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définition - Sōka_Gakkai

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Sōka Gakkai

                   

Sōka Gakkai

Logo de l’association
 
Cadre
Forme juridique O.N.G.
Sōka Gakkai Internationale
Association à but non lucratif
A.C.S.B.N.
But Promotion du Bouddhisme de Nichiren
Zone d’influence 192 pays
Fondation
Fondation Drapeau du Japon Japon, 1930
Fondateur Tsunesaburō Makiguchi
Identité
Siège Sōka Gakkai Internationale
Drapeau du Japon Japon, Tōkyō - Shinjuku
Structure Drapeau de France France - Consistoire Sōka composé de :
- A.C.S.B.N.
- A.C.S.F.
- A.C.E.P.
Personnages clés Tsunesaburō Makiguchi
Jōsei Toda
Daisaku Ikeda
Président Daisaku Ikeda
Financement Dons
Membres 12 millions de fidèles
Site web A.C.S.B.N.
(en) S.G.I.

La Sōka Gakkai (創価学会?, littéralement « société pour la création de valeurs ») est une secte créée en 1930 au Japon issue du Bouddhisme de Nichiren et en particulier de la Nichiren Shōshū, à laquelle Sōka Gakkai était liée jusqu'à la rupture en 1991. L'organisation s'étend à 192 pays et revendique près de 12 millions de fidèles.

Son activité religieuse comporte notamment la pratique du gongyo matin et soir (récitation d'extraits du Sûtra du Lotus et de Nam Myoho Renge Kyo), l'étude de lettres et traités de Nichiren et d'encouragements de Daisaku Ikeda ou autres responsables, et de la foi en cette religion, dans le cadre ou non de réunions de discussion (zadankai).

Sommaire

  Historique

  Tsunesaburō Makiguchi
  Daisaku Ikeda en 1961

Le mouvement est fondé en 1930 sous le nom de Sōka Kyōiku Gakkai (創価教育学会?) par Tsunesaburō Makiguchi (牧口 常三郎?), éducateur et directeur d’école primaire. Littéralement cette dénomination signifie « société pour une éducation créatrice de valeurs ».

Inspiré par plusieurs auteurs occidentaux, Tsunesaburō Makiguchi cherche à développer une méthode pédagogique originale basée sur l’individu et son rapport à l’environnement. Converti au bouddhisme de Nichiren transmis par la Nichiren Shoshu de l'époque, il rapproche ses théories pédagogiques des enseignements de Nichiren.

Persécutés pendant la seconde guerre mondiale par le gouvernement Japonais, Tsunesaburō Makiguchi et Jōsei Toda (戸田 城聖?), son disciple, sont arrêtés en 1943 pour crime de lèse-majesté (pour refus de se plier au shintoïsme devenu religion d’état obligatoire). La Sōka Kyōiku Gakkai est déclarée hors la loi et dissoute. Ses principaux responsables sont également incarcérés. Le temple principal de la Nichiren Shōshū est réquisitionné et transformé en garnison. En 1944, à l’âge de 74 ans, Makiguchi meurt pendant son incarcération.

Après la capitulation du Japon, les prisonniers politiques sont libérés et Jōsei Toda est le dernier membre encore incarcéré, refusant toujours de se plier au shintoïsme. Malgré un état de santé difficile, il engage une action de prosélytisme intense en faveur de l'enseignement de Nichiren et de la Nichiren Shōshū. Dans un pays ravagé et appauvrit par la guerre, Jōsei Toda établit une nouvelle organisation, la Sōka Gakkai, littéralement société pour la création des valeurs.

Entre 1946 et 1958, la Sōka Gakkai a converti 700 000 foyers et gagné en influence au sein de la société japonaise. Elle est devenue un mouvement religieux laïc[1]. Lorsque Toda meurt le 2 avril 1958, à l’âge de 58 ans, la Nichiren Shoshu est l’une des premières confessions bouddhistes du Japon.

