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définitions

Mer Noire (n.prop.)

1.mer intérieure entre l'Europe du Sud-Est et l'Asie (435000 km² env.), qui communique avec la Méditerranée par les détroits du Bosphore et des Dardanelles; ports de commerce, stations balnéaires.

synonymes

Mer Noire (n.prop.)

Pont-Euxin

dictionnaire analogique

Wikipedia

Mer Noire

                   
Mer Noire
Carte de la mer Noire.
Carte de la mer Noire.
Géographie humaine
Pays côtier(s) Drapeau de Bulgarie Bulgarie
Drapeau de Géorgie Géorgie
Drapeau de Roumanie Roumanie
Drapeau de Russie Russie
Drapeau de Turquie Turquie
Drapeau d'Ukraine Ukraine
Géographie physique
Type Mer intérieure
Localisation Mer Méditerranée, océan Atlantique
Coordonnées 43° N 34° E / 43, 3443° Nord
       34° Est
/ 43, 34
  
Subdivision(s) Mer d'Azov
Superficie 413 000 km2
Longueur 1 150 km
Largeur
· Maximale 600 km
Profondeur
· Maximale 2 206 m
Volume 555 000 km3

Géolocalisation sur la carte : Méditerranée

(Voir situation sur carte : Méditerranée)
Mer Noire
  La mer Noire et la mer Méditerranée.
  La station balnéaire bulgare des Sables d'or.
  Le bassin pontique et sa géologie.
  La "mer" Sarmatienne ou Sarmatique.
  5600 avant notre ère, selon l'hypothèse de Ryan et Pitman.
  Les variations relatives de niveau et de salinité entre mer Égée, Marmara et mer Noire selon les modèles actuels (2011).
  Schéma de l'hydrologie de la mer Noire selon les travaux actuels (2011).
  Vue de Sotchi depuis la mer Noire

La mer Noire est une mer située entre l’Europe et l’Anatolie. Large d'environ 1 150 km d’ouest en est et de 600 km du nord au sud, elle s’étend sur une superficie de 413 000 km2.

Elle communique au nord avec la mer d'Azov par le détroit de Kertch, et au sud-ouest avec la Méditerranée par le Bosphore, la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles. Sur ses côtes ouest et nord, elle communique avec de nombreux "limans" (lagunes navigables dont la salinité et la turbidité varient avec la saison, et qui servaient de frayères pour le poisson).

Sommaire

  Nom et étymologie

Dans l’Antiquité, les Grecs la désignèrent d’abord par Skythikos Pontos (la « mer Scythique »). Les Scythes, peuple de langue iranienne, la désignèrent comme Axaïna, c’est-à-dire « indigo » (d'où la traduction française Pont-Axin). Les Grecs comprirent d’abord ce terme comme axeinos (de a- privatif et xeinos « étranger ») signifiant dans leur langue : « inamicale aux étrangers ». Plus tard, quand ses courants et ses vents leur devinrent familiers, elle fut désignée comme Pontos (Pontos signifiant « la mer », « le flot ») Euxeinos (eu- « bien » et xeinos « étranger » c’est-à-dire mer « amicale » ou « accueillante », traduit en français par Pont-Euxin)[1].

Les Romains l'appelèrent Mare Caecili (Caecili signifiant « aveugle, fermée »), terme qui fut traduit par la suite par les Bulgares en « mer Cécile » (« море Сесил »).

Au XIIIe siècle, elle apparaît sur les portulans génois (ces derniers avaient alors des comptoirs tout autour de ses rives), dans les chroniques de Wavrin et de Villehardouin sous les noms de mer Majoure c'est-à-dire « grande mer » (Mare maggiore en italien, Marea cea Mare en roumain).

Pour expliquer le nom de Noire, terme apparu dans les textes et les cartes à partir du XVe siècle, il existe trois théories : La plus populaire est que ce serait sa couleur lors des tempêtes. On avance parfois que son appauvrissement en oxygène et sa richesse en sulfures, dont certains sont noirs ou très sombres, lui donnerait cette couleur, mais en réalité, ces caractéristiques physico-chimiques ne concernent que les eaux profondes, et en surface la mer "noire" reflète, comme la plupart des mers, la couleur du ciel.
Des deux théories scientifiques, la plus ancienne est que ce nom de "noire" serait une traduction de adjectif axaïna (« sombre ») donné par les Scythes : c’est celle qui a la faveur des encyclopédies anglo-saxonnes (mais le problème, c'est qu'entre la disparition des Scythes et le XVe siècle il y a un millénaire pendant lequel seul Pont-Euxin est utilisé).
Celle que l’on préfère dans les encyclopédies de langues latines ou grecque, est plus récente : ce nom lui aurait été donné par les Turcs Selçuks (Seldjoukides) puis Osmanlıs (Ottomans) installés en Anatolie à partir du XIe siècle. Chez ces derniers, les points cardinaux sont désignés par des couleurs[2]avec différentes variantes. Ainsi, dans le cas présent :

  • Kara, le « noir » désigne le nord,
  • Ak, le « blanc » désigne le sud,
  • kızıl, le « rouge » désigne l’ouest,
  • Yeşil, le « vert » ou Sari, le « jaune » désignent l’est.

