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○   Anagrammes
○   jokers, mots-croisés
○   Lettris
○   Boggle.

Lettris

Lettris est un jeu de lettres gravitationnelles proche de Tetris. Chaque lettre qui apparaît descend ; il faut placer les lettres de telle manière que des mots se forment (gauche, droit, haut et bas) et que de la place soit libérée.

boggle

Il s'agit en 3 minutes de trouver le plus grand nombre de mots possibles de trois lettres et plus dans une grille de 16 lettres. Il est aussi possible de jouer avec la grille de 25 cases. Les lettres doivent être adjacentes et les mots les plus longs sont les meilleurs. Participer au concours et enregistrer votre nom dans la liste de meilleurs joueurs ! Jouer

Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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définitions

art (n.m.)

1.ensemble des moyens, des techniques, mis en œuvre pour arriver à un certain résultat.

2.expression d'un idéal artistique par l'utilisation de techniques spécifiques.

3.ensemble de l'expression artistique d'un pays, d'une civilisation.

4.habileté à réaliser quelque chose; talent.

ART (n.prop.)

1.(Acron.)organisme chargé de gérer la déréglementation des Télécoms en France.

 
voir aussi

art (n.m.)

artiste, artistement, artistique

 
synonymes
 
locutions

-Art Tatum • Art sur Meurthe • Art'omosk • National Gallery of Art • amateur d'art • art abstrait • art alexandrin • art architectonique • art architectural • art brut • art cinématographique • art culinaire • art cynégétique • art d'accoucher les esprits • art d'agrément • art d'écrire • art de feindre • art de la guerre • art de la navigation • art de la parole • art de navigation • art de plaire • art dentaire • art dramatique • art du bâtiment • art décoratif • art gothique • art graphique • art industriel • art manuel • art martial • art militaire • art mécanique • art naïf • art nouveau • art oratoire • art ornemental • art pariétal • art plastique • art poétique • art pugilistique • art rupestre • art sculptural • art scénique • art textile • art théâtral • art vétérinaire • artisanat d'art • collection d'objets d'art • critique d'art • galerie d'art • grand art • histoire de l'art • historien de l'art • historienne de l'art • homme de l'art • l'Art de la fugue • l'Art royal • l'art et la manière • l'art pour l'art • licencié en art • livre d'art • menuiserie d'art • montée de l'art roman • noble art • objet d'art • ouvrage d'art • pop art • pop'art • septième art • serrurerie d'art • travaux d'art • vente publique d'objets d'art • œuvre d'art

-art du langage

-état de l'artADBS

-art populaire

 
dictionnaire analogique

art (n. m.)

tid

art[ClasseHyper.]

art (n. m.)

tid

habileté d'esprit[Classe]

compétence[ClasseHyper.]

art (n. m.)

 
le Littré (1880)

ART (s. m.)

1. Manière de faire une chose selon certaine méthode, selon certains procédés. Les arts de la paix. L'art oratoire, l'art de la parole. L'art musical. L'art militaire, l'art de la guerre. Les principes de l'art grec. La logique est l'art de raisonner. Posséder un art. Selon les règles de l'art. Les hommes de l'art. Parler avec art, sans art. Cet ouvrier est très habile dans son art.

La plupart des espèces d'animaux, comme les abeilles, les araignées, les castors, ont chacun un art particulier, mais unique, et qui n'a point parmi eux de premier inventeur ; les hommes ont une infinité d'arts différents, qui ne sont point nés avec eux et dont la gloire leur appartient (FONTEN. des Billettes.)

Le grand art de la guerre attend quelquefois l'âge (CORN. Sert. III, 2)

Mettant leur Apollon aux gages d'un libraire, Ils font d'un art divin un métier mercenaire (BOILEAU Art poét. IV)

Les maîtres de l'art, les plus habiles dans la matière dont il s'agit.

2. Au pluriel et absolument, la poésie et tous les arts libéraux et mécaniques.

Il fit fleurir les arts (BOSSUET Hist. I, 10)

Et ses justes faveurs aux mérites données Feront ressusciter l'excellence des arts (MALH. II, 1)

Les arts libéraux, ceux qui sont du ressort de l'intelligence, de l'esprit.

Les beaux-arts, la musique, la peinture, la sculpture, l'architecture, l'éloquence et la poésie avant tout, et, subsidiairement, la danse. L'académie des beaux-arts.

Le plaisir instruisant par la voix des beaux-arts Embellira la vie au sein de nos remparts (M. J. CHÉNIER Charles IX, II, 3)

Les arts d'agrément, le dessin, la musique et la danse considérés au point de vue de l'amusement.

Arts mécaniques, ceux qui exigent surtout le travail de la main.

3. Art par opposition à nature. L'art imitera la nature. Démosthène devait plus à l'art, Cicéron à la nature. Ville fortifiée par la nature et par l'art.

4. Adresse dans les moyens employés pour obtenir un résultat.

Je sais l'art de punir un rival téméraire (RAC. Brit. III, 8)

Il instruira ses fils dans l'art de commander (RAC. Phèd. III, 1)

Absente de la cour je n'ai pas dû penser, Seigneur, qu'en l'art de feindre il fallût m'exercer (RAC. Brit. II, 3)

Vous avez trouvé l'art d'être maître des coeurs (CORN. Cinna, V, 3)

Son faux art de clémence, ou plutôt sa folie, Qui pense gagner Rome en flattant Cornélie (CORN. Pomp. IV, 1)

L'art le plus innocent tient de la perfidie (VOLT. Zaïre, IV, 2)

Elle eût avec plus d'art trompé ma confiance (VOLT. ib. III, 7)

On s'est fait un art de se ruiner les uns les autres (FLÉCH. Lam.)

Elle a l'art de me plaire (MOL. Mis. I, 1)

5. S. m. pl. Autrefois, dans les universités, les humanités et la philosophie. Faculté des arts. Maître ès arts, celui qui avait pris ses degrés, et pouvait enseigner la philosophie et les lettres.

6. Titre donné à quelques ouvrages didactiques en prose et en vers. L'Art poétique d'Horace, de Boileau.

7. Art sacré ou grand art, nom donné aux doctrines et pratiques des philosophes hermétiques qui cherchaient la pierre philosophale. C'est un synonyme d'alchimie.

