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Dictionnaire de la langue française
Principales Références
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1.surface interne de l'œil qui reçoit les rayons lumineux.
1.surface interne de l'œil qui reçoit les rayons lumineux.
1.(Cismef)La plus interne des trois membranes de l'oeil, située entre la choroïde et le corps vitré. Le pôle postérieur de la rétine est constitué par la macula lutea ou tache jaune, portion la plus sensible, dont le centre présente une dépression, la fovea centralis. La rétine est une membrane transparente, de 0,2 mm d'épaisseur, constituée de cellules nerveuses et névrogliques. Elle comprend dix couches qui sont, de l'intérieur vers l'extérieur : la membrane limitante interne, la couche des fibres du nerf optique, la couche des cellules ganglionnaires, la couche moléculaire ou plexiforme interne, la couche granuleuse interne, la plexiforme externe, la couche granuleuse externe (ou des cellules visuelles), la membrane limitante externe, la couche des cônes et des bâtonnets (ou membrane de Jacob), et la couche pigmentaire. Ces diverses couches sont reliées par des fibres conjonctives, les fibres de Müller, dont les extrémités forment les membranes limitantes.
↘ rétinien
Antigène S de la rétine • Artère centrale de la rétine • Barrière sang-rétine • Bâtonnets (rétine) • Bâtonnets de la rétine • Cancer de la rétine • Cônes (rétine) • Cônes de la rétine • Drusen de la rétine • Druses de la rétine • Dysplasie de la rétine • Déchirures de la rétine • Décollement de la rétine • Dégénérescence de la rétine • Gliome de la rétine • Hémorragie de la rétine • Maladies de la rétine • Nécrose aiguë de la rétine • Nécrose aigüe de la rétine • Oedème de la rétine • Perforations de la rétine • Stries angioïdes de la rétine • Tumeurs de la rétine • Vascularite de la rétine • Veine centrale de la rétine • décollement de la rétine SAI • décollement de la rétine avec déchirure rétinienne • décollement de la rétine rhegmatogène • décollement de la rétine sans anomalie rétinienne • décollement de rétine • inflammation de la rétine • pseudokyste de la rétine • trou rond de la rétine, sans décollement • veine centrale de la rétine
Artère centrale de la rétine • Décollement de rétine • Occlusion de l'artère centrale de la rétine • Occlusion de la veine centrale de la rétine
Face, Face (région du corps), Région faciale, Visage - Organes des sens - Techniques diagnostic ophtalmologie - Électrodiagnostic - Maladies de la rétine, Maladies rétiniennes, Rétinopathies[Hyper.]
Oeil, Yeux[Hyper.]
Électrorétinographie - Stries angioïdes de la rétine[Analogie]
Rétine (n.)
[Cismef]
membrane[ClasseHyper.]
œil (et yeux)[ClasseHyper.]
rond ou arrondi[Caract.]
œil et zone oculaire[DomainDescrip.]
anatomy (en)[Domaine]
Tissue (en)[Domaine]
partie de l'œil[DomaineDescription]
tête des insectes[DomainDescrip.]
Organ (en)[Domaine]
symbole chrétien[Symbolise]
symbole des francs-maçons[Symbolise]
tissu animal - tissu, tissu cellulaire, tissu organique - organe récepteur[Hyper.]
membrane-forming, membranous (en) - retinal, retinene (en) - observer - oculiste, ophtalmologiste, optométriste - oculaire, optique[Dérivé]
'''rétine''', rétine[Rel.]
système visuel - face[Desc]
expression familière[Domaine]
rétine (n. f.)
globe oculaire[DomainDescrip.]
anatomy (en)[Domaine]
BodyCovering (en)[Domaine]
cellule non reproductrice, cellule somatique, soma - membrane[Hyper.]
rétinien[Dérivé]
'''rétine''', rétine - calot, oeil, œil[Desc]
anatomy (en)[Domaine]
Cell (en)[Domaine]
cellule visuelle[Hyper.]
'''rétine''', rétine[Desc]
rétine (n. f.)
Terme d'anatomie. La plus intérieure des tuniques de l'oeil, membrane de substance nerveuse, qui embrasse le corps vitre et se trouve placée entre lui et la choroïde ; c'est à elle que l'oeil doit la faculté de recueillir les images, et d'en transmettre la perception au centre commun, par l'intermédiaire du nerf optique.
