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Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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Résumé des résultats
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définitions

d'office (adv.)

1.de manière officielle; à titre officiel.

office (n.f.)

1.pièce attenante à une cuisine.

office (n.m.)

1.ensemble des livres déposés périodiquement chez les libraires par l'éditeur.

2.fonction, charge dont on doit s'acquitter. Faire office de : tenir lieu de.

3.fonction publique conférée à vie. Office ministériel; office d'avoué, de notaire, d'agent de change, etc.

4.(religion)ensemble des prières liturgiques de l'Église ou l'une de ces prières : office du jour.

5.(JO)Annexe à la cuisine.
(Arrêté du 17/02/1986 - date de la publication : 22/09/2000 - éd. commission de l'équipement et des transports)

 
voir aussi

d'office (adv.)

officiel

office (n.m.)

official

office (n.)

cultuel

 
synonymes

d'office (adv.)

officiellement

office (n.)

culte, office divin

 
locutions
 
dictionnaire analogique

office (n.)

office (n.)

tid

cérémonie[Classe]

liturgie[Classe]

office (n. f.) [vieux]

office (n. m.) [vieux]

office (n. m.) [vieux]

tid

devoir moral[Classe]

office (n. m.)

office (n. m.)

office (n. m.)

office (n. m.) [JO]

 
le Littré (1880)

OFFICE (s. m.)

1. Devoir de la vie.

Le ciel plus propice M'envoie un compagnon en ce pieux office (CORN. Pomp. V, 1)

Il [le roi] m'envoie Faire office vers vous de douleur et de joie (CORN. Hor. IV, 2)

Si votre main puissante Voulait favoriser jusqu'au bout deux mortels, Ensemble nous mourrions en servant vos autels ; Clothon ferait d'un coup ce double sacrifice ; D'autres mains nous rendraient un vain et triste office (LA FONT. Phil. et Bauc.)

On vit tomber de leur propre poids ces mains fatales à l'erreur [scellant la révocation de l'édit de Nantes] qui ne devaient plus servir à aucun office humain (FLÉCH. le Tellier.)

N'est-ce pas la foi qui conduisit madame la Dauphine dans tous les offices de la vie chrétienne ? (FLÉCH. Dauphine.)

Vous le savez, pieuse confidente de ses aumônes secrètes [Mme de Miramion], qui lui rendez aujourd'hui les offices publics d'une sainte amitié.... (FLÉCH. Lamoignon.)

La probité dans les offices de la vie civile (FLÉCH. I, 273)

S. m. pl. Les Offices, livre de Cicéron, traitant des devoirs.

Ajoutons que nous n'avons aucun traité de morale qui approche de ses Offices [de Cicéron] ; et ce n'est pas faute de liberté que nos auteurs modernes ont été si au-dessous de lui en ce genre (VOLT. Triumvirat, notes.)

On n'a pas besoin de savoir les Offices de Cicéron pour être honnête homme (J. J. ROUSS. Ém. V)

2. Fonction, rôle, destination.

C'est l'office d'un roi d'en purger sa contrée [des vices] (GARNIER Bradam. I, 2)

Il y a fait l'office de juge (CORN. Hor. Examen.)

À quel étrange office, amour, me réduis-tu ? De faire accueil au vice et chasser la vertu ? (ROTR. Vencesl. I, 2)

Les trois que Dieu destine à ce pieux office (BOILEAU Lutr. I)

Lui-même [Dieu] il nous traça son temple et son autel, Aux seuls enfants d'Aaron commit ses sacrifices, Aux lévites marqua leur place et leurs offices (RAC. Ath. II, 4)

Les femmes allument du feu et se distribuent dans les différents offices dont elles étaient chargées (FÉN. t. XXI, p. 468)

D'un office d'ami simplement je m'acquitte (REGNARD Fol. amour. III, 2)

Vous pouvez m'employer, monsieur, à tout office (REGNARD Ménechmes, II, 2)

Son office [de la pénitence] est de rétablir dans l'état naturel ce que le péché avait renversé (MASS. Panégyr. Magd.)

