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définitions

médicament (n.m.)

1.substance utilisée à traiter une maladie, une affection.

 
voir aussi

médicament (n.m.)

médicamenter, médicamenteux

 
synonymes
 
locutions
 
dictionnaire analogique

médicament (n. m.)

 
le Littré (1880)

MÉDICAMENT (s. m.)

Substance simple ou composée qu'on administre à l'intérieur du corps ou à l'extérieur, en qualité de remède. Administrer un médicament. L'opium est un médicament précieux.

Fig. et familièrement. Cause d'ennui. Cet homme est un vrai médicament ; sa conversation est un médicament.

SYNONYME

MÉDICAMENT, REMÈDE. Remède est plus général que médicament. Remède, tout ce qui est employé au traitement d'une maladie ; un bain est un remède ; la gymnastique est un remède. Mais ni un bain ni la gymnastique ne sont un médicament. Le médicament implique toujours une préparation pharmaceutique. La quinine est un médicament.

HISTORIQUE

XVIe s.Cognoistre la vertu des medicaments (PARÉ Préface)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. medicament ; espagn. et ital. medicamento ; du lat. medicamentum, de medicari, dérivé de medicus (voy. MÉDECIN).

 
Wikipedia

Médicament

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Un médicament est une substance ou une composition possédant des propriétés curatives, préventives ou administrée en vue d'établir un diagnostic. Un médicament est le plus souvent destiné à guérir, à soulager ou à prévenir des maladies humaines ou animales.

Sommaire

  • 1 Définition officielle
  • 2 Action du médicament
    • 2.1 Principe actif et excipient
    • 2.2 Quelques définitions
    • 2.3 Administration du médicament
    • 2.4 Catégories thérapeutiques
  • 3 Développement des médicaments
  • 4 Prescription, Distribution
    • 4.1 Conditions de distribution
    • 4.2 Conditions de prescription, listes de médicaments
  • 5 Balance bénéfice/risque, effets secondaires et paradoxaux
    • 5.1 Rapport bénéfice/risque
    • 5.2 Obligations des laboratoires
    • 5.3 Événement indésirable médicamenteux
    • 5.4 Effets paradoxaux potentiels
  • 6 Problématique du remboursement : accès au médicament et surconsommation
    • 6.1 Accès aux médicaments
    • 6.2 Déresponsabilisation et conséquences graves
    • 6.3 Banalisation du médicament, diminution du coût, voire gratuité
    • 6.4 L'avertissement des experts de l'OMS
    • 6.5 Que deviennent les médicaments périmés ou non utilisés en France ?
  • 7 Voir aussi
    • 7.1 Liens internes
    • 7.2 Liens externes

Définition officielle

La notion de médicament est précisément définie en France par l'article L5111-1 du Code de la santé publique :

On entend par médicament toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines ou animales, ainsi que tout produit pouvant être administré à l'homme ou à l'animal, en vue d'établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions organiques. Sont notamment considérés comme des médicaments les produits diététiques qui renferment dans leur composition des substances chimiques ou biologiques ne constituant pas elles-mêmes des aliments, mais dont la présence confère à ces produits, soit des propriétés spéciales recherchées en thérapeutique diététique, soit des propriétés de repas d'épreuve. Les produits utilisés pour la désinfection des locaux et pour la prothèse dentaire ne sont pas considérés comme des médicaments.

Action du médicament

Principe actif et excipient

Le médicament est composé de deux sortes de substances :