HISTORIQUE

XIe s.Barbarins [il] est et de mout males arz (Ch. de Rol. LXIX)

XIIe s.Marsile sut des ars bien la maistrie (Ronc. p. 24)Laissez ester vostre ire, qui vient de mauvais art (Sax. XIX)Li reis est riches huem, sages et de grant art (Th. le mart. 56)

XIIIe s.Bien [elle] semble gentis femme et sans nul mauvais art (Berte, XXII)Je l'oï dire à un veillart, Qui sages iert et de grant art (Ren. 19180)Tant ont fait que là sont venu ; Mès il seront moult irascu, Ainz qu'il s'en partent, se Renart Ne les en gieta par son art (ib. 13292)

XIVe s.Il entent par art science pratique, et par doctrine science speculative (ORESME Eth. II)

XVIe s.Que devient cette belle art ? (MONT. I, 36)Cette tant celebrée art de deviner des Thoscans (MONT. I, 45)Les licences de l'art (MONT. I, 166)Maistre ez arts (MONT. I, 188)Entre les arts liberaux, commenceons par l'art qui nous faict libres : elles servent toutes à.... (MONT. I, 173)En un art qui.... (MONT. I, 286)Un si bel art (MONT. I, 387)Si j'estois du mestier, je naturaliserois l'art, autant comme ils artialisent la nature (MONT. III, 355)Cestuy Thales avoit bruit d'estre poete lyrique, et prenoit le tiltre de cest art là (AMYOT Lyc. 4)Aujourd'huy que l'art d'astrologie est beaucoup plus parfaitement entendue qu'elle ne l'estoit alors (AMYOT Arist. 47)Vegece, de l'art militaire (Végèce Fronton, etc. traduits en français, 1536, f° 1)Du faict de la guerre et art militaire (VALLO 1554. Art de la guerre, composé en sept livres par Macchiavelli, Paris, 1546) (Art militaire par Onosandre, traduit par VIGENERE, 1605)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. art ; espagn. et ital. arte ; du latin ars. Le genre de art a varié dès les premiers temps de la langue : on le trouve, dans les plus vieux textes, tantôt féminin (ce qui est le genre étymologique), tantôt masculin ; il n'était pas encore fixé au XVIe siècle ; aujourd'hui, le masculin a prévalu.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. ART.

5. Ajoutez :

Terme de l'université du moyen âge. Les sept arts, sorte d'enseignement encyclopédique comprenant le trivium et le quadrivium (voy. ces mots).

8. Terme de pêche.

Dans le quartier de Cette, le grand art, la pêche de toutes les espèces pendant toute l'année ; le petit art, la pêche pendant la belle saison (Statistique des pêches maritimes, 1874, p. 115)

ART (s. m.)

Terme de pêche. Sorte de filet, dit ordinairement boulier.

 
Wikipedia

Art

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Pour les articles homonymes, voir Art (homonymie). 

Le mot art vient du latin ars (habileté, métier, connaissance technique). Le terme grec équivalent, techne (τεχνη), a évolué dans un sens différent, ne conservant que le sens de technique. On retrouve ici la classique évolution littéraire des racines latines et scientifique des racines grecques. C'est malgré tout et dans les deux sens: l'ensemble des gestes précis concernant une pratique maîtrisée entre la science théorique et la pratique spontanée, autant pour l'art de la menuiserie que pour les Beaux-Arts.

Philosophiquement, l'art se définit par sa dimension esthétique : il est une création d'œuvres visant à susciter une appréciation esthétique positive, c'est-à-dire à plaire et à toucher la sensibilité par leur seule forme, par leur seule apparence.

L'art est le propre de l'homme, ce "je-ne-sais-quoi" qui le distingue radicalement de l'animal, fût-ce ce chimpanzé avec lequel il partage 99% de ses gènes. L'art est l'expression de l'aspiration à l'absolu de l'homme, de sa connaissance intuitive de l'absolu, de son désir de transcendance, parce qu'il est aspiration et sens du Beau qui est aussi le Bien.

sculpture antique : la Victoire de Samothrace, exposée au Louvre, France.
sculpture antique : la Victoire de Samothrace, exposée au Louvre, France.

Sommaire

  • 1 Une forme d'interaction et d'échange
  • 2 Art et esthétique
    • 2.1 La forme comme dynamisme du sensible
    • 2.2 Art et attention au sensible
    • 2.3 Peut-on encore prendre l'art au sérieux ?
    • 2.4 L'art n'est-il qu'un spectacle humain et éternel ?
  • 3 L'art et le sacré
  • 4 Arts et représentations
  • 5 Histoire et évolution de l'art
    • 5.1 Naissance de l'esthétique
  • 6 Imitation et représentation
  • 7 Art moderne et art contemporain
  • 8 Nombre et nom des arts au cours des temps
    • 8.1 Antiquité
    • 8.2 Moyen Âge
    • 8.3 Renaissance
    • 8.4 L'époque des Lumières
    • 8.5 Les temps modernes
  • 9 Mouvements artistiques
  • 10 Quelques œuvres fameuses
  • 11 Voir aussi
    • 11.1 Articles connexes
    • 11.2 Liens et ressources externes

Une forme d'interaction et d'échange

Aujourd'hui, l’art établit une relation qui permet d’englober dans une même interaction, dans un même échange, une œuvre, son créateur et le récepteur, le destinataire de cette œuvre (spectateur, auditeur…). Les différentes formes que peuvent revêtir cette médiation concrétisent certaines relations entre l’homme et la nature, c’est-à-dire entre un esprit humain et son environnement. Une pensée à la fois consciente et inconsciente, individuelle et collective, un esprit libre et imaginatif communique avec le monde extérieur. Hegel, dans son Esthétique, a tenté de définir la transcendance de cette relation en posant a priori, que : « Le beau artistique est plus élevé que le beau dans la nature [puisqu’il] dégage des formes illusoires et mensongères de ce monde imparfait et instable la vérité contenue dans les apparences, pour la doter d’une réalité plus haute créée par l’esprit lui-même. »

Chercher la vérité derrière l’apparence. Peut-on envisager finalité plus captivante ? L’art devient alors le prolongement de l’action. Cette philosophie de l’action, développée notamment par Hannah Arendt, émerge quand le geste artistique devient l’expérience d’une relation particulière. Aussi l’art ne cherche-t-il pas à imiter ou à reproduire, mais à traduire une réalité métasensible. Il peut alors faire poindre le spirituel dans le champ de l’expérience commune.

