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Le Littré
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traductions
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bien (adv.)
1.d'une façon correcte, convenable, satisfaisante.
bien (adj.)
1.en bonne santé.
2.satisfaisant, correct, convenable.
bien (n.m.)
1.chose profitable, utile; chose matérielle que l'on possède, richesse.
2.valeur morale positive qui s'oppose au mal.
bien (n.m.)
≠ mal
bien (adj.)
bien (adv.)
absolument, admirablement, adroitement, à fond, agréablement, aisément, à l'aise, à merveille, amplement, à peu près, approximativement, artistement, assurément, attentivement, avantageusement, avec bonheur, beaucoup, bellement, bigrement, bonnement, bougrement, certes, commodément, complètement, confortablement, considérablement, convenablement, copieusement, correctement, couramment, d'une manière satisfaisante, de façon satisfaisante, de manière satisfaisante, dignement, drôlement, dûment, effectivement, élégamment, éminemment, entièrement, en totalité, environ, excellemment, expressément, extrêmement, fameusement, favorablement, fermement, formellement, formidablement, fort, gentiment, gracieusement, habilement, heureusement, honnêtement, honorablement, impeccablement, intégralement, intensément, joliment, judicieusement, largement, logiquement, magistralement, merveilleusement, méthodiquement, nettement, noblement, O.K., parfaitement, peut-être, pleinement, profondément, proprement, prudemment, purement, raisonnablement, rationnellement, réellement, remarquablement, sagement, salement, sans bavure, sérieusement, soigneusement, soit, sûrement, totalement, tout, tout à fait, très, trop, un grand nombre, utilement, vachement, véritablement, violemment, vivement, volontiers, vraiment
bien (int.)
bien (n.m.)
achèvement, acquêt, agréable, aimable, apanage, argent, au poil, avantage, avoir, bath, beau, bénédiction, bénéfice, bien-être, bienfait, bon, bonheur, bonté, capital, chance, charité, cheptel, chic, choisi, chose, comme il faut, commode, compétent, conquêt, conquête, consciencieux, convenable, correct, digne, distingué, divin, domaine, don, dotation, droit, élégant, estimable, excellent, fait, faveur, félicité, ferme, fonds, fortune, fruit, grâce, héritage, heureux, honnête, honneur, honorable, idéal, immeuble, intérêt, joli, judicieux, juste, justice, louable, moral, morale, parfait, pas mal, patrimoine, perfection, possession, présent, produit, profit, propice, propriété, prospérité, récolte, rente, richesse, satisfaction, satisfaisant, secours, sélect, sérieux, service, seyant, sortable, soulagement, souverain bien, succès, succession, sûr, terre, utilité, valeur, vertu
bien (n.m.) (ellipse)
BIEN-AIMÉ • BIEN-DIRE • BIEN-DISANCE • BIEN-DISANT • BIEN-ÊTRE • BIEN-FAIRE • BIEN-FONDS • BIEN-INTENTIONNÉ • BIEN-MOURIR • BIEN-TENANT • BIEN-TENUE![[Littré]](/common/images/alexandria/contributors/littre.gif)
bien communal • bien culturel • bien d'occasion • bien d'équipement • bien de consommation • bien de production • bien durable • bien non durable • bien personnel • bien à double usage
Bien (droit) • Bien (philosophie) • Bien (religion) • Bien (économie) • Bien Zarbos • Bien commun • Bien d'équipement • Bien dans ma vie ! • Bien dans sa peau • Bien de Giffen • Bien de consommation • Bien de production • Bien dégagé derrière les oreilles • Bien foncier • Bien meuble • Bien national • Bien public • Bien-être • Bien-être animal • Bien-être fœtal • Bien-être professionnel
bien (adj.)
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bien (adj.)
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bien (adv.)
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bien (adv.)
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bien (adv.)
bien (adv.)
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bien (n.)
bien (n.)
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bien (n. m.)
avec un déterminant indéfini (le, la, les)
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bien (n. m.) [ellipse]
bien (n. m.)
| wdn |
BIEN (s. m.)
1. Ce qui est juste, honnête. Le bien et le beau. Le bien et la justice régnaient alors. Faire le bien. Se porter au bien. Il pratiqua le bien toute sa vie. Puissance pour le bien comme pour le mal.