  • De un ou plusieurs principe actifs (c'est souvent ceci qui est appelé le médicament). Le(s)principes actif(s)est (sont) constitué (s) par une quantité de molécules actives ayant un effet pharmacologique et un intérêtthérapeutique démontré cliniquement
  • D'excipients qui sont des substances auxiliaires inertes servant à la formulation galénique. Ces excipients sont le plus souvent inertes sur le plan pharmacologique. Les excipients permettent de formuler le(s) principes(s) actif(s), c'est à dire de présenter le principe actif sous une forme galénique déterminée. La formulation permet en plus de présenter le médicament sous une forme administrable, d'éventuellement de moduler la vitesse de libération du principe actif vers l'organisme. Comme exemple d'excipients: l'eau et le saccharose sont les deux excipients constituant le sirop simple - ou encore, pour des formes sèches, le ou les amidon(s) modifié(s) et la ou les celluloses modifiées sont des agents de délitement utilisés dans des(comprimés, gélules,..) pour accélérer la désintégration de ceux-ci une fois arrivés dans l'estomac. Les excipients sont dits inertes ou non-actifs, mais cependant, ils ne sont pas toujours exempts d'effets pharmacologiques sur certains patients. En effet, certains sont connus pour être à l'origine d'effets pharmacologiques secondaires (réactions allergiques ou d'intolérance) chez une minorité de patients particulièrement sensibles. On parle alors d'excipient à 'effet notoire'.
Le prescripteur ou le pharmacien devra en tenir compte lors de la délivrance et nottamment lors de la substitution d'un 'produit princeps' par une forme générique (copie meilleur marché).

La galénique ou l'art de formuler les médicaments, va permettre de présenter le principe actif à des doses différentes et sous différentes formes galéniques (les formes d'administration du principe actif au patient) : on parlera de comprimés, gélules, de capsules molles, de suppositoires d'ampoules, de gouttes (orales, oculaires ou nasales), de collutoires, de collyres, de pommades, de gel et crèmes, de solutions, d'ovules... On peut aussi classer les formes galéniques par leur voie d'administration au patients. On parle alors d'injectables (ampoules de solution ou de suspension, implants...) destinées aux différentes voies parentérales. Ces formes doivent être stériles, apyrogènes et parfois isotoniques. Les autres formes non-injectables sont destinées aux voies orales (à avaler ou sublinguales, entériques ou à désintégration rapide), nasales, auriculaires et oculaires, dermiques mais aussi transdermiques (timbre ou patch). Il existe encore des formes pour la voie nasale,rectale, occulaire, auriculaire...

Une spécialité pharmaceutique est un médicament qui a un nom commercial (dit de fantaisie), qui fait l'objet d'un enregistrement auprès des autorités de santé, qui est préparé industriellement selon des normes très strictes (les bonnes pratiques de fabrication) et est vendu à un prix déterminé par un laboratoire pharmaceutique. Sous son même nom de marque, il existe différentes formes formes pharmaceutiques et différents conditionnements spécifiques, chacun faisant l'objet d'un enregistrement spécifique. Une même spécialité pourra être commercialisée éventuellement sous un ou plusieurs noms de marqueet restera protégé tant qu'il fera l'objet d'une propriété intellectuelle et d'une protection des droits intellectuels et/ou commerciaux (brevet, exclusivité commerciale, licence...). Une fois la propriété intellectuelle perdue (épuisement des droits du/des brevets) le médicament peut être commercialisé sous des formes dites génériques (en plus des formes commerciales existantes). Les formes génériques devant être bioéquivalentes au premier produit de marque mis sur le marché appelé encore produit "princeps" ou spécialité originale.

Deux spécialités contenant la même quantité de principe actif sont dits bioéquivalentes si, pour un même groupe d'individus, leurs effets thérapeutiques sont équivalents biologiquement. Mais comme il est difficile et très coûteux de tester une équivalence thérapeutique avec des tests cliniques ou biologiques, on teste en fait les variations de la concentration plasmatique du principe actif dans le temps, ceci étant appelé également la mesure de l'aire sous la courbe. Deux médicaments bioéquivalents donnent des moyennes d'aires sous la courbes (conc plasmatique en inchangé = f(t)) qui sont équivalentes dans une population d'un vingtaine d'individus sains (ceci est vrai pour la plupart des produits génériques). Les problèmes de bioéquivalence se posent et sont en fait rencontrés pour des principes actifs peu solubles (<1mg/ml) et pour des formes galéniques modifiées, appelées forme à libération prolongées, formes retard, etc. Pour des formes en solution (injectables IV en bolus) il n'existe par définition aucune différence de bioéquivalence entre formes puisqu'elle est totale (on dit biodisponibilité absolue)quelle que soit la spécialité. Ceci serait similaire pour des solutions orales, mais moins fréquemment utilisé et reste relatif au transit stomacal de chaque individu. Les injectables à libération prolongée (intra musculaire, articulaire, implants, ...) peuvent, par contre montrer des biodisponibilités fort différentes entre elles et par rapport à la forme IV bolus. Ceci ne signifiant pas nécessairement des effets thérapeutiques essentiellement différents ou nécessairement supérieurs ou inférieurs. La commence le domaine de la pharmacocinétique en liaison avec la toxicité (animale et humaine) et les études cliniques ((animale et humaine).


