contient toutes les informations sur la température, la gravité de surface et la composition chimique de l’étoile. Pour le Soleil, la photosphère a une épaisseur d’environ 400 kilomètres.

Couronne

La couronne est la zone externe, ténue et extrêmement chaude du Soleil. On peut l’observer lors des éclipses de Soleil. C’est grâce à l’étude de la couronne au XIXe siècle que l’astronome Jules Janssen a découvert l’existence du gaz rare dont le nom fait référence au Soleil (Hélios) : l’hélium. Le fait que la température de la couronne atteigne plusieurs millions de degrés est un problème théorique difficile et non encore complètement résolu. Il est probable que la plupart des étoiles possèdent des couronnes.

Évolution

Voir l’article évolution des étoiles.

L’histoire d’une étoile est entièrement déterminée par sa masse M et sa composition chimique Z (théorème de Vogt et Russell). M détermine sa durée d’existence, et conditionne sa fin. L’évolution d’une étoile passe par plusieurs phases, la première est la phase naine ou séquence principale, la seconde est la phase géante puis supergéante pour terminer par la phase finale telle une supernova ou une nébuleuse planétaire.

Formation

Voir l’article formation stellaire.

Une étoile naît de la contraction d’un nuage riche en hydrogène. Sous l’influence d’une onde de densité (bras de galaxie), d’une onde de choc (supernova ou nova proche), ou d’une fluctuation de densité au sein de celui-ci, une région commence à se contracter. Par un effet boule de neige, cette région, de plus en plus dense attire à elle de plus en plus de gaz. La contraction du gaz entraîne son échauffement : la proto-étoile rayonne (dans l’infrarouge). Ce rayonnement ralentit par pression de radiation, mais n’interrompt pas, l’inexorable action de la gravitation. Si l’échauffement est suffisant, il peut initier des réactions nucléaires au cœur du nuage. L’énergie dégagée par ces réactions est alors suffisante pour arrêter sa contraction du fait de la pression de radiation ainsi générée.

La séquence principale

Sous l’effet de la contraction, le noyau de l’étoile (sa partie centrale) atteint des valeurs de pression et de température extrêmes, qui vont jusqu’à l’allumage des réactions thermonucléaires (voir plus haut). L’étoile entre alors dans ce qu’on appelle la séquence principale, période pendant laquelle son noyau, initialement et essentiellement constitué d’hydrogène et d’hélium, va progressivement se transformer en hélium.

Durant cette période, l'antagonisme énergie produite / gravitation concourt à la stabilité de l'astre :

  • si le flux d'énergie venant du noyau vient à diminuer, la contraction qui s'ensuit accélère le rythme de production d'énergie qui stoppe la contraction ;
  • inversement, un emballement de la production d'énergie entraine une dilatation de l'étoile, donc son refroidissement, et l'emballement s'arrête.

La fin d’une étoile

La Nébuleuse du Crabe, les restes d'une supernova observée pour la première fois aux environ de 1050 après J.C.
La Nébuleuse du Crabe, les restes d'une supernova observée pour la première fois aux environ de 1050 après J.C.

Plus une étoile est massive, plus elle consomme rapidement son hydrogène. Une grosse étoile sera donc très brillante, mais aura une courte durée de vie. Lorsque le combustible nucléaire se fait trop rare dans le noyau de l’étoile, les réactions de fusion s’arrêtent. La pression créée par ces réactions ne compensant plus les forces de gravitation, l’étoile s’effondre sur elle-même. Plus une étoile est grosse, plus la fin de son existence sera cataclysmique, pouvant aller jusqu’à prendre la forme d’une gigantesque explosion (supernova) suivi de la formation d’une étoile à neutrons voire dans les cas extrêmes (dépend de la masse de l’étoile) d’un trou noir.

Les types d’étoiles

Les astronomes ne classent les étoiles qu’en naines ou en géantes. On en distingue différentes catégories : naines brunes, naines rouges, naines jaunes, géantes rouges, géantes bleues, supergéantes rouges, naines blanches, étoiles à neutrons et trous noirs. Si la plupart des étoiles se placent facilement dans l’une ou l’autre de ces catégories, il faut garder en tête qu’il ne s’agit que de phases temporaires. Au cours de son existence, une étoile change de forme et de couleur, et peut passer d’une catégorie à une autre.

Naines brunes

Voir l’article Naine brune.

Les naines brunes ne sont pas des étoiles, ou plutôt, ce sont des étoiles « ratées ». Leur masse est située entre celles des petites étoiles et des grosses planètes. En effet, il faut 0,08 masses solaires (0,08 fois la masse du Soleil) pour qu’une proto-étoile amorce des réactions thermonucléaires et devienne une véritable étoile. Les naines brunes ne sont pas suffisamment massives pour démarrer ces réactions. Elles n’ont qu’un début de formation un peu lumineux, brillant alors par contraction gravitationnelle.