Art et esthétique

L'art est un jeu avec les apparences sensibles, les couleurs, les formes et les volumes, les sons. Jeu, il l'est de par sa gratuité même. Il est le double inutile du réel (voir Clément Rosset), il crée à partir de rien, ou presque, une apparence qui ne prétend pas même nous tromper; jeu plaisant en ce qu'il satisfait nos besoins éternels de symétrie, de répétition et de surprise que Charles Baudelaire considérait comme l'origine de la poésie. Ainsi, à lire Kant, le plaisir esthétique naîtrait moins de l'intensité et de la diversité des sensations que de la façon, en apparence spontanée, dont elles expriment une unité profonde, sensible dans leur chatoiement même mais inconceptualisable.

Voir La philosophie de l'art dans le Wikilivre.

La forme comme dynamisme du sensible

En art du moins, la forme n'est donc pas un principe étranger au contenu, et qui y serait imprimé du dehors, mais la loi de son développement, devenue transparente. Elle n'est pas pensée par le spectateur, ce qui voudrait dire qu'elle est de l'ordre du concept, et donc étrangère à la perception proprement dite, qu'elle ne se donne pas à voir. Paul Valéry pouvait écrire que « la belle architecture tient de la plante. La loi de croissance doit se sentir. De même la loi de ménagement des ouvertures. – Une fenêtre ne doit pas être un trou percé comme par un vilebrequin dans une planche, mais être comme l'aboutissement de lois internes, comme la muqueuse et les modelés des orifices naturels. »

Avant d'être transcrite dans la notation, la mélodie existe comme déploiement même du son, exploitation de certaines possibilités insoupçonnées de ce matériau. La couleur ne remplit pas l'espace impressionniste, mais en est la vibration. La poésie ne consiste pas à imposer à la langue une signification préétablie, ni à produire des bouts rimés. Elle laisse plutôt la parole aux mots eux-mêmes, comme si elle n'était le discours de personne. Il s'agit de révéler un mouvement inhérent à une dimension sensible du monde. L'art donne à voir comment le sensible s'engendre: le regard du peintre demande à la lumière, aux ombres, à la couleur « comment ils s'y prennent pour faire qu'il y ait soudain quelque chose, et cette chose » (Merleau-Ponty).

Art et attention au sensible

L'art ne se contente donc pas de copier la nature. Pour autant, il ne se détourne pas d'elle, mais remonte jusqu'à la source. Dans la peinture de Cézanne, rappelle Merleau-Ponty, il ne s'agit jamais de la couleur en tant que simulacre des couleurs de la nature, mais de la dimension de couleur, où notre cerveau et l'univers se rejoignent. L'artiste est sensuel, il aime saisir la personnalité propre, le visage des choses et des matières, comme le petit morceau de mur jaune dont parle Proust à propos de Vermeer.

C'est justement parce que la nature morte n'est pas la pomme, mais la représentation de la pomme, que pour la première fois je puis la voir au lieu de la penser ou de la croquer, considérer son aspect, et non son essence ou son utilité.

C'est que « l'art de voir (au sens dessin et peinture) est opposé au voir qui reconnaît les objets » (Paul Valéry). Le visible est sensuel, lui aussi : tenu ainsi à distance, il brille pourtant des feux de nos propres désirs.

Être attentif au sensible, c'est encore, comme nous y invite Henri Focillon, étudier les possibilités propres d'un matériau, comme le bois, la pierre, le fil d'encre du calligraphe. Prenons pourtant ici le mot « matériau » en un sens plus large: l'architecture gothique est tout autant faite de lumière, ou de verticalité, que de pierre. D'un point de vue esthétique, le temps et l'espace eux-mêmes sont l'étoffe de l'expérience, comme une langue celle de la pensée. Ce ne sont pas seulement des formes abstraites. Et, certes, l'art ne se contente pas d'explorer les soubassements de l'expérience sensible, il tire de la connaissance intime de cette logique, ou de cette géométrie, des structures et des effets insoupçonnés d'abord.

Peut-on encore prendre l'art au sérieux ?

Un mot suffira au poète pour unir deux idées en apparence étrangères, en révéler la secrète accointance. La pensée abstraite est unidimensionnelle, l'art est multidimensionnel. « L'artiste, explique Paul Valéry, a accumulé, au moyen de la matière, une pluralité de pensées abstraites, d'actes simples. Mais une même chose en résulte. » C'est dire que l'art fait crédit à notre intelligence, lui présente d'emblée l'unité radicale du monde qu'elle ne peut quant à elle construire que pas à pas, péniblement, indéfiniment. On dira bien sûr que ce triomphe facile est illusoire, que l'artiste prend l'unité propre de son esprit, ou de son corps, pour la structure du réel, que sa pensée est donc plus magique que rationnelle. On peut même défendre l'idée que l'esthétique naît avec cette déception, qui permet de distinguer l'art, jeu subjectif de l'esprit avec lui même, du sérieux de la philosophie et des sciences. (voir l'article avant-garde.) L'art ne peut être considéré comme une réalité à part entière qu'avec sa désacralisation. Le Beau n'est ni le Vrai ni le Bien. Ainsi, l'art naîtrait au moment même où il devient un héritage du passé (Hegel).

On peut pourtant, comme Paul Valéry, souligner les affinités du Beau et de la vérité formelle des mathématiques. Une œuvre est un univers fermé, qui vaut en soi, avec ses lois propres ; elle constitue le lieu de différentes variations et transformations, analogues finalement aux propriétés d'un ensemble mathématique. Mais n'est-ce pas surtout constater que les mathématiques sont elles aussi un jeu ?