À partir de 1960, c’est Daisaku Ikeda (池田 大作?), proche disciple de Jōsei Toda, qui devient président de la Sōka Gakkai. Il lance une campagne internationale pour faire connaître le mouvement et ses idéaux hors des frontières du Japon. En 1975, il fonde la Sōka Gakkai internationale qui a pour mission de superviser les activités de toutes les organisations locales qui ont été créées dans de nombreux pays occidentaux. Il fonde également plusieurs institutions à vocation artistique et culturelle, ainsi que des universités et écoles Sōka. En 1983, l’ONU lui décerne la médaille de la paix[réf. souhaitée]. En 1979, Daisaku Ikeda démissionne de son poste de président de la Sōka Gakkai mais reste président de la SGI. Hiroshi Hojo devient le 4e président de la Sōka Gakkai (au Japon) jusqu'en 1981. Einosuke Akiya devient alors le 5e président. En 2006, Minoru Harada lui succède et devient le 6e président de la Sōka Gakkai.

Avec le développement international, puis son admission au sein des Nations Unies comme ONG, en 1981, la Sōka Gakkai place la Nichiren Shōshū parmi les principaux mouvements bouddhistes du monde. En 1991, après plusieurs différends notables au cours des quinze années précédentes, la Nichiren Shōshū et son grand patriarche, Nikken Abe, décident d’expulser l’ensemble des membres et des croyants de la Sōka Gakkai. Cette dernière se retrouve dès lors indépendante de toute organisation monastique. La majorité des croyants ayant suivi le mouvement laïc, la Nichiren Shōshū se retrouve isolée, au Japon et sur le plan international.

Aujourd’hui, la Sōka Gakkai internationale revendique douze millions d'adeptes dans plus de 190 pays. Dans nombre d'entre eux, elle est considérée comme un mouvement religieux parmi d'autres et s’implique dans de nombreuses initiatives culturelles, artistiques et patrimoniales. Elle organise des actions humanitaires et entretient des échanges avec des institutions académiques, universitaires et gouvernementales.

  Croyances et pratiques

La Sōka Gakkai (et ses membres) fondent leur action et leur pratique religieuse sur les enseignements du moine Nichiren (1222-1282). Moine bouddhiste de l'école Tendai, Nichiren a proposé une approche simplifiée de la pratique bouddhique. Elle s'appuie sur une liturgie comprenant une pratique rituelle bi-quotidienne, appelée gongyo, composée de la récitation des chapitres II et XVI du sutra du Lotus et de la récitation, d'une durée libre, d'un mantra tiré du titre Japonais du Sutra du Lotus (nam-myoho-renge-kyo, ou Daimoku), de l'étude des enseignements bouddhiques (Sutras et commentaires) selon la classification chinoise de Tendai, et de la profession de foi par le principe de la conversion antagoniste (en japonais: Shakubuku).

Aujourd'hui, la pratique religieuse au sein de la Sōka Gakkai est, sur le fond, la même que celle instituée par la Nichiren Shōshū, créée en 1912, elle-même issue d’une mouvance plus large connue sous le nom d’« Ecole Fuji », crée par Nikko Shonin(1246-1333), fidèle disciple de l’enseignement de Nichiren. Pour ce qui est des formalités, elle se veut adaptée à la vie quotidienne des laïcs, notamment en ce qui concerne le lieu de culte, l'ordre de récitation de la liturgie et le type de mandala conféré aux croyants. Depuis 1991, le schisme entre la Sōka Gakkai et son école bouddhique de référence, la Nichiren Shōshū, a supprimé le rôle de l'ordre monastique dans la pratique et les formalités religieuses. La croyance est cependant restée la même en s'articulant sur le Gohonzon, le Daimoku (Titre-mantra du Sûtra du Lotus) et le Gosho (recueil des enseignements de Nichiren).