• Des superbes mortels le plus affreux lien, N'en doutons pas, Arnauld, c'est la honte du bien (BOILEAU Épître, III)
• Cette sagesse timide qui ne veut pas assurer que le bien soit bien (BALZ. Livr. VI, lett. 3)
• J'imagine à peine quelle sorte de bonté peut avoir un livre qui ne porte point ses lecteurs au bien (J. J. ROUSS. Hél. II, 18)
Homme de bien, gens de bien, homme. gens d'une probité éprouvée, d'une véritable vertu.
Femme de bien, femme dont la fidélité conjugale est irréprochable.
Terme de métaphysique. Le souverain bien, le bien absolu, celui qui est infini en prix et en durée, et aussi Dieu. à moins que de traiter de l'immortalité de l'âme ou du souverain bien, VOIT. Lettr. 51
2. Ce qui est dans la règle ou dans la convenance. Il y a du bien, il y a du mal dans cet ouvrage. L'ignorant ne trouve rien de bien que ce qu'il fait lui-même.
3. Ce qui est utile, avantageux, agréable.
• Pays fertile et abondant en toutes sortes de biens (VAUGEL. Q. C. 287)
• Un homme auquel vous avez fait tant de biens et à qui vous en avez enseigné encore davantage (VOIT. Lettr. 43)
• La vie est courte et ennuyeuse ; elle se passe toute à désirer ; l'on remet à l'avenir son repos et ses joies, à cet âge souvent où les meilleurs biens ont déjà disparu, la santé et la jeunesse (LA BRUY. 11)
• Il est si ordinaire à l'homme de n'être pas heureux, et si essentiel à tout ce qui est un bien d'être acheté par mille peines, qu'une affaire qui devient facile se rend suspecte (LA BRUY. ib.)
• Cet hyménée Était un bien suprême à mon âme étonnée (VOLT. Zaïre, III, 6)
• C'est le premier des biens pour mon âme attendrie (LA BRUY. Fanat. II, 5)
• Le trépas est un bien qui finit nos misères (LA BRUY. Dés. de Lisbonne.)
• Nous rendre dans le bien, de plaisirs incapables (LA FONT. Fabl. II, 13)
• Et le bien d'être libre aisément vous console De ce qu'a d'injustice un manque de parole (CORN. Nicom. I, 2)
• Mon âme aurait trouvé dans le bien de te voir L'unique allégement qu'elle eût pu recevoir (CORN. Cid, III, 4)
• Si le bien de vous voir m'était moins précieux (CORN. Nicom. II, 2)
• Pour rendre à l'Aragon le bien de sa présence (CORN. D. San. V, 3)
• Je ferais exprès ce voyage pour avoir le bien de vous embrasser (BALZ. liv. VI, lett. 2)
• Le dessein qu'a pris notre société pour le bien de la religion est de ne rebuter personne (PASC. Prov. 6)
• Il serait utile au bien de la paix de représenter ces actes (BOSSUET Aut. eccl.)
• En leur donnant [aux rois] sa puissance, il [Dieu] leur commande d'en user comme il fait lui-même, pour le bien du monde (BOSSUET Reine d'Anglet.)
• J'ai le bien d'être de vos voisins (MOL. Éc. des mar. I, 5)
• M. de Noyon n'en eut que le bien devant Dieu [de s'être réconcilié avec M. de Caumartin] et l'honneur devant le monde (SAINT-SIMON 24, 27)
Avoir le bien, locution de politesse, en place de laquelle on dit plutôt aujourd'hui avoir l'avantage.
• Il s'est dit grand chasseur et nous a priés tous Qu'il pût avoir le bien de courir avec nous (MOL. Fâch. II, 7)
Le bien public, l'utilité générale.
• Point de bien public auquel il ne se sacrifie (MASS. Confér. Sacerdoce.)
• L'amour du bien public empêchait le repos ; Les chefs encourageaient chacun par leur exemple (LA FONT. Captivité de St. Malc.)
Les biens du corps, la santé, la force. Les biens de l'âme, les vertus. Les biens de l'esprit, les talents.
Les biens temporels, les biens de ce monde, se dit par opposition aux biens éternels, c'est-à-dire ceux dont on jouit pour toujours dans une autre vie.
Les biens de la terre, les productions du sol. Ce temps est contraire aux biens de la terre.
