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boggle
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Dictionnaire de la langue française
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Daniel Roche est un historien français, né le 26 juillet 1935, professeur au Collège de France depuis 1998, dont les travaux portent essentiellement sur l'histoire culturelle et sociale de la France d'Ancien régime.
Sommaire |
Il intègre l'École normale supérieure de Saint-Cloud en 1956. Sur le conseil de Pierre Goubert, alors enseignant à l'école, il réalise son mémoire de maîtrise sous la direction d'Ernest Labrousse, qui lance à cette époque une grande enquête sur la bourgeoisie. Déjà, Daniel Roche fait des archives notariales les sources essentielles de son travail, qui porte sur les catégories socioprofessionnelles à Paris au milieu du XVIIIe siècle.
Il est reçu à l'agrégation d'histoire. De 1960 à 1962, il est professeur au lycée de Châlons-sur-Marne. Pour conjurer l'« ennui[1] » lié à cet « exil » champenois, Daniel Roche fréquente les archives municipales et départementales, où il se prend d'intérêt pour les académies provinciales du XVIIIe siècle.
À partir de 1962, et jusqu'en 1965, il est caïman à l'École normale supérieure de Saint-Cloud, tout en étant chargé de recherches au CNRS. Sur le conseil de François Furet, qu'il fréquente alors, il décide de consacrer sa thèse aux académies provinciales du XVIIIe siècle siècle, sous la direction d'Alphonse Dupront. De ses premiers travaux avec Ernest Labrousse, alors figure majeure et très influente des études historiques, Daniel Roche conserve un positionnement épistémologique influencé par un marxisme nuancé. Il prend notamment une part active dans les débats épistémologiques, mais aussi politiques, qui opposaient l'école labroussienne, partisane d'une approche de la société d'Ancien Régime en termes de classes sociales, à l'école de Roland Mousnier qui défendait quant à elle la primauté des ordres socio-juridiques.
Sa carrière se déroule ensuite à l'université Paris VII (1973-1977), puis à Paris I, où il est professeur de 1978 à 1989. Il est aussi professeur à l'Institut européen de Florence (1985-1989). En 1989, il devient directeur d'études à l'EHESS (1989), avant d'être nommé, en 1998, professeur au Collège de France, où il succède à Maurice Agulhon et devient titulaire de la Chaire d'histoire de la France des Lumières. Il est désormais professeur honoraire.
En tant que professeur d'université, mais aussi comme directeur de l'Institut d'histoire moderne et contemporaine (de 1990 à 2000[2]), ou comme directeur (avec Pierre Milza) de la Revue d'histoire moderne et contemporaine, il a joué un grand rôle dans l'organisation et l'animation de la recherche historique. Il a notamment contribué à la formation d'un grand nombre d'historiens et d'universitaires par le biais de nombreuses directions doctorales.
Depuis ses premiers travaux, Daniel Roche a construit une œuvre dense et riche, à la croisée de l'histoire urbaine, de l'histoire sociale (et des sociabilités) et de l'histoire culturelle. Le principal apport de ses travaux est d'articuler fermement histoire culturelle et histoire sociale, de réaliser une histoire culturelle attentive "à la différenciation sociale"[1].
Sa thèse, qui porte sur les académiciens provinciaux, lui permet d'approcher la bourgeoisie éclairée et la franc-maçonnerie. Mais dans le cadre d'une conception large et ouverte de la culture, qui ne se réduit pas à la culture des élites, il s'intéresse également aux diverses formes de la culture populaire (Le Peuple de Paris. Essai sur la culture populaire au XVIIIe siècle). Dans cette perspective, il édite et commente un document exceptionnel, le journal de Jacques-Louis Ménétra, un compagnon-verrier de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, écrit entre 1764 et 1802. Ce récit autobiographique, riche en anecdotes, offre un témoignage original de la trajectoire sociale et de la vie quotidienne d'un artisan, et plus généralement des mentalités au XVIIIe siècle.
En recourant largement aux sources notariées, exploitées de manière sérielle, et reprenant une conception large de la culture, Daniel Roche contribue à une histoire de la culture matérielle, à travers une histoire des vêtements (La culture des apparences) et une histoire de la consommation quotidienne (Histoire des choses banales. Naissance de la Société de consommation, XVIIIe-XIXe siècle). Il écrit également des synthèses qui ont fait date, sur la France moderne (Les Français et l'Ancien Régime, avec Pierre Goubert), ou sur les Lumières (La France des Lumières), et a participé à de nombreux ouvrages collectifs.
Ses travaux récents, s'ils manifestent une indéniable continuité, témoignent aussi d'une certaine ouverture thématique[3]. Dans Humeurs Vagabondes, de la circulation des hommes et de l'utilité des voyages, il met à mal l'image de sociétés d'Ancien Régime « immobiles », en montrant la variété et la fréquence de la mobilité géographique, thème déjà abordé à travers le Tour de France de Ménétra. À travers plusieurs ouvrages et articles il a également pris comme objet d'étude historique le cheval. Daniel Roche fait de ce thème, d'apparence triviale, auquel les historiens s'étaient peu intéressés, un observatoire des pratiques économiques, sociales et culturelles des sociétés d'Ancien Régime. Aussi ce travail est-il emblématique d'une démarche historique ouverte à de nouvelles thématiques et aux apports des autres sciences sociales, et ambitieuse quant à son projet. De ce point de vue, son œuvre peut être rapprochée de celle de Roger Chartier, avec lequel il a par ailleurs collaboré[4].
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