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Jeux de lettres

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○   Anagrammes
○   jokers, mots-croisés
○   Lettris
○   Boggle.

Lettris

Lettris est un jeu de lettres gravitationnelles proche de Tetris. Chaque lettre qui apparaît descend ; il faut placer les lettres de telle manière que des mots se forment (gauche, droit, haut et bas) et que de la place soit libérée.

boggle

Il s'agit en 3 minutes de trouver le plus grand nombre de mots possibles de trois lettres et plus dans une grille de 16 lettres. Il est aussi possible de jouer avec la grille de 25 cases. Les lettres doivent être adjacentes et les mots les plus longs sont les meilleurs. Participer au concours et enregistrer votre nom dans la liste de meilleurs joueurs ! Jouer

Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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définitions

liberté (n.f.)

1.état d'une personne qui n'est pas asservie à une autre.

2.situation d'une personne qui n'est pas retenue captive.

3.possibilité d'agir, de choisir sans contrainte.

 
voir aussi

liberté (n.f.)

liberticide

 
synonymes
 
locutions

-Liberté Égalité Fraternité • agir en pleine liberté • agir en toute liberté • arbre de la liberté • combattant de la liberté • degré de liberté • donner la liberté • donner toute liberté d'action • la Liberté guidant le peuple • laisser la liberté • liberté civile • liberté d'action • liberté d'association • liberté d'opinion • liberté de choisir • liberté de conscience • liberté de doctrine • liberté de l'enseignement • liberté de la pensée • liberté de la presse • liberté de manœuvre • liberté de mouvement • liberté de réunion • liberté des mœurs • liberté des échanges • liberté du commerce • liberté du culte • liberté du travail • liberté individuelle • liberté morale • liberté physique • liberté politique • liberté provisoire • liberté religieuse • liberté sous caution • liberté surveillée • liberté syndicale • mettre en liberté • mise en liberté • peine privative de liberté • prendre la liberté • privation de liberté • rendre la liberté • reprendre sa liberté • semi-liberté • être en liberté

-liberté aérienne • liberté d'association • liberté d'expression • liberté d'opinion • liberté de circulation • liberté de l'enseignement • liberté de l'information • liberté de la presse • liberté de navigation • liberté de religion • liberté de réunion • liberté des mers • liberté du commerce • liberté sexuelle • liberté syndicale • restriction de liberté

 
dictionnaire analogique

liberté (n. f.)

N + de + Ginf

tid

liberté[ClasseHyper.]

liberté (n. f.)

liberté (n. f.) [politique]

liberté (n. f.)

tid

impudence[Classe]

grossièreté[Classe]

liberté (n. f.)

tid

volontaire[Caract.]

notion philosophique[DomainRegistre]

liberté (n. f.)

tid

âme[Thème]

psychologie[termes liés]

liberté (n. f.)

liberté (n. f.)

 
le Littré (1880)

LIBERTÉ (s. f.)

1. Condition de l'homme qui n'appartient à aucun maître. Dans l'antiquité, ceux qui étaient pris à la guerre perdaient leur liberté et devenaient esclaves. L'Angleterre et la France ont donné la liberté aux nègres esclaves.

La liberté est la propriété de soi ; on distingue trois sortes de libertés : la liberté naturelle, la liberté civile, la liberté politique ; c'est-à-dire la liberté de l'homme, celle du citoyen et celle d'un peuple (RAYNAL Hist. phil. XI, 24)

2. Se dit par opposition à captivité. Il était prisonnier de guerre ; on l'a laissé en liberté sur parole.

Contraint de racheter sa liberté après une longue prison durant les guerres d'Allemagne (FLÉCH. Duc de Mont.)

Ne craignez pas que je vous fasse un triste récit de nos divisions domestiques [la Fronde], et que je parle ici de rétablissements et d'éloignements, de prisons et de libertés, de réconciliations et de ruptures (FLÉCH. le Tellier.)

Liberté provisoire, sous caution, droit accordé au prévenu d'obtenir son élargissement, à la charge par lui de fournir des garanties qu'il ne cherchera pas à fuir.

On emploie aussi liberté en parlant des animaux. Donner la liberté à un oiseau.

La nature, dans le genre de vie qu'elle lui a prescrite [à un certain oiseau], paraît l'avoir éloigné de toute vie commune avec l'homme, et lui avoir assuré, après le plus grand des biens, le seul qui en répare la perte, la liberté ou la mort (BUFF. Oiseaux, t. VIII, p. 352)

En termes de chimie et fig. Mettre un corps en liberté, le dégager d'une combinaison dans laquelle il était comme captif.

3. Il se dit par opposition à clôture dans un établissement, dans un couvent, etc.

L'asile [un monastère] qu'elle avait choisi pour défendre sa liberté devint un piége innocent pour la captiver (BOSSUET Anne de Gonz.)

Elle eut pu renoncer à sa liberté si on lui eût permis de la sentir (BOSSUET ib.)

4. Terme de droit naturel. Liberté naturelle, pouvoir que l'homme a naturellement d'employer ses facultés comme il lui convient.

5. Terme de droit politique. Liberté politique, ou, simplement, liberté, jouissance des droits politiques que la constitution de certains pays accorde à chaque citoyen ; condition d'un État où le pouvoir exécutif est soumis au contrôle, direct ou indirect, des citoyens, par opposition aux États où le pouvoir est absolu ou despotique.

La liberté jamais ne cesse d'être aimable (CORN. Cinna, II, 2)

Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement le nom (BOSSUET Reine d'Anglet.)

Combien fut affermi dans l'amour de la liberté un peuple qui voyait ce consul sévère [Brutus] immoler à la liberté sa propre famille ! (BOSSUET Hist. III, 6)

Quoique Rome fût née sous un gouvernement royal, elle avait, même sous ses rois, une liberté qui ne convient guère à une monarchie réglée (BOSSUET ib.)

Vous verrez dans une seule vie toutes les extrémités des choses humaines, la majesté violée par des attentats jusqu'alors inconnus, l'usurpation et la tyrannie sous le nom de liberté.... (BOSSUET Reine d'Anglet.)

Sous ce nom de liberté, les Romains se figuraient avec les Grecs un État où personne ne fût sujet que de la loi et où la loi fût plus puissante que les hommes (BOSSUET Hist. III, 6)

Étaient-ce [les troubles de la Fronde] les derniers efforts d'une liberté remuante qui allait céder la place à l'autorité légitime ? (BOSSUET Anne de Gonz.)

Il n'y a point de mot qui ait reçu plus de différentes significations que celui de liberté ; les uns l'ont pris pour la facilité de déposer celui à qui ils avaient donné un pouvoir tyrannique ; les autres, pour la faculté d'élire celui à qui ils devaient obéir ; d'autres, pour le droit d'être armés et de pouvoir exercer la violence ; ceux-ci, pour le privilége de n'être gouvernés que par un homme de leur nation ou par leurs propres lois.... ceux qui avaient goûté du gouvernement républicain l'ont mise dans ce gouvernement ; ceux qui avaient goûté du gouvernement monarchique l'ont placée dans la monarchie (MONTESQ. Esp. XI, 2)

Rien n'attire plus les étrangers que la liberté et l'opulence qui la suit toujours (MONTESQ. Lett. pers. 122)

Il y a une nation dans le monde [les Anglais] qui a pour objet direct de sa constitution la liberté politique (MONTESQ. Esp. XI, 5)

Pourquoi la liberté est-elle si rare ? parce qu'elle est le premier des biens (VOLT. Dict. phil. Venise.)