Sentir son bien, avoir des sentiments dignes de sa naissance.
• Et Rominagrobis même ne saurait avoir meilleure mine et ne sentirait pas mieux son bien (VOIT. Lettr. 153)
Locution qui a vieilli.
Faire du bien à quelqu'un, le secourir, lui rendre service.
• Il est en votre pouvoir de faire du bien à une personne qui vous en demande (VOIT. Lettr. 60)
• Comme nous nous affectionnons de plus en plus aux personnes à qui nous faisons du bien.... (LA BRUY. 4)
• Il ne cesse de faire du bien à ses citoyens (BOSSUET Hist. II, 6)
• Et qui fait bien à tous peut dormir sûrement (ROTR. Bélis. II, 7)
• C'est un ordre des dieux qui jamais ne se rompt, De nous vendre bien cher les grands biens qu'ils nous font (CORN. Cinna, II, 1)
• Votre Majesté ne se ferait pas grand tort, si elle me faisait un peu de bien (SCARRON Don Japhet, Épître au roi.)
Faire du bien à quelque chose, en procurer le développement, la prospérité. La paix fera du bien au commerce.
• Ce manquement de liberté ne ferait pas de bien à leur censure (PASC. Prov. 3)
Faire du bien, ayant pour sujet un nom de chose, être utile. Ce voyage lui a fait beaucoup de bien, a été utile à sa santé. Cette action lui a fait du bien, lui a donné de la considération, du crédit.
Dire du bien de quelqu'un, d'un ouvrage, en parler avec éloge.
• Cela est assez ridicule que je dise tant de bien de ma fille (SÉV. 2)
• Son frère lui a dit du bien de votre style (SÉV. 141)
• J'avais dit beaucoup de bien de son coeur (SÉV. 364)
• On m'a dit cent mille biens de vous (SÉV. 27)
• Des gens qui lui en ont dit des biens (SÉV. 450)
• On disait à Diogène du jeune homme tous les biens imaginables (FÉN. Diog.)
Vouloir du bien à quelqu'un, vouloir le bien de quelqu'un, être bien disposé en sa faveur.
• Vous voulez du bien à ceux qui prennent ce soin (MOL. Sicilien, 7)
• Il faut briguer la faveur de ceux à qui l'on veut du bien, plutôt que de ceux de qui l'on espère du bien (LA BRUY. 4)
On dit qu'une dame veut du bien à quelqu'un, quand elle a pour lui un sentiment tendre.
4. À bien, loc. adv. D'une façon qui réussit. Mener une entreprise à bien, faire qu'elle réussisse. Aller à bien, venir à bien, se terminer à bien, réussir.
• Puisse cette action se terminer à bien (MOL. le Dép. III, 4)
• La chose allait à bien par son soin diligent (LA FONT. Fabl. VII, 10)
• Moyennant Dieu, l'enfant viendrait à bien (LA FONT. Herm.)
Mettre à bien, s'est dit quelquefois ironiquement pour séduire, en parlant d'une femme.
• Encor faut-il du temps pour mettre un coeur à bien (LA FONT. Joc.)
5. En bien, locut. adverb. Avec honnêteté.
• On ne trompe point en bien, et la fourberie ajoute la malice au mensonge (LA BRUY. 11)
En bien, d'une façon favorable. Prendre en bien, interpréter favorablement. Changement en bien. Ne citer ni en bien ni en mal. Ce mot peut être pris en bien comme en mal.
En tout bien, tout honneur, c'est-à-dire à bonne fin, à bonne intention.
Pour le bien, locution familière signifiant à bonnes intentions. Il a fait cela pour le bien.
• Toute feinte est sujet de scrupule à des saints ; Ce qu'ils font pour un bien leur semble être une offense (LA FONT. Captivité de St-Malc.)
6. Bienfait.
• Pour tant de biens il commande qu'on l'aime (RAC. Athal. I, 4)
• Le bien qu'on croit caché sort de la nuit obscure, Et le ciel tôt ou tard le paye avec usure (DUCIS Abufar, III, 6)
7. Ce qui appartient en propre à quelqu'un, tout ce qu'on possède. Bien patrimonial. Les biens meubles et immeubles.
• On convie, on invite, on offre sa maison, sa table, son bien et ses services : rien ne coûte qu'à tenir parole (LA BRUY. 4)
• Le prodigue de l'Évangile, qui veut avoir son partage, qui veut jouir de soi-même et des biens que son père lui a donnés (BOSSUET Anne de Gonz.)
