Thomas Stieltjes
Thomas Stieltjes
| Naissance | 29 décembre 1856 Zwolle (Pays-Bas) |
|---|---|
| Décès | 31 décembre 1894 (à 38 ans) Toulouse (France) |
| Nationalité | |
| Champs | Mathématiques |
| Institutions | Université de Leyde Université de technologie de Delft |
| Diplômé de | École Normale Supérieure |
| Renommé pour | Intégrale de Stieltjes |
Thomas Joannes Stieltjes, mathématicien néerlandais du XIXe siècle, a travaillé sur de nombreuses théories et thèses notamment les quadratures de Gauss, les polynômes orthogonaux ou encore les fractions continues. Son travail sur les fractions continues, et plus précisément les approximants de Padé lui valut le surnom de « père de la théorie analytique des fractions continues ». Cependant, sa santé très fragile, ne lui permit pas de mener à bien l'ensemble de ses travaux.
Sommaire |
Thomas-Joannes Stieltjes est né le 29 décembre 1856 à Zwolle, aux Pays-Bas, et est mort, à l'âge de 38 ans, à Toulouse victime d'une épidémie de grippe qui mit sa santé de nombreuses fois en danger jusqu'au jour de son décès, le 31 décembre 1894. Ses obsèques eurent lieu le 2 janvier 1895.
Il est issu d'une famille nombreuse, de sept enfants, composée de quatre filles et trois garçons. Ses deux prénoms (Thomas-Joannes) proviennent de son père qui mourut en 1878. Ce dernier était un parlementaire aux Pays-Bas ainsi qu'un grand ingénieur civil. En effet, il a achevé la construction du célèbre port de Rotterdam.
En 1883, il se marie avec Élisabeth (Lilly) Intveld qui l'encouragea vivement dans ses activités de recherches dans le domaine des mathématiques. Il a eu avec elle un fils qui mourut très tôt, en 1887. Mais, par la suite, ils auront un autre fils ainsi que deux filles.
En 1885, il quitte les Pays-Bas accompagné de sa famille pour Paris, il s'y installe et s'y plaît au point de vouloir la nationalité française pour obtenir un travail. En 1886, il réussit à l'obtenir. Par la suite, il visita plusieurs villes de France, et s'installa notamment à Toulouse.
Thomas Stieltjes s'est également intéressé à l'ingénierie civile, en promouvant la construction de plusieurs canaux dans le sud-est de la province néerlandaise de Drenthe, dont un qui porte son nom en hommage (Stieltjeskanaal).
Stieltjes fit ses études à l'école de Polytechnique à Delft, dans son pays natal, en 1873. Mais au lieu de suivre ses cours, il allait à la bibliothèque, dans laquelle, il lisait des œuvres de grands mathématiciens tels que Carl Friedrich Gauss ou encore Charles Gustave Jacob Jacobi. Suite à quoi, il échoua à ses examens en 1875 puis l'année suivante, en 1876. Passionné de sciences et grâce à l'intermédiaire de l'ami de son père, le professeur H. G. van de Sande Bakhuyzen, il réussit à rentrer en tant qu'assistant aux calculs astronomiques à l'Observatoire de Leyde en avril 1877.
En 1882, grâce au travail de Félix Tisserand (1845-1896) sur le calcul de l'inclinaison mutuelle des orbites, Stieltjes fit une remarquable démonstration sur le sujet. Par le biais de Tisserand, Stieltjes prit contact avec Charles Hermite (1822-1901), un des plus importants mathématiciens français. C'est le début d'une très grande amitié ainsi que d'une longue et passionnante correspondance dont subsistent 432 lettres totalisant 921 pages. Suite à cette correspondance, des notions mathématiques ont été découvertes. Grâce à Hermite notamment, Stieltjes devint professeur remplaçant à l’école polytechnique de Delft (dont il n'était pas diplômé), durant 4 mois, de septembre à décembre 1883 et Stieltjes y reçut le titre de doctora honoris causa toujours grâce à ses recommandations ainsi qu'à celles d'Émile Picard (1856-1941). Henri Bourget (1864-1921) et Baillaud, deux de ses élèves, ont publié, plus tard, ces correspondances. Ils ont beaucoup admiré l'enseignement de Stieltjes : « On sortait des leçons étonnés de la facilité d'acquisition des méthodes générales […] Je n'ai jamais connu de professeur donnant, autant que lui, à ses élèves. »
Les méthodes de quadrature de Gauss datent[1] de 1814. Celles-ci servent à calculer la valeur numérique d'intégrales définies : Thomas-Joannes Stieltjes était fasciné par les formules tirées de cette méthode. En effet c'est lui qui démontra leur convergence lorsque l'intervalle d'intégration (intervalle qui permet de calculer l'aire comprise sous une courbe entre deux limites) est fini. Stieltjes prouva aussi certaines inégalités concernant les quadratures de Gauss. En 1887, il est l'un des fondateurs des prestigieuses Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse et en 1889, il est nommé professeur de calcul différentiel et intégral. Depuis 1884, il est passionné par la méthode de quadrature de Gauss, en particulier, il est intrigué par une intégrale définie et d'un type spécial de fractions continues. En décembre 1890, Hermite lui propose de concourir pour le grand prix des sciences mathématiques de l'Académie mais celui-ci refuse.