L'art a, sur le plan éthique, à voir avec l'idée de maîtrise de soi, d'indépendance et de distance à l'égard des passions. Non que l'art ignore les passions, mais plutôt parce qu'il les sublime et les donne à voir (voir Croce). Il ne s'agit pas de nier la foule de nos perceptions et de nos désirs, mais de les intégrer dans un tout, quand ils menaçaient notre unité. À lire Alain, le chant triomphe du cri, la danse de la passion; ces mauvais plis ne sont plus que les touches d'un instrument que nous effleurons librement. La mélopée transforme la peine, qui nous déchire, en un bel objet symétrique. L'œuvre d'art prend au piège les passions, révèle ce qu'il y a en elles d'éternel, en fait la matière d'une sorte de géométrie ou d'algèbre. L'art n'est donc certainement pas effusion passionnelle. Il est affirmation de la liberté du jeu au sein de la passion, par là même distanciation. Comme l'humour, il dépersonnalise la passion, la donne à voir du point de vue d'un être qui lui serait étranger. Ainsi la tragédie nous permet de contempler l'existence des hommes, leur agitation, comme au passé, c'est-à-dire du point de vue des Dieux. Pour autant, nous ne devenons pas étrangers aux passions, par exemple à la peur de la mort. C'est d'elles que le spectacle tire sa puissance de fascination. Aristote est l'inventeur de la théorie de la catharsis, selon laquelle l'art permettrait la purgation, la purge, de nos passions.

Si la notion de « beau » artistique qui a dominé l'histoire de l'art, depuis Platon jusqu'à Hegel a perdu aujourd'hui de sa reconnaissance, l’art cherche néanmoins toujours à utiliser le monde des sens pour pénétrer dans le monde de l’esprit, ou peut-être même dans celui de l’âme. Ce faisant, l’immanent point derrière le permanent. L'artiste tente de prouver que le potentiel humain ne se réduit pas à la transformation, mais qu’il a conquis la dimension de la création. Dans ce sens tourné vers l'esthétique, l'art est une représentation particulière, personnelle, de la nature (entre physique et métaphysique), d'un sentiment, du sacré… mais aussi, tout simplement d'un inconscient surgi spontanément, voire consciemment (hypothèse du profondis).

La notion de « représentation » prend alors un sens tout particulier si l'on veut saisir le sens de l'œuvre d'art, et son rapport à la beauté. L'œuvre de l'art est une forme de « re-présentation », c'est à dire qu'elle présente autrement la réalité de l'univers. L'œuvre d'art ne vit pas de son rapport plus ou moins adéquat au réel, mais des affects qu'elle produit ; par exemple, les toiles de Munch ne représentent pas une forme de tristesse, mais produisent un sentiment, une émotion, qui pour certains s'appelle la tristesse, pour d'autres l'abomination. C'est peut-être parce qu'elle est productrice d'affects, et qu'elle est à elle seule un « univers », que l'œuvre d'art est belle (l'art contemporain est beau quand on a accroché à l'initiation que l'artiste cherche à nous procurer).

C'est la grande difficulté des arts de notre époque : ils sont souvent liés par des directions intellectuelles et des expérimentations qui ne peuvent pas être lisibles directement et sans connaissance de leur genèse: ce sont des friches de découvertes qui deviendront peut-être de vraies œuvres aux yeux des machines humanisées (post-futurisme).

Jamais une œuvre jeune n'est comprise sans avoir assimilé sa généalogie. Cependant on remarquera que le terme d'"art" est trop couramment appliqué à toute médiatisation spectaculaire, et cela à son détriment.

L'art n'est-il qu'un spectacle humain et éternel ?

En fait, l'expérience unique de l'artiste, vivant d'expérimentations, d'abstractions et d'intuitions le conduit à passer des étapes de lisibilités et de jugements de moins en moins personnelles. Il n'a plus la notion de bien/mal ou beau/laid car ce qu'il vit est au-delà d'une communication ordinaire : il absorbe et compresse par ses sens une réalité vécue habituellement comme des notions d'objets et de rapports tangibles. Or l'artiste travaille justement dans l'illimité, le potentiel et l'indescriptible.

Il est porté à avoir une action de plus en plus directe (passées les étapes d'apprentissages et d'essais techniques…), qui le pousse à continuer une recherche encore innommable.

Mais la perception d'une œuvre d'art est souvent une leçon donnée et perçue directement en nous. (Le vrai du faux est conditionné par un niveau d'intuition ressentie et donc surtout comme un point de rupture avec le quotidien).

Le facteur esthétique est souvent un élément confondu avec l'œuvre. Notre œil est habitué à une proportion et à des constantes d'équilibre communes aux humains, mais l'œuvre n'est pas faite pour être belle (on parlera alors de graphismes), mais pour trouver un point de rencontre entre ce que l'artiste a perçu comme une existence réelle possible, et le quotidien. Elle est comme un tunnel emportant nos pensées.

En soi tout est beau, et le jugement disparait.

L'art et le sacré

Une des premières formes de représentation, l'art rupestre (époque préhistorique) a sans doute été, à la fois la représentation iconique d'animaux, mais a certainement possédé aussi, une dimension magique, chamanique voire sacrée (cf. Travaux de Jean Clottes).

Dès lors, l'art transcendait la réalité, et rendait compte de sa dimension spirituelle alors que le quotidien était risqué et pénible, basé sur la nécessité de chasser, se protéger et survivre. L'art apparait dès l'aube de l'humanité qui déposa une représentation sur les parois des cavernes, sacralisa les événements, et aida l'homme à survivre, en transcendant sa pensée et ses besoins vitaux.

Les Arts de la représentation furent souvent mis au service de l'Église, devenant plus ou moins une sorte d'art officiel. La vitalité débridée du gospel états-unien est à la base des musiques populaires modernes.

Les rapports entre l'Art et la magnification du réel et le sacré n'ont cessé de nourrir les préoccupations de certains artistes, notamment les Nabis et Maurice Denis ou plus récemment Raza et ses mandalas. L'Art lui même est souvent un objet de culte, devant l'effacement de la notion du sacré en Occident. La Joconde de Léonard de Vinci en est un exemple tout comme les Nymphéas de Monet à l'Orangerie devant lesquelles les foules de visiteurs se recueillent et la Marylin ou le Elvis de Andy Warhol, icones de la modernité.

À Paris, Londres, Barcelone ou New York, les musées ou centres d'art (MOMA, Beaubourg, Tate Gallery…) deviennent des bâtiments-clés pour les villes phares du monde moderne occidental et peuvent être comparés à de nouveaux temples, pour d'autres communions.

Arts et représentations

Depuis, les différentes formes d’art pour l'art concrétisent toute forme de médiations : médiations entre l’homme et la nature, entre l’homme et ses semblables, voire entre l'homme et Dieu ou d'autres formes de sacré. Ces médiations artistiques dépassent et transcendent tous les problèmes de la connaissance du monde. L’étude des phénomènes physiques et l’évolution des technologies y jouent un rôle important, puisqu’elles influencent souvent les outils de création. Une expérimentation artistique, parallèle à l’expérimentation scientifique, vient ainsi fonder l’élaboration d’une nouvelle esthétique, soutenue par la place croissante des techniques dans la vie quotidienne.