Les esclaves [chez les Germains] n'avaient point d'offices dans la maison ; ils rendaient à leur maître une certaine quantité de blé (MONTESQ. Esp. XV, 10)

Faire son office, produire l'effet naturel.

Le sang fait son office et le roi s'attendrit (ROTROU Vencesl. V, 3)

Scapin : La tendresse paternelle fera son office. - Argante : Elle ne fera rien (MOL. Fourber. I, 6)

Faire office de, l'office de, tenir lieu, remplacer.

L'âne à messer lion fit office de cor (LA FONT. Fabl. II, 19)

Nous l'avons vu, frappé de ces murmures importuns qui interrompent les oraisons des fidèles et troublent dans la maison de Dieu le vénérable silence des saints mystères, se lever avec indignation, et, faisant l'office des anciens diacres de l'Église, ordonner qu'on fléchît les genoux (FLÉCH. Duc de Mont.)

Tant d'autres malheureux dont j'ai causé les maux Font déjà dans mon coeur l'office des bourreaux (RAC. Théb. V, 6)

Les juges [de la vehme] prononçaient sans jamais confronter les témoins et l'accusé, souvent sans les interroger ; le plus jeune des juges faisait l'office de bourreau (VOLT. Ann. Emp. Charlemagne, 788)

Faire l'office de, suffire pour mettre à effet.

Tirons au sort, c'est la justice, Deux pailles en feront l'office (LA FONT. Joc.)

Hélas ! il ne me faudrait guère prier pour me faire pleurer présentement [pour le départ de Mme de Grignan] : un tour de mail sur le soir en ferait l'office (SÉV. 21 oct. 1671)

3. Bureau. Il existe à Paris plusieurs offices de publicité, de correspondance, etc.

Les correspondances internationales tombées en rebut doivent être rendues, sans frais, à l'office expéditeur (Commiss. internat. des postes, Paris 1863, p. 140)

4. Terme de diplomatie. Avis, message, pièce.

Tous les offices que j'avais passés sur ce sujet.... cette légation n'avait point d'autre cause que de passer des offices en faveur des Vaudois (M. DE BORDEAUX envoyé auprès de la reine d'Angleterre, dans GUIZOT, Hist. de la rép. d'Anglet. t. II, p. 591 et 592)

5. Assistance, service.

Ce malheur me rend un favorable office (CORN. le Ment. I, 2)

À moi bien plus qu'à lui vous rendiez cet office : Vous sauviez Antigone en sauvant Polynice (ROTR. Antig. I, 4)

Vous me rendrez un merveilleux office (LA FONT. Mandr.)

Mme de Vins nous servira dans cette maison [de Pompone] ; sans cela, je vous avoue que je serais inconsolable de vous priver des petits offices que je vous pourrais rendre (SÉV. 26 juill. 1675)

Il me semble que, si j'étais avec vous, je lui rendrais [à sa petite-fille Pauline] de grands offices, rien qu'en redressant un peu votre imagination (SÉV. 22 févr. 1689)

Un fils consacré à Dieu.... s'acquitte courageusement de son devoir [avertir son père de l'approche de la mort].... il trouve ce qu'il espérait, un chrétien préparé à tout, qui attendait ce dernier office de sa piété (BOSSUET le Tellier.)

Le ministre.... en faisant connaître les hommes capables de remplir les grandes places, et en leur rendant à propos des offices qu'ils ne savaient pas (BOSSUET ib.)

Les a-t-il jamais amusés [ses amis] par des caresses, quand ils ont attendu de lui des offices effectifs ? (FLÉCH. Duc de Mont.)

Un fils osa rendre ce triste office à son père [l'avertir de sa mort prochaine] (FLÉCH. le Tellier.)

Mes mains ne purent lui refuser ce cruel office (FÉN. Tél. XV)

Faire office, s'est dit pour rendre de bons offices, s'employer pour.

