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Jeux de lettres

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○   Anagrammes
○   jokers, mots-croisés
○   Lettris
○   Boggle.

Lettris

Lettris est un jeu de lettres gravitationnelles proche de Tetris. Chaque lettre qui apparaît descend ; il faut placer les lettres de telle manière que des mots se forment (gauche, droit, haut et bas) et que de la place soit libérée.

boggle

Il s'agit en 3 minutes de trouver le plus grand nombre de mots possibles de trois lettres et plus dans une grille de 16 lettres. Il est aussi possible de jouer avec la grille de 25 cases. Les lettres doivent être adjacentes et les mots les plus longs sont les meilleurs. Participer au concours et enregistrer votre nom dans la liste de meilleurs joueurs ! Jouer

Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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définitions

diable (int.)

1.exclamation qui marque l'étonnement, l'admiration.

Diable (n.prop.)

1.autre nom du démon (Satan).

diable (n.m.)

1.démon. Le diable : le prince des démons.

2.enfant turbulent.

3.chariot pour le transport de lourds fardeaux.

diable! (int.)

1.exprime la surprise, l'étonnement.

 
voir aussi

diable (n.)

endiablé

Diable (n.prop.)

satanique

 
synonymes

diable

diantre, foutre

diable (adv.)

boufre

diable (int.)

diantre

diable (n.)

chariot

diable (n.) (figuré)

bellot, blondinet, cupidon, drôle, filou, garçonnet, petit dragon, petit drôle, angelot  (figuré), bonhomme  (familier), chérubin  (figuré), coco  (figuré), loulou  (familier), loup  (familier), petit bonhomme  (familier), petit démon  (familier), petit diable  (familier), sauvageon  (figuré)

diable (n.m.)

chariot

 
locutions

-Le Diable • au diable • avocat du diable • avoir le diable au corps • avoir le diable à ses trousses • beauté du diable • crier comme un diable • diable boiteux • diable cornu • diable de Tasmanie • diable de mer • du diable • débattre comme un beau diable • en diable • envoyer au diable • faire à la diable • fait à la diable • herbe du Diable • pauvre diable • petit diable • tirer le diable par la queue • tue-diable • vendre son âme au diable • à la diable • île du Diable

-CHASSE-DIABLE • REMORS DU DIABLE[Littré]

-A l'Assaut des Aiguilles du Diable • Amityville, la maison du diable • Au Diable Vauvert • Au diable la vertu • Au nom du diable • Avocat du diable • Bâton du diable • Carrie au bal du diable • Ce diable de garçon • Château de Robert le Diable • Cime du Diable • Courbe du diable • Diable (homonymie) • Diable (musique) • Diable dans un bénitier • Diable de Tasmanie • Dictionnaire du Diable • Fourneau-du-Diable • Gorges du Pont-du-Diable • Gorri le diable • J'ai serré la main du diable • L'Associé du diable • L'Avocat du diable • L'Enfant du diable • L'Orgue du diable • L'Échine du Diable • L'École du diable • L'Élixir du diable • L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable • L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable (roman) • La Beauté du diable • La Beauté du diable (feuilleton télévisé) • La Beauté du diable (film, 1950) • La Chair du diable • La Chair et le diable • La Fille du diable • La Fille du diable (film, 1945) • La Main droite du diable • La Main du diable • La Maison du diable • La Mécanique du Diable • La Part du Diable • La Passe du diable • La Plus longue nuit du diable • Le Diable • Le Diable amoureux • Le Diable au corps • Le Diable au corps (Radiguet) • Le Diable au corps (film, 1947) • Le Diable au corps (film, 1986) • Le Diable aux trois cheveux d'or • Le Diable boiteux • Le Diable dans la boîte • Le Diable du New Jersey • Le Diable et le Bon Dieu • Le Diable et les Dix Commandements • Le Diable par la queue • Le Diable probablement • Le Diable s'habille en Prada (film) • Le Jardin du diable • Le Monde, la chair et le diable • Le Moulin du diable • Le Rêve du diable • Le Violon du diable • Le diable endiablé • Le diable et sa grand-mère (1922) • Le diable l'emporte • Le diable s'habille en Prada • Les Passe-partout du diable • Les Poupées du diable • Les Vacances du diable • Marmite du diable • Mur du diable • Pacte avec le Diable • Plus fort que le diable • Poisson diable • Pont du Diable • Pont du Diable (Ariège) • Pont du Diable (Charente-Maritime) • Pont du Diable (Suisse) • Rigole du diable • Robert le Diable • Robert-le-Diable • Un bon petit Diable • Ça parle au diable • Étang du Diable • Île du Diable • Île du Diable (Djibouti) • Île du Diable (Guyane)

 
dictionnaire analogique

diable (interj.)

tid

exclamation d'étonnement[Classe]

diable[termes liés]

diable (n.)

diable (n.)

tid

outil de jardinage[ClasseParExt.]

brouette[ClasseHyper.]

outil de la construction[ClasseParExt.]

diable (n.)

diable (n. m.)

tid

diable[ClasseHyper.]

diable (n. m.)

tid

jouet[Classe...]

diable (n. m.)

diable (n. m.)

 
le Littré (1880)

DIABLE (s. m.)