L'art pourrait donc servir à reproduire des concepts éternels conçus ou imaginés par la seule contemplation. L'origine de l'art provient bien de la connaissance des idées et des choses, mais transcende cette connaissance pour la présenter autrement, devenant de ce fait représentation. Si tant est que l'art se fixe des objectifs (ce qui va bien sûr contre sa nature), un des buts marquants de l'art serait donc de communiquer la connaissance profonde acquise non seulement par les sens, mais aussi par l'esprit. L'art de pure imitation sera toujours très loin du vrai : l'œuvre ne peut être aussi belle que la chose réelle ; elle est d'un autre ordre, et n'en saisira jamais qu'une toute petite partie. L'imitation de la nature ne traduit jamais son niveau de beauté, cependant que la représentation artistique dévoile un absolu propre à l'artiste, une vérité de notre espace naturel et inimitable puisque personnel.

Histoire et évolution de l'art

Au Moyen Âge, la musique conservait un statut scientifique (quadrivium), tandis que l'architecture, l'art des bâtisseurs de cathédrales, et la peinture, représentations des icônes, étaient principalement dévolus à la religion ; mais très vite la vie sociale y fut insérée, et le portrait vint s'immiscer pour extrapoler les formes de l'art vers des formes de représentation de la vie sociale, en le réservant à des personnages importants (cf. les théories sociologiques de Max Weber et la naissance d'une sociologie de la musique). Depuis, art et société sont fortement liés. L'artiste s'intègre dans des mouvements sociaux, les accompagne, et survit grâce aux bon vouloir des riches et des puissants.

Naissance de l'esthétique

À partir du XVIIIe siècle, l'art tend à devenir l'ensemble des activités humaines consacrées à la production du beau, l'ensemble des représentations qui expriment la beauté de la nature, la beauté des personnages, mais révélant aussi la part de transcendance de chacune de ces représentation de la réalité. C’est en effet à partir du milieu du XVIIIe siècle (Esthétique d’Alexandre Baumgarten, 1750) que se dessine une science autonome de l'art, qui va plus loin que le foisonnement de la représentation, encourageant une réflexion sur le beau et sur la valeur des représentations artistiques. Cette science de l'esthétique, une des disciplines de la philosophie, atteint sa pleine apogée chez les philosophes de l’esprit des lumières et dans les révolutions phénoménologiques de Kant puis de Hegel.

  • Kant estime qu'une œuvre d'art doit fournir un objet sensible, qu'il soit lui-même beau ou laid importe peu au final : « la beauté artistique est la belle représentation d'une chose et non la représentation d'une belle chose ». Cette représentation est selon lui le résultat du libre jeu de nos facultés cognitives.
  • Hegel, quant à lui, estime que le but de l'art est de rendre accessible à l'intuition l'esprit universel. Il s'agit de prendre conscience du développement de l'idée universelle et de lui donner une réalité en la retranscrivant sous forme d'œuvre d'art. La contemplation de l'œuvre, et donc de l'incarnation de l'esprit absolu, s'offre ainsi à l'intuition sensible de l'homme.

Proche de Hegel sur certains points, le romantisme ne voit plus la représentation de la beauté seulement comme une empreinte ; ce courant fonde ce qui deviendra une interprétation subjective de l’art, interprétation confrontée à toutes les strates de la société.

Pour Friedrich Nietzsche, « l'art doit avant tout embellir la vie, donc nous rendre nous-même tolérables aux autres et agréables si possible ». Car, si l'œuvre doit exprimer de la beauté, est-elle pour autant belle à tous les regards ? Ces limitations, associées à la vue esthétique de l'autre, imposent une forme de civilité qui peut nous modérer dans notre expression artistique.

Imitation et représentation

Mais cette production n'est pas obligatoirement de nature volontaire. Contrairement aux autres productions humaines, l'acte de création se situe le plus souvent hors du champ de la conscience. Il nous permet d'accéder à une communication du spirituel, de l'intemporel, de l'universel. Nietzsche pense également que l'art doit servir à masquer ou à embellir tout ce qui est laid dans la nature humaine. Pourtant, aujourd'hui, certains arts nés de la modernité, tel le cinéma, cherchent autant à embellir la nature humaine, qu'à mettre en évidence toute sa noirceur dans l'espoir peut être d'en extraire les germes de l'incompréhension et de l'intolérance.

Le cinéma, en limite de l'art, donne à voir des crédibilités quotidiennes, qui mettent à jour, comme le roman, mais en plus restreint, une expérience humaine que nous ne saurions découvrir autrement.

Cette logique conduit l’art vers une nécessité, vécue de l’intérieur par l'artiste. La musique, plus que « l’art d’organiser les sons » reflète l’expression d’une entité sonore « autre », d’une forme irréelle et non conceptualisable de la communication ; elle est une imagination totale, qui réunit à la fois de nouvelles représentations et une conception neuve de leur construction. Comme les autres arts, elle exprime le rationnel et l'irrationnel, mais en s'écartant du mythe ou de la magie.

Tous les processus créatifs opèrent, par l’esprit même qui les guide, une catharsis qui garantit un dépassement des limites posées à la connaissance du monde. La symbiose sensorielle qui nourrit l’action créatrice n’est que la forme élémentaire de la représentation qui infère l’imaginaire.

En tant qu’approche différente, plus tournée vers l’esprit que vers la pensée, l’art doit inéluctablement déboucher sur le prolongement de l’œuvre d’une nature dominatrice et confinée à des transformations évolutionnistes. Tentant de s’affranchir de ces limites de la pensée humaine l’art retrouve la substance spirituelle, quasi mystique, quasi magique, de la création. Cette volonté d’apaiser notre soif de connaissance n’est pas obligatoirement malsaine. Mythe et magie ne sont pas foncièrement des échappatoires aux manques de rationalité des événements qui nous entourent, même s’ils sont, pour certains, des aveux de faiblesse, des limitations transfigurées.