Appellation des médicaments et DCI. De plus en plus, on emploie la DCI ou encore « dénomination commune internationale » pour identifier et prescrire les médicaments en général mais surtout les produits devenus génériques ce qui correspond en fait l'utilisation de l'appellation internationale de la molécule active, appellation reprise dans toutes les publications scientifiques. En exemple : acide acétylsalicylique (ASA por Acetyl Salicylic Acid) pour Aspirine qui est une marque commerciale de la firme Bayer.

.

Quelques définitions

  • Posologie : c'est la dose usuelle du médicament. Elle dépend de la maladie, de l'âge du patient, de son poids et de certains facteurs propres : fonction rénale, fonction hépatique. Elle ne doit naturellement être en aucun cas modifiée sans un avis médical ou éventuellement du pharmacien.
  • Pharmacocinétique : c'est la vitesse à laquelle la molécule active du médicament va être absorbée, distribuée dans l'organisme, métabolisée (transformée), puis éliminée de l'organisme. Elle conditionne la méthode de prise: orale (par la bouche), intraveineuse ..., le nombre quotidien de prises, leur horaire, la dose journalière (quotidienne).
  • Indication : ce sont la, ou les maladies pour lesquelles le médicament est utilisé.
  • Contre-indication : ce sont la, ou les situations, où la prise du médicament peut se révéler dangereuse. Ce dernier ne doit, par conséquent, pas être donné. On distingue les contre-indications relatives où dans certains cas, le rapport bénéfice-risque de la prise de la molécule reste acceptable, et les contre-indications absolues où le médicament ne doit pas être pris, quel que soit le bénéfice escompté.

Administration du médicament

Le médicament peut s'administrer :

  • de manière globale (systémique) : le principe actif passe dans le sang et est transporté partout dans l'organisme, afin d'atteindre sa cible :
    • administration orale dite per os : comprimé, sirop, gélule, solution buvable, granulé
    • suppositoire
    • timbre ou patch transdermique(à travers la peau) : par exemple pour lutter contre l'envie de fumer, ou comme anti-inflammatoire ou antidouleur (morphinique)
    • L'administration par voie parentérale est faite au moyen d'une injection. Elle peut être
      • intraveineuse,en une fois on dira en bolus ou par une perfusion lente. La veine pouvant être superficielle, habituellement au bras (voie veineuse périphérique) ou profonde (voie veineuse centrale), le plus souvent au niveau du cou (veine jugulaire) ou sous la clavicule (veine sous clavière). La voie intraveineuse permet d'administrer un produit qui doit agir très rapidement (urgence) ou un produit mal toléré avec un risque d'irrité la veine (phlébite.
      • sous-cutanée : sous la peau, fréquemment au niveau du ventre ou des cuisses (insuline)
      • intradermique : dans le derme
      • intramusculaire : dans un muscle (cuisse) pour un produit qui doit agir lentement.
  • de manière locale (topique): le principe actif est amené directement à l'endroit où il doit agir :
    • pommade, crème dermique, gel dermique etc. (action cutanée ou topique)
    • aérosol (voies aériennes)
    • collyre (yeux)

Catégories thérapeutiques

Voir l'article détaillé : Catégories de médicaments

Parmi les médicaments on trouve des familles thérapeutiques :