1. Le principe du mal moral en général. Le diable tenta nos parents dans le paradis terrestre.

Ce nom est devenu celui des anges déchus ; il implique toujours une idée de malice ; mais comme, à côté de la malice, le diable peut avoir certaines qualités, diable a fini par exprimer ces qualités, mais toujours avec un peu de moquerie et dans le style familier.

2. Par antonomase, Satan, le prince des mauvais anges.

Eh ! quel objet enfin à présenter aux yeux Que le diable toujours hurlant contre les cieux ? (BOILEAU Art poét. III)

Avocat du diable, celui qui est chargé, dans la chancellerie romaine, de contester les mérites d'une personne dont la canonisation est proposée ; et aussi l'un des deux interlocuteurs dans les conférences religieuses faites sous forme d'un débat simulé.

Ne craindre ni Dieu ni diable, n'être arrêté par aucune crainte.

Brûler une chandelle au diable, flatter un pouvoir injuste pour en obtenir quelque chose.

Le diable est bien fin, se dit par avertissement à une personne pour qu'elle prenne garde à elle et qu'elle ne se laisse pas aller aux tentations, ni séduire ni suborner.

Cela se fera à moins que le diable ne s'en mêle, c'est-à-dire pour peu qu'il n'y ait pas impossibilité.

Cela ne se fera pas si le diable ne s'en mêle, c'est-à-dire s'il ne survient pas quelque facilité inespérée.

Le diable n'y verrait goutte, se dit d'une affaire bien embrouillée.

Fi au diable ! exclamation de mépris, d'aversion, de chagrin.

Dans le même sens. Le diable s'en pende !

Crever l'oeil au diable, faire quelque chose en dépit de l'envie, s'avancer malgré les envieux.

Moucher la chandelle comme le diable moucha sa mère, éteindre la chandelle, ou bien couper le lumignon si bas que la chandelle s'éteigne. Locution qui vient, dit-on, de ce qu'un scélérat nommé Le diable, ayant demandé à voir sa mère avant d'être exécuté, lui emporta, en l'embrassant, le nez avec les dents, lui reprochant la mauvaise éducation qu'il avait reçue d'elle, ou plutôt de ce que le diable, sous prétexte de moucher sa mère, lui fait quelque mauvais tour.

Loger le diable dans sa bourse, n'avoir pas le sou.

Un homme n'ayant plus ni crédit ni ressource, Et logeant le diable en sa bourse, C'est-à-dire n'y logeant rien (LAFONT. Fabl. IX, 16)

Veuille Dieu, veuille diable, je le ferai, c'est-à-dire malgré tous les obstacles.

Soyez sûr, quelque chose qu'ils fassent, qu'homme, Dieu, ange, ni diable ne m'en feront pas dire davantage (D'ALEMBERT Lettre à Voltaire, 20 janv. 1758)

Quand le diable y serait, malgré tout. Quand le diable y serait, vous ne me feriez pas croire cela.

Populairement. Le diable bat sa femme et marie sa fille, se dit quand il pleut et qu'il fait du soleil en même temps.

Il n'est pas plus dévot que le diable n'est saint, se dit d'un homme tout à fait indévot.

Le diable n'y perd rien, se dit d'une personne qui ne maîtrise ou ne contient ses sentiments qu'en apparence ou passagèrement, et aussi d'une personne qui dissimule ses souffrances.

Vous saviez bien que vous seriez vengé sans coup férir, et que le diable n'y perdrait rien (P. L. COUR. I, 57)

Le diable ne le lui ferait pas faire, ne l'en ferait pas démordre, se dit d'un homme entêté, obstinément attaché à ses sentiments.

Pont du diable, pont hardi, de construction moderne, jeté sur la Reuss.

Pont du diable, Passage du diable, sont les noms de quelques localités de difficile accès.

Terme de musique. Sonate du diable, ainsi dite en raison d'une vision du diable en rêve qu'eut le musicien Tartini, sonate hérissée de difficultés.

Il fait comme le valet du diable, il est comme le valet du diable, se dit quand quelqu'un fait plus qu'on ne lui commande.

Vous faites l'office du diable quand vous voulez faire plus que je ne vous demande (MAINTENON Lettre à Mme de Caylus, t. VI, p. 6, dans POUGENS)

C'est la poupée du diable, femme mal habillée, sale.

Le diable était représenté dans le moyen âge avec une queue et des cornes ; de là quelques locutions.

Tirer le diable par la queue, être dans une position gênée.