• Les tableaux que la lumière trace sur la rétine (VOLT. Dial. 25)
• Ces rayons [de lumière], avant de parvenir à la rétine, souffrent trois réfractions, la première en passant de l'air dans l'humeur aqueuse, la seconde en passant de l'humeur aqueuse dans le cristallin, et la troisième en passant du cristallin dans l'humeur vitrée (BRISSON Traité de phys. t. II, p. 424)
HISTORIQUE
XIVe s.— De la substance nerveuse du nerf obtique est engendrée la retine, laquelle est plus soutille que nulle des autres [tuniques], et avironne sans moien les humours (H. DE MONDEVILLE f° 17)— La rectine (LANFRANC f° 73)
ÉTYMOLOGIE
Prov. rethina ; espagn. et ital. retina ; du lat. rete, filet (voy. RETS).
La rétine est l'organe sensible de la vision. D'origine diencéphalique, elle est une mince membrane pluri-stratifiée d'environ 0,5 mm d'épaisseur couvrant environ 75 % de la face interne du globe oculaire et intercalée entre l'humeur vitrée et l'épithélium pigmentaire sous-choroïdal. Sa partie sensible à la lumière se compose de photorécepteurs: environ 5 millions de cônes (vision diurne et colorée) et ~120 millions de bâtonnets (vision crépusculaire et nocturne en noir et blanc), qui captent les signaux lumineux (photons) et les transforment en signaux électro-chimiques. Elle se compose aussi de neurones qui à leur tour intègrent ces signaux chimiques (neurotransmetteurs) en signaux électriques à l'origine de potentiels d'action mais aussi de cellules gliales. Ces potentiels d'action générés par les cellules ganglionnaires seront acheminés par les nerfs optiques vers l'encéphale par les corps géniculés latéraux (relais thalamiques qui se projettent par les radiations optiques vers la scissure calcarine du lobe occipital, hypothalamus, colliculi supérieurs, noyaux du tractus optique accessoire). La rétine est vascularisée par l'artère et la veine dites centrales de la rétine.
Sommaire |
La physiologie de la rétine montre une grande diversité dans le règne animal qui s'explique par les différentes fonctions que cet organe doit accomplir. Mais on sait aussi depuis Cajal[1] qu'elle suit une organisation similaire[2]. Nous la décrirons ici pour les primates (humains et non-humains).
La rétine est constituée par un empilement de couches, dans le sens radial (de la surface de la rétine jusqu’au fond de l’œil) :
La rétine présente d’autre part, schématiquement, une double organisation architecturale : radiaire et tangentielle.
En fonction de l'intensité lumineuse, trois réseaux partiellement différents seront recrutés pour assurer la transduction des photons de lumière au niveau des photorécepteurs, et l’émission de potentiels d’action par les cellules ganglionnaires.
| Système Rétino-tectal (relais: colliculus supérieur sans projection sur le cortex) |
Système Géniculo-strié (relais: corps genouillé latéral avec projection sur le cortex visuel primaire (cortex strié et V1)) |
| Rétine Périphérique | Rétine Centrale |
|---|---|
| Présence de bâtonnets | Présence de cônes |
| Relations convergentes | Relations unitaires |
| Cellules ganglionnaires de type M (Magnocellulaire : de grande taille, grand champ récepteur, adaptation phasique) | Cellules ganglionnaires de type P ( Parvocellulaire : de petite taille, petit champ récepteur, adaptation tonique). |
| Forte sensibilité | Faible sensibilité |
| Faible pouvoir de discrimination | Forte acuité |
| Traite les informations relatives au mouvement | Traite les informations relatives à la forme et couleur |
| Rôle : Détection de l’information | Rôle : Reconnaissance de l’information |
Il existe deux types de photorécepteurs qui transforment (ou transduisent), le signal lumineux (photons) en signaux électrique (potentiels récepteurs) puis chimique (via le neurotransmetteur, glutamate) :
Histologiquement, les photorécepteurs se présentent avec un péricaryon autour du noyau cellulaire dont le pôle supérieur est surmonté successivement par un segment interne renfermant principalement ergastoplasme et mitochondries, puis un segment externe lequel est constitué d'un empilement de citernes (ou disques) membranaires élaborées dans le segment interne pour les bâtonnets, et de replis membranaires de surface décroissante pour les cônes. Ces citernes et replis membranaires renferment les pigments visuels.