Naines rouges

Voir l’article naine rouge.

Les naines rouges sont... de petites étoiles rouges ! On les considère comme les plus petites étoiles en tant que telles. Les astres plus petits comme les naines blanches, les étoiles à neutrons et les naines brunes ne consomment pas de carburant nucléaire. La masse des naines rouges est comprise entre 0,08 et 0,8 masse solaire. Leur température de surface entre 2 500 et 5 000 K leur confère une couleur rouge. Ces étoiles brulent lentement leur carburant, ce qui leur assure une très longue existence. Elles sont les plus abondantes : au moins 80 % des étoiles de notre Galaxie sont des naines rouges. La plus proche voisine du Soleil, Proxima du Centaure, en est une. Il en est de même du second système stellaire, le plus proche système solaire, l’étoile de Barnard est aussi une naine rouge.

Naines jaunes

Voir l’article naine jaune.

Les naines jaunes sont des étoiles de taille moyenne (les astronomes ne classent les étoiles qu’en naines ou en géantes.). Leur température de surface est d’environ 6 000 K et elles brillent d’un jaune vif, presque blanc. À la fin de son existence, une naine jaune évolue en géante rouge, qui en expulsant ses couches externes — déployant alors une nébuleuse planétaire —, dévoile une naine blanche.

Le Soleil est une naine jaune typique.

Géante rouge

Voir l’article Géante rouge.

La phase géante rouge annonce la fin. Une étoile atteint ce stade lorsque son noyau a épuisé son principal carburant, l’hydrogène.

Des réactions de fusion de l’hélium se déclenchent alors. Tandis que le centre de l’étoile se contracte, ses couches externes gonflent, refroidissent et rougissent. Transformé en carbone et en oxygène, l’hélium s’épuise à son tour et l’étoile meurt. L’astre se débarrasse de ses couches externes et son centre se contracte pour devenir une naine blanche.

Géante bleue et supergéante rouge

Voir les articles Géante bleue et Supergéante rouge.

Sur le diagramme HR, le coin supérieur gauche est occupé par des étoiles très chaudes et brillantes : des géantes bleues. Ces étoiles sont au moins dix fois plus grosses que le Soleil. Très massives, elles consomment rapidement leur hydrogène.

Lorsqu’elle ne contient plus d’hydrogène dans son noyau, une géante bleue y fusionne de l’hélium. Ses couches externes enflent et sa température de surface baisse de plus en plus. Elle devient alors une supergéante rouge.

L’étoile fabrique ensuite des éléments de plus en plus lourds : fer, nickel, chrome, cobalt, titane... À ce stade, les réactions de fusion s’arrêtent et l’étoile devient instable. Elle explose en une supernova et meurt. L’explosion laisse derrière elle un étrange noyau de matière qui demeurera intact. Ce cadavre est, selon sa masse, une étoile à neutrons ou un trou noir.

Naines blanches

Voir l’article Naine blanche.

Les naines blanches sont les résidus de l’évolution des étoiles de faible masse (entre ~0,8 et ~5 à 8 masses solaires). Le soleil ayant (par définition) une masse d’une masse solaire, il finira aussi en naine blanche. Les naines blanches sont des étoiles mortes puisqu’elles ne sont plus le lieu de réactions thermonucléaires produisant la lumière. Par contre, elles sont très chaudes, et ont au début, une couleur relativement blanche (voir Loi de Wien). Petit à petit, elles se refroidissent par rayonnement, comme astres froids. Leur taille est environ égale à celle de la Terre.

Une naine blanche en orbite autour de Sirius (vue d’artiste).
Une naine blanche en orbite autour de Sirius (vue d’artiste).

Les naines blanches, comme les étoiles à neutrons sont constituées de matière dégénérée. La densité à la surface d’une naine blanche est telle qu’une cuillère à thé de matière d’une telle étoile aurait, sur Terre, la masse d’un éléphant. En fait, dans cette matière, les électrons, étant très proches les uns des autres, commencent alors à se repousser énergiquement. Le facteur principal de la pression provient alors du principe d'exclusion de Pauli; c’est la pression de dégénérescence qui s’oppose à celle de la gravitation. La naine blanche est donc en équilibre malgré l’absence de fusion nucléaire en son noyau. La pression des électrons peut supporter une masse de 1,44 fois celle du Soleil : c’est la limite de Chandrasekhar. Si une naine blanche devient plus massive (en aspirant la matière d’une autre étoile, par exemple), elle explose en supernova (de type Ia) et peut parfois être complètement détruite.

Procyon B et Sirius B sont des naines blanches.

Naine noire

Voir l’article Naine noire.

Comme une plaque chauffante qu’on éteint, les naines blanches se refroidissent inexorablement. Toutefois, cela se fait très lentement, en raison de leur masse. Elles perdent peu à peu leur éclat et deviennent invisibles au bout d’une dizaine de milliards d’années. Ainsi, toute naine blanche se transforme en naine noire.

