FONDATION (s. f.)
1. Action d'asseoir les fondements d'un bâtiment. Commencer la fondation d'un bâtiment.
2. Par abus. Les fondements mêmes ; en ce sens, il se dit souvent au pluriel. Les fondations ne sont pas bonnes. La fondation n'est pas achevée. Ce bâtiment a trois mètres de fondation.
Il se dit aussi du fossé, de la tranchée que l'on fait pour y placer les fondements. Creuser la fondation. La fouille des fondations.
3. Fig. Action de créer quelque établissement. La fondation d'une colonie. La fondation d'un hôpital. La fondation d'une société savante.
• Je place, avec Caton, la fondation de Rome à la fin de la première année de la VIIe olympiade, qui est l'an du monde 3253 et avant Jésus-Christ 751 (ROLLIN Traité des Ét. IV, 1)
• Depuis la fondation de la monarchie, cette guerre est la seule dans laquelle la France ait été simplement auxiliaire (VOLT. Louis XV, 19)
• ....la fondation d'un prix sur une question de chimie immédiatement applicable à la pratique des arts ; car il voulait être utile encore aux sciences et au public après sa mort (CONDORCET Montigni.)
Il se dit, surtout au pluriel, de l'établissement même.
• Il [Pierre 1er] prévoyait ce qui arriverait à ses fondations et à sa nation si l'on suivait après lui ses vues (VOLT. Russie, II, 10)
• Je n'ai, Dieu merci, aucun intérêt dans mes fondations ; j'ai tout fait par pure vanité ; on dit que Dieu a créé le monde pour sa gloire ; il faut l'imiter autant qu'on peut (VOLT. Mme du Deffant, 21 oct. 1770)
4. Fonds légué pour une oeuvre pieuse, ou charitable, ou louable d'une façon quelconque.
• Parcourrai-je les fondations qu'elle a faites en divers lieux ? (FLÉCH. Aiguillon.)
• Il resta donc encore à la piété de la troisième race assez de fondations à faire et de terres à donner (MONTESQ. Esp. XXXI, 10)
• Il a fait une fondation en faveur des pauvres étudiants qui passent à Bâle, et il l'a faite de son vivant (CONDORCET Daniel Bernoulli.)
Se dit très souvent des prix d'académie.
HISTORIQUE
XIVe s.— Comme toutes leurs chevances et fondations [revenu] soient sur les revenues de leurs vignes et autres labourages (Ordonn. des rois, t. VII, p. 448)
XVe s.— Je le vous dirai pour mieux venir à la fondation de ma matiere (FROISS. II, II, 52)
XVIe s.— Offrandes et fondations (AMYOT Solon, 19)
ÉTYMOLOGIE
Provenç. fundacio, fondation ; espagn. fundaction ; ital. fondazione ; du lat. fundationem, de fundare.