Crois-moi, la liberté, que tout mortel adore, Donne à l'homme un courage, inspire une grandeur Qu'il n'eût jamais trouvés dans le fond de son coeur (VOLT. Brut. I, 3)

La liberté consiste à ne dépendre que des lois (VOLT. Polit. et législ. Pens. admin. publ.)

Le droit le plus sacré des mortels généreux, La liberté.... (VOLT. Tancr. I, 1)

La simplicité d'expression est un des caractères de la liberté ; cette observation ne paraîtra minutieuse qu'à ceux à qui elle est nécessaire (MIRABEAU Collection, t. I, p. 453)

Il serait fort aisé d'enchaîner toute espèce de liberté en exagérant toute espèce de danger (MIRABEAU ib. t. V, p. 261)

On dit dans le même sens : liberté publique.

La protection accordée aux lettres [sous l'ancienne monarchie] était un éclat pour le trône ; les lettres elles-mêmes étaient la seule liberté publique alors autorisée (VILLEMAIN Littér. fr. 18e siècle, 2e part. 2e leçon.)

Vive la liberté ! cri politique poussé par ceux qui défendent leurs droits contre le pouvoir absolu et aussi l'indépendance nationale contre un envahisseur.

Voyez ce drapeau tricolore, Qu'élève en périssant leur courage indompté ; Sous le flot qui les couvre, entendez-vous encore Ce cri : Vive la liberté ! (E. LEBRUN le Vengeur.)

Défendez vos parents, vos soeurs et vos amies Que viennent outrager ces hordes ennemies ; Vive la liberté ! combattons, les voici ! (MASSON Helvét. VII)

En ce sens, il se dit souvent au pluriel.

La perte de nos biens et de nos libertés (CORN. Cinna, I, 3)

Liberté civile, pouvoir de faire tout ce qui n'est pas défendu par les lois.

Liberté civile se dit aussi, et plus usuellement, de l'affranchissement, pour les individus, des lois et coutumes oppressives relatives à la vie civile.

L'an de Rome 428, les consuls portèrent une loi qui ôta aux créanciers le droit de tenir les débiteurs en servitude dans leurs maisons ; un usurier nommé Papirius avait voulu corrompre la pudicité d'un jeune homme qu'il tenait dans les fers ; le crime de Sextus donna à Rome la liberté politique ; celui de Papirius y donna la liberté civile (MONTESQ. Esp. XII, 21)

Liberté de conscience, droit d'adopter les opinions religieuses que l'on croit vraies, sans tomber sous le coup d'aucune loi pénale.

Me séparant de vous sans savoir que vous répondre, j'ai été sur le point de m'écrier : rendez-moi mon avis que vous m'emportez, et ne nous ôtez pas la liberté de conscience que le roi nous a donnée (BALZ. liv. IV, lett. 6)

Il [le roi d'Angleterre, Jacques II] a déclaré une parfaite liberté de conscience (SÉV. 13 oct. 1688)

Il a établi une pleine liberté de conscience dans ses États, article dont le pour et le contre peut être soutenu en général, et par la politique, et par la religion (FONTENELLE Czar Pierre.)

Liberté de conscience et liberté de commerce, monsieur, voilà les deux pivots de l'opulence d'un État petit ou grand (VOLT. Lett. Dupont, 16 juill. 1770)

Liberté des cultes, droit que les sectateurs des diverses religions ont d'exercer leur culte et d'enseigner leur doctrine.

Liberté de penser, droit de manifester sa pensée sans contrainte.

Liberté de penser, signifie aussi manière téméraire de penser sur les matières de religion, de morale, de gouvernement. Ce sens vieillit.

Liberté d'écrire, droit de manifester sa pensée par écrit et par l'impression.

Liberté de la presse, droit de manifester sa pensée par la voie de l'impression, et surtout par les journaux.

La demi-liberté avec laquelle on commence à écrire en France n'est encore qu'une chaîne honteuse (VOLT. Lett. Mme du Deffant, 13 oct. 1759)

Je ne sais si cette liberté [de la presse] doit être accordée ; mais je pense que, si on l'accorde, elle doit être sans limites et indéfinie (D'ALEMB. Lett. au roi de Prusse, 2 mars 1772)

Liberté individuelle, droit que chaque citoyen a de n'être privé de la liberté de sa personne que dans les cas prévus et selon les formes déterminées par la loi.

Liberté du commerce, faculté qu'ont les commerçants d'acheter et de vendre, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, sans être soumis à des droits ou à des prohibitions.

La liberté du commerce était entière : bien loin de le gêner par des impôts, on promettait une récompense à tous les marchands qui pourraient attirer à Salente le commerce de quelque nouvelle nation (FÉNEL. Tél. XII)

Liberté des mers, droit que toutes les nations ont de naviguer librement sur les mers.

Contre la liberté des mers et la liberté du commerce, des armateurs français leur avaient enlevé [à des négociants] et leurs richesses et le vaisseau qui les portait (FLÉCH. Lamoignon.)

Liberté de cour, état des marchands affranchis de la juridiction ordinaire des lieux où ils font leur négoce et pouvant porter les affaires qui les concernent devant un juge de leur nation.

6. Nom, chez les Romains, d'une divinité qui était représentée tenant un sceptre d'une main, et de l'autre une pique surmontée d'un bonnet (en ce sens on met une majuscule à Liberté). La Liberté avait un temple sur le mont Aventin.

Chez les modernes, personnification de la liberté.

Mon lac [le lac de Genève] est le premier ; c'est sur ses bords heureux Qu'habite des humains la déesse éternelle, L'âme des grands travaux, l'objet des nobles voeux, Que tout mortel embrasse ou désire ou rappelle, Qui vit dans tous les coeurs et dont le nom sacré Dans les cours des tyrans est tout bas adoré, La Liberté.... (VOLT. Ép. LXXVI)

L'enfer de la Bastille, à tous les vents jeté, Vole, débris infâme et cendre inanimée ; Et de ces grands tombeaux la belle Liberté, Altière, étincelante, armée, Sort.... (A. CHÉN. le Jeu de paume.)

De quel éclat brillaient dans la bataille Ces habits bleus par la victoire usés ! La Liberté mêlait à la mitraille Des fers rompus et des sceptres brisés (BÉRANG. Vieux serg.)

Cet usurpateur effronté [Napoléon 1er] Qui serra sans pitié sous les coussins du trône La gorge de la Liberté (A. BARBIER l'Idole.)

Je suis fils de ce siècle ; une erreur chaque année S'en va de mon esprit, d'elle-même étonnée ; Et, détrompé de tout, mon culte n'est resté, Qu'à vous, sainte patrie et sainte Liberté (V. HUGO Feuilles d'automne, XL.)

Pendant la révolution, statue de la Liberté qu'on avait substituée sur les places à celle des rois, et femme qui, dans les fêtes révolutionnaires, représentait la Liberté.

Est-ce bien vous, vous que je vis si belle, Quand tout un peuple, entourant votre char, Vous saluait du nom de l'immortelle Dont votre main brandissait l'étendard ? ....Oui, vous étiez déesse, Déesse de la Liberté (BÉRANG. la Déesse.)