L’Univers, vieux de 13,7 milliards d’années, est encore trop jeune pour avoir produit des naines noires.

Après sa mort, le Soleil deviendra une naine blanche puis une naine noire. Ce sort l’attend dans environ 15 milliards d’années.

Étoile à neutrons et trou noir

Voir les articles Étoile à neutrons et Trou noir.

Les étoiles à neutrons sont très petites mais très denses. Elles concentrent la masse d’une étoile comme le Soleil dans un rayon d’environ dix kilomètres. Ce sont les vestiges d’étoiles très massives de plus de dix masses solaires.

Lorsqu’une étoile massive arrive en fin d’existence, elle s’effondre sur elle-même, en produisant une impressionnante explosion appelée supernova. Cette explosion disperse d’énormes quantités de matière dans l’espace mais épargne le noyau de l’étoile. Ce noyau se contracte et se transforme en grande partie en une étoile à neutrons[4]. Ces objets possèdent des champs magnétiques très intenses (pour les plus intenses, on parle de magnétar). Le long de l’axe magnétique se propage des particules chargées, électrons par exemple, qui produisent un rayonnement synchrotron.

Le moment cinétique de l’étoile étant conservé lors de l’effondrement du noyau, l’étoile à neutrons possède une vitesse de rotation extrêmement élevée, pouvant atteindre le millier de tours par seconde. Si par chance un observateur sur Terre regarde dans la direction d’une étoile à neutrons et que la ligne de visée est perpendiculaire à l’axe de rotation de l’étoile, celui-ci verra alors le rayonnement synchrotron des particules chargées se déplaçant sur les lignes de champ magnétique. Ce phénomène de phare tournant s’appelle le phénomène de pulsar. On trouve des pulsars dans des restes de supernovas, le plus célèbre étant le pulsar de la nébuleuse du Crabe, né de l’explosion d’une étoile massive. Supernova observée par les astronomes chinois depuis le matin du 4 Juillet 1054, et en plein jour pendant trois semaines et la nuit sur près de deux ans. Sa (re)découverte fut faite par les radioastronomes.

Parfois, le noyau de l’étoile morte est trop massif pour devenir une étoile à neutrons. Il se contracte inexorablement jusqu’à former un trou noir.

Étoile variable

Voir les articles Étoile variable et Étoile éruptive.
L'allure asymétrique de Mira, une étoile variable oscillant. NASA HST
L'allure asymétrique de Mira, une étoile variable oscillant. NASA HST

Alors que la plupart des étoiles sont de luminosité presque constante, comme notre Soleil qui ne possède pratiquement pas de variation mesurable (environ 0,1% sur un cycle de 11 ans), la luminosité de certaines étoiles varie de façon perceptible sur des périodes de temps beaucoup plus courtes, parfois de façon spectaculaire.

Les systèmes stellaires

Les étoiles se forment rarement seules. Lorsqu’un nuage de gaz (proto-stellaire) donne naissance à un amas d’étoiles, l’ensemble des étoiles de cet amas ne semble pas se distribuer au hasard, mais semble suivre une loi de distribution dite fonction de masse initiale (IMF), dont on sait peu de chose actuellement ; elle rend compte de la proportion d’étoiles en fonction de leur masse. On ne sait pas si cette fonction IMF dépend de la composition chimique du nuage proto-stellaire. La fonction la plus adoptée actuellement a été proposée par Edwin Salpeter et semble donner des résultats satisfaisants pour l’étude des amas de la Galaxie.

Les systèmes binaires et multiples

Les systèmes binaires sont constitués de deux étoiles liées gravitationnellement et orbitant l’une autour de l’autre. L’élément le plus brillant est dit primaire et le moins brillant, secondaire. Lorsqu'un système comporte plus de deux composantes il est qualifié de système stellaire multiple.

Les systèmes binaires peuvent être détectés par imagerie, lorsque le télescope parvient à résoudre la paire ; dans ce cas la binaire est dite visuelle. Dans d’autres cas, les deux compagnons ne peuvent être résolus, mais le décalage Doppler-Fizeau des raies spectrales permet de détecter le mouvement orbital de l’une ou des deux étoiles. Dans ce cas la binaire est dite spectroscopique. Si un seul spectre est visible et varie on parle de binaire SB1, si le spectre des deux étoiles est bien visible on parle de binaire SB2. Il est également possible de détecter le mouvement apparent dans le ciel de l’étoile binaire, qui correspond au mouvement orbital de l’étoile primaire si le secondaire est très peu lumineux ; dans ce cas la binaire est dite astrométrique. On parle enfin de binaire interférométrique lorsque le secondaire est détecté par interférométrie.

L’astronomie amateur parle de binaire apparente lorsque deux étoiles éloignées dans l’espace et non liées gravitationnellement se trouvent proches dans le ciel par effet de perspec