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définition - a

a- (aff.)

1.préfixe d'origine grec, dit "a privatif", qui exprime le manque, la privation, la suppression.

a (symb.)

1.(Symbole)unité de superficie agraire égale à 100 mètres carrés.

A (symb.)

1.(Symbole)unité de mesure d'intensité de courant électrique (symbole A).

Å (symb.)

1.unité de longueur employée en physique atomique.

a (n.m.)

1.première lettre et voyelle de l'alphabet.

2.symbole de l'are.

à (prp.)

1.indique un rapport de direction, de position, de but, d'appartenance, de temps, de prix, de manière d'être ou d'agir.

2.élément vide de sens qui introduit des objets dits indirects.

avoir (v. trans.)

1.être en possession, posséder.

2.présenter un caractère spécifique.

3.(familier)duper, tromper.

avoir (v.)

1.penser, ressentir (ex. il a des doutes à propos de qqch).

avoir

1.abuser par une tromperie ; tromper qqn pour obtenir ce que l'on souhaite.

2.tromper, abuser, posséder.

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définition (complément)

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synonymes - a

A (symb.) (Symbole)

ampère

a (symb.) (Symbole)

are

a- (aff.)

an-

avoir

doubler, en faire accroire, escroquer, faire une farce, faire un tour, gruger, jouer un tour, leurrer, mener en bateau, mystifier, trahir, tromper qqn, [ avoir qqn ]  (V+qqn), attraper  (figuré, V+comp), baiser  (V+qqn, argotique), berlurer  (V+comp, argotique), berner  (V+comp, figuré), bidonner  (PejArgPop), couillonner  (V+comp, argotique), dindonner  (V+comp, familier, vieux), duper  (V+comp), embobeliner  (V+comp, familier), embobiner  (V+comp, familier), feinter  (V+comp, familier), induire en erreur  (V+comp), niquer  (V+qqn, vulgaire), posséder  (V+qqn, familier), rouler  (V+comp, familier), rouler dans la farine  (V+comp), tromper  (V+comp--sur+comp, V+qqn)

avoir (v. aux. avoir)

être

avoir (v. trans.)

avoir à sa disposition  (V+comp), avoir en sa possession  (V+comp), comporter  (V+comp), comprendre  (V+comp), contenir  (V+comp), détenir  (V+comp), être en possession  (V+de+comp), être nanti  (V+de+comp), posséder  (V+comp)

avoir (v. trans.) (ellipse)

avoir à la main  (V+comp), avoir dans les mains  (V+comp), avoir en main  (V+comp)

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voir aussi

locutions

-À-BON-COMPTE • À CAPELLA • À-COUP • À DIEU-VA • À-FAUX • À L'ENTOUR • A-MI-LA • A-PARTÉ • À POCO À POCO • À POSTÉRIORI • À PRIORI • À-PROPOS • À VAU • À VERSE • ACQUIT-À-CAUTION • BAT-À-BOURRE • BELLE-À-VOIR • BOUT-À-PORT • BOUTE-À-PORT • BRIC-À-BRAC • CONTRE-À-CONTRE • COQ-À-L'ÂNE • DOUX-A-L'AGNEAU • ÉGAL-À-TOUS • ÉPILOBE à ÉPI • FIER-À-BRAS • HALE-À-BORD • HAUT-À-BAS • HAUT-À-HAUT • MAL-À-PIED • MONTE-À-REGRET • PARE-À-FAUX • PAT-A-QU'EST-CE • PENT-À-COL • PIED-À-TERRE • POCO À POCO • RIC-À-RIC • RIQUET à LA HOUPE • SAUTE-À-L'OEIL • TÊTE-A-TÊTE • TIRE-À-BARRE • TOUCHE-À-TOUT • TOURNE-À-GAUCHE • VALET-À-PATIN • VAQUE-À-TOUT • VIS-À-VIS[Littré]

-accès à l'emploi • accès à l'information • accès à l'information communautaire • accès à l'éducation • accès à la justice • accès à la profession • achat à crédit • adhésion à l'Union européenne • adhésion à un accord • admission à l'examen • agence à l'étranger • agriculture à temps partiel • aide à l'agriculture • aide à l'emploi • aide à l'exportation • aide à l'hectare • aide à l'industrie • aide à l'investissement • aide à l'écoulement • aide à l'étranger • aide à la construction • aide à la modernisation • aide à la navigation • aide à la production • aide à la reconversion • aide à la restructuration • alliage à mémoire • animal à fourrure • appareil à gaz • appareil à radiations • appartenance à l'Union européenne • arme à feu et munitions • arme à laser • assurance à l'exportation • atteinte à la sûreté de l'État • bien à double usage • canne à sucre • capitaux à risque • charge à l'essieu • contrôle à la frontière • crédit à court terme • crédit à l'exportation • crédit à l'importation • crédit à la consommation • crédit à long terme • crédit à moyen terme • droit à l'information • droit à l'intégrité physique [V4.1] • droit à l'éducation • droit à la culture • droit à la justice • droit à la santé • enseignement à distance • financement à court terme • financement à long terme • financement à moyen terme • financement à très court terme • force à l'étranger • formation à la gestion • fromage à pâte demi-dure • fromage à pâte dure • fromage à pâte molle • fromage à pâte persillée • fruit à baie • fruit à coque • fruit à noyau • fruit à pépins • garde à vue • gaz à effet de serre • investissement à l'étranger • légume à bulbe • légume à feuille • légume à fruit • légume à racine • machine à traire • magasin à grande surface • magasin à succursales multiples • marché de gré à gré • marché à terme • paiement à l'avance • personnel CE de catégorie A • pile à combustible • plainte à la Commission • pompe à chaleur • prime à l'abattage • prime à l'arrachage • prime à la non-commercialisation • prix fixé à l'avance • prix à fourchette • prix à l'exportation • prix à l'importation • prix à la consommation • prix à la production • production à la chaîne • produit à base de céréale • produit à base de fruit • produit à base de légume • produit à base de poisson • produit à base de sucre • prélèvement à l'exportation • prélèvement à l'importation • prévision à court terme • prévision à long terme • prévision à moyen terme • reconversion à l'horticulture • remise à l'exportation • restitution à l'exportation • restitution à l'importation • restitution à la production • restriction à l'exportation • restriction à l'importation • restriction à la concurrence • retenue à la source • scrutin à deux tours • scrutin à un tour • soin à domicile • subvention à l'exportation • support à l'utilisateur • surveillance à l'importation • tarif à fourchette • taxe à l'essieu • taxe à l'exportation • taxe à l'importation • terrain à bâtir • transfert de droit à pension • transport à grande vitesse • travail à distance • travail à domicile • travail à l'écran • travail à la chaîne • travail à plein-temps • travail à temps partiel • télévision à haute définition • vente à crédit • vente à distance • vente à domicile • vente à perte • violence à l'école • voyage à forfait • véhicule à coussin d'air • véhicule à deux roues • véhicule à moteur • école à l'étranger • éducation à domicile • éducation à l'environnement • établissement à statut spécial

-A (lettre) • A Londonderry Air • A Portuguesa • A. E. van Vogt • Abréviations en informatique A • Arbre à pain • Ardèchois à la crème de marrons • Arme à feu • Auteurs de bande dessinée par ordre alphabétique A • Bassine à confiture • Biographie du chevalier à la barbe frisée • Bruant à gorge blanche • Carouge à épaulettes • Carte à puce • Cauchy-à-la-Tour • Chromatographie en phase liquide à haute performance • Contrat à durée indéterminée • Cornet à pistons • Corrosion à haute température • Coupe du monde de rugby à XV • Coupe du monde de rugby à XV 2003 • Cubique à faces centrées • Culte à Mystères • Céphalanthère à feuilles étroites • De la Terre à la Lune • Diode à effet tunnel • Engrais à diffusion lente • Familles de plantes à fleurs par ordre alphabétique • Fil à plomb • Fièvre hémorragique à hantavirus • Football à trois côtés • Ford A • Fournisseur d'accès à Internet • Fromage à pâte fondue • Fromages à pâte filée • Fromages à pâte fraîche • Fromages à pâte molle à croûte fleurie • Fromages à pâte molle à croûte lavée • Fromages à pâte persillée • Fromages à pâte pressée cuite • Fromages à pâte pressée demi-cuite • Fromages à pâte pressée non cuite • Gaz à effet de serre • Gâteau au fromage à la mode d'Obwald • Histoire des États-Unis de 1776 à 1865 • Histoire des États-Unis de 1865 à 1918 • Histoire des États-Unis de 1918 à 1945 • Histoire des États-Unis de 1945 à 1964 • Histoire des États-Unis de 1964 à 1980 • Hymne à la Liberté • Immortalité à vendre • Instrument à anche • Instrument à anche double • Instrument à anche libre • Instrument à cordes • Instrument à cordes frappées • Instrument à cordes frottées • Instrument à cordes pincées • Instrument à vent • Intégration à très grande échelle • Jeux vidéo A • Joubarbe à toile d'araignée • L'Amour à mort • L'Année dernière à Marienbad • L'Autobus à impériale • La Dame à la licorne • La Jeune Fille à la perle • La Machine à explorer le temps • Lampe à incandescence • Lampe à incandescence classique • Lampe à incandescence halogène • Langue à tons • Le Droit à la paresse • Le Monde des Ā • Lettre à un otage • Liaison point à point • Libre à jamais • Ligne d'abonné numérique à débit symétrique • Liste de mets à base de fromage • Liste des bandes dessinées asiatiques, par titre français, A • Liste des mangas, par prononciation japonaise, A à O • Liste des mangas, par prononciation japonaise, HA à HO • Liste des mangas, par prononciation japonaise, KA à KO • Liste des mangas, par prononciation japonaise, MA à MO • Liste des mangas, par prononciation japonaise, NA à NO • Liste des mangas, par prononciation japonaise, RA à RO • Liste des mangas, par prononciation japonaise, SA à SO • Liste des mangas, par prononciation japonaise, TA à TO • Liste des minéraux (lettre A) • Locomotive à turbine à gaz • Locomotive à vapeur • Lénine à Paris • Machine à écrire • Marais à mangroves • Meurtres à Rome • Microscope à effet tunnel • Microscope à force atomique • Microscopie à fluorescence • Microscopie électronique à balayage • Mort à Venise • Mésange à longue queue • Ochratoxine A • Ordinateur à ADN • Palmier à bétel • Partis verts à travers le monde • Patin à roulettes • Peinture à l'huile • Pierre Morel-A-L'Huissier • Pile à combustible • Planche à laver • Pointe-à-Pitre • Poisson cru à la tahitienne • Polémiques à propos de l'Égypte antique • Pont-à-Mousson • Protocole point à point • Prélude à l'après-midi d'un faune • Rendez-vous à Bray • Requiem for a Dream • Robert A. Heinlein • Rub-a-Dub • Règle à calcul • Réseau numérique à intégration de services • Sagittaire à feuilles en flèche • Salut à toi, pays de nos aïeux • Système hiérarchique à l'époque Edo • Tarte à la noix de pécan • Temple d'Artémis à Éphèse • Tous à Zanzibar • Tri à bulles • Tête de lecture à technologie GMR • Vol à voile • Vol à vue • Voyage à Rome • À San Remo • À bout de souffle • À double tour • À l'échelle humaine • À la Maison Blanche • À la claire fontaine • À la poursuite d'Octobre Rouge (roman) • À la recherche des esprits • À la recherche du temps perdu • Écran à cristaux liquides

-Ah! quel malheur d'avoir un gendre • Avoir (vente) • Avoir des actionnaires • Avoir fiscal • Avoir maille à partir • Avoir su... • Avoir un bon copain • Avoir un deuxième bureau • Avoir vingt ans dans les Aurès • Boissy-sans-Avoir • En avoir ou pas • En avoir ou pas (film, 1995) • Gautier Sans-Avoir • Il venait d'avoir 18 ans • Initiative populaire « Interdiction d'abattre le bétail de boucherie sans l'avoir préalablement étourdi » • Le Knack... et comment l'avoir • Le Malheur d'avoir trop d'esprit • Liste de jeux vidéo connus pour avoir reçu un accueil négatif • Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour avoir une femme qui boit dans les cafés avec les hommes ? • Merci d'avoir été ma femme • Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes • Être et avoir

dictionnaire analogique






 

faire croire[Classe]

habileté d'esprit[Classe]

manœuvre condamnable ou suspecte[Classe]

hypocrisie (vice qui consiste à feindre)[Classe]

acte malhonnête[Classe]

tromperie[ClasseHyper.]

mensonge[Classe]

personne moqueuse[Classe]

action de voler, de prendre à autrui[Classe]

tromper[Thème]

factotum (en)[Domaine]

NormativeAttribute (en)[Domaine]

acte hypocrite[DomaineCollocation]

person (en)[Domaine]

SocialRole (en)[Domaine]

law (en)[Domaine]

Pretending (en)[Domaine]

faire une victime de - astuce, gadget, stratagème - fauteur de troubles, perturbateur, semeur de troubles, trublion - arnaque, duperie, escroquerie, filouterie, procédés malhonnêtes[Hyper.]

canular, caractère frauduleux, dissimulation, fraude, illusion, mystification, supercherie, tromperie - illusion - hallucination, illusion - tromperie - illusion - trompeur - illusoire, mensonger (''note'': décevant is a false friend meaning disappointing), qui induit en erreur, trompeur - faux - [ avoir qqn ], attraper, avoir, baiser, berlurer, berner, bidonner, couillonner, dindonner, doubler, duper, embobeliner, embobiner, en faire accroire, escroquer, faire une farce, faire un tour, feinter, gruger, induire en erreur, jouer un tour, leurrer, mener en bateau, mystifier, niquer, posséder, rouler, rouler dans la farine, trahir, tromper, tromper qqn - escroc, tricheur, tricheuse, trompeur, trompeuse - artificieux, finaud, futé, habile, malin, matois, risqué, roublard, rusé, sournois - pigeonner - éviter - monter un bateau - blague, espièglerie, farce, plaisanterie, polissonnerie, tour - duper, escroquer, rouler[Dérivé]

finasser[CeQui~]

fourbe, sournois[Propriété~]

rusé[CeQuiEst~]

arnaquer[Nominalisation]

avoir


avoir (aux.)