Si je faisais des vers aussi bons.... je ne serais pas réduit à tirer le diable par la queue (SCARR. Rom. com. ch. 11)

Il mangerait le diable et ses cornes, se dit d'un grand mangeur.

3. En général, nom des anges rebelles précipités avec Satan dans l'enfer, depuis le prince jusqu'aux plus infimes. Les diables de l'enfer.

Fig. Comme diable en miracle ou en miracles, sans raison.

Le personnel entre le cardinal de Noailles et les évêques de la Rochelle et de Luçon, où celui de Gap s'était fourré depuis comme diable en miracles (SAINT-SIMON 315, 108)

Être battu du diable, être sans repos.

[Tallard] Beaucoup d'esprit et de grâce dans l'esprit, mais sans cesse battu du diable par son ambition, ses vues (SAINT-SIMON 116, 14)

Le diable était beau quand il était jeune, c'est-à-dire la jeunesse a toujours quelque beauté, même dans les personnes laides.

La beauté du diable, les seuls attraits de la jeunesse.

Par forme de serment. Je n'en ferai rien de par tous les diables.

Elles sont toutes dérangées de par tous les diables (REGNARD le Retour impr. sc. 9)

Les diables bleus, nom que les Anglais donnent à une sorte de mélancolie, de vapeurs.

Être possédé du diable, avoir, selon la croyance de l'Église catholique, dans le corps un diable qui se substitue à la volonté de l'individu et parle et agit pour lui. Les diables qui possédèrent les religieuses de Loudun. Et, figurément, être livré à des passions violentes, à une excessive ardeur.

Fig. Avoir le diable au corps, être vif, emporté, vigoureux, passionné.

.... Avez-vous le diable dans le corps, Pour ne pas succomber à de pareils efforts ? (MOL. Coc. imag. II, 1)

Je pense, sauf correction, qu'il a le diable au corps (MOL. l'Avare, I, 3)

Votre Durance a quasi toujours le diable au corps (SÉV. 366)

Il a le diable au corps (RAC. Plaid. II, 11)

Elle a le diable au corps pour la danse (HAMILT. Gramm. 7)

Avoir le diable au corps, exceller en certaines choses de courage, d'adresse, de talent, d'esprit.

Ou, comme Michel-Ange, eût-il le diable au corps (RÉGNIER Sat. XI)

Être croustilleux.

Segrais nous montra un recueil qu'il a fait des chansons de Blot ; ces chansons ont le diable au corps ; mais je n'ai jamais vu tant d'esprit (SÉV. 49)

4. C'est le diable à confesser, se dit d'un aveu difficile à obtenir, d'une chose presque impossible.

C'est le diable ! Voilà le diable ! C'est là le diable ! se dit de ce qu'une chose présente de fàcheux, de difficile.

Mais le diable est que nous n'avons point d'argent (REGNARD Sérénade, sc. 8)

Entre tant de parents ce serait bien le diable, S'il ne s'en trouvait pas quelqu'un de raisonnable (REGNARD Légat. III, 5)

Mais voyons donc enfin ce que j'ai fait écrire. - Ah ! voilà bien le diable.... (REGNARD ib. V, 7)

Amoureux et gueux, ces deux qualités, qui séparément ne sont pas fort bonnes, c'est bien le diable quand le hasard les met ensemble (DANCOURT Cur. Compiègne, sc. 3)

5. Donner son âme au diable, faire un prétendu pacte avec le diable, qui, en retour de l'âme qu'on lui abandonnait, assurait pendant un certain temps au contractant la richesse, la puissance, les plaisirs. Faust avait vendu son âme au diable.

Fig. Se donner au diable, se désespérer. Cela me ferait donner au diable.

Se donner à tous les diables, éprouver une excessive impatience.

Se donner au diable, prendre beaucoup de peine.

Vous avez fait ce coup sans vous donner au diable (MOL. l'Étour. II, 14)

Il ne faut pas se donner au diable pour faire cela, c'est-à-dire la chose n'est pas difficile.

Je me donne au diable ; je veux que le diable m'emporte si.... le diable m'emporte si.... ou, simplement, du diable si.... au diable si.... locutions qu'on emploie, par forme de serment, pour nier ou pour affirmer.

Vous venez de Poitiers ou je me donne au diable (CORN. le Ment. I, 3)

Mes gens se donnent au diable qu'il n'y a pas dix écus dans la maison (HAMILT. Gramm. 2)

Je me donne au diable si dans quinze jours.... (HAMILT. ib. 4)

Je me donne au diable si on me voyait.... (HAMILT. ib. 7)

Diable emporte si je le suis [médecin] (MOL. Méd. m. lui, I, 6)

Diable emporte si j'entends rien en médecine (MOL. ib. III, 1)

Je veux que le diable m'emporte, si je comprends rien à ce génie, à ces lauriers, à cette épée (DIDEROT Salon de 1767, Oeuvres, t. XIV, p. 86, dans POUGENS.)

