Calembour
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Le calembour est un jeu de mots fondé sur l'homonymie/homophonie (mots qui s'écrivent/se prononcent de la même façon, mais différents par le sens), la paronymie/parophonie (mots dont l'écriture/prononciation est très proche), la polysémie (mots ayant plusieurs sens).
Sommaire
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Quelques exemples
Le calembour s'applique à des expressions figées, bien connues, ou à des situations que le contexte permet de décoder :
- Il n'y a que la vérité qui baisse. (Faux proverbe : Il n'y a que la vérité qui blesse)
- Jamais deux sans toi. (Faux proverbe : Jamais deux sans trois)
- Le vieux est l'ennemi du bien. (Faux proverbe : Le mieux est l'ennemi du bien)
- Un Marx et ça repart. (Un Mars et ça repart)
- « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église » (Matthieu 16.18-19).
- « Allons ! Finissons-en, Charles attend ! » (charlatans) (Louis XVIII sur son lit de mort entouré de ses médecins.).
- Demandez nos exquis mots. (Demandez nos esquimaux)
- Un clavier azerty en vaut deux. (Faux proverbe : Un homme averti en vaut deux)
- Ce plat cale Hambourg. (Ce plat calembour).
- Un conflit de canards. (Un confit de canard; Nom de la rubrique culinaire du Canard enchaîné).
- Manger épicé (Manger et pisser).
- Des escabeaux de Bourgogne. (Des escargots de Bourgogne).
- Merci d'être velu ! (Merci d'être venu !).
- Bande d'abrutis ! (Bon appétit !).
- Une lampe de bourreau. (Une lampe de bureau).
- L'érection pestilentielle. (L'élection présidentielle).
- Qui trop embrase mal éteint. (Faux proverbe : Qui trop embrasse mal étreint).
- Donner, c'est donner, repeindre ses volets. (Faux proverbe : Donner, c'est donner, reprendre c'est voler).
- Partir, c'est crever un pneu. (Faux proverbe : Partir, c'est mourir un peu).
- Un pastiche sinon rien (Un Pastis sinon rien).
- Le sévice public. (Le service public)
- Vieux motard que j'aimais. (Faux proverbe : Mieux vaut tard que jamais).
- Il est Balazs ou hongrois. (Il est pas là où on croit; Balázs étant un prénom typiquement hongrois)
- Les Ibères sont rudes (Les hivers sont rudes, René Goscinny).
- Heureux qui, communiste (au lieu de "Heureux qui, comme Ulysse" - détournement de poésie).
- Un cas très rare de « calembour municipal » [1]: la place d'Enfer, rebaptisée place Denfert-Rochereau[2].
- Mi-putes, mi-soumises (Un calembour devenu populaire en réaction à l'association Ni putes ni soumises).
Certains journaux, comme le Canard enchaîné[3] (notamment dans ses manchettes), Libération ou L'Équipe, ainsi que certaines bandes dessinées comme Iznogoud ou Astérix le Gaulois se sont fait une spécialité de truffer leurs pages de calembours, pour le plus grand bonheur de leurs lecteurs.
Opinions sur le calembour
- Il y a une remarque assez singulière à faire sur ceux qui écoutent un kalembour ; c’est que le premier qui le devine le trouve toujours excellent, et les autres plus ou moins mauvais, à raison du temps qu’ils ont mis à le deviner, ou du nombre des personnes qui l’ont entendu avant eux ; car dans le monde moral, c’est l’amour-propre qui abhorre le vide. - Marquis de Bièvre, Article Kalembour ou Calembour, Supplément à l'Encyclopédie, 1777.
- Le calembour est la fiente de l'esprit qui vole. Le lazzi tombe n'importe où ; et l'esprit, après la ponte d'une bêtise, s'enfonce dans l'azur. Une tache blanchâtre qui s'aplatit sur le rocher n'empêche pas le condor de planer. Loin de moi l'insulte au calembour ! Je l'honore dans la proportion de ses mérites ; rien de plus. Tout ce qu'il y a de plus auguste, de plus sublime et de plus charmant dans l'humanité, et peut-être hors de l'humanité, a fait des jeux de mots. Jésus-Christ a fait un calembour sur saint Pierre, Moïse sur Isaac, Eschyle sur Polynice, Cléopâtre sur Octave. Et notez que ce calembour de Cléopâtre a précédé la bataille d'Actium, et que, sans lui, personne ne se souviendrait de la ville de Toryne, nom grec qui signifie cuiller à pot. Victor Hugo, Les Misérables, 1862.
Dans la chanson française
Tout un courant de la chanson française se distingue par son goût du calembour et la recherche systématique d'effets de dédoublement sonore, qui y est liée. On peut mentionner Boby Lapointe et, plus récemment, Gérald Genty et Nicholson.
- C’est un saucisson . de cheval
- Un saucisson que . de cheval
- Que je viens de faire . à cheval
- C’est une chanson . de saillie
- Ah ! Chanson de saillie de cheval
- Moi qui suis esthète . de cheval
- Ah ! je trouve ça beau . de cheval
- Génial admirable . de lapin'
- (Boby Lapointe. Saucisson de cheval n° 2.)
- - Dis-moi, je te réveille, mais c'est qui l'espion ?
- - L'espion, c'est celui qui dort.
- - Hein ?
- - Laisse pioncer celui qui dort !''
- (Gérald Genty)
Notes
- ↑ selon Éric Hazan, L'invention de Paris.
- ↑ Denfert-Rochereau est un militaire français resté célèbre pour avoir dirigé la résistance de la place forte de Belfort durant la guerre franco-allemande de 1870.
- ↑ Ainsi Jean-Paul Grousset, journaliste au Canard enchaîné, spécialiste du cinéma, est l'auteur d'un nombre considérable de calembours :
- Chassez le naturiste, il revient au bungalow.
- C'est beau mais c'est twist !
- Les choses étant ce caleçon…
- Mais vous pleurez, mi-lourd ?
- Un peu d'Eire, ça fait toujours Dublin !
- Un seul hêtre vous manque et tout est des peupliers !
- Je suis en congé de ma Lady
- Être reçu England pompe
- Le rugbyman est talonneur…
- Mes illusions sont des truites…
- Ne lâchons pas lamproie pour l'omble…
- La loi de l'offre et de la limande…
- Les gaîtés de l'esturgeon…
- Ciel, mon méhari !
- Chaloupe à tous les coups !
- Je suis verseau, ascendant recto !
Liens externes
- Office québécois de la langue française
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Catégorie : Jeu de mots