  • les anesthésiants pour obtenir anesthésie locale ou générale, en forme topique ou injectable
  • les analgésiques (antalgiques), agissant contre la douleur
  • les antibiotiques, antimicrobien ayant une activité bactériostatique et/ou bactéricide ;
  • les antidépresseurs, qui traitent la dépression] (voir psychotrope)
  • les anti-diurétiques, qui diminuent la sécrétion d'urine (diurèse) ;
  • les anti-inflammatoires agissant contre l'inflammation ;
  • les antihistaminiques agissant contre l'allergie;
  • les anti-hypertenseurs qui luttent contre l'hypertension;
  • les antipyrétiques agissant contre la fièvre ;
  • les antiviraux agissant contre les virus ;
  • les antirétroviraux agissant contre les rétrovirus ;
  • les antitussifs qui luttent contre la toux
  • les anxiolytiques, qui réduisent l'anxiété (voir psychotrope)
  • les bronchodilatateurs, qui vont dilater les bronches ;
  • les diurétiques, qui augmentent la sécrétion d'urine (diurèse)et diminue la tension ;
  • les laxatifs, qui stimulent la défécation ;
  • les psychotropes, pour le traitement des maladies psychiatriques (dont neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs, etc.) ;
  • les sédatifs (calmants), qui diminuent l'activité d'un organe ;
  • les vasopresseurs, qui font monter la pression artérielle ;
  • etc.

qu'on pourrait regrouper en 6 catégories plus vastes :


(psychisme) (infections) (réactions fortes) (divers)
anesthésiants antidépresseurs antibiotiques diurétiques antipyrétiques brochodilatateurs
antalgiques anxiolytiques antiviraux anti-diurétiques antihistaminiques vasopresseurs
sédatifs psychotropes antirétroviraux laxatifs anti-inflammatoires


Note : les hypnotiques (somnifères) et les anxiolytiques sont quelquefois rassemblées sous le nom de psycholeptiques, terme qui est en fait assez vaste. Voir la Classification selon Delay et Deniker (1957), validée par le congrès mondial de psychiatrie en 1961. Sédatifs psychiques, ralentissant l'activité du système nerveux : hypnotiques (barbituriques) ; neuroleptiques ; sels de lithium ; tranquillisants (anxiolytiques), sédatifs classiques (benzodiazépines) et antiépileptiques.

Cette Classification selon Delay et Deniker (1957) a été modernisée plus tard par Pelicier et Thuillier (1991).

Développement des médicaments

Pour une utilisation en santé humaine et animale, de la découverte d'une nouvelle molécule à l'autorisation de mise sur le marché en passant par la mise au point de(s) (la) forme(s) galénique (le médicament délivré en officine), généralement de 10 à 15 ans se sont écoulés. On peut décrire le processus de développement selon les étapes suivantes:

  • recherche d'une molécule candidate au statut de candidat médicament selon plusieurs méthodes : modélisation informatique, criblage (screening), observation de médecines traditionnelles (medecine man), étude des caractéristiques des plantes ou substances naturelles (pharmacognosie), et parfois le hasard(seredipity) d'observations cliniques.
  • Les molécules candidates sont alors brevetées (= protection des droits intellectuels) pour une durée maximale de 20 ans.
  • étude de l'effet de la molécule in vitro (sur des micro-organismes en culture, des organes animaux isolés ou sur des récepteurs biologiques) puis in vivo c'est-à-dire sur l'animal vivant.
  • recherche d'une forme galénique adaptée. On cherche tant que possible à obtenir une forme orale stable, celle-ci étant la plus simple à prendre par le futur patient.
  • Études cliniques sur l'humain sont menées en double aveugle (c'est à dire contre placébo)et sans que ni le clinicien, ni le patient ne sachent s'il s'agit d'un nouveau principe actif, d'un produit de référence ou un placébo.Les trois produits auront fait l'objet d'un masquage qui rend les trois formes identiques. La distribution des produits se fera également suivant des plans cliniques qui répartissent statistiquement les produits au hasard entre les patients de façon a éviter tout biais qui pourrait être dû à la répétition du même produit, du même patient ou du même expérimentateur.
    • phase 1: tests dit de sécurité sur volontaires sains. On cherche a connaître la pharmacocinétique de la molécule (c'est-à-dire la vitesse d'absorption (= vitesse de passage dans le sang à partir d'une solution orale), la vitesse de métabolisation (transformation biologique par le foie et d'autres organes), de répartition dans les différents tissus à partir du compartiment plasmatique et la vitesse d'élimination par l'organisme aussi appelée "clearance") Comme il n'est pas éthique d'exposer des volontaires sains à des produits très actifs (anti-cancéreux, antithyroïdiens, hormones,antibiotiques..) cette phase est dans ce cas escamotée pour ces produits et confondue avec la phase 2.
    • phase 2: tests dit d'efficacité sur patient. On établit le domaine (range) des doses actives à partir des données obtenues d'abord sur animaux, et on établit le "range" des doses actives sans chercher à atteidre un dose maximale. Ce "range" deviendra progressivement "la posologie" du produit pour telle indication. C'est lors de ces tests que l'on voit apparaître les premiers effets secondaires, qui seront souvent les effets secondaires principaux du produit. Si ces effets sont trop importants, le développement du produit peut être arrêté si l'intérêt thérapeutique n'est pas manifeste.

