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boggle
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Dictionnaire de la langue française
Principales Références
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L'histoire de l'Europe, et surtout de l'Europe méridionale, est une des parties les mieux documentées, étudiées et connues de l'histoire mondiale, pour quatre raisons :
Toutefois, elle n'est qu'une partie de l'histoire mondiale : les préhistoriens, les anthropologues et les historiens tels Henry de Lumley, Claude Lévi-Strauss, Georges Duby ou Jared Diamond mettent en garde contre la « tentation nombriliste » qui « prend l'abondance documentaire pour de la supériorité »[1].
C'est en Europe que les historiens européens ont défini les grandes périodes préhistoriques et historiques (Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge...) qui valent principalement pour ce continent, celles de l'histoire africaine sub-saharienne, amérindienne précolombienne, chinoise ou indienne étant différentes.
Toutefois, l'histoire européenne connaît les mêmes trois grandes « révolutions techniques » que le reste de l'histoire mondiale, chacune d'elles bouleversant profondément les modes de vie antérieurs :
Tant l'archéologie que les sources documentaires et artistiques représentent des biais, pour trois raisons :
Toutefois, avec la généralisation de la méthode scientifique, tant en archéologie qu'en paléographie et en histoire de l'art, de plus en plus de découvertes, d'études complémentaires et d'analyses apportent des informations nouvelles sur l'histoire européenne, dont la vision ne cesse de se préciser, tandis que d'anciennes légendes ou points de vue cèdent du terrain, ou bien quittent le terrain scientifique pour subsister uniquement sur le terrain mythologique, politique ou idéologique (voir par exemple les articles « Race européenne », « Déluge », « Aryens », « Grand schisme d'orient » ou « Occident chrétien »).
De plus, des sciences naturelles comme l'épidémiologie, la génétique, la géologie, la volcanologie, la paléo-climatologie ou la palynologie, désormais croisées avec les sciences historiques et sociales, apportent elles aussi des éclaircissements et des informations complémentaires, par rapport aux sources archéologiques et écrites. Ainsi, des études géologiques, volcanologiques et climatologiques[2] ont dévoilé les causes souvent naturelles de déplacements de populations, changements de civilisation ou politiques, dépeuplements, guerres, repeuplements. De leur côté, les études comparatives génétiques, récemment multipliées, réfutent l’existence d’une « race européenne » aux contours bien précis : selon une étude de l'expert Chao Tian qui en 2009 a calculé les distances génétiques (Fst) entre plusieurs populations en se basant sur l’ADN autosomal, les Européens du Sud tels que les Grecs et Italiens du Sud apparaissent soit à peu près autant distants des Arabes du Levant (Druzes, Palestiniens) que des Scandinaves et Russes, soit plus proches des premiers. Un Italien du Sud est ainsi génétiquement deux fois et demi plus proche d'un Palestinien que d'un Finlandais[3],[4].
C'est l'écriture qui marque traditionnellement la limite entre préhistoire et histoire. L'écriture apparaît tardivement, comme corollaire de la sédentarisation, liée au passage progressif d'une société de chasseurs-cueilleurs à une société d'éleveurs-cultivateurs, qui a rendu nécessaire le marquage durable de décomptes et d'inventaires. Tout ce qui s'est déroulé avant cela, est inclus dans la préhistoire, depuis les origines de la Terre jusqu'à l'apparition, il y a environ six mille ans, des premières écritures.
L'âge des premiers indices d'occupation (pré-)humaine en Europe est discuté : selon certains chercheurs, il pourrait être de 1,8 million d'années (âge de l'Homo georgicus, présent aux portes de l'Europe) mais il n'est confirmé par des fossiles humains en Europe même qu'à partir de - 600 000 ans avec Homo heidelbergensis.
Plus tard, il y a environ 200 000 ans, l'Homme de Néandertal apparaît en Europe, qu'il occupera seul durant 165 000 ans.
La présence de l'homme moderne, Homo sapiens, est attestée en Europe depuis au moins 35 000 ans. Dans un climat plus froid que le climat actuel, l'homme est un chasseur qui utilise des outils de pierre taillée, vivant à la manière dont les peuples de l'Arctique vécurent jusqu'au début du XXe siècle. Il nous a laissé sur les parois des cavernes des figurations artistiques, liées à des préoccupations cynégétiques, saisonnières (la plupart des animaux sont représentés tels qu'ils sont à l'époque du rut[5] et il est possible que leur disposition et répétition soit liée à celle des constellations[6]) et peut-être religieuses.
Des preuves de campements permanents datent du VIIe millénaire av. J.-C. en Serbie, Bulgarie, Grèce et Roumanie : apparue au Moyen-Orient, l'agriculture (culture des céréales, élevage) se répand lentement du VIIe au IIIe millénaires avant notre ère dans toute l'Europe. La sédentarisation, avec fondation de villages, s'accompagne de l'usage d'outils de pierre polie, de la poterie, du tissage, mais aussi de la guerre, notamment en période d'aléas climatiques.
Aux IIIe et IIe millénaires avant notre ère, durant l'Âge du cuivre, la civilisation mégalithique se développe. Selon les hypothèses de Marija Gimbutas, au demeurant discutées, cela aurait pu être une civilisation agricole, sédentaire, peu guerrière (les sites ne sont pas fortifiés, il y a peu d'armes et beaucoup d'outils agricoles dans les sépultures), matristique et dont les cultes étaient en relation avec les rythmes de la nature ; les calendriers prédictifs, à la fois lieux de culte et observatoires, les labyrinthes et les parcours initiatiques en étaient les axes[7].