 

coûter un prix[Classe]

durer[Classe]

avoir (v. intr.)


 

combattre[ClasseParExt.]

reprocher[Classe]

avoir (v. tr.)


avoir (v. tr.) [V+comp]


avoir (v. tr.) [familier]


avoir (le projet)[ClasseParExt.]

désir[DomaineCollocation]

avoir (v. tr.) [V+comp]


 

posséder, avoir à soi[Classe...]

main[Thème]

V+comp[Syntagme]

avoir qqch en main[Classe]

V+comp[Syntagme]

avoir (v. tr.) [ellipse] [V+comp]


 

contenir qqch[Thème]

avoir (v. tr.) [V+comp]















Le Littré (1880)

A (s. m.)[â]

Voyelle et première lettre de l'alphabet. Un grand A. Un petit A. Deux A. Des A mal formés, sans s au pluriel.

Il y a une géométrie matérielle qui se contente de lignes, de points, d'A + B (CHATEAUB. Gén. du Chr. III, II, 1)

Une panse d'a, la première partie d'un petit a dans l'écriture cursive. N'avoir pas fait une panse d'a, c'est-à-dire n'avoir rien écrit, rien copié, rien composé.

Si je voulais recevoir tous les ans vos quatre mille livres, sans faire jamais une panse d'a, vous seriez l'homme le plus propre à vous laisser faire (VOIT. Lett. CLXXXIV)

Ne savoir ni A ni B, ne pas savoir lire, être très ignorant (voy. A B C).

Il est marqué à l'A se dit d'un homme de bien, d'honneur et de mérite ; et ce proverbe est emprunté des monnaies qu'on marquait aux villes de France par ordre alphabétique, selon leur primauté : la monnaie de Paris, réputée du meilleur aloi, était marquée de l'A.

A, dans la musique moderne et notamment dans la musique allemande, le sixième degré de la gamme diatonique et naturelle, ou la dixième corde de la gamme diatonico-chromatique, appelé dans l'ancien solfège a la mi ré, a mi la, ou la. A majuscule, écrit sur une partition, indique l'alto.

HISTORIQUE

XIIIe s.Oiez que tesmoigne li A ; A veut tous tems qu'on la bouche oevre ; Tuit [tout] prelat beent à ceste oevre. Icil qui l'A B C para, Fist le commencement par A, Senefiance de l'A B C (JUBINAL II, 276)

ÉTYMOLOGIE

A latin, lequel vient du grec, lequel a été apporté par les Phéniciens sous le nom d'alpha (voy. ce mot).

A (3e pers. sing. ind. prés. du verbe AVOIR.)[a]

Voy.

AVOIR

.

À (prép.)[a]

1. Entre un substantif et un substantif ou un pronom. Séjour à Paris. Habitation à la campagne. La vie aux champs. Retour à la ville. L'ascension au haut du pic. L'orientation au nord. La remise à un autre temps. Le recours au juge. Le discours au roi. La réponse à une lettre. L'élévation aux dignités. La disposition à la plaisanterie. La préparation à la communion. La contribution au fonds commun. La légèreté à la course. Le lion à la gueule menaçante. Terre à potier. Vases à huile. Marché aux boeufs. Cruche à anses. Chaise à porteurs. Terre à blé. Tunique à manches. L'emprunt au banquier. L'achat au marchand. La demande au professeur. La suspension au plancher. L'arrachement à toutes les affections. La répugnance au mariage. Le manquement au devoir. L'obéissance au maître.

Il n'est rien de cela aux exemples des payens ; nous n'avons pas de liaison à eux (PASC. Pens. II, 17)

Je méditais ma fuite aux terres étrangères (RAC. Baj. III, 2)

2. Entre un substantif et un pronom, construction où à exprime la possession. Un ami à moi. C'est un ami à moi ; je vous le recommande. Il a un style à lui. Vous avez une manière à vous.

3. Entre un substantif et un verbe. L'exhortation à combattre. L'encouragement à bien vivre. La disposition à plaisanter. La promptitude à faire. L'habileté à parler. La facilité à comprendre. La répugnance à venir. Le plaisir à obéir. La fermeté à soutenir la vérité. La honte à mentir.

Quelque effort que l'on fasse à rompre vos beaux noeuds (CORN. Her. I, 4)

Il n'a pas de peine à se rendre (LA FONT. Fab. VIII, 7, 4)

Les biais qu'on doit prendre à terminer vos voeux (MOL. l'Étourdi, IV, 1)

4. Entre un adjectif et un substantif ou un pronom. Exposé au midi. Porté à la violence. Enclin au mal. Prêt au combat. Parti hostile au gouvernement. Obéissant à la loi. Nuisible à la santé. Plaisant à l'oeil. Important à l'État. Habitué aux théâtres. Utile à tous, propre au travail. Affable aux petits. Semblable au loup. Égal aux plus grands. Sa mort fut conforme à sa vie. Attaché à ses habitudes. Rebelle à l'autorité. Répugnant aux sens.

Il est loisible à tout homme de.... Il était naturel à Adam et juste à son innocence (PASC. édit. Cousin.)

Ils étaient cruels à ceux qui leur résistaient (BOSSUET Hist. III, 6)

5. Entre un adjectif et un verbe. Disposé à médire. Prêt à partir. Enclin à ne rien faire. Facile à apprendre. Important à comprendre. Chose honteuse à dire. Charmant à contempler. Agréable à faire. Inutile à dire. Le dernier à fuir. Le premier à s'élancer. Prompt à se mettre en colère. Habile à parler. Propre à supporter les fatigues.

C'est bientôt le premier à prendre (LA FONT. Fab. VIII, 7)

... Les riches grossiers N'ont pas une âme ouverte à sentir les talents (A. CHÉN. 26)

6. Entre un adverbe et un nom ou un pronom. Conformément à ce que vous dites. Semblablement aux feuilles des arbres, les générations humaines se succèdent sur la terre.

7. Entre le même mot répété sans article, indiquant que personnes ou choses se suivent ou se touchent. Un à un. Trois à trois. Il passèrent un à un. On les compta trois à trois. Goutte à goutte. Seul à seul. Tête à tête. Ils s'introduisirent homme à homme. Pas à pas. Mot à mot. Traduire mot à mot. Corps à corps. Lutte corps à corps. Bec à bec. Bout à bout. En termes de jeu, nous sommes fiche à fiche, dix à dix, nous avons chacun une fiche, dix points ; et même, elliptiquement, nous sommes fiche à, dix à.

8. Entre un verbe ayant à pour complément indirect et un substantif ou un pronom. Se rendre à la ville. Reléguer aux champs. Recevoir au camp. Aller à Rouen, à la campagne. Monter au ciel. Envoyer un livre à quelqu'un. Monter à cheval. Être tourné à l'est. être exposé au danger. Jeter quelqu'un à terre. Jeter à l'eau. Revenir à soi. J'en viens à un autre objet. Courir à sa perte. Appeler aux armes. Exhorter au travail. Recourir au juge. Descendre aux dernières prières. S'adresser à ses amis. Réduire à l'extrémité. Arracher quelqu'un à son opinion. Élever au rang suprême. Courir au danger. Se préparer au combat. Lever les mains au ciel. Accorder la récompense au mérite. Devoir de l'argent à quelqu'un. Exposer au péril. Se rendre à César. Écrire à quelqu'un. Enseigner les lettres aux jeunes gens. Ajouter à quelque chose. Imputer à crime. Assister au jugement. Plaire à quelqu'un. Il importe à tout le monde. Elle pense à moi. Il s'accoutume à l'obéissance. Ce vêtement sied bien aux hommes âgés. Il convient à chacun. Ce livre appartient à mon frère. Se joindre à une compagnie. Mettre une chose à sa place. Associer sa cause au salut public. Faire part de sa gloire à quelqu'un. Mêler de l'huile à de la chaux. Comparer Aristote à Platon. Répondre à l'amour. Répugner à certaines démarches. Le chien ressemble au loup. Conformer sa vie aux préceptes de la sagesse. Condamner à mort, aux galères. Puiser de l'eau à une fontaine. Boire à la source. Prendre au tas. Demander quelque chose à quelqu'un. Allumer une chandelle au feu. Acheter du drap au marchand. Emprunter de l'argent à un ami. Dire une parole, un mot à quelqu'un. Commencer à dormir. Suspendre au plafond. Arracher aux arbres leurs fruits, un fils à sa mère. Dérober au danger. La marcotte a été prise à un bon cep. Dépouilles enlevées à l'ennemi. Retirer sa confiance à quelqu'un. Manquer à son devoir, à ses amis. Toucher à quelque chose. Toucher au terme, au port.

La vérité était contraire à vos fins ; il a fallu mettre votre confiance au mensonge (PASC. Prov. 16)

Pensez-vous.... Et quand nous nous mettons quelque chose à la tête, Que l'homme le plus fin ne soit pas une bête ? (MOL. Éc. des M. I, 2)

Moi-même la cherchant aux climats étrangers (RAC. Baj. III, 4)

Enfin je viens à vous (RAC. Phèd. I, 2)

Mais enfin à l'autel il est allé tomber (RAC. Andr. V, 3)

On dit même qu'au trône une brigue insolente Veut placer Aricie et le sang de Pallante (RAC. Phèd. I, 4)

Et Phèdre au labyrinthe avec vous descendue (RAC. ib. II, 5)

Mettons le sceptre aux mains dignes de le porter (RAC. ib. II, 6)

J'aurais trop de regrets, si quelque autre guerrier Au rivage troyen descendait le premier (RAC. Iphig. I, 2)

Le comte d'Harcourt, fortifié par les troupes qui avaient joint son armée, se résolut de marcher à M. le Prince (LA ROCHEF. Mém. 202)

Cours, assemble au drapeau nos braves combattants (VOLT. Scyth. IV, 4)

À ce fatal berceau l'instinct m'a rappelé (VOLT. Orphel. II, 3)

S'il y a une autorité dans le monde à laquelle la raison doive céder, c'est à celle de la religion chrétienne (MASS. Vérité.)

Elle est donc plongée au tombeau ! (GILB. à la Reine)

Et je le donnerais à bien d'autres qu'à moi De se voir sans chagrin au point où je me voi (MOL. Sgan. 16)

Voilà un homme qui veut parler à vous (MOL. Mal. imag. II, 2)

Il est ce que tu dis, s'il embrasse leur foi ; Mais il est mon époux, et tu parles à moi (CORN. Poly. III, 2)

L'hypocrisie est un hommage Que rend le vice à la vertu (AUBERT II, 10)

J'ai conclu que la recherche de la vérité était une folie, parce que, quand on la trouverait, on ne saurait à qui la dire (BERN. DE S. P. Ch. ind.)

9. Entre un verbe et un verbe. Exhorter à faire. Inviter à venir. Condescendre à traiter. Il en est venu à nous dire. Réduire à capituler. Forcer à mourir de faim. Il incline à prendre ce parti. Se préparer à partir. Apprendre à lire. Enseigner à s'exprimer correctement. Cela contribue à augmenter le patrimoine. Ce discours le portait à céder. Se décider à comparaître. Sa démarche l'exposait à périr. Il se plaît à étudier. Il pense à exécuter son projet. S'accoutumer à obéir. Aimer à donner. Condamner à faire amende honorable. Chercher à comprendre. Donner à copier une lettre. Donner à porter un fardeau. Il reste à finir le travail. Demander à être reçu. Manquer à venir. Répugner à travailler.