Le plus qu'il [un prince] pouvait, c'était de recommander ses serviteurs à son favori, et de faire office pour ceux qu'il aimait (BALZ. De la cour, 7e disc.)

Bon office, service, assistance.

Je vous devrai beaucoup pour un si bon office (CORN. Hor. IV, 2)

Je me suis donc rendu moi-même un bon office (CORN. le Ment. V, 4)

Je vous prie de me rendre vos bons offices, c'est ainsi qu'il faut s'exprimer en pareil cas, non-seulement avec ceux qui sont au-dessus de nous, mais même avec nos égaux (CAILLÈRES Bon et mauvais usage, p. 68, dans POUGENS)

Tout oser pour rendre de bons offices (HAMILT. Gramm. 5)

Il vous offre ses bons offices auprès du roi de France (HAMILT. ib. 7)

Vos bons offices pour lui sont un bienfait pour moi ; souffrez que je partage la reconnaissance (VOLT. Lett. en vers et en prose, 58)

En un sens opposé. Mauvais office, action, parole destinée à desservir quelqu'un, à lui nuire.

S'il me rend près de vous tant de mauvais offices (ROTR. Vencesl. I, 1)

Il n'y a point de mauvais offices qu'elle n'ait tâché de rendre à l'un et à l'autre (SÉV. 14)

Je ne vous ai point rendu de mauvais offices auprès du roi (MAINTENON Lett. à M. de Villette, 9 avril 1682)

Pour prévenir les mauvais offices qu'il avait à craindre (FÉN. Tél. XIII)

6. Anciennement. Certains emplois, certaines charges avec juridiction. Création d'offices. Suppression d'offices. L'office de chancelier, de connétable. Un office de judicature. Un office de finance.

Je sais combien d'argent vous coûte votre office, Et comment aujourd'hui s'exerce la justice (BOURSAULT Mots à la mode, sc. 1)

Le mot de charge ne doit point exclure celui d'office, quoiqu'ils signifient la même chose ; on dit un office de la maison du roi, un office de judicature, un office de finance (CAILLÈRES Bon et mauvais usage, p. 65, dans POUGENS)

Se priver de quelques terres était peu de chose ; renoncer aux grands offices, c'était perdre la puissance même (MONTESQ. Espr. XXXI, 7)

Un office qu'il [le souverain] vend est proprement un emprunt dont il paye l'intérêt sous le nom de gages (CONDILL. Comm. gouv. II, 11)

Les titres de duc, de comte, étaient d'abord des offices à vie (VOLT. Moeurs, 98)

Des roturiers qui avaient acheté chèrement des offices (VOLT. Russie, II, 7)

Ils n'ont, dit-il [Commines], souci de rien, parlant des Français de son temps, sinon d'offices et états... les choses ont peu changé ; seulement cette convoitise des offices et états, curée autrefois réservée à nobles limiers, est devenue plus âpre encore, depuis que tous y peuvent prétendre (P. L. COUR. Lettre II)

Charge de la maison du roi et des princes. Les offices de la chambre, de la garde-robe.

En titre d'office, et, plus ordinairement, à titre d'office, avec la qualité que donne un office.

L'un en titre d'office exerçait un brelan (RÉGNIER Sat. X.)

Au temps de Charlemagne, il y avait des confesseurs dans les armées ; Charles en avait un pour lui en titre d'office (VOLT. Moeurs, 21)

Les Juifs eurent, au lieu de médecins, des exorcistes en titre d'office, qui chassaient les esprits malins avec la racine.... (VOLT. Dial. XXIV, 3)

Fig.

La maréchale d'Humières se retira dans une maison borgne au dehors des Carmélites du faubourg St-Jacques, et s'y fit dévote à titre d'office (SAINT-SIMON 13, 14)

N'avoir ni office ni bénéfice, n'avoir aucun revenu certain.

Terme de droit canon. Bénéfice sans juridiction. Office claustral.

