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définition - Saurais

saurer (v. trans.)

1.faire sécher à la fumée pour conserver (une denrée saumurée).

savoir (n.m.)

1.ensemble des connaissances acquises.

savoir (v. trans.)

1.avoir présent à l'esprit, être conscient de; connaître.

2.avoir l'expérience de, être en mesure de pratiquer.

3.avoir des connaissances, maîtriser.

savoir (n.)

1.faculté de connaître; processus mentaux mis en œuvre par l'exercice de cette faculté.

2.vaste savoir, fondé sur l'étude des textes.

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synonymes - Saurais

saurer (v. trans.)

fumer, saurir

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voir aussi

saurer (v.)

saurage, saurissage

savoir (v. trans.)

savant

savoir (n.m.)

traditionnel

savoir (n.)

cognitif, érudit

locutions

-allez savoir • branche du savoir • domaine du savoir • en savoir long • faire savoir • faire savoir clairement • faire-savoir • gestion du savoir • gestionnaire du savoir • impossible de dire/savoir (ce que) • manque de savoir • manque de savoir-vivre • ne pas savoir • ne pas savoir en sortir • ne pas savoir où donner de la tête • ne pas savoir où se mettre • ne pas savoir où se tourner • ne pas savoir s'y prendre • ne pas savoir sur quel pied danser • ne pas savoir à quel saint se vouer • ne pas trop savoir quoi faire • ne plus savoir • ne savoir ni A ni B • ne savoir où donner de la tête • ne savoir qu'une chanson • partage du savoir • savoir (qqch.) sur le bout des doigts • savoir ; ''omitted when translating verbs relating to the senses'' • savoir ce que l'on veut • savoir gré • savoir intuitivement • savoir l'orthographe • savoir long • savoir par cœur • savoir par intuition • savoir pertinemment • savoir prendre • savoir s'y prendre avec • savoir scientifique • savoir se débrouiller • savoir se retourner • savoir sur le bout des doigts • savoir-faire • savoir-vivre • savoir...sur le bout des doigts • savoir/dire l'heure • se mettre ne pas savoir oû • à savoir • à savoir que • être curieux de savoir

-Alfred Savoir • Association francophone pour le savoir • Autant Savoir • Bon et à savoir • Cher ami, je t'écris pour savoir… • Chercher. Jours après jours, les aventuriers du savoir • Faire savoir faire • Illusion de savoir • Je veux savoir • L'Archéologie du savoir • L'Encyclopédie du savoir relatif et absolu • La Compagnie du Savoir • Le Beau Savoir • Le Droit de savoir • Le Gai Savoir • Le Gai Savoir (Nietzsche) • Le Gai Savoir (film) • Le Philosophe sans le savoir • Les Comédiens sans le savoir • Monopoles du savoir • Rapport au savoir • Rue Léon Savoir • Savoir aimer • Savoir à quel saint se vouer • Savoir-faire • Savoir-faire Linux • Savoir-être • Savoir-être (homonymie) • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander • Transmission du savoir médical arabe en Occident latin au Moyen Age • Va savoir • Va savoir (émission) • Ça va se savoir • Ça va se savoir (gâteau) • Ça va se savoir (émission de télévision) • Économie du savoir

dictionnaire analogique

 

les conjonctions[Classe...]

exemple[Thème]

savoir (conj. de coord.) [ellipse , rare]




savoir (n. m.)



savoir (v. pron.) [se+V--attribut • se+V+comp (O)]


savoir (v. tr.) [V+comp]



savoir (v. tr.) [V+discours indirect • V+que+Gindic]





Le Littré (1880)

SAURER (v. a.)[so-ré]

Faire sécher à la fumée. Saurer des harengs.

ÉTYMOLOGIE

Saure ; provenç. saurar. On disait aussi saurir au XVIe siècle.

SAVOIR [sa-voir ; Palsgrave, p. 22, écrit scavoir, mais prononce savoir]

1. Avoir connaissance de.

Comme ils ne savaient pas le pays (VAUGEL. Q. C. 348)

Et, pour dernier outrage.... Il faut vous voir mourir et n'en savoir la cause (CORN. Perth. IV, 15)

Seigneur, je sais que je ne sais qu'une chose ; c'est qu'il est bon de vous suivre, et qu'il est mauvais de vous offenser (PASC. Prière 14)

Un berger qui savait très bien les chemins de ce pays (SÉV. 16 août 1675)

Je vous quitte, je m'éloigne : voilà ce que je vois, et je ne sais pas l'avenir (SÉV. à Mme de Grignan, 10 oct. 1673)

Je sais le plaisir d'orner une chambre ; j'y aurais succombé, sans le scrupule .... (SÉV. 13 juin 1685)

Il tire d'un déserteur, d'un transfuge, d'un prisonnier, d'un passant, ce qu'il veut dire, ce qu'il veut faire, ce qu'il sait, et, pour ainsi dire, ce qu'il ne sait pas ; tant il est sûr dans ses conséquences ! (BOSSUET Louis de Bourbon.)

Qui ne sait où son rare mérite et son éclatante beauté, avantage toujours trompeur, lui firent porter ses espérances [la princesse Marie, qui devint reine de Pologne] ? (BOSSUET Ann. de Gonz.)

Quoi ! attendre à commencer une vie nouvelle, lorsque, entre les mains de la mort, placés sous ses froides mains, vous ne saurez si vous êtes avec les morts ou encore avec les vivants ! (BOSSUET ib.)

Vous, riches, vous qui vivez dans les joies du monde, si vous saviez avec quelle facilité vous vous laissez prendre aux richesses que vous croyez posséder, si vous saviez par combien d'imperceptibles liens elles s'attachent et, pour ainsi dire, s'incorporent à votre coeur.... (BOSSUET le Tellier.)

Sachez, mes frères, que, si nous voulions bien nous juger nous-mêmes, nous ne serions jamais jugés de Dieu (BOURDAL. Sévér. de la pénit. 1er avent, p. 197)

C'est [l'esprit] une puissance orgueilleuse qui.... laissant souvent la vérité pour le mensonge, n'ignore que ce qu'il faudrait savoir, et ne sait que ce qu'il faudrait ignorer (FLÉCH. Duc de Mont.)

Personne ne discernait plus [avant l'établissement d'un grand hôpital à Paris] les pauvres de nécessité d'avec ceux de libertinage ; on ne savait en donnant l'aumône si l'on soulageait la misère, ou si l'on entretenait l'oisiveté (FLÉCH. Aiguillon.)

Que si quelqu'un, mes vers, alors vous importune Pour savoir mes parents, ma vie et ma fortune, Contez-lui.... (BOILEAU Épître X.)

Elle [Agrippine] sait son pouvoir, vous savez son courage (RAC. Brit. III, 1)

Je sais de ce palais tous les détours obscurs (RAC. Andr. III, 1)

Du moins, si je ne sais le secret de lui plaire, Je sais l'art de punir un rival téméraire (RAC. Brit. III, 8)

Ils racontent une religion, une police, une manière de se nourrir, de s'habiller, de bâtir et de faire la guerre, qu'on ne savait point, des moeurs que l'on ignorait (LA BRUY. Disc. sur Théophraste.)

Apprenez seulement ce que savait Socrate : Sachez que vous ne savez rien (LAMOTTE Fabl. IV, 17)

Je sais votre mérite, je sais mes talents, je vous conduis, et l'on vous aimera, toute raisonnable qu'on est (MARIV. Fauss. confid. I, 2)

La seconde guerre punique est si fameuse que tout le monde la sait (MONTESQ. Rom. 4)

Oui, je sers Dieu, je crois en Dieu, et je veux qu'on le sache (VOLT. Lett. d'Argental, 30 janv. 1761)

Ho ! vous en voulez trop savoir (VAUVENARGUES. Dial. Catilina, Sénécion.)

De vices, j'avoue que je ne vous en sais point (D'ALEMB. Portr. de Mlle de l'Espinasse)

Chinois, qu'est-ce qui soutient le monde ? Un gros éléphant. Et l'éléphant, qui le soutient ? Une tortue. Et la tortue ? Je n'en sais rien (DIDER. Suffis. de la nat. n° 22)

Absolument.

D'où vient ce silence ? est-ce de l'oubli ? est-ce une parfaite indifférence ? je ne sais : que voulez-vous que je pense ? à quoi ressemble votre conduite ? (SÉV. Lett. au prés. de Moulceau, 5 juin 1695)

Il eut plusieurs enfants qui furent tous rois, comme chacun sait (VOLT. Zadig, 12)

Il ne sait rien de rien, il n'est pas averti de ce qui se passe.