Durant son existence, Thomas-Joannes Stieltjes consacre une part importante de sa vie aux fractions continues qu'il découvre suite à ses correspondances, notamment avec Hermite. Il y travaille surtout dans la fin des années 1880.
Une fraction continue est, comme l'indique son nom, infinie. En effet, elle est une fraction dont le dénominateur est un nombre auquel on ajoute une fraction dont le dénominateur est un nombre etc. Il travaille sur les fractions continues dans le cas ou leurs éléments sont des fonctions d'une variance complexe z. Suite à quoi, il réalisa la théorie analytique des fractions continues.
En 1894, il créa l'intégrale (la constante) de Stieltjes (Intégrale de Stieltjes) . En effet, dans des cas particuliers, la fraction continue converge vers une fonction définie par une certaine intégrale et la fraction continue n'est en fait qu'un intermédiaire entre la série et l'intégrale. En 1894, un résumé du plus important de son travail est publié dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences de Paris. C'est dans ce mémoire de 170 pages qu'il introduit son intégrale pour laquelle son nom est resté célèbre.
Le néerlandais a consacré une grande partie de son temps à étudier les différents polynômes mais plus particulièrement les polynômes orthogonaux que l'on retrouve dans les formules de quadrature de Gauss et dans les fractions continues. C'est la personne qui a le plus contribué à leur développement. Le 8 novembre 1894, il a écrit une lettre dans laquelle il dit avoir trouvé d'autres polynômes qui sont reliés aux polynômes orthogonaux ; aujourd'hui ils portent son nom, ils servent aussi pour l'évaluation de l'erreur des formules des quadratures de Gauss.
Stieltjes est à l'origine de plusieurs grandes thèses très importantes comme par exemple, en janvier 1883, celle relative à la réduction des observations de la différence de la longitude Layde-Greenwitch. C'est d'ailleurs grâce à ce travail fourni qu'il rencontrera par la suite Hermite à Paris.
Il est aussi à l'origine de nombreux calculs sur la détermination du temps azimut du soleil et de la réduction d'observations pour déterminer la déclinaison magnétique.
Toutefois, il n'a pas toujours su démontrer toutes ses théories et malgré son très haut niveau scientifique, il s'est parfois trompé, comme pour la thèse sur la conjecture de Riemann sur laquelle il travailla en France avec Hermite et Darboux en 1842 : les fonctions se révèleront fausses et on ne trouve toujours pas d'éléments de réponse aujourd'hui.
Il change alors de thèses et fait désormais l'étude de quelques séries semi-convergentes ainsi que de nombreuses théories récentes concernant la loi de la variation de la densité à l'intérieur de la Terre ; beaucoup de grands mathématiciens ne réussiront d'ailleurs pas à trouver des solutions car certaines fractions sont définies ou peuvent être remplacées par un développement en série. Cependant, T. J. Stieltjes soutient sa thèse et prend contact avec le ministre pour un poste en France. Henri Poincaré publiera quelques mois plus tard un travail similaire sur les séries semi-convergentes et les nomma séries « asymptotiques ».
Stieltjes a réalisé de nombreux travaux malgré sa courte vie qui s'acheva en 1894. Son œuvre majeure est incontestablement[réf. souhaitée] le théorème portant en partie son nom, c'est-à-dire le théorème de Stieltjes-Riemann sur les constantes de l'intégrale dans le cadre de son travail sur les fractions continues.
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