En Crète s'épanouit la civilisation minoenne, et plus tard, en Grèce, la civilisation mycénienne (milieu du IIe millénaire av. J.-C.), avec lesquelles l'Europe entre dans l'Histoire, puisque ces civilisations utilisent l'écriture.
D'après les travaux de R. Peroni[8] ces civilisations agricoles, dont les sites se multiplient, témoignant d'un accroissement de la population, subissent dans la première moitié du XIIe siècle avant notre ère, une crise environnementale qui conduit à l'abandon de la plupart des sites, mais l'on ignore s'il s'agit d'une crise climatique, d'une épidémie ou d'une épizootie, des suites d'éruptions volcaniques, ou de plusieurs de ces causes. Pour la civilisation minoenne au moins, l'impact de l'éruption de Santorin fait l'unanimité parmi les archéologues.
Au milieu du IIe, puis à partir du milieu du Ier millénaires avant notre ère, l'Europe entre dans l'âge du bronze puis dans l'âge du fer. Une civilisation patriarcale et guerrière remplace progressivement la précédente. Dans les sépultures, chars, armes et boucliers dominent désormais. C'est pendant cette période protohistorique que l'on commence à identifier des peuples : les Ibères en Espagne, les Ligures du Rhône au Pô, les Étrusques et les Italiques en Italie, les Illyres en Italie et de l'Adriatique au Danube, les Celtes en Europe centrale, qui de là, se répandent aux Ve et IVe siècles avant notre ère dans toute l'Europe, les Thraces et les Grecs en Europe du Sud-Est, les Scythes en Europe orientale.
La diffusion des langages à l’origine des la plupart des langues européennes actuelles, se serait faite de l’Est vers l’Ouest lors de la phase de néolithisation de l’Europe. Les langues indo-européennes ont progressivement remplacé les langues antérieures, dont le basque semble être le dernier reliquat. Toutefois, changement de langue ne signifie pas nécessairement remplacement violent des populations, mais plutôt adoption de nouvelles cultures[9].
La question de savoir si l'agriculture s'est répandue au gré des migrations humaines ou par la diffusion des idées et des techniques agricole est encore débattue mais une récente étude de la diversité génétique des populations modernes a quelque peu éclairci la situation. En effet, en janvier 2010, des chercheurs de l'université de Leicester au Royaume-Uni ont établi que la plupart des hommes européens descendent d'agriculteurs qui sont arrivés du Proche-Orient il y a environ 10 000 ans. Le professeur Mark Jobling, qui a conduit l'équipe de recherche, déclarait ainsi: « Nous avons étudié la lignée la plus répandue du chromosome Y en Europe, qui correspond à environ 110 millions d'hommes: elle montre un gradient régulier du sud-est vers le nord-ouest, atteignant presque les 100 % en Irlande. Nous avons étudié la répartition de cette lignée, sa diversité dans les différentes régions d'Europe, et son ancienneté.» Les résultats suggèrent que cette lignée, l'haplogroupe R1b, s'est répandue avec l'agriculture, depuis le Proche Orient. Le Dr Patricia Balaresque, auteur principal, déclarait: « Au total, plus de 80 % des chromosomes Y des européens viennent de ces agriculteurs. Par opposition, la plupart des lignées génétiques maternelles semblent venir des chasseurs-cueilleurs. Ceci suggère un avantage reproductif des agriculteurs sur les hommes locaux, lors de l'abandon des pratiques de chasse et de cueillette.»[10],[11],[12].
Dans l'Antiquité, les auteurs grecs et romains s'accordent pour opposer à leur civilisation méditerranéenne, appelée imperium à partir d'Auguste, un barbaricum peuplé de Celtes, de Germains, d'Illyres, de Thraces, de divers peuples iraniens tels que les Scythes ou les Sarmates, et dans l'antiquité tardive, de Slaves. Les civilisations de ces peuples étaient initialement moins urbaines, juridiques et scripturaires que celle des Grecs et des Romains, mais non moins complexes religieusement, socialement et artistiquement.
Au-delà de la Grèce ou de la Rome étaient présents des peuples qui se nommaient eux-mêmes Kelt, signifiant à peu près « nobles ».
Les Celtes occupaient une grande partie de l'Europe, des Carpates à l'Atlantique. Les auteurs latins utilisent le mot Galli pour désigner les Celtes installés en Gaule, en hommage à leur animal fétiche, le coq (Gallus en latin), mais le mot Galatoi utilisé par les auteurs grecs pour les celtes, semble plutôt renvoyer à la couleur claire des peuples nordiques (Galaktos signifiant « laiteux » en grec). Plusieurs étymologies ont été proposées. Les Celtes, artisans et agriculteurs, savaient fondre et travailler de nombreux métaux et utiliser la roue; le bois et le fer leur étant plus accessibles que l'argile, ils utilisaient des tonneaux à la place de dolia ou d'amphores. Leurs bateaux n'étaient pas moins élaborés que ceux de la Méditerranée, et leur ont permis de peupler les îles britanniques.