Une Liberté, une statue, une image, un tableau de la liberté.

7. Au plur. Immunités, franchises. Les libertés des communes.

Libertés de l'Église gallicane, usage dans lequel les catholiques de France sont de suivre la discipline établie par les canons des cinq ou six premiers siècles de l'Église, préférablement à celle qui a été introduite postérieurement, en vertu des vraies ou des fausses décrétales des papes, par lesquelles leur autorité sur les Églises d'Occident était poussée beaucoup plus loin que dans les siècles précédents (BERGIER, Théologie).

Les jaloux de la France n'auront pas éternellement à lui reprocher les libertés de l'Église toujours employées contre elle-même ? (BOSSUET le Tellier.)

La France conserva ce qu'on appelle les libertés de son Église, qui sont en effet les libertés de sa nation (VOLT. Moeurs, 183)

8. Terme de théologie. Liberté de l'Évangile, affranchissement du joug des cérémonies et des autres pratiques de la loi de Moïse.

9. Pouvoir d'agir ou de n'agir pas.

D'une frayeur mortelle à peine encor remise, Pardonnez, grand héros, si mon étonnement N'a pas la liberté d'aucun remercîment (CORN. Andromède, III, 3)

Est-ce que cette créance est peu importante, et que vous abandonnez à la liberté des hommes de croire que la grâce efficace est nécessaire ou non ? (PASC. Prov. II)

Déçue par la liberté dont elle a fait un mauvais usage, l'âme songe à se contraindre de toutes parts (BOSSUET la Vallière)

Ceux qui ne songent pas qu'il y a une mauvaise liberté louent les auteurs de ces livres [livres de critique sur l'Ancien et le Nouveau Testament] comme gens libres et désabusés des préjugés communs (BOSSUET Défense de la tradition, préface )

Il leur laissait [à ses amis], dans l'agréable commerce qu'il avait avec eux, toute la liberté qu'il prenait lui-même, de soutenir leurs opinions, et ne leur interdisait que la flatterie (FLÉCH. Duc de Mont.)

C'était sa maxime.... qu'il est inhumain de s'en prendre aux gens à qui la crainte et le respect ôtent la liberté de se défendre et de se plaindre (FLÉCH. Dauphine.)

Mais, seigneur, je n'ai point la liberté du choix (VOLT. Oedipe, II, 4)

10. Terme de philosophie. Libre arbitre, faculté qu'a l'homme de se décider comme il lui convient.

Oh ! qu'heureux sont ceux qui, avec une liberté entière et une pente invincible de leur volonté, aiment parfaitement et librement ce qu'ils sont obligés d'aimer nécessairement ! (PASC. Prière pour le bon usage des maladies)

Le bon usage de la liberté, quand il se tourne en habitude, s'appelle vertu ; et le mauvais usage de la liberté, quand il se tourne en habitude, s'appelle vice (BOSSUET Connaiss. I, 19)

Nous exerçons une espèce de basse liberté en nous promenant d'une passion à une autre, et ne sortant jamais de cette basse sphère, pour ainsi parler, ni de cet élément grossier (BOSSUET Élévat. sur les myst. IV, 8)

Cette erreur abominable d'ôter à la créature toute liberté, et de faire Dieu en termes formels auteur de tous les péchés, comment la pardonnez-vous à Luther ? (BOSSUET 6e avert. III, 36)

Je ne peux concevoir l'accord de la prescience et de la liberté, je l'avoue ; mais dois-je pour cela rejeter la liberté ? (VOLT. Lett. Prince roy. de Pr. 8 mars 1738)

J'appelle liberté le pouvoir de penser à une chose ou de n'y pas penser, de se mouvoir ou de ne se mouvoir pas, conformément au choix de son propre esprit (VOLT. ib. oct. 1737)

À cela Cicéron n'aurait répondu que par une catilinaire ; en effet, il faut convenir qu'on ne peut guère répondre que par une éloquence vague aux objections contre la liberté ; triste sujet sur lequel le plus sage craint même d'oser penser (VOLT. Phil. Newt. part. I, ch. 4)

Liberté d'indifférence, faculté attribuée à l'homme par certains philosophes de se décider, indépendamment de tout motif de décision.

Il n'est point de liberté d'indifférence, puisqu'il n'est point de volonté d'indifférence ; la liberté est le pouvoir d'exécuter sa volonté : le pouvoir est donc soumis à la volonté (BONNET Ess. analyt. âme, Oeuv. t. XIV, p. 13, dans POUGENS.)

Terme de dogmatique. Liberté de contrariété, la liberté de choisir entre le bien et le mal. Liberté de contradiction, liberté de faire ou de ne pas faire une chose déterminée. Liberté prochaine, pouvoir d'exécuter une chose sur-le-champ. Liberté éloignée, celle qui est gênée par des obstacles. Liberté de la justice, la justification que Jésus-Christ a procurée aux hommes par sa mort.

11. État d'une personne qui n'a aucun assujettissement, qui garde son indépendance. Il ne s'est jamais marié, et il a voulu garder sa liberté. S'il avait accepté cette place, il aurait fallu qu'il sacrifiât sa liberté.

Qu'heureux est le mortel.... Qui de la liberté forme tout son plaisir, Et ne rend qu'à lui seul compte de son loisir ! (BOILEAU Ép. VI)

Est-ce un bien pour l'homme que la liberté, si elle peut être trop grande et trop étendue, telle enfin qu'elle ne serve qu'à lui faire désirer quelque chose, qui est d'avoir moins de liberté ? (LA BRUYÈRE XII)

La liberté n'est pas oisiveté ; c'est un usage libre du temps, c'est le choix du travail et de l'exercice (LA BRUYÈRE XII)

Être libre en un mot n'est pas ne rien faire ; c'est être seul arbitre de ce qu'on fait, ou de ce qu'on ne fait point ; quel bien en ce sens que la liberté ! (LA BRUYÈRE XII)

12. État d'un coeur libre, exempt de passion. Cette femme lui a fait perdre sa liberté.

Et mille libertés à vos chaînes offertes (MOL. l'Ét. V, 13)

Je vois d'ici des yeux qui ont la mine.... de faire insulte aux libertés (MOL. Préc. 10)

S'ils n'ont point de bonheur, en est-il sur la terre ? Quel mortel, inhabile à la félicité, Regrettera jamais sa triste liberté, Si jamais des amants il a connu les chaînes ? (A. CHÉN. Élég. XXVI)

13. Absence de contrainte. Les règles de l'étiquette nuisent à la liberté de la conversation. On jouit à la campagne de plus de liberté qu'à la ville.

Prenez donc en ces lieux liberté tout entière (CORN. Pomp. III, 5)

Laissez donc cette reine en pleine liberté (CORN. Nicom. IV, 5)

Mettre en liberté ma tristesse et leur joie (RAC. Iphig. II, 1)

Eucharis aurait été en pleine liberté avec Télémaque (FÉN. Tél. VII)

14. Liberté d'esprit, état d'une personne qu'aucune préoccupation n'assiége. Je n'ai pas la liberté d'esprit nécessaire pour m'occuper de ce travail.