Familièrement. Il ne sait ce qu'il veut, se dit d'un homme indécis ou dont les résolutions sont inconstantes.

Il ne sait ni ce qu'il fait, ni ce qu'il dit, il ne fait ni ne dit ce qu'il devrait dire ou faire, soit par ignorance, soit par trouble d'esprit.

Pour M. le prince de Conti, il était transporté, il ne savait ni ce qu'il disait ni ce qu'il faisait (SÉV. 394)

Il sait mieux qu'il ne dit, il parle contre sa propre connaissance.

Il sait le fin du fin, se dit d'un homme habile qui a connaissance des affaires les plus secrètes.

Il en sait bien long, il en sait beaucoup, il a beaucoup de finesse, d'adresse.

À vous dire le vrai, vous en savez beaucoup (CORN. Suite du Ment. II, 3)

Vous en savez trop long pour moi (VADÉ Nicaise, sc. 17)

Il en sait plus d'un, il en sait plus d'une, il a plus d'un tour d'habileté à sa disposition.

Nous en savons plus d'un, dit-il en les gobant ; C'est tour de vieille guerre ; et vos cavernes creuses Ne vous sauveront pas, je vous en avertis (LA FONT. Fabl. III, 18)

Savoir qu'en dire, voy.

DIRE n° 8

.

2. Qui vous savez, que vous savez, se dit quand on ne veut pas nommer la personne ou la chose à une personne qui la connaît bien.

Ne mandez point à Paris que je n'irai pas sitôt ; ce n'est pas que je craigne que quelqu'un ne se pende, mais c'est que je ne veux pas donner cette joie à qui vous savez (SÉV. 237)

Le mariage que vous savez ne va pas bien (MAINTEN. Lett. au D. de Noaill. 15 juillet 1707)

Passez chez votre notaire pour ce que vous savez (DANCOURT Chev. à la mode, I, 8)

Demoulin m'est venu trouver dans ma retraite, et m'a confirmé qu'il croyait l'homme que vous savez, coupable de cette trahison (une édition d'oeuvres de Voltaire) (VOLT. Lett. Formont, 5 juin 1734)

Cet argent, voilà ce qu'il faut que j'ajoute, Vient de qui vous savez, pour ce que vous savez (V. HUGO Ruy Blas, IV, 3)

Ce que vous savez, sert à désigner, par euphémisme, des choses qu'il ne serait pas très décent de nommer.

Son père me l'a accordée ; mais je crains un peu ce que vous savez, la disgrâce dont on ne plaint personne (MOL. Mar. forcé, 6)

Vous êtes-vous mis en tête qu'un homme de soixante et trois ans ait si peu de cervelle, et considère si peu sa fille que de la marier avec un homme qui a ce que vous savez ? (MOL. Pourc. II, 7)

3. Familièrement. Je sais ce que je sais, se dit quand on ne veut pas s'expliquer.

Il suffit que nous savons ce que nous savons, et que tu fus bien heureuse de me trouver (MOL. Méd. m. lui, I, 1)

....Mais gardons le silence ; je sais ce que je sais (LE P. BRUMOY Boîte de Pandore, III, 7)

4. Savoir une personne ou une chose, savoir que cette personne, cette chose existe, peut être trouvée.

Je sais un paysan qu'on appelait Gros-Pierre (MOL. Ec. des f. I, 1)

L'on sait des gens qui avaient coulé leurs jours dans une union étroite.... (LA BRUY. V)

On m'a dit, ma bonne, que tu savais quelquefois des carrosses à vendre (DANCOURT la Femme d'intrigues, III, 8)

Du reste, manquant rarement d'argent quand il en savait dans la bourse des autres (J. J. ROUSS. Confess. II)

Savoir avec un participe ou un adjectif, savoir que la qualité indiquée par le participe ou l'adjectif est dans l'être auquel ils se rapportent. Je ne vous savais pas malade. Quand je vous ai su à Paris.

Vous aurez su M. de Vivonne pour huitième maréchal de France (PELLISSON Lett. hist. t. II, p. 383)

Savait-elle une famille opprimée ? elle animait la justice contre l'oppression (FLÉCH. Aiguillon.)

Quand il les sut arrivés sur les frontières de ses États (ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. IX, p. 103, dans POUGENS)

C'est pourquoi, n'étant point encore sorti de sa chambre, il [l'aveugle de Cheselden] disait que, quoiqu'il la sût plus petite que la maison, il ne comprenait pas comment elle pourrait le lui paraître à la vue (CONDILL. Traité sens, III, 5)

5. Ne savoir qu'une chose, être uniquement préoccupé d'une chose. Les Spartiates ne savaient qu'une chose, c'était le dévouement à la patrie.

On dit en un sens analogue : Ne savoir qu'une personne.

L'abbé et moi nous pétillons, et nous sommes résolus.... de nous en aller en Provence.... pour moi, je ne sais que vous, et j'ai une telle impatience de vous aller voir, que mes sentiments pour les autres n'ont pas bien toute leur étendue (SÉV. à Mme de Grignan, 6 avr. 1672)

En termes de dévotion, ne savoir que Jésus-Christ, être uniquement occupé de conformer sa vie aux doctrines de l'Évangile. Ne voulant plus savoir que Jésus-Christ.

6. Je ne sais qui, et, substantivement, un je ne sais qui, un homme peu connu ou peu considéré.

Qu'est-ce que ce grand je ne sais qui va penser d'elle (MARIV. Pays. parv. 5e part.)

On dit de même : Un je ne sais quel homme est venu me trouver.

On peut juger quelle était l'arrogance féroce des seigneurs croisés par le trait que rapporte la princesse Anne Comnène de je ne sais quel comte français qui vint s'asseoir à côté de l'empereur sur son trône, dans une cérémonie publique (VOLT. Moeurs, 54)

7. Je ne sais quoi, quelque chose que l'on ne connaît pas.

Que même de son maître on dit je ne sais quoi (CORN. Cinna, IV, 5)

C'est un M. Ameline, qui est je ne sais quoi à Notre-Dame (MAINTENON Lett. au cardin. de Noailles, 22 oct. 1695)

Je ne sais quoi de, suivi d'un substantif.

Vous maudirez peut-être un jour cette victoire Qui tient je ne sais quoi d'une action trop noire (CORN. Poly. V, 4)

Par extension. Je ne sais quoi, quelque chose d'indéfinissable, en parlant d'une qualité ou d'un sentiment.

Je ne sais quoi pourtant dans mon coeur en murmure (CORN. Héracl. V, 8)

On se sent, à ces vers, jusques au fond de l'âme Couler je ne sais quoi qui fait que l'on se pâme (MOL. Femm. sav. III, 2)

Il avait je ne sais quoi dans ses yeux perçants qui me faisait peur (FÉN. Tél. IV)

Ces deux hommes sont bien différents, le jeune a je ne sais quoi de vif et d'aimable (FÉN. ib. IX.)

Je ne sais quoi de grand s'imprime à mes pensées (ST-LAMB. Sais. II)

Substantivement.

Qu'on rêve avec plaisir quand notre âme blessée Autour de ce qu'elle aime est toute ramassée ! Vous le savez, seigneur, et comme à tous propos Un doux je ne sais quoi trouble notre repos (CORN. Pulch. II, 1)

Les âmes assorties S'attachent l'une à l'autre, et se laissent piquer Par ces je ne sais quoi qu'on ne peut expliquer (CORN. Rodog. I, 7)

Le sixième [discours] est de M. de Gombauld, sur le je ne sais quoi (PELLISSON Hist. Acad. III)

La France le vit alors accompli par ces derniers traits et avec ce je ne sais quoi d'achevé que les malheurs ajoutent aux grandes vertus (BOSSUET Louis de Bourbon.)

Il [notre corps, après la mort] devient un je ne sais quoi qui n'a plus de nom en aucune langue (BOSSUET Duch. d'Orl.)

