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définitions

cocaïne (n.f.)

1.alcaloïde extrait des feuilles de coca.

 
voir aussi

cocaïne (n.f.)

cocaïnique, cocaïnomane

 
synonymes

cocaïne (n.f.)

coca, coco, ligne, sniff

 
dictionnaire analogique

cocaïne (n. f.)

 
le Littré (1880)

COCAÏNE (s. f.)

Terme de chimie. Nouvel alcaloïde naturel trouvé dans les feuilles de l'erythroxylon coca.

 
Wikipedia

Cocaïne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Cocaïne
Structure de la cocaïne
Général
Formule brute C17H21NO4
Nom IUPAC méthyl ester de l'acide 3-benzoyloxy-8-méthyl
-8-azabicyclo[3.2.1]octane
-4-carboxylique
Numéro CAS 50-36-2
Code ATC N01BC01
Apparence poudre blanche floconneuse
Propriétés physiques
Masse moléculaire 303,35
Pharmacologie
Métabolisme hépatique
Demi-vie plus de 72 heures
Excrétion urine
Caractère psychotrope
Catégorie Stimulant
Mode(s) de
consommation
  • Inhalation
  • Injection
Autres noms
  • Poudre, Drepou
  • Coke, Coco, CC, C
  • Blanche
  • Charlie
Unités du SI & CNTP,
sauf indication contraire.

La cocaïne est un alcaloïde extrait de la coca. Puissant stimulant du système nerveux central, elle est aussi un vasoconstricteur périphérique. En Occident, elle est classée comme stupéfiant.

Sommaire

  • 1 Historique
  • 2 Chimie
  • 3 Pharmacologie
  • 4 Usage détourné et récréatif
    • 4.1 Habitudes de consommation
    • 4.2 Effets et conséquences
      • 4.2.1 Effets recherchés
      • 4.2.2 Effets à court terme
      • 4.2.3 Effets à long terme
      • 4.2.4 Décès lié à la cocaïne
    • 4.3 Traitements de la cocaïnomanie
    • 4.4 Statistique
    • 4.5 Termes dérivés
  • 5 Références
  • 6 Voir aussi
    • 6.1 Articles connexes
    • 6.2 Lien externe
    • 6.3 Bibliographie

Historique

La cocaïne est utilisée de très longue date par les Indiens des Andes qui mâchent les feuilles de coca ou les consomment en infusion pour les aider à résister à la fatigue et à l'altitude. En 1855, le chimiste allemand Friedrich Gaedcke obtient des cristaux en distillant des feuilles de coca, il nomme cette substance erythroxyline.[1]
En 1859, Carl Scherzer, un voyageur, rapporte à Vienne des feuilles de coca à la demande du chimiste Friedrich Wöhler qui en confie l'étude à un de ses étudiants Albert Niemann.[1]
En 1860, le chimiste autrichien Albert Niemann isole le principe actif des feuilles de coca, la cocaïne et en décrit l'action anesthésique.[2]
Albert Niemann meurt peu de temps après et c'est un de ses collègues, Wilhelm Lossen qui trouve la formule brute en 1865, prouvant qu'il s'agit bien d'un alcaloïde. [1] Mais ce n'est qu'en 1879 que le physiologiste Wassili von Anrep établit les propriétés psychotrope sur un modèle animal.[1]

Dans les dix années qui suivent cette découverte, elle est utilisée pour les anesthésies locales et ophtalmologiques. Au cours du XIXe siècle, elle sert contre les maladies respiratoires.[2] Sigmund Freud fait quelques travaux sur ses effets et en conseille l'utilisation notamment comme aphrodisiaque ou comme traitement des addictions à l'opium, à la morphine et à l'alcool[2], avant de la proscrire en 1887 dans l'article « Cocaïnomanie et cocaïnophobie ». Il l'a notamment prescrite pour soigner l'un de ses amis médecins, Ernst von Fleischl, de sa morphinomanie.
C'est l'ophtalmologue Carl Koller, qui a essayé la cocaïne sur le conseil de Freud, et le physiologiste Leopold Königstein qui appliquent les observations déjà faites sur le produit et pratiquent avec succès une anesthésie locale en chirurgie humaine. Ils présentent leurs travaux à la société des médecins de Vienne, le 17 octobre 1884 dans un contexte où l'anesthésie locale est inconnue, la cocaïne est alors présentée comme « miraculeuse ».[1]