Elle [la Dauphine] a paru [à la cour] dès le premier moment avec la même liberté d'esprit et d'action que si elle était née au Louvre (Mlle DE SCUDÉRY les Conversations, dialogue.)

Il perd la liberté de son esprit (FÉN. Tél. XII)

Il lui fut impossible de retrouver la moindre liberté d'esprit dans tout le reste de la soirée (GENLIS Mme de Maintenon, t. II, p. 156, dans POUGENS)

On dit de même : avoir l'esprit en liberté.

J'ai l'esprit fort en liberté du côté de la guerre (SÉV. 301)

15. Liberté de langage, ou, simplement, liberté, hardiesse à dire ce qu'on pense. Il a parlé au prince avec une grande liberté.

Tertullien a bien osé dire qu'ils [les empereurs] n'étaient pas capables d'y être reçus [dans l'Église] ; vous allez être étonnés de la liberté de cette parole.... (BOSSUET Panég. St Thomas, 2)

Je répondrai, madame, avec la liberté D'un soldat qui sait mal farder la vérité (RAC. Brit. I, 2)

Donner liberté à sa plume, écrire sans réticence ce qu'on pense.

Je suis au désespoir d'avoir donné liberté à ma plume sur ce sujet [le libre arbitre et la Providence] (SÉV. t. X, p. 544, éd. RÉGNIER.)

16. Manière d'agir familière, ou dans laquelle on ne se contraint pas. Agir avec une honnête liberté.

La liberté que vos docteurs se donnent d'examiner les choses (PASC. Prov. V)

On peut prendre la liberté de dire au moins ses volontés (SÉV. 139)

Je prends la liberté de me moquer de lui (SÉV. 602)

Quelle liberté s'est-elle donnée qui pût, je ne dis pas mériter une censure, mais souffrir une mauvaise interprétation ? (FLÉCH. Mar.-Thér.)

Un flatteur prit la liberté de lui parler à l'oreille (FÉN. Tél. XIV)

Il se dit dans ce sens très souvent au pluriel.

Ma soeur, je vous demande un généreux pardon, Si de mes libertés j'ai taché votre nom (MOL. Éc. des m. III, 10)

Quel droit n'aurais-je pas, mes chers auditeurs, de vous reprocher aujourd'hui, je ne dirai pas de semblables libertés, mais des libertés bien plus dangereuses ? (BOURDAL. Sur le scandale, 1er avent, p. 103)

Vous abusez, Créon, de l'état où nous sommes ; Tout vous semble permis, mais craignez mon courroux, Vos libertés enfin retomberont sur vous (RAC. Théb. I, 5)

Anacharsis ne pouvait souffrir les libertés que chacun se donnait dans les festins (FÉN. Anacharsis.)

Parler sans cesse à un grand que l'on sert.... faire le familier, prendre des libertés, marque mieux un fat qu'un favori (LA BRUY. II)

Un de ces jeunes gens dit : S'il fallait prendre des libertés avec la reine ou avec Mme Scarron, je ne balancerais pas, j'en prendrais plutôt avec la reine (Mme DE CAYLUS Souvenirs, p. 14, dans POUGENS)

Ibrahim tombe des nues, quand il voit le faux lbrahim dans toutes les libertés d'un maître (MONTESQ. Lett. pers. 141)

On a vu le lion dédaigner de petits ennemis et leur pardonner des libertés offensantes (BUFF. Morceaux choisis, p. 216)

Prendre des libertés avec une femme, se permettre des paroles ou des actions entreprenantes.

Dans la conversation on dit souvent par politesse : J'ai pris, je prends, je prendrai la liberté de faire telle chose, pour dire : j'ai fait, je fais, je ferai telle chose.

Demander la liberté, demander la permission.

Liberté grande, se dit, par plaisanterie, de quelque acte, de quelque parole trop peu réservée ou respectueuse.

Je proposai à mon homme de jouer une petite pistole au trictrac, en attendant que nos gens eussent soupé ; ce ne fut pas sans beaucoup de façons qu'il y consentit, en me demandant pardon de la liberté grande (HAMILT. Gramm. 3)

17. Permission, congé, licence.

Quand on n'écoute plus la tradition... la vérité n'a plus la liberté de paraître (PASC. Pens. XXIII, 37, éd. HAVET.)

Vous aurez la liberté de dire qu'un juge peut en conscience retenir ce qu'il a reçu pour faire une injustice, sans qu'on ait la liberté de vous contredire (PASC. Prov. XI)

Je vous assure que personne du monde n'en apprendra rien par nous, que vous ne nous en donniez la liberté (SÉV. 11 sept. 1680)

Je demandai la liberté d'être seule (SÉV. 6 févr. 1671)

Il [le roi d'Angleterre] a parlé à ses milords, donné liberté aux moins affectionnés, et renouvelé l'attachement des plus fidèles (SÉV. 13 oct. 1688)

Leur antiquité [des anciennes familles], en remontant plus loin aux siècles passés dont la mémoire est toute effacée, a donné aux hommes une plus grande liberté de feindre (BOSSUET Gornay.)

18. Liberté, se dit quelquefois pour licence poétique.

Si ces libertés ne sont pas permises aux poëtes, et surtout aux poëtes de génie, il ne faut point faire de vers (VOLT. Comm. Corn. Rem. Hor. I, 4)

19. Aisance dans les mouvements et les opérations. Une douleur de rhumatisme lui ôte la liberté de ses membres. Il fait tout avec beaucoup de liberté et de grâce.

Combien de temps, de règles, d'attention et de travail pour danser avec la même liberté et la même grâce que l'on sait marcher ! (LA BRUY. XII)

Dans un être animé, la liberté des mouvements fait la belle nature (BUFF. Cheval.)

Terme de beaux-arts. Liberté de pinceau, de crayon, de burin, facilité avec laquelle l'artiste manie ces instruments.

20. Se dit aussi de l'aisance avec laquelle se meuvent les choses inanimées. Ce ressort n'a pas assez de liberté.

21. Liberté de ventre, facilité avec laquelle le ventre fait ses fonctions.

22. Terme de manége. Liberté de langue, espèce d'arcade pratiquée dans le canon du mors à l'effet de loger la langue du cheval.

23. En liberté, loc. adv. Sans gêne, sans obstacle. Agir en liberté, en pleine liberté.

Je veux laisser chacun en liberté de ses sentiments (CORN. Ex. de Rodog.)

Et souffre que ma haine agisse en liberté (CORN. M. de Pomp. V, 6)

Je fus en liberté de le voir (PASC. dans COUSIN)

Elle-même a choisi cet endroit écarté Où nos coeurs à nos yeux parlent en liberté (RAC. Baj. I, 1)

Osez-vous en ces lieux gémir en liberté ? (VOLT. Orph. II, 2)

Terme de manége. Sauteur en liberté, cheval dressé à faire des sauts pour accoutumer le cavalier à se tenir ferme en selle.

24. Filet qui sert à élever et à baisser les brins de cannes dont on fait des fauteuils, pour faciliter le passage d'une aiguille de même matière.

Liberté et pain cuit, c'est-à-dire on est heureux lorsqu'on a l'indépendance et une existence assurée.