Je ne suis, si l'on veut, ni belle ni jolie ; Mais j'ai certains je ne sais quoi Qui me font préférer à la plus accomplie (TH. CORN. l'Inconnu, V, 2)

L'amour, ne vous déplaise, est un je ne sais quoi, Qui vous prend, je ne sais ni par où, ni pourquoi ; Qui va, je ne sais où ; qui fait naître en notre âme Je ne sais quelle ardeur que l'on sent pour la femme ; Et ce je ne sais quoi, qui paraît si charmant, Sort enfin de nos coeurs, et je ne sais comment (REGNARD Démocrite, I, 5)

Il s'est formé dans l'esprit des particuliers un certain je ne sais quoi qu'on appelle point d'honneur (MONTESQ. Lett. pers. 90)

Je prie l'honnête homme qui fera Matière [dans l'Encyclopédie], de bien prouver que le je ne sais quoi qu'on nomme matière peut aussi bien penser que le je ne sais quoi qu'on appelle esprit (VOLT. Lett. d'Alembert, juillet 1757)

Il y a dans tous les arts un je ne sais quoi qu'il est bien difficile d'attraper (VOLT. Lett. Diderot, 20 avr. 1773)

On dit dans un sens analogue : je ne sais quel.

Un je ne sais quel charme encor vers vous m'emporte (CORN. Poly. II, 2)

Agité de ces je ne sais quelles inquiétudes dont les hommes ne savent pas se rendre raison à eux-mêmes (BOSSUET le Tellier.)

Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grâce Qui me charme toujours.... (RAC. Esth. II, 7)

Il nous reste encore je ne sais quel désir vague, je ne sais quelle inquiétude, qui nous avertit sans cesse que nous sommes peu de chose (VOLT. Micromégas, 2)

C'était un mélange de génie et de tendresse, une beauté [Fénelon], ne sais laquelle, que jamais peintre n'a pu exprimer (CHATEAUBR. Natch. liv. VII)

8. Familièrement. Je suis tout je ne sais comment, j'éprouve un malaise que je ne puis définir.

9. Par manière de doute et d'interrogation.

Que savez-vous ? Qu'en savez-vous ? Que sais-je ? Que sait-on ce qui arrivera ? La question est de savoir si.... Reste à savoir si.... Qui sait même, qui sait si le roi votre père Veut que de son absence on sache le mystère ? (RAC. Phèdre, I, 1)

Savez-vous, savez-vous bien, a, à peu près le sens de : ne vous y trompez pas.

Savez-vous qu'un si grand retardement donne le temps à tout le royaume de parler ? (SÉV. 12)

Savez-vous bien que je suis fort mécontente de la conduite et des manières de ma nièce ? (REGNARD le Retard impr. 1)

Que sait-on, se dit pour exprimer que l'on soupçonne quelque chose qui n'est pas su.

Peut-être a-t-il démêlé dans votre vie quelque intrigue que vous espériez qui ne serait pas connue, que sait-on ? (FONTEN. Dial. 3, morts anc.)

10. Dieu le sait, se dit pour exprimer notre ignorance dernière sur une chose.

Nous naissons, nous vivons, bergère, Nous mourons sans savoir comment ; Chacun est parti du néant ; Où va-t-il ? Dieu le sait, ma chère (VOLT. Stances, 24)

Nous savons très bien que les tourbillons ne peuvent causer la pesanteur ; nous savons ce qui n'est pas, et Dieu sait ce qui est (ID. Mél. litt. à M***)

Dieu sait ! Dieu sait comme ! locution familière et elliptique dont on se sert pour donner une grande idée de quelque chose.

Il a des écus, Dieu sait ! Ensuite on s'est mis à boire, mais boire, Dieu sait (SÉV. 77)

Entre nous, les Moscovites ne sont pas des peuples bien raffinés ; c'est leur folie que de prétendre ressembler aux anciens Grecs ; mais Dieu sait sur quoi cela est fondé (FONT. Dial. 4, Morts mod.)

11. Elliptiquement, avec la négation et le subjonctif. Je ne sache personne, je ne sache rien, je ne connais personne, rien.

Vapeurs... auxquelles je restreindrai le nom d'exhalaisons, à cause que je n'en sache point de plus propre (DESC. Météor. 2)

Je ne sache aucun orthodoxe qui ait osé dire que.... (BOSSUET Avert. repr. idolâtrie, 17)

Je ne sache rien au monde qui ne soit le monument de quelque sottise des hommes (FONTEN. Mond. 2e soir.)

Je ne sache personne mieux partagé qu'il le sera (MARIV. Marianne, part. 5)

Cause que je ne sache pas qu'on ait encore remarquée (MONTESQ. Esp. XVII, 3)

Des enfants étourdis deviennent des hommes vulgaires, je ne sache point d'observation plus générale et plus certaine que celle-là (J. J. ROUSS. Ém. I)

Que je sache, locution dont on se sert à la fin d'une phrase pour indiquer que, si un fait est autrement qu'on ne le dit, on l'ignore. Est-il venu quelqu'un, que vous sachiez, que tu saches ? Il n'est venu personne, que nous sachions. Il n'a point été à la campagne, que je sache.

Il vaudrait autant être amoureux de la femme de Mathusalem ; était-elle jolie, que vous sachiez ? (FONT. Lett. gal. II, 20)

Ne descendant, que je sache, d'aucun Franc qui ait ravagé les Gaules avec Ildovic nommé Clovis (VOLT. Lett. La Chalotais, 11 juillet 1762)

12. Savoir gré, voy.

GRÉ, n° 3

12. .

13. Posséder une science, un art, un métier. Savoir la grammaire. Il sait le latin. Il ne sait pas son métier.

Quand je dis qu'Ergaste écrit bien, Tu me réponds qu'il ne sait rien ; Mais ton erreur est infinie ; Il sait ce qu'il n'apprit jamais ; Et toi qui n'as point de génie, Tu ne sais pas ce que tu sais (GOMBAUT dans RICHELET)

Il y a longtemps que j'ai dit que, pour savoir quelque chose, il le faut écrire (PELLISSON Lett. hist. t. III, p. 270)

Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir (MOL. Femm. sav. II, 7)

Il a des vieux auteurs la pleine intelligence, Et sait du grec, madame, autant qu'homme de France. - Du grec, ô ciel, du grec ! il sait du grec, ma soeur (MOL. ib. III, 5)

Les Romains ignoraient les arts de la Grèce, et se contentaient de savoir la guerre, la politique et l'agriculture (BOSSUET Hist. I, 10)

Dans un âge où l'on ne sait pas encore sa religion, il défendait déjà la sienne (FLÉCH. Duc de Mont.)

Un esprit avide de tout savoir et capable de tout apprendre (FLÉCH. Lamoignon.)

Ce que l'on sait est peu de chose en comparaison de ce qu'on ne sait pas ; quelquefois même ce que l'on ne sait pas est justement ce qu'il semble qu'on devrait le plus tôt savoir (FONTEN. Préf. util. des math.)

On ne sait bien que ce que l'on apprend soi-même (DUMARS. Oeuv. t. I, p. 28)

Plusieurs ont dit : que ne sais-je pas ? Montaigne disait : que sais-je ? (VOLT. Dict. phil. Bornes.)

Absolument.

Laisse ce qu'à tes yeux le ciel défend de voir : Ton sort est d'admirer, et non pas de savoir (DELILLE Parad. perdu, VIII)

Ne savoir ni A ni B, être fort ignorant.

Il en sait trop, c'est un homme trop habile, dont on se défie.

Ah ! pour en être digne, il l'est, et plus que tous ; Mais aussi, pour tout dire, il en sait trop pour nous (CORN. Othon, II, 4)

Fig. Savoir la carte du pays, ou, absolument, savoir la carte, savoir, connaître parfaitement les intrigues, les intérêts, les manières du monde, d'un quartier, d'une société.

Savoir bien le monde, ou savoir bien son monde, savoir bien la manière de vivre dans la société.

Madame, M. Jourdain sait son monde (MOL. Bourg. gent. III, 19)

Dans un sens analogue.

Laissez-moi faire : je suis homme qui sais ma cour (MOL. Am. magn. II, 2)

Le reproche en un sens le plus honorable que l'on puisse faire à un homme, c'est de lui dire qu'il ne sait pas la cour (LA BRUY. VIII)

Un homme qui sait la cour, est maître de son geste, de ses yeux et de son visage ; il est profond, impénétrable (LA BRUY. VIII)

14. Savoir, suivi d'un infinitif, être habile, être accoutumé à faire quelque chose. Savoir jouer du violon. Il ne sait pas danser. Il sait plaire. Il sait plaisanter.

Tu sais vaincre, disait un brave Africain au plus rusé capitaine qui fut jamais [Annibal], mais tu ne sais pas user de ta victoire (BOSSUET Reine d'Anglet.)

Loin du commerce des affaires et de la société des hommes, ces âmes sans force aussi bien que sans foi, qui ne savent pas retenir leur langue indiscrète (BOSSUET Duch. d'Orl.)