Procureur d'office ou fiscal, se disait, dans les juridictions seigneuriales, de celui qui faisait les fonctions du ministère public.

7. En parlant d'un avoué, on dit office. Cet avoué vendra bien son office, car il a une excellente clientèle.

8. Au palais et dans le langage général, d'office, sans en être requis et par le seul devoir de la charge. Le juge a informé d'office.

On s'attend qu'ils [les prédicateurs] reprendront les mauvaises moeurs ; on dit qu'ils le font d'office, et l'esprit humain indocile y fait moins de réflexion (BOSSUET Panégyr. Ste Cather. 3)

Un dominicain qui l'assistait [Calas] d'office sur l'échafaud, dit qu'il voudrait mourir aussi saintement qu'il est mort (VOLT. Lett. d'Argental, 27 mars 1762)

Nommé d'office, nommé par le juge, par le tribunal. Avocat nommé d'office pour défendre un accusé qui n'avait point de défenseur.

Les trois experts seront nommés d'office, à moins que les parties ne se soient accordées pour les nommer tous les trois conjointement (Code Nap. art. 1680)

Fig. Faire quelque chose d'office, faire quelque chose sans en être requis.

C'est un homme né pour des allées et venues, pour écouter des propositions et les rapporter, pour en faire d'office et en être désavoué (LA BRUY. II)

9. Le saint office, la congrégation de l'inquisition établie à Rome ; le tribunal de l'inquisition. Familier du saint office.

Il [Giudice] était de la congrégation du saint office (SAINT-SIMON 473, 40)

Le pape Paul III, après avoir convoqué le concile de Trente, en 1545, nomma neuf savants personnages pour travailler à la réforme de la discipline ecclésiastique ; ce fut ce qui donna lieu à l'établissement de la congrégation du saint office ou de l'inquisition (DUMARS. Lib. égl. gall. part. II, max. 17)

Quand ils en seront là, ils ne chercheront pas le système du monde dans des passages de l'Écriture mal entendus ; et, pour savoir à quoi s'en tenir sur ce sujet, ils préféreront l'observatoire au saint office (D'ALEMB. Ab. de la crit. Oeuv. t. IV, p. 258, dans POUGENS)

10. Service divin qui se célèbre en public avec les cérémonies qui doivent y être observées. Assister à l'office, aux offices. Entendre, dire l'office.

L'office de la nuit, du matin, du soir Quelle fureur, dit-il, quel aveugle caprice, Quand le dîner est prêt, vous appelle à l'office ? (BOILEAU Lutr. I)

Se dit aussi de la manière de dire l'office qui change chaque jour. On fait l'office du dimanche, l'office d'un tel saint. Aujourd'hui l'office est double, semi-double, ou simple.

On récite de longs offices, et ces offices tout divins sont composés et remplis des plus beaux sentiments de foi (BOURDAL. 5e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. II, p. 478)

Je dis l'office de la Vierge : quoique ce soit avec de grandes distractions, c'est toujours un temps destiné à Dieu et passé avec lui (MAINTENON Lett. à l'abbé Gobelin, 11 déc. 1674)

Cet office qu'il a composé pour l'adorable sacrement de nos autels (MASS. Panég. St Thomas.)

Il s'est dit aussi en un sens analogue pour les protestants.

Le dessein était [chez les protestants anglais du temps d'Élisabeth] de dresser un office pour la communion dont les expressions fussent si bien ménagées, qu'en évitant de condamner la présence corporelle, on réunît tous les Anglais dans une seule et même Église (BOSSUET Variat. X.)

Le petit office de la Vierge, ou les petites heures de Notre-Dame, l'office abrégé de la Vierge.

Prière particulière qui se dit en l'honneur de chaque saint. Quand on canonise un saint, on lui assigne en même temps un office particulier. L'office de saint Louis.

L'office des morts, certaines prières que l'Église a réglées en commémoration des morts.

