Avalanche
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- Pour l’article homonyme, voir pour la chanson de Leonard Cohen, Avalanche (Leonard Cohen).

Une avalanche est une masse de neige qui se détache et dévale un versant de montagne, ou le phénomène de dévalement de la pente par la masse de neige suite à une rupture d'équilibre dans le manteau neigeux. Les facteurs déclencheurs sont :
- une instabilité du manteau neigeux ;
- un impact ou une surcharge ponctuelle.
On parle également, au figuré, d'une avalanche pour désigner une série d'événements qui surviennent en cascade à un rythme très rapide : par exemple, « une avalanche de coups de téléphone a débordé le standard ».
Sommaire
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Typologie
On distingue les types d'avalanche suivants :
avalanches à départ ponctuel
Ces avalanches partent d'un point récis et ont une forme en poire.
- avalanches en aérosol
- Ces avalanches de poudreuse se produisent après d'abondantes chutes de neige. Elles impliquent une neige légère (de l'ordre de 50 kg/m³) décrochant sous l'effet de son poids, et qui constitue dans sa chute un aérosol, un nuage de fines particules de neige (5 à 10 kg/m³) dans lequel on périt par noyade. Ces avalanches spectaculaires, dévalent la pente à très grande vitesse, de 200 à 350 km/h, sur une trajectoire rectiligne insensible à la configuration du terrain. Elles produisent une onde de souffle dévastatrice (jusqu'à 3 bar) qui peut causer d'importants dégâts aux massifs forestiers en brisant les arbres. Elles sont capables de traverser des vallées pour remonter sur le versant opposé.
- avalanches de neige coulante
- Â l'inverse des précédentes, ces avalanches impliquent une neige alourdie par les pluies ou la fonte de la neige (jusqu'à 500 kg/m³). Elles interviennent généralement au printemps, l'après-midi vers 15 h. Elles peuvent causer d'importants dégâts aux bâtiments du fait des masses de neige en mouvement ; mais leur parcours est relativement prévisible puisqu'elles empruntent des couloirs suivant les lignes de plus grande pente (thalwegs) comme les lits des torrents, des zones qui devraient être inconstructibles.
avalanches à ligne de fracture
- avalanches de plaques
- Ces avalanches, souvent déclenchées par des skieurs ou randonneurs, sont celles qui font le plus de victimes (80%). Elles impliquent souvent des plaques à vent, constituées d'une neige peu adhérente déposée par les vents. Si parfois on peut être alerté par un aspect moins brillant ou des bruits de soufflement quand on marche dessus, il n'est généralement pas possible de les reconnaître. Ces plaques peuvent être constituées de neige dure (cohésive) ou friable (poudreuse).
On peut également distinguer les avalanches suivant la hauteur du manteau neigeux impliquée : avalanche superficielle ou avalanche de fond.
Selon le facteur déclenchant, on distingue :
- les avalanches spontanées, dues à l'évolution du manteau neigeux,
- les avalanches accidentelles, causées involontairement par une activité humaine,
- les avalanches artificielles, déclenchées à l'explosif pour sécuriser une zone à risque.
Déclenchement
On s'intéressera ici essentiellement au déclenchement d'une avalanche par un pratiquant de la montagne hivernale : raquettiste, skieur, surfeur…
Dans la quasi-totalité des cas de déclenchements par un pratiquant, l'instabilité du manteau neigeux est dite « de plaque », elle est liée à la présence d'un empilement de couches de neige de différentes compositions :
- une couche peu cohérente, dite « couche fragile », faisant office de couche de décrochage en se comportant un peu à la manière d'un chateau de cartes (lors de la rupture) puis d'un tapis roulant (lors de l'écoulement),
- une (ou plusieurs) couches superficielles qui constituent la masse principale qui dévalera la pente.
À l'état initial, la couche supérieure tient grâce à sa propre résistance à l'amont (traction), à l'aval (compression) et sur les côtés (cisaillement), mais aussi (voire surtout?) grâce à la résistance au cisaillement de l'interface avec la couche sous-jacente.
