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○   Anagrammes
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○   Lettris
○   Boggle.

Lettris

Lettris est un jeu de lettres gravitationnelles proche de Tetris. Chaque lettre qui apparaît descend ; il faut placer les lettres de telle manière que des mots se forment (gauche, droit, haut et bas) et que de la place soit libérée.

boggle

Il s'agit en 3 minutes de trouver le plus grand nombre de mots possibles de trois lettres et plus dans une grille de 16 lettres. Il est aussi possible de jouer avec la grille de 25 cases. Les lettres doivent être adjacentes et les mots les plus longs sont les meilleurs. Participer au concours et enregistrer votre nom dans la liste de meilleurs joueurs ! Jouer

Dictionnaire de la langue française
Principales Références

La plupart des défintions du français sont proposées par Memodata et comportent un approfondissement avec Littré et plusieurs auteurs techniques spécialisés.
Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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Résumé des résultats
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définitions

connaissance (n.f.)

1.faculté de connaître; processus mentaux mis en œuvre par l'exercice de cette faculté.

2.fait de connaître, d'avoir présent à l'esprit en tant qu'objet analysé. Manière de connaître qqch.

3.relation qui existe en personnes.

4.personne que l'on connaît.

connaissances (n.f.p.)

1.ensemble des connaissances acquises.

2.ce que l'on connaît; ce que l'on sait, que l'on a appris.

connaissance

1.Verités ou faits accumulés dans le temps, somme cumulée d'informations, son importance et sa nature, dans n'importe quelle civilisation, période, ou pays.

 
voir aussi

connaissance (n.f.)

cognitif connaître inconscience

 
synonymes
 
locutions

-acquérir la connaissance • avoir connaissance • base de connaissance • champ de la connaissance • connaissance de la forêt • connaissance de soi • connaissance discursive • domaine de connaissance • en connaissance de cause • en toute connaissance de cause • faire connaissance • faire perdre connaissance • parler en connaissance de cause • perdre connaissance • perte de connaissance • porter à la connaissance • prendre connaissance • reprendre connaissance • sans connaissance • vieille connaissance • à ma connaissance

-avoir des connaissances • cercle de connaissances • connaissances livresques • connaissances publiques • contrôle des connaissances

-connaissance résultat (psychologie)

-base de connaissances • gestion des connaissances • management des connaissancesADBS

-acquisition des connaissances • contrôle des connaissances • gestion des connaissances

-Arbre de la connaissance • Autonomie et connaissance • Base de connaissance • Bibliographie en sociologie de la connaissance • Centre virtuel sur la connaissance de l'Europe • Connaissance de l'Est • Connaissance de soi • Connaissance des arts • Connaissance explicite • Connaissance médicale • Connaissance tacite • Connaissance technique • Connaissance ultime • Le Yoga de la connaissance • Logique de la connaissance commune • Preuve à divulgation nulle de connaissance • Sociologie de la connaissance • Société de la connaissance • Théorie de la connaissance

-Capitalisation des connaissances • Connaissances a priori • Gestion des connaissances • Représentation des connaissances

 
dictionnaire analogique

connaissance (n. f.)

tid

expérience[Classe]

fait de percevoir qqch[Classe]

connaître[Nominalisation]

connaissance (n. f.)

tid

fréquentation (des personnes)[Classe]

connaître[Nominalisation]

connaissance (n. f.)

tid

état, fait de savoir[ClasseHyper.]

connaître[Nominalisation]

connaissance (n. f.)

connaissance (n. f.)

connaissance (n. f.)

connaissance (n. f.)

connaissance (n. f.)

tid

conscience[Classe]

connaissance (n. f.)

tid

conscience[ClasseHyper.]

état, fait de savoir[ClasseParExt.]

psychologie[termes liés]

connaissances (n. f. pl.)

connaissances (n. f. pl.)

tid

conscience[Classe]

 
le Littré (1880)

CONNAISSANCE (s. f.)

1. État de l'esprit de celui qui connaît et discerne. La connaissance de Dieu. La connaissance du bien et du mal. La connaissance du coeur humain. Ce guide a la connaissance de la montagne.

Qu'est-ce que Jupiter [planète] ? Un corps sans connaissance (LA FONT. Fabl. VIII, 16)

Il n'est pas question ici de savoir si les bêtes ont de la connaissance (FÉN. Exist. XXIII)

Les vaisseaux des Phéaciens ont de la connaissance comme les hommes et savent le chemin des villes (FÉN. t. XXI, p. 387)

Malheur à la connaissance stérile qui ne se tourne point à aimer et se trahit elle-même ! (BOSSUET Connaiss. IV, 10)

Qui se connaît soi-même en a l'âme peu vaine ; Sa propre connaissance en met bien bas le prix (CORN. Imitation, I, 2)

Être en âge de connaissance, dans l'âge où l'on agit avec discernement.

Elle eut de la faveur, dès qu'elle eut de la connaissance (FLÉCH. Panég. II, p. 224)

À ma connaissance, de ma connaissance, c'est-à-dire je sais que. À ma connaissance, il possède au moins dix mille livres de rente.

Avoir connaissance de, connaître, savoir, être au courant de.

Il eut de nos desseins si claire connaissance (RÉGNIER Sat. IV)

Ce fanfaron chez elle eut de moi connaissance (RÉGNIER Sat. VIII)

Madame, pour le moins, vous avez connaissance De l'auteur de ce bruit (CORN. Hér. II, 8)

Ceux qui n'ont aucune connaissance de cet auteur (PASC. Prov. 17)

Si vous aviez la connaissance des choses qui se sont passées (PASC. Prov. 2)

Avez-vous de son coeur si peu de connaissance ? (RAC. Phèd. V, 3)

Avoir connaissance de, avoir des nouvelles de, des renseignements....