Le Pont-Euxin étant situé au nord de la Turquie, a été donc désigné en turc : Karadeniz, « mer Noire », alors que la Méditerranée, au sud, a été appelée mer Blanche (Akdeniz) (qui ne doit pas être confondue avec la mer Blanche des Russes). Les savants turcs eux-mêmes sont divisés sur le sujet, car chez les anciens turcophones de la steppe, le nord était désigné par Ak (blanc comme la neige) et le sud par kızıl (rouge comme la chaleur). L'autre logique consiste à désigner le nord (obscur) par le noir, le sud (la clarté) par le blanc, l'ouest (soleil couchant) par le rouge.

  Caractéristiques

Ces données ne prennent pas en compte la mer d'Azov[3] (37 600 km2).

La mer Noire a une superficie comprise entre 417 000 et 423 000 km2 et un volume compris entre 537 000 et 555 000 km3.

Une autre source[4] donne une superficie de 422 000 km2 (en ne comptabilisant pas la mer d'Azov).

  Géologie

Le bassin pontique a une profondeur maximale de 2 252 m. Sa formation fait l'objet de deux hypothèses :

Quoi qu'il en soit, les sédiments déposés au fond du bassin sont essentiellement Pléistocènes et Holocènes, de faciès détritique et dulçaquicole en profondeur (témoignant d'importants apports fluviaux lors des périodes de dégel inter-glaciaires), et marin au-dessus (sédiments de moins de 8000 ans). Les sédiments détritiques et dulçaquicoles correspondent à une période dite "sarmatique" commencée il y a 5 millions d'années, durant laquelle une mer intérieure d'eau douce recouvrait les actuelles Hongrie, Roumanie, mer Noire, Russie méridionale, mer Caspienne et Asie centrale. Le niveau de cette étendue d'eau a beaucoup varié, et à l'Holocène récent (durant la dernière glaciation, dite Würmienne), il était 180 m plus bas que le niveau actuel des mers, de sorte que seuls les bassins profonds pontique et caspien étaient en eau[5].

  Apports récents de la théorie du remplissage de la mer Noire

En 1997, deux chercheurs américains, William Ryan et Walter Pitman, firent la relation entre l'histoire hydrologique de la mer Noire, décrite dans des publications bulgares, roumaines et soviétiques peu connues, et un mythe connu de la Bible, l'arche de Noé; des faits similaires sont d'ailleurs décrits dans la légende de Gilgamesh dans le royaume de Sumer, en Grèce antique dans le déluge de Deucalion ou encore avec le mythe de l'Atlantide.

Dans les années 1970, en analysant au carbone 14 des coquillages d'eau douce trouvés dans les carottages des sédiments de la mer Noire sous les sédiments actuels marins, les chercheurs bulgares et roumains avaient découvert que l'actuelle mer Noire a été il y a près de 7 000 ans un lac d'eau douce appelé lac Pontique qui se trouvait à 180 mètres au-dessous du niveau général des mers. À l'époque, en lieu et place du détroit du Bosphore existait un isthme qui isolait le grand lac de la mer de Marmara qui s'arrêtait à quelques kilomètres plus au sud de ce lac. La déglaciation post-würmienne fit fondre les glaciers, entraînant une élévation du niveau de la Méditerranée et de la mer de Marmara. La vallée du Bosphore fut inondée par les eaux salées de la mer qui se seraient déversées, selon Ryan et Pitman, dans le lac Pontique sous la forme d'une cascade d'eau salée ayant 200 fois le débit des chutes du Niagara actuelles. Le niveau du lac Pontique serait alors rapidement monté, ses rives reculant d'un kilomètre par jour.

Les rives de ce lac étaient déjà peuplées d'agriculteurs, car en Anatolie et en Europe orientale l'agriculture avait commencé très tôt. Ryan et Pitman ont alors pensé que ces agriculteurs, chassés par la montée des eaux, se seraient dispersés en Anatolie et en Mésopotamie, véhiculant le mythe du Déluge. Ils en firent des livres et des documentaires[6].