On l'exhorta à avoir courage (SCARR. Rom. com. II, 12)

Et je me vois réduit à chercher dans vos yeux une mort qui me fuit (RAC. Phèd. II, 2)

Essayez un peu, par plaisir, à m'envoyer des ambassades, à m'écrire secrètement de petits billets doux, à épier les moments que mon mari n'y sera pas (MOL. G. Dand. I, 6)

Manquez un peu, manquez à le bien recevoir (MOL. Sgan. I)

Depuis assez longtemps je tâche à le comprendre (MOL. ib. III, 1)

L'oeil ébloui se perd dans leur foule innombrable [des insectes] ; Il en faudrait un monde à faire un grain de sable (LAMART. Joc. IV, 34)

C'est une chose grande et que tout homme envie, D'avoir un lustre en soi qu'on répand sur sa vie, D'être choisi d'un peuple à venger son affront (V. HUGO F. d'aut. 13)

10. Absolument, devant un nom ou un pronom, exprimant une circonstance, à la façon d'un adverbe ou d'une locution adverbiale. à Paris. à la ville. Aux champs. Au midi. Au nord. à terre. à l'entrée de l'église. à l'armée. Au feu. à l'ombre. Au soleil. à table. Au doigt. Porter une bague au doigt. Au front. Blessé au front. à l'oreille. Mal à l'oreille. Je vous dirai cela à l'oreille. à tout âge. à l'âge de trente ans. Au temps que les bêtes parlaient. à neuf heures. à midi. Au jour fixé. à échéance. Payer à échéance. Au commencement. à la fin de l'année. Au printemps. à l'année. Louer une maison à l'année. Pension à vie. Travailler à la journée. à la longue. Au point du jour. Au mois de mai. à toutes les heures. à chaque fois. à quelques jours de là. à de longs intervalles. à mon arrivée. à l'approche de Xerxès. à cette vue. à ce récit. Au bruit de sa mort. à la nouvelle que.... à la vue du bourreau. à la prière. à l'instigation des ennemis. à grandes journées. Venir à grandes journées. à la façon des Grecs. à pleines mains. à genoux. à pied. Au toucher. Au goût. à dessein. à souhait. à l'huile. Manger des légumes à l'huile. à l'épée. Se battre à l'épée. à l'aiguille. Broder à l'aiguille. à la paume. Jouer à la paume. à voiles et à rames. à toute vapeur. à la main. Fait à la main. Au poids. à la mesure. à prix d'argent. à bon marché. à un prix élevé. à vingt sous la livre. à gros intérêts. à sept kilomètres de Paris. à dix lieues environ. à une journée de marche. à mon avis. à l'exemple des autres. à ce que je vois. à ce que je sais. à l'enseigne du Lion d'argent. Au Veau qui tette. à la Boule d'or. à la cour de cassation. Conseiller à la cour de cassation. Avocat à la cour d'appel. Commis au ministère de la guerre.

Tu reviens seul, Hémon ; ô sinistre présage ! Que je lis d'infortune aux traits de ton visage ! (ROTROU Antig. III, 2)

Viens, suis-moi, va combattre et montrer à ton roi Que ce qu'il perd au comte, il le retrouve en toi (CORN. Cid, III, 6)

Et n'est-ce pas depuis ce temps-là qu'Escobar a tant été imprimé de fois en France et aux Pays-Bas ? (PASC. Prov. 11)

Cette pratique est juste ; elle est autorisée aux Pères de l'Église (PASC. ib.)

À demi-lieue de là, L'Étoile commença de se plaindre (SCARR. Rom. com. II, 12)

Cet usage du mot sceptre se trouve à toutes les pages de l'Écriture (BOSSUET Hist. II, 2)

Aux bords que j'habitais, je n'ai pu vous souffrir (RAC. Phèd. II, 5)

.... Ainsi tout mon espoir N'est plus qu'au coup mortel que je vais recevoir (RAC. Iphig. V, 2)

Mais ma force est au dieu dont l'intérêt me guide (RAC. Athal. IV, 3)

Trempa-t-elle au complot de ses frères perfides ? (RAC. Phèd. I, 1)

De vous laisser au trône où je serais placée (RAC. Britann. IV, 2)

Vous qui gardant au coeur d'infidèles amours (RAC. Mithrid. IV, 4)

Qu'est-ce qu'un nom, pour immortel qu'il soit, s'il n'est écrit au livre de vie ? (FLÉCH. t. I, p. 53)

Si quelques mariages se faisaient à mon voisinage (J. J. ROUSS. Ém. IV)

D'Assas, capitaine au régiment d'Auvergne (VOLT. S. de L. XIV, chap. 34)

Zamore vit encore au coeur de son amante (VOLT. Alz. I, 4)

C'est avec éclat Que je veux aujourd'hui me venger au sénat (VOLT. Catil. II, 3)

Pour languir aux déserts de l'antique Arabie (VOLT. Zaïre, III, 1)

Unis pour le butin, divisés au partage (VOLT. Cat. III, 1)

Les mendiants groupés dans l'ombre des portiques Ont moins de haine au coeur et moins de flamme aux yeux (V. HUGO Voix, 1)

Et tout ce peuple ingrat pour qui je périrai, Viendra, la joie au front, sourire à mes tortures (C. DELAV. V, Sicil. II, 6)

Les choses qui se pratiquaient aux siècles passés (DESC. Méth.)

C'était au temps même que le roi de Prusse vers la Saxe et le prince de Conti vers le Rhin empêchaient que les forces autrichiennes ne pussent secourir l'Italie (VOLT. S. de L. XIV, III, 302)

On fit mourir au même mois soixante-dix personnes (VOLT. ib. III, 389)

On vit encore à cette journée quelle était l'inimitié naturelle entre les Suédois et les Danois (VOLT. Hist. de Russ. II, 4)

Ô ciel ! qu'aux châtiments ta justice est sévère, Et qu'il est dangereux d'exciter ta colère ! (ROTROU Antig. III, 9)

.... à l'orgueil de ce traître, De mes ressentiments je n'ai pas été maître (MOL. Tart. V, 3)

Je n'en serai point cru à mon serment, et l'on dira que je rêve (MOL. G. Dand. II, 8)

À mon serment l'on peut m'en croire (MOL. Amph. II, 1)

Aux événements de la guerre il faut.... (HAM. Gramm. 121)

Mme de La Tour, à cette scène, venant à se rappeler l'abandon où l'avaient laissée ses propres parents, ne pouvait s'empêcher de pleurer (BERN. DE S. P. P. et Virg.)

Les gardes, sans tarder, l'ont ouverte à genoux (RAC. Baj. III, 8)

Les emportant aux dents, dans les bois se retirent (LA FONT. Fab. III, 13)

À toute peine, il regagna le bord (LA FONT. ib. VI, 17)

Les mauvais effets qui en germent à milliers (MONTESQ. Lett. pers. 85)

Cette déclaration est suivie d'un prompt courroux qui paraît à notre rougeur (MOL. Préc. 5)

Ce grand coeur qui paraît au discours que tu tiens (CORN. Cid, II, 2)

À ce que je puis voir, vous avez combattu, Prince, par intérêt plutôt que par vertu (CORN. Nic. II, 3)

À ce que je voi, Chacun n'est pas ici criminel comme moi (RAC. Théb. I, 5)

L'échange en était fait aux formes ordinaires (LA FONT. Fab. III, 13)

Faire sa ronde ainsi qu'à l'ordinaire (LA FONT. ib. IV, 22)

Croyant que ces propositions pouvaient être prises au sens de la grâce efficace (PASC. Prov. 17)

Pour faire croire que nous les soutenons au même sens qu'ils ont exprimé par leurs écrits (PASC. ib.)

Condamner ces propositions au sens de Jansénius (PASC. ib.)

Il s'est fait un miracle à une religieuse de Pontoise (PASC. ib. 6)

À ton ordre suprême, ils se rendent ici (VOLT. M. de Cés. I, 2)

Abandonner mon camp en est un [crime] capital, Inexcusable en tous et plus au général (CORN. Nic. II, 2)

Aux rebelles vaincus il usait de douceur (RÉGNIER Ép. I)

Lâches aux dangers et perfides dans l'occasion (PERROT D'ABLANCOURT Tac. 450)

Ils s'engagèrent, à peine de la vie, à.... (BOSSUET Hist. I, 9)

11. Absolument, devant un pronom interrogatif.

À qui cela ? à quoi bon ? à quelle fin ? à quelle utilité ? (LA FONT. Fab. II, 13)

À quoi vos jours, vos années se sont-elles écoulées ? (MASS. Conv.)

12. Absolument, devant un verbe exprimant une circonstance à la façon d'un adverbe ou d'une locution adverbiale. à vrai dire. à ne pas mentir. à en croire Homère. à y bien regarder. à tout prendre. à compter de ce jour. à partir de telle époque. Que gagnerai-je à vous tromper ? Perdre son temps à jouer. Il passe le temps à se lamenter. Il s'arrête à lire les affiches.

Le bon sens n'est pas à penser sur les choses avec trop de sagacité (VAUVENARGUES. Bon Sens.)

Guzman, du sang des miens ta main déjà rougie Frémira moins qu'une autre à m'arracher la vie (VOLT. Alz. III, 5)

Ils triomphent à montrer là-dessus la folie du monde (PASC. Pens. div. 7)

Et que deviendra lors cette publique estime, Qui te vante partout pour un fourbe sublime, Et que tu t'es acquise en tant d'occasions à ne t'être jamais vu court d'inventions ? (MOL. l'Étourdi, III, 1)

L'allégresse du coeur s'augmente à la répandre (MOL. Écol. des F. IV, 6)

La curiosité qui vous presse est bien forte, Ma mie, à nous venir écouter de la sorte (MOL. Tart. II, 2)

Il faut avec vigueur ranger les jeunes gens, Et nous faisons contre eux à leur être indulgents (MOL. Éc. des F. V, 7)

À parler franchement (MOL. l'Étourdi, I, 9)

À vous dire la vérité (MOL. D. Juan, I, 3)

Imitez son exemple à ne pardonner pas (MALH. VI, 5)

J'entreprendrais sur elle à l'accepter de vous (CORN. Rod. III, 4)

J'en ferais autant qu'elle à vous connaître moins (CORN. ib. V, 4)

À vaincre sans péril on triomphe sans gloire (CORN. Cid, II, 2)

À les défendre mal je les aurais trahis (CORN. ib. v.)

Je deviendrais suspect à parler davantage (CORN. Cinna, I, 4)

À raconter ses maux souvent on les soulage (CORN. Poly., I, 3)

... J'aurais en mon malheur Quelque contentement à flatter ma douleur (RÉGNIER Sat. XV)

À commencer par leur fils Hinyas (BOSSUET Hist. III, 4)

Les apôtres, à les regarder par les yeux humains.... (BOSSUET ib. II, 11)

À remonter à la source, c'était.... (BOSSUET ib. II, 12)

À l'entendre, rien n'était difficile (FÉN. Tél. XVI)

Cette prétendue règle, à la prendre sans restriction, est évidemment fausse (D'OLIV. Prosod. fr.)

Il est faux qu'à s'en abstraire par vertu l'on se fasse mépriser (J. J. ROUSS. Hél. I, 57)

J'avilirais le sceptre à venger mon injure (C. DELAV. V, Sicil. III, 2)

13. Absolument, devant un nom de nombre ou devant un pronom suivi d'un nom de nombre. à quatre. Ils soulevèrent ce fardeau à quatre. à lui seul. à moi seul. Médée, à elle seule, bravait une armée. Ignominie qui, à elle seule.... à trois que nous étions, nous ne pouvions soulever ce fardeau.

14. Absolument, avec un adverbe de temps. à quand ? à quand le rendez-vous ? à demain. à demain, je vous attends. à demain les affaires. à jamais. Événement à jamais déplorable. à toujours.

Soyez prêt à demain (CORN. Cid, IV, 5)

15. Elliptiquement, devant un nom ou un pronom. Au secours ! à moi, citoyens ! Au voleur ! Au feu ! à la porte, l'insolent ! à table, messieurs ! à l'ennemi, soldats ! à votre santé ! à monsieur un tel (sur une adresse). à Jupiter, très bon, très grand. Au revoir (revoir est ici un substantif). à ce soir. à dimanche. à la vie, à la mort. à perpétuité. Concession à perpétuité dans un cimetière.

À moi, comte, deux mots (CORN. Cid, II, 2)

Holà, gardes, à moi ! (RAC. Iphig. IV, 7)

16. Elliptiquement, entre un substantif et un verbe (équivalent à bon, propre). Chose à dire. Lettre à écrire. Homme à pendre. Je ne vous crois pas homme à faire cela. Occasion à ne pas laisser échapper. Affaire à perdre un homme. Procès à ne pas finir. Conte à dormir debout. Chambre à coucher. Pierre à aiguiser. Arbres à transplanter. Compte à revoir. Travail à refaire. Lettre à porter. Par abréviation : à revoir, à refaire, à porter.

Un voile à couvrir d'autres flammes (MOL. Dépit am. I, 1)

Un coeur qui jamais n'a fait la moindre chose à mériter l'affront où ton mépris l'expose (MOL. Sgan. 16)

La couronne n'a rien à me rendre content (MOL. D. Garc. V, 5)

Cherchons une maison à vous mettre en repos (MOL. l'Étourdi, V, 3)

Je me sens un coeur à aimer toute la terre (MOL. D. Juan, I, 2)

Je n'ai point un courroux à l'exhaler en paroles vaines (MOL. ib. I, 3)

Si je te disais le nom de toutes celles qu'il a épousées en divers lieux, ce serait un chapitre à durer jusqu'au soir (MOL. ib. I, 1)

Sous quel astre ton maître a-t-il reçu le jour ? Sous un astre à jamais ne changer son amour (MOL. l'Étourdi, I, 4)

De taille à se défendre hardiment (LA FONT. Fab. I, 5)

C'était une clameur à rendre les gens sourds (LA FONT. ib. VIII, 12)

Ce n'était pas un homme à conquérir des royaumes (VOLT. S. de L. XIV, IV, 155)

17. Elliptiquement, devant un verbe. Demain, à recommencer. Après-demain, à dîner. à revoir, monsieur.

Finissons ; mais demain, muse, a recommencer (BOILEAU Sat. VII)

18. Locutions avec le verbe être. Cela est à moi. Tout était à l'ennemi. C'est à vous de prendre garde. Ce n'est pas à nous d'examiner. On ne peut être à soi un seul instant. Cet homme est à lui-même une énigme. C'est bien fait à vous. C'est à un bon consul de prévoir ce qui arrivera. C'est à faire à lui. C'est folie à vous de croire. Cinq est à quinze comme vingt est à soixante. à cette partie de trictrac, nous étions cinq trous à dix. Dans cette partie de billard, nous sommes quatre à six. Je suis ici à l'attendre. Je suis encore à savoir comment. Cet homme est à craindre.