Je suis, dit-on, un orphelin Entre les bras de Dieu jeté dès ma naissance, Et qui de ses parents n'eut jamais connaissance (RAC. Athal. II, 7)

Je n'ai de tout mon sort que cette connaissance (RAC. Iphig. II, 1)

Hélas ! De mes enfants auriez-vous connaissance ? (VOLT. Zaïre, II, 3)

Donner connaissance, faire connaître.

Et lui-même il en donne assez de connaissance [il fait assez connaître qu'il n'est pas de naissance royale] (CORN. Don Sanche, IV, 1)

Nous lui donnâmes une connaissance parfaite de nos desseins (SÉV. 423)

Venir à la connaissance, être connu par une voie quelconque.

Quand il ne vient rien à ma connaissance (SÉV. 43)

Comme il est venu à la connaissance de notre siége apostolique (BOSSUET Mand.)

Prendre connaissance d'une chose, l'examiner, s'en faire rendre compte.

Agir, parler en connaissance de cause, avec connaissance de cause, c'est-à-dire pertinemment, pour raisons connues.

Que ce soit un jugement rendu avec connaissance de cause (PASC. Prov. 18)

M. Turgot est le protecteur de tous les arts, et il l'est en connaissance de cause (VOLT. Lett. de Lalande, 19 déc. 1774)

Avoir une grande connaissance des affaires, y être très habile.

Avoir une grande connaissance des tableaux, des livres, se connaître très bien en tableaux, en livres.

2. État de celui qui se connaît lui-même, qui a le sentiment de son existence. Quoique voisin de l'agonie, il avait toute sa connaissance. Être sans connaissance, être privé de sentiment. Perdre connaissance, perdre le sentiment. Reprendre connaissance, sortir d'un évanouissement, d'un état de coma, d'un état de délire.

On l'emporta dans sa tente plus mort que vif, ayant perdu toute connaissance (VAUGEL. Q. C. liv. III, ch. 5)

Elle n'est pas encore morte, mais elle n'a aucune connaissance (SÉV. 116)

Il fut trois heures sans connaissance (SÉV. 471)

St Ambroise avait perdu la connaissance quand son confrère lui apporta la communion (BOSSUET Déf. comm.)

La foule s'agite, on m'emporte sans connaissance (CHATEAUB. René, 209)

3. Terme de procédure. Droit de connaître et de juger. La connaissance de ce crime appartient à tel tribunal.

François 1er ôta au parlement la connaissance de ce qui concerne les évêchés (VOLT. Moeurs, 138)

4. Terme de marine. On a connaissance des côtes par les divers signes qui s'y rencontrent, la couleur et hauteur des terres, caps et montagnes, nature du fond, herbes, poissons et oiseaux qu'on y rencontre.

Le soir, nous eûmes, comme disent les marins, connaissance de quelques palmiers (CHATEAUB. Itin. III, 59)

Avoir connaissance d'un navire, l'apercevoir en mer de la côte sur laquelle on est.

Connaissance des temps, almanach nautique publié depuis 1679 par le Bureau des longitudes.

5. Au plur. Lumières acquises, savoir, érudition sur divers sujets. Il a, il possède des connaissances très variées. Les connaissances humaines. Dans l'état actuel de nos connaissances.

Il favorise en roi ces hautes connaissances (LA FONT. Fabl. VII, 18)

Attribuer aux anciens des connaissances astronomiques dont ils n'ont jamais eu que des soupçons très vagues (VOLT. Lett. de Lalande, 6 fév. 1775)

Il avait un esprit trop juste pour ne pas voir l'inutilité, le ridicule ou même le danger des demi-connaissances (CONDORCET Maurepas.)

6. Liaison qui se fait entre des personnes qui se voient, qui se fréquentent.

La postérité saura que cette considération m'obligea premièrement de rechercher votre connaissance (BALZ. liv. I, lett. 6)

Je voudrais l'accoster.... Et tâcher de lier avec lui connaissance (MOL. Éc. des mar. I, 5)

Faire connaissance avec quelqu'un, ou faire la connaissance de quelqu'un, nouer avec lui quelque liaison.

Hé ! Dites-moi un peu, s'il vous plaît : combien aviez-vous d'années lorsque nous fîmes connaissance ? (MOL. Mar. forcé, sc. 2)

Gens de connaissance, gens que l'on connaît ou qui se connaissent entre eux.

Le grand bien que voici pour des gens de ma connaissance (PASC. Prov. 4)

Trouve-t-on ici des gens de connaissance ? (SÉV. 85)

Elle a trouvé beaucoup de gens de sa connaissance (SÉV. 132)

C'est beaucoup tirer de notre ami, si, ayant monté à une grande faveur, il est encore un homme de notre connaissance (LA BRUY. VIII)

Une figure de connaissance, une personne que l'on connaît.

Il n'y avait personne de connaissance au bal, à la promenade, il n'y avait aucune de ces personnes qui sont généralement connues dans le monde.

Être en connaissance avec quelqu'un, avoir des relations avec lui. Il y a dix ans que je suis en connaissance avec cette famille.

Renouveler connaissance avec quelqu'un, reprendre avec lui une liaison qui avait été interrompue. Et fig.

Il y a trois mois que je suis dans mon lit, et sans vous je n'aurais renouvelé connaissance avec aucune planète (VOLT. Lett. de Lalande, 6 fév. 1775)

Personne avec qui on a ce genre de liaison. De vieilles connaissances. Dans le monde, on a beaucoup de connaissances et peu d'amis.

