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Dictionnaire de la langue française
Principales Références
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1.fait de se civiliser.
2.ensemble de ce qui caractérise les grandes sociétés humaines : la religion, les morale, les acquis scientifiques et techniques, etc.
adoucissement, amélioration, avancement, culture, évolution, humanisme, monde, perfectionnement, progrès, société
Civilisation antique grecque • Civilisation antique romaine • Civilisation de la vallée de l'Indus • Civilisation des Cyclades • civilisation ancienne • civilisation cycladique • civilisation minoenne • civilisation occidentale • histoire de la civilisation
Bibliographie sur la civilisation celtique • Cahiers de civilisation espagnole contemporaine • Centre d'études supérieures de civilisation médiévale • Civilisation (film) • Civilisation (homonymie) • Civilisation (roman) • Civilisation carthaginoise • Civilisation de Caral • Civilisation de Cortaillod • Civilisation de Hallstatt • Civilisation de Jiroft • Civilisation de Paracas • Civilisation de Peu-Richard • Civilisation de Pfyn • Civilisation de la vallée de l'Indus • Civilisation des Cyclades • Civilisation des champs d'urnes • Civilisation du Mississipi • Civilisation du blé • Civilisation du maïs • Civilisation du riz • Civilisation gréco-romaine • Civilisation inca • Civilisation islamique • Civilisation koutchéenne • Civilisation maya • Civilisation minoenne • Civilisation mycénienne • Civilisation occidentale • Civilisation proto-élamite • Civilisation précolombienne • Civilisation universelle • Civilisation égéenne • Communisme ou civilisation • Cours de civilisation française de la Sorbonne • Déclin de civilisation • Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne • Histoire de la civilisation grecque (1898-1902) • L'Exil intérieur : schizoïdie et civilisation • Langue littérature et civilisation étrangère • Malaise dans la civilisation • Musée de la Civilisation romaine • Musée de la civilisation • Médecine dans la civilisation islamique • Nazca (civilisation) • Nok (civilisation) • Ophthalmologie dans la civilisation islamique médiévale • Pour une politique de civilisation • Revue de recherche en civilisation américaine • Sur le processus de civilisation • État de civilisation
Caractéristiques sociales, Social Characteristics, Sociologie - Anthropologie culturelle, ethnographie[Hyper.]
culture, Culture (sociologie)[Hyper.]
Civilisation (n.)
[Cismef]
science du passé[Classe]
archéologie[Thème]
Descripteurs EUROVOC[Thème]
livre[termes liés]
passé et avant[termes liés]
anthropology (en)[Domaine]
SubjectiveAssessmentAttribute (en)[Domaine]
FieldOfStudy (en)[Domaine]
groupe social - assimilate (en) - anthropologie[Hyper.]
social - collectivisation, nationalisation - culture - acculturation, culture (en) - civilisation, culture - acculturatif - archéologue - archéologique[Dérivé]
anthropology (en)[Domaine]
SubjectiveAssessmentAttribute (en)[Domaine]
civilisation (n.)
ensemble de personnes[Classe...]
ensemble des phénomènes[Classe]
groupe social d'un point de vue sociologique[Thème]
civilisation[Thème]
groupe humain socialement organisé[ClasseParExt.]
civilisation (n. f.)
action de faire exister partout[Classe]
action de faire exister à l'extérieur de soi[Classe...]
civilisation (n. f.)
chose ancienne[Classe...]
civilisation[Thème]
civilisation ancienne[Classe]
civilisation (n. f.)
[ancien]
1. Action de civiliser ; état de ce qui est civilisé, c'est-à-dire ensemble des opinions et des moeurs qui résulte de l'action réciproque des arts industriels, de la religion, des beaux-arts et des sciences.
• Au commencement de la civilisation (TURGOT Pens. et frag.)
2. Dans l'école de Fourier, civilisation signifie la période particulière de la vie sociale où sont présentement les nations européennes.
REMARQUE
Civilisation n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1835, et n'a été beaucoup employé que par les écrivains modernes, quand la pensée publique s'est fixée sur le développement de l'histoire.
ÉTYMOLOGIE
Civiliser.
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Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (octobre 2009).
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Le terme civilisation — dérivé indirectement du latin civis signifiant « citoyen » par l'intermédiaire de « civil » et « civiliser » — a été utilisé de différentes manières au cours de l'histoire.
La civilisation, c'est d'abord l'ensemble des traits qui caractérisent l'état d'évolution d'une société donnée, tant sur le plan technique, intellectuel, politique que moral, sans porter de jugement de valeur. À ce titre, on peut parler de civilisations au pluriel et même de civilisations primitives.