remarque: les deux premières phases du développement clinique se font toujours en milieu hospitalier.

    • Phase 3: le médicament dont l'intérêt a été confirmé en phase 2, est comparé à un médicament de référence dans une plus large étude clinique. Les tests peuvent être alors mieux randomisés (distribution aléatoire des produits (produit testé, produit de référence et formes placebos répartis selon un plan clinique dans des groupes de patients volontaires)selon des critères statiqtiques bien connus dits de "randomisation". L'expérimentation dite "double aveugle" est un standard actuellment (ni le patient, ni le médecin ne savent si c'est un médicament ou le placebo ou la référence qui est administrée).
  • les données de toxicologie animale et de sécurité clinique (sécurité = phase 2), les données cliniques (efficacité) et les données pharmaceutiques (qualité) sont rassemblées en un dossier dit d'enregistrement qui est déposé pour obtenir une autorisation de mise sur le marché(AMM)à l'agence européenne (EMEA). Si l'autorité juge(sur dossier) que les informations déposées sont suffisantes, elle autorise la commercialisation du médicament dans les indications cliniques approuvées. Si l'autorité estime qu'un complément d'information est nécessaire, elle exigera des compléments d'information.
  • Le plus souvent, lorsqu'il s'agit d'un médicament contenant une nouvelle molécule (NCE = New Compound Entity), celle-ci est couverte par des droits de propriété intellectuelle (brevet). Cette propriété s'obtient par le dépôt d'une demande de brevet. Cette propriété intellectuelle court sur une prériode maximale de 18 à 20 ans depuis le dépôt de la demande de brevet. Au bout d'un certain nombre d'années, le brevet de la molécule tombe dans le domaine public, et ainsi ouvre la possibilité de copie par des médicaments génériques qui eux aussi doivent faire l'objet d'enregistrement. Ces produits étant essentiellement similaires aux produits originaux, seule la partie pharmaceutique est déposée pour obtenir un enregistrement. Une période dite de protection des données de 5 ans peut être obtenue auprès des autorités de santé pour empêcher les copies génériques d'un produit original, innovateur qui a mis longtemps pour être développé.
  • En France, un médicament expérimental est, selon la loi (annexe I de la Décision du 26 mai 2006 modifiant l'arrêté du 10 mai 1995 modifié relatif aux bonnes pratiques de fabrication (industrie pharmaceutique)) tout principe actif sous une forme pharmaceutique ou placebo expérimenté ou utilisé comme référence dans une recherche biomédicale, y compris les médicaments bénéficiant déjà d'une autorisation de mise sur le marché, mais utilisés ou présentés ou conditionnés différemment de la spécialité autorisée, ou utilisés pour une indication non autorisée ou en vue d'obtenir de plus amples informations sur la forme de la spécialité autorisée.

Prescription, Distribution

Les médicaments sont prescrits par les médecins à leurs patients qui vont les acheter chez leur pharmacien.

Conditions de distribution

Certains médicaments peuvent être achetés sans ordonnance (on parle d'automédication) ; en France, lorsqu'un médicament est acheté sans être prescrit, il n'est pas remboursé par l'assurance maladie.