Ils peuvent parfois marquer aussi la recherche d’une spiritualité absente. L’art en revanche est lui toujours une nécessité d’exprimer le monde de cette façon-là. Il ne cherche pas à remplacer la réalité par une autre entité de meilleure consistance ; il ne cherche pas non plus à transgresser des limites inhérentes à notre nature, mais il cherche à les transcender. L’art cherche à utiliser le monde des sens pour pénétrer dans un monde de l’esprit, ou peut-être même dans celui de l’âme. Ce faisant, l’art cherche l’immanent derrière le permanent. Il essaye de prouver que le potentiel humain ne se réduit pas à la transformation, mais qu’il a conquis la dimension de la création.

L'objet de l'art pourrait donc reposer sur la mise en communication de nos sens, de notre conscience et de notre esprit, avec les choses et les autres êtres vivants qui nous entourent, sans pour autant les représenter à l'identique. Pour Tolstoï en effet, « l'art est l'activité humaine par laquelle une personne peut, volontairement, et au moyen de signes extérieurs, communiquer à d'autres les sensations et les sentiments qu'elle éprouve elle-même ». Il peut n'être pas nécessaire que cette communication avec l'extérieur soit immédiate. Bergson estime que si cette communication entre notre conscience et la réalité était possible, « nous serions tous des artistes car notre âme vibrerait alors continuellement à l'unisson de la nature ».

Art moderne et art contemporain

L'Art moderne est né au XXe siècle, et a vu apparaître en peinture les figures de Picasso, Matisse, Miro, Max Ernst et de nombreux mouvements comme le surréalisme, l'Oulipo, la Nouvelle Vague. En France avec la modernité les peintres se détachent peu à peu du système des salons et de l'emprise de la bourgeoisie. Les grands collectionneurs contemporains, les galeries et les critiques jouent un rôle important. Le Marché de l'Art s'internationalise.

L' art contemporain (Performance-art, Land-art, Figuration Libre, installations etc.) en se détournant des représentations, a voulu exprimer les outils de connaissance, les principes propres à l'art. Ce détournement de la fonction de l'art relève alors d'une appropriation des outils pour construire une autre forme de communication, toujours proche du monde sensible, mais empreinte d'une logique non formelle.

Le peintre Dubuffet, théoricien de l’art brut qui travailla la matière pour en dégager l’essence même de l’œuvre d’art, écrivait : « L’art doit naître du matériau et de l’outil, il doit garder la trace de la lutte de l’outil avec le matériau. L’homme doit parler mais l’outil aussi et le matériau aussi. »

Toute la complexité de l'art est qu'il cherche à correspondre à la création d'une œuvre singulière, susceptible d'éveiller l'attention. La nouveauté, l'innovation, dans le fond comme dans la forme, sont les moteurs de l'évolution. La créativité de l'artiste ne peut être bridée par les règles de convenance, de politesse, de mode d'exposition imposées de l'extérieur (hier par les traités, aujourd'hui par les acteurs du marché de l'art). Dans cet état de fait, l'art financé par la société est probablement un art qui ne peut exprimer entièrement sa générosité, du fait même qu'il soit acheté par quelques initiés.

L'art évolue avec la société. L'artiste contemporain assume parfois une fonction sociale ou même politique pour tenter d'agir sur le Monde. Dans le même temps, les écoles d'art forment aujourd'hui des artistes bien rodés aux processus de communication et de marketing, et l’art est un enjeu politique d'état, enjeu politique et marchand. On observe à l'heure actuelle une perte de repère par rapport à l'autonomie et à la sincérité du créateur. Les valeurs de la poésie, la beauté formelle et la spiritualité sont recherchées aujourd'hui plus souvent dans des œuvres du passé ou d'autres civilisations que dans l'art contemporain à la mode (visible à la Fiac), qui apparait souvent comme un gadget pour initié.

Les artistes continuent cependant souvent à incarner les valeurs progressistes : « L'art est une recherche permanente de l'expression humaine primordiale. Le beau traduit une idée d'une œuvre qui dépasse l'homme. Tant que notre ignorance nous cache la totalité de ce qui se fait, se montre et se pratique, nous sommes candides et le beau est une fleur. Lorsque l'artiste s'exprime dans le sens de voir autrement ce qui paraît, il aide à progresser dans notre compréhension réciproque de l'autre. » Ako Z°om [1]

« L’Art est tour à tour, la réalité extérieure, la réalité plastique et la réalité intérieure. » (René Huyghe)

Le mouvement de contestation artistique et sociale Dada puis le Surréalisme ont été des moments essentiels de l'art moderne, qui avec Fluxus dans les années 1970 annonce ce qu'on a appelé Art contemporain, qui correspond à une période d'apparition de nouveaux supports : art vidéo, art infographique, art numérique et à une diffusion accélérée de l'art (Surtout de ses signes et symboles les plus visibles), du design et de la mode grâce aux nouveaux médias de la société contemporaine. L'Art actuel, médiatisé ou non est foisonnant et hybride, devenir artiste reste toujours une aventure sociale risquée. Les outils de création n'ont jamais été autant à la portée du plus grand nombre mais les possibilités de diffusion des messages artistiques sont menacées par le brouillage et la multiplication des supports. Le rôle de l'artiste comme avant-garde intellectuelle et sociale apparait également contesté. L'éducation artistique et l'éveil de la sensibilité restent des parents pauvres des politiques actuelles et la contradiction « Marché-rentabilité/Production de l'esprit libre » reste vivace. Certains créateurs semblent cependant parvenir à allier créativité singulière, exigence, talent et une certaine reconnaissance médiatique (obligatoire pour une reconnaissance populaire) dans leur domaine notamment en musique, littérature ou cinéma.

L'art contemporain est traversé par les concepts et les thèmes qui agitent la société contemporaine : la dématérialisation de l'œuvre amenée par (Yves Klein), dans les années 60 (on voit même des « artistes sans œuvres »), l'écologie profonde (Hundertwasser), la propagande visuelle et la publicité (Andy Warhol , Kiki Picasso), l'entreprise œuvre d'art ou vice-versa (Fabrice Hybert), l'activisme et le terrorisme (Philippe Parreno), la fascination pour la révolution technique et les bio-technologies, la chirurgie esthétique et la re-création corporelle de soi (Orlan), le graffiti-art, le slam, le piercing et le rap : formes d'expression à la fois populaires et tribales.