Deux ou trois des connaissances qu'il s'était faites à la chasse (HAMILT. Gramm. 4)

Le maître de la poste était son ancienne connaissance (HAMILT. Gramm. 11)

C'est une de mes anciennes connaissances que je voulus renouveler exprès (PASC. Prov. 5)

Le vrai objet est de se faire des connaissances et des amis (BOSSUET Lett. quiét. 81)

On dit qu'un homme est en pays de connaissance, pour signifier qu'il est en un lieu où il a des connaissances, et fig. qu'il a à traiter des matières qui lui sont familières. Quand on parle à un géomètre de figures, il dit qu'il est en pays de connaissance.

Tant qu'il sera en pays de connaissance (BOSSUET Lett. quiét. 185)

7. Terme de vénerie. Marques, traces du pied de la bête, au moyen desquelles on reconnaît son âge et sa grosseur, etc.

Des pinces de son cerf et de ses connaissances (MOL. Fâcheux, II, 7)

Ce chien a connaissance de quelque chose, se dit quand un chien, mettant le nez en terre, se réjouit.

Avoir connaissance, se dit quand on revoit du cerf qui va de bon temps, sans que les voies, trop vieilles, permettent au chien de se rabattre.

8. Terme de théologie. Connaissance charnelle, cohabitation de l'homme et de la femme.

9. Populairement, maîtresse, bonne amie. Avoir, faire une connaissance. Il est allé dîner avec sa connaissance.

REMARQUE

Elle resta longtemps sans connaissance ; à peine l'eut-elle reprise.... J. J. ROUSS. Hél. VI, 9. La règle est qu'à un mot pris sans article on ne fait pas rapporter les pronoms relatifs ou les pronoms tels que il, elle, lui, etc. Pourtant Jullien, Gramm. p. 249, pense que la phrase de Rousseau peut être admise, remarquant qu'aucun principe logique ne s'y oppose et qu'ici il n'en résulte pas d'obscurité.

HISTORIQUE

XIe s.Escuz [ils] ont gens [beaux] de moultes cunoisances [armoiries] (Ch. de Rol. CCXXIII)Chrestienne [elle] est par veire conoisance (ib. CCXCII)

XIIe s.Dix mille [ils] sont à une conoisance [blason] (Ronc. p. 134)Connoissez, dame, au viz et à la chere, Que je n'os [ose] mon voloir Dire por parcevoir [parce qu'on s'en apercevrait] ; Mais bone dame doit savoir Conoissance et merci avoir (Couci, XVIII)

XIIIe s.Qui là fust à cel point, assés peust veoir banieres et escus de diverses connissances, et desus toutes l'ensegne imperial (H. DE VALENC. VI)Vos n'estes mie nez de France, Ne de la nostre connoissance (Ren. 12112)Ceste fortune que j'ai dite, Quant avec les hommes habite, Ele troble lor congnoissance, Et les norrist en ignorance (la Rose, 4907)Le sen de droit est de savoir ou avoir les quenoissences des choses dou ciel et de terre, et de tort et de droit (Liv. de just. 3)Quant connissance est fete en cort, on ne pot pas fere niance de ce qu'on a reconnut (BEAUMANOIR VII, 12)

XIVe s.Et encor est il plus convenable à celui qui veult savoir politiques que il ait connoissance de l'ame (ORESME Eth. 29)

XVe s.Le roi d'Angleterre qui là estoit sans la connoissance de ses ennemis (FROISS. I, I, 328)Il est venu à nostre congnoissance que nostre cousin le duc de Bourgongne ha naguieres escript (JUVÉN. Charles VI, 1413)Et prenoiton argent des subjets, sans les ouyr en congnoissance de cause (JUVÉN. ib. 1409)Toutefois il fut assez bien apaisé par aucuns cardinaux ses amis et de sa connoissance (MONSTREL. liv. I, ch. 55)Si ai-je eu autant de congnoissance des grands princes que nul homme (COMM. Prol.)S'il est en moi de vous faire autant de service, pensez que j'aurai connoissance [reconnaissance] de la courtoisie (LOUIS XI Nouv. XXXVII)

XVIe s.La cognoissance de la plupart des choses (MONT. I, 201)Les choses qui sont à nostre cognoissance les plus grandes (MONT. ib.)Les hommes qui perscrutent immoderéement les cognoissances qui ne sont de leur appartenance (MONT. II, 278)Tuer un homme sans cognoissance de cause (MONT. III, 195)Ilz n'avoient pas grand sentiment ny gueres de cognoissances de leur calamité pour le bas aage auquel ilz estoient (AMYOT P. Aem. 56)

ÉTYMOLOGIE

Connaissant ; bourguig. queneussance ; provenç. conoissensa, conoichenssa ; catal. conexensa ; anc. espagn. conocencia ; ital. conoscenza. Palsgrave, p. 57, qui écrit cognoisance, dit qu'on prononce conoi-sance.

 
Wikipedia

Connaissance

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

La connaissance est l'état de celui qui connaît ou sait quelque chose. Ce qu'est la connaissance fait encore débat chez les philosophes : il n'y a pas de définition unique sur laquelle ils s'accordent.

On distingue traditionnellement trois types de connaissance. La connaissance propositionnelle est le fait de savoir qu'une certaine proposition est vraie, par exemple, savoir que la Terre est ronde. La connaissance objectuelle, aussi appelée acquaintance, est le fait de connaître une chose, par exemple, connaître Paris.[1] Le savoir faire est le fait d'être capable de réussir une action, par exemple, savoir faire des crêpes.[2]

La définition de la connaissance propositionnelle est celle qui a le plus attiré l'attention des philosophes. Ils s'accordent généralement sur le fait qu'une connaissance est une croyance qui est vraie, mais aussi qu'elle n'est pas seulement une croyance vraie. Une autre condition est requise: il faut qu'elle soit justifiée, ou non-accidentelle, ou fiable, ou certaine. C'est sur cette condition supplémentaire que les philosophes sont en désaccord.

