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Le Littré
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traductions
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de (prp.)
1.marque l'origine concrète ou abstraite.
2.avec.
3.pendant.
4.par.
dé (n.m.)
1.petit cube dont chaque face est marquée de un à six.
2.(couture)petit godet de métal destiné à protéger le doigt qui pousse l'aiguille.
3.(cuisine)petit morceau cubique d'un aliment.
[ de ] (dét.)
[ de ] (prp.)
acte de congrès • administrateur de service électronique d'information • allée de circulation • allée de desserte • analyse de besoin • analyse de contenu • analyse de pertinence • architecture de document • article de forum • banque de données • banque de données bibliographiques • banque de données factuelles • banque de données multimédia • banque de données numériques • banque de données textuelles • banque de prêt • base de connaissances • base de documents • base de données • bibliothèque de bandes • bordereau de versement • bulletin de liaison • bulletin de sommaires • cadre de classement • cassette de bande magnétique • centre de documentation • centre de documentation et d'information • centre de ressources documentaires • certificat de brevet • champ de données • chargé de produits documentaires • chargé de recherche d'information • compression de données • conversion de données • cycle de vie • date de communication • date de production • date de protection • date de publication • date de recouvrement • date de révision • déclaration de dépôt légal • délai de communication • délai de conservation • désignation de livraison • diffusion sélective de l'information • document de brevet • document de marque • document de référence • document de spécification technique • dossier de presse • élément de données • entrée de thésaurus • équation de recherche • état de collection • état de l'art • état de la question • exhaustivité de l'indexation • fichier de données • forum de discussion • gestion de production de documents • gestion de production de documents • gestion électronique d'information et de documents existants • gestion électronique de documents • gestionnaire de documents d'entreprise • gestionnaire de langage documentaire • guide de recherche • historique de recherche • identificateur de code • index de base • indicateur de facettes • indicateur de localisation • indicateur de relation • indicateur de rôle • instrument de recherche • langage de commande • langage de requête • langage de structuration temporelle/hypermédia • Langage de structuration temporelle/hypermedia • liste de points d'accès matière • logiciel de gestion de bibliothèque • logiciel de gestion de bibliothèque • logiciel de gestion de flux de documents • logiciel de gestion de flux de documents • logiciel de gestion de flux de documents • logiciel de gestion des processus de travail • logiciel de gestion des processus de travail • logiciel de gestion et de recherche documentaires • logiciel de gestion et de recherche documentaires • logiciel de navigation • logiciel de reconnaissance optique de caractères • logiciel de reconnaissance optique de caractères • logiciel de travail de groupe • logiciel de travail de groupe • lot de sommaires • management de l'information • mémoire de masse • mention de collection • mention de copyright • mention de dépôt légal • mention de protection • mention de responsabilité • moteur de recherche • Norme générale et internationale de description archivistique • note de bas de page • note de bas de page • numéro international normalisé de la musique • opérateur de classement • opérateur de présence/exclusion • opérateur de proximité • opérateur de recherche • opérateur de troncature • outil de recherche • outil de référence • page de titre • panorama de presse • périphérique de stockage • plan de classement • plan de classification • principe de provenance • profil de recherche • profondeur de l'indexation • recherche de l'information • relation de synonymie • relation de voisinage • renvoi de type " voir " • renvoi de type " voir aussi " • Réseau de l'ISSN • réseau de télécommunication • réservoir de données • résultat de recherche • revue de presse • revue de sommaires • robot de recherche • rouleau de piano mécanique • sauvegarde de recherche • science de l'information • spécificité de l'indexation • stratégie de recherche • substitut de la page de titre • substitut de la page de titre • support de stockage • système d'information et de gestion de bibliothèque • système d'information et de gestion de bibliothèque • système de gestion de base de données • système de gestion de base de données • système de gestion de base de données • système de gestion de documents techniques • système de gestion de documents techniques • système de gestion électronique de documents • système de gestion électronique de documents • système de veille • système international de données sur les publications en série • table de classification • tableau de conservation • taux de précision • taux de précoordination • taux de rappel • taux de recouvrement • télé(dé)chargement • terme de recherche • terminal de lecture • théorie de l'information • titre de propriété industrielle • traitement de l'information • travail de groupe • travail de groupe assisté par ordinateur • usager de l'information • uvre de l'esprit
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[ de ] (prép.)
+ <G:GV;M:infinitif> • X
| tid |
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| wdn |
DE (prépos.)
1. Suivi de l'article le, de se contracte en du avant un nom qui commence par une consonne ou une h aspirée ; suivi de l'article les, il se contracte en des ; devant une voyelle ou une h muette, l'e de de s'élide. Les sens de la préposition de, comme ceux de la préposition à, sont très nombreux et passent par des nuances que l'on saisit mieux en la considérant dans ses constructions avec les espèces de mots qu'en essayant de les rendre par des périphrases. En conséquence ces constructions seront rangées en dix classes ainsi qu'il suit : A. De entre un substantif et un autre mot ; B. de entre un adjectif et un autre mot ; C. de construit avec un pronom personnel ; D. de construit avec un pronom interrogatif ; de construit avec le pronom démonstratif celui ; E. de entre un nom de nombre et un autre mot ; F. de entre un verbe et un verbe ou un autre mot ; G. de avec un adverbe ; H. de avec une préposition ; I. de construit avec une conjonction ; J. conjonction composée avec de.
A. De entre un substantif et un autre substantif. 1° Il marque un rapport d'appartenance. Le livre de Pierre. Les fables de la Fontaine. Les malheurs de la guerre. J'ai suivi en cela l'avis de tous les jurisconsultes et de la plupart des casuistes.