Il est sans doute difficile de décrire toutes les avalanches, mais un mécanisme semble correspondre à une majorité d'observations de terrain : lorsqu'une surcharge dépasse la capacité de portage de la couche fragile, celle-ci s'effondre en compression, et cette rupture entraîne celle en cisaillement de la couche fragile (les deux modes de rupture peuvent être plus ou moins mêlés). En surface, on peut ressentir un affaissement, souvent accompagné d'un bruit caractéristique (« whump » ou « prouf ») et/ou de fissures visibles en surface. La superficie concernée par cette double rupture de la couche fragile est fonction des caractéristiques de la neige superficielle, qui transmettra plus ou moins les contraintes à la couche fragile en fonction de son épaisseur et de sa rigidité. Si la rupture initiale dépasse un certain seuil en superficie, elle peut se propager (comme une déchirure dans un tissu) sur de grandes étendues, voire dans certains cas donner lieu à des déclenchements à distance. Si la pente est suffisante, cette diminution des résistances de l'interface avec la couche sous-jacente est suffisante pour briser l'équilibre de la couche superficielle : le « whump » devient alors une avalanche.
Du point de vue des types de neige concernées, la neige superficielle peut être très variable, tant qu'elle n'a pas été fortement transformée par le dégel/regel, plus précisément tant :
- qu'elle est capable de retransmettre des contraintes à la couche fragile ;
- qu'elle est suffisamment fragile pour ne pas tenir en équilibre sans la résistance au cisaillement de la couche fragile.
Notamment, il n'est pas besoin de vent pour former une plaque ; la plupart, dites plaques friables, sont faites de neiges poudreuses légères, très agréables à skier. Il est également possible de trouver des départs en plaques de neige humide.
La couche fragile est beaucoup plus déterminante, et fait intervenir dans la plupart des cas des grains anguleux (faces planes ou gobelets), du givre de surface recouvert, ou de la neige roulée (grésil), ou dans certains cas une croûte de regel.
On a traité ici le cas du départ linéaire ; les cas de départs ponctuels, qui peuvent concerner notamment de la neige fraîche en cours de chute ou de la neige en cours d'humidification massive, sont statistiquement beaucoup plus rares dans les accidents, et concernent alors essentiellement des départs dans les pentes qui surplombent la ou les victimes. De même, dans le cas des avalanches exceptionnelles susceptibles de faire de gros dommages aux bâtiments ou aux forêts, les volumes très importants concernés impliquent un départ linéaire très étendu dans la grande majorité des cas.
Comment s'en protéger?
La puissance des avalanches est telle qu'elles peuvent emporter arbres, rochers, bâtiments ; dans certains cas, si la masse de neige en jeu est suffisante, elles peuvent bloquer un fond de vallée et constituer un barrage naturel temporaire sur un cours d'eau.
Chaque année, de nombreuses personnes sont tuées par des avalanches lors de randonnées en montagne, dont un bon nombre sont largement expérimentées : une grande expertise, si elle diminue notablement le niveau de risque, ne l'annule malheureusement pas. Mais d'ores et déjà, des outils simples d'évaluation du risque sont disponibles comme le NivoTest de Bolognesi ou la méthode 3x3 de Munter.
L'expertise étant nécessaire, mais pas suffisante, la prévention passe donc par l'utilisation d'un matériel de secours efficace et maîtrisé, qui permette de minimiser les conséquences de l'emport et surtout de l'ensevelissement. Des comportements adaptés pourront également réduire le risque, en diminuant la probabilité de départ (espacement important au sein d'un groupe) ou en minimisant le nombre de victimes (une seule personne à la fois dans les zones dangereuses, les autres l'attendent dans des zones protégées).
Il arrive également que des avalanches surviennent dans des zones habitées, causant de véritables catastrophes en détruisant des maisons et en ensevelissant sous un amas de neige leurs victimes. La prévention se fait alors en termes d'aménagement du territoire, en évitant d'abord de bâtir dans les zones à risque, ou en érigeant des paravalanches (râteliers ou forêts fixant la neige dans les zones de départ, tournes déviant l'avalanche vers des zones non habitées...), ou encore en gérant l'évacuation des habitants des zones à risque lors des périodes de très fort risque d'avalanche.
Survie après ensevelissement
Les chances de survie, en fonction de la durée d'ensevelissement de la personne dans une avalanche, sont environ de :
- 91% entre 0 et 18 minutes ;
- 34% entre 18 et 35 minutes ;
- 20% entre 35 et 120 minutes ;
- 7% après 140 minutes, la courbe présentant alors un long palier.
(source : ANENA : Chances de survies pour les victimes d'avalanches)
Cela ne tient pas compte des dommages éventuellement subis par la personne emportée par l'avalanche – suivant les sources, 10 à 20% des victimes sont décédées à l'arrêt de l'avalanche.
Il est donc crucial, une fois que la victime est ensevelie, d'adopter une stratégie permettant de la dégager avant le quart d'heure fatidique. Notamment, il est illusoire de compter pour cette phase sur les secours organisés, qui ne peuvent arriver avant ce délai d'un quart d'heure : la recherche doit être faite par les pratiquants eux-mêmes.