• Lorsque l'on a du bien (MOL. Éc. des mar. I, 2)
• Clitie avait aussi beaucoup de bien (LA FONT. Fauc.)
• Telles je les croirai quand ils auront du bien (RÉGNIER Sat. IX.)
• L'embarras était le bien ; j'en avais grand besoin pour nettoyer le mien (SAINT-SIMON 15, 168)
• Un rival odieux, Seigneur, vous enlevait le bien de vos aïeux (VOLT. Tancr. III, 3)
• Les saints recommandent aux riches de partager avec les pauvres les biens de la terre, s'ils veulent posséder avec eux les biens du ciel (PASC. Prov. 16)
Par extension.
• L'Attique est votre bien.... (RAC. Phèd. II, 2)
• Ma vie est votre bien (RAC. Baj. II, 1)
• Rome est à vous, seigneur, l'empire est votre bien (CORN. Cinna. II, 1)
• Nos libertés, nos jours ne sont pas votre bien (M. J. CHÉN. Oedipe roi, III, 2)
Bien de campagne, ou, absolument, bien, propriété rurale.
• Clitie à cinq cents pas de cette métairie Avait du bien (LA FONT. Fauc.)
Familièrement. Avoir du bien au soleil, avoir des terres, des biens-fonds, des maisons.
En termes de mer, le navire a péri corps et biens, c'est-à-dire la cargaison et les hommes ont péri.
PROVERBES
Nul bien sans peine.
HISTORIQUE
XIe s.— Serez ses hom [son homme] par honur et par ben (Ch. de Rol. III)— Ne ben ne mal [il] ne respont [à] son neveu (ib. XV)— Deus, se lui plaist, à bien nous le mercie (ib. XXXVIII)— Ensemble [nous] aurons et le ben et le mal (ib. CLVII)
XIIe s.— Par amistié et par bien, [je] vous commande (Ronc. p. 130)— Puisqu'en vous sont tout mal estaint Et tout bien à droit alumé (Couci, III)— Les biens d'amour que j'ai atendus tant (ib. XIII)— Douce dame, d'orgueil vous defendez, Ne trahissez vos biens [qualités] ne vos beautez (ib. XIV)— Quant plus me truis [je me trouve] pensis et esgaré, Plus [je] me confort as biens dont ele est pleine (ib.)— Un petiz biens vaut mieux, si Diex me voie, Qu'on fait courtoisement Que cent greignor fait envieusement (ib. XVI)— S'avec ces biens [beauté et courtoisie] [vous] acueilliez felonie (ib. XXI)— [Je] N'en oi [ouis] nului parler qui moult de bien n'en die (Sax. VII)— El tuen bien plaisir sera exalced li notre corz [corne] (Liber psalm. p. 127)
XIIIe s.— Et de faire tout bien [elle] fu en grant convoitise (Berte, VI)— Qui de bien est venus, drois est qu'à bien retraie (ib. VIII)— Dame, ce dist Tybers, grans biens vous est venus (ib. XXIV)— Et qu'à force [elle] leur tout [enlève] leur biens et leur richoise (ib. LXII)— Quant [elle] parti de ma terre, de tous biens [qualités] estoit pleine (ib. LXXIV)— [Dieu] Qui vous rende les biens que vous fais nous avez (ib. CXXXII)— Car, amis, [je] ne prise une prune Contre ami les biens de fortune (la Rose, 8111)— En tele maniere se pot on entremetre d'autrui service, tout n'i pensast on fors qu'à bien (BEAUMANOIR XXIX, 12)— Pour ce que il cuidoient avoir bien [récompense], il descendirent à pié, et l'alerent saluer là où il chaçoit aus bestes sauvages (JOINV. 235)
XIVe s.— Instruments desquex l'on se peut aidier et en user en bien (ORESME Eth. 21)— Jà soit ce que les biens de fortune ont aucune foiz mestier ; et s'en aide l'en en aucunes nobles operacions (ORESME ib. 24)— Bien est ce que toutes choses desirent (ORESME ib. 2)— Ainsi doit dire cuer qui à bien veult penser, Et c'est toute la fin où li hons doit penser (Guesclin. 15178)