Au pôle inférieur du péricaryon des cônes, des évaginations cytoplasmiques, ou pédicule, définissent des terminaisons synaptiques avec les cellules horizontales et les cellules bipolaires[6]. Ces synapses revêtent un aspect particulier et sont dites en ruban ("ribbon synapses"). Elles se composent d'invaginations du pédicule où se logent dendrites de deux cellules horizontales et de deux à cinq cellules bipolaires. En regard, au sein du compartiment intracellulaire, se trouve un densité présynaptique autour de laquelle s'accumulent des vésicules emplies de glutamate.Le ruban synaptique est une structure spécialisée qui joue un rôle important pour guider vers les zones d'exocytose les vésicules de glutamate.
La terminaison axonale des bâtonnets, de forme sphérique, est connue sous le nom de sphérule. C'est l'équivalent du pédicule du cône mais en plus petit (3-5 μm de diamètre contre 8-10 μm). La sphérule comporte aussi des rubans synaptiques dirigés vers les invaginations contenant des dendrites de cellules horizontales et de cellules bipolaires.
Dans le pédicule du cône, une trentaine de rubans sont associés à des invaginations contenant des éléments postsynaptiques[7]; dans la sphérule d'un bâtonnet, deux rubans sont associés avec quatre invaginations et leurs contenus. Un pédicule de cône peut avoir plusieurs centaines de contacts synaptiques.
Chaque photorécepteur synthétise dans son segment interne au-dessus du péricaryon, et stocke dans la membrane plasmique de son segment externe des pigments composés d'une protéine porteuse qui détermine la sensibilité spectrale, et qui est couplée à une molécule chromophore qui capte les photons.
Dans le cas des bâtonnets, le pigment correspond à la rhodopsine constituée par une protéine: l'opsine, et le chromophore : 11-cis rétinal, aldéhyde de la vitamine A de sensibilité maximale correspondant à un rayonnement d'environ 510 nm (de couleur vert).
Pour les cônes, les pigments sont le : cyanolabe (S), chlorolabe (M), et érythrolabe (L), respectivement sensibles à la lumière de longueur d'onde maximale : 420 nm (bleu), 530nm (vert) et 560 nm (rouge). Chez l'être humain il y a environ 5 à 7 millions de cônes, et 120 millions de bâtonnets.
Des recherches actuelles[8],[9] tendent à prouver que chez un certain pourcentage d'hommes (10%) et de femmes (50%), il existerait un quatrième type de cônes sensibles aux oranges.
Cônes (C) et bâtonnets (B)s'opposent quant à la propriétés de leur pigments visuels: sensibilité forte (B) et faible (C), acuité forte (C) et faible (B), et adaptation forte (B) et faible (C).
| Propriétés des pigments visuels | ||
| Cônes | Bâtonnets | |
| sensibilité | faible | forte |
| acuité | forte | faible |
| adaptation | faible | forte |
L'absorption d'un photon par le chromophore entraîne des modifications électro-chimiques transitoires des photorécepteurs qui affectent sa polarité, et la libération de Glu à son pôle basal.
Mécanismes biochimiques (exemple des bâtonnets):
Au repos (dans l'obscurité), les bâtonnets apparaissent spontanément dépolarisés (-40 mV) en raison de l'existence d'un flux rentrant de cations (sodium et calcium, et dans une moindre mesure (5%) de magnésium et potassium). Ce flux est lié à l'ouverture de conductances transmembranaires sous l'action du GMPc (guanosine monophosphate cyclique) synthétisé à partir de l'action de la guanylate-cyclase sur le GTP (guanosine triphosphate). Le flux de potassium active un canal antiport : le potassium entrant est excrété en même temps que du sodium est pompé dans le milieu extracellulaire ce qui contribue à accroître le flux entrant global de cet ion.
L'illumination de la rétine provoque la capture de photon par la rhodopsine. Il s'ensuit une modification géométrique du chromophore (photo-isomérisation) qui passe du 11-cis rétinal en 11-trans-rétinal. Ce phénomène se produit au sein de la membrane des citernes des segments externes.
Cette photo-isomérisation conduit à l'activation d'une protéine également membranaire: la transducine dont une sous-unité alpha se détache et se recombine transitoirement à une molécule de GTP, et à une enzyme jusqu'alors inactive: la phosphodiestérase. Le complexe résultant concourt à activer la phosphodiestérase laquelle, à son tour, hydrolyse et donc inactive le GMPc en GMP. Or, le GMpc est responsable de l'ouverture des canaux cationiques à l'origine de la dépolarisation. Donc, la diminution de la concentration de GMPc entraîne une fermeture de ces canaux. La diminution du flux entrant de sodium repolarise alors la membrane.