• Pour vous voir renoncer par l'hymen d'une reine à la part qu'ils avaient à la grandeur romaine (CORN. Nicom. I, 2)
• Lui même en diverses formes Range les troncs coupés des chênes et des ormes (ROTR. Herc. mour. V, 1)
• Jusqu'ici de l'amour dédaignant la puissance, Je n'ai connu d'ardeur que celle des combats (ROTR. Bélis. I, 6)
• Le cardinal Charles de Lorraine, archevêque de Reims.... grand génie, grand homme d'État, d'une vive et agréable éloquence, savant même pour un homme de sa qualité et de ses emplois (BOSSUET Var. IX, § 91)
• Il paraît que Quintilien est né la seconde année de l'empereur Claude, qui est la quarante-deuxième de Jésus-Christ (ROLLIN Hist. anc. Oeuvres, t. XI, 2e part. p. 706, dans POUGENS.)
• Ô muses, accourez, solitaires divines, Amantes des ruisseaux (A. CHÉN. Élég. XIV)
Il exprime le sentiment qu'on a pour quelqu'un ou quelque chose.
• Antoine sur sa tête attira notre haine En se déshonorant par l'amour d'une reine (CORN. Cinna, III, 4)
• L'horreur que tu fais voir d'un mari vertueux.... (CORN. Hor. V, 3)
• Quelle reconnaissance, ingrate, tu me rends Des bienfaits.... (CORN. Héracl. IV, 5)
• Grâce à ce conquérant, à ce preneur de ville ! Grâce.... - De quoi, madame ? est-ce d'avoir conquis Trois sceptres.... (CORN. Nicom. IV, 2)
• Le respect des autels, la présence des dieux (CORN. Théodore, II, 4)
• C'est elle [la foi] qui a produit dans les patriarches l'amour de Dieu, la confiance en ses bontés, le zèle de sa religion, l'espérance de ses promesses (FLÉCH. Panég. II, 473)
• Sans respect des aïeux dont elle est descendue (BOILEAU Sat. v.)
• Du zèle de ma loi que sert de se parer ? (RAC. Athal. I, 1)
• Est-ce que de Baal le zèle vous transporte ? (RAC. ib. III, 3)
• À l'amour de Pharnace on impute mes pleurs (RAC. Mithr. II, 6)
Il exprime un rapport d'origine, de dérivation. Le vent du nord. Les peuples du midi. Les productions des colonies.
Il marque l'objet, le but, la fin, la nature, la qualité ; dans ce sens il forme avec le terme qui le suit une expression adjective. Acte de vente. Un homme de génie. Un homme de rien.
• Il est certain que les oeuvres de miséricorde ne sont pas seulement de conseil, mais de précepte dans le christianisme (BOURD. Exhort. char. env. les nouv. cath. t. I, p. 134)
• Des conseillers d'iniquité, des ministres de la volupté (MASS. Car. Dang. des prosp. temp.)
• Pour aller consulter l'homme de Dieu (MASS. ib. Inconstance.)
• Tout pécheur est donc un enfant de mort et de colère (MASS. ib. Empl. du temps.)
• Hélas ! ils sont des enfants de lumière pour les affaires du siècle (MASS. ib. Pet. nombre des élus.)
• Dieu à qui il n'est pas plus difficile de faire naître l'enfant de la promesse d'une vieillesse stérile que d'un âge plus fécond (MASS. ib. Fausse confiance.)
• Le crime, cet enfant de ténèbres, ne craint pas la lumière (MASS. ib. Resp. hum.)
• Lorsque nous vous exhortons à fuir les spectacles lubriques, les assemblées de péché (MASS. ib. Fausse conf.)
• La malignité de l'ennemi, dit saint Augustin, dresse depuis longtemps deux piéges dangereux à la faiblesse des hommes : un piége de séduction et un piége de terreur (MASS. ib. Resp. hum.)
• Des entretiens dangereux et des commerces de passion remplissent le reste de ses journées (MASS. ib. Mauv. riche.)
• Ce n'est pas ici une chaire de contention, c'est le lieu de la vérité (MASS. ib. Par. de Dieu.)
• Plus Jésus-Christ diminue dans votre coeur, plus l'homme de péché augmente et se fortifie (MASS. ib. Commun.)
• Cette eau de jalousie dont il est parlé dans le Lévitique (MASS. ib. Commun. 2)
• Dans ces maisons de retraite, de prière, d'austérité, où il semble que le Seigneur devrait trouver cette foi qui n'est plus dans le reste de la terre (MASS. ib. Vocation.)
• Cet homme de péché que nous portons dans notre fonds (MASS. Panég. St Bernard.)
• Ne faisons pas de la profession sainte de la piété une vie d'humeur et de caprice (MASS. Car. Injust. du monde.)
• Cette voix de vertu qui se fait entendre dans l'abîme où l'âme est ensevelie (MASS. ib. Lazare.)
• Après bien des années de vertu (MASS. ib.)
• Qu'il est difficile de regarder comme un exil une terre de délices ! (MASS. ib. Dang. des prosp. temp.)
• Vous placez dans le sanctuaire des vases de rebut et d'ignominie (MASS. ib.)
• On ne passe pas en un instant d'un état de justice à un état de péché (MASS. ib. Inconst.)
• L'éducation chrétienne est une éducation de retraite, de pudeur, de modestie, de haine du monde (MASS. ib. Petit nombre des élus.)
• Une vie entière de prière et de vigilance (MASS. ib. Tiédeur.)
Il exprime l'instrument. Un coup de fusil. Un signe de tête. Un serrement de main.
