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Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
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définitions

cité (n.f.)

1.ville, vue en tant que personne morale.

2.la plus ancienne partie de certaines villes.

3.groupe d'immeubles de même destination (cité universitaire, cité-dortoir, etc.).

4.(antiquité)fédération de tribus ayant des institutions communes.

citer (v.)

1.rapporter un passage d'un texte pour étayer ce qu'on avance.

2.décerner une citation militaire.

3.(Droit)sommer à comparaître en justice.

 
voir aussi

citer (v.)

citateur, citeur

 
synonymes
 
locutions

-avoir droit de cité • cité balnéaire • cité de transit • cité du Vatican • cité lacustre • cité ouvrière • cité universitaire • cité-dortoir • cité-jardin • cité-état • droit de cité • la Cité • État de la cité du Vatican • île de la Cité

-citer en justice • citer faussement

-Arthur et la cité interdite • Canope (cité) • Canton de Limoges-Cité • Chevalier bienfaisant de la cité sainte • Cité (homonymie) • Cité (métro de Paris) • Cité (revue) • Cité 17 • Cité Administrative de l'État • Cité Adrienne • Cité Florale • Cité Frugès à Pessac • Cité Future • Cité Hellemans • Cité Libre • Cité Linéaire • Cité N.W n°3 • Cité Radieuse de Rezé • Cité Soleil • Cité d'enseignement et de la recherche en sciences, technologie et informatique • Cité de Carcassonne • Cité de David • Cité de Londres • Cité de Sydney • Cité de Westminster • Cité de l'architecture et du patrimoine • Cité de l'automobile • Cité de l'espace • Cité de l'image en mouvement d'Annecy • Cité de la Mer • Cité de la mer • Cité de la musique • Cité des Nuages • Cité des abeilles • Cité des arts et des sciences • Cité des hommes • Cité des sciences et de l'industrie • Cité des étoiles • Cité du cinéma • Cité du train • Cité idéale • Cité interdite • Cité internationale de Lyon • Cité internationale universitaire de Paris • Cité lacustre • Cité métropolitaine (Italie) • Cité nationale de l'histoire de l'immigration • Cité ouvrière • Cité radieuse de Marseille • Cité scientifique (métro lillois) • Cité universitaire • Cité-jardin • Cité-jardin à Bruxelles • Cité-État • Comtés et cité indépendante de l'État du Nevada • Dion (cité) • Divers/Cité • Droit de cité • Droit de cité (homonymie) • Estran Cité de la mer • Festival Viva Cité • Gare de Cité universitaire • Gendarmerie de l'État de la Cité du Vatican • La Cité • La Cité (Québec) • La Cité de Dieu • La Cité de Dieu (film) • La Cité de Dieu (homonymie) • La Cité de Dieu (roman) • La Cité de l'Eau noire • La Cité de l'indicible peur • La Cité de la Joie • La Cité de la joie • La Cité de la peur • La Cité de la peur (1948) • La Cité de la peur (1994) • La Cité des Jarres • La Cité des anges • La Cité des asphyxiés • La Cité des chats • La Cité des dames • La Cité des enfants perdus • La Cité des morts • La Cité des permutants • La Cité des étoiles • La Cité du Soleil • La Cité du dieu perdu • La Cité du gouffre • La Cité du grand juge • La Cité et les Astres • La Cité interdite • La Cité perdue de Faar • La Cité sans voiles • La Ruche (cité d'artistes) • Mix-Cité • Ness & Cité • Presses de la Cité • Quartier de la Cité universitaire de Québec • Radio Cité • Radio Cité (Genève) • Radio Cité (Paris) • Retour à la cité lacustre • Section de la Cité • Thongor et la Cité de la Flamme • Thongor et la Cité des Dragons • Tohu, la Cité des Arts du Cirque • UGC Ciné-Cité les Halles • Zeugma (cité antique) • École secondaire de la Cité-des-Jeunes • Île de la Cité

 
dictionnaire analogique

cité (n. f.)

tid

ville[Classe]

cité (n. f.) [vieux]

cité (n. f.)

tid

État[Classe]

Grèce classique[termes liés]

cité (n. f.)

citer (v. tr.)

V+comp

citer (v. tr.) [Droit]

V+comp

tid

sommer à comparaître[DomainRegistre]

citer (v. tr.)

V+comp

tid

donner une récompense[Classe]

militaire (personne)[termes liés]

citation[GenV+comp]

citer (v. tr.)

 
le Littré (1880)

CITÉ (s. f.)