Cette repolarisation qui se propage du segment externe à l'ensemble du photorécepteur se traduit au niveau des terminaisons synaptiques par une réduction de la libération de glutamate dans la fente synaptique.
L'ensemble de ce mécanisme électro-chimique subit une amplification qui permet notamment de contre-balancer le bruit thermique (thermoisomérisation): 1 photon active 100 transducines qui activent 1000 phosphodiestérases.
Le champ récepteur d'un neurone sensoriel désigne l'ensemble des récepteurs en relation avec le neurone sensoriel. Il est constitué de deux parties : centre et périphérie, antagonistes l’une de l’autre (centre excitateur, périphérie inhibitrice). Il améliore le contraste et donc la précision de l’information.
L'activation d'une cellule ganglionnaire dépend de l'illumination d'une région circulaire de la rétine et son inhibition d'une région annulaire circonscrivant la précédente région. Ces deux régions concentriques déterminent le champ récepteur à centre ON (activateur) et à périphérie OFF (inhibitrice).
La configuration inverse comportant un centre OFF et une périphérie ON existe également. Dans le premier cas, l'illumination du pourtour OFF conduit à l'inhibition du récepteur, et celle simultanée des centres ON et pourtour OFF conduit à une activation décroissante en fonction de l'étendue de l'illumination du pourtour. En conséquence, l'activité électrique finale des cellules ganglionnaires traduit le contraste lumineux, estimé grâce à l'antagonisme centre/périphérie de leurs champs récepteurs.
Le centre ON se compose des circuits radiaires incluant successivement : photorécepteurs, cellules bipolaires (et amacrines AII pour les bâtonnets) et cellules ganglionnaires (fig. 5). La périphérie OFF dépend de la présence des cellules horizontales connectées aux photorécepteurs situées dans cette zone. En effet, l'illumination des photorécepteurs de la zone OFF entraîne l'activation des cellules horizontales sous-jacentes, couplées entre elles par des jonctions communicantes. Ces cellules horizontales s'hyperpolarisent et libèrent alors un neurotransmetteur : le GABA, qui inhibe les photorécepteurs de la zone ON. Les cellules horizontales sont ainsi responsables d'une inhibition latérale dont l'extension spatiale dépend du couplage des cellules horizontales entre elles par des jonctions communicantes qui propagent l'hyperpolarisation. Les cellules plexiformes contrôlent cette extension spatiale en découplant les cellules horizontales. Les cellules horizontales H1 pourvues d'un très long axone se connectent aux bâtonnets, et aux cônes L et M, alors que les cellules horizontales H2 dépourvues d'un tel axone se connectent aux cônes majoritairement de type S.
Chez les primates, trois voies principales conduisent en parallèle l'information visuelle vers les structures centrales :
Les cellules ganglionnaires naines ("midget") à centre ON (ou respectivement OFF) reçoivent l'information visuelle des cellules bipolaires ON (resp. OFF), elles mêmes connectées aux cônes R et V (fig. 11) de la fovéa. Ces cellules ganglionnaires possèdent de longs et fins axones qui aboutissent sur les 4 couches parvocellulaires dorsales du corps géniculé latéral. Cette voie est responsable de la haute résolution du système visuel, en raison de la densité élevée des cônes R et V dans la fovéa[10] . Elles contribuent aussi à la perception du rouge et du vert. Un grand nombre d'entre-elles sont des « cellules à opposition simple de couleur », c'est-à-dire, par exemple, pour une cellule ganglionnaire à centre rouge ON, les cônes R occupent le centre du champ récepteur et les cônes V la périphérie (et mutatis mutandis pour ON/OFF, Rouge/Vert). Elles donnent une réponse soutenue (tonique) à la lumière
Les cellules ganglionnaires de grande taille, dites "en parasol", reçoivent l'information des multiples cellules bipolaires ON ou OFF, elles mêmes connectées à une collection aléatoire de cônes B, V, R, sans sensibilité à une longueur d'onde spécifique et donc non sensibles à la couleur. Ces cellules ganglionnaires en parasol se projettent sur les deux couches magnocellulaires du corps genouillé latéral. La voie magnocellulaire est responsable de l'analyse de contraste de luminance. Ces cellules parasol donnent une réponse transitoire (phasique) à la lumière.
Les cellules ganglionnaires bistratifiées ON reçoivent l'information des cellules S-bipolaires ON, elles mêmes connectées à plusieurs cônes S. Elles peuvent manifester une opposition de couleur bleu/jaune. Elles se projettent sur les couches interlaminaires du corps genouillé latéral. Cette voie koniocellulaire est activée par la lumière bleue et inhibée par le jaune, combinaison de rouge et vert. Leur résolution spatiale est assez mauvaise.