Prière que chaque ecclésiastique doit dire tous les jours, c'est-à-dire les heures du bréviaire (en ce sens, il se joint ordinairement avec l'adjectif possessif). Je n'ai pas dit tout mon office aujourd'hui, j'en suis à vêpres.

Livre d'office, livre qui contient les prières chantées ou récitées au service divin.

11. Art de préparer ce que l'on met sur la table pour le service. Ce domestique sait bien l'office.

Elle entend la cuisine et l'office (J. J. ROUSS. Ém. V)

La classe de domestiques qui mange à l'office dans une maison. Un office nombreux.

12. Les Offices, gli Uffizii, grand et célèbre musée à Florence. On dit aussi la galerie des Offices.

REMARQUE

Au mot office, l'Académie écrit saint office sans trait d'union ; mais à saint, à congrégation, à inquisition, à qualificateur, elle écrit saint-office avec un trait d'union.

HISTORIQUE

XIIIe s.Ne vous affiert pas tex offices, [tel office ne nous appartient pas] (la Rose, 7911)Il les doit penre [prendre] et emprisonner, de son office (BEAUMANOIR I, 38)Li baillis, de s'office, pot bien debouter l'avocat, qu'il ne soit oïs en avocation devant lui (BEAUMANOIR V, 15)

XIVe s.Qui adonc veïst gent de court, Chascuns à son office acourt (MACHAUT p. 85)Les supplians et plusieurs autres nobles ont usé de office de magesté et bouté les feux es maisons et es villes d'icelles communes et plat pays (DU CANGE officium.)Je di que nul, pour raison de office publique ne autrement, ne peut estre obligié à pechier (ORESME Eth. 163)

XVe s.Avant la consecration, le roi fit là devant l'autel tous les jeunes chevaliers nouveaux ; et en après fit-on l'office de la messe (FROISS. II, II, 74)Lequel Nicolas dist à icellui Henry, que, se il ne chastioit sa femme, il le mettroit à l'office, qui est à entendre, à la court de l'eglise (DU CANGE officium.)Tel perdoit ses offices et estatz pour s'en estre fuy.... et furent donnés à autres qui avoient fui dix lieues plus loing (COMM. I, 4)Cappitaine de Callais et autres grosses offices (COMM. III, 4)Et chevaucherent bien armez, et sembloit bien qu'ils eussent bon vouloir de faire leurs offices (COMM. I, 6)

XVIe s.Il le renvoya en sauf conduyct, chargé de dons, chargé de graces, chargé de toutes offices d'amitié (RAB. Garg. I, 50)Plus il va en avant, et mains [moins] il s'ennuye de faire vostre office, et mains le veult laisser faire à nuluy (MARGUER. Lett. 125)Quand Cesar parle des offices de sa profession, de sa vaillance (MONT. I, 57)Et m'eust semblé l'office du serviteur estre de.... (MONT. I, 59)J'en veois envers qui c'est temps perdu d'employer un long soing de bons offices (MONT. II, 85)Il feroit tourner les affaires du costé des Carthaginois, lesquelz pour ceste office luy seroient amis (AMYOT Timol. 2)Rendre l'office d'amitié qu'il devoit (AMYOT Pélop. et Marcel. 6)Selon la maniere qu'ilz avoient de proceder à l'election dudict office (AMYOT Arist. 1)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. offici ; espagn. oficio ; ital. uffizio ; du lat. officium, de ob, et facere, faire.

OFFICE (s. f.)

1. Lieu où l'on prépare tout ce qui se met au dessert sur la table, et où l'on garde la vaisselle, le linge, etc.

Scapin : L'office est-elle loin. - La Ramée : Je m'en vais t'y mener (HAUTEROCHE Espr. follet, II, 6)

J'en suis fourni, Dieu sait [de poivre] ! et j'ai tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier (BOILEAU Sat. III)

Je ne voulais point qu'on m'envoyât dîner à l'office, et je me souciais peu de la table des grands (J. J. ROUSS. Conf. X.)