Le commerce celtique est prospère et, en temps de paix, les Celtes entretiennent de bonnes relations avec les peuples qui vivent autour du bassin méditerranéen, où ils installent à leur tour comme sauniers (les Salyens par exemple), artisans, jardiniers ou mercenaires.
À la fin de l'âge du bronze survient une période plus sèche, la productivité agricole baisse et les vieux royaumes achéens s'effondrent. Le climat rétabli (et même plus arrosé que de nos jours[13]), la productivité augmente et une brillante civilisation voit le jour : sur le pourtour de la Mer Égée, la civilisation grecque prend la forme de plusieurs cités États (les plus importantes étant Sparte et Athènes), qui ont des formes de gouvernement et de culture très différentes. L'art, la musique, la philosophie, les sciences, le théâtre se développent. Les cités grecques connaissent un « boom démographique » et grâce au surplus de population, fondent un grand nombre de colonies sur la rive nord de la mer Méditerranée, en Cyrénaïque et autour de la mer Noire, notamment en Asie mineure, en Sicile et dans le sud de l'Italie. Par exemple, Massalia (Marseille) est fondée vers 600 avant notre ère. Avec Clisthène, la cité d'Athènes expérimente les premières formes de droit du sol et de démocratie, encore réservées aux seuls hommes libres, citoyens de la ville.
Mais au IVe siècle av. J.-C., leurs guerres font des cités grecques une proie facile pour Philippe II de Macédoine, roi thrace héllénisé. Les conquêtes de son fils, Alexandre le Grand étendent l'Hellénisme jusqu'à la Perse, l'Égypte et l'Inde et permettent l'intégration des connaissances scientifiques de ces pays.
La Grèce antique a légué l'idée de démocratie athénienne, bien analysée par ses philosophes, tels Socrate, Platon, Aristote ou Héraclite, qui tentent également d'expliquer l'inconnu par le connu, selon une démarche logique. À la littérature épique d'Homère s'ajoutent la poésie lyrique avec Sapho et Pindare, et le théâtre (qui préexistait rustiquement, mais acquiert ses rites et ses règles). Ainsi émerge l'idée d'un idéal esthétique, que reflètent les arts de l'architecture et de la sculpture (polychrome à l'origine). Une somme de connaissances en mathématiques est née du contact des Grecs avec les civilisations plus anciennes d'Égypte ou de Mésopotamie. En outre, la Grèce a permis l'éclosion de la science expérimentale et a créé la monnaie. La Grèce antique était composée de multiples cités États ayant conscience de leur identité commune, mais constamment rivales.
À partir du IIIe siècle av. J.-C., supplantant les Grecs des colonies d'Italie du Sud puis s'opposant à Carthage, Rome conquiert l'Italie puis tout le pourtour de la Méditerranée. À partir du Ier siècle, la frontière de l'Empire romain est fixée sur le Rhin et le Danube et à la limite de l'Écosse. L'Empire, défendu par un réseau de fortifications appelé le Limes, est divisé en provinces. Au début de l'Empire, le droit du sang domine et les habitants ne sont citoyens que de leur cité ou nation d'origine, mais en 212, le droit du sol est introduit et tous les habitants de l'empire reçoivent la citoyenneté romaine. Le latin devient la langue commune à toutes les régions du nord-ouest de l'empire, le grec restant la langue commune des régions du sud-est.
Les legs de Rome en Europe sont :
La fin de l'Antiquité tardive et le haut-Moyen Âge correspondent à une péjoration climatique (forte nébulosité, hivers longs et froids, étés pluvieux[14]) qui met à mal les équilibres économiques, notamment dans le nord et le centre de l'Eurasie dont les peuples, affamés, vont déferler vers le sud et l'ouest, vers le bassin méditerranéen relativement épargné. En envahisseurs, en mercenaires ou en « foederati », les peuples germaniques, slaves et asiatiques bouleversent l'ordre romain: des royaumes « barbares » s'établissent sur les ruines de l'Empire romain d'Occident, ainsi que dans la partie danubienne de celui d'Orient. Mais le souvenir impérial subsiste et s'affirme comme un modèle de gouvernement pour les souverains du Moyen Âge. Ainsi, Charlemagne ressuscite le titre impérial en 800 ; les Ottoniens s'en emparent par la suite. Les slaves, eux, créent le titre de Tzar (César).
Après la chute de l'Empire romain d'occident au Ve siècle, les royaumes « barbares » établis à sa place en Europe de l'Ouest font une synthèse entre le legs de Rome et les coutumes germaniques, ce qui, après plusieurs siècles de mauvaises récoltes, de décroissance démographique et d'oubli de connaissances, aboutira, avec l'amélioration climatique et agricole du XIe siècle, au « renouveau de l'an mil » et à l'émergence d'une civilisation distincte, surnommée « occident chrétien ».
La partie orientale de l'Empire romain survit pendant un millénaire et opère une synthèse entre le legs romain et l'hellénisme : depuis Hieronymus Wolf, nous l'appelons « Empire byzantin ». Il transmet son héritage scientifique et technologique aux Arabes et aux Turcs : par l'intermédiaire des Arabes, l'occident récupérera progressivement ce savoir.