Avec ellipse de soit : Honneur aux braves, c'est-à-dire honneur soit aux braves, et ainsi pour les exemples suivants : Gloire à Dieu dans le ciel ! Guerre aux châteaux et paix aux chaumières ! Malheur aux vaincus ! Les fureurs de la terre Ne sont que paille et que verre à la colère des cieux (MALH. II, 2)

L'amour que J'ai pour vous est tout à votre gloire (CORN. D. Sanche, II, 2)

Qui n'est point au vaincu ne craint pas le vainqueur (CORN. M. de Pomp. I, 1)

C'était bien dit à lui ; j'approuve sa prudence (LA FONT. Fab. III, 18)

L'homme est à lui-même le plus prodigieux objet de la nature. Connaissez donc, superbe, quel paradoxe vous êtes à vous-même (PASC. édit. Cousin.)

Elle était à la conversation comme si elle n'avait eu autre chose à faire (J. J. ROUSS. Hél. VI, 11)

Chaque juge est un homme à moi (BÉRANG. M. du S. E.)

Elle revint longtemps après ; J'étais à chanter sous la treille (BÉRANG. Print. et Aut.)

Les clameurs des soldats par la crainte étouffées Sont un faible rempart au chef audacieux, Qui brave le courroux d'un ministre des cieux (C. DELAV. Paria, I, 1)

La bonne grâce est au corps ce que le bon sens est à l'esprit (LA ROCHEF. Réflex. 67)

C'est bien à vous, infâme que vous êtes, à vouloir faire l'homme d'importance (MOL. Préc. 14)

Il est encore à revenir (SÉV. 212)

Est-ce donc une chose à dire gaiement ? et n'est-ce pas une chose à dire, au contraire, tristement, comme la chose du monde la plus triste ? (PASC. Pens. II, 2)

19. Locutions avec avoir. Avoir affaire à quelqu'un. Il y a de la folie à croire que.... Je n'avais rien à vous écrire. Vous n'avez qu'à parler. J'ai à vous entretenir. Il y aurait à craindre. Le temps que j'ai à vivre. L'argent que j'ai à dépenser.

Ils eurent un peu à souffrir sous ses successeurs (BOSSUET Hist. II, 5)

Si c'était une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton (MOL. G. Dand. I, 3)

20. Locutions avec faire suivi d'un infinitif. J'ai fait faire un habit à mon tailleur. Il a fait accepter un cadeau à son ami. Faire prendre les armes à la troupe.

Ils l'ont fait recevoir [la bulle] au clergé (PASC. Prov. 16)

21. Locutions avec se laisser et un infinitif. Se laisser séduire aux voluptés. Se laissant conduire à leurs inclinations et à leurs désirs.

Ne nous laissons pas abattre à la tristesse (PASC. édit. Cousin.)

J'avance cette opinion ; mais, parce qu'elle est nouvelle, je la laisse mûrir au temps (PASC. Prov. 6)

Ce peuple se laissait conduire à ses magistrats (BOSSUET Hist. III, 7)

On se laissait dominer à l'amour (BOSSUET ib. II, 11)

Et ne vous laissez pas séduire à vos bontés (MOL. Femmes sav. V, 2)

Et que j'aurais cette faiblesse d'âme De me laisser mener par le nez à ma femme (MOL. ib. V, 2)

Vous vous laissez tenter à l'envie de causer (SÉV. 402)

Quand je vous écris, je me laisse conduire à ma plume (BALZ. liv. XV, lett. XV)

Ne vous laissez point abattre à la douleur (FÉN. Tél. XXIII)

Ne vous laissez point vaincre à votre malheur (FÉN. ib. II)

.... Ce héros Laisse aux pleurs d'une épouse attendrir sa victoire (RAC. Iphig. IV, 4)

22. Locutions avec ouïr dire, voir faire, entendre dire, etc. J'ai ouï dire à des vieillards.

Des lexicographes ont critiqué cette locution, comme étant amphibologique et pouvant signifier : j'ai entendu qu'on disait à des vieillards ; ils voulaient que l'on mît : " J'ai ouï dire par des vieillards. " Mais ce scrupule est excessif ; ouï dire est une locution inséparable et on ne peut jamais intercaler quelque chose entre ouï et dire, ni supposer, j'ai ouï quelqu'un dire à des vieillards. Cela étant impossible, le sens de la locution ne prête à aucune amphibologie. On dira de même : j'ai entendu dire à votre frère que vous viendrez, c'est-à-dire j'ai entendu votre frère qui disait : j'ai vu faire à ces hommes une action généreuse, c'est-à-dire j'ai vu ces hommes faisant. Mais il n'en serait plus de même si un pronom intervenait au lieu d'un nom : je lui ai entendu dire ; je lui ai vu faire ; je lui ai vu donner ; l'amphibologie commence, et il y a à distinguer deux cas :1° si le verbe à l'infinitif ne peut avoir de régime indirect avec à, la locution est bonne, l'amphibologie n'existe pas : je lui ai vu franchir le fossé : on ne dit pas franchir à quelqu'un ; le cas n'est pas douteux ; je l'ai vu franchissant le fossé ; je lui ai vu faire une action généreuse ; on ne dit pas faire à quelqu'un ; le sens est donc, je l'ai vu faisant.2° Si le verbe à l'infinitif peut avoir un régime indirect avec à, l'amphibologie commence réellement : je lui ai vu donner un soufflet pourrait également signifier, je l'ai vu donnant un soufflet, et j'ai vu qu'on lui donnait un soufflet. On évitera donc cette tournure.

23. Locutions avec attendre. J'ai attendu à vous parler que tout le monde fût sorti.

Elle.... Attend l'ordre d'un père à choisir un époux (CORN. Cid, I, 1)

Qu'attendons-nous à nous soumettre ? (BOSSUET Hist. II, 13)

Attendez à les lui donner quand il aura assez de force (FÉN. Tél. XXI)

Le feu demeure caché dans les veines des cailloux, et il attend à éclater jusqu'à ce que le choc d'un autre corps l'excite (FÉN. Exist. de Dieu, 15)

24. Locutions avec trouver. J'ai trouvé à votre ami un air soucieux. Trouver à dire.

Écoutez si vous trouvez l'air à votre goût (MOL. Préc. 10)

25. Devant de. Rien ne plaît à des gens malades. Répondez avec fermeté à de telles prétentions. Il se livre à des extravagances.

À de plus hauts partis Rodrigue doit prétendre (CORN. Cid, I, 3)

La nature, féconde en bizarres portraits, Dans chaque âme est marquée à de différents traits (BOILEAU Art. Poét. III)

25. Cette locution s'explique par la construction partitive (voy.

DE

25. ).

26. De.... à. De Paris à Rouen il y a trente lieues. D'eux à moi il y a cette différence. D'homme à homme. Elliptiquement : vingt à trente, dix à douze, pour de vingt à trente, de dix à douze. Du matin au soir. De la tête aux pieds. Du jour au lendemain. De vous à moi. De nation à nation. Vivre de pair à compagnon. Traiter de Turc à More. De gré à gré.

27. Locution à qui. C'était à qui partirait le premier. Ils se disputent à qui sera préféré à l'autre. Tirons à qui jouera le premier.

Eh bien ! gageons nous deux à qui plus tôt aura dégarni les épaules Du cavalier (LA FONT. Fab. VI, 3)

Hélène adorée vit les peuples et les dieux combattre à qui la posséderait (P. L. COUR. I, 39)

28. Locutions par pléonasme. à est suivi d'un pronom personnel reproduisant le pronom possessif qui précède. C'est mon opinion à moi. Votre devoir à vous, est de partir. Sa manière à lui, c'est de parler par sentences. Leur gain à eux est de cent francs.

29. Locution populaire, la barque à Caron. Cette tournure n'est plus usitée que dans cette locution, et ce serait une faute que de s'en servir autre part. Pourtant elle n'est qu'un archaïsme, et, aujourd'hui encore, on dit parmi les ouvriers et les gens de campagne : la femme à Jean, la fille à Thomas, la soeur au bedeau.

REMARQUE

À étant entre deux substantifs où le conséquent détermine l'antécédent, le conséquent doit-il prendre le pluriel, quand l'antécédent change de nombre, ou quand le conséquent peut représenter une pluralité ? En d'autres termes, si l'on écrit fruit à noyau, faut-il écrire, au pluriel, fruits à noyau ou à noyaux ; et faut-il écrire arbre à fruit ou à fruits ? Il y a quatre cas :1° L'antécédent est au singulier ou au pluriel, et le conséquent n'est pas susceptible de pluralité ; alors on met toujours le singulier : pomme à cidre et pommes à cidre ; mouche à miel et mouches à miel ; machine à vapeur et machines à vapeur ; une arme à feu, des armes à feu ; un moulin à eau, des moulins à eau ; une rente à perpétuité, des rentes à perpétuité ;2° l'antécédent est au singulier ou au pluriel, et le conséquent indique la pluralité : une bête à cornes, des bêtes à cornes ; un serpent à sonnettes, des serpents à sonnettes ; un homme à projets, à préjugés ;3° le conséquent est nécessairement singulier ; alors quand l'antécédent est mis au pluriel, on peut maintenir le conséquent au singulier, attendu qu'il est unique pour chaque antécédent, ou le mettre au pluriel en considérant qu'il y en a autant que d'antécédents : une comète est un astre à queue ; les comètes sont des astres à queue ou à queues ; manchette à dentelle, manchettes à dentelle ou à dentelles ; couteau à ressort, couteaux à ressort ou à ressorts ; cuiller à pot, cuillers à pot ou à pots. L'usage le plus ordinaire est de mettre le singulier ; mais, comme on voit, le pluriel n'est pas une faute ;4° le conséquent, bien que multiple, peut être considéré comme un nom collectif, par exemple, fruit, feuille, fleur, puisqu'on dit le fruit de cet arbre, la fleur du poirier, la feuille de l'acacia. Dans ce cas, on peut mettre le nombre que l'on veut, que l'antécédent soit au singulier ou au pluriel : arbre à fruit ou à fruits, arbres à fruit ou à fruits ; mais si le conséquent ne se prend pas habituellement au sens collectif, il faut toujours le mettre au pluriel. Ainsi on ne dira pas fleur à pistil, mais à pistils, fruit à noyau, mais fruit à noyaux, à moins, bien entendu, que la fleur n'ait qu'un pistil, le fruit qu'un noyau. Considérer ces mots-là comme collectifs se peut à la rigueur ; mais c'est leur attribuer un usage qu'ils n'ont pas, et dès lors il vaut mieux suivre l'idée naturelle, qui est celle du pluriel.

2. On lisait dans l'avant-dernière édition du Dictionnaire de l'Académie : il y avait sept à huit personnes dans cette assemblée. La dernière édition et tous les grammairiens modernes condamnent cette locution. On ne peut employer la préposition à qu'entre deux nombres qui en laissent supposer un intermédiaire ou qu'entre deux nombres consécutifs, quand il s'agit de choses qu'on peut diviser par fractions. Mais, dans l'exemple cité, il faut la conjonction ou, parce qu'une personne ne se divise pas. Les bons auteurs ont reconnu la règle donnée ici.On a pris ou tué aux Allemands sept à huit cents hommes (RAC. Lett. à Boil. XLI)Les deux jeunes bergères assises voyaient, à dix pas d'elles, cinq ou six chèvres (LA FONT. Psyché.)Il y avait dans la maison du paysan où je logeais cinq ou six femmes et autant d'enfants qui s'y étaient réfugiés (BERN. DE S. P. Études, 13)Je fus étonné de voir jusqu'à sept ou huit personnes se rassembler sous ce même toit (LA BRUY. 13) La faute vulgaire provient d'une extension non raisonnée du cas où la locution convient, sept à huit livres, au cas où elle ne convient pas, sept à huit hommes.

3. C'est à lui à qui on en veut. Dites c'est à lui qu'on en veut, ou c'est lui à qui on en veut. L'usage actuel condamne la répétition de à ; et c'est en effet un pléonasme. Ainsi on trouve une faute dans ce vers de Boileau : C'est à vous, mon esprit, à qui je veux parler, Sat. IX. Mais si Boileau y avait vu une faute, il lui était bien facile de l'éviter, en mettant : Oui, c'est vous, mon esprit, à qui je veux parler. Le fait est que de son temps cela n'était pas considéré comme une faute. Ses contemporains ne se font aucun scrupule de répéter à.Que de son cuisinier il s'est fait un mérite, Et que c'est à sa table à qui l'on rend visite (MOL. Misanth. II, 5)Ce sera à vos oreilles à qui j'ajusterai la cadence de mes périodes (BALZ. liv. VII, lett. XXI) Les auteurs plus anciens usent également de cette façon de parler. Aujourd'hui on rejette absolument ce pléonasme.