La mer Noire devint ainsi une mer reliée à la Méditerranée, mais une mer très particulière : la mort du biotope lacustre a provoqué une séparation des eaux profondes et des eaux superficielles (voir ci-dessous) et la salinité est restée très en dessous de la moyenne mondiale : 12 à 16 grammes de sel par litre au lieu de 35. De ce fait, un courant d'eau salée coule toujours en profondeur à travers le Bosphore (la « cascade » d'eau marine ne s'est jamais arrêtée) tandis qu'en surface, les eaux moins salées de la mer Noire coulent vers la mer de Marmara. Les sous-mariniers notamment soviétiques et américains connaissent bien le phénomène et ont essayé d'en profiter, mais l'étroitesse du Bosphore (un demi-mille à peine à son point le plus étroit) et l'intense circulation de navires rend l'exercice extrêmement dangereux (et il y eut des accidents).

L'hypothèse du remplissage catastrophique n'a toutefois pas rencontré l'approbation de tous les chercheurs : des études géologiques récentes tendent à récuser l'idée d'un déversement catastrophique de la Méditerranée dans la Mer Noire[7]. Actuellement, il n'y a pas d'accord sur la question parmi les scientifiques et trois reconstructions très différentes de l'histoire de la mer Noire coexistent : l'hypothèse catastrophiste, une hypothèse gradualiste et une hypothèse pour laquelle le niveau de la mer a souvent oscillé[8].

  Écologie et chimie de la mer Noire

Les eaux de cette mer, au-delà de 200 mètres de profondeur, sont anoxiques, c’est-à-dire pauvres en oxygène dissous.
L'eau profonde concentre assez de sulfure d'hydrogène pour que les bois, cuirs et tissus des épaves soient préservés de l'action bactérienne, au profit des chercheurs d'épaves.
Ces eaux anoxiques sont séparées des eaux de surface, plus oxygénées, par une chimiocline, au niveau de laquelle commencent à se développer des bactéries anaérobies et du plancton. Ce phénomène, également présent en mer Caspienne, en mer Baltique et dans le lac Tanganyika, est appelé euxinisme[9].

De 2005 à 2009, le projet européen Hermes[10] explore les écosystèmes marins sur 15 000 kilomètres de marge continentale profonde pour notamment mesurer les formes du méthane mer Noire et Baltique. On devrait ainsi mieux comprendre les écosystèmes microbiens anoxiques, et leurs bilans énergétiques et en termes de puits/sources de carbone et GES.
On a ainsi pu explorer le meiobenthos (de taille moyenne, c'est-à-dire de 1 mm à 63 µm ou 0,063 mm) et les espèces d'une zone active de production naturelle de gaz méthane et de H2S toxique, ses variations[11] (de -182 à -252 m, dans le canyon sous-marin du Dniepr au nord-ouest de la mer Noire). Le méiobenthos était essentiellement constitué de Nematoda et foraminifères (Ciliophora notamment), cohabitant avec des polychètes[12], mais aussi de bivalves, gastéropodes, amphipodes, et Acarina. On a aussi trouvé dans des sédiments des stades juvéniles de Copépodes et Cladocères probablement d'origine planctonique. L'abondance du méiobenthos variait de 2 397 à 52 593 individus par mètre carré (plus nombreux dans la couche superficielle de sédiment pour les nématodes et foraminifères d'une zone permanente H2S à des profondeurs de 220 à 250 m). Cette forte concentration de meiobenthos a été trouvée dans un secteur d'intenses émanations de méthane, associées à un tapis microbien (biofilm) méthanotrophes ou méthane-oxydants. L'étude suggère que le méthane et de ses produits d'oxydation microbienne expliquent la survie de nombreuses espèces benthiques adaptées à ce milieu extrême et d'une bioproductivité élevée dans des zones fortement sulfurées. Une corrélation inverse a été trouvée entre la densité en meiofaune et les taux de méthane des couches superficielles de sédiments. Les chercheurs supposent que le taux de nématodes et de foraminifères des zones enrichies en méthane est un compromis entre les exigences écologiques et les besoins alimentaires de ces organismes et leurs adaptations à l'environnement rendu toxique par l'H2S[13].

La Mer noire est un Hotspot de la biodiversité planétaire avec par exemple 42 espèces d'amphipodes benthiques ont été relevées dans la région[14], où l'on découvre encore de nouvelles espèces[15] mais elle est aussi très menacée par la pollution et des « invasions biologiques »[16].

  Pollution

En juin 2008, le Conseil de l'Europe a mis en garde les pays riverains contre un désastre écologique et appelé à une mobilisation générale. Le Danube déverse en effet chaque année dans la mer Noire 280 tonnes de cadmium, 60 tonnes de mercure, 4 500 tonnes de plomb, 6 000 tonnes de zinc, 1 000 tonnes de chrome et 50 000 tonnes d'hydrocarbures.