Les connaissances sont acquises par une multitude de processus cognitifs: perception, apprentissage, raisonnement, mémoire, témoignage. La science est un ensemble de méthodes systématiques pour acquérir des connaissances.

La branche de la philosophie qui étudie la connaissance est appelée épistémologie ou théorie de la connaissance. La branche de la philosophie qui étudie plus particulièrement les sciences est appelée épistémologie ou philosophie des sciences.

Par extension, le terme de "connaissance" désigne également ce qui est connu, ou même, plus généralement, ce qui est tenu (à tort ou à raison) pour connu. On oppose le connu à linconnu.

Sommaire

  • 1 Définition de la connaissance
    • 1.1 La connaissance comme croyance vraie et justifiée
    • 1.2 Le problème de Gettier
    • 1.3 Autres définitions de la connaissance
  • 2 Débats philosophiques autour de la connaissance
    • 2.1 Réalisme et anti-réalisme
    • 2.2 Internalisme et Externalisme
    • 2.3 Fondationnalisme et Cohérentisme
    • 2.4 Contextualisme et Invariantisme
  • 3 Connaissance(s) et société(s)
    • 3.1 La société des hommes comme communauté de connaissances
    • 3.2 Valeur de la connaissance
    • 3.3 La connaissance comme avantage et pouvoir
    • 3.4 Connaissance et démocratie
  • 4 Connaissance tacite vs connaissance explicite
  • 5 Notes
  • 6 Voir aussi
  • 7 Bibliographie
  • 8 Liens externes

Définition de la connaissance

La définition de la connaissance est encore objet de débat chez les philosophes. La définition traditionnelle, comme croyance vraie et justifiée, est jugée insuffisante ou inadéquate depuis les contrexemples d'Edmund Gettier.[3] Plusieurs compléments à la définition traditionnelle, ou même de nouvelles définitions, ont été proposés depuis, mais aucun n'a réussi à s'imposer. Certains philosophes soutiennent que la notion n'est pas définissable. Cela dit, un certain nombre de points d'accord existent: que la connaissance propositionnelle doit être au moins une croyance vraie, qu'elle ne peut pas être simplement une croyance vraie, qu'elle doit en outre être non-accidentelle et/ou justifiée.

La connaissance comme croyance vraie et justifiée

Dans le Théétète de Platon, la connaissance est définie comme "opinion droite pourvue de raison" (201d).[4] Les exégètes de Platon ne s'accordent pas sur le fait de savoir si Platon adoptait lui-même cette définition ou non.[5] Quoi qu'il en soit, elle a été retenue par la tradition philosophique ultérieure. Aujourd'hui, on préfère l'expression "croyance vraie justifiée".

Platon argumente en faveur de cette définition en montrant qu'une croyance vraie ("opinion droite") n'est pas forcément une connaissance. Il donne l'exemple de la plaidoire mensongère (Théétète, 200a-201d). Supposons qu'un avocat arrive à persuader les jurés que son client est innocent en utilisant de très mauvais arguments et des mensonges: il se peut néanmoins que son client soit véritablement innocent. Si c'est le cas, les jurés ont une opinion ou croyance (ils croient que l'accusé est innoncent), et cette croyance est vraie. Pourtant, ils ne savent pas que l'accusé est innoncent, parce qu'ils auraient pu être trompés par l'avocat. On peut ajouter un autre exemple: si vous tirez à pile ou face pour deviner s'il pleuvra demain, alors peut-être que vous tomberez juste, mais même lorsque c'est le cas, vous ne savez pas qu'il pleuvra demain, parce que c'est un simple coup de chance que votre croyance soit vraie.

Platon suggère donc qu'une connaissance n'est pas une simple croyance vraie, mais une croyance vraie "pourvue de raison" (Théétète 201d). Ce que Platon entend par "raison" ici est objet de débat chez les exégètes. Mais la tradition en a retenu l'explication suivante. Une croyance est "pourvue de raison" lorsqu'elle s'appuie sur une bonne raison de croire la chose en question. Ainsi, les mensonges de l'avocat ne sont pas une bonne raison de croire que son client est innocent; de même, le fait que la pièce soit tombée sur pile n'est pas une bonne raison de croire qu'il pleuvra demain. Au contraire, croire que le client est innoncent parce qu'on l'a vu ailleurs que sur les lieux du crime au moment du crime, c'est avoir une bonne raison de croire qu'il est innoncent.

La définition traditionnelle suggère donc que lorsqu'une croyance s'appuie sur des bonnes raisons, et qu'elle est vraie, alors c'est une connaissance.[6]

Deux remarques sur cette définition traditionnelle. Tout d'abord, elle ne s'applique qu'à la connaissance propositionnelle: le fait que quelqu'un sache que telle ou telle chose est vraie. La connaissance objectuelle n'est ni une croyance, ni susceptible d'être vraie: par exemple, si je connais Pierre, cela ne correspond à aucune croyance en particulier (croire en Pierre??), ni a fortiori à une croyance vraie. De même, la définition traditionnelle ne dit rien sur la connaissance comme savoir-faire.[7].