6. Il se dit par forme d'imprécation, d'aversion, de répulsion, d'impatience. Envoyer au diable, à tous les diables, à tous les cinq cents diables. Donner au diable.

Qu'il s'en aille au diable, à tous les diables ! Au diable l'importun ! Puissiezvous être à tous les diables ! (MOL. Préc. sc. 19)

Nous donnerions tous les hommes au diable (MOL. Amph. II, 5)

Matta le donnait au diable avec ses Allobroges (HAMILT. Gramm. 4)

Il ne voulut pas se confesser et envoya tout au diable (SÉV. 142)

J'ai donné, de fureur, tout le festin au diable (BOILEAU Sat. III)

Je donnais au diable toute cette maudite cohue (J. J. ROUSS. Conf. III)

À moins de douze couplets, Au diable une chansonnette ! (BÉRANG. Margot.)

7. Être au diable, être on ne sait où, fort loin. Il m'a fait aller au diable vauvert (et non, comme on dit communément, par erreur : au diable au vert ; voy.

VAUVERT

7. ), il m'a fait aller très loin.

8. S'en aller au diable, à tous les diables, être perdu sans retour. L'affaire s'en va au diable.

Il faudra, si je veux, Que le manteau s'en aille au diable (LA FONT. Fabl. VI, 3)

Si vous ne daignez vous en informer, le Temple du Goût ira à tous les diables (VOLT. Lett. en vers et en prose, 25)

Tout va au diable, mes anges, et moi aussi (VOLT. Lett. d'Argental, 4 mai 1767)

8. Être au diable, à tous les diables, être perdu sans retour. Mon projet est à tous les diables.

Les affaires de Bohême ont bien changé de face depuis un mois ; voilà, je crois, ma pension à tous les diables ; mais j'en suis d'avance consolé (D'ALEMBERT Lett. à Voltaire, 21 juillet 1757)

Envoyer au diable, à tous les diables, perdre, dissiper.

Il envoya les marquisats au diable (LA FONT. Faucon.)

9. Faire le diable, le diable à quatre, faire grand bruit, grand tumulte, se donner beaucoup de mouvement pour une chose.

Je m'en irais chez eux faire le diable à quatre (HAUTEROCHE Soup. mal appr. sc. 3)

Oui, l'autre moi, valet de l'autre vous, a fait Tout de nouveau le diable à quatre (MOL. Amph. III, 8)

Coudoyez un chacun ; point du tout de quartier ; Pressez, poussez, faites le diable (MOL. Remercîment au roi.)

Je ferai le diable à quatre, pour faire accepter sa pancarte (VOLT. Lett. en vers et en prose, 185)

Faire le diable contre quelqu'un, lui faire le plus de mal qu'on peut.

Dire le diable contre quelqu'un, en dire beaucoup de mal.

10. Cela ne vaut pas le diable, cela ne vaut absolument rien.

11. Diable, employé comme complément déterminatif, est augmentatif et signifie extrême, excessif. C'est un désordre du diable. Je lui veux un mal de diable. Avoir une peur de diable. Il fait un froid, un vent de tous les diables.

12. Suivi d'un complément déterminé, diable signifie singulier, bizarre, méchant, dangereux, etc. ; ou plutôt, gardant sa signification propre, il se construit avec la préposition de et un substantif, comme bonhomme, faquin, coquin : ce bonhomme de paysan, coquin de valet (voyez, pour cette construction, la préposition DE au n° 3). Un diable d'homme. Ces diables de gens.

Un diable de ménage (CORN. Suite du Ment. I, 1)

Quel diable de jargon entends-je ? (MOL. les Préc. 5)

Et tu m'oses jouer de ces diables de tours ! (MOL. Sgan. 6)

Quel diable de babillard ! (MOL. Mar. forcé, 6)

Quel diable de langage est-ce là (MOL. Méd. m. lui, II, 6)

Ayez le temps de me mander si vous vous mettez sur ce diable de Rhône (SÉV. 16)

.... Un diable de neveu Me fait par ses écarts mourir à petit feu (PIRON Métrom. II, 1)

De vos diables de vers détestant la manie (PIRON ib. I, 8)

Mon diable d'homme qui craignit qu'elle n'en parlât pas à son gré (J. J. ROUSS. Confess. II)

Que voulez-vous ! ce diable d'homme a toujours ses poches pleines d'arguments irrésistibles (BEAUMARCHAIS Barb. de Sév. IV, 8)

On remarquera que, en cet emploi, diable, si le substantif construit est féminin, devient adjectif. Cette diable de femme.

Quelle diable de cérémonie ! (HAMILT. Gramm. 4)

13. Personne très méchante, emportée, ou bien d'une turbulence, d'une pétulance extrême. C'est un diable, un vrai diable, un diable incarné, un petit diable.