Il exprime la destination. Une salle de spectacle. Un habit de ville. Couverture de mulet. Couvertures de chevaux. Des souliers de chasse.
La profession. Un homme de guerre. Une femme de ménage. Un garçon de magasin. Un marchand de vin. Un marchand de vins fins. Un marchand de paille, de foin. Un marchand de plumes à écrire. Un marchand de plumes pour faire des lits.
La matière. Une table de marbre. Une tabatière d'or. Pâte d'amandes. Du sucre de pomme. Une marmelade de pommes. Sirop de groseille. De la fécule de pomme de terre. Un ragoût de pommes de terre.
Le contenu. Une pièce de vin. Une tasse de lait. Un baril d'olives. Une assiette de poires. Une pension de femmes.
La durée Une guerre de vingt ans. Un travail de dix années.
Il exprime la date. Un lièvre de trois jours [un lièvre tué depuis trois jours].
• Les démons chassés, les aveugles nés guéris, les morts de quatre jours ressuscités (BOURD. Myst. Résurr. de J.-C. t. I, p. 320)
La dimension. Un voile de deux aunes. Un homme de six pieds.
La valeur. Une pièce de cent sous. Une maison de cent mille francs.
La quantité. Une armée de cent mille hommes. Une population de quinze cents âmes.
2. De sert à unir le nom commun d'une chose avec le mot particulier qui la distingue de toutes les autres choses semblables. La ville de Paris. Le mois de mai. Le mot de langue.
• Ils ont exclu l'unité de la signification du mot de nombre (PASC. Pens. I, 2)
• On entend ce que l'on conçoit par le terme de temps ; c'est ce mouvement supposé (PASC. ib. I, 2)
• Il ne s'ensuivra pas de là que la chose qu'on entend naturellement par le mot de temps soit en effet le mouvement d'une chose créée (PASC. ib.)
• Par suite de cette définition il y aura deux choses qu'on appellera du nom de temps (PASC. ib.)
• Cet usage du mot de sceptre se trouve à toutes les pages de l'Écriture (BOSSUET Hist. II, 2)
• Tous les termes de la prophétie sont clairs ; il n'y a que le mot de sceptre que l'usage de notre langue nous pourrait faire prendre pour la seule royauté (BOSSUET ib.)
On disait de même dans le XVIIe siècle : l'année de 1691, et ainsi de suite. Aujourd'hui on supprime de préférence le de : l'année 1862.
3. Construction de de entre un substantif ou un adjectif pris substantivement et un autre substantif, laquelle est analogue à celle de : la ville de Paris, et dans laquelle le nom construit avec de ne fait que déterminer le nom précédent comme Paris détermine ville : un fripon d'enfant, c'est un fripon qui est un enfant ; mon bourreau de maître, c'est mon bourreau qui est mon maître, et ainsi de suite.
• Réglez-vous, regardez l'honnête homme de père Que vous avez du ciel ! comme on le considère ! (MOL. l'Étour. I, 9)
• Ô traître ! ô bourreau d'homme (MOL. ib. II, 9)
• Eh bien, ne voilà pas mon enragé de maître (MOL. ib. V, 7)
• Et ce jaloux maudit, ce traître de Sicilien, me fermera toujours tout accès auprès d'elle (MOL. Sicil. 5)
• Vous devez rendre grâces au ciel de l'honnête homme de père qu'il vous a donné (MOL. Avare, I, 10)
• Votre coquine de Toinette est devenue plus insolente que jamais (MOL. Mal. imag. I, 6)
• Un saint homme de chat bien fourré, gros et gras (LA FONT. Fabl. VII, 16)
• Mais un fripon d'enfant (cet âge est sans pitié) Prit sa fronde, et du coup tua plus d'à moitié La volatile malheureuse (LA FONT. ib. IX, 2)
• Il tardait à la dame D'y rencontrer son perfide d'époux (LA FONT. Richard.)
• Sa chienne de face (MOL. École des F. IV, 2)
• Si mon traître d'époux par bonheur était mort (REGNARD Démocr. amour. II, 8)
• Quel chien de train ! quelle chienne de vie ! (J. B. ROUSS. IV, Épig. 5)
• Un diable de neveu Me fait par ses écarts mourir a petit feu (PIRON Métromanie, II, 1)
• J'ai une drôle d'idée dans la tête (VOLT. Corresp. génér. 26 janv. 1740)
• Mes bourreaux de symphonistes raclaient à percer le tympan d'un quinze-vingts (J. J. ROUSS. Conf. IV)
• Tiens ! va dire à ton sot de précepteur qu'il te donne d'autres thèmes (BRUEYS Grondeur, I, 8)
• Depuis, dis-je, qu'il a perdu, par une querelle de jeu, son libertin de fils aîné, tu sais comment tout a changé pour nous (BEAUMARCH. Mère coup. I, 2)
4. De, placé entre les titres et les noms propres de famille, s'emploie comme signe de noblesse. Madame de Sévigné. Le duc de la Rochefoucauld.De, qualification nobiliaire pris substantivement. Il a ajouté un de à son nom. Il a pris le de.
• Le de s'usurpait aussi par qui voulait depuis longtemps (SAINT-SIMON 106, 127)
• Il n'est vilain qui faute de mieux ne mette au moins un de à son nom (P. L. COUR. I, 118)
• C'est sa nouvelle fantaisie de mettre un de avec son nom, depuis qu'il est éligible et maire de la commune (P. L. COUR. 2e lettre particulière)
• Eh quoi ! j'apprends que l'on critique Le de qui précède mon nom (BÉRANG. Vilain.)
