TARTARE (s. m.)
1. Nom d'un peuple originaire du Turkestan ; on a donné vaguement ce nom à tous les peuples de l'Asie moyenne, depuis la mer Caspienne jusqu'aux côtes orientales.
• S'ils arrivent, ces Tartares, ou nous les ferons rentrer dans le Tartare d'où ils sont sortis, ou bien ils nous enverront nous-mêmes jouir, dans le ciel, du bonheur promis aux élus : le jeu de mots qu'on prête ici à saint Louis, se retrouve dans presque tous les écrits de cette époque ; et c'est peut-être là, pour le dire en passant, la véritable cause de l'altération que les Occidentaux ont apportée au nom des Tatars (ABEL-RÉMUSAT Instit. Mém. inscr. et belles-lettres t. VI, p. 408)
2. Se dit des courriers employés par la Porte ottomane et les ambassadeurs européens à Constantinople (avec un t minuscule).
• L'Athénien tremblant, Debout, la main au coeur et la tête courbée, Adorait le coursier du tartare insolent (P. LEBRUN Voy. de Grèce, III)
• Tartares s'est dit des valets militaires de la maison du roi, parce qu'ils pillaient pendant que leurs maîtres se battaient (VOLT. Dict. hist. Tartare)
• Son tartare vint me dire qu'il m'attendait à onze heures (DIDER. Lett. à Mlle Voland, 18 oct. 1769)
Fig.
• Il faut que les chirurgiens soient les égaux ou les tartares des médecins (DIDER. Lett.)
4. Chez les tailleurs, l'apprenti.
5. Terme de cuisine. à la tartare, se dit en parlant d'une manière d'accommoder le poisson et la viande, qui consiste à les servir panés et grillés, avec une sauce froide à la moutarde que l'on nomme aussi sauce à la tartare ou sauce tartare.
HISTORIQUE
XIIIe s.— D'autre part viennent li Tartaire, Que l'en fera mes à tart taire, Qu'on n'avoit cure d'aler querre (RUTEB. 101) Joinville dit Tartarins.