Dans la plupart des pays, un médicament doit avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour être vendu. L'AMM est connue sous l'appellation NDA (new drug application) aux États-Unis et sous NDS (new drug submission) au Canada.

Conditions de prescription, listes de médicaments

Les organismes de régulation de la santé dressent des listes de médicaments en fonction des risques que représentent leur prise.

Par exemple, En France, il existe plusieurs listes de médicaments vénéneux, qui ne peuvent être acquis que sur ordonnance :

  • liste I : médicaments dangereux ;
  • liste II : médicaments potentiellement dangereux, moins toxiques que ceux de la liste I ;
  • stupéfiants : substance psychotrope capable de provoquer une dépendance et des effets délétères sur la santé psychique et physique


danger potentiel pour la santé danger pour la santé
liste II
liste I
risque fort de dépendance
stupéfiants
  • médicaments à prescription restreinte[1] :
    • ceux qui sont réservés à l'usage hospitalier
    • ceux qui ne peuvent être prescrits que par un médecin hospitalier
    • ceux nécessitant une surveillance spécifique et une prescription par un médecin spécialisé
  • médicaments d'exception : médicaments particulièrement onéreux, ils doivent faire l'objet d'un suivi spécifique et de justifications médicales pour la prise en charge.
  • médicaments restreints et d'exception.

Le tableau suivant récapitule ces différents cas (les 3 dernières colonnes étant également à prescrition obligatoire) :


remboursement ? prescription facultative prescription obligatoire prescription restreinte liste II liste I
pas de remboursement
médic. en vente libre,
non prescrits
N/A ?
N/A ?
remb. faible à normal
médic. en vente libre, prescrits
cas très courant
réservés à l'usage hospitalier;
prescrits par médecin hospitalier;
ou par médecin spécialisé
médic.
moins dangereux
que liste I
médic.
dangereux
prise en charge exceptionnelle
N/A
médic. d'exception
médic. restreints et d'exception

Balance bénéfice/risque, effets secondaires et paradoxaux

Le profil de risque est surtout lié à la relation entre les effets secondaires et la maladie soignée.

Rapport bénéfice/risque

On prend en compte le rapport bénéfice/risque: ainsi des effets secondaires sévères seront indéniablement mieux acceptés pour échapper à un cancer que pour éviter la douleur ou l'obésité.

Du côté du médecin, celui-ci doit prendre en compte dans ce rapport au risque la durée du traitement (effet cumulatif), et ne pas négliger le risque sur le fœtus quand il s'agit d'une femme enceinte (exemple : thalidomide, mieux connu sous le nom Softenon). Les indications de posologie et les effets secondaires connus doivent être indiqués sur la notice accompagnant le médicament.

De plus, du côté législatif, certains médicaments sont sévèrement réglementés et ne peuvent être prescrits que sous certaines conditions (voir Prescription, distribution) .

Obligations des laboratoires

Après la mise sur le marché du médicament, les laboratoires pharmaceutiques ont l'obligation de faire des études de pharmacovigilance, c'est-à-dire de continuer l'étude des risques du médicament en récoltant l'ensemble des effets secondaires du médicament ou même d'effectuer des études cliniques dans ce but.

Les données récoltées, touchant un grand nombre de patients, sont transmises aux autorités de santé qui réévaluent la balance bénéfice/risque du médicament. Il peut en ressortir des effets graves qui n'étaient pas apparus lors des études cliniques et ainsi mener le laboratoire ou l'autorité à retirer le médicament.

Événement indésirable médicamenteux

Ces effets indésirables peuvent être graves : Evénement indésirable grave (EIG), qu'ils soient le fait d'une erreur médicamenteuse ou non. Voir iatrogénèse.

Effets paradoxaux potentiels

Prescrire un médicament n'est pas neutre : les effets induits ne sont pas toujours légers, ils peuvent être graves.

Les effets secondaires peuvent à leur tour être mal interprétés, comme symptômes d'autre chose, ou d'une aggravation de l'état de la personne... ce qui complique singulièrement la situation et conduire à des prescritions supplémentaires (inadaptées !) à d'autres effets secondaires, et aussi à une dépendance.