5. De placé entre un mot et ce même mot répété exprime l'excellence ; usage qui, provenant de la langue hébraïque, ne s'étend guère au delà des locutions bibliques ou de locutions formées sur ce modèle. Le saint des saints, le lieu le plus saint dans le temple de Jérusalem. Le cantique des cantiques, titre d'un cantique qui est dans la Bible. L'être des êtres, Dieu.
• Vanité des vanités, et tout est vanité ; c'est la seule parole qui me reste ; c'est la seule réflexion que me permet, dans un accident si étrange, une si juste et si sensible douleur (BOSSUET Duch. d'Orl.)
• Humble, et du saint des saints respectant les mystères, J'héritai l'innocence et le Dieu de mes pères (LAMART. Médit. I, 20)
6. De entre un substantif et un verbe à l'infinitif, ce qui est une espèce de substantif. L'art de bien dire. La faculté de prévoir. Aura-t-il la force d'achever un tel travail ?
Entre un substantif et quelques mots considérés habituellement comme des adverbes. La journée de demain.
Entre un substantif et une préposition. Le pays d'au delà la Loire.
• Notre esprit la reçoit [la foi] à son premier réveil, Comme les dons d'en haut, la vie et le soleil (LAMART. Médit. I, 18)
6. De pris partitivement ; ce qui d'ailleurs, au fond, n'est encore que le cas de de entre un substantif et un autre substantif, puisque, dans la construction partitive, un substantif est sous-entendu. Des hommes m'ont dit, c'est-à-dire un certain nombre d'hommes. De bons livres, c'est-à-dire un certain nombre de bons livres.
• Nous ne pouvions jeter les yeux sur les deux rivages sans apercevoir des villes opulentes, des maisons de campagne agréablement situées, des terres qui se couvraient tous les ans d'une moisson dorée, des prairies pleines de troupeaux (FÉN. Tél. II)
• La corruption qui tous les jours peut produire de nouveaux fruits de mort (MASS. Car. Fausse confiance)
• Là, Vénus, me dictant de faciles chansons, M'a nommé son poëte entre ses nourrissons (A. CHÉN. Éleg. VIII)
De pris partitivement devant un nom singulier : je n'ai point d'argent ; il n'a pas eu de contentement ; je n'ai jamais vu de ville plus jolie ; en ce cas le substantif est un nom qui admet la division, ou qui, ne l'admettant pas de sa nature, est considéré comme une sorte de nom collectif divisible : je n'ai point portion d'argent : il n'a pas eu portion de contentement ; je n'ai jamais vu (ville) plus jolie (dans le genre) de ville.
• Et quoi ? dit le père, que pourrait-il y avoir de manque après que tant d'habiles gens y ont passé ? (PASC. Prov. 6)
• David ne donna jamais de plus beau combat (BOSSUET Marie-Thér.)
• Vous ne faites rien de cela dans la vie que vous menez (BOURD. Instr. prudence du salut, exhort. t. II, p. 405)
De se prend partitivement aussi devant un nom de nombre.
• Nous voyons que les premiers hommes, lorsque le monde plus innocent était encore dans son enfance, remplissaient des neuf cents ans par leur vie (BOSSUET Yol. de Monterby.)
• Voit-on fleurir chez eux des quatre facultés ? (BOILEAU Sat. VIII)
• Je n'aime point ces rois qui ont des trois cents femmes (VOLT. Dial. XV, 5)
• Je suis un paresseux, mon cher philosophe ; je crois que c'est une mauvaise qualité attachée au peu de santé que j'ai ; je passe des six mois sans écrire à mes amis (VOLT. Lett. Pitot, 19 juin 1741)
De pris partitivement dans une phrase négative avec que, construction dont le sens est pas autre.
• Nous n'avons point de roi que César (BOSSUET Hist. II, 10)
De pris partitivement devant certain. Nous bûmes de certain vin. De certains hommes vinrent à nous.
• Ceux [les principes] de la volonté sont de certains désirs naturels et communs à tous les hommes, comme le désir d'être heureux (PASC. Pensées, I, 3)
• Et cela pourrait expliquer de certaines bizarreries (VAUVENARGUES. Vivac.)
Aujourd'hui on supprime souvent le de devant certain.
De employé partitivement devant aucuns, aucunes dans le XVIIe siècle et signifiant quelques-uns, de certaines personnes.
• Il y en a d'aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents (MOL. Mal. imag. II, 7)
Cette tournure n'est plus usitée.
De, dans une construction où au fond il est explétif, devant des adjectifs ou des participes pris partitivement d'après l'analyse grammaticale. Il y eut cent hommes de tués. Est-il quelqu'un d'assez osé ? Je n'y vois rien d'étonnant. Sa conduite n'a rien de généreux. Payez ; sinon, rien de fait [rien qui soit fait, arrêté, conclu]. Ces phrases se résolvent en : de tués, il y eut cent hommes ; d'assez osé, d'homme assez osé, est-il quelqu'un ? etc. toutes constructions qui grammaticalement sont partitives.
• Sans doute ils n'ont aucun dessein d'arrêté (PASC. Prov. 5)
• Est-il rien de plus noir que ta lâche action ? (MOL. Sganar. 16)
• Mais ce qui me paraît encore de plus honorable à la vertu, c'est que.... (MASS. Car. Resp. hum.)
• Il est vrai qu'il n'y en avait eu que trois mille cinq cents de vendus en quatre ou cinq jours (D'ALEMB. Lett. à Volt. 22 sept. 1767)
Des grammairiens modernes ont prétendu qu'il n'était pas correct de dire : il y a eu cent hommes de tués, et que le de devait être supprimé. La question avait été agitée déjà du temps de Vaugelas qui déclare que le de est appuyé par de bons auteurs. Aujourd'hui l'usage l'a consacré, usage qui d'ailleurs n'a rien d'inexplicable grammaticalement.