4. On dit, à Paris, à Bordeaux, quand il s'agit de la demeure, soit fixe, soit passagère. Il est à Paris, il réside à Paris, il passera quelques jours à Paris ; autrement, on peut dire dans : il y a douze cent mille habitants dans Paris

5. à devant les noms de lieux. 1° On se sert toujours de à devant les noms de villes ou de villages : aller ou résider à Paris, à Meudon, à Saint-Cloud ; 2° de en devant les noms de continents, de pays, de provinces, quand ils sont féminins. Aller ou résider en France, en Afrique, en Algérie, en Angleterre, en Normandie ; 3° de à, s'ils sont masculins : aller ou résider au Japon, au Mexique, au Canada, au Perche, au Maine : Cependant on dit : en Portugal, en Danemark, en Béarn, bien qu'ils soient masculins ; 4° autrefois la distinction entre l'emploi de à et celui de en n'était pas faite, et l'on disait aller à l'Amérique.L'un des trois jouvenceaux Se noya dès le port, allant à l'Amérique (LA FONT. Fab. XI, 8)Solon passa à Chypre (FÉN. Solon) De cet ancien usage il est resté, à la Chine : aller à la Chine ; mais on commence à dire de préférence, en Chine.

6. C'est à vous à faire cela ; c'est à vous de faire cela. Ces deux tournures s'emploient l'une et l'autre et sont équivalentes ; il est impossible de fixer entre elles une nuance réelle et fondée sur l'usage.C'est au prince à juger de ses ministres (D'ABLANC. dans BOUHOURS)Ce n'est pas à vous d'élire quelle charge et quelle fonction vous devez faire (l'abbé RÉGNIER dans BOUHOURS)C'était à lui à vous faire entendre.... (BOSSUET Hist. II, 6) Ces deux tournures, autorisées par l'usage, n'ont pas un titre égal devant la grammaire. C'est à vous de parler s'explique grammaticalement : de parler est à vous. Mais c'est à vous à parler ne s'explique pas ; il faut y voir une incorrection causée par l'oreille, que le premier à décida à en vouloir un second.

7. On doit répéter la préposition à devant chacun de ses compléments : il écrit à Pierre et à Jean, et non, il écrit à Pierre et Jean ; il aime à lire et à écrire, et non à lire et écrire. Ainsi on n'imitera pas ces exemples de Molière :On sait bien que Célie A causé des désirs à Léandre et Lélie (MOL. l'Étourdi, V, 3)Comme si j'étais femme à violer la foi que j'ai donnée à mon mari et m'éloigner jamais de la vertu (MOL. G. Dand. II, 10) Exceptions : Parmi tous les romans de l'antiquité, je donne la préférence à Théagène et Chariclée, parce que ces deux mots Théagène et Chariclée, étant le titre d'un ouvrage, ne font qu'une expression unique. Par la même raison on dira, il aime à aller et venir, parce qu'aller et venir forment une locution. On pourra semblablement supprimer à quand deux verbes placés l'un à côté de l'autre ressembleront à une locution ; ce qui est délicat à apprécier.On pourra encore supprimer à, du moins en poésie, quand la phrase est longue, comme ici : Pour de l'esprit, j'en ai, sans doute, et du bon goût à juger sans étude et raisonner de tout, à faire aux nouveautés, dont je suis idolâtre, Figure de savant sur les bancs d'un théâtre, Y décider en chef et faire du fracas à tous les bons endroits qui méritent des ah ! (MOL. Misanth. III, 1) Supprimer à n'est point une faute contre la logique ou la grammaire ; c'est seulement une faute contre un usage qui, dans le fait, est favorable à la clarté.C'est avec cette remarque que l'on appréciera les phrases suivantes de bons auteurs : Moïse qui m'a dit que j'étais fait à l'image et ressemblance de Dieu (BOSSUET Connaiss. de D. IV, 8)La disposition qu'a le corps, dans les passions, à s'avancer ou se reculer (BOSSUET ib. IV, 3)Il ne songe plus qu'à vivre et avoir de la santé (LA BRUY. 8)Une animosité qui commençait à aigrir et troubler votre coeur (MASS. Profes. relig. Serm. 4)

8. à se répète avec l'un et l'autre. Cela convient à l'un et à l'autre, et non à l'un et l'autre. Cependant, en poésie, la règle ne s'observe pas.À l'une ou l'autre enfin votre âme à l'abandon Ne lui pourra jamais refuser ce pardon (CORN. Perth. IV, 1)

9° Locut. vic. Le fils à Guillaume. Loc. corr. Le fils de Guillaume. Le rapport d'origine n'est plus marqué par la prép. à. Ne dites pas non plus, la maison à mon père. Loc. vic. Je suis l'aîné à mon frère qui est à Paris. Loc. corr. Je suis l'aîné de mon frère qui est à Paris. Loc. vic. Je suis cousin à votre apothicaire. Loc. corr. Je suis cousin de votre apothicaire. Loc. vic. Sept ôtés de dix, reste à trois. Loc. corr. Sept ôtés de dix, reste trois ; comme s'il y avait, il reste trois. Loc. vic. Il demeure à la grande rue. Avez-vous votre mouchoir à la poche ? Loc. corr. Il demeure dans la grande rue. Avez-vous votre mouchoir dans votre poche ?

HISTORIQUE

IXe s.Et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai (Serment)

Xe s.Chi [qui] rex eret à cels dis sovre pagiens (Eulalie)Ad une spede [épée] li roverent tolir le chief (ib.)Jonas propheta habebat mult laboret e mult penet à cel populum (Fragm. de Valenc. p. 468)Dunc si rogavit Deus ad un verme que percussist cel edre [lierre] (ib. p. 468)

XIe s.Car fut l'espée à moult noble vassal (Ch. de Roland, LXXXVI)Trahi vous a, qui à garder vous ot (ib. XCI)Or je sai bien, n'avons gueres à vivre (ib. CXLI)Sire, à pied estes, et je sui à cheval (ib. CLVII)Conseillez moi à dreit et à honur (ib. CLXXIV)Puis il s'escrie à sa voiz grant et haute : Baron franceis as chevals et as armes ! (ib. CCXII)Seigneur baron, à Charlemagne irez (ib. V)Sa coustume est qu'il parole à loisir (ib. X)Que nous seions conduit à mendier (ib. III)Quand [il] le dut prendre, si lui cheït [tomba] à terre (ib. XXV)Tant vous [mon épée] [je] aurai en court à rei portée (ib. XXXIII)En France ad Ais s'en doit ben repairer [aller] (ib. III)XIIe s.La nuvele vint al rei Salomun que Adonias fud al tabernacle (Rois, p. 26)David parla à nostre Seigneur al jur qu'il l'out delivred de tuz ses enemis (ib. p. 205)E sis peres le fist al ostel porter (ib. p. 317)Entrer vuel [je veux] en sa terre à [avec] mon barnage fier (Sax. 6)Qui donc veïst le duc sor un cheval gascon, Poindre parmi les rues, à sa main un baston... (ib. 8)Quant li dux fu ocis à duel et à tourment (ib. 12)... il ot fait asembler Touz les princes qu'il pot à sa terre trover (ib. 13)Et si escrie : Or à eux [allons sur eux], chevalier (Ronc. p. 57)À ces paroles [ils] font les grailles [trompettes] sonner (ib. p. 57)Au duel [deuil] qu'il ot, li cuens [comte] cheït pasmé (ib. p. 93)À icest mot l'a Roland coneü (ib. p. 93)Vous fustes fils au bon comte Reynier (ib. p. 99)À voiz escrie : Car chevauchez, baron (ib. p. 71)Freins à or (ib. p. 5)À toute vostre vie (ib. p. 11)À honte et à vilté (ib. p. 16)À une lieue erent [étaient] jà li glouton (ib. p. 47)À [avec] mil franzois [il] s'est de Rolant partis (ib. p. 57)Vers le palais qui fut au roi Gibon (ib. p. 120)Garez en vous, gentils fils à baron (ib. p. 140)Si estes suer [soeur] al marquis Olivier (ib. p. 161)[Il] mit jambe à terre du bon destrier corant (ib. p. 152)Las ! quel amour à duel est departie ! (ib. p. 163)À Marsile en alai, ad enviz ou de gré (ib. p. 199)À ces paroles li saint anges descent (ib. p. 173)Ne m'i laissez mourir à tel tourment (Couci, XI)Car vostre [je] sui, et serai à tous dis [jours] (ib. XVII)Et nule riens [chose] n'est tant à mon desir (ib. XIX)Ou cil qui aime du cuer à son pooir (ib. XX)À la douçor du tens qui raverdoie, Chantent oisel et florissent verger (ib. XXI)Mais il convient qu'à sa volenté [je] soie (ib. XXI)Que me partir [je] n'en pourroie à nul jor (ib. XVII)Tuit [tout] mi penser sont à ma dame amie (ib. II)Vous pouvez bien savoir par ma chanson Et à mes diz, que je n'aim se vous non (ib. II)Tant s'est amors afermée En mon cuer à long sejor (ib. I)Or à mari autre que vous n'aurai (Romancero, p. 72)

XIIIe s.Là trouverent il le comte Looys à moult plenté de bone gent et de moult bone chevalerie (VILLEH. XXXII)Il s'agenoilla tout plorant et leur jura sur sains que il à bonne foi tenroit les convenances [conventions] (ib. XIX)Quar à si grant chose convient moult à penser (ib. XIII)Et sachez qu'il n'avoient viandes entre aus [eux] tous à plus de trois semaines (ib. LXXIV)Et les gens du païs vindrent à merci au fil de l'empereur de Constantinople, et tant lui donnerent que paix firent à lui (ib. LX)Adonc issi li empereres Alexis par une autre porte. à [avec] toute sa force (ib. LXX)Au roy [ils] aporterent divers joiaus à present (JOINV. 279)Je te donrai victoire de desconfire l'empereur de Perse, qui se combatra à toi à tout [avec] trois cent mille hommes (JOINV. 264)À un coup je ferai la teste trebucher (Berte, XIX)À ses mains [elle] avoit trait [tiré] un petit [peu] de fougere (ib. XL)Me gardez que [je] ne soie prise à [par] beste cuiverte [malfaisante] (ib. XXXVI)À l'issue d'avril, un temps dous et joli (ib. I)Car nuls ne vient à vie, ne conviene [qui ne doive] finer [finir] (ib. III)À Pepin [ils] orent guerre qu'avez ouï conter (ib. III)Car il ne plot à Dieu, qui tout a à garder (ib. III)À tous se fit aimer Berte, tant vous en di (ib. LXIX)Que jamais ne dirai que soie fille à roi (ib. XLIII)Mais de lui vous lairons ore à parler ici (ib. LIX)Les dismes furent establies et donées anciennement à sainte eglise soustenir (BEAUMANOIR XI, 39)

XIVe s.Mais à ce que je voy.... N'estes pas asseür [en sûreté] (du Guesclin, 8455)Et à ceux qui sont en eage moyen, amis leur sont necessaires à leurs bonnes actions acomplir (ORESME Éth. 229)À ce que dit est s'acorde ce que disoit un philosophe appellé Eudoxus (ORESME ib. 28)

XVe s.Le duc de Bourgogne y [à Aire] establit à demeure le vicomte de Meaux (FROISS. II, II, 1)Le roi de France, qui tint à bonne et belle ceste chevauchée... (FROISS. II, II, 1)Edouard II, qui fut pere au gentil roi Edouard (FROISS. I, I, 2)Quand ils eurent bien considéré toutes leurs besognes et la dure guerre qu'ils avoient aux Anglois (FROISS. I, I, 75)Messire Thomas avoit escrit aux seigneurs qu'ils ne vinssent à Bordeaux à [avec] toute leur puissance (FROISS. II, II, 4)Il leur avoit donné à capitaine un moult gentil prince (FROISS. I, I, 34)Les Hainuyers se logerent assez près de la ville et considererent au quel lez [côté] elle estoit plus prenable (FROISS. I, I, 102)Ils furent moult esbahis : neanmoins ils se mirent à defense (FROISS. I, I, 110)Il l'appela et dit : Sire de Maubuisson, parlez à moi (FROISS. I, I, 119)Ils sentoient le comte de Foix à trop cruel.... Mieux leur valoit à estre ses prisonniers que là mourir honteusement par famine (FROISS. II, III, 7)Une treve fut accordée à durer quatre mois tant seulement (FROISS. I, I, 159)Volontiers il eust attendu à bataille le roi d'Angleterre (FROISS. I, I, 164)Là il monta en mer, et cinglerent tant au vent et aux estoiles qu'ils arriverent au havre de Bayonne (FROISS. I, I, 216)Et il atourneroit tel le pays que, à quarante ans après, il ne seroit pas recouvré (FROISS. I, I, 202)Monseigneur mon frere et madame la comtesse de Hainaut vous recevront à grand joie (FROISS. I, I, 14)Et souvent y avoit des chevauchées, des rencontres et des faits d'armes des uns aux autres (FROISS. I, I, 113)Et fit dire à sa soeur qu'elle vuidast tost et hastivement son royaume, ou il l'en feroit vuider à honte (FROISS. I, I, 11)Le roi Philippe de France, qui avoit grands alliances au roi d'Escosse (FROISS. I, I, 304)À saillir un fossé, le coursier trebucha et rompit à son maistre le col (FROISS. I, I, 325)Et à ce temps là, les Escots [Écossais] aimoient et prisoient assez peu les Anglois, et encore font ils à present (FROISS. I, I, 34)Les Escots n'ont que faire de chaudieres ne de chaudrons, car ils cuisent bien leur chair au cuir des bestes memes, quand ils les ont escorchées (FROISS. I, I, 34)C'est à vous à qui je boy (BASSELIN XX)Par la croix où Dieu s'estendy, C'est à vous à qui je vendy Six aunes de drap, Me P. (Patelin)Cherchant rompre le dit voyage à leur pouvoir [autant qu'ils pouvaient] (COMM. V, 17)Il pourroit sembler au lecteur que je disse ces choses pour quelque haine particuliere que j'aurois à eux (COMM. VII, 11)Il preschoit que l'estat de l'Eglise seroit reformé à l'espée (ID. VIII, 2)Ceste povre et jeune princesse, car ainsi se povoit elle bien appeller, non point seulement pour la perte qui.... mais à se trouver entre les mains des persecuteurs de sa maison (COMM. V, 17)Et n'estoient point les trous entre les barreaux plus grans que à y bouter ung bras à son aise (COMM. IV, 9)À peu de defense fut desconfit le dit duc et mis en fuite (COMM. V, 3)La quelle chose lui fut à très grant prejudice et desplaisir (COMM. V, 7)Et aux paroles d'hommes insensés il delibera d'attendre la fortune (COMM. V, 8)La joie fut très grande au roi de se veoir au dessus de tous ceux qu'il hayoit [haïssait] (COMM. V, 12)À ceste cause tindrent conseil les dits Pisans (COMM. VII, 7)Au temps que le roi Henri regnoit (COMM. I, 2)Ce povre rey de Portugal, qui estoit très bon et juste, mist à son imagination qu'il yroit devers le duc de Bourgogne (COMM. V, 17)À toute diligence (COMM. I, 3)Il se mettoit à chemin (COMM. I, 3)Il avoit esté dit que l'on se reposeroit deux fois au chemin pour donner haleine aux gens de pied (COMM. I, 3)Les autres ont trop d'amour à leurs biens, à leurs femmes et à leurs enfants (COMM. IV, 11)Il avoit eu à espouse et à femme la soeur du dit roi Ferrand (COMM. VII, 11)Ceulx qui sont aux grans auctoritez vers les princes doivent beaucoup craindre.... (COMM. III, 11)Les langages dont ils devront user à ceux qui les enquerront (COMM. I, 9)Il estoit né et marié au dit pays de Guyenne (COMM. II, 15)À ceste fois (COMM. III, 7)