HISTORIQUE

XIVe s.L'orgueil du roy Tarquin avoit esté cause que la liberté nouvellement acquise fust plus agreable au peuple romain (BERCHEURE f° 27, verso)L'ame des bestes humaines ne puet morir, et Dieu aime tant beste humaine, qu'il lui a donné celle liberté [libre arbitre] (Modus, f° XXV)Que ta liberté passée soit un peu refrenée et mise au droit des mariés (Ménagier, I, 6)

XVIe s.À fin que la liberté d'ordonner, juger et choisir demeurast au maistre (MONT. I, 59)L'indocile liberté (MONT. I, 97)Ce qu'il y a à dire entre la licence et la liberté (MONT. I, 172)Un pauvre moine que l'on pendoit pour avoir esté trouvé faisant la guerre : Helas, messieurs, dit-il, je suis bien marry de n'avoir pas cru que nous avions congé de vivre à discretion de conscience ; il n'osa dire liberté, de peur d'estre estimé huguenot (Moyen de parvenir, p. 13, dans LACURNE)Pour decharger ma nef, j'ay franchement jetté Tout ce qui m'estoit cher, l'ame et la liberté, Et n'ay point de regret d'avoir fait cette perte (DESPORTES Cléonice, XXIII)Les bestes (ce m'aid' Dieu), si les hommes ne font trop les sourds, leur crient : Vive liberté ; plusieurs y en a d'entr'elles, qui meurent si tost qu'elles sont prinses (LA BOETIE Servit. volont.)

ÉTYMOLOGIE

Provenç libertat ; catal. llibertat ; espagn. libertad ; ital. libertà ; du latin libertatem, de liber, libre.

 
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Liberté

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Pour les articles homonymes, voir Liberté (homonymie). 

La liberté est la faculté d'agir selon sa volonté sans être entravé par le pouvoir d'autrui. Elle est définie :

  • négativement : absence de soumission, de servitude, de contrainte exercée par autrui. L'être humain est indépendant.
  • positivement : autonomie et spontanéité du sujet rationnel; les comportements humains volontaires se fondent sur la liberté et sont qualifiés de libres.

Cette notion est à la fois conçue comme une valeur abstraite et normative de l'action humaine et comme une réalité concrète et vécue. Ces deux perspectives se recoupent de diverses manières et peuvent provoquer des erreurs de catégories. Il existe ainsi de nombreuses confusions possibles à propos du terme de liberté. Il faut donc prendre soin de distinguer les différents sens de ce mot.

La Liberté guidant le peuple par Eugène Delacroix (1830) (Musée du Louvre, Paris)
La Liberté guidant le peuple par Eugène Delacroix (1830) (Musée du Louvre, Paris)

La liberté peut constituer un attribut de l'être humain, de sa volonté, et être la condition de droits naturels ou positifs, mais aussi de devoirs ; la réalisation effective de l'acte volontaire peut néanmoins comporter une dimension vécue que l'on ne saurait réduire à ce qui précède. Ces deux plans de l'existence humaine ne sont pas nécessairement compatibles : par exemple, l'existence des libertés juridiques est constatable, alors que la réalité (son existence dans nos actes) et l'essence (la conception que nous nous en faisons) de la liberté posent problème.

Le premier point peut faire l'objet d'une enquête socio-politique ; son fondement métaphysique et le second point concernent plus particulièrement le problème philosophique de la liberté. Cet article sera donc divisé en deux parties pour en faciliter la lecture : une partie philosophique, traitant de ce qu'il y a de métaphysique dans la notion de liberté, et une partie sociologique. Il faut cependant garder à l'esprit que les deux aspects se recoupent.

Remarque : pour une introduction générale à cette notion, on peut lire du chapitre « Un concept clef de la métaphysique » à « Les sens philosophiques fondamentaux du mot liberté ». Les chapitres suivants permettent d'approfondir la notion par la connaissance de ce que des philosophes en ont dit et par la diversité des points de vue.


Sommaire

  • 1 Le concept de liberté en philosophie
    • 1.1 Un concept clef de la métaphysique
    • 1.2 Origine et analyse du problème
    • 1.3 Définition et critiques
    • 1.4 Les sens philosophiques fondamentaux du mot liberté
    • 1.5 Origine et développement du concept de liberté
    • 1.6 Connaissance et expérience de la liberté, enjeux
      • 1.6.1 La connaissance théorique de la liberté
      • 1.6.2 L'expérience de la liberté
      • 1.6.3 Enjeux métaphysiques et moraux de la liberté
  • 2 Sociologie de la liberté
    • 2.1 Le paradigme du « bon sauvage »
    • 2.2 Libertés individuelles
    • 2.3 Libertés collectives
    • 2.4 Liberté et technologies de l'information et de la communication
  • 3 Ressources
    • 3.1 Notes et références
    • 3.2 Bibliographie
    • 3.3 Citations
  • 4 Réflexions
  • 5 Voir aussi
    • 5.1 Version anglaise
    • 5.2 Articles connexes

Le concept de liberté en philosophie

Un concept clef de la métaphysique

La question de la liberté peut être considérée comme une question métaphysique par excellence dans la mesure où elle concerne le statut de l'homme au sein de la nature. La liberté qualifie en effet la relation de l'homme en tant qu'agent et du monde physique, relation notamment considérée dans son rapport à un déterminisme supposé ou réel. Cette question concerne donc particulièrement l'immanence et la transcendance de la volonté humaine par rapport au monde.

La liberté s'oppose en général (ce n'est donc pas toujours le cas) au déterminisme, au fatalisme et à toute doctrine qui soutient la thèse de la nécessité du devenir. Le concept de liberté divise très schématiquement les philosophes en deux camps : ceux qui en font le fondement de l'action et de la morale humaines (Épicure, Descartes, Kant), et ceux qui nient une quelconque transcendance de la volonté par rapport à des déterminismes tels que la sensibilité (Démocrite, Spinoza, Nietzsche) :

« Il existait deux opinions sur lesquelles se partageaient les anciens philosophes, les uns pensant que tout se produit par le destin, en sorte que ce destin apportait la force de la nécessité (Démocrite, Héraclite, Empédocle, Aristote étaient de cet avis), les autres pour qui les mouvements volontaires de l’âme existaient sans aucune intervention du destin ; Chrysippe, en position d’arbitre officieux, me paraît avoir choisi la position intermédiaire ; mais il se rattache plutôt à ceux qui veulent voir les mouvements de l’âme libérés de la nécessité. » (Cicéron, Du destin, §39).

On dirait aujourd'hui qu'il y a une opposition entre physicalisme et mentalisme, i.e. entre la causalité physique (physicalisme) à laquelle tous les êtres peuvent être réduits et la causalité mentale (mentalisme), qui peut être une théorie matérialiste, tout en reconnaissant une action propre du mental. Dans le premier cas, il s'agit d'expliquer comment on peut naturaliser la volonté, sans reconduire un dualisme métaphysique classique, et comment il est encore possible de parler d'action et de responsabilité, alors que l'on en a supprimé la condition ; dans le second cas, il s'agit plutôt d'expliquer comment une causalité mentale est possible qui évite aussi ce dualisme souvent difficile à rendre intelligible. Un des points les plus intéressants que met ainsi en lumière cette opposition, c'est le caractère souvent difficile à déterminer du concept de liberté.