2. Au plur. Tous les lieux où l'on prépare, où l'on garde les diverses choses nécessaires pour le service de la table. Il y a dans ce palais de grandes offices, de belles offices.

Les offices des esclaves, des hôtes, des clients étaient presque toujours construites à part (CHATEAUBR. Italie, Tivoli.)

HISTORIQUE

XIVe s.Avoient esté par pluseurs foiz receuz à grant feste es chambres, sales, cuisines, despenses, boutilleries, et autres offices et lieux de noz dix seigneurs (Confession de Vourdreson, dans LACURNE)

XVIe s.On a donné ordre que personne n'entre à nos offices (MARG. Lett. 149)Cuisine accompagnée de tous ses offices ; assavoir charnier.... (O. DE SERRES 20)

ÉTYMOLOGIE

Office 1, qui était aussi bien féminin que masculin (voy. l'historique).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

OFFICE. Ajoutez :

13. Rendre office, s'est dit, au XVIIe siècle, pour présenter ses devoirs, ses hommages à quelque personnage.

Je lui avais écrit [à M. de Bonnecorse], afin qu'il rendît office à l'ambassadeur de Constantinople, qui devait passer à Marseille ; il a fait cela de si bonne grâce, que ce m'est un nouvel engagement de le protéger en la personne de son fils (Mlle de Scudéry p. 309, Rathéry et Boutron, Paris, 1873)

 
Wikipedia

Office

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Pour les articles homonymes, voir Office (homonymie). 

Un office est dans la France du bas moyen âge et de l'époque moderne, une dignité personnelle consentie par un souverain ou un seigneur à un individu pour le faire participer à l'exercice de sa souveraineté ou de sa seigneurie. L'office constitue jusqu'au XVIe siècle le moteur de fonctionnement de l'administration.

Le titulaire de l'office est appelé officier. Il doit, en échange de la dignité que lui confère l'office et des gages qui lui sont rattachés, accomplir un service administratif. Sous cette appelation d'office sont regroupés un très grande diversité de situations : un secrétaire d'État, agent royal de rang ministériel est autant un officier qu'un auneur de drap qui contrôle la régularité des transactions de draps sur les marchés. Dès le XVe siècle le principe fut admis qu'un officier ne pouvait être privé de son office que pour lèse-majesté.

Ce faible contrôle du souverain sur ses offices fut renforcé par une tendance à l'hérédité et à la vénalité de l'office, ce qui ne fut pas officialisé avant l'édit de la Paulette de 1604. Cette vénalité de l'offfice pouvait profiter au roi puisqu'il pouvait ainsi remplir ses caisses de l'argent des ventes d'offices. Il n'est pas rare qu'ainsi des offices soient dédoublés pour mieux profiter aux finances monarchiques. Le roi, n'ayant donc plus qu'un contrôle distant sur ses officiers, confia les tâches cruciales à des commissaires révocables à volonté. Pourtant nombre d'offices, notamment les plus importants, ceux de la Cour, ne furent pas soumis à la vénalité. C'est le cas notamment des offices de secrétaire d'État. En revanche, certains offices pouvaient représenter des investissements très importants tout en n'étant que d'un très faible rapport financier : l'office de secrétaire du roi par exemple, baptisé par ses détracteurs (la noblesse ancienne) "savonnette à villain" était vendu par la monarchie à plusieurs dizaines de milliers de livres (mais conférait à son détenteur la noblesse après 20 ans d'exercice). C'est surtout pendant la régence d'Anne d'Autriche que les officiers des cours souveraines obtiennent l'anoblissement, en 1644 pour les maîtres des requêtes et les magistrats du parlement de Paris et du Grand Conseil, en 1645 pour ceux de la Chambre des comptes et de la Cour des aides

Les officiers les plus célèbres restent les parlementaires, possesseurs d'un office de judicature vénal, qui n'étaient pas soumis à l'approbation royale. Durant tout le XVIIIe siècle, ils furent des opposants déclarés de la politique royale.

Voir aussi

  • Officier
  • Officialité
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