La sainte abbesse, qui savait donner le lait aux enfants aussi bien que le pain aux forts (BOSSUET Anne de Gonz.)

Que personne ne savait mieux estimer les choses louables, ni mieux louer ce qu'elle estimait (FLÉCH. Duch. de Mont.)

Sainte Thérèse eût voulu ne savoir écrire que pour publier ses défauts (FLÉCH. Panég. Ste Thér.)

14. Il ne sait pas distinguer sa main gauche de sa main droite, il est sans intelligence.

Savoir vivre, savoir se conduire dans le commerce du monde. Tant les savantas savent peu vivre et ce qu'on appelle le décorum ! Anti-ménagiana, p. 103.

15. Ne pas hésiter à. Il faut savoir faire un sacrifice.

Je leur savais bien dire, et m'attirais la haine De tous ces gens si peu soigneux (LA FONT. Fabl. VII, 2)

Eh bien, il faut paraître, il faut vous découvrir à ceux qui pour leur roi sauront du moins mourir (VOLT. Oreste, III, 8)

16. Savoir à l'impératif, et suivi d'un infinitif ne fait que renforcer l'impératif. Sachons nous taire, c'est-à-dire taisons-nous.

J'obéis à mon dieu ; vous, sachez m'obéir (VOLT. Fanat. II, 3)

17. Parvenir à, réussir à, avoir la force, le moyen de. Je saurai bien me défendre.

À deux milles d'ici j'ai su le rencontrer (CORN. Sertor. V, 2)

Qu'il est beau, après les combats et le tumulte des armes, de savoir encore goûter ces vertus paisibles et cette gloire tranquille.... (BOSSUET Louis de Bourbon.)

Il faut savoir se donner des heures d'une solitude effective, si l'on veut conserver les forces de l'âme (BOSSUET Mar.-Thér.)

Accessible, accueillant, honnête, sachant employer son temps et quelquefois même le perdre (FLÉCH. le Tellier.)

Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots (RAC. Athal. I, 1)

18. Au conditionnel et au plus-que-parfait du subjonctif, il s'emploie pour pouvoir.

L'un dit : je n'y vas point : je ne suis pas si sot ; L'autre : je ne saurais.... (LA FONT. Fabl. II, 2)

Dans tous les entretiens on les voit s'introduire ; Ils ne sauraient servir, mais ils peuvent vous nuire (MOL. Mis. II, 3)

Elle avait ouï dire que M. de Grignan était le plus beau garçon qu'on eût su voir (SÉV. 58)

Vous ne sauriez faire trop de liaisons avec Vauban ; l'estime de cet homme-là est plus glorieuse que celle de tous les courtisans (MAINTENON Lett. à d'Aubigné, 8 juillet, t. I, p. 118, dans POUGENS.)

Ne saurait-il rien voir qu'il n'emprunte vos yeux ? (RAC. Brit. I, 2)

Si vous voulez, restez, reprit Mme de Miran ; non, dit-il, je vous suis obligé, je ne saurais, j'ai quelque affaire (MARIV. Marianne, 5e part.)

On ne saurait avoir une taille mieux prise, un plus beau teint (J. J. ROUSS. Ém. V)

19. Être informé de quelque chose, apprendre. Sachez que ma fille se marie. Afin que vous le sachiez.

Si j'avais su qu'en mains il a de telles armes... (MOL. Tart. V, 3)

Je ne sais point qu'elles soient retranchées [ses pensions], je crois que sa terre lui vaut dix mille livres de rente, je mets tout cela ensemble et je dis.... (SÉV. 608)

On sait, messieurs, que la reine a souvent exposé sa personne dans ces conférences secrètes (BOSSUET Reine d'Anglet.)

Ne sais-je pas, mesdames, qu'ayant abandonné le monde pour mener une vie plus sainte et plus cachée dans la retraite, vous ne prétendez plus qu'à l'honneur d'être de la famille de Jésus-Christ ? (FLÉCH. Duch. de Mont.)

Et qui saurait sans moi que Cotin a prêché ? (BOILEAU Sat. IX.)

Seigneur, vous savez trop avec quel artifice Un faux Astyanax fut offert au supplice (RAC. Andr. I, 2)

Chère Oenone, sais-tu ce que je viens d'apprendre ? (RAC. Phèdre, IV, 6)

Dans le même sens, avec un infinitif.

Il marche contre les ennemis, qu'il savait avoir passé la rivière (VAUGEL. Remarques.)

Il fit du bien à tous ceux qu'il savait avoir aimé son fils (VAUGEL. ib.)

Familièrement. Vous savez ou vous ne savez pas, c'est une chose que je vous apprends.

Vous savez, ou vous ne savez pas Qu'autrefois ce monsieur que Léandre l'on nomme, Lui fit certain billet d'une certaine somme (BOISSY Impatient, I, 2)

20. Je le sais, vous le savez, nous le savons, etc. s'emploient souvent en parenthèse.

Cet art de donner agréablement, qu'elle avait si bien pratiqué durant sa vie, l'a suivie, je le sais, jusqu'entre les bras de la mort (BOSSUET Duch. d'Orl.)

Seigneur, vous le savez, son avis salutaire Découvrit de Tharès le complot sanguinaire (RAC. Esth. II, 1)

21. Avoir dans la mémoire. Il sait sa leçon.

Le moyen de jouer ce qu'on ne sait pas (MOL. l'Impromptu, 1)

Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement (RAC. Plaid. III, 3)

La veille du jour marqué, je savais mon discours par coeur ; je le récitai sans faute ; je le remémorai toute la nuit dans ma tête (J. J. ROUSS. Conf. XII)

Lorsqu'on lui demandait [à Massillon] quel était celui de ses sermons qu'il croyait le meilleur, il répondait : celui que je sais le mieux (D'ALEMB. Éloges, Mass.)

Est-elle sue [la pièce] ? - Laurette : Quant à moi, je sais mon rôle (PICARD Comédiens amb. II, 2)

Fig. Savoir quelqu'un par coeur, ou, absolument, le savoir, connaître parfaitement son caractère, ses habitudes.

Elle sait notre syndicat, notre procureur, notre gratification.... comme elle sait la carte et les intérêts des princes, c'est-à-dire sur le bout du doigt (SÉV. 174)

22. Absolument. Avoir l'esprit orné, rempli de connaissances.

Il y a moins de différence entre le chaos et le monde, qu'entre la manière dont il sait et celle dont il faut savoir (BALZ. le Barbon.)

Il [l'homme] veut être heureux et assuré de quelque vérité, et cependant il ne peut ni savoir, ni désirer de ne point savoir (PASC. Pens. XXV, 37, édit. HAVET.)

Voilà notre état véritable [être borné de tous côtés] ; c'est ce qui nous rend incapables de savoir certainement et d'ignorer absolument (PASC. ib. I, 2)

Un amour curieux des livres, une avidité de savoir .... ont été des passions de sa jeunesse (FLÉCH. Duc de Mont.)

N'est-ce pas savoir beaucoup que de savoir qu'on ne sait rien ? (FÉN. Dial. des morts anc. (Pyrrhon, son voisin).)

[Valincourt] C'était un homme d'infiniment d'esprit et qui savait extraordinairement (SAINT-SIMON 66, 104)

Rica et moi nous sommes peut-être les premiers que l'envie de savoir ait fait sortir de leur pays (MONTESQ. Lett. pers. 1)

23. Faire savoir, instruire, informer quelqu'un. Je lui ai fait savoir comment cela est arrivé.

Fais-lui, fais-lui savoir le glorieux dessein.... (CORN. Sertor. II, 1)

J'ai fait à Josabeth savoir sa volonté (RAC. Athal. III, 5)

Savoir faisons, formule de chancellerie et de palais.

24. Faire à savoir, voy.

FAIRE, n° 53

24. .

25. C'est à savoir, ou à savoir, et, plus ordinairement, savoir, locutions qui servent à spécifier ce dont il s'agit. Son revenu a plusieurs sources, à savoir sa place, le produit de sa terre, etc. L'armée était composée de quinze mille hommes, savoir : dix mille hommes de pied et cinq mille chevaux.

Nous n'en trouverons [des corps] que deux.... qui puissent être comptés parmi les principales parties [du monde], c'est à savoir le soleil et les étoiles (DESC. Monde, 5)

J'oubliais de vous avertir que je lui ai auparavant dit encore une particularité qui l'a assez agréablement surpris, c'est à savoir que je prétendais n'avoir proprement fait autre chose dans mon ouvrage que mettre en rimes la doctrine qu'il venait de nous débiter (BOILEAU Lett. à Racine, mercredi 1697)

On s'en sert aussi pour marquer du doute. Il part bien tard, c'est à savoir s'il arrivera à temps.