Ensuite, la définition traditionnelle suppose que la connaissance est (au moins) une croyance vraie. (a) elle est une croyance: si Antoine ne croit pas que la Terre est ronde, alors il ne peut pas le savoir. Pour savoir quelque chose, il faut au moins croire que c'est le cas, c'est-à-dire le tenir pour vrai. (b) elle est une croyance vraie: si Antoine croit que Paris est en Belgique, alors il ne peut pas savoir que Paris est en Belgique, tout simplement parce que c'est faux. Inversement, si Antoine sait que les clefs sont dans le tiroir, alors il est vrai que les clefs sont dans le tiroir. Bien sûr, il peut arriver qu'Antoine pense à tort savoir où sont les clefs; mais dans ce cas, il ne sait pas en fait où elles sont. Ces deux points ((a) et (b)) ont été remis en cause, mais la plupart des philosophes continuent de les admettre aujourd'hui.[8]

Le problème de Gettier

La définition traditionnelle est aujourd'hui tenue pour insuffisante à cause du problème de Gettier. Le problème de Gettier est le fait qu'il y a des croyances vraies et justifiées qui ne sont pas des connaissances. Il tire son nom d'Edmund Gettier, qui a donné les deux premiers exemples de ce genre en 1963 dans un bref article resté célèbre.[9] Voici l'un de ses exemples. J'ai deux collègues de travail, M. Illa et M. Lapas. J'ai de bonnes raisons de croire que Lapas possède une Ford: je l'ai vu en conduire une plusieurs fois pour se rendre au bureau. J'en déduis qu'il y a quelqu'un dans mon bureau qui possède une Ford. Là aussi, j'ai de bonnes raisons de le croire, puisque c'est la conséquence logique de quelque chose que j'ai de bonnes raisons de croire. Supposons qu'en fait, Lapas n'a pas de Ford (il conduit une voiture de location), mais qu'à mon insu Illa en a une (il n'en parle jamais ni ne la sort de son garage). Ma croyance est vraie, et elle est justifiée (puisque j'ai de bonnes raisons de croire qu'elle est vraie), pourtant, il est clair que je ne sais pas que quelqu'un dans mon bureau possède une Ford.

De multiples cas Gettier (exemples de croyances vraies justifiées qui ne sont pas des connaissances) ont été inventés depuis. L'un, célèbre, dû à Carl Ginet, est celui des fausses granges. Supposons que vous parcouriez un campagne parsemée de granges; vous en regardez une en particulier et on peut dire que vous croyez que c'est une grange. Votre croyance est justifiée (elle s'appuie sur ce que vous voyez), et, supposons-le, il s'agit en effet d'une grange. Mais, à votre insu, toutes les granges des environs sauf celle-ci sont des fausses granges en papier-mâché, installées là pour le tournage d'un film. Dans cette situation, vous ne savez pas que ce bâtiment est une grange, quand bien même vous avez une croyance justifiée et vraie que c'est le cas.

Plusieurs réponses ont été envisagées. Certains philosophes comme Keith Lehrer ont suggéré d'ajouter une quatrième condition: que la croyance en question ne s'appuie pas sur une croyance fausse; qu'il n'y ait pas de "défaiseur", de proposition telle que si vous l'appreniez, vous abandonneriez votre croyance (par exemple, la proposition qu'il y a des fausses granges dans les environ). D'autres comme Alvin Goldman ont suggérer de réviser la notion de justification, et de dire qu'une croyance est justifiée non pas si elle s'appuie sur de bonnes raisons, mais si elle résulte d'un processus cognitif fiable, c'est-à-dire un processus qui tend à produire des croyances vraies, comme la vision d'un homme sain. D'autres, comme Fred Dretske et Robert Nozick, ont défendue des définitions entièrement nouvelles de la connaissance, selon lesquelles une connaissance est une croyance vraie qui n'aurait pas pu être fausse. A l'opposé, Timothy williamson a récemment soutenu l'idée que la connaissance n'était pas définissable.[10]

Autres définitions de la connaissance

Définition fondationnaliste. Aristote (Seconds Analytiques), Descartes (Règles pour la direction de l'esprit), Locke (Essai sur l'entendement humain), Hume (Traité de l'entendement humain), Kant (Critique de la raison pure) et Russell (Problèmes de philosophie, 1912, Théorie de la connaissance, 1913, Notre connaissance du monde extérieur, 1914), ont une théorie de la connaissance à deux niveaux: une connaissance est ou bien (a) une connaissance de base, ou bien (b) une connaissance inférée d'une connaissance de base. Les connaissances de bases sont les premiers principes, ceux qui ne sont pas dérivés d'autre chose. Pour Aristote, ce sont des principes très généraux qui donnent l'essence d'une chose; pour Descartes, un petit nombre de vérités saisies de façon claire, distincte et indubitable; pour Locke, les sensations; pour Hume, les impressions sensibles; pour Kant, les intuitions des sens (ou sensations) et les principes de l'entendement qui les organisent; pour Russell, les données des sens et les principes de la logique. Les connaissances dérivés sont les sciences et nos connaissances ordinaires sur le monde. Ces théories sont dites fondationnalistes: un sous-partie de nos connaissances sert de fondement à toutes nos autres connaissances.

Ces théories à deux niveaux semblent suggérer qu'il n'y a pas de définition unique de la connaissance, puisqu'une connaissance est ou bien une connaissance première ou bien une connaissance dérivée. Mais en fait, ces théories sont compatibles avec la définition traditionnelle. On peut en effet les reformuler ainsi: une connaissance est une croyance vraie et justifiée, mais il y a deux façons d'être justifié: (a) pour les croyances de base, elles sont auto-justifiées, (b) pour les croyances dérivées, elles sont justifiées parce qu'elles sont inférées d'autres croyances qui sont, elles, justifiées.

Cette reformulation permet de voir en quoi la définition présentée comme "traditonnelle" dans les sections précédentes est en effet celle adoptée, souvent implicitement, par la majorité des grands philosophes de la connaissance de Platon à Russell.