Comme ceux de culture, de religion ou de société, le mot civilisation est devenu un concept clé ou un « maître-mot » pour penser le monde et l'histoire à l'époque des Lumières[5]. Le premier à avoir employé le mot civilisation dans une acception qui relève de la signification qu'il a encore aujourd'hui est Victor Riqueti de Mirabeau, le père de Mirabeau le révolutionnaire[5]. En 1758, dans L'Ami des Hommes, il écrit : « La religion est sans contredit le premier et le plus utile frein de l'humanité : c'est le premier ressort de la civilisation[6]. » De façon similaire, en 1795, dans Esquisse d'un tableaux des progrès de l'esprit humain de Condorcet, l'idée de civilisation désigne les progrès accomplis par l'humanité dans une nation donnée lorsqu'il fut possible de passer de l'état de barbarie à celui de citoyen, de civil ou de civilisé[7].
Au XIXe siècle la civilisation, alors envisagée comme un idéal à atteindre et comme un processus de transformation de la société vers cet idéal, fut la principale légitimation donnée à la colonisation impérialiste[8]. Il s'agissait de « civiliser » les peuples du monde dans une vision hiérarchique et évolutionniste des degrés de civilisation auxquels ceux-ci avaient accédé.
Aujourd'hui les vues sur la civilisation sont plus égalitaires de sorte que le terme désigne davantage un état de fait historique et social à valeur constante qu'un processus de transformation des sociétés. L'idée a cessé de fonctionner en opposition avec celles de barbarie ou de sauvagerie, tandis qu'était affirmé le principe du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes[9] ». Par suite, c'est dans l'égalité ou l'équivalence de ces entités supposées que peut se jouer l'affrontement, le dialogue ou l'entente des civilisations.
L'idée de civilisation reste cependant problématique car pour pouvoir désigner des civilisations, qui n'ont dans les faits ni structure précise, ni représentation institutionnelle, il faut sélectionner parmi les faits observables ceux que l'on juge aptes à définir les civilisations envisagées. Ainsi, on se fondera sur des faits linguistiques, éthiques, géographique, culturels, religieux ou politiques, mais, en procédant ainsi, il n'est pas plus aisé de savoir ce qu'est une civilisation qu'une religion ou une culture, des idées par ailleurs elles aussi assez vagues et qui sont parmi celles les plus employées pour décrire ce que sont les civilisations. Pour Bertrand Binoche « Après avoir prédit le triomphe de la civilisation, on peut bien annoncer le choc des civilisations, mais cela ne contribue pas à y voir plus clair[5]. »
Sommaire |
Les premières civilisations ayant laissé suffisamment de trace pour être identifiées comme telles sont Sumer, l’Égypte antique, la vallée de l’Indus et la Chine. Les fonctionnalités de ces groupes sont vues comme les différenciant des établissements précédents comme le Néolithique ; un élément déterminant de la rupture avec le Néolithique est la découverte puis la maîtrise de l'agriculture, laquelle entraîne une nouvelle organisation de l'espace et de l'activité humaine. Pour être qualifiée de civilisation, celle-ci doit regrouper la plupart des caractéristiques suivantes :
Cinq critères primaires (organisation)
Cinq critères secondaires (réalisations matérielles)
La civilisation développe des normes de comportements en société, comme la chevalerie. Une société définit souvent son type d'homme idéal (l'« homme de bien » de Confucius, l'« honnête homme » du XVIIe siècle européen, le « gentleman » de l'Angleterre victorienne...).
Le comportement civilisé est celui qui permet aux hommes de vivre ensemble pacifiquement. Un mythe rapporté par Platon dans Protagoras distingue les apports de la technique de ceux de la civilisation. Prométhée a apporté aux hommes les arts et les sciences, mais les hommes ne parviennent pas à s'entendre et à profiter de ces présents : ils continuent à vivre comme des animaux. Zeus leur fournit alors la pudeur et la justice, c’est-à-dire la possibilité de prendre en compte les autres membres de la société et de régler les différents de manière pacifique et ordonnée : les hommes peuvent alors construire la vie en cité. La civilisation apparait comme étant le moyen pour les hommes de s'élever au-dessus de la condition animale.