Il ne tiendra qu'à vous que nous vivions en bonne intelligence ensemble. - Rustaud : c'est à savoir (LEGRAND Galant coureur, sc. 13)

En ce sens on dit substantivement : C'est un à savoir.

26. Se savoir, v. réfl. Être su.

Tout se sait tôt ou tard, et la vérité perce (GRESSET Méchant, III, 5)

27. Se connaître soi-même.

Lorsqu'il se sait à fond, il s'évertue sur le talent qu'il croit reconnaître en lui (LE P. COURBEVILLE dans DESFONTAINES)

Un valet veut tout voir, voit tout et sait son maître, Comme à l'observatoire un savant sait les cieux, Et vous même, monsieur, ne vous savez pas mieux (PIRON Métrom. II, 4)

PROVERBES

Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, si la jeunesse avait de l'expérience, si la vieillesse avait de la force.

Il sait son pain manger, il sait plus que son pain manger, c'est un habile homme, un rusé compère.

Qui plus n'en sait, plus n'en dit.

Il fait bon vivre et ne rien savoir, on apprend toujours quelque chose.

Qui ne sait son métier l'apprenne.

Qui ne sait rien ne sait guère, se dit pour s'excuser d'ignorer une chose survenue à notre insu.

On dit encore qu'il en sait plus que le chien de Barthole, qui avait mangé un sac d'écritures (CARMONTELLE Prov. Entr'actes, t. IV, p. LXXV, dans POUGENS)

REMARQUE

1. Après savoir, pris dans le sens de pouvoir, on doit toujours supprimer pas ou point. Je ne saurais en venir à bout.Après ce même verbe précédé de la négation, et signifiant être incertain, le mieux est de les supprimer. Je ne sais que devenir. Il ne sait ce qu'il veut. Mais il faut employer pas ou point, quand savoir est pris dans son vrai sens. Je ne savais point ce que vous racontez.2. En vers on écrit quelquefois je sai au lieu de je sais. Ce n'est point une licence poétique ; c'est un archaïsme, parfaitement régulier d'ailleurs, sapio donnant je sai et non je sais ; l's est là un barbarisme que l'usage a consacré.3. Dans la locution je ne sache pas, comment expliquer le subjonctif ? On a dit que c'était non le subjonctif, mais l'indicatif représentant sapio. L'explication ne peut être admise, car sapio a donné sai ; et sache vient de sapiam. D'ailleurs le sens dénote un subjonctif plutôt qu'un indicatif ; car je ne sache pas implique quelque chose de plus dubitatif que je ne sais pas ; et ce doute, on l'exprime en substituant le subjonctif à l'indicatif. C'est pour cela qu'on ne se sert jamais de cette tournure qu'à la première personne. Elle paraît être née au XVIe siècle, voy. l'historique. On peut conjecturer que ceux qui les premiers l'ont employée ont sous-entendu : j'ose dire, l'usage étant au XVIe siècle de mettre le subjonctif avec dire, quand l'affirmation n'était pas absolue.4. J. J. Rousseau a dit : Je ne sache pas d'avoir vu, de ma vie, un pays plus antipathique à mon goût que celui-ci [Montpellier], Lett. à Mme de Warens, 23 oct. 1737. La phrase est incorrecte ; le d' est de trop ; il faut dire : Je ne sache pas avoir vu....

HISTORIQUE

Xe s.[Il] saveiet co que.... (Fragm. de Valenc. p. 468)

XIe s.Par serment nommé, co est à savoir quatorze homes leals par nom (Lois de Guill. 16)Ço dist Marsiles : Guenes, par veir sacez.... (Ch. de Rol. XXXIX)Il n'en set mot, n'i a culpes li bers (ib. XC)Ben [il] set parler et dreite raisun rendre (ib. CCLXXV)

XIIe s.Tu siez bien que il pensent faire de nos (Machab. I, 3)Car preu le savent et de moult fier courage (Ronc. p. 182)Tuit mi penser sont à ma douce amie, Puisque je sai mon cuer en sa baillie (Couci, II)Je ne m'en sai venger fors au plorer (ib. VI)Dame, merci ; car à trop grant dolor [je] Muir et languis ; vostre pitié le sache (ib. XI)Encor [elle] me saura gré De mon travail et de ma longue peine (ib. XIV)Quar sa biautez me fait tant esbahir, Que je ne sai devant li nul langage (ib. XIX)Il lui saront bien estre et felon et gaingnart, Et simple come aignel et fier come liepart (Sax. XXIX)

XIIIe s.Se je savoie un courtois chevalier Qui de ses armes fu loués et prisiés, Je l'ameroie de gré et volentiers (AUDEFR. LE BAST. Romancero, p. 71)Il manderent maçons vaillans, Bons ouvriers et bien sachans (ib. p. 57)Sachiés que il reprouvent le service que il ont à vous fait, tel come toute la gent sevent, et come il est aparissant (VILLEH. XCIV)Et li Venicien, qui plus savoient de la mer, distrent que li corans les menroit par force contreval le bras (VILLEH. CIII)Li maistres dit : femes sevent celer ce que eles ne sevent (BRUN. LATINI Trésor, p. 361)Bien savez qu'on ne peut pas trestous jours durer (Berte, III)[Ils] Sorent près d'aussi bien le françois de Paris.... (ib. V)Car bien estoit letrée et bien savoit escrire (ib. XIV)Puisque ele ot seü que [vous] la veniez veoir (ib. LXXIX)Coïement, que les gens n'en seüssent nouvele (ib. LXXXVI)Sauriez-vous ci près maison ne casement Où je peüsse avoir aucun rassenement [indication du chemin] ? (ib. CX)Ilueques l'ont li chien guerpi, N'en sevent mes ne vent ne voie (Ren. 1917)Si avient bien à bacheler Que il sache de vieler, De fleüter et de dancier ; Par ce se puet moult avancier (la Rose, 2218)Ne l'en doit pas mal gré savoir, Ne ge ne l'en saurai jà voir (ib. 4177)Lors me porpensai que j'avoie Ung compagnon que ge savoie Moult à loial... (ib. 3120)Tant que celui veigne en la presence dou seignor et de la court et offre à faire dreit de ce que l'on li saura que demander.... (Ass. de J. 139)Je, Pierres, de tel lieu, fes savoir à toz presens et à venir que je.... (BEAUMANOIR XII, 58)Cil qui sunt baillié auditeur.... doivent mult regarder et entendre comment li tesmong respondent as demandes qui lor sunt fetes, ou par savoir, ou par croire, ou par quidier (BEAUMANOIR XL, 12)Quant il dist : Je sai de certain (BEAUMANOIR XL, 12)Et comme tel cas ne soit pas puis avenus que noz saçons, nos creons que s'il avenoit, que cil qui.... (BEAUMANOIR XXX, 101)Le [la] premiere reson, c'est à savoir que Dix [Dieu] commanda que on amast son proisme comme soi-meisme (BEAUMANOIR XII, Prologue)Le roy y envoia savoir par un messager chevalier (JOINV. 215)

XIVe s.Envoiez ung heraut ou [au] chastel par delà Pour parler au roi Pietres, saver comment il va (Guesclin. 16479)Li rois Pietre d'Espaigne si vault pis qu'uns Juïfs ; Et vous le savez bien, si le dittes envis (ib. 10012)