  Villes côtières

  Russie

  Bulgarie

  Roumanie

  Turquie

  Ukraine

  Géorgie

  La mer Noire dans la culture

  La Neuvième Vague, d'Ivan Aïvazovski.

  Littérature

  • La Mer Noire est le sujet principal du roman de Jules Verne Kéraban-le-Têtu, où le personnage éponyme, résidant à Istanbul, choisit de faire le tour entier de la mer Noire plutôt que de payer un péage pour traverser le Bosphore.

  Peinture

  • La Mer Noire est le sujet de prédilection d'Ivan Aïvazovski : ses plus célèbres toiles peignent des scènes marines qui se déroulent presque toutes en mer Noire ; en particulier, le tableau La Neuvième Vague montre une scène de naufrage s'y déroulant.

  Cinéma

  Sources

  Références

  1. Dictionnaire des noms de lieux - Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X)
  2. Rüdiger Schmitt, Considerations on the Name of the Black Sea, in : Hellas und der griechische Osten (Saarbrücken 1996), pp. 219–224
  3. Encyclopédie de l'Agora
  4. (en) Black Sea NGO Network
  5. P.A. Kaplin et A.O. Selivanov, « Lateglacial and Holocene sea level changes in semi-enclosed seas of North Eurasia: examples from the contrasting Black and White Seas », Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology Volume 209, Issues 1-4, 6 juillet 2004, pages 19-36 [lire en ligne]. Voir aussi ici. Voir aussi E. Larchenkov, S. Kadurin, « Geological evidence for non-catastrophic sea level rise in the nortwestern Black Sea over the past 25 ky » résumé de communication, International Geological Congress Oslo 2008 [lire en ligne]
  6. Hors Série Capital mai/juin 2007, La fabuleuse histoire de l'économie, page 21
  7. V.M. Sorokin and P.N. Kuprin, « On the character of Black Sea level rise during the Holocene », Moscow University Geology Bulletin, 52,5, octobre 2007, p. 334-341. [lire en ligne] et P.A. Kaplin et A.O. Selivanov, « Lateglacial and Holocene sea level changes in semi-enclosed seas of North Eurasia: examples from the contrasting Black and White Seas », Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology Volume 209, Issues 1-4, 6 juillet 2004, pages 19-36 [lire en ligne]. Voir aussi ici. Voir aussi E. Larchenkov, S. Kadurin, « Geological evidence for non-catastrophic sea level rise in the nortwestern Black Sea over the past 25 ky » résumé de communication, International Geological Congress Oslo 2008 [lire en ligne]
  8. Valentina Yanko-Hombach, Allan S. Gilbert, Nicolae Panin and Pavel M. Dolukhanov editors, The Black Sea Flood Question: Changes in Coastline, Climate, and Human Settlement, Springer, Netherlands, 2007 [lire en ligne]
  9. [Hotspot Ecosystem Research on the Margins of the European Seas]
  10. (Hotspot Ecosystem Research on the Margins of the European Seas lancé en janvier 2005, avec 45 partenaires de 15 pays coordonnés par le Southampton Oceanography Centre avec Ifremer et de l'Institut océanographique de Brêm, et 15 millions d’euros sur 4 ans)
  11. (ru) Zaika, V. E. & N.G. Sergeeva (2009) The vertical distribution of the deep-water ciliates in the Black Sea Marine Ecological Journal, 8, 1: 30 -34
  12. (ru) Zaika, V.E. & N. G. Sergeeva (2008) The boundary change of benthic settlement of polychaetes Protodrilus sp. and Vigtorniella zaikai in the Black Sea. Marine Ecological Journal 7 (2), 49-53
  13. N. G. Sergeeva, M. B. Gulin ; Meiobenthos from an active methane seepage area in the NW Black Sea, 7 FEB 2007, consulté 2010 08 18
  14. (en) Amphipod Fauna of the Turkish Central Black Sea Region[PDF] (Murat SEZGÜN)
  15. Sergeeva N.G. & Anikeeva O.V. 2008. Goodayia rostellatum gen.n., sp.n. (PROTOZOA) – a monothalamous foraminiferan from the Black Sea. Vestnik zoologii , 42(5): 467-471.
  16. Caspers, H. La macrofauna benthique du Bosphore et les problèmes de d'infiltration des éléments Méditerranéens dans la mer Noire. Rapp. Comm. int: Mer Médit., 19 (2): 107-115. 1968

  Bibliographie

  Voir aussi

  Articles connexes

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