L'apport de la Sōka Gakkai dans la pratique et la croyance dans les enseignements de Nichiren porte essentiellement sur la diffusion laïque des principes du bouddhisme de Nichiren auprès de toutes les couches de la population japonaise, et étrangère dans une seconde étape. Héritant de la vocation pédagogique de ses fondateurs, la Sōka Gakkai propose une lecture contemporaine et actualisée d'un bouddhisme populaire mais très empreint des valeurs japonaises traditionnelles. Cette lecture introduit des concepts tels que la révolution humaine, et une pratique religieuse qui se fonde sur la vie quotidienne. Enfin, la Sōka Gakkai a élargi le champ de son action à des activités humanitaires et associatives dans la société civile à l'instar des grandes organisations laïques apparentées aux principales confessions du monde contemporain[réf. nécessaire].

La Soka Gakkai a un département d'étude et dans tous les pays membres tous les ans des examens sont organisés afin que chaque croyant puisse approfondir sa compréhension de l'histoire et des principes du Bouddhisme de Nichiren Daishonin.

  Structures et fonctionnements

  La Sōka Gakkai Internationale

La Sōka Gakkai Internationale fédère l'ensemble des organisations locales au sein d'une ONG ayant un statut consultatif auprès du Conseil économique et social et du Département de l'information publique des Nations unies. Au travers de plusieurs associations culturelles et pédagogiques (Ecoles et Universités Sōka, concerts Min-on, musées Fuji, institut de philosophie orientale, etc.), elle entretient des échanges culturels avec des institutions universitaires. Elle participe également aux actions humanitaires internationales menées par les institutions de l'ONU.

  Au Japon

Au Japon, la Sōka Gakkai dispose d'un poids financier important, d'un groupe de pression et d'édition comprenant le Seikyo Shinbun (3e quotidien national japonais), et elle est à l'origine d'une formation politique présente dans les deux chambres de l'appareil législatif Japonais. Ce parti, le Nouveau Kômeitô, est composé de membres de la Sōka Gakkai et représente la troisième force politique du Japon. Daisaku Ikeda et le Komeito ont joué un rôle important dans le rétablissement des relations diplomatiques entre le Japon et la Chine en 1972. Le Komeito s'oppose, entre autres, à la révision de la Constitution en vue de l'établissement du droit d'autodéfense collective - c'est-à-dire le rétablissement d'une armée japonaise. Les élections de juillet 2007 à la Chambre des Conseillers, ont divisé la Diète, avec d’un côté la coalition au pouvoir de centre droit Parti Libéral Démocrate-Nouveau Komeito qui contrôlait plus des deux tiers des sièges à la Chambre des Représentants et de l’autre l’opposition qui détient la majorité à la Chambre des Conseillers[2]. Depuis le 1er septembre 2009, la victoire du DPJ (Democratic Party of Japan) aux élections législatives a vu s'opérer un renversement historique du gouvernement en faveur de l'opposition qui détient désormais la majorité dans les deux chambres. Le Nouveau Komeito a perdu un tiers des sièges qu'il détenait et ne fait plus partie de la coalition au pouvoir.

  En France

En France, la Sōka Gakkai est constituée selon le modèle associatif en vigueur pour les associations religieuses. Le mouvement est, depuis 2007, organisé en trois associations spécialisées : l'A.C.S.B.N (Association Cultuelle Soka du Bouddhisme de Nichiren), l'A.C.S.F (Association Culturelle Soka de France) et l'A.C.E.P (Association de Commerce, d'Edition et de Prestation)[3]. Il sépare ainsi formellement ses activités cultuelles de ses activités commerciales. Cette distinction repose essentiellement sur la nécessité d'être reconnue comme association cultuelle à part entière.

Concrètement, les trois associations sont placées sous la tutelle d'une autorité morale, le Consistoire Soka du Bouddhisme Nichiren. Cette entité assure la représentation nationale des intérêts du culte du bouddhisme de Nichiren. Les trois associations sont dirigées essentiellement par des dirigeants français, d'origine française pour la plupart. Cette nouveauté a pour objectif de contrer les accusations qui désignaient la Sōka Gakkai comme une émanation locale d'un culte strictement japonais.