1. Autrefois territoire dont les habitants se gouvernaient par leurs propres lois. Les cités de l'ancienne Grèce. Les membres d'une cité libre. En ce sens, une cité pouvait ne renfermer que des bourgades ou des lieux fortifiés.

Le droit de cité, la jouissance de tous les droits politiques communs aux citoyens.

Corps des citoyens. En ce sens on oppose la cité à la famille.

2. Ville. Les grandes cités d'un pays. Les florissantes cités de l'Italie durant le moyen âge. Lyon est une cité industrielle.

Ô palais de David et sa chère cité (RAC. Athal. II, 9)

Le seigneur a détruit la reine des cités (RAC. ib. III, 7)

Rebâtissez son temple et peuplez vos cités (RAC. Esth. II, 9)

Nous avons vu à ses pieds la pécheresse de la cité (MASS. Temples.)

Deçà, delà luttait mainte troupe rangée ; Mainte grande cité gémissait affligée (RÉGNIER Ép. I)

Il vit son éléphant couché sur l'autre rive ; Il le prend, il l'emporte, au haut du mont arrive, Rencontre une esplanade, et puis une cité ; Un cri par l'éléphant est aussitôt jeté ; Le peuple aussitôt sort en armes (LA FONT. Fabl. X, 14)

Mais du discours enfin l'harmonieuse adresse Rassembla les humains dans les forêts épars, Enferma les cités de murs et de remparts (BOILEAU Art p. IV)

Persécuteur nouveau de cette cité sainte [la Mecque], D'où vient que ton audace en profane l'enceinte ? (VOLT. Mahomet, I, 4)

Il fonde les cités, familles immortelles, Et pour les soutenir il élève les lois, Qui, de ces monuments colonnes éternelles, Du temple social se divisent le poids (LAMART. Harm. II, 10)

Fig.

L'Église catholique, cité sainte, dont toutes les pierres sont vivantes (BOSSUET Marie-Thér.)

La cité sainte ou céleste, le séjour de Dieu et des bienheureux. Qu'ils pleurent, ô mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte, Ces malheureux qui de ta cité sainte Ne verront point l'éternelle splendeur. RACINE. Athalie, II, 9.

La sainte cité, Jérusalem. Pauvres chevaliers de la sainte cité, les templiers.

La cité future, le paradis.

Cité de Dieu, titre d'un ouvrage de saint Augustin.

3. La partie la plus ancienne d'une ville ; celle où se trouve la cathédrale. On divisait autrefois Paris en ville, cité et université.

4. Ensemble de maisons qui, dans une grande ville, se tiennent et ont quelques règles spéciales et une sorte d'association.

Cités ouvrières, nom qu'on a donné à de grands bâtiments conçus récemment et destinés à loger les ouvriers, qui y seraient soumis à quelques arrangements économiques communs.

SYNONYME

CITÉ, VILLE. Ville, plus général que cité, exprime seulement une agglomération considérable de maisons et d'habitants. Cité, même en éliminant le sens antique, ajoute à cette idée et représente la ville comme une personne politique qui a des droits, des devoirs, des fonctions.

HISTORIQUE

XIe s.Mur ne citet n'i est remès [resté] à fraindre (Ch. de Rol. I)

XIIe s.Au temps cestui fit Romulus La cité de Rome et Remus ; Frere furent.... (Roman du Brut, f° 16, dans LACURNE)Cité n'i a qui contre lui se taigne [tienne] (Ronc. p. 1)Clair luit la lune par la cité antie (ib. p. 147)Il fut normant, de la cit de Costance (ib. p. 165)La sainte cité, quant ele fu donée es mains des enemis (Machab. I, 2)Vous irez à Cologne la fort cité garnie (Sax. VII)Ne volt rien pur els faire : dunc s'en sunt returné, E li sainz arcevesque ala à sa cité (Th. le mart. 126)

XIIIe s.Et pour noient demandissiés plus bele cité ne plus fort (VILLEH. XLIV)À Paris la cité [j'] estoie un venredi (Berte, I)Et je fui amenée en la cit de Paris (ib. XXX)Droit vers Paris s'en vont, la cité noble et gent (ib. CXXXIV)Il n'i a mais nul franc, ne prelas, ne baron, N'en chité, ne à ville, ne en religion (RUTEB. 234)