XVe s.— L'endemain il fit faire et appareiller instruments et engins, pour plus fort assaillir le chastel, et bien dit qu'il ne s'en partiroit pour bien ni pour mal, si l'auroit à sa volonté (FROISS. I, I, 149)— Sainte Marie, dis-je au chevalier, que vos paroles me sont agreables et que elles me font grand bien (FROISS. II, III, 12)— De celle chose s'enfelonna le duc de Berry sur le comte de Foix, et n'en pouvoit le dit duc ouïr parler en bien devant lui (FROISS. ib.)— Grant bien me fait à m'y mirer, En actendant bonne esperance (CH. D'ORL. Bal. 35)— Qui bien fera, bien trouvera (CH. D'ORL. Rondeau.)— Il voloit [voulait] du bien beaucoup au dict leur roy, nonobstant qu'ennemy feust à son cousin germain le roy Henry (CHASTEL Chron. des ducs de Bourg. II, ch. 46)— Lequel, comme je croy, le fait pour vostre bien, et pour maintenir sa maison vive (CHASTEL ib. II, ch. 27)— Et certes, on ne peut trop honorer ne faire de bien à un vaillant homme d'armes ; car moult en est le mestier perilleux (Bouciq. II, ch. 19)— Il fault dire du bien le bien (COQUILL. Plaid. de la simple.)— À tout quarante ou cinquante gentilz hommes de Savoye, gens de bien (COMM. I, 3)— Les hommes de bien et vertueux de cette avant-garde se tindrent ensemble (COMM. II, 10)— Tous deux avoient autreffois receu bien du roy (COMM. I, 12)
XVIe s.— J'ay ung merveilleux regret d'avoir perdu le bien de les voir si tost que je le desirois (MARG. Lett. 84)— La plupart des hommes attendent à faire des biens [aumônes, bonnes oeuvres], lorsqu'ils se sentent assaillis de la mort (MARG. Nouv. LV)— Se servir d'une chose au bien de sa cause (MONT. I, 19)— Ses biens furent confisqués (MONT. I, 39)— Perdre son bien (MONT. I, 64)— [Par sa mort] donner reputation en bien ou en mal à toute sa vie (MONT. I, 67)— Des gents de bien (MONT. I, 128)
ÉTYMOLOGIE
Provenç. ben, be ; espagn. bien ; portug. bem ; ital. bene. Bien ne peut pas venir de bonum ; à la vérité, dans le dialecte normand, bonus avait donné buen, comme homo, huem, et comes, cuens ; mais il n'y a aucun exemple que cet u y ait été changé en i. Il vient donc de bene, adverbe, mais adverbe transformé par les langues romanes en un substantif et même, comme dans un exemple du XIIe siècle (bien plaisir), en un adjectif.
BIEN (adv.)
1. De la bonne manière. Très bien, bien, à merveille ! Très bien, pour encourager. Voyageur bien vêtu. Il a bien employé son temps. Vous ferez bien de venir. En cela, je crois avoir bien vu. Vivre bien. Cet habit lui va bien. Champ bien cultivé. Bien écrire. Statue fort bien faite. Homme bien né. Cet acteur dit fort bien. Il ne discerne pas bien la vérité. Bien agir avec quelqu'un. Se bien conduire. Une chose bien ou mal faite.
• Surtout il est instruit en l'art de bien régner (CORN. Nicom. II, 3)
• S'il est si bien instruit en l'art de commander (CORN. ib.)
• Bien camper, bien choisir à chacun son emploi (CORN. Sertor. III, 2)
• Le monarque des dieux s'avisa pour bien faire.... (LA FONT. Fab. II, 8)
• Nous faisons donc bien de nous écrire (SÉV. 210)
• Est-ce à moi que l'on parle ? ai-je bien entendu ? (VOLT. Zaïre, III, 7)
• L'affaire est d'importance, et, bien considérée, Mérite en plein conseil d'être délibérée (CORN. Cid, II, 9)
• Cet ordre, à bien parler, n'est que ce qu'il lui plaît (CORN. Nic. IV, 5)
• Ceux qui font bien mériteraient seuls d'être enviés, s'il n'y avait encore un meilleur parti à prendre, qui est de faire mieux (LA BRUY. 4)
• Les hommes sont comme les plantes, qui ne croissent jamais heureusement, si elles ne sont bien cultivées (MONTESQ. Lett. pers. 122)
C'est bien fait, c'est-à-dire il a eu ce qu'il méritait. On l'a puni, c'est bien fait.