XVe s.Quand les nouvelles vinrent en l'ost que nul ne savoit à dire que le comte d'Armagnac estoit devenu, si furent tout esbahis, et ne savoient que dire ni que penser (FROISS. III, IV, 20)Routes [bandes] de Bretons qui prenoient et pilloient quant ils trouvoient, et rien ne savoient que c'estoit de payer (FROISS. II, III, 18)Il leur dit qu'il savoit tout le pays et connoissoit (FROISS. I, I, 133)Si ils sevent un chemin, j'en sçais bien un autre (FROISS. I, I, 139)Je suis de tous maulx bien garny, Autant que nul qui soit en France, Dieu scet en quel mauvais party (CH. D'ORL. Ball. 22)Ils avoient envoyé leurs messaigiers... pour annoncer et faire savoir la venue du mareschal (Bouciq. II, 19)Sartan, dessus ma leauté Vous jur que mal ne vous feray, Ne pis pour ce ne vous voudray : Dites ce que vous en savez (Nativité de N. S. J. C. Mystère)Legier semblez-vous vrayment ; Je vous retien mon mesagier. Maistre Sartan, sanz plus targier, Envoiez-le où vous savez (ib.)J'ay escript et mis par memoire.... le plus près de la verité que j'ay peu et sceu avoir souvenance (COMM. Prol.)Et à moy est presque estrange que une personne sage sceust estre [pût être] ingrate de grant benefice (COMM. II, 3)La moitié de l'Europe ne l'eust sceu contenter [tant il était ambitieux] (COMM. III, 3)À ce qu'il entreprenoit, il y pourvoyoit si bien, que à grant peine eust-il sceu faillir à estre le plus fort (COMM. II, 10)Fait Dieu grant grace à ung prince quant il sçait bien et mal (COMM. I, 10)C'est la femme que je sache qui plus se haste de s'en venir [des fêtes] quant elle y est (Les 15 joyes de mariage, p. 18)Au long aller fault que tout soit sceu (ib. p. 56)Ce roi et cette reine que vous querez sont par adventure mors ou tant anciens que deduyt n'est de les veoir. Haa, madame, dist Ourseau, vous sçavez mieulx que vous ne dites (Perceforest, t. IV, f° 141)

XVIe s.Nous savons bien de nostre vocation, mais de nostre election nous en sommes incertains (CALV. Inst. 780)Et fut conclud que on envoyeroit quelque homme prudent devers Pichrocholle, sçavoir pourquoy.... (RAB. Garg. I, 28)Phaeton, ne sçavant ensuyvre la line ecliptique.... (RAB. Pant. II, 2)Le livre n'est encores imprimé, que je sçaiche (ib. II, 15)J'en sçay qui.... (MONT. I, 29)Le sçavoir mourir nous affranchit de.... (MONT. I, 77)Sans nostre sceu (MONT. I, 97)Je vouldrois que chascun escrivist ce qu'il sçait, et autant qu'il en sçait (MONT. I, 234)Savoir de certaine science que.... (MONT. I, 203)Ces vers ont je ne sçay quoi de plus vif (MONT. I, 222)L'ignorance qui se sçait, et qui se condamne (MONT. II, 230)On y trouva des nations n'ayant, que nous sçachons, ouï nouvelles de nous (MONT. II, 334)On ne peut contraindre celuy qui sçait mourir (D'AUB. Conf. II, 7)Je ne saiche en ma vie l'avoir offensé (CARLOIX IV, 3)Aussi osé-je dire que je ne sache homme si chatouilleux, qui ne.... (PARÉ Dédicace au lecteur.)Je ne sache homme si peu versé en astrologie qui.... (PARÉ IX, 2e disc.)C'est bien le tiltre le plus auguste qui sçauroit estre donné à un monarque souverain (AMYOT Épît.)Au demourant, qu'il ait esté en Afrique et en Espagne, et jusques aux Indes, je ne sache personne qui l'ait escrit (AMYOT Lyc. 6)Assez sçait qui sçait vivre et se taire (COTGRAVE)Il ne sçait rien qui ne va par villes (COTGRAVE)Il ne sçait rien qui ne veut bien faire (COTGRAVE)De vos beautés sçav'ous que j'en dirois (DU BELLAY p. 364, dans LACURNE) (sçav'ous, pour savez-vous, abréviation qui s'était produite au XVIe siècle).

ÉTYMOLOGIE

Bourguig. sçaivoi ; wallon, saveur ; provenç. saber, saper ; espagn. et portug. saber ; ital. savere, sapere ; du lat. sap(re (avec changement d'accent, sapere), avoir de la saveur, avoir le goût bon, et fig. Être sage, judicieux, savoir connaître. C'est par une fausse étymologie qu'on s'est mis au XVe et au XVIe siècles à écrire sçavoir, comme si le mot venait du latin scire.

SAVOIR (s. m.)[sa-voir]

usité seulement au singulier.

Connaissance acquise par l'étude, par l'expérience Et ce qu'ont fait pour vous mon savoir et ma main M'a fait un ennemi de tout le genre humain (CORN. Médée, III, 3)

Laissez dire les sots : le savoir a son prix (LA FONT. Fabl. VIII, 19)

On s'y fait [à la cour] une manière d'esprit qui, sans comparaison, juge plus finement des choses que tout le savoir enrouillé des pédants (MOL. Critique, sc. 7)

Ils ont voulu dire que Valdo était un homme de savoir (BOSSUET Var. 11)

Que lui manquait-il pour un si glorieux, mais si difficile ministère [gouverneur du Dauphin] ? du savoir ? il avait acquis par ses lectures continuelles des habitudes dans tous les pays et dans tous les siècles (FLÉCH. Duc de Mont.)

M. Dacier n'étant pas seulement un homme de grande érudition et d'une critique très fine, mais d'une politesse d'autant plus estimable qu'elle accompagne rarement un grand savoir (BOILEAU Longin, Subl. Préf.)

Le savoir fait partie du mérite personnel ; il mène souvent à la fortune, et est toujours d'une grande ressource dans l'adversité (DUMARSAIS Oeuv. t. I, p. 267)

Les hommes, abrutis par leur vain savoir, ont fermé leur esprit à la voix de la raison, et leur coeur à celle de la nature (J. J. ROUSS. Lett. à d'Alemb.)

Le savoir que l'auteur [Dumarsais] y a répandu, la précision des règles et la justesse des applications, ont fait regarder avec raison cette partie de l'Encyclopédie comme une des mieux traitées (D'ALEM. Éloges, Dumarsais.)

N'étant pas encore aguerri contre les incertitudes du savoir, ma peur avait été celle d'un enfant qui se trouve pour la première fois dans les ténèbres (BARTHÉL. Anach. ch. 28)

C'est à dater de la mort de Louis XV que le véritable savoir gastronomique et, par conséquent, la science du cuisinier s'en sont allés dégringolant (DECOURCHAMP Souvenirs de la marquise de Créquy, t. IV, ch. 6)

Demi-savoir, savoir incomplet en étendue ou en profondeur.

HISTORIQUE

IXe s.In quant Deus savir et podir me dunat (Serment)

XIe s.Li amiralz est mult de grant saveir (Ch. de Rol. CCXXXVIII)

XIIe s.Car j'i met tout, cuer et cors et desir, Sens et savoir.... (Couci, XIX)L'arcevesque Thomas, qui mult out grant saveir (Th. le Mart. 51)

XIIIe s.Fai je savoir ou folie, Qui me tien en la baillie D'amours... ? (Ms. de poésies fr. avant 1300, t. IV, p. 1413, dans LACURNE)N'ai pas creü la voix, si n'ai pas fait savoir, Fabliaux (JUBINAL t. I, p. 129)

XVe s.Fleurs portent odeur et sentence [senteur], Et savoir vient d'estudier (CH. D'ORL. Rondeau.)Il est à croire que le sçavoir amende plus tost ung homme que l'empirer (COMM. V, 18)

XVIe s.Demetrius, personnage renommé pour son eminent sçavoir (AMYOT Préf. XVII, 45)Mais quiconque a le sçavoir, Celuy doit l'honneur avoir (RONS. 380)Mieulx vault sçavoir que grand avoir (ROB. EST. Gramm. p. 126, dans LACURNE)Quelque sçavoir que soit en l'homme, s'il n'a de l'argent, on s'en mocque (COTGRAVE)

ÉTYMOLOGIE

Savoir 1 ; provenç. espagn. et portug. saber ; ital. sapere.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SAVOIR. - REM.

2. En exemple de : je sai, Ajoutez :Des crimes si légers furent mes coups d'essai ; Il faut bien autrement montrer ce que je sai (CORN. Médée, I, 4)

Wikipedia

Saurer

                   
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Saurer

Description de l'image  Saurer logo.gif.
 
Création en 1853
Disparition en 1983, cessation de fabrication de camions
Siège social Arbon Drapeau de Suisse Suisse
Activité machines industrielles
Produits machines textiles
Société mère OC Oerlikon
Effectif 10021 (2005)
Site web http://www.saurer.com
Chiffre d’affaires 2431 millions CHF (2005)
Résultat net 85 millions CHF (2005)

Saurer AG (anciennement Adolph Saurer AG) est une entreprise suisse fabriquant des machines textiles, auparavant constructeur de camions.