XVe s.Donné le jour Saint Valentin martir, En la cité de gracieux desir, Où avons fait nostre conseil tenir Par Cupido et Venus souverains (CH. D'ORL. La lectre de retenue.)Elles desirent les citez, Les doulz mos à eulx [elles] recitez, Festes, marchiez et le theatre (E. DESCH. Poésies mss. f° 528, dans LACURNE)En pluseurs villes et citez des païs et royaumes du monde (E. DESCH. ib. f° 395)Requit au dit ambassadeur qu'ilz lui fissent faire ouverture par le dit des Cordes de la cité d'Arras ; car lors il y avoit murailles entre la ville et la cité, et portes fermans contre la dite cité ; et maintenant on a l'opposite, car la cité ferme contre la ville (COMM. Mém. p. 394, dans LACURNE)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. ciu, civitat, ciutat, ciptat ; catal. ciutat ; espagn. ciudad ; portug. cidade ; ital. città ; du latin civitatem, cité. On remarquera l'ancien français cit, et le provençal ciu, qui viennent non de civitátem où l'accent est sur ta, mais de cívitas où l'accent est sur ci ; de sorte que cit et ciu est le nominatif, et cité, ciutat, le régime ; c'est un des très rares exemples où, dans le français et le provençal, les noms en as ont conservé le nominatif et le régime latins.

CITÉ, ÉE (part. passé.)

1. Sommé de comparaître. Cité devant le juge.

2. Allégué en forme de citation. Les passages de l'Écriture cités par Bossuet. L'auteur cité.

3. Nommé, renommé. Il est cité pour sa bravoure.

CITER (v. a.)

1. Appeler à comparaître devant le juge. Citer un débiteur en conciliation. On le cita au concile.

Cette dernière aurore éveillera les morts ; L'ange rassemblera les débris de nos corps ; Il les ira citer au fond de leur asile (LA FONT. Odes, VI, 8)

2. En parlant du grand maître de Malte, sommer les chevaliers de se rendre à Malte. Tous les chevaliers furent cités à Malte, parce que l'île était menacée par les Turcs.

3. Rapporter un texte à l'appui de ce que l'on avance.

Quoique je ne fasse que rapporter simplement et citer fidèlement leurs paroles (PASC. Prov. 7)

Ce passage que S. Paul cite ici (BOSSUET Hist. II, 7)

Il citait la Ste Écriture et les Pères (SÉV. 116)

Là-dessus il cita Virgile et Cicéron, Avec force traits de science (LA FONT. Fabl. IX, 5)

On citait d'Apollon l'oracle solennel ; On menaçait ce fils du meurtre paternel (VOLT. Oedipe, III, 4)

Absolument.

Hérille, soit qu'il parle, qu'il harangue ou qu'il écrive, veut citer (LA BRUY. XII)

Familièrement. Citer son auteur, nommer celui de qui l'on tient une nouvelle. Vous pouvez répéter ce que je viens de vous dire, mais ne me citez pas.

4. Indiquer, désigner une personne, une chose digne d'attention. On cite partout cette femme pour son élégance.

Caligula, Néron, Monstres dont à regret je cite ici le nom (RAC. Bérén. II, 2)

Je pourrais vous citer des pontifes ingrats (M. J. CHÉN. Charles IX, III, 2)

Au rang de ces grands noms nous pouvons être admis ; Soyons cités comme eux au rang des vrais amis (A. CHÉN. 184)

5. Se citer, v. réfl.

Rien n'est plus désagréable qu'un homme qui se cite lui-même à tout propos (LAROCHEF. Réf. div. 173, 6)

Leurs officiers étaient dignes d'eux ou le devenaient ; car, pour conserver l'ascendant de son grade sur de pareils hommes, il fallait avoir à leur montrer des cicatrices et pouvoir se citer soi-même (SÉGUR Hist. de Napol. III, 3)

SYNONYME

CITER, ALLÉGUER. Alléguer est plus général que citer. On allègue toutes sortes de choses, des faits, des raisons, des passages d'auteurs. Mais on ne cite que des passages empruntés à des écrivains, ou des paroles entendues.

HISTORIQUE

XIVe s.Quant il virent que li pere citez ne venoient pas en senat (BERCHEURE f° 63, verso.)

XVIe s.Citer les auteurs par centons (CARD. DU PERRON, dans le Dict. de DOCHEZ.)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. et espagn. citar ; ital. citare ; du latin citare, mettre en mouvement, faire venir, citer, fréquentatif de ciere, mouvoir.

 
Wikipedia

Cité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Pour les articles homonymes, voir Cité (homonymie). 

La cité (latin civitas) est un terme désignant, lors de l’Antiquité avant même la création des États, un groupe d’hommes libres constituant une société politique particulière, indépendante des autres comme toutes, ayant son gouvernement, ses lois, sa religion et ses propres mœurs.

