Apôtre
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Cet article concerne la description des apôtres. L'adjectif apostolique correspond à ce nom.
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Sens du mot Apôtre
Apôtre vient du Grec apostolos qui désigne couramment l'accomplissement d'une mission, ou les lettres décrivant cette mission. Ce n'est que dans la Bible grecque des Septante que ce mot est appliqué à des personnes (1R 14,6) ; il traduit l'hébreu shaliah, avec le sens d' "envoyé plénipotentiaire". C'est dans le Nouveau Testament que le mot apôtre est le plus souvent employé. Il s'applique à trois catégories de personnes bien distinctes :
- Les témoins de la Résurrection de Jésus, envoyés pour annoncer cet événement.
- Un des ministères de l'Eglise primitive.
- Une seule fois dans l'Evangile (Mt 10,2) : le groupe des Douze choisis par Jésus "pour être avec lui" et pour signifier symboliquement le peuple de la fin des temps (Mt 19, 28).
Les apôtres, témoins de la résurrection de Jésus
Le premier sens du mot apôtre, ou du moins celui qui est le plus anciennement attesté dans le Nouveau Testament, désigne le témoin de la Résurrection de Jésus. C'est le titre que Paul s'attribue dans la lettre aux Galates, rédigée dans les années 50. Dans la lettre aux Romains, il se dit "mis à part pour annoncer l'Evangile de Dieu", "pour conduire à l'obéissance de la foi tous les peuples païens" : il situe ainsi sa mission comme fondamentale dans l'Eglise, aux côtés des autres témoins de la Résurrection que sont les Douze et quelques membres de la famille de Jésus (tel que Jacques, frère du Seigneur), apôtres eux aussi.
Le ministère apostolique dans l'Eglise primitive
Le Nouveau Testament témoigne aussi d'un apostolat conçu, dans la première Église, comme l'un des ministères essentiels.
Les lettres de Paul (par ex. 2 Co 11,13) parlent de "faux apôtres".
Le premier exemple de texte apostolique est sans doute la lettre apostolique envoyée à l'Église d'Antioche à la suite des discours de Pierre (Ac 15, 7-12) et Jacques (Ac 15, 13-21) sur la décision du concile de Jérusalem sur l'observance des règles traditionnelles du judaïsme, notamment la circoncision (vers 50).
Les textes ne sont pas toujours explicites sur le contenu de ce ministère, dont on peut penser qu'il comportait une dimension missionnaire itinérante : c'est ainsi que la Didachè (11, 3-6) atteste de leur existence en Syrie au début du IIe siècle.
La règle de la Tradition apostolique a été définie par saint Hippolyte de Rome au début du IIIe siècle.[1]
C'est sur l'existence de ce ministère de l'Eglise antique que Calvin s'appuiera pour restructurer les ministères des Eglises de la Réforme.
Les apôtres et le groupe des Douze
L'identification des apôtres au groupe de douze disciples choisis par Jésus "pour être avec lui" est sans doute une création relativement tardive, comme le montre l'existence d'apôtres extérieurs à ce groupe. Le seul passage de l'Evangile où on parle explicitement des "Douze Apôtres" est Mt 10,2 ; cf aussi Ap 21,14, et Ac 1,26. Il vaut mieux donc parler à leur sujet de Groupe des Douze : le chiffre 12 est en effet essentiel pour comprendre le rôle de ces disciples constituant autour de Jésus un cercle restreint à la forte signification symbolique.
Les Douze sont institués par Jésus pour être un signe particulier pour Israël : ils représentent le peuple nouveau tel qu'il sera rassemblé par Dieu à la fin des temps (Mt 19,28) ; le chiffre douze évoquant les douze tribus d'Israël, mais aussi la totalité et l'intégrité du peuple. Il renvoie donc au fait que Jésus a reçu pour mission de rassembler la totalité du peuple et de le mener à son accomplissement.
Le groupe des Douze demeure après la Résurrection. Après la trahison et la mort de Judas, les Onze qui subsistent décident de tirer un disciple au sort, Matthias, pour "devenir avec nous témoin de la résurrection". Ils sont, avec d'autres disciples, les bénéficiaires du don de l'Esprit à la Pentecôte (Ac 2). Pierre et Jean sont considérés, avec Jacques "frère du Seigneur" qui semble tenir dans l'Eglise de Jérusalem la place centrale, comme des "colonnes de l'Eglise" (cf Gal 2,9).
Après la mort du dernier membre des Douze, ce groupe n'est plus renouvelé. Les catholiques et les orthodoxes considèrent les évêques comme les successeurs des Apôtres, et accordent une importance particulière au fait que les évêques se situent dans la succession apostolique, c'est-à-dire que la tradition à laquelle ils se rattachent remonte aux Apôtres.
Les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc racontent la vocation de ces douze disciples de Jésus de Nazareth choisis et donnent leur liste de la façon suivante :
Matthieu
- « Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité.
- Voici les noms des douze apôtres. Le premier, Simon, appelé Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe, et Barthélemy ; Thomas, et Matthieu, le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote (ou le Cananite), et Judas l'Iscariote, celui qui livra Jésus. » (Mt 10:1-4).
Marc
- « Il monta ensuite sur la montagne ; il appela ceux qu’il voulut, et ils vinrent auprès de lui. Il en établit douze, pour les avoir avec lui, et pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons. Voici les douze qu'il établit: Simon, qu'il nomma Pierre; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, qui signifie fils du tonnerre; André; Philippe; Barthélemy; Mathieu; Thomas; Jacques, fils d'Alphée; Thaddée; Simon le Cananite, et Judas Iscariot, celui qui livra Jésus. » (Mc 3:13-19)
Luc
- « En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Quand le jour parut, il appela ses disciples, et il en choisit douze, auxquels il donna le nom d'apôtres: Simon, qu'il nomma Pierre ; André, son frère ; Jacques ; Jean ; Philippe ; Barthélemy ; Matthieu ; Thomas ; Jacques, fils d'Alphée ; Simon, appelé le zélote ; Jude, fils de Jacques ; et Judas Iscariote, qui devint traître. » (Lc 6:12-16)
Voir Aussi
Articles connexes
- Évangile
- Bible
- Christianisme
- Apostolat
- Constitution apostolique
- Prêtrise
Bibliographie
- Jacques Chocheyras, Les Actes des Apôtres Pierre et Paul, Histoire, tradition et légende, Religion et Sciences Humaines - L'Harmattan, ISBN : 2-7475-1179-0 • 2001 • 320 pages.
- Les citations de la Bible sont celles de la traduction de Louis Segond.
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