Dans la fin des années 1800, elle devient populaire et s'incorpore dans les cigares, cigarettes, chewing-gum et dans les boissons.[2]
Dès 1870, on voit apparaître la consommation populaire de vin dans lequel sont infusées préalablement des feuilles de coca. En 1871, le marché est dominé par une marque restée célèbre : le vin Mariani, du nom du pharmacien Angelo Mariani qui eut l'idée de commercialiser ce vin associé à un médecin, Charles Fauvel, ce qui lui confère une légitimité médicale (ce qui autorise l'émission d'un brevet). Inventé en Corse en 1863, issu du mélange de vin de Bordeaux et d'extrait de coca, ce vin n’est qu’une des nombreuses productions de Mariani puisqu'en 1890 son officine du boulevard Haussmann à Paris, qui ne désemplit guère, propose des pastilles à la cocaïne, des infusions de cocaïer, du vin, un élixir, des toniques et ce, en vantant la coca et ses applications thérapeutiques. De nombreuses personnalités des arts, de la littérature et de la politique apportent leur appui au vin Mariani. Citons les plus prestigieuses : Thomas Edison, Jules Verne, Émile Zola, le Prince de Galles et même le pape Léon XIII, qui ne quittait pas sa fiole.
Quant au Coca-Cola, il est créé à l'origine (en 1886) pour satisfaire à la demande du marché américain, celle d'une boisson populaire à base de cocaïne, mais ne donnant pas prise aux critiques des ligues de tempérance qui s'insurgent précisément contre les produits Mariani. En 1906, la proportion de cocaïne fut considérablement réduite (1/400e de grain par once de sirop), mais la cocaïne persista dans la composition de la boisson jusqu'en 1929.[3]

Pourtant dès 1885, la multiplication des cas de cocaïnisme commence à être dénoncée par d'autres médecins (le psychiatre Albrecht Erlenmeyer, le toxicologue Louis Lewin) et émeut l'opinion publique allemande.[1]

En 1914, l'essentiel des états américains ont réglementé l'usage et la distribution de cocaïne afin de réduire la criminalité pour en interdire peu à peu l'usage non-médical.[2] Au milieu du XXe siècle, elle n'est plus considérée comme un problème de santé publique.[2]

Dès le début des années 1960, la consommation redevient préoccupante[2] pour exploser à la fin années 1970 sous l'impulsion des cartels qui cherchent à écouler leur production en baissant les prix.[1]

Plusieurs conventions se tiennent sous l'égide de l'ONU afin de la combattre. Ces conventions prohibent la production, le commerce, la détention et l'usage des drogues (excepté à des fins médicales) et ont directement influencé les législations des pays signataires. La convention unique sur les stupéfiants de 1961 porte principalement sur la coca, l'opium, le cannabis et leurs dérivés. La cocaïne sera progressivement interdite dans la plupart des pays à mesure qu'ils adaptent leur législation propre et classée comme stupéfiant.

Dans les pays occidentaux, durant une bonne partie des années 1980 et 1990, la cocaïne est associée aux classes aisées, notamment aux milieux du cinéma et de la chanson qui la consomme dans un but de dopage. Mais l'augmentation exponentielle de sa production - malgré les différentes campagnes mondiales de lutte contre cette drogue - contribue à faire chuter les prix de revente à la dose et la cocaïne est consommée dans tous les milieux depuis le début des années 2000.[2]

Chimie

La cocaïne est peu soluble dans l'eau mais son sel l'est.

Elle s'extrait de feuilles d'une plante Erythroxylon coca.

Pharmacologie

La cocaïne a des effets nooanaleptiques majeurs similaires à ceux des amphétamines, notamment à ceux de la méthamphétamine. C'est un stimulant.
Elle agit sur le système nerveux central, en bloquant la recapture des monoamines dans l'espace synaptique.
Son effet est atrribué au fait qu'elle bloque la recapture de la dopamine et entraîne donc une augmentation de la concentration du neurotransmetteur dans diverses régions du cerveau notamment le nucleus accumbens.[1] Elle bloque aussi le transport de la sérotonine et de la noradrénaline, mais ces mécanismes ne sont pas considérés comme appartenant aux effets psychostimulants.[1]

Usage détourné et récréatif

Cocaïne en poudre
Cocaïne en poudre

La cocaïne se présente le plus souvent sous la forme d'une poudre blanche et floconneuse ; plus rarement sous forme de cristaux. La cocaïne (ou chlorhydrate de cocaïne de son nom scientifique) qui alimente le trafic clandestin est la plupart du temps coupée - « allongée » - avec des substances diverses visant à en augmenter le volume, tel que le bicarbonate de soude, le sucre, le lactose ou divers autres produits pharmaceutiques. Ces produits de coupe sont succeptibles d'en accroître les dangers par une potentialisation des effets ou par une interaction entre deux produits.[4] La poudre vendue sur le maché clandestin comme étant de la cocaïne n'en contiendrait en fait que 3 à 35%.[1]

Sa saveur est amère et provoque une sensation d'engourdissement sur la langue quand on la goûte.