Le « tournant de l'an mil » : vers le milieu du Xe siècle, la population européenne commence à s'accroître du fait d'une amélioration climatique et de quelques progrès techniques qui trouvent leur application dans l'agriculture, comme le collier d'épaule pour le cheval. Commence lors une période de deux siècles, celle des grands défrichements. En même temps qu'« un blanc manteau d'églises » couvre le continent, les pèlerinages vers Saint-Jacques-de-Compostelle et vers Jérusalem sont les expressions de la vive piété médiévale, « qui, du monde extérieur à son lieu de vie, ne connaît que Dieu ».
Au XIVe siècle, des nations puissantes apparaissent, construites par des monarques qui centralisent le pouvoir (France, Angleterre, Espagne).
Née en Italie au XIVe siècle (Quattrocento), sous l'influence des échanges avec l'orient (notamment par Gênes et Venise) et de lettrés byzantins tels Bessarion ou Lascaris, la Renaissance est un mouvement intellectuel et scientifique (l'Humanisme) et un nouveau courant artistique (peinture, sculpture, architecture) qui marque l'Europe. On notera la prolifération d'œuvres ayant pour thème l'Antiquité ;
La diffusion de la Réforme protestante inspirée par les moines Luther et Calvin, favorisée par le développement de l'imprimerie, est un bouleversement encore plus important dans l'Europe occidentale. Elle fait éclater l'unité des catholiques, et aboutit à des guerres de religion en Allemagne en France et plus tard en Angleterre.
C'est également à cette époque que les Européens commencent à être capables de naviguer sur tous les océans. Ce sont les Grandes découvertes : installation de comptoirs le long des côtes africaines, route des Indes par le contournement de l'Afrique découverte par les Portugais en 1498, et Amérique découverte par les Espagnols en 1492. Le traité de Tordesillas (1494) partage le monde, encore largement inconnu entre un hémisphère portugais et un hémisphère espagnol.
Les Espagnols et les Portugais sont rejoints dans cette expansion coloniale par les Hollandais, les Français et les Anglais au XVIe siècle. Les Hollandais s'installent sur tous les continents avec, notamment les Indes néerlandaises (future Indonésie). La France va occuper un vaste territoire qui s'étend de Québec à La Nouvelle-Orléans mais n'aura jamais les moyens de le peupler. Enfin, les Anglais créent des colonies sur la façade atlantique de l'Amérique du Nord, chassant les Hollandais de la future New York (1664).
L'Europe profite à partir de ce moment non seulement du développement d'un commerce mondial, la « protomondialisation », mais elle commence par la colonisation à établir sa domination directe sur d'autres continents, principalement l'Amérique au XVIe siècle. Elle commence à développer les religions chrétiennes. Mais cette colonisation s'accompagne de la traite des noirs et de l'utilisation d'esclaves dans les plantations d'Amérique. Les Amérindiens sont décimés par les maladies, le travail forcé, ou exterminés. L'Europe s'enrichit considérablement par la découverte des métaux précieux d'Amérique, dont l'énorme quantité créa une forte inflation au XVIIe siècle et surtout par le commerce triangulaire.
De son côté, la Russie s'étend en Asie et atteint l'océan Pacifique en 1641[16]. Elle ne cessera de s'étendre, aux XVIIIe siècle et XIXe siècle, aux dépens de la Chine et des émirats musulmans d'Asie centrale. Par contre, contrairement aux occidentaux, elle n'y pratique ni esclavage, ni décimation des peuples autochtones, mais se contente de peupler les espaces vides de trappeurs, d'éleveurs et d'agriculteurs slaves. En 1799, elle prend pied en Amérique du Nord et s'implante en Alaska.
La plupart des monarques européens des XVIIe siècle et XVIIIe siècle sont des rois absolus, qui s'affrontent très souvent dans des guerres de prestige, même si les considérations religieuses, économiques et d'équilibre des puissances n'en sont pas absentes. La rivalité entre le roi de France et les Habsbourgs d'Espagne et d'Autriche est constante. C'est Louis XIV qui parvient à supprimer la menace espagnole en plaçant son petit-fils Philippe V sur le trône après la mort du dernier Habsbourg d'Espagne. L'Allemagne est ravagée par la guerre de Trente Ans (1618-1648). Le roi de France Louis XIV, modèle du souverain absolu, provoque quatre guerres. Les renversements d'alliance sont fréquents au XVIIIe siècle, marqué par l'essor de la Prusse comme puissance militaire, et la domination maritime, coloniale et économique du Royaume-Uni.
La période voit se développer l'art baroque, puis l'art classique.
Cependant l'absolutisme est contesté. Les Provinces-Unies se soulèvent à la fin du XVIe siècle contre leur souverain, le roi d'Espagne, et parviennent à obtenir leur indépendance au prix d'une longue lutte (Guerre de Quatre-Vingt ans), tout en devenant une grande puissance coloniale et commerciale. L'Angleterre connaît deux révolutions au XVIIe siècle, qui aboutissent à la mise en place d'une monarchie constitutionnelle en 1689. Enfin la France, où s'est développée au XVIIIe siècle la philosophie des Lumières, connaît à son tour une Révolution en 1789, après plusieurs années de mauvaises récoltes (d'où cherté du pain) dues aux « étés pourris » consécutifs aux éruptions du volcan islandais Lakagigar (ou Laki) en 1783[17] : c'est le déclin de l'autorité des nobles et du clergé sur le peuple et, malgré les exactions de la Terreur, c'est un foyer de diffusion des idées de démocratie et de république en Europe.