• Il n'y a rien qui paraisse de plus insensé à ceux qui ne sont pas éclairés d'en haut (BOSSUET Hist. II, 11)
On remarquera cette tournure : Bossuet ayant à construire rien de plus insensé avec paraître, a mis le verbe au milieu ; construction qui peut sembler insolite, mais qui est bonne et à imiter.
Il n'y a rien de tel que l'adversité pour mûrir un homme. On dit aussi sans le de : il n'y a rien tel que....
De se construit de même partitivement et explétivement, avec les mots mieux, pis, plus, moins. Vous n'aurez rien de plus.
• Quoi de pis que de se déshonorer ? Étranger que j'étais, je n'avais rien de mieux à faire que d'étudier cette foule de gens qui y abordaient sans cesse (MONTESQ. Lett. pers. 48)
8. De pris absolument devant un substantif, exprime la manière, la disposition, l'état, la situation. De gaieté de coeur. De colère il rompit l'entretien. De peur d'un plus grand mal il céda. De côté et d'autre. Du côté des ennemis.
• Je les suivis de rage et m'y rangeai comme eux (CORN. Sertor. I, 3)
• De bonheur pour ce loup qui ne pouvait crier, Près de là passe une cigogne (LA FONT. Fabl. III, 9)
• De bonheur pour elle ces gens partirent tout aussitôt (LA FONT. Psyché, II, p. 118)
• Que ne l'émondait-on sans prendre la cognée ? De son tempérament il eût encor vécu (LA FONT. Fabl. X, 2)
• Mille gens le sont bien, sans vous faire bravade, Qui de mine, de coeur, de biens et de maison Ne feraient avec vous nulle comparaison (MOL. Éc. des f. IV, 8)
• Elles étaient, de leur fond et par leurs penchants, douces, patientes, équitables, droites, régulières (BOURDAL. 2e dim. après l'Épiph. Dominic. t. I, p. 104)
• Soit d'imprudence, soit de générosité, la suivante crie du milieu des flots : Sauvez-moi, je suis la mère de l'empereur (DIDER. Ess. s. Claude.)
• De lassitude, Messaline se jette dans un de ces tombereaux qui transportent les immondices des jardins (DIDER. ib.)
• Lorsque Vénus, du haut des célestes lambris, Sans armes, sans carquois vint m'amener son fils (A. CHÉN. Élég. II)
En cet emploi, de signifie parfois : en fait de. N'avoir du pouvoir que l'apparence.
• Vivre avec des hommes qui n'ont presque de l'homme que la figure (BOURD. Exhort. char. env. un sémin. t. I, p. 157)
D'honneur, d'homme d'honneur, sorte d'affirmation interjective signifiant sur mon honneur, sur la parole d'un homme d'honneur.
• Bon ! voilà l'autre encor, digne maître D'un semblable valet ! ô les menteurs hardis ! - D'homme d'honneur, il est ainsi que je le dis (MOL. Dép. am. III, 8)
De exprimant qu'il est question, qu'il est traité d'une matière. De la chasse. De la tragédie grecque. Des peintres italiens du XVIe siècle. Il y a de sous-entendu : livre, chapitre qui traite de la chasse, etc.
Pendant. De nuit. De jour, la chouette se cache dans les trous, et de nuit elle va chercher sa pâture.
• Ils ne me mettront d'aujourd'hui en colère (SÉV. 420)
• Sans que de tout le jour je puisse voir Titus (RAC. Bérén. IV, 5)
• Ce chasseur perce donc un gros de courtisans, Plein de zèle, échauffé, s'il le fut de sa vie (LA FONT. Fabl. XII, 12)
• Il [Josèphe] avoue qu'il ne put jamais la bien prononcer [la langue grecque], parce qu'il ne l'avait pas apprise de jeunesse, les Juifs estimant peu l'étude des langues (ROLLIN Hist. anc. liv. XXV, ch. 2, art. 1er, § 2)
• Et je suis plus heureux dans ma captivité Que je ne le fus de ma vie Dans le triste bonheur dont j'étais enchanté (J. B. ROUSS. Cantate, Triomphe de l'amour.)
• Heureux si, de son temps, pour cent bonnes raisons, La Macédoine eût eu des Petites-Maisons (BOILEAU Sat. VIII)
• Ne t'ai-je pas trouvé de nuit tuant un mouton ? (BRUYEIS Avoc. Pat. I, 8)
À partir de.
• Du moment qu'il l'a vue, Les troubles ont cessé, sa joie est revenue (CORN. Soph. II, 1)
• Je n'avais ni dormi, ni mangé de vingt-quatre heures (SÉV. 219)
• Je suis ici de jeudi (SÉV. 287)
• Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'ils méditent ce dessein (PASC. Prov. 19)
• De ce jour tu verras Thyeste dans mes chaînes (CRÉB. Atrée, I, 3)
De, construit de cette façon, indique le changement d'état, de condition : de commis il devint directeur.
• Ordre lui vient d'aller au fond de la Norvége, Prendre le soin d'une maison En tout temps couverte de neige ; Et d'Indou qu'il était on vous le fait Lapon (LA FONT. Fabl. VII, 6)
• Ils forgeront de leurs épées des socs de charrue et de leurs lances des faux (SACI Bible, Isaïe, II, 4)
• Et que le sort burlesque, en ce siècle de fer, D'un pédant, quand il veut, sait faire un duc et pair (BOILEAU Sat. I)
Cette construction s'emploie aussi avec les adjectifs. De pauvre il devint riche.