Nombre et nom des arts au cours des temps

Voir aussi l'article Histoire de l'art, la catégorie Art et et le portail des arts.

Antiquité

Dans l'Antiquité, les arts étaient symbolisés par les Muses au nombre de 9 :

  • Calliope : la poésie épique ;
  • Clio : l'histoire ;
  • Érato : la poésie lyrique ;
  • Euterpe : la musique ;
  • Melpomène : la tragédie ;
  • Polymnie : l'art d'écrire et la pantomime ;
  • Terpsichore : la danse ;
  • Thalie : la comédie ;
  • Uranie : l'astronomie.

Hésiode au VIIIe siècle av. J.-C. (dans Théogonie, 53-57 et 915-917) nous fait connaître leurs noms, mais c'est Platon (dans Ion) vers 401 av. J.-C., puis les néo-platoniciens, qui fait des Muses les médiatrices entre le dieu et le poète ou tout créateur intellectuel. Cette conception de l'art (le poète est possédé, transi par le dieu) sera contestée par le classicisme de Nicolas Boileau, le mouvement de l'Art pour l'Art ou l'éloge de l'effort de Paul Valéry.

Moyen Âge

Depuis le VIIIe siècle la classification du savoir était différente (voir Alcuin) et on ne distinguait pas les arts des sciences.

Les arts libéraux étaient au nombre de sept, classés en deux groupes :

  • le trivium (les sciences du langage, mais correspond plutôt à notre philosophie actuelle) : rhétorique, grammaire et dialectique ;
  • le quadrivium (les sciences mathématiques) : arithmétique, géométrie, astronomie et musique.

Les arts mécaniques (les activités manuelles, opposées à celles intellectuelles) désignaient l'architecture, la sculpture, la peinture et l'orfèvrerie.

Les disciplines qui ont en commun la transformation d'une matière tangible (celles des artisans et des artistes - les artefices opposés aux artista pratiquant les arts libéraux) sont alors rangées parmi les arts serviles. Cependant Plotin au IIIe siècle (dans ses Ennéades) fait une apologie de l'activité de l'artiste et suit, au Moyen Âge, une certaine tradition reconnaissant à l'artiste la capacité de dépasser les seuls réalités sensibles.

Renaissance

Au début de la Renaissance italienne ou à la pré-Renaissance, les Arts désignent encore les savoirs manuels et les cultures des métiers. Ainsi à Florence, les Arti désignent les corporations marchandes défendant leurs positions vis à vis de l'aristocratie et du popolo grasso. Les activités artistiques pratiquées par les artistes (soutenus par leur puissance et les Médicis) établiront le distinguo et le nom de Beaux-Arts précisera leur position vis à vis des seules activités artisanales courantes.

A cette époque l'arte del designo recouvre les arts du volume (sculpture, architecture) et ceux de la surface (dessin, peinture, gravure), opposition que l'on retrouvera plus tard dans les expressions "arts plastiques" et "arts graphiques" (J.-R. Gaborit). Le point commun de ces pratiques manuelles était alors l'action sur la matière.

L'époque des Lumières

Plus tard, le terme « beaux-arts » est apparu en 1752 dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert et désignait exclusivement les quatre arts qu'on appelle plastiques de nos jours : architecture, sculpture, peinture et gravure. À noter que l'Académie des Beaux-Arts comporte aujourd'hui huit sections : les quatre beaux-arts classiques, la composition musicale, le cinéma et l'audiovisuel, la photographie et une section libre.

Hegel, dans son Esthétique vers 1818-1829, classe les arts selon une double échelle de matérialité décroissante et d'expressivité croissante. Il distingue ainsi six arts, dans cet ordre :

  1. architecture
  2. sculpture
  3. peinture
  4. musique
  5. danse
  6. poésie

Les temps modernes

Le septième art est une expression proposée en 1919 par Ricciotto Canudo pour désigner l'art cinématographique.

Ricciotto Canudo était un intellectuel italien, installé en France, ami d'Apollinaire, qui fut l'un des premiers critiques de cinéma. Il écrivit un premier livre en 1911 qui s'intitulait « La naissance du sixième art », dans lequel il considérait que le cinéma réalisait la synthèse des « arts de l'espace » (architecture, peinture et sculpture) et des « arts du temps » (musique et danse), soit 5 avant lui. Le cinéma apparaît donc comme une synthèse de tous les arts qui l'ont précédé (arts du temps et de l'espace). Le cinéma est un instrument d'une nouvelle renaissance.

Puis avait-il lu Hegel entre temps ? il ajouta la poésie comme art fondateur et écrivit Le manifeste des 7 arts qui a consacré l'expression « 7e art » pour le cinéma. En 1922, il fonda la Gazette des sept arts qui est une des premières revues de cinéma.

À noter que Jean Cocteau, qui appelait le cinéma la « dixième muse » a eu moins de succès.

Tantôt le théâtre (ou « jeu de l'acteur »), tantôt la photographie, la huitième place est assez disputée mais revient en général à la télévision, bien que les professionnels se réclament peu de cette expression. On pourrait s'accorder à dire que le huitième art est « l'art de la prestation ».

L'expression neuvième art qui désigne la bande dessinée est souvent attribuée, à tort, à Francis Lacassin pour un livre qu'il publia en 1971, intitulé Pour un neuvième art, la bande dessinée. En fait, l'expression « neuvième art » est due à Morris (pseudonyme de Maurice de Bévère et créateur de Lucky Luke) et Pierre Vankeer qui animèrent, trois ans durant au sein du Journal de Spirou (du numéro 1392 au numéro 1523) une rubrique intitulée Neuvième Art, sous-titrée Musée de la bande dessinée, qui faisait le tour de la bande dessinée internationale et de son histoire. La rubrique apparaît pour la première fois dans le numéro 1392 de Spirou, du 17 décembre 1964, un numéro spécial Noël de 100 pages. Lors de la création de la rubrique, Morris et Vankeer pensèrent à huitième art avant d'apprendre par des techniciens de la danse, que l'appellation était déjà prise. Il semblerait alors que la rédaction du journal ait choisi neuvième art. Dans les des deux introductions qui ouvrent la première de Neuvième art, les auteurs justifient le choix de neuvième art en signalant que le huitième art désigne déjà la télévision.

