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Dictionnaire de la langue française
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Leçons sur la philosophie de l'histoire (allemand : Vorlesungen über die Philosophie der Weltgeschichteest) une œuvre de Georg Wilhelm Friedrich Hegel publiée de manière posthume, à partir de ses propres manuscrits et de notes de cours prises par ses élèves. Il s'agit de leçons données sur une période s'étalant de 1822 à 1830.
Sommaire |
La philosophie de l'histoire de Hegel est préparée par l'ensemble du XVIIIe siècle :
Ces thèses classiques sont reprises par Hegel, du point de vue de la dialectique et de l'Idée, le principe étant :
La raison gouverne le monde et se réalise dans l'histoire[réf. à confirmer].
Ainsi, selon Hegel, l'Idée se réalise dans l'histoire et la fin de cette dernière, son but, c'est Dieu, l'Idée ou l'esprit absolu. Ainsi, « Le but de l'histoire universelle est que l'esprit parvienne au savoir de ce qui est véritablement, et fasse de ce savoir un objet, le réalise en un monde présent concrètement, s'exprime en tant qu'objectif. »[réf. à confirmer] Cette rationalité intégrale de l'histoire implique que son développement réalise plus complètement la morale et la liberté.
Quel est le sujet de cette histoire ? Ce ne sont pas les individus dans leur singularité, mais un peuple et son esprit (Volksgeist). Hegel refuse l'idéalisme kantien et sa philosophie du droit abstraite, au profit d'une conception organique et vivante, expression de la totalité éthique. Le grand homme est le conducteur de ce peuple qui aspire à la réalisation de son but. La marche de l'esprit du monde aboutit finalement à l'État, où se trouvent réunis mœurs, art, et droit[réf. nécessaire]. La fin de l'histoire, c'est donc l'État qui doit réaliser la liberté et la raison.
La dynamique qui sous-tend le déterminisme[réf. nécessaire] hégélien est la dialectique. Dans le système idéaliste, le progrès est synthèse entre les opinions contradictoires de la thèse et de l'antithèse (exemple : la loi s'affirme (affirmation), le crime la nie (négation), le châtiment nie le crime et rétablit le droit (négation de la négation). Celles-ci sont les « moments du devenir d'une totalité, dont le dernier stade laisse chaque fois derrière lui les deux précédents, sans sacrifier leur signification propre. Dépasser, chez Hegel, c'est nier mais en conservant, sans anéantir. Chaque terme nié est intégré. Les termes opposés ne sont pas isolés mais en échange permanent l'un avec l'autre. » [réf. à confirmer] Le système hégélien confronte la raison « naturelle » et la positivité « historique » (religion naturelle-religion positive, droit naturel-droit positif), l'histoire et la vie.
Selon Hegel,
Un commentateur traduit : « La portée historique des actions humaines n'est jamais réductible aux motivations subjectives des acteurs.... Les passions humaines, qui sont des facteurs d'aliénation, peuvent aussi servir au progrès dans la conscience de la liberté[2]. » Par exemple, Jules César pensait ne suivre que son intérêt pour « sa position, son honneur, sa sécurité » personnelles, lorsqu'il allait vaincre la Gaule et le monde méditerranéen, or, en gagnant le pouvoir unique à Rome, but apparemment passionnel et « négatif », il faisait avancer l'idée de « maître individuel de l'État » (régime impérial), qui allait dans le sens de « l'histoire du monde », vers l'idée d'État moderne, il suivait « la volonté de l'esprit du monde[3]. »
La raison gouverne le monde. Elle se réalise dans l'histoire. Le spectacle d'incohérence et de chaos qu'elle présente à ses acteurs n'est que l'histoire apparente, double distordu par les ruses de la raison (ce qui lui permet de critiquer également l'empirisme dogmatique marqué par l'opposition entre pratique et théorie, source de contradiction dialectique). Derrière cette histoire apparente vit l'histoire vraie, celle de l'esprit Universel. Ce dualisme téléologique justifie la tyrannie, les guerres (en tant que moments nécessaires de la vie d'un peuple, expression de la liberté d'un peuple), les passions (« Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion[4] »), en vue de la réalisation d'un absolu, fin déterminée. Les grands hommes (« historico-cosmiques »[réf. à confirmer]) seuls peuvent canaliser les désirs des peuples, guidés par leurs intérêts mais œuvrant presque malgré eux à la réalisation de l'État universel, incarnation politique de l'esprit absolu. La tyrannie est nécessaire dans l'histoire car elle permet l'aliénation des volontés particulières centrifuges. Lorsque l'obéissance est obtenue, lorsque la volonté générale est traduite dans la loi, la tyrannie est renversée par les peuples, « sous prétexte qu'elle est abominable, en fait seulement parce qu'elle est devenue superflue[5]. »
Intérêt et désir sont donc les moyens dont se sert l'esprit du monde pour parvenir à ses fins et s'élever à la conscience, le négatif n'est qu'un moment nécessaire à la transformation de la culture.