Sommaire

  Histoire

En 1853, Franz Saurer crée une entreprise de fonderie à Saint-Georgien près de Saint-Gall en Suisse. L'entreprise déménage à Arbon en 1862 et commence, une année plus tard, à développer des machines à broder. En 1888, Saurer fabrique ses premiers moteurs à essence, destinés à l'industrie, comme génératrice mais aussi pour la production agricole. En 1896, la société produit sa première automobile, mais Saurer délaisse ce créneau au début du XXe siècle, pour ne construire que des autobus et des camions.

À la mort du fondateur, ses fils Adolph Saurer et Julius Emil Saurer prennent la direction de l'entreprise. En 1903, un camions de 5 tonnes et de 30 chevaux à soupapes latérales opposées est lancé. Trois ans plus tard, ce modèle est équipé de pneus pleins en caoutchouc. En 1905, des camions de 1,5, 2,5 et 3 tonnes apparaissent. À cette époque, les véhicules Saurer gagnent de nombreux prix dans les concours internationaux en Europe.

  camion militaire Saurer
  camion Saurer

En 1909, Safir Co. à Zurich achète une licence pour construire des camions Saurer et construit le premier moteur Diesel haut régime. Des usines d'assemblage sont installées en Allemagne et en France pour ces marchés. En parallèle, la compagnie Mack Trucks obtient l'autorisation de construire des camions Saurer, pour l'Amérique du Nord jusqu'en 1918 où l'accord prit fin.

En 1920, à la mort d'Adolph Saurer, c'est son fils Hippolyt qui prend la direction de l'entreprise. En 1929, Saurer achète son rival suisse Berna AG d'Olten et propose, deux ans plus tard des 2, 3, 4, et 5 tonnes. Dans la même période, et jusqu'en 1937, la compagnie fabrique quatre modèles en Angleterre sous le nom de Armstrong-Saurer, à Newcastle upon Tyne dans une usine qui appartient à Sir W. G. Armstrong Whitworth. Les modèles de base étaient :

  • le Defiant, avec un moteur diesel de 4 cylindres,
  • le Dauntless avec un moteur diesel 6 cylindres,
  • le Dominant avec trois essieux,
  • le Samson avec quatre essieux, boîte de vitesse surmultipliée et freins à air comprimé.

En 1934, un nouveau camion, du nom de Type C est inauguré Ce modèle, à capot et cabine avancée, permet de transporter des charges allant jusqu'à 10 tonnes et sera produit jusqu'en 1963. En 1938, la compagnie présente des véhicules tout-terrains à vocation militaire destinés au transport de pièces d'artilleries. En 1944, Saurer fabrique un moteur 12 cylindres en V de 1000 chevaux, pour l'aviation militaire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la firme développe également des camions militaires avec des configurations d'essieux de: 4x4, 6x6, et 8x8.

Durant la Shoah, des camions Saurer de type BT 4500 et 5 BHw[1] ont servi à gazer des milliers de Juifs, des modèles spécialement transformés à cette fin (Gaswagen) ayant été livrés à l'armée allemande par la Firme Gaubschat à Berlin[2],[3],[4],[5].

En 1946, Saurer construit des autobus avec moteur latéral ou en position arrière et d'une transmission à quatre rapports. En 1956, Saurer vend son usine française à Simca qui racheta également Unic pour former sa division "Véhicules industriels". En 1959, une nouvelle gamme est proposée du nom de Type D, avec deux châssis de base le 20 et le 50, des configurations avec moteurs diesel de 120 et 240 chevaux, toutes roues motrices sont offerts. En 1974, un porteur du nom de 5DF en configuration de 8x4, est lancé.

1976 voit l'arrivée des modèles D180 et D230, les deux en 4x2, ainsi que les D290, et D330, de 4x2, 6x2, 6x4 et 8x4. En 1980, les deux plus important fabricants de camions Suisses, Saurer et FBW de Wetzikon s'associent pour former NAW dont la production de camions est rachetée deux ans plus tard par Mercedes-Benz. Par la suite, Saurer poursuit ses activités dans la fabrication de machines industriels de textiles.

  Notes et références

  1. Nazi Gaz Vans, Rob Arndt, consulté le 2 décembre 2011.
  2. Saurer figure comme exportateur suisse de matériel de guerre vers l'Allemagne p. 189 du Rapport final de La Suisse, le national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale.
  3. Jean-François Forges, Éduquer contre Auschwitz, p. 28. Voir extraits
  4. Claude Lanzmann dans le film Shoah. Voir aussi territoires-mémoires.be
  5. (fr) Mathias Beer Les camions à gaz

  Voir aussi

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  Bibliographie

  • Peter-J Davies, L'encyclopédie mondiale des camions, Manise, 2003, 256 p. (ISBN 978-2841982141) 

  Articles connexes


   
               

Savoir

                   

Le savoir est défini habituellement comme un ensemble de connaissances ou d'aptitudes reproductibles, acquises par l'étude ou l'expérience.

Sommaire

  Définitions

En français, les termes de connaissances et savoirs sont employés alors que, par exemple, l'anglais utilise knowledge dans tous les cas. Ce décalage a une origine ancienne puisque le mot provient du latin sapere, verbe qui employé intransitivement indiquait une entité qui possédait une saveur. Il n'y avait donc alors pas de référence au moindre processus cognitif. Ce n'est qu'au Moyen Âge qu'émergea le sens actuel après avoir transité par une forme figurée désignant une personne en quelque sorte « informée ». À partir de cette époque, le fait de savoir fut considéré comme une attestation ou garantie de sagesse, association qu'on retrouve de nos jours sous la forme de la confusion traditionnelle entre le savoir et l'intelligence ; des oppositions telles que « tête bien pleine » et « tête bien faite » rappelant que les choses ne sont pas si simples.

Tout comme savoir et connaître ne s'emploient pas dans les mêmes contextes, on distingue savoir et connaissance :

  • Le savoir désigne une construction mentale individuelle qui peut englober plusieurs domaines de connaissance. Pour Littré (1877), ce terme ne s’employait qu’au singulier et était défini comme «Connaissance acquise par l'étude, par l'expérience[1]». Le TLFI amplifie cette définition : « Ensemble des connaissances d'une personne ou d'une collectivité acquises par l'étude, par l'observation, par l'apprentissage et/ou par l'expérience [2]. »
  • La connaissance se réfère, quant à elle, à un domaine précis extérieur au sujet : connaissance d’une langue, d’une discipline. Ce terme s’emploie généralement au pluriel : connaissances usuelles, connaissances pratiques, base de connaissances, etc.

Savoir et connaissance s’opposent au domaine de la croyance.

Le savoir se distingue par divers traits d'un ensemble de connaissances en particulier par la dimension qualitative : l'acquisition d'un savoir véritable suppose un processus continu d'assimilation et d'organisation de connaissances par le sujet concerné, qui s'oppose à une simple accumulation et rétention hors de toute volonté d'application. Au niveau individuel le savoir intègre donc une valeur ajoutée en rapport avec l'expérience vécue et de multiples informations contextuelles. Chaque personne organise et élabore son savoir en fonction de ses intérêts et besoins ; la composante consciente et volontaire de cette élaboration s'appelle la métacognition. La plupart des « savoirs » individuels sont naturellement utiles à l'action, à sa performance, sa réussite : « Savoir, c'est pouvoir ! ». C'est aussi sur des mises en situation que reposent les meilleures évaluations du savoir alors que des tests basés sur la seule restitution d'informations ne garantissent pas sa qualité et par conséquent sa valeur. De même, le savoir se rend plus visible et pratique sous le nom de « savoir-faire », « savoir-vivre », etc. Les savoirs les plus intellectuels reposent sur l'appropriation ou création de concepts, en parallèle avec le développement des « savoirs scientifiques » ou de la philosophie. La notion de "savoir être", quant à elle, utilisée notamment dans le champ de la formation des adultes renvoie aux attitudes et comportements qu'un sujet met en œuvre pour s'adapter à un milieu.

Si le savoir est à l'origine une composante personnelle et individuelle, le concept s'étend naturellement à toute entité capable d'une capitalisation analogue de son expérience :

  • les autres animaux et autres organismes « savants » ;
  • les communautés ou groupes humains et donc l'humanité dans son ensemble ; on parle de « savoirs traditionnels », « savoirs spécialisés », « savoir de l'Humanité », etc. ;
  • certains systèmes informatiques, sans que cela pose l'équivalence du savoir humain et du savoir de la machine nommée telle qu'il est mis en œuvre dans un système expert ;

Chaque communauté repose sur un savoir partagé ; c'est une composante de son identité. Le poids et la reconnaissance de ce savoir et donc du savoir présentent des formes variables, mais le sort de la communauté est généralement lié à la conservation de ce patrimoine immatériel. Au sein des sociétés et cultures, l'éducation a pour mission d'aider à l'appropriation du savoir collectif élémentaire, on parle ainsi d'acquisition d'un socle commun, l'enseignement complétant l'acquisition de connaissances et savoir-faire disciplinaires, pendant que la formation professionnelle est chargée de la transmission des savoirs professionnels.