Par extension, ce terme est également appliqué à la désignation de la ville où ces hommes se réunissent et ont un culte et des territoires environnant cette cité, c’est-à-dire des terres appartenant aux hommes constituant cette cité. Cette signification dérive de la tradition de la Grèce antique, où la ville est désignée par le mot grec polis (comme dans Persepolis).

Les textes grecs antiques n’emploient jamais le terme d’Athènes en politique : ils contiennent toujours une expression du type : « les Athéniens déclarèrent la guerre » ou « les Spartiates envahirent les terres des Athéniens », ou « la flotte des Athéniens ». Ces expressions dénotent l'absence d'unité politique de la Grèce antique, bien qu'il y eut une unité culturelle, fondée sur les écrits homériques.

Dans le contexte gallo-romain, une cité correspond à plusieurs définitions:

  • On parle de cité pour définir le territoire géographique d’un peuple gaulois : on parle alors de la cité des Eduens, de la cité des Ségusiaves. Le chef-lieu de ce territoire est appelé capitale de cité, Forum Ségusiavorum : Feurs dans la Loire fut la capitale de la cité des Ségusiaves;
  • On parle aussi de cité pour ce que l’on peut comparer aujourd'hui à une ville, (mot dérivé du bas-latin villa désignant une maison de campagne-ferme). Plus habituellement on emploie la désignation 'agglomération secondaire' pour une autre ville que la capitale de cité, afin de marquer la différence avec le territoire du peuple gaulois, d’une cité au premier sens du terme.

Sommaire

  • 1 Au Moyen Âge
  • 2 A la Renaissance
  • 3 A la période où l'Occident découvre que ronde est la Terre
  • 4 Après le Siècle des Lumières
    • 4.1 - Au XIXe siècle
    • 4.2 - Au XXe siècle
  • 5 Aujourd'hui
  • 6 Philosophie
  • 7 Voir aussi
    • 7.1 Recherches-actions autour de « la cité d'aujourd'hui »
    • 7.2 Notes et références

Au Moyen Âge

Dans un contexte médiéval, la cité (civitas, rarement urbs) correspondait à une réalité distincte de l'environnement urbain. Elle était opposée au suburbium. Ce terme représente un regroupement d'hommes libres constituant une société politique indépendante, sans le servage. Le Droit de Cité reprend son sens antique de prérogatives. Le terme citoyen apparaît au XIIe siècle à partir du picard. En règle générale, aux environs du IVe siècle, les villes fondées dans l'antiquité en occident ont connu une rétractation de leur emprise spatiale à l'intérieur d'un quartier fortifié (le castrum), qui comprenait les centres politiques (forum, curie...) et religieux (cathédrale, résidence épiscopale), parfois le siège de l'autorité civile. Les villes ont vu leur superficie diminuer parfois de façon drastique : Senlis 7 ha, Tours 6 ha, Clermont 3 ha ; même si certaines villes ont conservé une emprise fortifiée démesurée en regard de leur population : Trèves 285 ha, Mayence 120 ha, Toulouse 90 ha, Metz 70 ha, Reims 35 ha, Bordeaux 30 ha...

Un excellent exemple de la cité médiévale est fourni par la ville d'Angers, dont le rempart du Bas-Empire a été édifié à la fin du IIIe siècle ou au début du IVe siècle, cernant un secteur comprenant la cathédrale, la résidence de l'évêque, le forum antique (mentionné en fonctionnement par les Formules d'Angers du VIe siècle) et probablement un centre de pouvoir - le comte d'Angers y résidait déjà bien avant 851. La cité d'Angers a formé le noyau du développement urbain, autour duquel les faubourgs se sont développés. Le tout est resté une entité à part dans la ville (quartier canonial de Saint-Maurice au Moyen Âge), encore aujourd'hui.

Dans la deuxième partie du Moyen Âge, pour des villes fortifiées on transformera des cités en citadelles (technique italienne). C'est la partie qui peut être inexpugnable de l'agglomération et faire sa réputation militaire.