Aller bien, se bien porter. Le malade ne va pas bien.
Aller bien, prospérer, réussir. Le commencement va bien pour vous. Les affaires vont fort bien. Tout va-t-il bien ?
Tourner bien, réussir. Suivant que cela tourne bien ou mal.
Venir bien, en parlant des plantes, croître et se développer. La vigne viendra bien à cette exposition.
2. Beaucoup, fort, très , entièrement, tout à fait. Une lettre bien longue. Encore bien jeune. Cela est bien désirable pour nous. Chemin bien meilleur. Je suis bien malheureux. Il a parlé bien sévèrement. Ceux qui m'aiment bien. Connaître bien quelqu'un. Ce qu'il veut, il le veut bien. J'ai bien peur que.... Ils payeraient bien pour obtenir cela.
• Parmi les choses que j'ai à vous dire, vous saurez bien démêler ce qui vous est propre (BOSSUET La Vallière.)
• Rappelez bien plutôt ce coeur qui tant de fois M'a fait de mon devoir reconnaître la voix (RAC. Bérén. IV, 5)
• Je songe bien plutôt à me percer moi-même (RAC. Mithr. V, 4)
• Quand ils vous accusaient, je les croyais bien moins (CORN. Nicom. III, 8)
• Y va-t-il de l'honneur ? y va-t-il de la vie ? - Il y va de bien plus (CORN. Poly. I, 2)
• êtes-vous pleinement content de votre gloire ? Avez-vous bien promis d'oublier ma mémoire ? Mais ce n'est pas assez expier vos amours : Avez-vous bien promis de me haïr toujours ? (RAC. Bérénice, V, 5)
Bien vendre, vendre à prix élevé.
C'est bien lui, c'est lui en effet, véritablement.
Vous voilà bien, le voilà bien, on vous reconnaît, on le reconnaît à cela. Il a donné son argent à ce pauvre ; le voilà bien ; c'est un si bon coeur. Il a cru ce que lui disait un charlatan ; le voilà bien ; il est si crédule.
3. Environ, à peu près. On marcha bien quinze jours. Ces places étaient bien au nombre de trente. Étant bien âgé de vingt ans.
4. À la vérité, en effet, formule de concession ; quelquefois dans un sens ironique, et quelquefois rédondant. Ce sont bien là de bons philosophes, mais.... J'avais bien entendu dire.... J'ai bien dit que.... Je voudrais bien être clément, mais.... Je voudrais bien que.... Je sais fort bien que.... Je ne sais pas bien si.... Je vois bien que.... Je comprends bien cela. Le ciel a bien ce souci ! Le peuple s'inquiète bien de cela ! C'était bien à moi de venir les trouver ! C'était bien la peine de.... Je le veux bien. Dites bien à votre roi.... As-tu bien pu craindre que... ? Quand bien même il l'avouerait.
• Le dieu qu'il [Moïse] vous a montré a bien une autre puissance (BOSSUET Hist. II, p. 163)
• Ne voyais-tu pas bien, quand je l'allais trouver Que j'allais avec lui me perdre ou me sauver ? (RAC. Baj. IV, 7)
• De ce trait généreux serait-il bien capable ? (VOLT. Zaïre, V, 10)
• Le fameux Scipion le fut bien [lieutenant] de son frère (CORN. Nicom. II, 3)
• Elle [Rome] peut bien souffrir en son libérateur Ce qu'elle a bien souffert en son premier auteur (CORN. Hor. V, 3)
• ....La première, Qui, de le voir s'aventurant, Osa bien quitter sa tanière (LA FONT. Fabl. II, 4)
5. Cas où bien peut précéder son verbe. Comme bien vous savez.
Bien lui a pris de s'être retiré en toute hâte, heureusement pour lui il a eu l'idée de se retirer.
• Bien lui prit de son indifférence (HAMILT. Gramm. 8)
Cette tournure a cela de particulier qu'elle est obligatoire et qu'on ne peut dire : il lui prit bien de son indifférence.