La révolution française (1789-1799) a non seulement mis fin à la monarchie absolue et à l'Ancien Régime en France, mais également provoqué un choc dans toute l'Europe. Les autres monarchies européennes se sont vues menacées, ce qui déclenche une guerre entre la France et le reste de l'Europe à partir de 1792. Le serment du Jeu de Paume constitue en lui-même une révolution puisqu'il ne tient pas compte de l'avis du roi. Les victoires militaires de la France révolutionnaire, puis de napoléonienne (1799-1815) ont pour conséquence la conquête ou la domination d'une grande partie de l'Europe par les Français, qui suppriment l'Ancien régime, confisquent les biens de l'Église, imposent l'usage du Code civil français et du système métrique.
L'opposition à la France ne se nourrit pas que de sentiments contre-révolutionnaires. Le nationalisme se développe chez les Allemands humiliés en 1806, ou chez les Espagnols qui mènent une longue guerre pour chasser les Français (1808-1813) : ce nationalisme sera à la base de l'histoire des relations internationales européennes jusqu'en 1945. Napoléon Ier réussit à limiter l'influence de l'Autriche en Allemagne en rayant de la carte le Saint-Empire romain germanique après neuf siècles d'existence. L'empereur des Français est finalement vaincu par toute l'Europe coalisée (1812-1815, la France perd quasiment toutes ses conquêtes et la nouvelle carte de l'Europe est établie par le traité de Vienne (1815). Voir aussi la chronologie comparative Europe 1745-1940.
C'est en Europe que se développe la Révolution industrielle, née vers 1780 au Royaume-Uni, où des progrès techniques (acier, machine à vapeur, rails) permettant d'exploiter l'énergie fossile du charbon, infiniment plus puissante (parce qu'elle représente des millions d'années d'accumulation) que les énergies renouvelables (humaine, des animaux de trait, vent et rivières pour la navigation et les moulins). Cette révolution s'étend vers 1830 à la France, la Belgique et la Suède, vers 1850 à l'Allemagne et l'Autriche, vers 1880 à la Suisse et à l'Italie, vers 1900 à la Russie. L'Europe se couvre de mines de charbon, de hauts-fourneaux, de filatures, de voies ferrées, de lignes télégraphiques. En même temps se produit la Révolution agricole qui permet de nourrir une population en augmentation rapide (la population européenne double pendant le XIXe siècle, sauf en France). L'exode rural alimente une forte croissance urbaine. La classe ouvrière se développe, pendant longtemps misérable et exploitée, et les idées socialistes apparaissent. Néanmoins la condition ouvrière s'améliore très lentement, avec les progrès du syndicalisme. Les progrès de l'hygiène se font également sentir : ils permettent d'éradiquer la peste (dès 1720) puis le choléra (vers 1900) en Europe. La tuberculose continue ses ravages jusqu'à la fin des années 1940, finalement circonscrite par l'usage de la pénicilline.
Le XIXe siècle, de 1815 à 1914 est un long siècle sans guerre mettant en jeu toutes les puissances européennes : les conflits sont localisés. 1815 voit le triomphe de la réaction, conduite par la Russie, la Prusse et surtout l'Autriche de Metternich, qui forment la Sainte-Alliance. Néanmoins la monarchie absolue n'est pas rétablie partout : la monarchie constitutionnelle subsiste en Europe de l'ouest, en Scandinavie et dans les Principautés danubiennes. La Sainte-Alliance écrase les mouvements libéraux de 1820 et 1821 à Naples, en Allemagne, en Espagne, en Moldavie et Valachie, mais le soulèvement des Grecs aboutit à leur indépendance vis-à-vis de l'Empire ottoman en 1829. À la suite de la vague révolutionnaire de 1830, les Belges obtiennent à leur tour leur indépendance, mais les révolutions polonaise et italienne sont écrasés par les Russes et les Autrichiens. Le « Printemps des Peuples » de 1848 voit les mouvements libéraux et nationaux soulever les Allemands, les Italiens, les Hongrois et les Roumains mais dès l'année suivante les armées autrichiennes et russes rétablissent l'ordre ancien. L'intervention française de 1859 contre l'Autriche permet de démarrer l'unité italienne autour du roi du Piémont, en grande partie achevée en 1870. En 1859 également, l'union de la Moldavie et de la Valachie crée la Roumanie. L'unité allemande est réalisée par la Prusse par la guerre : ses victoires contre l'Autriche à Sadowa (1866) et contre la France (1871) lui permettent de fonder l'Empire allemand. La défaite de Sadowa permet à la Hongrie de bénéficier d'un régime de faveur dans cette « prison de peuples » qu'est l'Autriche-Hongrie, née du compromis de 1867.
« Homme malade de l'Europe », à la suite de défaites, l'Empire ottoman perd peu à peu ses possessions en Europe du Sud-Est. Le soulèvement serbe de 1804-1813 est le premier véritable soulèvement national contre l'occupation ottomane dans les Balkans, ils préfigurent l'ère des nationalités (idées typiques de la révolution française de 1789) dans les Balkans qui poussera les Grecs et les Bulgares à suivre l'exemple serbe. À l'époque cela était perçu comme un mouvement de libération des populations chrétiennes et cela dans un esprit romantique[18], on verra Lamartine et Victor Hugo soutenir les Serbes contre les Ottomans, Hugo écrira même un discours d'unité européenne demandant la création des États-unis d'Europe pour sauver les Serbes encore sous occupation ottomane qui subissent des massacres de masse[19]. Ce discours est aujourd’hui considéré comme l’un des actes fondateurs de l’idée européenne[20].
