1.doctrine qui considère les valeurs morales et esthétiques comme non absolues, relatives aux circonstances socio-historiques.
2.(philosophie)doctrine philosophique pour laquelle la connaissance humaine est relative.
Programme empirique du relativisme • Relativisme (homonymie) • Relativisme culturel • Relativisme éthique
doctrine philosophique : selon l'époque[Classe...]
science philosophique[ClasseHyper.]
Descripteurs EUROVOC[Thème]
doctrine, école de pensée, philosophie, système philosophique - lettres[Hyper.]
relativity (en) - relativisme - philosopher - philosophe - philosophe - philosophe - philosophique[Dérivé]
doctrine philosophique moderne[Classe]
Proposition (en)[Domaine]
doctrine philosophique, théorie philosophique[Hyper.]
relativistic (en)[Dérivé]
philo, philosophie[Domaine]
relativisme (n. m.)
Le relativisme est un « mouvement de pensée qui traverse les siècles depuis l'Antiquité gréco-romaine »[1], pour désigner un ensemble de doctrines variées qui ont pour point commun de défendre la thèse selon laquelle le sens et la valeur des croyances et des comportements humains n’ont pas de références absolues qui seraient transcendantes. Le succès du relativisme culturel à partir de la seconde moitié du XXe siècle, et à visée politique dans les années 1980, en Occident, a assuré la primauté et même l’exclusivité à ce sens du mot. Les idéologues anti-relativisme ont, eux aussi, souvent usé du terme « relativisme » de façon laxiste parce qu'il se rattache à l’historicisme, un des traits « le plus accusé de notre temps »[2].
Représentant depuis l'Antiquité une philosophie parmi d'autres, il existe différentes variantes du relativisme notamment un relativisme cognitif épousant un point de vue selon lequel « la connaissance est le produit d'une construction qu'elle ne saurait pour cette raison être tenue pour objective, et un relativisme culturel affirmant que les normes et les valeurs sont propres à chaque « « culture » ou « sous-culture » et qu'elles ne peuvent par suite être considérées comme fondées objectivement »[3].
Cet article propose une synthèse retraçant l'histoire de ces relativismes, distinguant les différents relativismes, et de la validité de leurs thèses et celle des raisons d'être de leurs influences...
Sommaire |
« L'homme est la mesure de toute chose ». Ce sont avec ces mots, attribués au sophiste Protagoras (que Platon réfute dans le Théétète), qu'est formulée la première philosophie relativiste.
Le gnostique Carpocrate et ses adeptes soutiennent par exemple que Bouddha, Moïse, Mani et Jésus avaient la même valeur sur le plan humain[4].
Un des arguments du relativisme est que nos propres biais cognitifs nous empêchent d’être objectifs, nos propres sens s’interposent entre nous et l’observé. De plus un biais de notation, à travers le langage utilisé, s’applique à ce que nous avons appris. Enfin, il nous reste un biais culturel partagé avec les autres observateurs de la même culture mais qui peut différer selon les cultures et nous ne pouvons pas espérer lui échapper complètement.
Les sceptiques affirment par contre que les certitudes subjectives et les objets concrets font partie de notre vie quotidienne et qu’il n’y a donc pas grande valeur à vouloir écarter des concepts comme l’objectivité et la vérité. Les objectivistes considèrent qu’il n’y a aucun moyen de prouver l’introduction de biais par nos sensations ; une telle preuve ne serait pas valide car les connaissances nécessaires à cette preuve ont été acquises via nos perceptions et dans un tel système philosophique les perceptions sont considérées valides axiomatiquement.
Le relativisme épistémologique, avant d’être revendiqué, a été une accusation, formulée en particulier contre Thomas Samuel Kuhn (défi relevé par Paul Feyerabend).
George Lakoff définit le relativisme dans son livre Metaphors We Live By (Les Métaphores dans la vie quotidienne, traduction française publiée aux Éditions de Minuit), comme un rejet du subjectivisme et de l’objectivisme pour se concentrer sur les relations entre elles, c’est-à-dire comment nous mettons en relation notre expérience courante avec la précédente. Cette attitude le rapproche de l’anti-réalisme de Pierre Duhem et de Henri Poincaré (cités par Alan Chalmers dans What is this thing called Science?) : la valeur d’une théorie scientifique est comparable à celle du catalogue d’une bibliothèque, c’est son utilité, et non pas le fait de savoir si elle est vraie ou fausse. Bruno Latour fait remarquer quant à lui, que le contraire du relativisme n’est pas l’universalisme, mais l’absolutisme.
Le concept de relativisme culturel a de l’importance pour les philosophes, psychologues, sociologues et anthropologues. Les philosophes explorent comment la vérité de nos croyances dépendent ou non de, par exemple, notre langage, notre vision du monde, notre culture... ; le relativisme éthique en fournissant un exemple. De leur côté, les anthropologues essaient de décrire le comportement humain. Pour eux le relativisme se réfère à une méthodologie avec laquelle le chercheur tente de suspendre (ou de mettre entre parenthèses) son propre biais culturel pour comprendre les croyances et comportements dans leurs contextes locaux.
Le relativisme moral (ou éthique) est la position de pensée qui consiste à dire qu'il n'est pas possible d'ordonner les valeurs morales par l'utilisation de critères de classement.
Des penseurs idéalistes, comme Kant, chercheront à démontrer l'unicité de "la Morale" en laïcisant la morale chrétienne qui se veut unique et universelle.
Des penseurs naturalistes, comme Spinoza ou Nietzsche, conserveront la pluralité des morales humaines tout en tachant de trouver des critères permettant d'évaluer une valeur ("Quelle est la valeur d'une valeur morale ?") La favorisation ou la nuisance à la vie, est le critère le plus souvent rencontré chez les penseurs matérialistes.
Les détracteurs du relativisme, comme Alan Sokal, ont fait remarquer que l'affirmation selon laquelle « il n'existe aucune vérité absolue » est trivialement autocontradictoire. En effet, si la proposition est admise comme vraie, alors elle doit s'appliquer à elle-même, et est en conséquence fausse.
L'énoncé simplificateur « Tout est relatif » pourrait être soumis à cette démonstration. En fait, cet énoncé n'est jamais employé par les relativistes, sauf par boutade. Il faut d'ailleurs signaler que cet énoncé est également employé, de manière encore plus erronée, à propos de la théorie de la relativité. En fait, la relativité au sens d'Albert Einstein est construite au contraire sur l'existence d'invariants constatés comme la vitesse de la lumière.
Parmi les opposants revendiqués au relativisme, le pape Benoît XVI a dénoncé dans un discours prononcé le 18 avril 2005, la veille de son élection « une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs. »[5]
Richard Dawkins critique de façon virulente le relativisme culturel : « Montrez-moi un relativiste culturel dans un avion à 10 000 mètres et je vous montrerai un hypocrite. Les avions sont construits selon des principes scientifiques et ils fonctionnent (...). Des avions construits sur des spécifications mythologiques et tribales comme celles du culte du cargo (...) ne le font pas[6] »
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