XVIe s.À ce qui me peut souvenir, Fut un bruit comme l'empereur Devoit vers Pesquiere venir (J. MAROT V, 164)... en leur faisant à cognoistre et sentir que.... (ID. V, 298)J'attends à ce soir M. de Villars et ma niece (MARGUER. lett. XCVII)Pensant vous voir à ces pasques, ai attendu à vous escrire (MARGUER. lett. CVII)Le comte de Carman, à ce que j'ai entendu, vous mene une bande de bons hommes et bien esperimentés (MARGUER. lett. CXIV)Le roy de Navarre, lequel je pense estre à chemin.... (MARGUER. lett. CXXIII)Si est-ce qu'il se resolut d'en avoir raison, à peril que ce fust (MARGUER. Nouv. 44)Elles estoient belles à l'oeil et delitieuses on goust (RAB. Pant. II, 1)À les veoir, eussiez dit que c'estoient..... (RAB. ib. II, 1)Donnez dessus à [avec] vostre mast (RAB. ib. II, 29)Puis à tout son baston de croix, guaigna.... (RAB. Garg. I, 27)Toutes les langues ont esté formées d'un mesme jugement à une mesme fin (DU BELLAY I, p. 3, verso.)Je laisserai cest argument choisir Aux plus savants et aux plus de loisir (DU BELLAY VII, p. 29, verso.)Afin qu'à son retour le malheureux se voye Manger aux avocats (DU BELLAY VIII, p. 50, verso.)Il n'y a jour auquel les personnes soient si tristes qu'à celui-là (AMYOT Numa, 18)Il fut si effrayé qu'il se partit à la plus grande diligence qui luy fut possible (AMYOT Thém. 32)Subjuguant toutes les nations qui par avant ne recognoissoient point les Romains à seigneurs (AMYOT Cés. 14)Il se teint sans rien entreprendre dedans sa maison, comme personne qui se deliberoit de vivre à soy petitement, sans plus s'entremettre d'affaires quelconques (AMYOT Gracq. 32)Ilz ne pensoient à autre chose qu'à prendre les plus precieux meubles qu'ilz eussent pour s'enfouir à touz es deserts de la Scythie (AMYOT Crass. 40)Il ne fut pas si tost retourné à Sparte que Aratus lui prit à son dos la ville de Caphyes (AMYOT Agés. et Cléom. 28)C'est à Dieu, auquel il faut avoir tout son recours (LANOUE 30)À ceux qui cheminent encore par les sentiers des doctrines estranges, ils leur donnent des noms ignominieux (LANOUE 71)Il suffit donc, à ce que [pour que] quelqu'un soit nostre prochain, qu'il soit homme (LANOUE 72)À ceux qui plus sont despourvus des facultés de nature, c'est à ceux-là auxquels il faut plus adjouster d'art (LANOUE 112)J'ai assez dit : c'est à vous à penser (LANOUE 156)Les hommes brûlés à centaines dedans les granges (D'AUBIGNÉ Hist I, 66)À cachettes (MONTAIGNE I, 4)Blecé à mort (MONTAIGNE I, 16)Un homme à qui chascun avoit veu bien faire en la meslée (MONTAIGNE I, 8)À jamais (MONTAIGNE I, 270)À celui qui en estoit requis, c'estoit titre de gaing (MONTAIGNE I, 15)Au hasard du combat (MONTAIGNE ib.)Un tabourin à porter à la guerre (MONTAIGNE I, 15)Reverence à la religion (MONTAIGNE I, 17)Les choses mortes ont encore des relations occultes à la vie (MONTAIGNE I, 20)À belles dents (MONTAIGNE I, 21)À pleine bouche (MONTAIGNE I, 24)À tort ou à droit (ID. I, 21)À ce compte (MONTAIGNE I, 25)À peine est-il en son pouvoir de... (MONTAIGNE I, 227)À la vérité (MONTAIGNE I, 22)À l'abri des coups (MONTAIGNE I, 25)A l'exemple des Thraces (MONTAIGNE I, 23)Au royaume de Ternate (MONTAIGNE I, 24)À l'advenir (MONTAIGNE I, 230)À nage (MONTAIGNE I, 277)Les moyens qu'ils ont à y employer (MONTAIGNE I, 24)À quoi faire voulez vous.... (MONTAIGNE I, 85)Il l'envoya subjuguer le monde à tout [avec] seulement 30000 hommes (MONTAIGNE I, 180)Les yeux me troublent à monter [quand je monte] (MONTAIGNE I, 224)À parler en bon escient (MONTAIGNE I, 227)Il le somma de sortir à parlementer (MONTAIGNE I, 16)Estre deslogé à force (MONTAIGNE I, 26)Ne craindre point a mourir (MONTAIGNE I, 69)C'est à Dieu seul à qui gloire appartient (MONTAIGNE III, 10)Ce n'est pas moi que l'on abuse ainsi : Qu'à quelque enfant ces ruses on employe (LA BOET. 445)De m'effrayer depuis ce presage ne cesse ; Mais j'en consulterai sans plus à ma maistresse (LA BOET. 505)Soeur de Pâris, la fille au roy d'Asie (RONS. 106)

ÉTYMOLOGIE

Ad et ab qui se sont confondus ; bourguig. ai ; provenç. espagn. et ital. a.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

À.

29. Ajoutez : Pour l'emploi populaire et archaïque de à au sens possessif, on peut citer : épouvantail à chènevière, et cet exemple de La Fontaine :.... car le greffe tient bon, Quand une fois il est saisi des choses : C'est proprement la caverne au lion, Oraison.

Joinville disait comme nos paysans : La comtesse Marie qui fut soeur au roi de France, édit. de la Bibl. nat. p. 17.

AVOIR [a-voi. Au XVIe s. on écrivait aurai, auras, etc. mais on prononçait, d'après Bèze, arai, aras, etc. Au XVIIe s. d'après Dangeau, ayant, ayons, ayez se prononçaient a-iant, a-ions, a-iez. Aujourd'hui, c'est une prononciation fautive : il faut dire éiant, é-ions, é-iez. à Paris le peuple prononce eü ou evu au lieu de u [eu] ; c'est un archaïsme sur lequel on débattait encore au XVIIe siècle ; la prononciation u est aujourd'hui la seule correcte]

1. Posséder un objet physique, posséder quelqu'un ou quelque chose dans un certain état. Il a une propriété patrimoniale sur notre commune. Il faut user de ce qu'on a. Avoir de la fortune. Avoir des alliés. N'avoir pas d'enfants. Il n'a pas d'argent. N'avoir rien. Il eut un père très illustre.

Et de quelques bons yeux qu'on ait vanté Lyncée, Il en a de meilleurs (MALH. II, 12)

Il a l'oreille rouge et le teint bien fleuri (MOL. Tart. II, 3)

J'ai pour aïeul le père et le maître des Dieux (RACINE Phèdre, IV, 6)

J'aurais à cette heure de quoi vous écrire un beau poulet (VOIT. Lett. 38)

Familièrement. Avoir de quoi, être dans l'aisance.

2. Porter, tenir. Avoir à la main une coupe, une boîte. Ayant un casque sur la tête. Il n'avait pas de canne en venant.

En termes de jeux, avoir la boule, le dé, etc. Être en tour de jouer ou être le premier à jouer.

3. Fig. Posséder une chose immatérielle, une qualité ; éprouver une sensation ou un sentiment ; être dans un état ; être âgé de ; être d'une dimension de. Qu'avez-vous ? c'est-à-dire quelle est votre émotion ? Avoir droit sur quelque chose. Avoir la paix. Avoir dans l'esprit. J'ai l'intention de. J'ai une opinion tout à fait opposée. Les hommes qui ont de la prudence. Ces gens ont coutume de. J'ai eu de la peine à me contenir. Avoir mal à la tête. Il avait vingt ans. Rue qui a 10 m. de large.

Ces enfants.... Ayant Dieu dans leur coeur ne le purent louer (MALH. I, 4)

Et, pourvu qu'il soit cru, nous n'avons maladie Qu'il ne sache guérir (MALH. II, 12)

Mais serait-ce raison qu'une même folie N'eût pas même loyer (MALH. ib.)

Tu as donc familiarité avec le prince d'Ithaque (MOL. la Princ. d'Él. III, 3)

Le désir se fait mieux sentir parce qu'il a de l'agitation et du mouvement (BOSSUET le Tellier.)

Qu'avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangez point ? (BOILEAU Sat. III)

J'ai beaucoup de plaisir à voir les choses que j'avais imaginées (VOIT. Lettr. 38)

Ayant un empire absolu sur les esprits (BOILEAU Longin, Sublime, 32)

Ah ! n'aie point pour moi si grande indifférence (MOL. l'Étour. II, 7)

Je vous écris à la vue de la terre de Barbarie, et il n'y a entre elle et moi qu'un canal qui n'a pas plus que trois lieues de largeur, bien que ce soit l'Océan et la mer Méditerranée tout ensemble (VOIT. Lettr. 39)

Le fer qui les tua [des enfants] leur donna cette grâce Que, si de faire bien ils n'eurent pas l'espace, Ils n'eurent pas le temps de faire mal aussi (MALH. I, 4)

Quand j'avais de ma foi l'innocence première, Si la nuit de la mort m'eût privé de lumière, Je n'aurais pas la peur d'une éternelle nuit (MALH. ib.)

Eh bien ! ne mangeons plus de chose ayant eu vie (LA FONT. Fab. X, 5)

Ce qu'il y a eu en lui de plus éminent, c'est l'esprit qu'il avait sublime (LABRUY. 1)

Trouvant que j'avais peu de latin, il entreprit de m'en enseigner davantage (J. J. ROUSS. Conf. III)

Oui, monsieur, seulement pour vous faire peur, et vous ôter l'envie de nous faire courir toutes les nuits, comme vous aviez de coutume (MOL. Scap. II, 5)

Que, depuis quarante-deux ans qu'il servait le roi, il avait la consolation de ne lui avoir jamais donné de conseil que selon sa conscience (BOSSUET le Tellier.)

Par analogie il se dit des choses. Cette ville a de beaux édifices. Cette maison a beaucoup de locataires.

Ah ! sire, un tel honneur a trop d'excès pour moi (CORN. Hor. V, 2)

Si tu l'aimes encor, ce sera ton supplice. - Je n'en murmure point, il a trop de justice (CORN. Cinna, V, 3)

Lorsque l'obéissance a tant d'impiété, La révolte devient une nécessité (CORN. Rodog. III, 5)

Seigneur, quand ce dessein aurait quelque justice (CORN. Nicom. V, 5)

Ce projet qui pour vous est tout brillant de gloire, N'aurait-il rien pour moi d'une action trop noire ? (CORN. Sertor. III, 2)

Un moment de sa perte a pour moi des supplices (CORN. ib. III, 4)

Toutes les autres morts n'ont mérite ni marque ; Celle-ci porte seule un éclat radieux (MALH. II, 12)

Les sceptres devant eux n'ont point de priviléges (MALH. ib.)