• De chrétien qu'on était, on devient peu à peu tout mondain et presque païen (BOURD. Sur la fausse consc. 1er avent, p. 160)
De.... en.... exprime que l'on va d'un lieu, d'un objet en un autre.
• Errer, un livre en main, de bocage en bocage (A. CHÉN. Élég. XIV)
De.... à.... exprime, au physique ou figurément, l'intervalle, le passage d'une chose à un autre. De l'Elbe à la mer Baltique ou jusqu'à la mer Baltique.
• De la créature nous devons nous élever au créateur (BOURD. Respect hum. 2e avent, p. 414)
• Du crime au repentir un long chemin nous mène, Du repentir au crime un moment nous entraîne (COLARD. Ép. d'Héloïse à Ab.)
Ils étaient de trente à quarante, leur nombre était entre trente et quarante. Je serai chez moi de cinq heures à SIX, entre cinq heures et six heures.
De.... à.... D'homme à homme, c'est-à-dire entre deux hommes, quand il s'agit de deux hommes. D'homme à homme, cela peut se dire et se faire.
De vous à moi, c'est-à-dire entre vous et moi, et de manière que ce qui se passe entre vous et moi ne soit pas répété. Ceci est de vous à moi ; vous n'en parlerez pas.
De.... en.... De point en point, c'est-à-dire d'un point jusqu'à l'autre, tout à fait, complétement. Il a executé ses ordres de point en point. De bout en bout, c'est-à-dire d'un bout jusqu'à l'autre. De jour en jour, c'est-à-dire un jour après l'autre, chaque jour, incessamment. Le danger devient plus grand de jour en jour.
B. 9° De entre un adjectif et un substantif ou un pronom personnel. Digne d'estime. Avide de gloire. Altéré de sang. Je suis mécontent de moi. Faible d'esprit et de corps.
• Allons, unis d'esprit, sans commerce du corps, Achever notre hymen dans l'empire des morts (ROTR. Antig. V, 9)
• Elles sont vides de sentiments, qui n'ont régné que depuis leur temps (LA BRUY. 1)
• Combien était ennemie la pieuse reine de ces regards dédaigneux ! (BOSSUET Marie-Thér.)
• Leur patience m'étonne, et d'autant plus qu'elle ne peut m'être suspecte ni de timidité ni d'impuissance (PASC. Prov. 18)
• Je laisse mon esprit, libre d'inquiétude, D'un facile bonheur faisant sa seule étude (LA MART. Médit. I, 20)
De se construit avec le superlatif Le meilleur des hommes.
• Un poëte à la cour fut jadis à la mode ; Mais des fous aujourd'hui c'est le plus incommode (BOILEAU Sat. I)
• Elle tomba premièrement sur une pointe de rocher, et puis sur une autre, de roc en roc ; chacun d'eux emporta sa pièce ; de manière qu'elle arriva le plus joliment du monde au royaume de Proserpine (LA FONT. Psyché, II, p. 152)
De entre un adjectif et un verbe. Désireux de voir.
• Las de perdre en rimant et sa peine et son bien (BOILEAU Sat. I)
• Il était aisé à la reine de faire sentir une grandeur qui lui était naturelle (BOSSUET Marie-Thér.)
De entre un adjectif et un infinitif, avec le sens de à cause que, vu que.
• Oh ! trop heureux d'avoir une si belle femme ! Malheureux bien plutôt de l'avoir, cette infâme ! (MOL. Sganar. 16)
• Mon révérend père, lui dis-je, que le monde est heureux de vous avoir pour maîtres ! (PASC. Prov. 6)
• Ils ne sont pas adroits d'avoir ainsi averti tout le monde de leur intention (PASC. ib. 19)
• Ils sont admirables de vouloir prendre le parlement pour dupe (PASC. ib.)
• Mais ne suis-je pas bien fou de vouloir raisonner... ? (MOL. Sgan. 1)
• Sottes de ne pas voir que le plus grand des soins.... (LA FONT. Fabl. III, 6)
De ou que de entre un adjectif construit avec si et un verbe, et signifiant assez.... pour....
• Un agneau se désaltérait Dans le courant.... Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? (LA FONT. Fabl. I, 10)
• Je n'aurais pas été si hardi que d'entreprendre.... (VOIT. Lett. 69)
C. 10° De construit avec un pronom personnel. On n'agit pas toujours de soi-même. Il est venu de lui-même s'excuser.
• Choisissez de vous-même et je ferme les yeux (CORN. Othon, III, 3)
• Je ne fais rien de moi-même (SACI Bible, Évang. St. Jean, VIII, 28)
• Il a fait de lui-même ce que vous auriez tôt ou tard exigé (DIDER. Père de fam. I, 5)
De soi, par sa propre vertu, naturellement. De soi, rien n'est permanent sur la terre. Cela va de soi. Cela s'entend de soi.
• Rien, suivant la raison, n'est juste de soi (PASC. Pensées, I, 6)
• Tout cela n'a rien, de soi-même, qui soit contraire à la véritable sagesse (BOURDAL. Instr. Prudence du salut, Exhort. t. II, p. 407)
De moi, c'est-à-dire quant à moi, pour ce qui me concerne ; ancienne locution qui représente : quant à ce qui est de moi ; elle est tombée en désuétude, et on dit : pour moi.
• De moi, toutes les fois que j'arrête les yeux à voir.... (MALH. I, 1)
• De moi, plus je suis combattu, Plus ma résistance Montre sa vertu (MALH. Chanson, V, 27)
• De moi, je fus touché de voir tant de valeur (TRISTAN Mort de Chrispe, I, 3)
De devant un pronom démonstratif. De celui-ci allons à celui-là.
De cela même, à cause de cela même.