Elle compte que je serais un diable dans le monde (HAMILTON Gramm. 3)

Comme sur les maris accusés de souffrance, De tout temps votre langue a daubé d'importance, Qu'on vous a vu contre eux un diable déchaîné, Vous devez marcher droit pour n'être point berné (MOL. Éc. des femm. I, 1)

C'en est fait, je renonce à tous les gens de bien ; J'en aurai désormais une horreur effroyable, Et m'en vais devenir pour eux pire qu'un diable (MOL. Tart. V, 1)

Et je ne vis de ma vie Un dieu plus diable que toi (MOL. Amph. III, 10)

Une autre fois quelque diable fit une satire cruelle sur Madame, le comte de Guiche, etc. (SAINT-SIMON 92, 208)

Je ne laisse pas, tout diables qu'ils sont [vos enfants], de leur enseigner quelquefois des polissonneries de mon temps (P. L. COUR. Lett. II, 77)

Un méchant diable, un mauvais homme.

Les mille diables, fameux voleurs du XVIe siècle.

Diable noir, ancien sobriquet des reîtres.

14. Comme le diable, à côté de sa malice, peut avoir quelque qualité, diable a été pris pour exprimer quelque chose de peu blâmable, ou même quelque chose de louable.

Un grand diable, un homme grand et dégingandé.

Un grand diable, se dit aussi de choses qui sont très longues. L'archevêque vient de faire contre lui [J. J.

Rousseau] un grand diable de mandement qui donnera envie de lire sa profession de foi à ceux qui ne la connaissent pas (D'ALEMBERT Lettre à Voltaire, 8 sept. 1762)

Un bon diable, un homme facile, de joyeuse humeur.

Il me parut, comme à vous, un assez bon diable, et d'ailleurs je lui trouvai quelques connaissances mathématiques (D'ALEMB. Lettre à Voltaire, 22 déc. 1759)

Un pauvre diable, une personne misérable, une personne à plaindre.

Voilà un pauvre diable de mari en bonne main ! (DANCOURT Moul. Javelle, sc. 5)

.... C'est qu'il est incroyable Que moi, qui près de vous ne suis qu'un pauvre diable, Sois plus heureux pourtant... (COLLIN D'HARLEV. Vieux célib. II, 2)

15. Comme tous les diables, beaucoup, extrêment, infiniment. Avoir un esprit de tous les diables.

Les nefs sur les eaux favorables Vont comme tous les mille diables (SCARRON Virg. trav. VIII)

La justice est sévère comme tous les diables, particulièrement sur ces sortes de crimes (MOL. Pourc. III, 2)

Elle est obstinée comme tous les diables (MOL. le Fest. II, 5)

Voilà du bois qui est salé comme tous les diables (MOL. le Méd. m. lui, I, 6)

Je suis bilieux comme tous les diables (MOL. Bourg. gentilh. II, 6)

Phelypeaux avait de l'esprit comme cent diables et autant de malice qu'eux (SAINT-SIMON 97, 34)

Pour un liable, avec une négation, non absolument.

Je n'ai qu'elle [de fille], et pas pour un diable elle ne veut se marier (MARMONTEL Mém. II)

16. À la diable, loc. adv. à la hâte, sans soin. Cela est fait à la diable.

Être fait à la diable, être mal vêtu ou habillé avec désordre.

Avec un caractère de violence et d'exagération.

Les Anglais disent que toutes nos tragédies sont à la glace ; il pourrait bien en être quelque chose ; mais les leurs sont à la diable (VOLT. Lett. Cideville, 22 fév. 1764)

17. En diable, loc. adv. Fort, extrêment. Cela tient en diable. Avoir de l'esprit en diable.

Pour moi, j'y suis sévère en diable [dans les formalités], à moins que ce ne soit entre amis (MOL. Amour méd. II, 3)

La justice en ce pays-ci est rigoureuse en diable contre cette sorte de crime (MOL. Pourc. II, 12)

Il était fourbe en diable et demi (LESAGE Gusman d'Alfarache, IV, 1)

La nuit est noire en diable (BEAUMARCHAIS Mariage de Fig. V, 3)

18. Diable ! interj. de surprise, d'impuissance.

Diable ! Que diable faire ? Où diable va-t-il prendre tout ce qu'il dit ? Que diable est-ce là, les gens de ce pays-ci sont-ils insensés ? (MOL. Pourc. I, 12)

Il ne comprenait pas comment diable il avait fait (HAMILT. Gramm. 5)

Il ne pouvait s'imaginer à qui diable elle en voulait (HAMILT. ib. 11)

Et, pour toute conclusion, lui demanda de quoi diable il s'avisait de lui faire présent de deux méchantes perdrix rouges (HAMILT. ib. 4)

Ma filleule, où diable a-t-on pris Le pauvre parrain qu'on vous donne ? (BÉRANG. Filleule.)

