Buron
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Le buron (parfois appelé « tras » ou « mazuc ») est une habitation temporaire d'été que l'on trouve sur les plateaux de l'Aubrac (Aveyron, Cantal, Lozère), dans les Monts Dore. Jusqu'à la fin du XXe siècle, les burons ont servi à loger les vachers s'occupant des troupeaux et à la fabrication du fromage (le Salers, le Saint-nectaire) lors de l’estive (mi-mai à mi-octobre).
Sommaire
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Architecture
Le buron est généralement constitué de trois pièces :
- a l'étage la pièce où dorment les buronniers et où est stocké le foin
- au rez de chaussée la pièce où est fabriquée la tomme qui deviendra fromage ou aligot
- la cave dans laquelle s'affinent le fromage (appelé CANTAL dans le Cantal et LAGUIOLE en Aveyron et en Lozère)
C'est une construction solide, parfois en partie enterrée faite de murs de pierre. Le toit est en chaume pour les plus anciens, et plus généralement en lauze.
Fonctionnement
L'estive au buron est assurée par 4 personnes ou plus selon la taille des burons , les buronniers :
- Le roul c'est en général un adolescent qui sert d'homme à tout faire
- le bédelier chargé de s'occuper des veaux
- Le pastre chargé de fabriquer la tomme fraîche qui donnera le fromage (cantal ou laguiole)
- Le Cantales ,patron du buron.
Deux fois par jour, le matin très tôt et en fin d'après midi , la traite des vaches fournissait le lait, transporté au buron dans la gerle.
Le lait était ensuite mis à cailler pendant 1 heure avec de la présure. Le caillé ainsi obtenu était découpé à l'aide d'un "frénial" (terme du cantal) ou atrassadou (terme de Lozère et Aveyron)ou tranche-caillé, puis séparé du petit lait. Le caillé est ensuite pressé sous la "catseuse" (grande presse en bois) et devient la tomme. Cette tomme est ensuite salée, émiettée à l'aide de la "fraiseuse" puis transvasée dans un moule en bois ou en aluminium dans lequel elle est pressée à nouveau.
Enfin, la fourme ainsi obtenue est entreposée dans la cave du buron (température d'environ 10 degrés) pour l'affinage qui dure de 45 jours à plusieurs mois.(10 mois en général et 18 mois au maximum)
Histoire
Les premiers burons ont été construits dès le XVIIe siècle.
Le déclin
Peu après la seconde guerre mondiale (années 1945-1950), environ 1000 burons étaient encore en activité (264 burons sur l'Aubrac)dans ce qui était encore des montagnes à fromage. Dans les années 1960, leur nombre a chuté à environ 60 (51 sur l'Aubrac en 1964)en lien avec la modernisation de l'agriculture. Les deux derniers burons de l'Aubrac(CAMEJANE en Aveyron et LE THERON en Lozère)ont été fermés le 13 Octobre 2002,en raison des normes européennes exigeant des investissements trop importants.
Les burons ont été abandonnés parce que la main d'oeuvre nécessaire à son fonctionnement émigrait sur Paris depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.La pénibilité des conditions de travail (traite des vaches sous la pluie, le vent, la neige parfois , pas de confort de vie et de logement)rebutaient les jeunes qui préféraient se lancer à l'assaut de la capitale et d'un meilleur confort.
Un seul buron a été remis en activité en 2005.Il s'agit du buron du Puech de la Treille en Lozère (sur la route de NASBINALS au col de BONNECOMBE)dont le propriétaire Monsieur SERRES a effectué des investissements importants dans un laboratoire de fabrication de fromage conforme aux normes européennes. Certes, le carrelage et l'aluminium ont fait leur apparition donnant un aspect futuriste au buron, mais la traite s'effectue toujours à la main avec des seaux en bois (farrats) et le lait est déversé dans une gerle en bois. Le fromage produit par ce buron (du 25 mai au 13 Octobre) est d'excellente qualité. La production fromagère des burons en 1946 (700 tonnes par an)est assurée aujourd'hui par la coopérative Jeune Montagne de LAGUIOLE en Aveyron.Cette production ne cesse de croître démontarnt ainsi que la fonction économique initiale des burons, loin de disparaître ne fait que prendre de l'importance.
Utilisation moderne
Peu de burons sont encore utilisés de nos jours. On peut considérer qu'aujourd'hui, seulement 30 ont pu garder ou retrouver une activité économique. Certains ont été transformés en restaurants, en gîtes d'étapes ou en musées.
Une association essaie de sauvegarder ce patrimoine (l’Association de Sauvegarde des Burons du Cantal) et a entrepris plusieurs restaurations. Cependant, la grande majorité des burons tombent en ruine et ne pourront être sauvés, notamment parce que ces opérations sont extrêmement coûteuses. De plus, le marché des burons est quasi-nul. En effet, le buron est souvent situé au milieu de la montagne, sans terrain associé, sans accés commode ni facilités modernes (électricité, eau courante), ce qui décourage la quasi-totalité des acquéreurs potentiels.
Bibliographie
- André DESVALLEES, L'Aubrac, Langage et technique. Les burons, Paris, CNRS, 1979.
- Association de Sauvegarde des Burons du Cantal, Opération sauvegarde, Aurillac, ASBC, 1984
- Alain GALAN, Burons que vent emporte, Limoge, René Dessagne
- Alain GALAN, Au pays des burons, Auvergne Magazine, nº 133, Décembre 1979,
- Yves GARRIC, Paroles de burons, Rodez, Fil d'Ariane
- Jean-Claude ROC, Burons de Haute-Auvergne, Brioude, Watel, 1991
- Jean Paul POURADE, Chemins de transhumance, Lempdes AEDIS, 1996
- Jean Paul POURADE Renaud DENGREVILLE LA MEMOIRE DE BURONS ,Lempdes AEDIS, parution Mai 2007
Liens externes
- (fr) Une présentation de burons
- (fr) Photos de burons dans le cantal
- (fr) Un buron-restaurant en Lozère
- (fr) [http://www.amilo-amis-de-la-lozère/La mémoire des burons
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