La cocaïne est considérée comme le premier psychotrope illicite ayant donné lieu à un trafic organisé mettant en place les stéréotypes de ce type de marché soit le fournisseur (futur dealer) et la pratique du coupage.[1]

Habitudes de consommation

Voir l’article Modalité d'usage.
usage le plus répandu 
  • priser (ou « sniffer » en langage courant) : méthode consistant à inhaler la cocaïne sous forme de poudre, en général au moyen d'un petit tube creux appelé « paille ». La cocaïne est alors disposée en petits tas filiformes, appelés « rails », « lignes », « tracks » ou « traces ». L'effet se fait sentir au bout de 2 minutes et dure environ 1 heure.[2]
usages courants 
  • FreeBase : Cocaïne basée (libérée de son sel, elle est plus pure) à l'aide d'ammoniac (ou de bicarbonate de soude) et d'un solvant organique, elle se fume dans une pipe (parfois considéré comme analogue au crack). L'effet se fait sentir au bout de 2 minutes et dure environ 30 minutes.[2]
  • fumer en joint.
  • « chasser le dragon » : méthode consistant à inhaler les vapeurs de cocaïne, chauffée la plupart du temps sur une feuille d'aluminium par le dessous.
  • ingérer en parachutes une dose de cocaïne est enveloppée dans du papier à cigarettes et gobée. L'effet se fait sentir au bout de 20 minutes et dure environ 1 heure.[2]
  • injecter en intra-veineuse. L'effet se fait sentir au bout de 10 minutes et dure environ 30 minutes.Elle se rencontre généralement ches les polytoxicomanes.[2]
usages anecdotiques 
  • appliquer sur certaines muqueuses (rectale, vaginale ou gland). L'insensibilité obtenue passe pour prolonger l'acte sexuel.[1]
  • par voie orale sous forme d'extrait, de teinture ou de vin. Cet usage majoritaire au XIXe siècle a presque totalement disparu.[1]

Elle est parfois consommée avec de l'héroïne (speed-ball) afin de compenser les effets dépresseurs de l'héroïne par les effets stimulants de la cocaïne.[5]

Effets et conséquences

La cocaïne traverse la barrière placentaire et expose le fœtus à des risques de retard de croissance, accidents vasculaires, malformation.

Effets recherchés

L'usage de la cocaïne provoque :

  • une forte euphorie[2] ;
  • un sentiment de puissance intellectuelle et physique (voire sexuelle) qui provoque une désinhibition[2] ;
  • une indifférence à la douleur, à la fatigue et à la faim[2].

Ces effets vont laisser place ensuite à ce qu'il est commun d'appeler « descente » ou « craving » : un état dépressif et à une anxiété que certains apaiseront par une prise d'héroïne ou de médicaments psychoactifs.[4] La dose létale correspond à une concentration dans le sang supérieure à 1 mg/litre.

Effets à court terme

  • augmentation du rythme cardiaque (tachycardie), voire troubles du rythme cardiaque[2] ;
  • augmentation de la pression sanguine (hypertension) et de la respiration[2] ;
  • hyperthermie[2] ;
  • crampes, tremblements, spasmes, épilepsie[2] ;
  • saignements de nez, anosmie durant 48 heures en cas de prise par voie nasale.

La levée des inhibitions peut entraîner des actes violents ou des aggressions. [2]

Effets à long terme

Consommée de façon régulière, la cocaïne peut provoquer :

  • une contraction de la plupart des vaisseaux sanguins[2] : les tissus, insuffisamment irrigués, se nécrosent. C'est souvent le cas de la cloison nasale avec des lésions perforantes pouvant aller jusqu'à la nécrose des parois nasales chez les usagers prisant régulièrement la cocaïne ;
  • des troubles du rythme cardiaque pouvant entraîner des accidents cardiaques[2] ;
  • des troubles de l'humeur : irritabilité, paranoïa, attaque de panique, dépression[2] ;
  • une augmentation de l'activité psychique[2] : des insomnies, des amnésies, des difficultés de concentration, tics nerveux, etc. ;
  • une dépendance psychique rapide et forte[2]. On estime que 20% des usagers deviennent dépendants.[1]