Origine et analyse du problème

Le problème de la liberté surgit naturellement quand la raison humaine cherche à unifier les différents éléments de sa représentation du monde. En effet, si l'explication philosophique comprend la réalité dans son intégralité, au moins idéalement (et au contraire des sciences qui ont une partie seulement du monde pour objet), alors un effort d'unification de notre connaissance par une causalité unique est exigible, et cela afin d'éviter les contradictions qui découlent de l'hypothèse de l'existence de plusieurs causalités (psychique et physique) : il semble en effet impossible de penser l'interaction de deux causalités hétérogènes. Ce problème a particulièrement sollicité la réflexion des philosophes de l'antiquité. La physique hellénistique est ainsi nettement déterministe. Mais cette unité causale a soulevé et soulève encore de nos jours des problèmes : si on unit les trois parties de la connaissance (physique, éthique, logique), et aujourd'hui les sciences humaines et les sciences de la nature, comment résoudre l'antagonisme entre destin et liberté ? Le problème qui se pose est essentiellement d'ordre moral. Epicure fut contraint d'inventer le clinamen, et les stoïciens inventèrent des raisonnements très subtils pour tenter d'échapper à ce qui ressemble à une conséquence inévitable de ce qu'on appelle aujourd'hui le physicalisme.

L'unité de nos représentations serait alors une unité logique. Mais la question se pose : si tout dépend du destin, comment certaines choses peuvent-elles encore dépendre de nous ? Ou bien la nature est seule maîtresse des choses, ou bien l'homme est maître lui aussi au sein de la nature. Cette contradiction dans notre connaissance est la troisième antinomie kantienne : suis-je libre, ou suis-je conduit par le destin ? La nature est ici entendue comme un pur enchaînement causal ; il s'agit alors de concilier les deux affirmations : responsabilité morale et actes déterminés.

Si on nie la causalité naturelle, on fait apparaître un concept de liberté qui implique la nouveauté absolue dans l'ordre de la nature : la liberté humaine doit pouvoir ouvrir des possibles en produisant des actions non-déterminées, indépendantes notamment des inclinations de notre sensibilité. Notre volonté n'a alors aucune cause antécédente. Mais dans ce cas, la liberté n'est pas une réalité intelligible : la liberté sort du néant, elle constitue une sorte de miracle, d'où le caractère presque indicible de ce concept, puisque la liberté semble être dans ce cas au-delà de la portée de l'intellect humain.

Ainsi, en cherchant à unifier nos connaissances, soit on fait de l'homme un être déterminé, dont la volonté est immanente à la nature (donc on cherche à naturaliser l'humain), soit on fait de l'homme un être transcendant, irréductible en particulier à sa nature animale.

Définition et critiques

Une définition du sens commun serait que la liberté c'est faire ce qu'on désire sans rencontrer d'obstacle. C'est l'absence de contrainte et l'indépendance, comme, par exemple, le vagabond non assujetti à un ordre social (Arthur Rimbaud, Jack Kerouac, etc). Carmen, dit, dans l'Opéra de Georges Bizet : « Ce que je veux, c'est être libre et faire ce qui me plaît », « avoir pour pays l'univers et pour loi sa volonté ».

C'est l'ivresse de la liberté :

  • un certain sentiment de liberté peut accompagner l'acte volontaire, et même lorsque l'action est empêchée, il nous reste le sentiment que c'est nous qui décidons de la direction de notre volonté ;
  • le sentiment de la liberté peut naître de l'allègement des contraintes sociales, par exemple dans le temps festif (consommation excessive, démesurée), par opposition au temps ouvré (travail et production). La hiérarchie sociale est renversée, comme dans les saturnales ou le carnaval.

Mais cette liberté n'est pas la liberté au sens philosophique.

En effet, contre la liberté indépendance, il existe au moins deux types de critiques :

  • une critique moraliste : cette liberté relève de la licence, i.e. de l'abandon au désir. Or, il n'y a pas de liberté sans loi (Rousseau, Emmanuel Kant), car la liberté de tous serait en ce sens contradictoire : les désirs universalisés s'annuleraient. La loi est donc nécessaire et il faut limiter l'extension de la liberté pour garantir son exercice. Ces limites sont dans l'intérêt même de la liberté, pour éviter la tyrannie, les conflits et l'esclavage :
« On pourrait, sur ce qui précède, ajouter à l'acquis de l’état civil la liberté morale qui seule rend l'homme vraiment maître de lui; car l’impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté. » (Rousseau, Le contrat social).

On remarque que dans cette conception philosophique de la liberté, les limites ne sont pas des limites contraignant la liberté de la volonté humaine ; ces limites définissent en réalité un domaine d'action où la liberté peut exister, ce qui est tout autre chose.

  • une critique déterministe : s'abandonner à ses désirs, n'est-ce pas leur obéir, et dès lors un tel abandon ne relève-t-il pas d'une forme déguisée de déterminisme ? Nous serions alors victimes d'une illusion de libre arbitre : nous aurions une fausse conscience de la liberté de notre volonté parce que nous ignorons les véritables causes qui nous font agir. Ainsi, Spinoza écrit dans L'Éthique :
« Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de posséder et qui consiste en cela seul que les hommes ont conscience de leurs appétits et ignorent les causes qui les déterminent. Un enfant croit librement appéter le lait, un jeune garçon irrité vouloir se venger et, s'il est poltron, vouloir fuir. Un ivrogne croit dire par un libre décret de son âme ce qu'ensuite, revenu à la sobriété, il aurait voulu taire. De même un délirant, un bavard, et bien d'autres de même farine, croient agir par un libre décret de l'âme et non se laisser contraindre ».

Nietzsche reprendra cette critique : '« Aussi longtemps que nous ne nous sentons pas dépendre de quoi que ce soit, nous nous estimons indépendants : sophisme qui montre combien l'homme est orgueilleux et despotique. Car il admet ici qu'en toutes circonstances il remarquerait et reconnaîtrait sa dépendance dès qu'il la subirait, son postulat étant qu'il vit habituellement dans l'indépendance et qu'il éprouverait aussitôt une contradiction dans ses sentiments s'il venait exceptionnellement à la perdre. »

Ces deux critiques mettent en lumière plusieurs points importants. En premier lieu, la liberté ne peut se réduire à l'indépendance par rapport au monde extérieur ; il faut également une autonomie intérieure réelle par laquelle nous nous donnons volontairement des règles d'actions. Ainsi, alors que l'indépendance concerne les causes externes (définissant ce que je peux), l'autonomie concerne les causes qui sont la source de la volonté (définissant ce que je veux). La réflexion philosophique intériorise le problème et cherche à en trouver les conditions internes, en niant que la liberté soit dépendante en quoi que ce soit du monde extérieur.

En second lieu, il n'est pas certain que tout lien soit contraire à l'indépendance. Être relié n'est pas toujours négatif, car l'intersubjectivité est peut-être plus fondamentale que l'indépendance du moi, dans la mesure où le moi est relation aux autres. Ainsi, pour Friedrich Nietzsche (et de même pour Hegel), le toi est antérieur au moi. Il ne semble donc pas possible de concevoir une liberté indépendance comme un état monadique, où l'individu serait une totalité fermée, atome qui n'aurait que des relations qui lui seraient extérieures ou étrangères. Les relations humaines seraient donc à la fois des sources de conflits et d'aliénation, et des conditions de liberté sociale et politique.