6. Bien, dans le style élevé, se met parfois en tête de la phrase, et alors le sujet se place après le verbe. Cette tournure a un peu vieilli ; cependant elle est encore usitée, et, quand on l'emploie bien, elle fait bon effet.
• Bien sais-je que.... Bien semble être la mer une barre assez forte.... (MALH. II, 12)
• Bien est-elle un soleil, et ses yeux adorables.... (MALH. II, 8)
7. Dans le bien, conformément au bien. Ici bien a un emploi mixte, moitié substantif, moitié adverbe, emploi résultant de son origine commune avec bien substantif. Cela est bien. Croyez-vous que cela soit bien, ou croyez-vous cela bien ? Ah ! cela n'est pas bien ! On trouve ceci bien et cela mal.
C'est bien, c'est fort bien, exprime l'adhésion, le consentement. C'est bien, je n'en veux pas savoir davantage. C'est bien, on fera ce que vous désirez. On s'en sert aussi ironiquement et par reproche : c'est bien, ne vous gênez pas.
C'est bien à vous de parler ainsi, à parler ainsi, il vous convient bien de.... Se dit par ironie et par reproche.
Impersonnellement, il est bien de ou que, il est juste, il est bienséant. Il est bien de garder le silence. Il n'est pas bien que cette jeune fille sorte seule.
Tout est bien, les choses du monde sont ordonnées parfaitement.
• Ô malheureux mortels ! ô terre déplorable ! Philosophes trompés qui criez : tout est bien ! (VOLT. Dés. de Lisbonne.)
• Le vautour acharné sur sa timide proie De ses membres sanglants se repaît avec joie ; Tout semble bien pour lui.... (VOLT. ib.)
Cette personne est bien, elle est distinguée, d'une figure agréable.
Il est bien, il est en bonne santé. Depuis son séjour à la campagne, il est bien, il est très bien.
Il est bien dans ses affaires, ou, simplement, il est bien, il a de la fortune.
Ironiquement. Nous voilà bien, le voilà bien, c'est-à-dire nous sommes, il est dans une situation embarrassante, fâcheuse.
Se trouver bien, être dans un bon état. Il s'est trouvé très bien chez moi.
Se trouver bien, être dans un bon état de santé.
Se trouver bien de.... avoir à se louer, gagner à....
• S'il se trouve bien d'un homme opulent.... (LA BRUY. 13)
Être bien, vivre bien avec quelqu'un, en bonne intelligence, en faveur.
• Il aura su qu'Alcippe était bien avec vous (CORN. le Ment. III, 3)
• [Il] L'avait vu plein de gloire et fort bien à la cour (CORN. D. San. v.)
• J'apprends un bruit.... que nous ne sommes pas bien ensemble (BOSSUET Lett. abb. 54)
• Timocrate commence à n'être plus si bien avec Protésilas (FÉN. Tél. XIII)
• Il fit tout ce qu'il fallait pour me persuader qu'il était trop bien avec lui (FÉN. ib.)
• Vous êtes bien avec les puissances (LA BRUY. 9)
• C'est là le secret d'être bien auprès d'eux (MOL. D. Garc. II, 1)
• Vous êtes bien auprès des deux princesses (MOL. les Am. I, 1)
• Il [Léopold de Lorraine] a eu la prudence d'être toujours bien avec la France (VOLT. Louis XIV, 17)
Être bien avec soi-même, avoir la conscience tranquille.
• L'essentiel est d'être bien avec soi-même (VOLT. Lett. Richelieu, 25 mars 1775)
Être bien ensemble, se dit, en un sens particulier, de deux personnes de sexe différent qui ont un commerce de galanterie.
Substantivement.
• On dit qu'avec Bélise il est du dernier bien (MOL. Misanth. II, 5)
8. Bien de avec l'article le, la, les, beaucoup de. Bien des gens. Avec bien du travail. Avec bien de l'esprit. Achever quelque chose avec bien de la peine.