Sur le terrain, l'organisation est déployée sur l'ensemble de la France à peu près de la même manière depuis les origines du mouvement. Elle est constituée d'un réseau de réunions de discussions locales (zadankai) tenues par les fidèles, qui ont lieu chez les particuliers. Ces réunions, ouvertes à tous et libres d'accès, sont divisés selon une structure établie en régions, chapitres, et quartiers. Elles ont lieu une fois par mois et réunissent les fidèles, des amis ou de simples visiteurs autour d'une thématique d'étude ou d'un sujet d'ordre général. Les participants sont invités à relater leur expérience de la pratique quotidienne, qu'elle soit ou non liée au sujet.

Les réunions de discussion sont animées par une équipe d'encadrement qui a la charge de l'organisation et de l'entretien de ces réunions, qui sont géographiquement divisées selon une structure bien précise : les quartiers, puis les districts, de trois à cinq réunions, eux-mêmes regroupés en chapitres, puis en centres régionaux, puis en régions. L'ensemble du dispositif est centralisé dans la région parisienne. À chaque échelon, une nouvelle équipe supervise l'échelon inférieur. Ces équipes sont constituées de responsables, cooptés et nommés par les équipes des échelons supérieurs. L'ensemble du dispositif national est coordonné par le C.E.P. (Comité Exécutif Permanent).

Les fidèles n'ont pas de statut officiel, et ne participent donc pas à la gestion de l'organisation dans le sens juridique du terme. Leur lien avec l'organisation reste informel et ne repose que sur la réception de l'objet de culte (le Gohonzon) qui est octroyé après quelques semaines, voire quelques mois de présence régulière aux réunions de discussion. Le réseau tient essentiellement sur des contacts personnels et des rencontres d'encouragement qui viennent s'ajouter aux réunions mensuelles au cours desquelles les équipes locales rencontrent individuellement les fidèles. Il est demandé aux fidèles une pratique quotidienne, et sont encouragés en fonction de leur ancienneté, ou de leur implication, à inviter des nouveaux venus en réunion de discussion.

Ne disposant pas d'une structure associative de membres, l'organisation repose sur les dons libres pour constituer son budget de fonctionnement. Ces dons libres sont encouragés une fois par an et lors de la remise des Gohonzons. L'organisation propose à la vente des articles religieux et des publications. Le budget couvre l'entretien du patrimoine immobilier de l'organisation, les frais de fonctionnement et une vingtaine de salaires. Il couvre aussi certains événements annuels tels que conférences, etc. L'essentiel des activités (réunions, déplacements, festivités, encadrement, accueil, etc.) est donc assuré par des bénévoles non-rémunérés. Le principe de cooptation des responsabilités et des critères de sélection interne sont basés sur la « qualité spirituelle et l'expérience bouddhique », et une grande concertation entre les différents départements (homme, femme, jeunesse) pour toutes les décisions importantes. il existe en effet une forme de séquencage de cessions de pratiques (Jeunes femmes, Jeunes hommes, Femmes et Hommes).

Après trente ans de présence sur le territoire français, la Sōka Gakkai, rebaptisée ACSBN (Association Cultuelle Sōka du Bouddhisme de Nichiren) revendique entre 10 000 et 20 000 participants à ses réunions mensuelles[4].

  Aux États-Unis

En 2006, Henry Johnson, dit Hank, membre de la Soka Gakkai, est élu comme démocrate à la Chambre des Représentants du Congrès des États-Unis, représentant une circonscription de Géorgie, le premier élu bouddhiste de Nichiren au Congrès américain. Le Washington Post commente cette élection comme une expression de la nouvelle diversité religieuse[5].

  Controverses et polémiques

  Au Japon

Bien que les différents courants se réclamant de Nichiren soient anciens, aucun d'eux n'a connu de réel essor avant la fin de la deuxième guerre mondiale. Les organisations laïques bénéficièrent des dispositions législatives mise en place par l'administration américaine, et connurent alors un fort développement. La Sōka Gakkai fondée par Josei Toda, comme de nombreuses autres organisations laïques, a su tirer profit de ces dispositions qui ont mis un terme à la consubstantialité institutionnelle entre la tradition Shintoïste et l'autorité impériale.