Recherche des victimes d'avalanches
La méthode la plus efficace actuellement pour la recherche des victimes d'avalanche est l'utilisation de l'ARVA qui permet de localiser les personnes enfouies portant l'appareil en mode émission. Ensuite l'utilisation d'une sonde permet une localisation précise de la victime et parfois la détermination de sa position. Il ne reste plus qu'à creuser, ce qui prend souvent le plus de temps !
Le temps imparti à ces trois phases de secours est d'un quart d'heure environ, ce qui implique qu'elle soient menées avec une très grande efficacité.
Le trio ARVA-pelle-sonde constitue ainsi l'équipement de base de tout freerider, et ne sert à rien sans un entraînement régulier des secours.
D'autres appareils ont été développés dans le but d'accroître les chances de survie des victimes, ainsi l'Airbag ABS est-il intéressant dans la mesure où il évite en grande partie l'ensevelissement (Cf. statistiques du fabricant). On peut aussi citer l'Avalung, qui permet d'éviter les risques de suffocation à une victime ensevelie. Cependant, une faiblesse commune à ces deux appareils est de nécessiter une action de la victime pour les mettre en œuvre au moment du départ de l'avalanche.
Échelle européenne de risque d'avalanche
L'échelle européenne identifie cinq niveaux de risque (de 1 à 5, le risque 0 n'existant pas) basés sur l'accentuation et l'extension géographique de l'instabilité du manteau neigeux. Elle s'applique à l'échelle d'un massif sans distinction de versant ou d'heure.
| INDICE DU RISQUE | STABILITÉ DU MANTEAU NEIGEUX |
SIGNALÉTIQUE (drapeau) | PROBABILITÉ DE DÉCLENCHEMENT |
|---|---|---|---|
| 1-FAIBLE | Le manteau neigeux est bien stabilisé dans la plupart des pentes. | Jaune |
Les déclenchements d'avalanches ne sont en général possibles que par forte surcharge sur de très rares pentes raides.
Seules des coulées ou petites avalanches peuvent se produire spontanément. |
| 2-LIMITÉ | Dans quelques pentes raides, le manteau neigeux n'est que modérément stabilisé.
Ailleurs, il est bien stabilisé. |
Jaune |
Déclenchements d'avalanches possibles surtout par forte surcharge et dans quelques pentes généralement identifiées.
Des départs spontanés d'avalanches de grande ampleur ne sont pas à attendre. |
| 3-MARQUÉ | Dans de nombreuses pentes raides, le manteau neigeux n'est que modérément à faiblement stabilisé | Jaune à damiers noirs |
Déclenchements d'avalanches possibles parfois même par faible surcharge et dans de nombreuses pentes.
Dans certaines situations, quelques départs spontanés d'avalanches de taille moyenne, et parfois assez grosse, sont possibles. |
| 4-FORT | Le manteau neigeux est faiblement stabilisé dans la plupart des pentes raides. | Jaune à damiers noirs |
Déclenchements d'avalanches probables même par faible surcharge dans de nombreuses pentes suffisamment raides.
Dans certaines situations, de nombreux départs spontanés d'avalanches de taille moyenne, et parfois assez grosse, sont à attendre. |
| 5-TRÈS FORT | L'instabilité du manteau neigeux est généralisée. | Noir |
De nombreuses et grosses avalanches se produisant spontanément sont à attendre y compris en terrain peu raide. |
Voir aussi
- l'effet d'avalanche, en électronique
- les Avalanches du Mont-Blanc, surnom du Mont-Blanc Hockey Club
Liens externes
- (fr) Dossier Futura-Sciences sur les avalanches
- (fr) Dossier Avalanche-net sur la neige et les avalanches
- (fr) Association Nationale pour l'Étude de la Neige et des Avalanches (ANENA)
- (fr) Présentation des principes et des résultats des programmes d'observation des avalanches (MEDD-Cemagref-ONF)
- (fr) Carte de Localisation des Phénomènes d'Avalanches (CLPA)
- (fr) Enquête Permanente sur les Avalanches (EPA)
- (fr) Sites Sensibles aux Avalanches (SSA)
- (fr) Institut fédéral pour l'étude de la neige et des avalanches (SLF/IFENA)
- (en) ASARC, Université de Calgary
- (fr)(de) ALPdidact : Assosciation pour la formation neige et avalanches
- (fr)(en) Laboratoire d'hydraulique environnementale de l'EPFL
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