À ce coup nos frayeurs n'auront plus de raison, Puisque par vos conseils la France est gouvernée (MALH. IV, 2)

4. Trouver, rencontrer. Nous avons des gens capables d'exécuter votre projet.

En te perdant j'ai sur qui me venger (CORN. Rod. II)

J'avais pour de tels coups certaine vieille en main (MOL. Éc. des f. III, 4)

Et quand on a quelqu'un qu'on hait ou qui déplaît, Lui doit-on déclarer la chose comme elle est ? (MOL. Mis. I, 1)

5. Se procurer, acquérir, obtenir, gagner, acheter. Ce qu'on a pour de l'argent. On a quatre pommes pour dix sous. On ne peut rien avoir de cet ouvrier.

La cabale s'est réveillée aux simples conjectures qu'ils ont pu avoir de la chose (MOL. 2e placet au roi.)

Et que j'avais de quoi le connaître (PASC. dans COUSIN)

Il a trouvé le moyen de faire avoir des bénéfices sans argent (PASC. Prov. 12)

6. Avoir à, suivi d'un infinitif, être chargé du soin de, être dans le cas de. Avoir une terre à cultiver. Il a de grands travaux à exécuter. Je n'ai absolument rien à vous écrire. Je n'ai rien à craindre. J'ai eu à choisir.

Comme il y a toujours une grande différence entre les choses qui ont à être et celles qui sont en effet.... (VOIT. Lett. 124)

Vous avez à combattre et les dieux et les hommes (RAC. Iphig. V, 3)

J'ai votre fille ensemble et ma gloire à défendre (RAC. ib. IV, 7)

Que je serais heureux si j'avais à le faire (RAC. Bérén. III, 1)

Son pouvoir n'ayant plus à s'étendre plus loin, Il brise l'instrument dont il n'a plus besoin (ROTR. Bélis. V, 5)

Il fut ensuite au sénat, et il demanda qu'on eût, par un sénatus-consulte, à dégager sa parole et à abolir toutes les dettes (VERTOT Révol. rom. liv. I)

Le sénat lui ayant fait dire [à Mithridate] qu'il eût à retirer ses troupes de toutes ces provinces (VERTOT ib. liv. X, p. 33)

On publia le décret du sénat qui ordonnait qu'on eût à les poursuivre aux dépens du public (VERTOT ib. liv. X, p. 45)

Il nous fait remarquer que nous ayons à lui préparer les voies (MASS. Délai.)

N'avoir qu'à, n'avoir rien autre chose à faire que de. Vous n'avez qu'à lever les yeux. Vous n'avez qu'à dire un mot, et la chose sera faite.

7. Avoir de, tenir de, avoir reçu de. J'ai cette terre du chef de mon père. De qui avez-vous la nouvelle ?

8. Engendrer, créer. Il avait des enfants de ses deux femmes.

Elle a un fils du roi (SÉV. 216)

9. Imiter, reproduire. Avoir les traits de quelqu'un. Elle n'avait d'une femme que le corps. Il a tout votre air. Avoir la couleur du minium.

10. Avoir pour, regarder comme.

Avoir pour suspecte la vertu même (LA BRUY. 13)

Et je vous supplierai d'avoir pour agréable Que je me fasse un peu grâce sur votre arrêt (MOL. Mis. I, 1)

Eh bien, mes souverains, aurez-vous agréable Que, n'ayant pu la voir en sa fin lamentable, Nous la fassions au moins apporter devant nous ? (MAIRET Sophon. V, 7)

Avoir quelqu'un, quelque chose pour soi, l'avoir en sa faveur. Ils ont pour eux la justice. Elle a pour elle sa beauté.

Il suffit que ta cause est la cause de Dieu, Et qu'avecque ton bras elle a, pour la défendre, Les soins de Richelieu (MALH. II, 12)

11. Avoir la parole dans une assemblée, avoir la permission de parler.

12. Avoir quelqu'un à dîner, lui donner à dîner. Il a eu beaucoup de monde à son bal.

Avoir quelqu'un avec soi, être avec quelqu'un, en être accompagné. Il avait un ami avec lui.

13. Avoir une femme, obtenir ses faveurs. C'est une expression libre et de mauvaise compagnie.

14. En avoir, gallicisme qui signifie être irrité contre, songer à.

Je ne sais à qui il en avait (SÉV. 173)

Je ne sais à qui en ont vos femmes avec leurs voeux (SÉV. 511)

Je lui demandai à qui elle en avait de se vouloir ruiner (SÉV. 441)

À qui en as-tu donc, ou si c'est aux anges que tu ris ? (HAMILT. Gramm. 2)

Vous en aurez, expression de menace, vous serez puni, maltraité.

En avoir dans l'aile, être atteint de quelque perte, de quelque accident grave.

15. Avoir, verbe auxiliaire dans la conjugaison. J'ai dit. Il avait ordonné. Je crois avoir entendu dire. Ce qui a été dit par vous. L'événement ne m'a pas trompé.

16. Avoir se prend impersonnellement avec le pronom y dans beaucoup de locutions. Il y a, il existe. Il y aura des vices tant qu'il y aura des hommes. Il y en a qui pensent.... Il y eut beaucoup de sang versé. Il y a de la honte à.... Il y a longtemps que.... Y a-t-il rien de plus indigne ? Pourvu qu'il y ait assez d'argent.

Peut-il y avoir des doutes en une question si claire ? Il y aurait de la folie à douter d'une vérité si universellement reconnue (BOILEAU Longin, Sublime, 32)

Il faut convenir que ces Juifs sont des hommes comme il n'y en a point (DIDER. Nouv. max. Phil. 25)

Il n'y a qu'à parler, c'est-à-dire il suffit de parler.

Il n'y a qu'à pleuvoir, c'est-à-dire la pluie peut survenir.

Familièrement.

Ô vent donc, puisque vent y a, Viens dans les bras de notre belle (LA FONT. Fab. IX, 7)

Madame, puisque madame y a (MOL. G. Dand. I, 4)

Tant y a, quoi qu'il en soit. Vous me vantez cet homme ; tant y a que je ne veux pas le voir.

Tant y a qu'il n'est rien que votre chien ne prenne (RAC. Plaid. III, 3)

Y ayant, puisqu'il y a, comme il y a.

N'y ayant qu'une vérité de chaque chose (DESC. Méth. 2)

Rapsodie veut dire un amas de vers qu'on chantait, y ayant des gens qui gagnaient leur vie à les chanter (BOILEAU Réflexions crit. n° 2)

C'est ainsi que tous les interprètes ont expliqué ces mots.... y en ayant même qui ont mis à la marge du texte grec.... (BOILEAU ib.)

N'y ayant rien de si inconcevable (PASC. dans COUSIN)

17. S. m. terme de commerce. Avoir du poids, nom que les Anglais donnent à la livre de seize onces.

Il n'est rien de tel que d'en avoir, c'est-à-dire si l'on n'a pas de bien, on n'est pas considéré.

REMARQUE

1. Faut-il dire : il y eut cent hommes tués, ou bien, il y eut cent hommes de tués ? L'usage aujourd'hui est d'employer de quand le substantif est sous-entendu ou qu'il est remplacé par le pronom en, et de supprimer de quand le substantif précède l'adjectif ou le participe ; ainsi on dira : il y eut cent hommes tués, et deux cents de blessés.

2. Les ennemis que j'ai eus à combattre, et les ennemis que j'ai eu à combattre. Il y a entre les deux locutions une distinction qui, quelquefois à peine sensible, l'est d'autres fois assez pour qu'on veuille choisir. Dans le premier cas, j'ai eu des ennemis, et je les ai combattus ; dans le second, il m'a fallu combattre des ennemis.

3. C'est une faute très grosse de dire, à la troisième personne du subjonctif présent, au singulier : qu'il aie, au lieu de : qu'il ait. Vaugelas la signale ; et il n'est pas rare de l'entendre encore aujourd'hui.

4. Dans les prétérits surcomposés, lorsque le complément direct du verbe est placé devant lui, doit-on prendre la forme variable eu, eue, ou la forme invariable eu ? J'avais beaucoup d'affaires ; je suis parti quand je les ai eu terminées, ou eues terminées. Les deux manières peuvent certainement se défendre ; et le poëte pour éviter un hiatus ne devrait se faire aucun scrupule d'accorder eu. Mais il est plus naturel de ne le pas accorder, JULLIEN.

5. Je vous aurais parlé, si je vous eusse trouvé ou si je vous avais trouvé. Si ne prend la construction du subjonctif qu'avec les auxiliaires.

6. En poésie, aie est monosyllabe, et pour l'employer, il faut qu'il soit suivi d'une voyelle.Mais dans le XVIIe siècle, on s'en servait devant une consonne, et on le faisait de deux syllabes : Que j'aie peine aussi d'en sortir par après (MOL. l'Étour. III, 5, 7) On observera que, bien que avoir soit un verbe actif, il n'a pas de passif ; on ne dit pas : ces choses ont été eues.

SYNONYME

AVOIR, POSSÉDER. Avoir est beaucoup plus général que posséder. On a de toutes les façons possibles, au lieu que posséder, c'est avoir, en exprimant précisément que l'on tient en sa main, en son pouvoir, la chose dont il s'agit.

HISTORIQUE

Xe s.Bel [elle] avret [avait] corps, bellezour anima (Eulal.)Qued avuisset de nos christus mercit (ib.)Si cum il semper solt haveir (Fragm. de Valenc. p. 468)E cum cil lo fisient, dunt ore aveist odit [ouï] (ib. p. 469)Ne aiet niuls male voluntatem contra sem peer (ib. p. 469)Aiest [ayez] charté inter vos (ib. p. 469)

XIe s.Ce que il avereit pris (Lois de Guill. 6)N'i ad castel qui devant lui remaigne (Ch. de Rol. I)Ne n'ai tel gent qui la sue desrompe (ib. II)Prudhom i out [il y eut en lui la qualité de prudhomme] pour son seignur aider (ib. III)Ne nous aiuns les mals et les soufraites (ib. IV)Li reis Marsile out son conseil finet (ib. V)S'il veut ostages, il en aura, par veir [pour vrai] (ib. VI)Tant i aurat de besans esmerez (ib. IX)Mout [ils] ont oüd et peines et ahans (ib. XIX)Car de ferir oi je si grant besoin (ib. CIV)Il dist après : Paien, mal aies tu ! (ib. CXLIV)Se je vif auques, mout grant prod [vous] i aurez (ib. CCLII)Vostre conseil ai-je evud touz temps (ib. CCLVI)Averum nous la victoire du champ ? (ib.)

XIIe s.Cité [il] n'i a qui (Ronc. p. 1)Qui France a à bailler (ib. p. 6)Bien a set ans (ib. p. 10)Illoc avoit [il y avait] un noble pugnaor (ib. p. 25)Et vous, aiez vostre grant ost banie (ib. p. 28)Et ses compeins qui oit [eut] nom Estramant (ib. p. 43)[Tu] Qui en la croiz eüs ton cors pené (ib. p. 56)En Margaric ot [il y eut] mout bon chevalier (ib. p. 63)Nous n'avienz nul meillor chevalier (ib. p. 73)Sonent li grailles [trompettes], quant que par l'ost en a (ib. p. 96)Tant que Dex voille, du champ aienz [ayons] l'onor (ib. p. 108)Quant l'emperere ot sa gent enterrée (ib. p. 156)Que n'oi [je n'eus], talent de fuïr ne d'aler (ib. p. 185)Hui vous aurai vaincu et recreant (ib. p. 188)Si vous ait Jesus Christ, qui en croix se peina ! (ib. p. 192)Car joie a courte durée, Qui avient par tel folor (Couci, I)Se je vous aim, j'i assez ai raison (ib. II)Mais quant j'aurai de vous haïr envie (ib. II)Toute beautez qui sur autre resplent, Est mise en lui [elle], qu'il n'i a que mesprendre (ib. v)Dame, nul mal que j'aie, [je] Ne tieng fors à legier ; Car sans vous [je] ne pourroie [pourrai] Vivre, ne je nel quier [demande] (ib. VIII)S'onques amis ot joie pour aimer [en raison de son amour] (ib. X)Mais or en aiez merci [merci vous soit faite], Et si vous soit pardonné (ib. XII)Mort m'auriez à loi de traïtor (ib. XVI)Onques vers lui [elle] [je] n'oi faus cuer ne volage (ib. XIX)Tous les soulas qu'ai eüs en ma vie (ib. XXII)S'onques nuls homs pour dure departie Ot cuer dolent, je l'aurai par raison (ib. XXIV)Fausse estes, voir plus que pie ; Ne mais pour vous [Je] N'averai Ja ieux plorous (QUESNES Romancero, p. 89)Mais [que] cil en ait l'onor, cui Dex voudra aidier (Sax. IV)Guiteclins de Sassoigne, quand ce vint à son tans, De sa premiere fame ot deus vaslez enfans (ib. v)Jamais [nous] n'aurons tel aise de nos hontes vengier (ib. VI)Seignur, fait il as moines, car me laissez ester ; Vus n'avez ci que faire ; Deu en laissiez penser (Th. le mart. 147)E quant li reis out enquis des nuveles de Urie, cumandad lui qu'il returnast à sa maisun, qu'il i out ses aises (Rois, 155)