Jusqu'au XVIIIe siècle, l'idée de civilisation est exprimée par les mots « politesse » et « civilité ». Ces termes contiennent une connotation, justifiée ou non, de supériorité morale : de la classe noble sur les classes populaires, de l'Europe sur les « barbares ». Saint-Simon, en 1717, est fasciné par le mélange chez le tsar Pierre Ier, en visite à Paris, d'une « politesse » remarquable et de « cette ancienne barbarie de son pays qui rendait toutes ses manières promptes, même précipitées, ses volontés incertaines »[10]. C'est que la civilisation s'observe non seulement dans la vie de la cité, mais aussi dans toutes les circonstances de la vie quotidienne : manières de table, contrôle de son corps en société... Norbert Elias a étudié ce « processus de la civilisation » : selon lui, les classes les plus élevées de la société ont dû apprendre peu à peu à maîtriser leurs pulsions pour s'adapter à un monde dans lequel les contacts entre les individus sont de plus en plus importants, condition d'apparition de l'État moderne.
La civilisation suppose donc l'existence de lois et de règlements destinés à éviter que les gens ne deviennent violents. Mais la possession de forces autorisées à recourir à la violence, telle que la police ou l'armée ne disqualifie pas une culture qui prétend être civilisée. Ce qui distingue le pays « civilisé », c'est plutôt la manière dont la violence est utilisée : dans un État moderne, toute force armée doit relever de l'État, qui a le « monopole de la violence légitime » selon l'expression de Max Weber.
Le terme de « civilisation » apparaît au milieu du XVIIIe siècle, dans l'œuvre de Mirabeau père. Par la suite, la civilisation apparaît de plus en plus comme un processus : les sociétés passent d'un état « barbare » à un état civilisé, caractérisé par l' « adoucissement de ses mœurs » (Mirabeau). Or, si la société européenne a atteint cet idéal, pourquoi le reste du monde ne pourrait-il pas en bénéficier aussi ? De plus, tout au long du XIXe siècle, l'association entre progrès technique et progrès de la civilisation semble évidente. Dès lors, l'Europe, aidée par son avance technique et militaire, va se sentir investie d'une mission civilisatrice permettant de lancer (ou, a posteriori, de justifier) la colonisation de l'Afrique et de certaines parties de l'Asie.
Des événements marquants à l'intérieur même de ces sociétés occidentales au XXe siècle, entre autres quinze ans de pouvoir du nazisme de 1933 à 1945[11], mèneront conséquemment à relativiser la notion de civilisation. On ne cherche plus guère, aujourd'hui, à parler d'un progrès unidirectionnel des sociétés, pas plus qu'on ne parlera de « barbares » ou de « sauvages ». Tout au plus parlera-t-on de « civilisations » au pluriel. Fait significatif : dans le même temps que les ethnologues et artistes occidentaux partent à la recherche de ce que ces autres cultures peuvent inspirer comme progrès à notre civilisation, ces autres civilisations effectuent de leur côté leurs choix de ce qu'elles désirent prendre ou laisser dans la culture ou la technique occidentales : l'ayatollah Khomeini, qui rejette l'occidentalisation de l'Iran proposée par le Shah, n'en mène pas moins son action de communication par des cassettes audio, produit de ce même Occident (il s'en expliquera à Oriana Fallaci). Gandhi, qui en a fait auparavant de même pour l'Inde, n'en refuse pas pour autant sa technologie optique. D'ailleurs, l'Inde avait bien elle-même déjà donné le zéro au reste du monde.
Une école de pensée définit la civilisation comme une identité culturelle associée pour chaque individu à « la plus grande subdivision de l'humanité à laquelle il peut s’identifier »[12]. Elle représente donc un groupe plus étendu que la famille, la tribu, la ville de résidence, la région ou encore la nation. Les civilisations sont souvent liées à la religion ou à d’autres systèmes de croyance.
À des fins de classification, l’historien Arnold Joseph Toynbee en distingue vingt-six avec leurs montées et déclins[13]. C’est aussi la thèse de Samuel Huntington pour qui les conflits globaux de l'époque contemporaine en sont les témoins. Plus critique, le livre Effondrement de Jared Diamond analyse comment dans le passé plusieurs civilisations (Île de Pâques, Mayas, Groenland...) ont elles-mêmes provoqué leur propre effondrement par négligence du long terme. Il place ensuite les causes ainsi dégagée en parallèle avec l'état actuel de la civilisation (par exemple au Montana) pour tenter de trouver des moyens d'action afin d'éviter de futurs effondrements. Le sous-titre de son livre l'annonce sans ambiguïté : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie.
Le concept d’« empire » se superpose à celui de « civilisation ».
Les études post-coloniales problématisent l'apport des Lumières et des bienfaits de la civilisation des peuples. Le livre de Gayatri Chakravorty Spivak,[14] offre une analyse méticuleuse et détaillée.