Outre ce classement des arts, selon Alain Beyrand, la dénomination neuvième art « a été lancée par Morris et Vankeer pour pouvoir traiter aussi bien des récits en images que de la BD » (propos d'Alain Beyrand). En effet, cette expression permet, tout comme « Art séquentiel » ou « Figuration narrative », d'escamoter la querelle intestine qui anime le milieu de la bande dessinée concernant la naissance de cet art et la définition de ce qui est ou n'est pas une bande dessinée ; ce que soulignent les auteurs lors de la création de la rubrique : « Les bandes dessinées sont nées avant le cinématographe de MM. Lumière. Mais on ne les a guère prises au sérieux pendant les premières décennies de leur existence, et c'est pourquoi la série d'articles qui débute aujourd'hui s'appellera 9e Art. »

Ont déjà été cités comme dixième art le jeu vidéo (Renaud Donnedieu de Vabres, ministre français de la culture et de la communication, a remis les insignes de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres à Michel Ancel, Shigeru Miyamoto et Frédérick Raynal, trois créateurs de jeux vidéo) ou le jeu de rôle (par exemple dans le magazine Casus Belli).

Mouvements artistiques

  • L'école d'Athènes
  • L'art islamique
  • L'art sacré médiéval
  • La renaissance
  • Le maniérisme
  • Le baroque et le rococo
  • Le néoclassicisme
  • Le naturalisme
  • le romantisme
  • Le symbolisme
  • L'impressionnisme, le néo impressionnisme et le fauvisme
  • L'art nouveau
  • Le cubisme et l'art abstrait
  • Le suprématisme
  • Le constructivisme
  • Le dadaïsme et le surréalisme
  • L'expressionnisme
  • Le futurisme
  • L'art brut
  • Le trompe-l'œil
  • Le lettrisme
  • Cobra
  • L'Internationale Situationniste
  • Le minimalisme
  • L'abstraction lyrique
  • Le nouveau réalisme
  • La nouvelle illustration
  • Le land-Art, le pop art et l'hyperréalisme
  • L'art conceptuel
  • L'art sociologique et l'esthétique de la communication
  • L'art performance
  • Fluxus et Art and Language
  • La nouvelle figuration
  • La figuration libre
  • L' art en ligne
  • La Rectoversion
  • Le Néo pop
  • Le bioart
  • Le Mail-Art
  • Le Planétarisme
  • L'art animalier

Voir aussi, entre autre, le portail de l'histoire de l'art et la catégorie.

Quelques œuvres fameuses

Peintures

  • La Joconde de Léonard de Vinci Renaissance 1503-1507 Louvre Paris.
  • Le radeau de la Méduse, de Géricault 1819 Louvre Paris.
  • Les Demoiselles d'Avignon de Pablo Picasso 1907 Museum of Modern Art de New York.

Voir aussi : les Chefs-d'œuvre de la peinture

Sculptures

  • La Victoire de Samothrace Antiquité grecque -200 -170 Louvre Paris.
  • L'Esclave mourant Michel-Ange (1513-1515) Renaissance italienne Louvre Paris.

Voir aussi

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Articles connexes

  • Œuvre d'art
  • Art poétique
  • Arts appliqués
  • Art contemporain
  • Peinture murale
  • Art martial
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Liens et ressources externes

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« Art »

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Pour les articles homonymes, voir Art (homonymie). 

« Art »[1] est une pièce de théâtre écrite en 1994 par Yasmina Reza.

La première représentation a eu lieu le 28 octobre 1994, interprétée par Pierre Vaneck (Marc), Fabrice Luchini (Serge) et Pierre Arditi (Yvan), dans une mise en scène de Patrice Kerbrat à la Comédie des Champs-Élysées.

Elle est reprise à Paris et en tournée en 1998 avec Pierre Vaneck (Marc), Jean-Louis Trintignant (Serge) et Jean Rochefort (Yvan).

Le spectacle reçoit deux Molières (Meilleur auteur et Meilleur spectacle privé).

Cette pièce est traduite dans trente-cinq langues et mise en scène à Londres, Berlin, Chicago, Tokyo, Bombay, Johannesburg, Buenos Aires, Tunis ou Bratislava. Parmi ses nombreux récompenses de théâtre, elle reçoit un Tony Award en 1998 après avoir été coproduite par Sean Connery à Broadway.

Sommaire

  • 1 Synopsis
  • 2 La pièce
    • 2.1 Les personnages
      • 2.1.1 Marc
      • 2.1.2 Serge
      • 2.1.3 Yvan
    • 2.2 Citations
  • 3 Notes
  • 4 Liens Externes

Synopsis

Marc est invité par son ami Serge à venir voir sa nouvelle acquisition : un tableau blanc avec de fins liserés blancs transversaux, qu'il vient d'acheter 200 000 francs. Atterré par cet achat, Marc s'interroge et va trouver Yvan, leur ami commun, pour lui faire part de son incompréhension à propos de ce geste. Entre les trois amis s'engage alors une discussion qui ira bien au-delà de la seule question de l'art moderne...

La pièce

Les personnages

Marc

Rationnel et sceptique face à l'art contemporain, Marc vit dans une belle situation, exerce le métier d'ingénieur dans l'aéronautique et incarne la classe moyenne confortable sûre d'elle. Face à Serge, il affirme d'abord son point de vue sans retenue ne se souciant pas de l'avis de son ami, certain d'être approuvé, mais la réaction de son ami le perturbe.

Serge

Dermatologue, Serge gagne bien sa vie, et se paye le luxe de hanter les galeries, intéressé par l'art. Pressé, un peu snob, il est aussi certain de son goût que Marc de son dégoût.

Yvan

Tourmenté, incertain, Yvan est le médiateur, toujours prêt à éviter un conflit. Rendu nerveux par son mariage approchant, il tente de ménager la chèvre et le chou, et tient le rôle délicat du clou entre le marteau et l'enclume.

Citations

  • Marc à Serge : « Tu as acheté cette merde deux cent mille francs ? »
  • Serge à Marc, parlant de l'auteur de son acquisition : « Mais pour moi, c’est une divinité ! Tu ne crois pas que j’aurais claqué cette fortune pour un vulgaire mortel !… »
  • Répétée à plusieurs reprises : « Lis Sénèque. »

Notes

  1. ↑ Les guillemets font partie du titre.

Liens Externes

Site consacré à la pièce "Art" de Y. Réza

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