On dit dans le même sens : que diable !

Monsieur n'est pas ici, que diable ! à si bonne heure (RÉGNIER Sat. XI)

19. S. m. Toupie d'Allemagne double, très bruyante.

Sorte de jouet fait à peu près comme la toupie d'Allemagne, percé de deux trous, qu'on fait tourner sur une corde tenue à deux baguettes et qui, quand il tourne très vite, produit un ronflement très fort.

Terme de médecine. Bruit de diable, nom donné à un bruit particulier dont l'aorte et les grosses artères du cou sont le siége dans certains cas.

Autre jouet ayant la forme d'une boîte qui, lorsqu'on l'ouvre, fait sortir vivement un diable au moyen d'une spirale qui se développe brusquement.

20. Machine à deux ou à quatre roues crdinairement basses, employée au transport des caisses d'orangers ou autres fardeaux.

Espèce de calèche dans laquelle on peut se tenir debout.

21. Machine pour carder et nettoyer le coton, le crin.

Levier à l'usage du fabricant de glaces et du maréchal.

Instrument pour constater le bon état de l'intérieur des canons.

Dans la marine marchande, tire-bonde pour les futailles.

22. Terme de physique. Diables cartésiens, petits plongeons de verre qui font tous les mouvements qu'on veut, dans un vase plein d'eau.

23. Le diable en haie, la clématite, en Normandie.

Diable des bois, espèce de singe. Diable de Java, pangolin et espèce d'iguane.

Sorte d'oiseau de la Guadeloupe.

Nous étions pour alors dans la saison de la chasse de certains oiseaux qu'on appelle diables ou diablotins.... je ne sache pas qu'il s'en rencontre dans les îles autre part qu'à la Guadeloupe et à la Dominique.... cet oiseau est à peu près de la grosseur d'une poule.... il a les ailes longues et fortes, les pieds comme ceux des canards, mais garnis de fortes et longues griffes.... il a de grands yeux à fleur de tête, qui lui servent admirablement bien pendant la nuit, mais qui lui sont tellement inutiles le jour qu'il ne peut supporter la lumière ni discerner le jour (LABAT Nouveau voy. aux îles, 2e part. ch. 19)

Demi-diable, insecte hémiptère.

Terme de pêche. Diable de mer, plusieurs poissons d'une forme hideuse. La baudroie.

PROVERBES

Il regarde le diable sur le poirier, il est louche, c'est-à-dire il a le regard aussi mal assuré que s'il eût aperçu tout à coup le diable sur un poirier.

Il n'est pas si diable qu'il est noir, ou le diable n'est pas si noir qu'il en a l'air, c'est-à-dire il n'est pas si méchant qu'on le dit ou qu'il le paraît.

Le diable n'est pas toujours à la porte d'un pauvre homme, c'est-à-dire on n'a pas toujours le malheur, la mauvaise chance contre soi.

Il vaut mieux tuer le diable que non pas que le diable vous tue, ou, comme on dit plus souvent aujourd'hui, que si le diable vous tue, c'est-à-dire il vaut mieux dans la défense personnelle infliger à l'adversaire le mal qu'il veut faire.

Le diable pourrait mourir que je n'hériterais pas de ses cornes, c'est à-dire personne ne me donne rien.

Quand il dort, le diable le berce, et, absolument, le diable le berce, se dit d'un homme inquiet et inquiétant.

Les menteurs sont les enfants du diable.

Quand le diable fut vieux, il se fit ermite, ou, quand le diable devient vieux, il se fait ermite, c'est-à-dire libertin dans la jeunesse, dévot dans la vieillesse.

Le diable est aux vaches, est bien aux vaches, c'est-à-dire tout est en confusion, ou bien il y a de la discorde.

Les diables sont déchaînés, il y a de grands mouvements, il arrive de grands malheurs.

REMARQUE

1. Loger le diable dans sa bourse ; l'origine de cette expression est racontée dans une petite pièce de vers de St-Gelais : un charlatan avait promis de faire voir le diable ; pressé de remplir sa promesse, il ouvrit, en présence de la foule qui l'entourait, une bourse vide : Et c'est, dit-il, le diable, oyez-vous bien, Qu'ouvrir sa bourse et ne voir rien dedans (Recueil des poëtes fr. depuis Villon jusqu'à Benserade, éd. 1752, t. I, p. 146). D'un autre côté Génin dit : Les Italiens ont le proverbe : " Abbiamo trovato il diavolo nel catino, nous avons trouvé le diable dans le plat, le plat était vide. L'usage en Italie était de peindre au fond des plats une figure hideuse, une figure de diable qui était cachée, tant qu'il restait quelque chose au plat, Récréat. t. I, p. 107. " C'est de là, selon lui, que vient notre locution. M. Jullien, au contraire, pense que l'explication de St-Gelais est la bonne, et qu'une bourse vide étant un mal, on s'est servi du nom du diable pour exprimer ce mal.