XIIIe s.À celui tans, avoit un empereour en Constantinoble qui avoit nom Sursac (VILLEH. XLII)À Pepin [ils] orent guerre qu'avez oï conter (Berte, III)Car il ne plut à Dieu qui tout a à garder (ib.)Fille, ce dist la vieille, mout forment vous [j'] ai chere (ib. XII)De ceste chose arez un petit à soufrir (ib. XIII)Dont doi je prendre en gré, se j'ai froit et pouverte [pauvreté] (ib. XXXV)Qui Rainfroy ot à nom (ib. XV)Car je ai si grant faim que ne sai que penser (ib. XLIII)[Vous] Voulez tuer vo [votre] fille ; trois jours a, ne dormi (ib. LXXXIX)Ne fust Morans [n'était Morant], de cui j'en oi [eus] defendement [empêchement] (ib. XCV)C'est bien drois que mains cuers grant joie en avera (ib. CXXII)Pour l'amour qu'[il] ot à eus, ces armes [ce blason] [le roi] leur chargea [donna] (ib. CXXXI)Et saciés de voir que il n'avoit que targier (Chr. de Rains, 225)Li enfes ploroit de grant fain, Por ce que n'avoit que mengier (Ren. 20501)Se porpensa que il feroit, Et comment à boivre averoit (ib. 6690)Avez-vos, fet-il, plus que dire ? (ib. 8348)Sire, fis je, grant talent é [j'ai grand désir] De faire vostre volenté (la Rose, 2225)Car cil a moult poi de savoir (ib. 14056)Car j'ai de mon pere congié De faire ami et d'estre amie (ib. 5846)Appius ne pooit donter La pucele qui n'avoit cure Ne de li, ne de sa luxure (ib. 5621)Pourquoi nel' faites-vous entendre, Savoir s'il i a que reprendre ? (ib. 5536)Comment encore eschaper porent De tel peril, sans pis avoir, Ou d'ame, ou de cors ou d'avoir (ib. 4521)Car le propre non lor pleüst, Qui accoustumé lor eüst (ib. 7174)Il convenroit qu'il sivist les pleges, se pleges y avoit (BEAUMANOIR 58)Et soi ofrir contre cex à qui il a à fere (BEAUMANOIR 61)Noz ne lor avons pas soufert, el tans de nostre baillie, quant partie l'a volu debatre ; mais, quant partie ne l'a pas debatu, noz l'avons eu beau soufrir (BEAUMANOIR LXVI, 11)Ceulx envoient sus les Sarrazins quant il veulent guerroier à eulz ; et les Sarrazins envoient sus les crestiens, quant il ont à faire à eulz (JOINV. 264)

XIVe s.Et ceulx qui en telles choses se ont et se contiennent comme il convient et appartient (ORESME Eth. 92)Nous, sur ce heut [eu] certaine information, avons retenu et retenons... (DU CANGE arramentum)Sire, ce dit Bertran, vous parlez pour noient ; S'autre chose n'i a, ce me dittes : Va-t'-en (Guesclin. 13526)Mais li bons cappitains lor dit : Laissiez ester ; J'arai de lor pourceaux, sans nous de riens grever (ib. 1214)

XVe s.Et si [les Escots] n'ont que faire de chau dieres ne de chaudrons, car ils cuisent bien leurs chairs au cuir des bestes mesmes (FROISS. I, I, 34)[Le roi voulait épargner ses gens et son artillerie] car il pensoit bien qu'il en auroit à faire (FROISS. I, I, 273)Et s'il euist justement pensé.... (FROISS. III, IV, 28)Quand ceux de la ville virent le peril et le dommage si apparent, ils eurent conseil qu'ils se rendroient, sauves leurs vies (FROISS. I, I, 20)Et aussi il avoit bien cause qu'ils le festassent ; car ils ne l'avoient vu puis la bataille dessus dite (FROISS. I, I, 186)Il ne nous vaut rien ici demourer ni tenir ; nous n'y ariemes jamais nulle bonne aventure (FROISS. II, III, 34)Vous savez que je vous feis foy Pieça de tout ce que j'avoye, Et vous laissay en lieu de moy Le gaige que plus chier j'amoye (CH. D'ORL. Bal. 13)Je ferai, maugré qu'il en ait, Encontre luy une aliance (CH. D'ORL. Bal. 22)Et là ha continué à escripre, selon ce qu'on ha rapporté (JUVÉN. Charles VI, 1420).... luy vint messaige de par le roy, qui lui mandoit qu'il avoit en propos de faire certain voyage| (Bouciq. I, ch. 7)L'empereur avoit ja fait tout son apprest, afin que n'y eust que à partir (ib. I, ch. 31)Et alors le roy eut conseil avec ledit conte du Mayne (COMM. I, 3)Il avoit congnoissance en la cité, à cause qu'il y avoit eu administration par les années qu'ils avoient esté en paix (COMM. II, 3)Que s'il n'avoit debat par le dehors contre les grans, qu'il falloit qu'il l'eust avec ses serviteurs.... (COMM. III, 1)Et eut lettres de la duchesse sa femme, que le roy Edouard n'estoit pas content (COMM. III, 7)Dieu avoit et a ce royaulme en especialle recommandation (COMM. IV, 7)Laquelle estoit veufve, long temps avoit (COMM. I, 2)Et ne les avoit en nulle hayne pour les choses passées (COMM. I, 10)Ilz commencerent à avoir division ensemble, quant ce fut à departir le butin (COMM. I, 15)C'est peu de chose que de peuple, se il n'est conduyt par quelques chiefs qu'ilz ayent en reverence et en crainte (COMM. II, 13)Après le sejour que eust le roy en ce village (COMM. V, 13)Le plus grand edifice que commença, cent ans a, roy tant au chasteau qu'en la ville (COMM. VIII, 18)Auquel lieu eut nouvelles ledit Ludovic, que son neveu le duc de Milan se mouroit (COMM. VII, 6)Il me fit appeller, et eut en conseil, s'il bailleroit ce sauf conduit ou non (COMM. VIII, 9)Et vindrent la pluspart malgré qu'on en eut (COMM. VIII, 10)

XVIe s.Que nul vivant, sur peine de la hart, N'aye à piller la valleur d'un liard (J. MAROT V, 144)Une isciatique, à laquelle j'estoys subject, plus de sept ans avoyt (RAB. Pant. II, 4)Je crois qu'en vous n'a [il n'y a] point tant de rudesse (MAROT II, 326)Long temps y ha que je vis en espoir, Et que rigueur ha dessus moi pouvoir (MAROT II, 345)Mais il peut tout, et veut, et lui agrée, Qu'un fils sacré aye mere sacrée (MAROT II, 362)Espece n'est de tribulation, Qui n'ait icy sa consolation (MAROT IV, 201)Si tu n'as point pitié de moy, Ayes au moins pitié de toy (DU BELLAY VII, 37, recto.)Avoir le dessus (MONT. I, 19)Avoir où s'escrimer (MONT. I, 22)Pour la peur qu'il avait eue (MONT. I, 22)Ils feirent deffense que nul n'eust plus à aller là (MONT. I, 233)Et tout ainsi que Dieu les a associez en la lignée, aussi a la loy (LA BOETIE 164)Et luy fut enjoinct expressement de la part du peuple, qu'il eust à s'embarquer (AMYOT Alcib. 35)Il se monstroit rebours à ceulx qui le cuidoient flatter, encore se roidissoit-il d'avantage contre ceulx qui le pensoient avoir par menaces (LA BOETIE Cat. d'Utiq. 1)Razant nos champs, dites, a' vous [avez-vous] point veu Cette beauté qui tant me fait la guerre ? (RONS. 17)Et sans sçavoir combien la muse apporte D'honneur aux siens, je l'avois à mespris (RONS. 53)

ÉTYMOLOGIE

Bourguign. aivoy ; provenç. aver ; espagn. haber ; portug. haver ; ital. avere ; du lat. habere. Comparez l'allemand haben, le gothique haban. Dans l'ancienne langue, on disait non pas il y a, mais simplement il a (illud habet), ce qui voulait le cas régime du substantif : il avoit un chastel, il y avait un château ; chastel est le cas régime : chastels ou chastaus serait le nominatif. Pourtant, l'adverbe y se montre dans cette locution dès le XIIIe siècle. La forme archaïque, sans y, s'est conservée dans le style marotique, au moins avec la négation : Entre Leclerc et son ami Coras, N'a pas longtemps, s'émurent grands débats, RAC., Épigr. Il y a lieu de remarquer avret dans un texte du Xe siècle ; c'est, étymologiquement, l'équivalent de habuerat, où l'u, comme dans ces formations, devint un v, habverat, avec l'accent par conséquent sur há. On s'était étonné que le plus-que-parfait latin n'eût laissé aucune trace dans les langues romanes, où en effet on ne le trouve pas ; mais ces textes du Xe siècle montrent qu'il a existé, bien que transitoirement.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. AVOIR. Ajoutez :

18. Terme de turf. Avoir un cheval, parier pour un cheval. Quand un pouleur demande : quel cheval avez-vous ? cela veut dire pour quel cheval pariez-vous ?

AVOIR (s. m.)[a-voir]

1. Tout ce qu'on possède, bien, fortune. Tout son avoir était chez ce banquier. Cette maison, cette terre est un bel avoir.

Aurions-nous mieux employé la jeunesse, Vécu moins vite avec un riche avoir ? (BÉRANG. Bonsoir.)

2. Terme de commerce. La partie d'un compte où l'on porte les sommes dues. Doit et avoir, l'actif et le passif. Établir un compte par doit et avoir.

HISTORIQUE

XIe s.Pour tout l'aveir qui soit en cest païs (Ch. de Rol. XXXIV)Les douze pairs [il] a traït pour aveir (ib. CCLXXIII)

XIIe s.Cumbatid s'en vers les Philistiens, si enchaçad lur avers [bêtes] ki durent porter la vitaille (Rois, 89)Mout grant avoir [je] vous en faz aporter (Ronc. p. 32)[Je] N'en donroie le desir Pour tout l'avoir dessouz ciel (Couci, XII)Qui mestier a d'avoir, à son talent en prent (Sax. XII)Seignur, fait-il à els, tut senz en plait entrer, Ne me deit pas mis sires acuinte demander : Car tut cest grant aveir que ci vus oi numer, En ses busoignes l'ai fait metre et aluer (Th. le mart. 43)Tut saisi en sa main et terres, et mustiers, Et vif aveir et mort, blé, rentes et deniers (ib. 64)

XIIIe s.Et li Franc commencierent à ocire les Grieus, et gaaignierent les avoirs de la vile, et pristrent tout (VILLEH. CLI)Après commença à paier l'avoir que il devoit à ceus de l'ost (VILLEH. LXXXVIII)Si come d'or et d'argent et de tous les fiers avoirs qui onques furent en terre trovés (VILLEH. CVII)Se vos estes povres ne besoigneus, il vous donra volentiers de son avoir (VILLEH. LXVI)Avoir et grans richesses [ils] orent tout à leur chois (Berte, LXI)Après fu painte coveitise : C'est cele qui les gens atise De prendre et de noient donner, Et les grans avoirs aüner (la Rose, 172)Il tolent et ravissent les avoirs dont li communs pueples se doit vivre (BEAUMANOIR 26)

XVe s.Et y fut trouvé [à Audenarde] grand avoir qui estoit à François Acreman ; et me fut dit que il y avoit bien quinze mille francs (FROISS. II, II, 221)Et disoient outre [les serfs Anglais révoltés] que ils vouloient savoir que les grands avoirs que on avoit levés parmi le royaume d'Angleterre, puis cinq ans, estoient devenus (FROISS. II, II, 111)Ils se rendirent, sauf leurs corps, leurs membres et leur avoir (FROISS. I, I, 149)Et par Dieu, il n'est nul avoir Qui vaille bon ami avoir (Mir. de Ste Genev)Et ainsi ensuit les vaillans preux qui onques nul compte ne tindrent d'amasser avoirs (Bouciq. IV, ch. 7)

XVIe s.Ilz n'avoient rien de plus cher en ce monde que la richesse et l'avoir (AMYOT Arist. 25)

ÉTYMOLOGIE

Avoir 1 ; norm. avers, les animaux domestiques ; provenç. et espagn. aver ; ital. avere. D'après Ménage, avoir, en la signification de biens, était un mot inusité. Depuis, ce mot est revenu tout à fait en usage.

Wikipedia - voir aussi

Wikipedia

Å

                   
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Cet article recense les sens de Å.

Sommaire

  Linguistique

Article détaillé : Å (lettre).

En danois, norvégien, suédois, finnois, wallon et chamorro, « Å » est considérée comme une lettre de l'alphabet à part entière. Il s'agit de la lettre « A » diacritée d'un rond en chef.

Dans les langues scandinaves, Å (prononcé /oː/ ou /ɔː/) signifie « petit cours d'eau », ce qui explique sa présence dans plusieurs toponymes.

  Sciences

  • Å, symbole de l'ångström, unité de longueur valant 0,1 nanomètre.

  Localités

  Danemark

  • Å, lieu du sud-ouest de l'île de Fionie.

  Norvège

  Panneau d'entrée dans le village d'Å à Moskenes, en Norvège.

La Norvège compte plusieurs localités nommées Å :

  Suède

La Suède compte plusieurs localités nommées Å :

  Annexes

   
               

Avoir

                   
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Sur les autres projets Wikimedia :

Le terme « avoir » désigne :

  • en français : avoir est un auxiliaire de la langue française, ainsi qu'un verbe ayant de nombreuses significations, souvent liées à la notion de propriété ;
  • en économie : un avoir est un document équivalent à une reconnaissance de dettes.
   
               

 

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