La Sōka Gakkai dispose d'un puissant groupe d'édition qui lui permet d'entretenir une image publique positive et de mener plusieurs campagnes médiatiques au sein de la sphère publique japonaise. En 2000, la sociologue Florence Lacroix déclarait que « La Soka Gakkai, c'est (...) une fortune estimée entre 500 et 700 milliards de francs, ce qui en fait la secte la plus riche au monde. » Elle concluait en affirmant que « la Soka Gakkai, première secte au monde par sa logistique et le degré de sophistication de sa stratégie, me semble être le prototype des sectes à venir. ».

La Sōka Gakkai est, depuis sa création, au cœur de nombreuses controverses politiques et financières. Ces controverses sont évoquées par les principaux organes de presse et de télévision japonais. Certains observateurs reprochent à la Sōka Gakkai un manque total de transparence et, paradoxalement, un désintérêt pour les rouages de la communication institutionnelle dans un pays où la collusion entre pouvoir politique, pouvoir économique et médias est régulièrement citée comme un modèle du genre[6].

En 2009 Junya Yano membre de la SGI pendant plus de cinquante ans et ancien secrétaire général du New Komeito de 1986 à 1989 dépose plainte contre X auprès de la police et demande une protection policière. La procédure aboutira en 2009 par la reconnaissance une première fois en appel puis en cassation des arguments du plaignant[7]

  En France

En France, la Soka Gakkai a été l’objet de diverses controverses relayées dans les médias. Pour chaque point de controverse, les différents avis contradictoires sont ici présentés.

Controverse concernant la pratique religieuse

• En 1999, la récitation du mantra présentée dans un article du Dauphiné Libéré comme une obligation, a été décrite comme « dangereuse et objectivement déshonorante » pour la Sōka Gakkai par le Tribunal de Grande Instance d'Annecy, qui l'a donc déboutée sur le fond d'une plainte pour diffamation déposée en 1999[8]. Ce tribunal a même repris à son compte d'autres jugements du journaliste[réf. nécessaire] que l'organisation attaquait comme diffamatoires : outre les « effets aliénants » et « déséquilibre psychologique » générés par le mantra, « l'intolérance de la doctrine ajoutée aux sentiments de persécution » qui « envahit peu à peu les adeptes »[Note 1].

• Pour sa part, la Soka Gakkai indique clairement qu'il n'existe aucune obligation de durée dans la pratique religieuse, qui est laissée « à l’appréciation de chacun »[9]. De plus, la récitation d’un mantra (auquel peut s’assimiler le daimoku) est une pratique religieuse courante dans les traditions bouddhistes et hindouistes et reconnue pour ses vertus bénéfiques. Des pratiques analogues à la récitation de mantras se retrouvent dans de nombreuses religions, par exemple, la prière du cœur des Chrétiens orthodoxes[10].

Accusations de prosélytisme et d’intolérance

• Au niveau social et local, la profession de foi par la réfutation des autres doctrines religieuses (Jap. Shakubuku) est un trait de caractère qui fait peur à certains. La réfutation systématique et le prosélytisme militant des débuts du mouvement en France, son exclusivité doctrinale, entretiennent la méfiance et l'hostilité du public vis-à-vis de la Sōka Gakkai française et de son action. Dans le cadre des commissions d'enquête parlementaires sur les sectes en France, le rapport de la MILS en 1995 stipule que : « la Sōka Gakkai prétend enseigner (malgré le schisme de 1990 [en fait, 1991] avec Nichiren Shoshu) la doctrine de Nichiren, moine bouddhiste du XIIIe siècle qui professait une version nationaliste et intolérante du bouddhisme ».