Les sens philosophiques fondamentaux du mot liberté

Pour faciliter l'exposition et la compréhension du problème philosophique de la liberté, il est commode de partir de quelques modèles fondamentaux, modèles qui sont soit des conceptions majeures, soit des moments importants de l'histoire de la pensée occidentale (cette liste n'est donc pas fermée) :

  1. La liberté comme libre arbitre de la volonté ;
  2. La liberté d'indifférence ;
  3. La liberté transcendantale ;
  4. La liberté morale ;
  5. La liberté jaillissement ;
  6. La liberté existentielle.

1. Libre arbitre: propriété de la volonté (actus proprius), faculté de choix qui associe raison et volonté. C'est l'union de la spontanéité et de l'intelligence.

  • Spontanéité : c'est le fait de trouver à l'intérieur de soi le principe de ses mouvements. Tous les animaux (en tant que mus par de désirs internes) sont en ce sens des êtres animés de manière spontanée.
  • Intelligence : par l'intelligence, faculté de choix, nous agissons par nous-même en connaissance de cause ; nous avons un discernement de nos actes.

La liberté, c'est donc la spontanéité éclairée par la raison ; cette conception de la liberté n'est pas incompatible avec certaines formes de naturalisme.

2. Liberté d'indifférence (voir Libre arbitre)

  • Selon Descartes, c'est « le plus bas degré de la liberté ».

3. Liberté transcendantale : c'est la faculté par laquelle l'individu peut disposer de lui-même et déterminer sa volonté en l'absence de toute contrainte physique, c'est-à-dire indépendamment de la causalité naturelle (chez Kant par exemple). Est dit libre l'homme qui se gouverne selon sa raison. Cela sous-entend que l'individu doit être en mesure de faire preuve de discernement et d'un grand sens critique : l'homme libre se donne à lui-même des normes cognitives.

Cette liberté a deux conditions : l'indépendance et la spontanéité.

  • Indépendance: notre arbitre est indépendant à l'égard des contraintes des penchants de la sensibilité. Si l'homme est affecté par des penchants qui inclinent son arbitre, il peut les mettre de côté, les suspendre, pour agir d'après d'autres motifs issus de la raison. Dans ce cas, l'arbitre et la raison transcendent le monde en dépassant la sensibilité. C'est une condition fondamentale de la liberté : l'activité de la volonté met en cause la passivité de notre rapport sensible au monde.
  • Spontanéité de la raison : c'est la faculté de créer du nouveau, d'ouvrir des possibles : la raison permet de poser un acte non déterminé par des causes passées. Il y a alors invention et surgissement de nouveauté. Dans ce cas, la raison se donne à elle-même sa loi, elle légifère sans rien emprunter à la nature.

Si cette liberté existe, alors il y a une différence radicale entre l'homme et la nature.

4. Liberté morale

5. Liberté jaillissement

6. Liberté existentielle

Origine et développement du concept de liberté

Voir l' article détaillé Histoire de la notion de liberté.

La liberté telle que nous l'entendons (comme propriété métaphysique ou comme condition transcendantale de la volonté) était ignorée des Anciens. Cela tient d'abord au fait que la volonté n'est pas pour eux une faculté à part du psychisme, et que le psychisme n'est pas lui-même une entité séparée de l'organisme (cf., par exemple, Aristote, Traité de l'âme). L'âme, chez les Grecs, est donc un principe d'animation du vivant (le cheval a donc une âme), alors que la comparaison pour nous de l'âme et d'un être vivant concret est bien difficile : l'âme moderne, c'est plutôt l'esprit, la pensée ou la conscience, ou quelque chose d'intérieur qui peut se distinguer de la vie animale ; mais ce n'est pas en général quelque chose que l'on pourrait facilement exemplifier par un cheval (mais ce point devrait sans doute être discuté d'après des thèses récentes sur l'intelligence et la sensibilité animales).

Une conséquence importante de cette conception ancienne de l'âme, c'est que l'action, ou du moins un certain type d'actions, a, pour les Grecs, une dignité moindre ; ce que montre par exemple l'esclavage et l'artisanat. Par nature, un être qui travaille n'est pas libre (Aristote, Politiques) car son activité déforme son corps et altère en conséquence les qualités de son âme. Ce qui a de la valeur, la finalité par excellence de l'activité humaine, c'est la pensée, l'activité de l'intellect, conçue comme la finalité et le vrai bien de l'âme : la liberté de l'homme serait donc dans la contemplation qui nécessite d'ailleurs des conditions de vie d'hommes libres. Cette liberté n'est pas contraire à la nature et à sa nécessité, puisqu'elle est la réalisation parfaite de l'essence de l'homme (il ne faut donc pas confondre l'emploi qui est fait ici du mot liberté avec d'autres emplois qui sont faits ailleurs dans l'article).

Le christianisme vient ensuite modifier cette conception, avec l'idée d'un dieu qui est volonté et qui crée, l'idée d'un dieu artisan (cf. Paul de Tarse). Cette idée de l'artisan se rencontre déjà chez Platon, mais sous une forme qui n'est pas créationniste : la théologie antique fait plutôt de Dieu un intellect non impliqué dans la création de la matière, même s'il peut y être engagé, par exemple pour y mettre de l'ordre. L'action va donc prendre de la valeur, ou changer de valeur, dans la mesure où le libre arbitre est maintenant métaphysiquement valorisé : cette valorisation a une origine morale, en particulier pour l'explication du péché. Le prix à payer de la théodicée (pour conserver la volonté juste de Dieu), c'est la malédiction de la liberté humaine, qui fait de l'homme un coupable par nature.

Le liberum arbitrium chrétien apparaît nettement chez Augustin d'Hippone (De Libero arbitrio). Sa finalité était de fonder une théodicée ; ce concept permet en effet de disculper Dieu de la responsabilité du mal (c'est là l'invention de l'intériorisation du péché dénoncée par Friedrich Nietzsche). La motivation est donc théologique et non anthropologique. Par la suite, le libre-arbitre deviendra un trait fondamental de l'anthropologie de Thomas d'Aquin.

On voit, par ce bref historique, que le problème de la liberté en Occident n'est pas séparable de l'histoire du concept de Dieu. Ceci est encore valable même au XXe siècle, chez Sartre par exemple (voir plus bas), lorsqu'il renverse le rapport de l'essence et de l'existence.

Connaissance et expérience de la liberté, enjeux

Les différentes conceptions vues ci-dessus nous font connaître plusieurs conceptions de la liberté. Mais le problème de savoir s'il y a quelque chose de tel que la liberté reste entier. Il y a un problème épistémique de la liberté, qui peut être envisagé d'un point de vue théorique et d'un point de vue pratique.

La connaissance théorique de la liberté

S'il y a quelque chose comme la liberté, quelle sorte de chose est-ce ? Est-ce une substance, une essence, une faculté, un acte, etc. ? Les auteurs examinés plus haut nous ont déjà fourni quelques réponses possibles.

Comment en a-t-on connaissance ? Avoir connaissance de quelque chose comme la liberté, cela ne suppose-t-il pas en même temps d'avoir la preuve de son existence ? La liberté serait donc dans ce cas observable et devrait faire partie des phénomènes. Pourtant si la liberté se manifeste en tant que phénomène empirique, il faut bien qu'elle se conforme aux lois de la nature. Or, cela semble bien être une contradiction. Il semble que rien de tel que la liberté ne puisse être donné dans le monde ; mais il serait sans doute plus exact de conclure que la liberté, comme objet de connaissance, nous échappe, et qu'elle n'est jamais un objet de notre expérience.