A la Renaissance

Au XVIe siècle cité prend pleinement le sens de personne morale, au sens pris actuellement par le terme Société dans 'Société des Nations ' [1]. Du mouvement européen d'imitation des formes prises dans l'Antiquité, il sera issu des appellations cité pour des regroupements littéraires et de beaux-arts, pour des Sociétés savantes, des Académies. [2]

A la période où l'Occident découvre que ronde est la Terre

A partir du VIIe siècle la cité imprenable, sera ce que l’on fabriquera en occident aussi bien sur l’expérience militaire acquise lors des heurts de la colonisation (vers tous les points cardinaux accordés par le Saint Siège[1]) que sur celle donnée par des échanges commerciaux pacifiques (République de Venise) . Les cités seront encore plus militairement spartiates par nécessité de résister en retour de l'action de vaincre du voisin. La ville fortifiée, dont le nom commence ou se termine par bourg, avec son marché ses murailles et ses franchises succèdera à la place forte constituée par la cité qui devient vieillie.

Après le Siècle des Lumières

La notion de cité sera aussi bien celle d'habitat réel et de lieu d'échange d'idées ou de savoir que celui d'habitat-état rêvé dans la politique, réalisé dans l'aménagement du territoire, imaginé dans la fiction artistique. Il est devenu aussi une simple adresse postale, qui ne réfère plus qu'à un lieu.

On trouve derrière la notion de cité, une idée d'homogénéité des élements présents (cité universitaire, cité ouvrière...) héritée de la conception utopique de la cité harmonieuse où le système ressemble à la communauté (proximité des statuts des individus, solidarité mécanique)

- Au XIXe siècle

Si l'usine va pouvoir se confondre avec habitat ouvrier sur le modèle de l'entreprise Menier, cité idéale dans les faits [3], le terme nouveau cité ouvrière désigne un lieu à caractéristiques économiques et sociales nouvelles de la société industrielle. Des agglomérations opportunes sont fabriquées, administrativement elles sont une Commune avec un maire, souvent le patron d'usine. Ces créations sont l'effet des besoins techniques, des besoins de ressources ou bien de l'avantage financier de délocaliser sa manufacture pour éviter l'inconvénient de la compagnie de travailleurs revendicatifs, salariés ou travaillant à façon [4]. La désignation utilisée pour la localité est opposable à village, terme issu du bas-latin 'villa' signifiant ferme agricole. cité peut être aussi le label représentatif de la puissance industrielle pour une usine qui ne comporte pas de zone d'habitat sur son emprise[5].

L'intéret pour la communauté scientifique de l'époque moderne de connaître les origines de l'homme et son histoire va conduire à reconstituer par l'archéologie des cités lacustres de la période néolithique[6].

Au milieu du XIXe siècle la puissance publique organisatrice de l'espace d'Ordre et de Justice va organiser la mise à l'écart par leur exil de personnes privées de liberté pour cause politique en Nouvelle-Calédonie mais aussi jusqu'à la limite de la mort par la "guillotine sèche" des travaux forcés en Guyane. On les y relégue après avoir perdu tout droit de citoyen dans une cité pénitentiaire hors de métropole au Maroni [7]. Ce nouveau terme négatif de cité, en dénégation du sens de sa racine étymologique, n’est que la continuation-constatation de ce qui a été fait depuis les XVII-XVIIIe siècles en Louisiane concernant la liberté - désordre suivie de déportation.

Un aménagement du terroire des loisirs[8] débute avec les cités balnéaires issues du modèle anglais[9]. Les constructions hôtelières sont nouvelles[10], elles jouxtent le pavillonaire et l'habitat est totalement séparé des lieux affectés à l'activité de production[11].

- Au XXe siècle

La notion de cité recouvre autant le lieu que ce qui s'y passe. Il s'agit de zones situées dans la ville pour la plupart. Il s'agit aussi de bâtiments qui sont désignés.

Première moité du XXe siècle :

  • zone d'urbanisme à caractéristiques architecturales
    • 'cité-jardin '
  • zone habitat social
    • 'cité-HBM [12]

Deuxième moitié du XXe siècle

  • zone d'urbanisme à caractéristiques architecturales
    • cité-radieuse[13]
  • zone à caractéristiques administratives particulières
    • 'cité administrative d'Etat'
    • 'cité universitaire ' [14]
  • zone habitat social sur zone privée ou publique obtenue par expropriation ou non [15]
    • cité d'urgence
    • cité-HLM [16]

Au dernier quart du XXe siècle, on confondra sémantiquement village (notion de quartier à l'intérieur de la grande ville prenant le sens de petite ville distincte et autonome) et cité [17].