• À l’inverse, un certain nombre de sociologues signalent la capacité d’ouverture et d'acculturation de la Soka Gakkai[11]. Ainsi, le caractère « nationaliste » et « intolérant » du bouddhisme de Nichiren est contesté par Raphaël Liogier, sociologue et directeur de l'Observatoire du religieux, qui l’impute à une erreur d’interprétation. Il écrit : « Il est remarquable (...) que la Soka Gakkai, qui est une organisation activement pacifiste et qui est devenu objectivement antinationaliste, est représentée dans notre pays comme une organisation "sectaire" nationaliste nippone. »[12] À l’origine de ce malentendu, la confusion de l’enseignement de Nichiren avec ses interprétations nationalistes par des courants politiques japonais dits « nichiréniens », au début du XXe siècle, comme le soulignent les sociologues Jacqueline Stone et Ruben Habito[13]. Pour ce qui est des accusations de prosélytisme, la Soka Gakkai indique que la transmission des enseignements bouddhiques fait partie intégrante de la pratique religieuse du Mahayana, tout en soulignant le respect de la liberté d’autrui qu’une telle action comporte[14]. Quant aux suspicions d’intolérance, la Soka Gakkai a, depuis plusieurs années, initié des rencontres et dialogues interreligieux, au niveau international[15]. En France, elle organise ce type de rencontres depuis 2002 et entretient un dialogue suivi et ouvert avec d'autres écoles bouddhiques[16].

Accusations de dérives sectaires

• La Soka Gakkai apparaît à plusieurs reprises dans les rapports de la MILS puis de la Miviludes dans le cadre de la commission d'enquête parlementaires sur les sectes en France Dans son rapport de 1999[17], la MILS indique : « la Sōka Gakkai est, par sa richesse, la troisième secte implantée en France : son patrimoine, acquis en partie grâce aux apports venant de l'organisation mère, représente 240 millions de francs [env. 36 millions d'euros], et son budget annuel atteint, certains exercices, une vingtaine de millions de francs [env. 3 millions d'euros] ». La Sōka Gakkai est également désignée comme secte par l'UNADFI[17],[18],[19],[20]. La suspicion qui entoure l'organisation conduit des associations anti-sectes comme l'UNADFI à déclarer : « La paix dans le monde est l’un des thèmes de base de la campagne de communication mise en place par la Sōka Gakkai dans le cadre de sa stratégie d’expansion mondiale. Afin de cultiver cette image, elle s’appuie sur l’ONU dont elle est une ONG, comme d’autres grands mouvements sectaires, et elle finance des projets culturels et éducatifs. »

• Depuis 2007, la Soka Gakkai n'apparait plus dans les rapports consécutifs de la MIVILUDES[21],[22] et son président, M. Jean-Michel Roulet a précisé que la Soka Gakkai « ne posait plus de problème aujourd'hui. »[Note 2] Comme le constate un récent article du Monde des religions, les accusations de dérives sectaires sont caduques, la Soka Gakkai ayant entrepris une série de réformes allant dans le sens de la transparence[23].

- Sur le plan financier : un audit réalisé en mai 2007 par le cabinet Grant Thornton sur la provenance des dons perçus par les différentes associations conclut à la régularité juridique, fiscale et financière de la Soka Gakkai[24]. De plus, la Soka Gakkai dément toute fraude fiscale et signale qu'en 2007 un contrôle fiscal sur l'ensemble de ses associations n'a donné lieu a aucun redressement[25].

- Sur le plan sociologique : une étude nationale, réalisée en décembre 2006, révèle des tendances et des pratiques sociales tout à fait similaires à celles observées sur la moyenne des Français, ainsi qu’un niveau élevé d’intégration sociale. Elle démontre que les enfants ne présentent aucun isolement ni stigmatisation sociale, qu'ils « suivent une vie sociale tout à fait similaire à celle des autres enfants et adolescents, et restent libres de pratiquer ou non la religion de leur choix ». Seulement 15,5 % des pratiquants sont effectivement mariés avec un conjoint bouddhiste[26].