2.Faire le diable à quatre, locution tirée de ce que dans les mystères il y avait la grande et la petite diablerie, et que, pour jouer la grande, il fallait quatre personnages (FABRE Études sur la bazoche, p. 248)

SYNONYME

DIABLE, DÉMON. Étymologiquement, le diable est le calomniateur, de là vient qu'il est toujours pris en mauvaise part ; c'est un esprit malfaisant et de ténèbres (sauf les restrictions indiquées dans l'article, telles que avoir de l'esprit en diable, un bon diable, etc.). Démon, s'étant dit dans la mythologie grecque pour toute espèce de divinités, peut avoir une acception favorable : un poëte est inspiré par le démon de la poésie ; un bon démon amène un homme au moment où l'on a besoin de lui. Quand il a son acception défavorable, il est alors synonyme de diable, sauf que démon se prend pour l'instigateur des mauvaises passions : le démon de la jalousie, de l'ambition ; diable ne peut recevoir cet emploi.

HISTORIQUE

Xe s.[Ils] Voldrent [voulurent] la faire diavle servir (Eulalie)

XIe s.Si lui a dit : vous estes vifs diables [un diable vivant] (Ch. de Rol. LVII)L'ame de lui as vifs diables [il] done (ib. CCLXVI)

XIIe s.Diable en ont l'ame, s'en font grant baptestal [fête] (Ronc. p. 61)Diable l'esmolurent qui le firent forger (ib. p. 195)

XIIIe s.Ou en aigue noiée ou au deable alée (Berte, XVI)Car des mains au deable maint pecheor [la Vierge] desnoue (ib. XXXIII)Quel deable ont la voie [à] Blanchefleur ci aprise ? (ib. LXXVI)Tuit trois s'estoient coi tenu, Quant li deable i sunt venu, Que li glous [le coquin] i fist assembler (la Rose, 7308)Li fust estoient et li fer Plus noirs que deables d'enfer (ib. 964)

XIVe s.Je vous ai deporté [épargné] pour le duc qui est là, Et por tant que je sui venus au lez de çà ; Mais se plus m'atendez, li deables y sera (Guesclin. 1811)Le deable est philosophe, il scet l'estat et la maniere d'omme et sa complexion (Ménagier, I, 3)

XVe s.Et faisoient les Anglois mener après eux un diable d'engin si grand et si merveilleux que on ne le pouvoit destruire (FROISS. II, III, 55)Par quel diable de lieu sont venus ces gens, et où ils ont passé la riviere du Lys ? (FROISS. II, II, 182)Ils recorderent comment ils avoient bien exploité, et fussent venus à paix et à appointement envers le comte, si ce diable de chastel n'eust esté ars (FROISS. II, II, 56)Et comment diable y pourrois-je aller ni tout mon avoir porter ? (FROISS. III, IV, 14)Et que diable ne se delivre ce roi de passer outre en Angleterre, s'il doit ? (FROISS. II, III, 46)Et peuvent dire et pourront ceux qui cette matiere liront ou lire feront, que ce fut oeuvre du deable ; car vous savez et avez ouï dire aux sages que le deable subtile et attire à bouter guerre et haine là où il avoit pais (FROISS. II, II, 52)Ces archers avoient le diable au corps et traoient [tiraient] dispersement pour tout tuer, seigneurs et varlets (FROISS. I, I, 31)Et qu'est cecy ? est-ce à meshuy ? Dyable y ait part, aga quel prendre ? (Patelin)Au diable je me vois [vais] donner, Quant mon maistre ay ainsi grevez (la Pass. de N. S. J. C)Qui dyable vous a avisé De ce dire ? estes vous yvres ? Caïphas, gardez [regardez] en vos livres, Où la droite creance est mise (ib.)Le diable n'est pas toujours à ung huis (LEROUX DE LINCY Prov. t. I, p. 13)Quand Dieu donne farine, le diable clost le sac (LEROUX DE LINCY ib.)Qui au diable doit aller, il n'a que demourer (LEROUX DE LINCY ib.)

XVIe s.Il se recommanda cent fois au deable comme tout desesperé (Mém. s. du G. ch. 18)Toujours un pire diable met l'autre dehors [la plus violente passion l'emporte] (MARG. Nouv. XXVI)De jeune angelot vieux diable (H. EST. Précellence, p. 163)Du diable vint, au diable retourna (H. EST. ib. p. 176)Il y a eu, de nos jours, six mille aventuriers francois qui ont pris le nom de diables, parce que leurs oeuvres étaient diaboliques (DU TILLET Recueil des R. de Fr. p. 7, dans LACURNE)Faire d'ung diable deux [faire deux fautes en pensant en corriger une] (LEROUX DE LINCY Prov. t. I, p. 12)Malheureux est le pays Au quel le diable est en haut prix (LEROUX DE LINCY ib.)On connoist le diable à ses griffes (LEROUX DE LINCY ib.)Où le diable ne peut aller, Sa mere tasche d'y mander (LEROUX DE LINCY ib.)Paroles d'angelot, ongles de diablot (LEROUX DE LINCY ib.)