La théodicée hégélienne se réalise dans l'État, lieu de convergence des manifestations de l'esprit particulier à chaque peuple : art, droit, mœurs, commodités de l'existence... (« L'absolu totalité éthique n'est pas autre chose qu'un peuple »[réf. à confirmer]) Elle fait de l'histoire le « tribunal de dernière instance » de l'ensemble des faits humains[réf. à confirmer].
Cette « belle totalité » éthique, Hegel croit la trouver (dans ses écrits de jeunesse) dans la Grèce classique où l'individu place son bonheur dans sa participation active comme citoyen à la chose publique permettant l'harmonie entre l'individu et l'État (notamment par la religion civique, liée à la vie de la communauté politique). L'harmonie est donc réalisée entre l'individu et le peuple offrant une liberté authentique. Elle a cependant été rompue (apparition de la distinction vie privée/vie publique) par le christianisme et ses corollaires : la conscience malheureuse (conscience de la contradiction entre la vie finie de l'homme et sa pensée de l'infini), la dissolution de l'État et l'individualisme (principe de subjectivité absolue : savoir que l'individu a de l'absolu en lui-même), une médiation du pouvoir est donc nécessaire (Hegel oppose la démocratie antique à la monarchie moderne qui permet de concilier les volontés particulières/subjectives et la volonté générale/objective. Les principaux caractères de l'État moderne hégélien sont : monarchie constitutionnelle, centralisation administrative, décentralisation économique, servie par un corps de fonctionnaires de métier, sans religion d'État, souverain à l'intérieur comme à l'extérieur). Hegel tente donc la synthèse entre la philosophie d'origine grecque et le christianisme, sources fondamentales de la civilisation occidentale.
La totalité rationnelle hégélienne constitue, pour Karl Popper, la base philosophique du totalitarisme politique[6]. Entre l'État et l'individu se trouve cependant la société civile (l'État du libéralisme économique), elle est le lieu de l'opposition la plus déchirante : celle de la pauvreté et de la richesse, conséquence de la division du travail (anticipation de l'analyse marxienne de l'aliénation symbolique du travailleur : celui-ci ne peut plus se reconnaître dans le produit de son travail) et des « incessantes variations du marché.» (Jean Hyppolite[réf. à confirmer]) Seul le lien corporatif à travers des états (corporations, syndicats, communautés structurant la société civile) permet de compenser cette réalité des sociétés industrielles, de réconcilier le citoyen avec l'État (il joue un rôle de régulateur à travers une politique économique, ajustant les intérêts parfois conflictuels des producteurs et des consommateurs).
L'histoire est donc une prise de conscience progressive par l'esprit de sa fin (une intériorisation remémorante (all. Er-innerung) de l'esprit) que Hegel nomme destin dans ses écrits de jeunesse (il distingue des destins caractéristiques au judaïsme et au christianisme). Elle est passage de l'en-soi au pour-soi. La finalité de l'histoire existe d'abord sans être connue mais la prise de conscience s'opère progressivement.
Un point controversé des Leçons sur la philosophie de l'histoire est la conception de l'Afrique développée par Hegel. Dans son cours de 1830, Hegel déclara:
« L'Afrique n'est pas une partie historique du monde. Elle n'a pas de mouvements, de développements à montrer, de mouvements historiques en elle. C'est-à-dire que sa partie septentrionale appartient au monde européen ou asiatique ; ce que nous entendons précisément par l'Afrique est l'esprit ahistorique, l'esprit non développé, encore enveloppé dans des conditions de naturel et qui doit être présenté ici seulement comme au seuil de l'histoire du monde.[réf. à confirmer] »
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