Voir par exemple pour les somnifères, dont les Français sont les plus gros consommateurs au monde (3 fois plus que les britaniques, ou que les allemands), l'article sur les hypnotiques

Problématique du remboursement : accès au médicament et surconsommation

Pour les pays ayant signé la charte des Nations unies, la protection des populations (sûreté, protection de la santé) face aux accidents quotidiens, maladies et catastrophes (calamités), est une des fonctions de l'État (articles 3, 22 et 25 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948).

Accès aux médicaments

Il est donc de la responsabilité de l'État d'assurer un accès aux soins, et notamment aux médicaments, en fonction de l'état de santé de la personne et non pas de ses revenus.

Se posent alors deux problèmes :

  • le financement ;
  • la régulation de la consommation médicamenteuse.

Si des personnes n'ont pas les moyens de s'acheter des médicaments, le coût doit donc en être assuré par l'État, donc par les impôts, charges sociales ou taxes d'une manière ou d'une autre (sur le tabac, l'alcool, etc.) ; il s'agit de fait d'un moyen de redistribution des richesses. Les individus ayant des revenus « suffisants », mais ne pouvant pas couvrir des soins très onéreux, peuvent également contracter une assurance organisant la mutualisation du risque.

Déresponsabilisation et conséquences graves

Qu'il s'agisse d'un organisme d'État ou privé, un accès gratuit aux médicaments (ou un coût très réduit) présente un risque important de déresponsabilisation, à la fois des patients et des soignants, avec pour conséquences possibles :

  • un surcoût sans rapport avec les nécessités de santé :
    • dans le monde près de la moitié des médicaments n'est pas utilisée à bon escient (en France, c'est plus de la moitié)
    • les médicaments représentent la part dans les dépenses de santé qui augmente le plus vite, dans de nombreux pays, et en particulier en France (environ +6% par an, en valeur).
  • des problèmes liés à la surconsommation médicamenteuse, qui elle-même crée des surcoûts du système de soins, par exemple :
    • interactions médicamenteuses qui peuvent être graves (8000 décès/an selon le Ministère de la Santé français) et plus généralement :
    • accidents médicamenteux plus ou moins graves (13000 décès avérés par an en France, et peut-être bien plus)
    • pharmacodépendance, dont il est très difficile de sortir, comme avec des drogues dures, pour des médicaments aussi simples que des somnifères, même s'ils sont pris sur une très courte durée
    • résistance croissante des bactéries aux antibiotiques, limitant de plus en plus souvent notre défense face aux bactéries pathogènes. Plus de 3000 décès annuels par infections nosocomiales en France sont dûs à cette impuissance : un staphylocoque doré sur 3 est désormais impossible à contrecarrer, plus de 50% des pneumocoques sont résistantes à la pénicilline.
  • le risque donc de ne plus pouvoir financer des dépenses vraiment utiles. Les dépenses liées à l'allongement de la durée de vie, (dont les Affections Longue Durée (ALD) en France, qui représentent 60% des dépenses de l'Assurance Maladie) augmentent et continueront d'augmenter fortement, dans les années à venir. C'est tout l'ensemble du système de soins qui est en question...

C'est donc comme si tous, médecins et patients, nous coupions la branche sur laquelle nous sommes assis...

Banalisation du médicament, diminution du coût, voire gratuité

Voir l'introduction de Edith Dufay, Présidente d’AAQTE, dans le dictionnaire français de l’erreur médicamenteuse [2], 72 pages, SFPC :

« ... Il se dessine derrière ces 4 constats une réponse implicite mais rarement mise en avant, à la pérennisation de la distribution globale du médicament, organisation la moins sécurisée du circuit du médicament dans nos établissements de santé : le déni, par l’ensemble des professionnels de santé, du risque lié au médicament.

Chacun d’entre nous a la conviction de maîtriser les activités qui lui incombent, parce que nous avons un mode de fonctionnement individuel cloisonné sans regard extérieur.

Nous avons également banalisé le médicament. Bien qu’il représente un acte thérapeutique incontournable, sa balance bénéfices-risques est insuffisamment évaluée et bien souvent dédramatisée jusqu’à l’en oublier.