Dès 1912, à la suite de la première guerre balkanique, l'Empire ottoman ne conserve que les alentours d'Istanbul en Europe. Les quatre États balkaniques ne peuvent pas faire coïncider leurs frontières avec l'extension de leurs nations, car celles-ci se mélangent sur de vastes territoires. De plus ils sont instrumentalisés par les jeux d'influence des grandes puissances. Il en découle la deuxième guerre balkanique qui règle la question, tout en laissant des frustrations qui s'ajoutent à celles des peuples de l'Autriche-Hongrie. La Russie soutient les Slaves du Sud, que la Serbie souhaite réunir dans un même État. L'Autriche-Hongrie qui est bloquée dans ses ambitions territoriales ne peut que s'étendre vers le Sud : elle occupe la Bosnie-Herzégovine (1878), finit par l'annexer (1908), et soutient les Albanais et la Bulgarie, qui revendique la Macédoine à la Serbie.
Après l'indépendance des États-Unis en 1783 suite à la guerre contre l'Angleterre et des colonies espagnoles et portugaises d'Amérique vers 1820, les Européens n'avaient plus beaucoup de colonies à part les Britanniques qui contrôlent une grande partie des Indes, le Canada, l'Australie et l'Afrique du Sud et les Hollandais qui possèdent les Indes néerlandaises. La France se lance dans la conquête de l'Algérie en 1830, ce qui relance la conquête coloniale.
Ainsi, la fin du XIXe siècle voit l'impérialisme européen se lancer dans l'établissement d'un second empire colonial, en Afrique, en Asie et en Océanie. En 1885, lors de la Conférence de Berlin sur la colonisation, « pour le bien être moral et matériel des populations indigènes » (sic), des règles sont mises en place par les métropoles. Comme toute nouvelle conquête doit être soumise à l’approbation des autres puissances, la compétition est lancée et la colonisation s’accélère : c'est la « course au clocher » qui provoque des frictions entre les puissances européennes : Fachoda (1898) entre la France et le Royaume-Uni, Tanger (1905) et Agadir (1911) entre la France et l'Allemagne.
En 1914, l'Europe à son apogée domine alors le monde et les territoires cumulés que contrôlent les pays européens (y compris la Russie en Sibérie) correspondent à 66 % de l’espace mondial et 60 % de la population mondiale. Lénine écrira que l'impérialisme est le « stade suprême du capitalisme », ce qui fait que les Partis communistes européens se rangeront dans la lutte anticoloniale au moins avant la Seconde Guerre mondiale.
Après la Première Guerre mondiale alors que les mouvements d'indépendance tentent de se faire reconnaître, la France, le Royaume-Uni et, dans une moindre mesure, la Belgique et le Japon se partagent les colonies allemandes et les territoires arabes de l'Empire ottoman. Seule l'Égypte parvient à une certaine indépendance en 1922, comme conséquence de sa revolution de 1919. . La crise de 1929 entraîne un repli des Européens sur leurs Empires coloniaux par le système de la « préférence impériale ». Les mouvements d'indépendance sont de plus en plus pressants, notamment aux Indes et au Maghreb.
Le nationalisme et l'impérialisme des grandes puissances européennes les poussent à une course aux armements et à la constitution de deux grandes alliances militaires opposées, la Triple-Alliance et la Triple-Entente. Si le désir de revanche de la France, désireuse de récupérer l'Alsace-Lorraine annexée par l'Allemagne en 1871, est puissant, c'est une autre question nationale qui déclenche le conflit. À la suite de l'attentat de Sarajevo (28 juin 1914), l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, mais la guerre s'étend à presque toute l'Europe par le jeu des alliances. Ce conflit qu'opinions et média imaginaient court (mais que le complexe militaro-industriel a rendu très long) est une effroyable boucherie qui dure plus de quatre ans, car la Première Guerre mondiale est une guerre de position, une guerre des tranchées, qui a provoqué la mort de 9 millions de soldats et profondément traumatisé toute une génération. C'est l'intervention des États-Unis qui permet à l'Entente de finalement vaincre l'Allemagne et ses alliés (les Empires centraux) en 1918, l'Italie ayant entre temps changé de camp.
Outre les dégâts humains et matériels qu'elle a provoqués, la « Grande Guerre » a radicalisé certains mouvements politiques de droite comme de gauche, et bouleversé l'Europe :
Si la démocratie progresse avec la disparition des monarchies autoritaires vaincues en 1918, cela n'est pas le cas partout (une dictature basée sur un système concentrationnaire se met en place en Russie) et cela ne dure pas. Pendant l'entre-deux-guerres, des régimes autoritaires (dictatures conservatrices), se mettent en place dans presque toute l'Europe centrale et orientale (sauf en Roumanie et Tchécoslovaquie, qui succomberont respectivement en février 1938 et en mars 1939). La xénophobie et l'antisémitisme montent, finissant par être traduits en lois discriminatoires. Le choc créé par la crise économique mondiale des années trente, qui apporte misère et insécurité avec un chômage massif, nourrit cette tendance. En Allemagne, l'intransigeance française sur l'allégement des réparations contribue à fragiliser la démocratie et en 1933, Hitler arrive au pouvoir, établit le Troisième Reich, et met également en place un système concentrationnaire. Après une longue guerre civile (1936-1939), Franco établit sa dictature en Espagne.