Définition comme adéquation à l'objet. D'autres définitions de la connaissance (dans la philosophie de la perception antique, chez Hegel, dans la phénoménologie) repose sur l'idée d'adéquation du sujet connaissant à l'objet.

Définitions restrictives. Plusieurs philosophes ont réservé le nom de connaissance à des états epistémique exceptionnels. Par exemple, Platon appelle "connaissance" (ou "science", epistèmè) la saisie intuitive des Formes ou Idées des choses. De même, pour Aristote, il n'y a de "connaissance"/"science" (epistèmè) que du général. Si ces définitions restrictives peuvent servir à caractériser la science ou à désigner un état cognitif exceptionnel visé par le philosophe, elles reviennent à fortement distinguer le substantif "connaissance" des emplois courants des verbes "savoir" ou "connaître" : par exemple, savoir où et quand on est né, savoir qu'il a plu trois fois la semaine dernière, savoir qu'il y a une table et deux chaises devant soi, connaître mon voisin Robert, etc. Notons enfin qu'en français, le substantif qui s'applique volontiers à un état épistémique éminent est peut-être "le savoir" plutôt que "la connaissance".

Débats philosophiques autour de la connaissance

Réalisme et anti-réalisme

Internalisme et Externalisme

Fondationnalisme et Cohérentisme

Contextualisme et Invariantisme

Connaissance(s) et société(s)

Article détaillé : Société de la connaissance.

La société des hommes comme communauté de connaissances

La Connaissance, au singulier et avec majuscule, a un parfum d'académisme qui renvoie à la question sociale qui se profile derrière elle. Y a-t-il une Connaissance, comme une sorte de Corpus des savoirs reconnus et acceptés, ceux que l'on enseigne à l'école ? Y a-t-il des connaissances, une nébuleuse de savoirs plus informelle, moins officielle, moins « avérée », mais aussi plus étendue ? Y a-t-il une bonne et une mauvaise Connaissance ?

Par ailleurs, quand on pose la question d'un savoir partagé, d'un savoir social, il importe de définir par qui il est partagé et quelles sont éventuellement les limites de ce partage social.

Si l'on peut dire que le langage est ce qui fait l'homme et ce qui le distingue de l'animal (les expressions faciales, les mimiques, le sourire… pouvant être considérés comme un proto-langage que le chimpanzé, notre plus proche « cousin », partage assez bien avec nous), c'est aussi qu'il a grandement contribué à permettre l'élaboration des connaissances et leur partage entre les êtres humains.

Une société humaine peut donc être assimilée à un grand organisme connaissant qui met en commun les expériences de ses individus par le biais du langage qui défie à la fois l'espace et le temps : il permet la transmission de connaissances et d'expériences d'individus éloignés dans l'espace ou dans le temps.

Et par ce biais, il permet sa « capitalisation ».

Les connaissances sont indéniablement pour le petit d'homme un acquis qui lui est en grande partie transmis, comme héritage commun d'un groupe social, et constitue une somme d'expériences qui ne remplacera certes jamais celles de l'individu mais se combineront à elles efficacement et seront à même de les démultiplier.

Les briques des connaissances nouvelles viennent s'ajouter à l'édifice patiemment construit…

Il est important de souligner qu'il n'est pas besoin pour cela de l'écriture. Parce que sa prééminence actuelle nous aveugle, nous oublions que l'essentiel de la transmission et de la communication s'est faite, dans l'histoire de l'humanité, par la parole, par l'oralité. Et par la mémoire. Il n'est en rien évident que "Au commencement était le Verbe..." désignât un quelconque "livre sacré" ou les "tables de la Loi"... Pauvres infirmes de la mémoire que nous sommes devenus, nous avons du mal à accepter l'idée que des livres ne fassent que compiler des récits mythiques transmis oralement auparavant. Il nous faut imaginer un auteur unique, un Homère par exemple, pour l'Iliade et l'Odyssée.

Ceux qui connaissent les traditions orales, celles de l'Afrique noire d'où tout écrit est absent, mais aussi celles de l'Europe et de France malheureusement en grande partie perdues, d'ailleurs en partie à cause de l'écrit, savent que l'oral et la mémoire sont peut-être plus puissants pour transmettre par delà l'espace et par delà le temps que toute écriture et tout support matériel périssable.

Laissons là ce débat, mais rappelons toutefois que l'Europe celtique n'utilisait pas l'écriture. Ce sont les moines irlandais qui ont compilé sa tradition orale vers 600 après J.C. bien longtemps après l'apogée de cette civilisation. L'écrit n'était utilisé que par les druides et pour des pratiques rituelles et magiques : quelques signes sur des plaques de métal. Les druides possédaient pourtant un savoir "encyclopédique" considérable. On sait qu'ils avaient des connaissances approfondies en mathématiques, en astronomie,... Tout ce savoir était transmis oralement au cours d'une période d'apprentissage qui durait près de 20 ans !

Mais revenons à notre question du partage de la Connaissance ou, du moins, des connaissances.

Face à une vision idéale d'une communauté des hommes où les connaissances s'accumuleraient et s'échangeraient librement, il en va en fait tout autrement et sans doute depuis bien longtemps. Ce partage, ou non partage, semble obéir à certaines "règles". Quelles sont-elles et pourquoi ?

Valeur de la connaissance

  • "Savoir que l'on ne sait pas est supérieur; ne pas connaître la connaissance, une maladie." Lao-tseu, Tao-te-king, chap.71

On parle aujourd'hui d'économie de la connaissance et on décrit notre société comme caractérisée par le développement de cette économie.

Toutefois, il semble que toute l'histoire de l'humanité puisse être décrite comme une accumulation de connaissances et d'expériences et la mondialisation actuelle, dont l'internet est sans doute dans ce domaine l'élément le plus important, est essentiellement un accroissement des échanges de ces connaissances.