La diminution du coût des médicaments, voire leur gratuité, ... contribuent certainement à cette banalisation. »

Une comparaison intéressante pour montrer la différence selon les pays développés : par personne, les Français consomment 6 fois plus de médicaments que les Pays Bas. Aux Pays Bas, 6 personnes sur 10 qui sortent d'une consultation n'ont pas de prescription de médicaments, alors que le taux est de 0.25 sur 10 en France[3].

L'avertissement des experts de l'OMS

Les experts de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne s'y sont pas trompés, ils ont émis des avertissements sérieux : « promouvoir l’usage rationnel des médicaments, c’est sauver des vies et faire des économies ».

La question du remboursement est donc un problème épineux, la recherche de l'équilibre entre le libre accès aux soins, le choix thérapeutique (liberté du soignant, liberté du patient), l'égalité devant les soins…

Voir les articles Sécurité sociale et Assurance maladie.

Que deviennent les médicaments périmés ou non utilisés en France ?

Il faut savoir que chaque année, la consommation de médicaments périmés provoque 22 000 intoxications !

Si au lieu de les jeter à la poubelle (pollution de l'environnement), on les retourne au pharmacien, ils peuvent être recyclés de deux manières.

S'ils sont non périmés, ils sont traités par l'association Cyclamed. Certains sont redistribués aux plus démunis en France et dans le tiers-monde par 11 organisations humanitaires (10 millions de boîtes ont ainsi pu être redistribuées en 2002). S'ils sont périmés, ils sont brûlés dans des incinérateurs. Les emballages sont recyclés; ils représentent 90 % des 70 000 tonnes annuelles des déchets issus de médicaments produites en France.

Voir aussi

Liens internes

  • Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé
  • Alicament
  • Chimiothérapie
  • Bithérapie
  • Trithérapie
  • Médicament générique
  • Médicament sous ordonnance
  • Prescription de médicaments
  • Médicaments et grossesse
  • Effet secondaire (médecine)
  • Effet indésirable
  • Evénement indésirable médicamenteux (EIM) - Adverse Drug Event (ADE)
  • Erreur médicamenteuse
  • Interaction médicamenteuse
  • Iatrogénèse
  • Surconsommation de médicaments
  • Surprescription
  • Dépendance
  • Sevrage
  • Liste de médicaments retirés du marché
  • Traitement phytothérapeutique
  • Délégué médical

Liens externes

  • (fr) Les Entreprises du Médicament
  • (fr) Information indépendante sur les médicaments : Mensuel Prescrire
  • (fr) Les médicaments dans les Hôpitaux du Roy Texte du milieu du XVIIIe siècle.
  • (fr) Catégorie médicaments de l'annuaire dmoz.
  • (fr) Compendium Suisse des médicaments.
  • (fr) Biam, la banque de données automatisée sur les médicaments.
  • (fr) Les politiques de prise en charge des médicaments en France, en Allemagne et en Angleterre, blog « Débat Avenir de la santé », 2 mars 2006
  • (fr) Médicaments en Belgique
  • (fr) Dictionnaire français de l’erreur médicamenteuse, 72 pages, SFPC
  • (fr) L’assurance maladie s’attaque aux risques d’accidents médicamenteux
  • (fr) Extrait du Discours de Bernard Kouchner à la Conférence Nationale de la Santé, Lundi 22 juin 1998, Secrétaire d’État à la Santé
  • (fr) Nosocomial ? iatrogène ? Définitions et différences. Notion de iatrogénèse systémique
  • (fr) Iatrogénèse médicamenteuse. Événements indésirables : effets indésirables ou erreur médicamenteuse ?
  • (fr) Extraits de DREES n°398, mai 2005 "Événements indésirables graves (EIG) dans les établissements de santé"
  • (fr) Effets indésirables graves et potentiellement mortels des médicaments
  • (fr) Un résumé fidèle du livre Le complexe médico-industriel de Jean-Claude Salomon
  • (fr) Theriaque.org, site du GIE SIPS (Système d'information sur les produits de santé)
Portail de la médecine – Accédez aux articles de Wikipédia concernant la médecine.
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