Cette difficulté peut être contournée de plusieurs manières :

  • on peut nier le problème, en disant que la liberté n'existe pas. Le problème ne se pose donc pas, puisque dans cette perspective, il ne s'agit que d'un non sens métaphysique. Cette première solution implique que l'on réduise la volonté à une causalité naturelle, ou qu'on la nie ; par exemple, pour Friedrich Nietzsche, il n'y a ni volonté ni non volonté, mais notre action n'est qu'une résultante de processus physiologiques.
  • mais on peut chercher à la sauver en en faisant un être transcendant l'expérience et une condition de cette expérience. Cette seconde solution paraît contradictoire : en faisant de la liberté un être transcendant, ne retire-t-on pas en fait à l'homme toute liberté en la situant au-delà de son expérience, bien qu'elle soit pensée comme une condition ? Elle semble inintelligible et l'on risque de ne plus savoir si l'on est libre ou non. La liberté, dans ce cas, peut faire l'objet d'une foi rationnelle, dans la mesure où nous jugeons qu'elle est une nécessité morale, et qu'on ne saurait s'en passer sans refuser du même coup toute dignité à l'homme. La liberté pourrait ainsi être comprise comme une illusion transcendantale, i. e. comme un concept de la raison que cette dernière ne peut pas ne pas penser, bien qu'aucun objet et aucune action ne viennent (et ne puissent) confirmer son existence.

Le transcendantalisme et le déterminisme semblent donc s'entendre pour retirer la liberté de l'expérience humaine.

L'expérience de la liberté

Les problèmes théoriques soulevés par le concept de liberté amènent à se demander si la conscience de la liberté, ou l'expérience que nous en avons, porte d'une manière certaine sur une réalité ?

Si oui, à quelle genre de réalité a-t-on affaire ? L'expérience semble manquer de consistance pour le déterminer. En effet, si la conscience que nous avons de la liberté n'en est pas une connaissance, la liberté est soit une réalité métaphysique soit un concept vide.

Si conscience et connaissance sont deux choses différentes, avoir conscience de quelque chose ne garantit pas son existence. Il faut donc plus que la conscience pour savoir si effectivement nous sommes libres. Ainsi, il peut sembler que non, notre expérience de la liberté ne porte pas sur une liberté, mais sur un type d'être dont la nature est hors de notre portée.

C'est pourquoi, pour certains philosophes, vouloir prouver la liberté par des faits ou des raisonnements est une absurdité : « un homme qui n'a pas l'esprit gâté, n'a pas besoin qu'on lui prouve son franc arbitre ; car il le sent. » (Jacques Bénigne Bossuet). La « preuve » de la liberté se ramènerait donc à « l'épreuve » « d'un vif sentiment interne » (Leibniz), qui suffirait à en faire une donnée immédiate de la conscience (Bergson).

La liberté serait donc d'abord un objet d'une intuition immédiate et interne. Mais on retombe alors dans les difficultés évoquées au début de cet article : le sentiment de la liberté, ou son intuition, n'est ni clair ni probant. L'aliéné ou l'homme ivre peuvent s'imaginer agissant de leur propre chef ; bien plus, même un homme tenu pour sain d'esprit est susceptible de se faire de graves illusions sur son propre compte.

C'est pourquoi le problème métaphysique de la liberté tire en fait son importance des enjeux moraux qui en découlent.

Enjeux métaphysiques et moraux de la liberté

L'ensemble de cette problématique et les différentes conceptions des philosophes du passé permettent de voir plus précisément en quoi la liberté est un concept métaphysique fondamental : ses conséquences morales sont en effet considérables.

  • Établir la possibilité de la liberté, c'est sauver la responsabilité et la valeur de l'homme, du moins dans une perspective humaniste.
  • La liberté, comme condition des notions morales, donne un sens aux choix moraux en bien comme en mal : ou, autrement dit, l'essence de la liberté, c'est le devoir.
  • La liberté, comme obligation, soumission à une loi que l'on se donne, découle du devoir.
  • La liberté donne un sens à l'existence humaine : renoncer à la liberté, c'est renoncer à la qualité d'homme.

On voit bien ici en quoi une détermination métaphysique, en apparence très spéculative et difficile, peut se montrer décisive pour la vie, pour l'existence concrète. En effet, on pose ou on nie que la liberté soit un attribut essentiel : la liberté est ou non constitutive de la nature humaine. Nier la liberté, ce serait donc supprimer l'essence de l'homme. Pratiquement, la question serait de savoir si cela revient à dire que nier la liberté est une perspective dans laquelle on ne voit pas de contraintes morales qui empêchent quiconque de nier aussi l'humanité d'un autre homme. « Tout est permis » dit Nietzsche, assumant cette négation anti-humaniste de l'essence de l'homme. Mais les doctrines de ce genre ont-elles nécessairement ces conséquences ? Nier la liberté, cela implique-t-il qu'il ne soit pas interdit de nier, opprimer, torturer ou détruire l'autre ? Si, en effet, la liberté implique l'existence du devoir comme sa condition, sa suppression entraînerait peut-être la suppression d'une distinction entre le bien et le mal :

Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs. Il n'y a nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l'homme; et c'est ôter toute moralité à ses actions que d'ôter toute liberté à sa volonté. (Rousseau, Le Contrat social).
Voir l' article détaillé pour des élèments de réponse Fatalisme.

Sociologie de la liberté

Sommes-nous plus libres sans les autres ? Comment penser la liberté par rapport aux libertés ? La liberté pour tous est-elle une véritable liberté ? La réalisation de la liberté, sa pratique politique, crée de nombreuses tensions.

L'autonomie politique est incarnée par la figure du citoyen, qui abandonne son indépendance naturelle pour se soumettre volontairement à des lois qui sont, au moins idéalement, les mêmes pour tous (Hobbes, Rousseau[1]). C'est à cette condition que, selon cette théorie, les hommes peuvent être libres ensemble. Mais les lois peuvent être ressenties comme une aliénation par les individus.

Le paradigme du « bon sauvage »

Il existe cependant un point de vue opposé à cette vision de l'éducation comme moyen de la liberté. Ainsi au XVIIIe siècle, Jean-Jacques Rousseau défendait un paradigme du bon sauvage, considérant l'éducation comme une domestication de l'homme, et la société comme un carcan. Ce point de vue, qui sera développé par Sigmund Freud dans son essai Malaise dans la civilisation (1929), a été discuté dès la Révolution française. Un ouvrage comme Sa Majesté des mouches de William Golding suggère au contraire que l'homme privé des contraintes sociales n'en devient pas nécessairement meilleur.

Libertés individuelles

On distingue au niveau de l'individu plusieurs « types » de libertés :

  • la liberté naturelle : l'homme a le droit naturel d'employer ses facultés comme il l'entend ;
  • la liberté civile : elle s'inscrit dans le cadre d'un homme citoyen, étant libre de ses actes tant que ceux-ci ne sont pas contraire à la Loi, ou ne nuisent pas à autrui. Cette liberté est très délicate d'applic