  Notes et références

  Références

  1. Richard H. Seager, Encountering the Dharma: Daisaku Ikeda, Soka Gakkai, and the Globalization of Buddhist Humanism, University of California, 2006
  2. Ambassade du Japon en France
  3. Voir publications au Journal Officiel
  4. Thierry Mathé, Le Bouddhisme des Français..., L'Harmattan, 2005
  5. Article du Woshington Post (Eng)
  6. Takesato Watanabe, Sōka Gakkai et les médias japonais, in Citoyens du monde, sous la direction de D. Machacek et B. Wilson, 2000, L'Harmattan
  7. La Soka Gakkai et la critique, Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l’Individu Victimes de Sectes
  8. Sôka Gakkaï, Jugement du 13 décembre 2001, Annecy
  9. Cf. Présentation générale du culte du bouddhisme de Nichiren en France, p. 46, paragraphe V.2.2 : « Rien ne dicte la durée de cette récitation – autrement dit, la durée du Gongyo (cérémonie de prière) est laissée à l’appréciation de chacun. »
  10. Tiré de l'article mantra.
  11. Cf. Karel Dobbelaere, Raphaël Liogier, Jacqueline Stone
  12. Cf. p.9 de son essai Sur L’émergence d’un bouddhisme européen.
  13. Cf. Revisiting Nichiren, numéro spécial du Japanese Journal of Religious Studies, édité par Jacqueline Stone et Ruben Habito, automne 1999.
  14. Cf. Présentation générale du culte du bouddhisme de Nichiren en France, p. 47, paragraphe V.2.2 : « Que la personne à qui nous transmettons le bouddhisme décide de le pratiquer ou non n’est pas le plus important, cela relève de sa liberté individuelle absolue. »
  15. Cf. [1]
  16. Cf. [2]
  17. a et b Rapport parlementaire de 1999
  18. Rapport parlementaire de 1996
  19. Soka Gakkai sur le site de l'UNADFI
  20. Soka Gakkai sur le site de l'UNADFI
  21. Rapport parlementaire de la MIVILUDES 2007
  22. Rapport parlementaire de la MIVILUDES 2008
  23. M. Mégevand, « Soka Gakkai, le Bouddha en soi », Le Monde des Religions, septembre-octobre 2009, également en ligne sur le site du Monde des Religions
  24. Cf. Annexe 18, p.44-48 des Annexes (partie 2) du document Pour une évaluation équitable du bouddhisme de Nichiren en France [3]
  25. Cf. Pour une évaluation équitable du bouddhisme de Nichiren en France, p.21, paragraphe III.3 [4].
  26. Soka Réponses, Étude de la vie familiale des pratiquants du culte du bouddhisme de Nichiren en France

  Notes

  1. Extrait du jugement du Tribunal de Grande Instance d'Annecy :

    « Attendu que le paragraphe consacré à l'éducation des enfants ne peut être qualifié de diffamatoire dans la mesure où il reprend des extraits du magazine « Troisième civilisation » édité par la Sōka Gakkai.

    Attendu par contre que les méfaits de la pratique par la répétition à l'infini des mantras et la dénonciation de leur effet aliénant provoquant une rupture radicale des membres de l'association avec leur famille et des déséquilibres psychologiques appuyés par des interviews constituent des faits précis de nature à porter atteinte à la considération et contraires à l'honneur puisqu'elles renvoient aux pratiques des sectes dangereuses pour les libertés individuelles.

    Attendu qu'il en va ainsi de la répétition des mantras décrite comme un « phénomène d'hypnose auto-suggestive qui crée des accoutumances et peut produire des effets aliénants », du « déséquilibre psychologique » qui résulte de la fréquentation de la Sōka Gakkai, de l'adhésion à cette religion qui « provoque, presque à coup sûr, ce genre de rupture radicale » avec les proches non pratiquants, de « l'intolérance de la doctrine ajoutée aux sentiments de persécution » qui conduit les membres au « rejet de toute forme d'opposition. Petit à petit, la Sōka Gakkai envahit complètement leur vie. »

