COQUETTERIE (s. f.)
1. Désir d'attirer en plaisant ; il se dit surtout des femmes. Avoir de la coquetterie. User de coquetterie.
• C'est une espèce de coquetterie de faire remarquer qu'on n'en fait jamais (LAROCHEF. Max. 107)
• Le plus grand miracle de l'amour, c'est de guérir de la coquetterie (LAROCHEF. ib. 249)
• La coquetterie est le fond et l'humeur des femmes ; mais toutes ne la mettent pas en pratique, parce que la coquetterie de quelques-unes est retenue par la crainte ou par la raison (LAROCHEF. ib. 241)
• La galanterie est un faible du coeur ou peut-être un vice de la complexion ; la coquetterie est un déréglement de l'esprit (LA BRUY. III)
• Peut-être que, par cet esprit de coquetterie inconcevable des femmes, elle [Cléopatre] avait formé le dessein de mettre encore à ses pieds un troisième maître du monde [Octave] (MONTESQ. Rom. 13)
• Je soutiens qu'en tenant la coquetterie dans ses limites on la rend modeste et vraie ; on en fait une loi de l'honnêteté (J. J. ROUSS. Ém. V)
2. Goût de la parure, pour plaire.
• La véritable coquetterie est quelquefois recherchée ; mais elle n'est jamais fastueuse (J. J. ROUSS. ib.)
3. Manières, paroles d'une personne coquette.
• Si elle faisait la moindre coquetterie (SÉV. 301)
• On craint toujours de voir ce qu'on aime, quand on vient de faire des coquetteries ailleurs (LA ROCHEF. Pensées, 116)
• Il y eut entre Madame et le roi [Louis XIV] beaucoup de ces coquetteries d'esprit (VOLT. Louis XIV, 25)
• La coquetterie est le fond de l'humeur des femmes, et leur vertu n'est qu'une habileté à bien cacher leurs coquetteries (ST-ÉVREM. dans RICHELET)
4. Fig. Son style, sa conversation a de la coquetterie. Ce poëte lit se vers avec une espèce de coquetterie.
• Vous savez les coquetteries que me fait le roi de Prusse (VOLT. dans le Dict. de DOCHEZ.)
SYNONYME
COQUETTERIE, GALANTERIE. La coquetterie cherche à faire naître des désirs, la galanterie à satisfaire les siens. Une femme galante veut qu'on l'aime et qu'on réponde à ses désirs ; il suffit à une coquette d'être trouvée aimable et de passer pour belle, Encyclopédie, XVII, 766.