Sigmund Freud, dans Malaise dans la civilisation, établit un inventaire des frustrations apportées par la société moderne et examine en contrepartie le bilan des compensations qu'elle offre en matière de sécurité, de santé, de culture et d'art. Il y évoque le fait que l'accumulation de ces frustrations puisse conduire parfois à des réactions violentes (voir : Instinct de mort). Ces points seront aussi relevés par Wilhelm Reich, Herbert Marcuse, etc.
Henri Laborit, dans L'Homme et la ville (l'urbanisation accompagne souvent la civilisation) met en relief le fait que celle-ci fonctionne comme une machine servant à juxtaposer sans heurts de grandes inégalités de conditions qui ne seraient pas tolérées dans un autre contexte.
Sont présentés ici des civilisations dont l'étendue, le rayonnement, la durée, les vestiges, ont laissé des traces au XXIème siècle.
Le tableau suivant, quoique incomplet, propose une autre approche avec une classification par zone géographique et par période des différentes cultures ou civilisations du monde.
Tableau synoptique des civilisations et cultures de l'Humanité
| Civilisations | Localisation |
|---|---|
| Occidentale | États-Unis, Europe occidentale, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande |
| Latino-américaine | Amérique latine |
| Soviétique et ex-soviétique | Europe Centrale et Orientale |
| Afrique coloniale et postcoloniale | Afrique subsaharienne |
| Arabe | Afrique du Nord, Moyen-Orient, Asie centrale |
| Inde | Sous-continent indien, Tibet, |
| Bouddhiste | Birmanie, Thaïlande, Laos, Cambodge, Mongolie |
| Extrême-Orient | Chine, Vietnam, Corée |
Certaines régions ou pays sont classés à part :
| Civilisations | Localisation |
|---|---|
| Occidentale | États-Unis, Europe occidentale, Canada, Cône Sud, Australie et Nouvelle-Zélande |
| Latino-américaine | Amérique latine (sauf Cône Sud) |
| Soviétique et ex-soviétique | Europe Centrale et Orientale (sauf la Grèce) |
| Afrique coloniale et postcoloniale | Afrique subsaharienne |
| Arabe | Afrique du Nord, Moyen-Orient |
| Inde et Asie du Sud-Est | Sous-continent indien, Tibet, Birmanie, Thaïlande, ex-Indochine, archipels du Sud-Est asiatique |
| Extrême-Orient | Chine, Corée, Japon, (Singapour) |
| Océanienne | Mélanésie, Micronésie, Polynésie |
Certaines régions se caractérisent comme une zone de contact entre plusieurs ensembles :
Enfin, le monde juif et hébraïque constitue un cas à part : dans la mesure où il s'est construit une culture originale, on peut le qualifier de civilisation, mais à part Israël, il n'a pas de zone géographique définie.
« Ce que les hommes appellent "civilisation", c'est l'état actuel des mœurs et ce qu'ils appellent "barbarie", ce sont les états antérieurs. »
« Il existe infiniment plus d'hommes qui acceptent la civilisation en hypocrites que d'hommes vraiment et réellement civilisés. »
« Toute civilisation (...) prend, à l'intérieur de chaque peuple, de chaque État, des caractères particuliers. mais les éléments les plus essentiels qui la constituent ne sont la chose ni d'un État, ni d'un peuple ; ils débordent les frontières, soit qu'ils se répandent, à partir des foyers déterminés par une puissance d'expansion qui leur est propre, soit qu'ils résultent des rapports qui s'établissent entre sociétés différentes et soient leur œuvre commune (...) La civilisation est (...) une sorte de milieu moral englobant un certain nombre de nations, chaque culture nationale n'étant qu'un forme particulière du tout. »
« Ce que l'Histoire n'oublie pas. »
« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. »
« Une civilisation naît au moment où les hommes sans génie croient qu'elle est perdue. »
« L'impérialisme est civilisation pure. Le destin de l'Occident est dans ce phénomène irrévocable. L'homme cultivé a son énergie en dedans, le civilisé en dehors. »
« La civilisation de jouissance se condamne elle-même à la mort lorsqu'elle se désintéresse de l'avenir. »
« Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. »
« Ce qu'on appelle la civilisation a contribué à rendre une partie de la société plus heureuse et l'autre plus malheureuse que l'une et l'autre ne l'auraient été à l'état de nature »
« C'est la connaissance, la croyance, l'art, la loi, la coutume, et toutes les autres aptitudes ou habitudes acquises par l'homme en tant que membre de la société. »
— E. Tyler, 1871
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