La tolérance ne concerne que certains des effets notamment l'euphorie et est fortement liée aux sensibilité individuelle.[1]

Le syndrome de sevrage n'a été officialisé qu'en 1987 et ses manifestations physiques ne sont pas toujours observables.[1]

La consommation « en rail » favorise les transmissions virales (hépatites B et C, sida) par le partage de pailles.[4]

Décès lié à la cocaïne

Les cas de décès imputés à la cocaïne sont dus à :

  • un état de santé incompatible avec la prise de cocaïne (antécédent de problèmes cardiaques, hypertension, insuffisance respiratoire, asthme, épilepsie, problèmes hépatiques ou rénaux, diabète) ;
  • un dosage trop élevé (surdose) ;
  • un mélange avec d'autres substances aggravantes (risque de coma toxique en mélangeant alcool et cocaïne ; troubles cardiaques en mélangeant cocaïne et boissons stimulantes, tabac, Viagra, amphétamines).

Traitements de la cocaïnomanie

Voir l’article Addiction.

Statistique

Évaluation de la consommation

Selon le rapport de l'OICS du 1er mars 2006, la cocaïne arrive au deuxième rang des drogues dont l'usage est le plus répandu en Amérique du Nord. Il est estimé que les États-Unis comptent à eux seuls 2,3 millions d'usagers.

Évaluation de la production

De 900 à 1 000 tonnes de cocaïne sont produits chaque année.[6]

La Colombie est le premier pays producteur de cocaïne, totalisant à elle-seule 776 tonnes par an (données 2005[réf. nécessaire]).

Évaluation du trafic

Selon un rapport de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) du 18 octobre 2006, les saisies de cocaïne de 2005 (5 tonnes) sont en progression de 16 % par rapport à 2004, qui constituait déjà un record.[6]

Le marché américain reçoit 600 des 900 à 1 000 tonnes produites chaque année.[6]

Dans la zone euro, le cours de la cocaïne est de 26 000 à 28 000 euros le kilo (soit 26 à 28 euros le gramme).[6]

Termes dérivés

Cocaïnomanie

Ce terme est composé de cocaïne et de manie, du grec mania pour « folie, passion ». Il désigne une consommation régulière et non-contrôlée de cocaïne, amenant un état de dépendance, soit une toxicomanie.

Cocaïnomane

Ce terme dérivé du précédent désigne les personnes atteintes de cocaïnomanie.

Cocaïnisme

Ce terme désigne une intoxication chronique à la cocaïne.

Références

  1. 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 1,11 1,12 1,13 1,14 1,15 Denis Richard, Jean-Louis Senon, Marc Valleur, Dictionnaire des drogues et des dépendances, Larousse, 2004 (ISBN 2-03-505431-1)
  2. 2,00 2,01 2,02 2,03 2,04 2,05 2,06 2,07 2,08 2,09 2,10 2,11 2,12 2,13 2,14 2,15 2,16 2,17 2,18 2,19 2,20 2,21 2,22 2,23 2,24 Yasmina Salmandjee, Les drogues, Tout savoir sur leurs effets, leurs risques et la législation, Eyrolles, coll. « Eyrolles Pratique », 2003 (ISBN 2-7081-3532-5)
  3. ↑ http://66.165.133.65/cokelore/cocaine.asp
  4. 4,0 4,1 4,2 Drogues, savoir plus risquer moins, comité français d'éducation pour la santé et de la mildt, juillet 2000 (ISBN 2-908444-65-8)
  5. ↑ Michel Hautefeuille, Dan Véléa, Les drogues de synthèse, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 2002 (ISBN 2-13-052059-6)
  6. 6,0 6,1 6,2 6,3 La cocaïne se démocratise en France et gagne du terrain sur le cannabis, Le Monde, 18 octobre 2006

Voir aussi

   
commons:Accueil

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur la cocaïne.

Articles connexes

  • Forme dérivée : crack
  • drogue
  • stupéfiant
  • addiction
  • sevrage
  • overdose

Lien externe

(fr) Site de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie

Bibliographie

  • Sigmund Freud : Contribution à la connaissance des effets de la coca, (1885) dans Un peu de cocaïne pour me délier la langue, Max Milo Editions, 2005. ISBN 2914388764


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