Aujourd'hui

une des tours de la cité pablo picasso de nanterre (92)
une des tours de la cité pablo picasso de nanterre (92)
une cité de Nanterre (92)
une cité de Nanterre (92)
Cité de taille modeste
Cité de taille modeste

Si cité peut au XXIe siècle désigner le quartier de la ville le plus ancien (à Paris, Londres, Carcassonne...) ou se voir porté par le plus récent (à Lyon : la Cité Internationale ) [2], ce terme désigne fréquemment une zone urbaine ou "un grand ensemble" créé dans les années 60 dans le cadre des ZUP afin de répondre à la crise du logement, dans la périphérie des grandes villes, et ce dans une architecture issue d'un processus industriel.

Les différentes politiques d'urbanisme défaillantes [18] et l'accumulation de personnes à revenu modeste dans ces zones (due au départ des classes moyennes dans les années 70), ont généré des zones où la pauvreté et le chômage sont endémiques. Sur ces zones urbaines l'absence de transports en commun efficaces et d'opportunités réelles d’emploi sont un terreau propice à la ghettoïsation [4].

Le terme de "téci"puis "ticé" venu du "verlan" est le plus souvent utilisé par les jeunes habitants de ces zones urbaines en France, stigmatisées par les médias comme terrain propice à l'économie souterraine venant en compensation d'un emploi réel ou par défaut d'une quelconque perspective d'avenir pour les gens habitant ces cités[17].

Le terme "cité" s'oppose à celui de "ville" dans sa sémiologie et a une connotation souvent négative dans le langage courant. Cependant, au Royaume-Uni, la City est une désignation de grandes villes denses, dynamiques, prestigieuses et historiques, comme Manchester ou Londres. Selon son contexte d'utilisation, le terme n'a pas forcément perdu de son prestige antique.

Philosophie

La Cité n'est pas uniquement un mot, une idée socio-économique liée à la ville antique ou médiévale. Elle est un concept philosophique lié à l' État, lié au Pouvoir de l'homme sur le monde présent par Nature : De la 'Cité Impériale', 'Cité interdite' antique à la 'Cité Administrative' moderne , de la médiévale 'Île de la Cité' à l'actuelle 'Cité du Vatican'[1] qui formule ses directives Urbi et Orbi.

Déjà, sous la Grèce Antique, la Cité est plus que le simple regroupement d'hommes libres en un terrain déterminé. Les philosophes cherchent la Cité Idéale. Platon écrit alors La République, où il expose son idée de la cité parfaite, de la société parfaite, divisée en castes: celle des esclaves, entre autres, et des philosophes; ces derniers dirigeant la Cité avec sagesse… Déjà, la Cité est le terrain de recherche de la société parfaite, et on observe déjà un glissement sémantique qui valorise la toute puissance de la ville. Sparte, Athènes, Corinthe, Mycènes, Thèbes, Delphes… la Cité est une Cité-État, avec sa capitale. La Cité de Sparte est restée pour sa discipline, Athènes sa philosophie et sa démocratie, Delphes pour son temple et son oracle. La guerre de Troie, les récits de l'Iliade et de l'Odyssée. Elles mettent également en avant les valeurs patriotiques: Ulysse loin de son île est bien malheureux, et Sparte est réputée pour le patriotisme de ses citoyens.

Viendra alors Rome, où la conception étatique de la Cité arrive à maturité. Surtout, sous la Res Publica Romana et sous l'Imperium Romanum, les citoyens hors de Rome, acquièrent la citoyenneté romaine. Les citoyens n'appartiennent plus seulement à la civitas, mais aux zones conquises: n'est-ce pas là le première État d'intégration ? Même Trajan, né en Ibérie, sera sacré Empereur !

Au Moyen-Âge, la Cité prend une connotation plus religieuse, avec la Cité de Dieu. Elle n'est pas qu'une association d'hommes libres: la Cité, dans son sens théorique, tire son Essence dans Dieu. Progressivement, vers la renaissance, l'idée contractualiste va venir s'opposer aux conceptions théologiques (Bossuet) de la Cité, de l'État (Locke, Hobbes, ...)

La Fronde appelle à un État fort pour lutter contre une dévastation « anarchique » de la Cité, accompagnée par les évènements Anglais. Pour parler des villes sous les Lumières, on évoque les bourgs, les villes, mais plus rarement le mot "cité". On constate alors un glissement de la configuration sémantique, lié sans aucun doute à la revalorisation philosophique des cités antiques.

Les philosophes sont alors en majorité des cosmopolites passionnés de progrès. La volonté positiviste des Lumières devient de laïciser les valeurs. On cherche à trouver le bonheur sur Terre et non plus seulement après la mort. Manque alors la conscience morale (égale à règles de conduite), dictée auparavant en totale confiance (foi) par Dieu, et plus maintenant par les hommes et leur besoin d'Ordre pensé, qu'ils retrouvent avec forte nostalgie dans les cités antiques, gardées par des lois et des codes de valeurs morales. Montesquieu regarda ainsi la grande Rome, et chercha dans De l'Esprit des lois, à comprendre les liens entre les institutions et la société.