• Ces tableaux admirables dont parle Pline et qui, selon ce savant connaisseur, n'en étaient que plus admirés, de cela même qu'ils étaient demeurés imparfaits (MAIRAN Éloges, le card. de Polignac.)
D. 11° De entre un pronom conjonctif et un autre mot.
• Qui des deux l'emportera ? Lequel de vous ou de votre ami est venu jusqu'ici ? Or il est temps, ma soeur, de montrer qui nous sommes, Et qui peut plus sur nous, ou des dieux ou des hommes (ROTR. Antig. III, 5)
• Qu'ils jugent en partant qui méritait le mieux, Des Français ou de moi, l'empire de ces lieux (VOLT. Zaïre, I, 4)
Des grammairiens ont blâmé cette tournure, assurant qu'il fallait dire non : lequel des deux était le plus éloquent, de César ou de Cicéron ; mais lequel des deux, César ou Cicéron, était le plus éloquent, ou bien : lequel, de Cicéron et César, était le plus éloquent ? De ces deux tournures la première est correcte et peut s'employer ; la seconde est peu usitée. Dans tous les cas, l'ancienne tournure, qui est dans Rotrou, est justifiée par l'usage et implique seulement un pléonasme dans le de placé devant chaque nom.
De construit dans le même sens avec le pronom démonstratif celui, celle, ceux, celles.
• Quoi ! de deux personnes qui font les mêmes choses, celui qui ne sait pas leur doctrine pèche ; celui qui la sait ne pèche pas ! (PASC. Prov. 6)
E. 12° De entre un nom de nombre et un autre mot. L'un des deux. Deux des quatre.
• Daniel, un des enfants de la captivité (MASS. Car. Resp. hum.)
De avec ellipse de un. Il vint des derniers, c'est-à-dire un des derniers.
• .... Et quoique des plus fins, Il n'avait pu donner d'atteinte à la volaille (LA FONT. Fabl. XI, 3)
• Ma femme m'a dit que vous étiez fort honnête homme et tout à fait de ses amis, et je l'ai chargée de vous parler pour un testament que je veux faire (MOL. Mal. imag. I, 9)
• Peut-être êtes-vous de ces hommes qui n'aiment qu'eux-mêmes et qui n'ont égard qu'à leur intérêt propre (BOURD. Commémor. des morts, Myst. t. II, p. 520)
• J'ai vu le fer en main Étéocle lui-même ; Il marche des premiers (RAC. Théb. I, 1)
Et de, pris absolument devant un nom de nombre, exprime que, comptant quelque chose, on signale particulièrement le nombre indiqué.
• Et de trois [bourses] ; celle-ci fut rude à arracher (BEAUMARCHAIS Mar. de Fig. V, 19)
F. 13° De entre un verbe et un nom, construction où il exprime les compléments des différents verbes de la phrase. Que pensez-vous de cela ? Traiter de la paix. Différer d'avis. Médire de quelqu'un. Il se mêle d'affaires qui ne le regardent pas. On l'accusa de ce malheur. Vous le taxiez de folie. Vivre de légumes. Son esprit manque de justesse. Tirer avantage de ses talents. Le vrai ne dépend point du temps ni de la mode. Issu d'une bonne famille.
• Et du sacré bandeau qu'il vous mit sur la tête [il] Acheta de vos voeux la superbe conquête (ROTR. Bél. IV, 2)
• Tu [amour] m'obligeras plus d'un trait de ta pitié Qu'elle [la fortune] de son crédit ou de son amitié (ROTR. ib. II, 7)
• Si nous sommes obligés à user de cette sage réserve.... (BOSSUET Libre arb. 4)
• C'est une dame Qui de quelque espérance avait flatté ma flamme (MOL. Mis. I, 2)
• [Agnès] N'a plus voulu songer à retourner chez soi, Et de tout son destin s'est commise à ma foi (MOL. Éc. des f. IV, 8)
• Elle [la perdrix] fait la blessée et va traînant de l'aile (LA FONT. Fabl. X, 1)
• Contemplant d'un lieu tranquille leur embarras, leurs afflictions, leurs malheurs, ni plus ni moins que les dieux considèrent de l'Olympe les misérables mortels (LA FONT. Psyché, I, p. 101)
• Je devais par la royauté Avoir commencé mon ouvrage : à la voir d'un certain côté, Messer Gaster [l'estomac] en est l'image (LA FONT. Fabl. III, 2)
• Il me faudrait des journées entières pour me bien expliquer à vous de tout ce que je sens (MOL. G. D. III, 5)
• Choisissez de César, d'Achille ou d'Alexandre (BOILEAU Sat. v.)
• Prosternée aux pieds de Jésus-Christ, elle les arrosa de ses larmes, elle les essuya de ses cheveux (BOURDAL. Respect hum. 2e avent. p. 403)
• Il a fort vu M. d'Uzès, qui ne peut se taire de vos perfections (SÉV. 28 oct. 1671)
• Volage muse, aimable enchanteresse, Qui, m'égarant dans de douces erreurs, Viens tour à tour parsemer ma jeunesse De jeux, d'ennuis, d'épines et de fleurs (GRESSET Épître à ma Muse.)