• On mande à votre mari qu'il ait bien du soin de moi et qu'il m'enveloppe dans de la soie et du coton (VOIT. Lett. 24)
• On hasarde de perdre en voulant trop gagner, Bien des gens y sont pris.... (LA FONT. Fab. VII, 4)
• On fait sur ce sujet bien des récits bizarres ; Il s'en faut défier ; les esprits sont fort rares (ANDRIEUX les Étourdis, III, 4)
• Nous pouvons nous flatter avec bien de l'apparence (FLÉCH. I, 51)
• Il y a des causes générales qui ont mis bien des fois le genre humain à deux doigts de sa perte (MONTESQ. Lett. pers. 113)
• De tant de mariages, il naissait bien des enfants que l'on cherche encore en France, et que la misère, la famine et les maladies en ont fait disparaître (MONTESQ. ib. 122)
Bien, en ce sens, suivi de la préposition de et d'un adjectif, avec un substantif exprimé ou sous-entendu, rejette l'article défini. Bien d'autres périls l'ont assailli. Vous verrez dans ce voyage bien de riches campagnes. Bien d'autres vous diront....
9. Bien et beau, loc. adv. Proprement, dans l'état où la chose se trouve, et, par une extension facile à comprendre, aussitôt, sur-le-champ.
• Un dogue de qui l'ordinaire Était un pain entier ; il fallait bien et beau Donner cet animal au seigneur du village (LA FONT. Fab. VIII, 18)
• Le lacs était tout prêt ; il n'y manquait qu'un homme ; Celui-ci se l'attache et se pend bien et beau (LA FONT. ib. IX, 16)
• Le fermier vient, le prend, l'encage bien et beau, Le donne à ses enfants pour servir d'amusette (LA FONT. ib. II, 16)
• Cependant arrivé, vous sortez bien et beau, Sans prendre de repos ni manger un morceau (MOL. Sgan. 7)
• Je démêlai d'abord la tromperie, Et me tins coi ; je jurai bien et beau De m'en venger avant Pâques fleurie (CHAULIEU Madrigal sur L.)
10. Hé bien, loc. interjective, qui exprime l'exhortation ou l'interrogation. Hé bien, que vous en semble ? Hé bien, qu'y a-t-il ? que dites-vous ? Hé bien, travaillez donc !
Eh bien, s'emploie dans les mêmes circonstances. Eh bien, qu'en ditesvous ? Eh bien, que faites-vous ?
11. Bien que, loc. conj. gouvernant toujours le subjonctif. Quoique.
• Bien qu'à ses déplaisirs mon âme compatisse (CORN. Cid, II, 8)
• Bien que l'occasion moins haute ou moins brillante.... (CORN. Hor. V, 3)
• Bien qu'il change d'état, il ne change point d'âme (CORN. Cinna, IV, 7)
• Bien que je te préfère aux grandeurs d'un empire (CORN. Poly. I, 1)
• Bien qu'aucun Romain Du sang que vous pleurez n'ait vu rougir sa main (CORN. Pomp. V, 3)
• Bien qu'avec plaisir et l'un et l'autre espère.... (CORN. Rod. III, 3)
• Bien que leur naissance au trône les destine (CORN. Nicom. II, 1)
• Mais bien qu'il l'abandonne, il l'adore dans l'âme (CORN. Sertor. IV, 2)
• Et bien qu'on soit, à ce qu'il semble, Beaucoup mieux seul qu'avec des sots (LA FONT. Fabl. VIII, 10)
On peut sous-entendre le verbe. Bien que renversé à terre, il se défendait encore.
12. Bien plus, loc. adv. En outre.
• Bien plus ce même jour je te donne Émilie (CORN. Cinna, V, 1)
• Bien plus, on ne vous souffre ici que ce seul jour (CORN. Nicom. III, 4)
13. Si bien que, loc. conjonct. gouvernant l'indicatif lorsque l'action est présente ou passée. De sorte que, au point que.
• Si bien qu'enfin, outré de tant d'indignités Je m'allais emporter dans les extrémités (CORN. Pomp. II, 4)
• Si bien qu'Antiochus, percé de mille coups, Lui voulut dérober les restes de sa vie.... (CORN. Rod. I, 4)
• Si bien que le sénat prenant un juste ombrage (CORN. Nicom. I, 5)
• [La grenouille] s'enfla si bien qu'elle creva (LA FONT. Fabl. I, 3)
• Le lacs était usé ; si bien que de son aile, De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin (LA FONT. ib. IX, 2)
• Et ce qui plus le gêne et le rend misérable, Il vient de découvrir un rival redoutable : Si bien que, pour savoir si ses soins amoureux Ont sujet d'espérer quelque succès heureux, Je viens vous consulter....