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boggle
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Dictionnaire de la langue française
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La fusion du cœur d'un réacteur nucléaire survient lorsque les crayons de combustible nucléaire, qui contiennent l'uranium ou le plutonium ainsi que des produits de fission hautement radioactifs, commencent à surchauffer puis à fondre à l'intérieur du réacteur. Elle se produit en particulier lorsqu'un réacteur nucléaire cesse d'être correctement refroidi. Elle est considérée comme un accident nucléaire grave en raison de la probabilité que des matières fissiles puissent polluer l'environnement avec une émission de nombreux radioisotopes hautement radioactifs, après avoir franchi l'enceinte de confinement, quand cette dernière existe.
Plusieurs fusions du cœur se sont déjà produites dans des réacteurs nucléaires tant civils que militaires (voir la liste d'accidents nucléaires). Elles se sont caractérisées par des dégâts très sérieux sur le réacteur nucléaire et les cas les plus graves (rejets radioactifs dans l'environnement) ont nécessité une évacuation de la population civile des environs. Dans la plupart des cas, il a fallu ensuite arrêter définitivement le réacteur, puis réaliser son démantèlement complet.
Sommaire |
Le crayon de combustible fond quand la température atteint une valeur supérieure à sa température de fusion. Suivant les cas : lors de la catastrophe de Tchernobyl cette augmentation de température a été quasi-instantanée ; dans d'autres cas, elle peut prendre plusieurs heures, notamment lors de l'accident nucléaire de Three Mile Island.
La fusion du cœur peut se produire alors que la réaction en chaîne neutron-fission s'est terminée, car l'inertie thermique, la chaleur résiduelle (liée à la désintégration des produits de fission à courte durée de vie) ou la chaleur d'un incendie peuvent continuer à chauffer le combustible bien après l'arrêt du réacteur.
Dans les réacteurs nucléaires, les crayons de combustibles présents dans le cœur du réacteur peuvent fondre pour les raisons suivantes :
La défaillance des systèmes d'alimentation électrique de secours pourrait aussi conduire à une fusion du cœur. Un rapport de l'autorité de sûreté nucléaire américaine (NRC), révèle que 50 % des scénarios de fusion du cœur proviennent d'une coupure de courant dans la centrale[1].
Immédiatement après l'arrêt des réactions de fission, le réacteur dégage toujours environ 7 % de sa puissance thermique nominale[2] et cela diminue de moins en moins vite[3]. Elle est ainsi proche de :
Leur chaleur résiduelle est normalement — dans ce type de cas — éliminée par refroidissement, grâce à des circuits auxiliaires dans lesquels l'eau est le fluide de refroidissement et dont les pompes et les systèmes de contrôle doivent être alimentés en électricité. Les systèmes de secours semblent avoir été fortement endommagés par le tremblement de terre et/ou noyés par le tsunami consécutif[4]. Les groupes Diesel de secours se sont brusquement arrêtés une heure plus tard.
Le réacteur ne peut plus être refroidi et le volume d'eau diminue, ce qui peut conduire à la fusion du cœur du réacteur[5]. Le point de fusion du combustible est d’environ 2 800 °C[6],[7] tandis que la gaine à base de zirconium se détériore aux alentours de 830 °C puis, par une réaction oxydante avec l'eau, rompt aux alentours de 1 200 °C[8],[6]. La fusion de la gaine survient à environ 1 600 °C, température atteinte en quelques minutes dans un cœur de réacteur à l’arrêt non refroidi[9].
Une explosion peut disperser la très forte radioactivité du cœur sur des distances relativement importantes (de l’ordre du kilomètre) et détruire les moyens de contrôle de la centrale[5].
Il est donc jugé préférable, lors de ce type d’accident, de laisser s’échapper la vapeur et l’hydrogène accumulés dans l’enceinte, quitte à entraîner vers l’extérieur une contamination radioactive généralement limitée si des tubes de combustible ont été fissurés/fendus[6]. De même, le refroidissement du cœur est considéré comme prioritaire, quitte à ce qu’une faible radioactivité sorte de l’enceinte (des bassins d’épandage sont prévus pour retenir ces eaux de refroidissement potentiellement contaminées). Cette approche instaure un « mode dégradé » grâce auquel le plus gros de la radioactivité reste à l’intérieur des barrières de confinement.