• Il ne vous eût pas été permis de vivre d'humeur, de tempérament, et de ne prendre que ce qui vous plaît pour la règle de ce que vous devez faire (MASS. Or. fun. Prof. rel. 3)
• De cette autre entreprise honorez mon audace (RAC. Mithr. III, 1)
• Sans me faire payer son salut de mon coeur (RAC. Andr. I, 4)
• Le seul Agamemnon, refusant tant de gloire, N'ose d'un peu de sang acheter la victoire (RAC. Iphig. I, 3)
• Laissez à Ménélas racheter d'un tel prix Sa coupable moitié dont il est trop épris (RAC. ib. IV, 4)
• Mais d'un soin si cruel la fortune me joue (RAC. Bérén. V, 2)
• .... D'un regard a daigné m'avertir (RAC. ib. I, 3)
• .... D'un ordre constant gouvernant ses provinces (RAC. Théb. I, 5)
• Venez, de l'huile sainte il faut vous consacrer (RAC. Ath. IV, 3)
• Tous les jours je l'invoque, et d'un soin paternel Il me nourrit des dons offerts sur son autel (RAC. ib. II, 7)
• De quelle noble ardeur pensez-vous qu'ils se rangent Sous les drapeaux d'un roi longtemps victorieux ? (RAC. Mithr. III, 1)
• Les prudents du siècle eurent beau lui représenter.... qu'il fallait éblouir les âmes grossières de quelque apparence de gloire (FLÉCH. Panég. II, p. 357)
• Son fils Ferdinand III qui hérita de sa politique et fit comme lui la guerre de son cabinet (VOLT. Louis XIV, 2)
• Toi qui prétendais me défendre, tu ne m'as servi de rien (VOLT. Le blanc et le noir.)
• Il [Héraclite] avait écrit de la matière, de l'univers, de la république et de la théologie (DIDER. Opin. des anc. phil. Héraclitisme.)
• Les anachorètes écrivirent de la douceur du rocher et des délices de la contemplation (CHATEAUB. Génie, II, V, 3)
• La muse t'enivra de précoces faveurs (LAMART. Médit. I, 14)
• Silencieux abîme où je vais redescendre, Pourquoi laissas-tu l'homme échapper de ta main ! De quel sommeil profond je dormais dans ton sein ? (LAMART. ib. I, 18)
8. De entre un verbe et un substantif et composant avec ce substantif une sorte de locution adverbiale qui modifie le sens du verbe à la façon des adverbes. Il me parla d'un ton menaçant. Il alla de son propre mouvement le trouver.
• Non, je n'en ferai rien, la chose est résolue, Ou l'on m'y contraindra de puissance absolue (MAIR. Sophon. IV, 6)
• Si vous ne consolez d'un traitement plus doux Celui qui désormais ne peut vivre sans vous (MAIR. ib. III, 4)
• Anéantissez-vous de honte et de respect (CORN. Prol. de la Toison, 4)
• Et même à ses Romains ne daigne repartir Que d'un regard farouche et d'un profond soupir (CORN. Pomp. III, 1)
• S'il ne vous traite ici d'entière confidence (CORN. Poly. I, 3)
• [Il] Les traitait malgré lui d'entière égalité (CORN. Attila, II, 1)
• Et de quelque rigueur que le destin me traite, Je perds moins à mourir qu'à vivre leur sujette (CORN. Rodog. V, 1)
• Et pour vous témoigner de quelle indifférence J'abandonne un plaisir que j'ai tant poursuivi (ROTROU Vencesl. III, 4)
• Ô folle piété qui d'une même audace Fit la rébellion et reçoit la menace ! (ROTROU Antig. IV, 3)
• Nous volons sur ses pas d'une ardeur unanime (ROTROU Bélis. V, 7)
• Car Lucile soutient que c'est une chanson, Et m'a parlé d'un air à m'ôter tout soupçon (MOL. Dépit am. III, 8)
• Et traitant de mépris les sens et la matière, à l'esprit, comme nous, donnez-vous tout entière (MOL. Femmes sav. I, 1)
• Où, de droit absolu, j'ai pouvoir d'ordonner (MOL. Sgan. I)
• Et tâchons d'ébranler, de force ou d'industrie, Ce malheureux dessein qui nous a tous troublés (MOL. Tart. IV, 2)
• Vous les voulez traiter d'un semblable langage ? (MOL. ib. I, 6)
• Et traitent de même air l'honnête homme et le fat (MOL. Mis. I, 1)
• Nous faisons maintenant de la médecine d'une façon toute nouvelle (MOL. Méd. m. lui, II, 6)
• Vous agiriez de mauvais sens (PASC. dans COUSIN)
• Ils l'aimaient seulement de bouche, et ils lui rendaient de la langue des soumissions trompeuses (SACI Bible, psaume 77, V. 36)
• .... Ô jour heureux pour moi ! De quelle ardeur j'irai reconnaître mon roi ! (RAC. Athal. I, 1)
9. De entre un verbe passif ou un participe passif ou une construction à sens passif et un substantif ou un pronom personnel et faisant fonction de complément passif.
• Je suis vaincu du temps, je cède à ses outrages (MALH. II, 12)
• Tantôt je me la vois d'un pirate ravie (MALH. V, 21)
• Le soldat qui ne s'était jamais vu tromper des [par les] promesses du roi (VAUGEL. Q. C. 499)
• L'agrément est institué de la nature pour représenter la jouissance (DESC. Pass. 90)
• Il a voulu dire seulement avec saint Paul que toute puissance est établie de Dieu (PELLISS. Mém. pour les gens de lettres, p. 75)
• J'ai connu un homme qui prouvait par bonnes raisons qu'il ne faut jamais dire, une telle personne est morte d'une fièvre et d'une fluxion de poitrine, mais elle est morte de quatre médecins et de deux apothicaires (MOL. l'Amour méd. II, 1)
• Jésus-Christ est-il mort pour des impies dans le temps destiné de Dieu ? (SACI Bible, St Paul, Ép. aux Rom. V, 6)
• Animé d'un regard, je puis tout entreprendre (RAC. Andr. I, 4)<