Le XVIIIe siècle est le terrain philosophique de recherche de la Cité Idéale, qui perdure jusqu'à nos jours comme organisation naturellement harmonieuse: le libéralisme philosophique de Tocqueville (De la démocratie en Amérique (1835-1840) ); une forme de « nationalisme » par Rousseau; le marxisme duquel naîtra la première idéologie matérialiste excluant Dieu scientifiquement et surtout égalitariste hors de Dieu (jamais appliquée) de l'histoire; le radicalisme philosophique d'Alain. Toutes ces doctrines furent inspirées après ou pendant l'écritures de nombreuses utopies, telle celle de Thomas More (XVe siècle), fabriquant des cités idéales, souvent étranges, n'acceptant aucun progrès et assez peu de libertés aux citoyens (qui n'y sont pas que des citadins) et conformes à l'esprit de non réformabilité du modèle parfait initial parfaitement posé pour son avenir-devenir (Logos, raison "divine") conception de l'univers que les philosophes chrétiens trouvent prétentieuse.

Ainsi de la Cité éternelle que fut Rome, des grandes Sparte et Athènes, pensées, et repensées par les philosophes naquirent les doctrines philosophiques et/ou politiques (marxisme, fascisme, etc.). L'objectif est de trouver un modèle politique et social idéal. La cité -et par extension l'Etat - espace peuplé, voire surpeuplé d'hommes, est le lieu privilégié, la pâte à penser des philosophes en terme de réflexion politique.

Voir aussi

  • Polis : la cité grecque
  • Politique
  • sociologie urbaine
  • banlieue
  • Cité idéale
  • Ville mythique
  • Utopie
  • Cité Hellemans
  • Résidence universitaire Jean Zay
  • La Ruche (cité d'artistes)
  • La Cité, arrondissement de la ville de Québec (Québec), Canada

Recherches-actions autour de « la cité d'aujourd'hui »

  • Joëlle Bordet, Les "jeunes de la cité", PUF, 1999 : bilan d'une recherche menée entre 1987 et 1993 sur la vie des adolescents dans les quartiers d'habitat social d'une banlieue parisienne.
  • Collectif, Aux marges de la ville, au cœur de la société : ces quartiers dont on parle, L'Aube, 1997 (publication coordonnée par Anne Querrien) : compte rendu d'un programme de recherche mené sur sept sites en procédure Développement Social des Quartiers ou en convention de quartier du Xe Plan, et fondé sur deux types d'approches : d'une part, l'analyse de données objectives sur les conditions de vie ; d'autre part, l'étude des représentations collectives et des perceptions individuelles.
  • Liane Mozère et al., Intelligence des banlieues, L'Aube, 1999 : diverses contributions pour analyser les pratiques habitantes en se démarquant des approches habituelles qui mettent en avant les conflits, les dysfonctionnements, voire l'anomie supposés régner sans partage dans les quartiers dits, selon les cas, défavorisés, « sensibles » ou « difficiles ».
  • Charles Rojzman, La peur, la haine et la démocratie, Desclée de Brouwer, 1999 : s'appuyant sur des années de travail dans les quartiers populaires, l'auteur propose ici les conditions d'élaboration d'une intelligence collective : faire se rencontrer ceux qui s'ignorent ou ne savent plus communiquer autrement que par la violence, écouter leur parole et découvrir le changement possible derrière l'expression de la peur et de la haine.
  • Michel Anselme, Du bruit à la parole. La scène politique des cités, l'Aube, 1999 : les habitants des quartiers les plus difficiles sont capables de prendre la parole, de participer à la gestion de leur cadre de vie, du moment qu'on sait mettre en place des dispositifs adéquats.