Le nazisme est la cause directe de la Seconde Guerre mondiale : Adolf Hitler veut effacer le « diktat » de Versailles et conquérir un « espace vital ». Il n'est d'abord qu'un agitateur marginal et pauvre, et fait de la prison après une tentative avortée de coup d'État en 1923. Mais à partir de 1929 il dispose d'appuis et de fonds, et il est élu chancelier en 1933: la démocratie allemande s'effondre en quelques mois, un état totalitaire se met en place[21]. Hitler réalise d'abord une série de coups de force, qui agrandissent l'Allemagne sans qu'elle ait à combattre (annexion de l'Autriche en 1938 et de la partie occidentale de la Tchécoslovaquie en 1938 et 1939), du territoire de Memel aussi en 1939, en l'absence de réaction des démocraties occidentales. Puis le 1erseptembre 1939, l'Allemagne et l'URSS alliées[22] envahissent la Pologne : le 3 septembre la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne.
L'armée allemande remporte d'abord une série de victoires fulgurantes, grâce à la « guerre-éclair » : conquête de la Pologne (1939), du Danemark et de la Norvège (avril 1940), des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Belgique et de la France (mai-juin 1940), de la Yougoslavie et de la Grèce (avril 1941). Mais, malgré une offensive aérienne d'envergure, la Grande-Bretagne, désormais seule en lice, résiste. Un premier tournant de la guerre se produit lorsqu'Hitler décide d'attaquer son propre allié, l'URSS, le 22 juin 1941 (Opération Barbarossa): l'Angleterre a désormais un puissant allié à l'est, même si l'Allemagne s'empare de vastes territoires en 1941-1942. Un second tournant est pris lorsque les Japonais décident d'attaquer les États-Unis le 7 décembre 1941: aux ressources de l'empire colonial britannique et aux hommes de l'Union soviétique, s'ajoute désormais la productivité des industries américaines[23]. Mais, en attendant que tout cela puisse être coordonné, toute l'Europe occupée par les nazis vit sous la terreur : les allemands réquisitionnent récoltes et productions industrielles et font subir à la population civile des représailles terribles, surtout à l'est où la convention de Genève n'est pas appliquée. Des millions de personnes sont déportées dans les camps de concentration. Les nazis mettent en œuvre une politique d'extermination des « races » que leur doctrine considère comme « inférieures et nuisibles » : slaves (4.200.000 Polonais, 1.280.000 Serbes, 7.500.000 Biélorusses, Russes et Ukrainiens)[24], Roms (entre 50.000 et 220.000)[25] et Juifs (à partir de 1942, les nazis mettent en œuvre le seul génocide industrialisé de l'histoire : la « solution finale » qui fera près de 6 000 000 de victimes). Mais finalement l'Allemagne nazie est vaincue : la marche vers la victoire des alliés est marquée par les triomphes soviétiques de Stalingrad (février 1943, troisième grand tournant de la guerre) et de Koursk (juillet 1943), et par les débarquements anglo-américains en Afrique du Nord (Novembre 1942), Italie (1943) et en France (1944). L'Allemagne capitule le 8 mai 1945, mais la guerre a causé la mort de millions de personnes (une cinquantaine de millions au total), dont beaucoup de civils, à cause de l'étendue des zones des combats, des bombardements aériens et des déportations.
La grande conséquence politique du second conflit mondial est la partition de l'Europe par le « rideau de fer » : dans toute l'Europe de l'Est occupée par l'Armée rouge les communistes imposent leur dictature (appelée « démocratie populaire »). Symbole de cette division, l'Allemagne elle-même est coupée en deux (naissance de la RFA et de la RDA en 1949). Les démocraties pluralistes occidentales s'allient aux États-Unis (OTAN, 1949), face à la menace soviétique (Pacte de Varsovie, 1955). Mais paradoxalement, si l'Europe a vécu dans la peur d'un troisième conflit mondial, sous la menace des fusées à tête nucléaire, l'« équilibre de la terreur » entre les deux blocs a duré pendant presqu'un demi-siècle de stabilité, avant l'effondrement des régimes communistes en Europe de l'Est en 1989-1991.
La Seconde Guerre mondiale a ruiné l'Europe, qui a subi des destructions considérables. Mais rapidement l'Europe de l'Ouest se reconstruit grâce à son potentiel industriel et à l'aide économique américaine (plan Marshall, 1947) et connaît durant les « Trente Glorieuses » un essor économique marqué par la hausse du niveau de vie et l'entrée des classes moyennes dans la « société de consommation ». Mais ces trois décennies de prospérité et de social-démocratie, durant lesquelles les acquis sociaux furent nombreux, ne concernèrent ni l'Europe du sud (Italie exceptée), ni surtout celle de l'Est : la première n'accède à la croissance du niveau de vie et à la démocratie qu'à partir de 1970, la seconde qu'à partir de 1990.