La question de l'économie qui lui est liée pourrait paraître secondaire si l'on n'était obligé de reconnaître la valeur de la connaissance qui en fait un bien marchand, et peut-être aujourd'hui l'un des premiers.

Mais on peut postuler que de tout temps la connaissance a eu de la valeur pour les hommes, bien avant le développement de sociétés marchandes.

Et les nombreux mythes et paraboles philosophiques qui établissent un parallèle entre un trésor et un savoir sont là pour nous le rappeler. La valeur monétaire n'est qu'une mesure. L'or un symbole. La vraie valeur est dans le savoir lui-même. C'est en particulier vrai lorsqu'il s'agit de la propre connaissance de soi, le perfectionnement de l'homme par lui-même et c'est le sens le plus probable des quêtes « philosophales » des alchimistes ou des chevaliers du Graal.

Cette question de la valeur de la connaissance est donc une première « règle ». Elle nous apparaît à nous d'autant plus évidente que nous avons mis en place des systèmes de protection de celle-ci : droits d'auteurs, brevets, copyrights... Ils en sont la traduction dans une société marchande. Mais ils ne doivent pas nous faire oublier ce qu'est la valeur intrinsèque, l'utilité...

Quittons cette fois le domaine philosophique pour revenir à la société et aux connaissances plus « pratiques » du domaine des sciences et des techniques. Pour fabriquer un outil, chasser, coudre des peaux ensemble... il a fallu expérimenter, essayer, recommencer, apprendre. Le fruit de ces expériences est la connaissance, le savoir, le savoir-faire... Mais encore avant cela, une des premières connaissances, et des plus utiles, a certainement été la connaissance par l'homme de son environnement. À tel point que la question reste posée des relations entre l'inné et l'acquis, entre d'une part les instincts, et de façon plus large les « connaissances » inscrites dans l'être biologique (sans doute par le biais des mécanismes de l'évolution), et d'autre part les savoirs transmis et appris. Avons-nous d'instinct peur du loup ? Cette connaissance-ci, essentielle, conditionne donc la survie de l'homme, sa capacité à se nourrir, à s'abriter, à éviter les pièges de la nature, les animaux dangereux, les plantes empoisonnées...

Il est donc peu utile d'insister encore sur la valeur de la connaissance même en dehors de tout système marchand.

La connaissance comme avantage et pouvoir

La deuxième « règle », corollaire de la première, et non moins importante c'est que, par conséquent, la connaissance constitue un avantage. Il peut rapidement en dériver un pouvoir réservé aux groupes ou personnes ayant seuls l'accès à certaines connaissances.

Là encore, nos sociétés techniciennes en font la pleine démonstration. Mais on peut penser que même les savoirs les plus simples peuvent donner lieu à l'expression d'un pouvoir.

Pour que cela soit, il suffit que la connaissance ne circule pas librement entre tous, soit qu'elle ne puisse pas, soit qu'on l'en empêche...

Sans doute les « pouvoirs magiques » apparaissent tels à ceux qui n'en partagent pas la connaissance mais sans doute aussi le pouvoir sur les autres que leur possession confère pousse à ce qu'ils soient « jalousement gardés » et qu'ils restent « magiques » le plus possible. C'est du moins une interprétation possible.

Sans préjuger qu'il ne puisse y en avoir d'autre, c'est le modèle qui a prévalu dans nos sociétés occidentales, en particulier sous l'influence du christianisme. Mais celui-ci n'a certainement fait que reprendre des situations pré-existantes, et on sait le pouvoir des druides dans la société celte, et des chamanes dans d'autres régions du monde.

L'expression finale de cette organisation sociale est l'"alliance sacrée" entre la connaissance et la force physique, celle du druide et du chef guerrier, celle de Clovis qui se fait baptiser par la puissante Église chrétienne.

La connaissance est donc un enjeu de pouvoir.

Partager et transmettre la connaissance obéit donc à cette règle. Non seulement il peut ne pas apparaître opportun de le faire avec tous, pour conserver l'avantage qui assure un pouvoir, mais sa transmission à certains seulement peut devenir le moyen de maintenir ou d'accroître cet avantage.

On peut y voir l'origine des groupes sociaux et des classes, dans les sociétés traditionnelles, comme dans les sociétés industrielles.

Connaissance et démocratie

On comprend donc l'enjeu qu'a pu constituer, et constitue toujours, la connaissance et son partage, par le biais de l'éducation et des systèmes scolaires, pour l'évolution démocratique des sociétés modernes. Il est d'ailleurs multiple dans la mesure où l'ambition démocratique peut à la fois nécessiter un niveau suffisant d' « instruction » des citoyens pour qu'ils soient à même de débattre du projet politique commun et une « égalité des chances » qui est censée passer par l'égalité de l'accès au savoir, et elle en est effectivement sans aucun doute le préalable.

Mais la connaissance n'est pas un corpus figé à un moment donné. Nous savons bien à nos dépends qu'il est nécessaire d'actualiser régulièrement ses connaissances dans un monde où les savoirs évoluent rapidement. Dans le monde du travail, cela fait la part belle à la formation continue. Mais il y a de nombreuses formes et source de remise en question des connaissances. Et d'abord, l'idée que tout est discutable, et la quasi disparition de l'autorité du "savant" par la mise à disposition du plus grand nombre d'informations autrefois réservées à un petit groupe privilégié.