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 Voir Cité-États. Exemple le plus parlant , le statut du Saint Siège est formé depuis 1702 par Clément XI dans la diplomatie, dans le concert des Nations . Actuellement à l’O.N.U il est celui d’un observateur ne votant pas mais membre de commissions de décisions au delà des pouvoirs des O.N.G: IVG, euthanasie, peine de mort, Cette personne morale, seule représentation religieuse internationale admise dans l'institution parce que levier de pouvoir historique de millions catholiques, est différente du Vatican territoire-état résultant des accords de Latran avec l’Italie et peuplé de 750 personnes en relation diplomatique avec 174 pays.
  2. 2,0 2,1 L'aspect matériel financier du lieu spécifiquement générateur et réceptacle du Talent et des Idées est repris actuellement par chaque aménagement touristique nouveau: Cité des peintres , Cité des Arts, Cité des Sciences qu'elles soient en ville ou à la campagne.
  3. ↑ à Noisel (Seine et Marne). Il est le prototype de la République technocratique concue par le pharmacien fondateur de l'usine, et fait partie du Patrimoine industriel passim E. de Roux G. Fessy 'Patrimoine industriel' 2000 Scala.
  4. 4,0 4,1 L. Chevalier , Classes laborieuses et classes dangereuses, 1958 Plon. Voir aussi la révolte des canuts Lyonnais. Actuellement pour l'organisation sociale, est plus considéré comme dangereuse pour la société, la structure des familles donnant le communautarisme, que la division en classes sociales opposées entre elles.
  5. ↑ Par exemple ' la cité de l'eau ' une usine de remontée d'eau à Colombes (Hauts de Seine).
  6. ↑ Rappel: période antérieure à la période Antiquité constitutive de l'appellation cité. La désignation de palafite (1865), cité sur pieux est tombée en désuétude, le terme village est actuellement utilisé.
  7. ↑ La déportation s'arrêta concrètement après la 2eme guerre mondiale. La totalité de cette conception n'est pas tombée en désuétude actuellement. Voir le bobard de "la cité pénitentiaire pilote à Palaiseau".
  8. ↑ Places fréquentées par la bonne société décrites par M.Proust dans "A la recherche du temps perdu" Gallimard 1924.
  9. ↑ voir Joseph Paxton. Actuellement on utilise le terme de station: balnéaire, thermale, de ski
  10. ↑ voir Monaco
  11. ↑ L'activé du personnel y habitant évolura par le fait d'activité de personnel de Maison attaché aux familles et les suivant, à celle d'activité dans le commerce le service et la restauration en faisant la saison. Le statut social qui disparaitra avec la crise économique débutant en 1931 est celui d'une activité avec des gages passant à une activité avec un salaire. Economiquement le service aux personnes est actuellement en expansion après avoir été en diminution.
  12. ↑ Habitat des ouvriers méritants et non forcés (proposé par le patronat hygièniste avant les grèves de 1936).
  13. ↑ Habitat choisi par l'habitant dans la veine sociale de la démocratie chrétienne.
  14. ↑ Sur le Campus Universitaire et ses cités, les Services d'ordre ne sont pas actifs sauf sur demande des recteurs cité de Nanterre
  15. ↑ Les cités sur terrain d'usine, ces "avantages sociaux" concus par le patronat réaliste-pragmatique du Nord et du Lyonnais sont soit des éléments améliorant la productivité façon modèle Franco-Américain de la Belle Epoque, soit des éléments dénotant pour la corporation l'engagement religieux (chrétien) ou politique de ses membres actifs (ces actions sont qualifiées de Paternalisme). Par ex. la Cristallerie (familliale) d'Arc, Arques (Pas-de-Calais), La cité Berliet de Venissieux (Rhône) passim B. Angleraud C. Pellissier 'Les Dynasties Lyonnaises', 2003 Perrin.
  16. ↑ Habitat des familles nombreuses à revenus modestes (au départ sans autre distinction), puis habitat pour personnes à revenus modestes même sans enfants, établi par les aménageurs de l'état (laïque) après 1960 sur la base de la cotisation sociale du '1% patronal'.
  17. 17,0 17,1 Aussi bien pour des centres villes particularisés par certaines activités de leur habitants (pour cela remarquables et médiatisés), que par les mœurs ou les religions qu'il y pratiquent (Cf anglicisme du terme "village people"). Par exemple 'cité olympique' se dit (annonceur web au Canada) pour un village de vacances de Tunisie et 'village olympique' en France pour un quartier de Grenoble en banlieue 'chaude'. Il reste bien que le mont Olympe est le séjour des Dieux, en bonne hiérarchie au dessus de tout, respectant l'harmonie du Cosmos comprenant la Cité , d'où se détacheront pour la postérité, vers les hauteurs, des héros "du stade" talentueux et vertueux dans le respect de l'ordre parfait des choses... ref Luc Ferry. Pour les ressources de vie historiquement disponibles, les localités sont plutôt en plaines et coteaux donc hors montagne, cf. Braudel 'L'identité de la France', Arthaud, 1986.
  18. ↑ Urbanisme sur dalle
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