  2. Dans un courrier adressé au Consistoire Soka, daté du 21 mai 2008, M. Jean-Michel Roulet écrit : « Ainsi que je vous l'ai dit au cours de cet entretien, j'ai eu l'occasion, en réponse à une question qui m'était posée par un journaliste à propos de la pertinence de la liste figurant dans le rapport de la Commission d'Enquête parlementaire de 1995 (Commission GEST - les sectes), de citer votre mouvement comme exemple d'organisation qui pouvait avoir soulevé des questions à une époque mais qui ne posait plus de problème aujourd'hui. » (annexe 14 de Pour une évaluation équitable du bouddhisme de Nichiren

  Voir aussi

  Articles connexes

  Bibliographie

  Travaux de chercheurs sur la Sōka Gakkai

  • Karel Dobbelaere, La Sōka Gakkai, un mouvement de laïcs de l'école bouddhiste de Nichiren devient une religion, 2001, Elledici, Turin.
  • Louis Hourmant, « La relation à l'objet sacré dans un culte néo-bouddhique. La Sôka Gakkai française », Systèmes de pensée en Afrique noire (Paris), 12, 1993.
  • Louis Hourmant, « La Soka Gakkai, un bouddhisme « paria » en France ? », in F. Champion et M. Cohen, Sectes et Démocratie, Paris, Seuil, 1999.
  • Louis Hourmant, « Transformer le poison en élixir. L'alchimie du désir dans un culte néo-bouddhique, la Soka Gakkai française », in Françoise Champion, Danièle Hervieu-Léger, (dir.), De l'émotion en religion. Renouveaux et traditions, Paris, le Centurion. 1990, pp. 71-119.
  • David Machacek, Bryan Wilson, Citoyens du monde, le mouvement bouddhiste Sōka Gakkai au Japon, 2004, L'Harmattan, Paris.
  • Thierry Mathé, Le bouddhisme des Français : Le bouddhisme tibétain et la Sōka Gakkaï en France, contribution à une sociologie de la conversion, 2005, L’Harmattan, Paris.
  • Bruno Etienne, Raphaël Liogier, Etre bouddhiste en France aujourd'hui, 1997, Hachette, Paris.

  Travaux de chercheurs étrangers

  • Richard Hughes Seager, Encountering the Dharma: Daisaku Ikeda, Soka Gakkai, and the Globalization of Buddhist Humanism, 2006, University of California Press.
  • David Machacek et Bryan Wilson (sous la direction de), Global Citizens: The Soka Gakkai Buddhist Movement in the World, 2001, Oxford University Press.
  • Daniel A. Metraux, The International Expansion of a Modern Buddhist Movement: The Soka Gakkai in Southeast Asia and Australia, 2001, University Press of America.
  • Phillip Hammond et David Machacek, Soka Gakkai in America--Accommodation and Conversion, 1999, Oxford University Press.

  Ouvrages de référence

  • Gaston Renondeau, Histoire des moines guerriers au Japon, 1957, PUF
  • Gaston Renondeau, La doctrine de Nichiren, 1953, PUF
  • Henri-Charles Puech (sous la direction de), Histoire des religions, 1976, Gallimard (Pléïade)

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Jeux de lettres

Les jeux de lettre français sont :
○   Anagrammes
○   jokers, mots-croisés
○   Lettris
○   Boggle.

Lettris

Lettris est un jeu de lettres gravitationnelles proche de Tetris. Chaque lettre qui apparaît descend ; il faut placer les lettres de telle manière que des mots se forment (gauche, droit, haut et bas) et que de la place soit libérée.

boggle

Il s'agit en 3 minutes de trouver le plus grand nombre de mots possibles de trois lettres et plus dans une grille de 16 lettres. Il est aussi possible de jouer avec la grille de 25 cases. Les lettres doivent être adjacentes et les mots les plus longs sont les meilleurs. Participer au concours et enregistrer votre nom dans la liste de meilleurs joueurs ! Jouer

Dictionnaire de la langue française
Principales Références

La plupart des définitions du français sont proposées par SenseGates et comportent un approfondissement avec Littré et plusieurs auteurs techniques spécialisés.
Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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