L'internet est indéniablement la source principale de cette révolution dans l'accès à la connaissance. Certes, des barrières restent. D'autres, notamment commerciales, se mettent en place (copyright, droits d'auteurs etc.). Mais à côté, se développent des projets ouverts, visant au partage le plus large possible de la connaissance : éléments libres de droit ou en diffusion autorisée sous certaines conditions... Le projet de Wikipedia rentre dans cette catégorie et participe également de l'idée que l'enrichissement des connaissances n'est pas l'apanage d'un groupe autorisé et bien défini (experts, professeurs d'Université, chercheurs...).

Outre l'accès à la connaissance, en position de consommateur, le projet démocratique sollicite également le droit pour tout un chacun d'apporter sa pierre à l'édifice, sa vision propre. C'est évidemment, d'un certain côté, le triomphe de l'individu. Mais les règles, qui seules autorisent le fonctionnement de cette connaissance partagée, en fondent aussi la dimension collective.

Il est probable que nous ayons à redéfinir notre vision de la connaissance, de sa production et de son partage dans les sociétés démocratiques et que cela puisse même être le fondement d'une nouvelle démocratie, plus aboutie, où chaque citoyen ait accès à la parole pour construire le projet social.

Connaissance tacite vs connaissance explicite

En psychologie cognitive, on distingue deux grands types de connaissances :

Les connaissances tacites sont les connaissances qui appartiennent au monde des objets mentaux, des représentations mentales. Elles regroupent les compétences innées ou acquises, le savoir-faire et l'expérience. Elles sont généralement difficiles à « formaliser » par opposition aux connaissances explicites.

Les connaissances explicites, par opposition aux connaissances tacites, sont les connaissances clairement articulées au niveau d'un document écrit, ou d'un système informatique. Ces connaissances sont transférables physiquement, car elles apparaissent sous une forme tangible (dossier papier ou électronique).

Par ailleurs, en gestion des connaissances, on fait aussi la distinction entre l'information, donnée brute, et la connaissance, qui est l'appropriation et l'interprétation des informations par les hommes (Jean-Yves Prax).

Dans les entreprises, la connaissance correspond au capital d'expertise que détiennent les hommes dans les différents domaines (marketing, R&D, achats, commercial, juridique...) qui constituent le cœur de métier de l'entreprise. Cette connaissance doit être gérée pour améliorer l'efficacité globale des entreprises.

Article détaillé : Gestion des connaissances.

Les anglo-saxons appellent cette discipline le knowledge management (KM).

Notes

  1. ↑ Bertrand Russell, Problèmes de philosophie, chap. 5.
  2. ↑ Ryle, Gilbert. Le concept d'esprit
  3. ↑ Dutant & Engel (eds), Philosophie de la connaissance, Paris, Vrin, 2005, introduction à la partie I.
  4. ↑ Platon, Théétète, 201d; voir aussi Ménon, 98a2; Phédon, 76b5-6 et 97d-99d2; Le Banquet 202a5-9; République 534b3-7; and Timée 51e5.
  5. ↑ Voir Timothy Chappell, Plato on knowledge in the Theaetetus, Stanford Encyclopedia of Philosophy.
  6. ↑ Voir notamment Chisholm, Perceiving : A Philosophical Study, Ithaca, NY, 1957, p. 16, qui définit la connaissance ainsi: "S accepte que p (C); S a des données adéquates pour croire que p (J); p est vrai (V)", et A. J. Ayer, The Problem of Knowledge, Londres, 1952, p. 34, qui définit la connaissance ainsi: "p est vrai (V); S est sûr que P (C); S a le droit d'être sûr que p (J)". Dans chacune des deux définitions, on retrouve les éléments classiques: (C) la croyance, (V) la vérité, et (J) la justification.
  7. ↑ Sur la notion de savoir-faire, voir G. Ryle, La notion d'esprit, 1949, trad. fr. Payot 2005.
  8. ↑ La condition de vérité est rejetée chez certains pragmatistes (Richard Rorty) et dans la tradition de la sociologie des sciences (Barry Barnes et David Bloor).
  9. ↑ Edmund L. Gettier, “Is Justified True Belief Knowledge ?”, Analysis, 23, 1963, p. 121-123
  10. ↑ Voir les articles de Keith Lehrer, Alvin Goldman, Robert Nozick et Timothy Williamson dans Dutant & Engel (eds), Philosophie de la connaissance, Vrin, Paris 2005, et Timothy Williamson, Knowledge and its limits, Oxford University Press, 2000.


Voir aussi

  • Savoir
  • Science
  • Croyance
  • Sagesse
  • Cognition, Perception, Mémoire, Apprentissage, Raisonnement, Témoignage, Métacognition
  • Certitude, Doute
  • Dogmatisme
  • Scepticisme
  • Idéalisme
  • Réalisme
  • Logique, Théorie de la connaissance, Epistémologie, Philosophie des sciences
  • Sciences cognitives, Psychologie cognitive
  • Docimologie, Économie du savoir, Société de la connaissance, Gestion des connaissances, Sociologie de la connaissance

Aspects spécifiques

  • Connaissance ultime, Connaissance de soi, Connaissance technique, Connaissance médicale, Connaissance tacite, Connaissance explicite
  • Cognition | Perception | Sagesse | Biais cognitif

Bibliographie

  • Aristote, Seconds Analytiques.
  • Julien Dutant, Pascal Engel (eds.) Philosophie de la connaissance, Vrin, Paris, 2005. [1]
  • Platon, Théétète.
  • Russell, Problèmes de philosophie, 1912, trad. F. Rivenc, Payot, 1989.

Liens externes

  • Epistemologie Site de Julien Dutant sur la philosophie de la connaissance (glossaire, bibliographie)
  • Timothy Chappell, Plato on Knowledge in the Theaetetus dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy
  • Mathis Steup, The Analysis of Knowledge dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy
  • Connaissance, définition par Georges Adamczewki
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