Le savoir se présente donc généralement comme une valeur collective ; une ressource de nature immatérielle. De ce point de vue, laissant provisoirement de côté l'insaisissable dimension psychologique, cette valeur prend l'allure d'un bien et même d'un « bien économique ». On réifie donc cette réalité en la matérialisant dans le langage. On parle donc de :

  • acquisition du savoir, accès au savoir, appropriation des savoirs ;
  • transmission du savoir, échanges de savoirs, partage du savoir, circulation du savoir ;
  • gestion du savoir (GS), maîtrise des savoirs, valorisation des savoirs.

Selon les époques et les cultures, la conservation du savoir et la transmission des connaissances s'appuient sur la communication orale et l'expression écrite. Des « entrepôts du savoir » sont créés et entretenus comme mémoire collective : bibliothèque, centres de documentation, etc.

Dans une certaine mesure, le savoir se transmet de manière informelle par la communication entre pairs ou interaction entre membres de statuts comparables. L'efficacité de la transmission étant pour une part fonction de la plasticité mentale de l'apprenant, elle-même fonction de son âge en particulier, la pédagogie étudie les conditions de ces transmissions entre novices et apprenants et leurs maîtres ou professeurs plus expérimentés ou plus savants.

  Gestion du savoir

La gestion du savoir (GS) a pour objectif la valorisation du savoir au sein d'une entreprise ou d'une organisation pour de meilleures performances. Elle se compose de pratiques diverses soutenant la création de savoirs, l'organisation du savoir collectif et les capacités de son exploitation par les personnels. Ce secteur a commencé à émerger en fin des années 1980 quand la quantité d'informations disponibles s'est avérée excéder les capacités de leur intégration par les organismes.

La gestion doit s'appuyer sur une « culture du savoir » partagée par la communauté et rester en phase avec cette dimension. « Rétention d'informations », « culte du secret », etc., sont des réflexes qui doivent parfois être modérés avant tout autre objectif. D'un certain point de vue, la GS est à la Connaissance, ce que l'Information est au système d'information de l'entreprise. Les facteurs humains, sociaux doivent toujours être pris en considération pour une bonne compréhension de la démarche et la reconnaissance de sa légitimité : c'est l'ensemble de la structure qui doit se penser comme « organisation apprenante ». Le savoir doit être perçu comme la possibilité de prestations ou de produits de qualité supérieure.

La gestion du savoir s'attache d'abord à expliciter le « capital intellectuel » des employés en association avec la « mémoire » organisationnelle. Les investigations et initiatives nécessaires doivent valoriser simultanément la place du savoir de chacun au sein de l'activité. Cela comprend :

  • la mise en formes explicites de savoir-faire implicites. On se demandera en particulier quel est le déficit de la « mémoire organisationnelle » en cas d'absence ou de départ de tel ou tel employé. On peut parler de « savoir instable ».
  • le recensement de multiples formes de compétence restées méconnues, sans se restreindre au secteur d'activité ou au cadre professionnel. Cela rejoint naturellement les démarches de validation des acquis professionnels et la détermination des parcours de formation. On peut parler de « savoir méconnu » plutôt que de « savoir caché » (qui relèverait plutôt des secrets professionnels et apparentés).

À ce stade, les grandes lignes d'une « cartographie du savoir » peuvent déjà être déployées ; la confrontation de cette carte avec la structure et fonctionnement de l'organisation peut permettre de relever ses faiblesses du point de vue de la valorisation du savoir (gestion des ressources humaines).

Alors, selon l'organisme concerné, une dynamique de création de savoirs doit être progressivement mise en place. Cette démarche pourra à un autre niveau accompagner ou soutenir toutes les modalités de changement de l'organisation (logique de projet, évolutions et mutations). Il s'agit donc de développer et consolider les formes de communication (échanges d'idées) et de créativité en les orientant vers la réalisation de ressources pérennes réutilisables.

La gestion du savoir peut être ainsi conçue comme la zone commune à la veille informationnelle et à l'information et communication internes. La complexité de ces processus requiert des investissements dans les technologies de l'information. L'informatique est employée aux différents stades de la valorisation du savoir, en particulier dans la gestion et la communication de la documentation et autres mises en forme des connaissances.

Une fois les savoirs inventoriés et préservés dans un processus d'accroissement continu, il faut garantir l'accès de tous à ces ressources, pour finalement vérifier et soutenir leur usage dans les pratiques effectives. Pour les grandes organisations au moins, le modèle global peut être une espèce de « marché du savoir » où l'offre et la demande devraient coïncider et satisfaire à tout moment les besoins des producteurs et des consommateurs. Cette adéquation ne doit pas être uniformisante et façonner un employé moyen, mais au contraire se préoccuper notamment de l'accessibilité d'un même savoir à des « clients » très divers.

Comme il a été dit, les facteurs psychologiques, les composantes relationnelles, ne doivent jamais être sous-estimées à tous les stades de la valorisation du savoir, au risque de voir surgir des réactions et des désordres imprévus bien contraires à l'intention première. Il ne faut pas oublier que l'élaboration ou acquisition d'un savoir véritable demande du temps, de la disponibilité et donc avant toute chose une réelle motivation ; motivation qui peut se nourrir du gain d'autonomie qu'apporte à toute personne une meilleure gestion de son savoir propre. On n'oubliera pas non plus que l'organisation peut n'avoir aucun intérêt à maintenir certains savoirs. Comme tout acteur social, elle peut "ne rien vouloir savoir" de certains de ses propres défauts, ou de son propre passé. Elle peut vouloir ignorer qu'elle n'est pas seulement une "machine à profit", mais aussi partie prenante d'une société d'êtres humains qui ne sont ni des clients ni des employés, mais des concitoyens. Mais il est sans doute inhérent à toute institution humaine de ne bâtir ses propres savoirs qu'en en refusant d'autres.

Sources : « Introduction à la gestion du savoir dans la fonction publique », Centre canadien de gestion sur l'organisation apprenante, avril 1999.

  Bibliographie

  Voir aussi

  Références

  Liens externes

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Saurais

                   
Saurais
Administration
Pays France
Région Poitou-Charentes
Département Deux-Sèvres
Arrondissement Arrondissement de Parthenay
Canton Canton de Thénezay
Code commune 79306
Code postal 79200
Maire
Mandat en cours
Louis-Marie Guérineau
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Thénezéen
Démographie
Population 183 hab. (2009)
Densité 16 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 37′ 12″ N 0° 08′ 39″ W / 46.62, -0.14416666666746° 37′ 12″ Nord
       0° 08′ 39″ Ouest
/ 46.62, -0.144166666667
Altitudes mini. 154 m — maxi. 268 m
Superficie 11,30 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Saurais est une commune française, située dans le département des Deux-Sèvres et la région Poitou-Charentes.

Sommaire

  Géographie

  Économie

  Histoire

  Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 2008 Nicole Coustellié SE Commerçante
2008   Louis-Marie Guérineau[1]   Employé

  Démographie

À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Pour Saurais, cela correspond à 2007, 2012, 2017[2], etc. Les autres dates de « recensements » (2006, 2009, etc.) sont des estimations légales.

Évolution démographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2009
275 251 196 180 167 168 183 185 183
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; à partir de 2006 : population municipale légale.
Source : Insee : 1968-1999[3], 2006[4], 2007[5], 2009[6]

  Lieux et monuments

  Personnalités liées à la commune

  Voir aussi

  Liens internes

  Liens externes

  Sources

  Notes

  1. Site de la préfecture, consulté le 31 août 2008
  2. Calendrier de recensement sur Insee. Consulté le 26 avril 2012.
  3. Évolution et structure de la population sur Insee. Consulté le 26 avril 2012.
  4. Populations légales 2006 des communes du département sur Insee. Consulté le 26 avril 2012.
  5. Populations légales 2007 des communes du département sur Insee. Consulté le 26 avril 2012.
  6. Populations légales 2009 des communes du département sur Insee. Consulté le 26 avril 2012.
   
               

 

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