Il n'y a pas de cellules ganglionnaires spécifiquement dédiées à la vision nocturne. Les bâtonnets empruntent la voie des cellules ganglionnaires des cônes pour transmettent leur signal au système central[10]. Dans un environnement peu éclairé où les cônes ne sont pas recrutés, seuls l'activation des bâtonnets se transmet aux cellules bipolaires ON de bâtonnets. Des cellules amacrines AII recueillent ensuite le signal d'une vingtaine de cellules bipolaires et le transmette via des jonctions communicantes aux axones de cellules bipolaires ON de cônes. La projection sur le CGL se fait par les axones des cellules ganglionnaires aboutissant sur les couches parvocellulaires et/ou magnocellulaires du CGL.
On a vu que ce sont seulement les cellules ganglionnaires (CG) qui émettent les potentiels d'action (PA) qui seront transmis au reste du système nerveux central, ce qui montre que depuis les 108 photorécepteurs (PhR) via environ 109 cellules intermédiaires et jusqu'au nerf optique constituée par les axones du million de cellules ganglionnaires (soit une compression de l'ordre de 100 en nombre de cellules), la transformée rétinienne est une transformation d'une intensité lumineuse variant dans le temps à un signal spatiotemporel impulsionnel de potentiels d'actions [11]. On remarque aussi que le nombre relativement peu élevé de fibres en sortie montre que la taille du signal doit être comprimée pour qu'il soit transmis efficacement au reste du système nerveux central. Une méthode "utilisée" par la rétine est alors de transformer l'information visuelle en un signal multicanaux qui tend à séparer les sources qui ont produit la sensation lumineuse, réduisant ainsi la dimension du signal à transmettre. De nombreux scientifiques du champ des neurosciences computationnelles ont tenté de modéliser la rétine afin de créer des prothèses mais aussi pour mieux comprendre son fonctionnement. Parmi eux, on peut citer les travaux de David Marr sur la perception de la luminance dans la rétine des primates[12].
En particulier, Atick[13]a montré que la réponse des cellules ganglionnaires à différentes fréquences spatiales coïncidait avec une réduction des corrélations spatiales entre des locations voisines, montrant ainsi que des principes écologiques peuvent guider la compréhension des fonctions rétiniennes. Un aspect du codage rétinien est donc de souligner des parties non redondantes et qui sont donc relativement saillantes. Dans notre cadre, cette sensibilité va permettre de propager plus rapidement les parties de l'image les plus saillantes, conduisant de plus à une transformation temporelle de l'information spatiale.
De façon analogue, on observe que les cellules ganglionnaires transforment l'information lumineuse en signaux relativement indépendants. Ainsi l'information de couleur, la chrominance est séparée de l'information d'intensité lumineuse, conduisant à un "multiplexage" de l'information lumineuse. On observe ainsi que des cellules ganglionnaires morphologiquement et fonctionnellement différentes (cellules a, b et g) vont porter des canaux différents. Ce découplage sera aussi temporel puisque l'information d'intensité lumineuse est plus rapidement activée que la couleur, créant ainsi des voies à plusieurs latences pour l'information rétinienne.
Finalement, si on présente assez rapidement une image à un sujet pour éviter toute saccade oculaire, celle-ci va se projeter au fond de l'œil en une image distordue et inversée, activer les photo-récepteurs puis tout le réseau rétinien pour enfin être transformée en de multiples canaux par les cellules ganglionnaires. De manière synthétique, chacune de ces cellules peut alors être caractérisée par une sensibilité maximale à un canal particulier et par une réponse temporelle, mais les sensibilités peuvent se recouvrir avec celles d'autres CGs et sont interdépendantes (Salinas01). L'image que nous percevons est alors entièrement codée en un train d'impulsions en environ 20-40ms. Alors que la vague d'activité rejoint maintenant le nerf optique, le décodage de cette transformation dans le reste du système visuel semble alors tenir du miracle.
Parmi les nombreuses pathologies de la rétine, on peut citer les maladies génétiques suivantes :
L'achromatopsie et le daltonisme sont stables, alors que l'amaurose congénitale de Leber et les rétinites pigmentaires sont dégénératives. Des essais de thérapie génique ont donné des résultats positifs sur des animaux atteints de certaines formes d'achromatopsie et d'amaurose congénitale de Leber.
Citons également :
Toutes les traductions de Rétine