L'Europe a beaucoup perdu de son prestige auprès des peuples colonisés (qui ont participé au côté des britanniques et des français aux deux guerres mondiales, mais n'en ont guère retiré plus de droits au sein du système colonial). Entre 1945 et 1965 principalement, la décolonisation, fortement soutenue par les États-Unis et l'URSS, est surtout politique : sur le plan économique, les anciennes colonies, minées par leurs divisions internes, restent très inféodées à leurs anciennes métropoles, qui continuent à capter l'essentiel des ressources notamment minières et pétrolières[26].
À l'Ouest, l'Union européenne commence à se construire par l'union économique de six états : création de la CECA en 1951 et surtout création de la CEE par le traité de Rome en 1957.
Après l'arrivée au pouvoir du général de Gaulle (1958), l'entente franco-allemande se manifesta lors de rencontres entre le chancelier Konrad Adenauer et le président Charles de Gaulle (juillet 1962). Le 8 juillet 1962, François Marty, archevêque de Reims, célébra une messe de réconciliation dans la cathédrale de Reims, qui avait été mutilée pendant la Première Guerre mondiale.
Mais bien avant cette réconciliation franco-allemande, trois autres pays (Belgique, Pays-Bas et Grand-Duché du Luxembourg) avaient déjà élaboré un projet d'association, et ce dès 1946. Le Benelux est la toute première association de pays sur le Vieux Continent. Il a été suivi ensuite par la CECA (1951), avec pour objectif de créer des solidarités de fait, puis par l'intégration économique (CEE, 1957) suite à l'échec de l'intégration politique (CED, 1954). La CEE s'élargit par adhésions successives en 1973, 1981, 1986 et 1995.
Le mur (de Berlin) tombe en 1989, l'Europe se réunifie. L'Allemagne se réunifie le 3 octobre 1990. La démocratie s'étend à l'est, touchant jusqu'à l'Ukraine où elle s'enracine en 2004.
La Yougoslavie se fragmente dans la violence à partir de 1991: les guerres marquées par l'épuration ethnique voient s'affronter pour leur indépendance et/ou leur unité les peuples qui la composaient, instrumentalisés par des politiciens ex-communistes devenus nationalistes (tels Slobodan Milosevic), et parfois par les intérêts divergents des pays occidentaux et de la Russie. La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo sont les plus lourdement touchés.
En 1992, le traité de Maastricht crée l'Union européenne, institue la citoyenneté européenne et décide de l'introduction d'une monnaie unique dans la plupart des États à l'horizon du changement de millénaire, après une longue politique de convergence (serpent monétaire européen (SME)).
L'Union s'élargit en 1995 (Autriche, Suède, Finlande), puis une nouvelle fois en 2004 et 2007 dans une grande vague d'élargissement qui double quasiment le nombre d'États membres. La Turquie entame également en 2004 les négociations d'entrée dans l'Union européenne, gelées en décembre 2006.
Parallèlement, le processus de réforme de l'Union, qui visait à simplifier son fonctionnement et à l'orienter vers un mode de gouvernance plus démocratique se heurte à la méfiance des citoyens quant à l'orientation des décisions européennes, jugées soit trop politiques (souverainisme au Royaume-Uni, en République tchèque, au Danemark ; attachement au libéralisme et à la neutralité militaire en Irlande) soit pas assez (demande d'Europe sociale en France) : le projet de constitution européenne est rejeté en 2005 par référendum en France puis aux Pays-Bas, et le traité de Lisbonne, pourtant moins ambitieux, est bloqué par un pays, la République tchèque.
En ce début de millénaire, les souverainismes locaux reprennent de l'ampleur et conduisent à des tensions dans les États les plus fragiles: en Serbie, le Monténégro se détache en 2006 et le Kosovo déclare son indépendance en 2008; en Belgique les partis politiques flamands se radicalisent et les élections de 2007 provoquent une crise politique grave ; en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni les partis régionalistes (Pays basque, Catalogne, Padanie, Écosse) obtiennent des scores importants aux élections et des concessions de la part du pouvoir central.
L'Europe a créé une bibliothèque numérique sur sa propre histoire[27]. Son cœur European NAvigator (ENA) est produit par le Centre Virtuel de la Connaissance sur l'Europe (CVCE).
Imperium et Barbaricum en 250.
Royaumes « barbares » et Empire d'orient sous Justinien.
Le partage de Verdun et l'arrivée des Hongrois.
L'Europe après les invasions mongoles.
L'Europe à l'époque de la guerre de Cent Ans.
L'Europe en 1500. Remarquer l'héritage bourguignon partagé entre la France et le Saint-Empire.
L'Europe à la Paix de Münster.
L'Europe napoléonienne.
La restauration en Europe.
La veille de la Première Guerre mondiale.
L'Europe des 14 points du « Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » du président Woodrow Wilson.
L'Europe du Pacte germano-soviétique.
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L'Europe de Yalta, entérinée par Franklin Delano Roosevelt.
L'Europe à la chute du mur de Berlin, entérinée par Mikhaïl Gorbatchev.
L'Europe depuis la désagrégation de l'URSS et de la Yougoslavie.
L'Europe en 2012 et l'Union européenne en jaune.
Les traditions religieues en Europe. Bleu : christianisme catholique. Rouge : christianisme orthodoxe. Violet : christianisme protestant. Vert clair : islam sunnite. Vert sombre : islam chiite. Jaune : judaïsme. Orange : bouddhisme.
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