Après avoir été retirés du cœur d'un réacteur les éléments combustibles usés, qui continuent de dégager de la chaleur, sont entreposés dans une piscine de désactivation dont l'eau sert à la fois à les refroidir et à constituer une barrière (« blindage liquide ») aux rayonnements qu'ils émettent[10]. Le niveau d'une piscine doit être constamment contrôlé et sa température ne doit pas dépasser 25 °C, ce qui demande un refroidissement constant[10]. Chaque piscine de 12 mètres de profondeur peut accueillir des matières radioactives sur 4 m de hauteur[11]. Sur le site de Fukushima Daiichi, selon TEPCO, il y avait plus de matières radioactives dans les piscines que dans les réacteurs[11]. Elles contenaient au moment de l'accident 11 125 assemblages de combustible usés (près de quatre fois la quantité de produits radioactifs contenus dans les cœurs des six réacteurs)[11]. La piscine du réacteur no 4 (qui était à l'arrêt pour entretien) en contenait 1 331 assemblages en partie exposés à l'air[12].
Faute d'apport d'eau destinée au refroidissement d'une piscine d’entreposage du combustible usagé le contenu de la piscine s'évapore (0,4 litre par seconde et par mégawatt)[13] et l'ébullition cause alors l'échauffement puis l'éclatement (lié à l'oxydation) des crayons de combustible[14]. En outre, les piscines d'entreposage sont situées hors de l'enceinte de confinement résistante des réacteurs (elles sont en situation normale confinées dynamiquement) et sont ainsi plus facilement exposées à l'atmosphère[15].
Cette situation est potentiellement très grave : si l'eau des piscines s'évapore (ce qui peut survenir après quelques jours de fonctionnement anormal), les éléments combustibles irradiés qu'elle contiennent peuvent fondre ou prendre feu, répandant leurs produits de fission directement dans l'atmosphère[16],[17],[11].
Dans un tel cas, les rejets radioactifs correspondants seraient bien supérieurs aux rejets survenus jusqu’à présent[18].
Les réacteurs des centrales nucléaires sont conçus pour s’arrêter automatiquement dès le début de secousses importantes[19], la réaction en chaîne qui a lieu durant le fonctionnement normal du réacteur est alors stoppée, mais les réacteurs doivent être refroidis pour évacuer la chaleur due à l'activité des produits de fission qu'il contient, qui continuent à se désintégrer donc à chauffer durant un temps pouvant atteindre plusieurs mois[20],[4].
La perte totale du refroidissement est l’accident majeur dimensionnant les dispositifs de sécurité d’une centrale : c’est en calculant les conséquences éventuelles d’un tel accident sur l’extérieur que l’on détermine si un réacteur est suffisamment « sûr ». Les conséquences d’un tel accident sont donc étudiées à l’avance, et les réponses à apporter aux différentes situations font partie du dossier de sûreté de la centrale. Pour qu'une centrale puisse réglementairement être autorisée à fonctionner, l'opérateur doit démontrer que les effets de n'importe quel accident de fusion du cœur restent confinés à la centrale, et n'imposent pas d'évacuer les habitants riverains[21].
D’une manière générale, les conséquences d’une perte de refroidissement sur un réacteur peuvent être :
Le scénario de l’accident de Tchernobyl avait superposé deux problèmes : d’une part une explosion de vapeur et d’autre part l’incendie du modérateur en graphite provoquant un panache de produits de fission et de débris radioactifs provenant du cœur du réacteur, et formant le nuage de radioactivité qui s’était répandu sur toute l’Europe et au-delà[27],[28] (l'incendie de graphite n'est pas possible pour les REP et les REB car pour ces réacteurs la modération des neutrons est assurée par de l’eau).
Plusieurs sous-marins russes ont subi une fusion du cœur de leur réacteur nucléaire.
La seule fusion complète du cœur connue de réacteur nucléaire civil est la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine) en 1986. Mais il y a eu plusieurs fusions du cœur partielles :
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