ÉTYMOLOGIE

Picard, wallon et bourguig. diale ; Berry, ghiâble, ghiâbe ; provenç. diable ; espagn. diablo ; portug. diabo ; ital. diabolo ; du latin diabolus ; du grec, diable, proprement calomniateur, de calomnier, jeter à travers, de jeter. L'ancien français, pour diable, disait très fréquemment maufait, c'est-à-dire le malfait, ou l'aversier, c'est-à-dire l'adversaire, l'ennemi.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

DIABLE. Ajoutez :

24.

Diable, nom d'une espèce de cicadelle, du genre des centrotes, ainsi dite à cause de ses formes bizarres (H. PELLETIER Petit dict. d'entom. p. 42, Blois, 1868)

25.

Arbre du diable ou pet du diable, l'hura crepitans, L., et le morisonia capparis (BAILLON Dict. de bot. p. 247)

 
Wikipedia

Diable

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Pour les articles homonymes, voir Diable (homonymie). 

Le Diable (latin : diabolus, du grec diabolos) est l'esprit ou le principe du mal selon les religions du Livre. Dans la tradition chrétienne, il s'agit d'un ange déchu. Contrairement à une croyance populaire, il n'est pas l'opposé de Dieu, car en tant qu'ange, il est et reste une des créatures de Dieu. Il représente la personnification du mal, personnification qui apparaît au VIe siècle av. J.-C.. Son aspect varie entre l'homme et l'animal réel ou imaginaire (bouc, dragon, rapace, etc.), le plus souvent aux traits hideux et repoussants.

Représentation du diable du Codex Altonensis
Représentation du diable du Codex Altonensis

Sommaire

  • 1 Étymologie
  • 2 Personnification du principe du mal
  • 3 Origines
    • 3.1 Mésopotamie
    • 3.2 Perse
    • 3.3 Égypte
    • 3.4 Canaan
    • 3.5 Grèce
    • 3.6 Rome
  • 4 Apparition dans la Torah
    • 4.1 Le livre de Job
  • 5 Le diable et la chrétienté
    • 5.1 Le Nouveau Testament et l'avènement du Prince des Ténèbres
    • 5.2 Apocalypse
  • 6 Vision moderne
    • 6.1 L'Église contemporaine et le diable
    • 6.2 Le diable et l'opinion publique
  • 7 Le diable et la psychanalyse
  • 8 Vision théologique
  • 9 Aspect et noms
    • 9.1 Représentation dans les arts
  • 10 Références
  • 11 Bibliographie
  • 12 Voir aussi
    • 12.1 Liens externes

Étymologie

Diable provient du grec diabolos (de diabolein = séparer) qui signifie calomniateur qui est l'inverse du grec symbolon : rapprochement.

Personnification du principe du mal

Hâpy
Hâpy

Il semble que la notion de division de puissance en une force du bien et une du mal soit relativement récente dans l’histoire des croyances. Dans les cultes plus primitifs, le bien et le mal sont tous deux issus de la même déité, puisque celle-ci était considérée comme contenant tout ce qui existe. La même déité était donc à la fois capable de bien et de mal. Un exemple en est donné par la déesse à tête de lionne de l’Égypte antique Sekhmet qui détruisit l’humanité (sur ordre de Rê) mais était aussi vénérée pour son pouvoir de protection et de guérison, ou encore Seth qui usurpa le trône à Osiris mais qui permettait aussi au soleil de se lever chaque matin en combattant Apophis. On peut aussi citer Loki, dieu scandinave qui tua vicieusement Balder, mais qui sauva le domaine des dieux Aesirs de la géante Skadi.

Dans les monothéismes primitifs, chaque clan ou tribus possédait son dieu avec tous ces attributs, cause du bien et du mal qui arrive aux hommes. Le polythéisme est considéré, dans cette argumentation, comme un rapprochement des divers clans, chacun possédant sa propre divinité. L’union du dieu mâle et d’un dieu femelle reflète l’union réussie et égalitaire de deux clans. Lorsque qu’au cours du rapprochement de deux clans une divinité en remplace une autre pacifiquement, elle est alors décrite comme ayant été engendrée par l’ancien dieu : elle est le fils ou la fille de ce dieu alors déchu et dont le culte devient secondaire.
Enfin, et c’est la que l’origine du principe du mal personnifié pourrait résider, lorsque un clan est belliqueusement conquis, la déité du clan conquis se voit attribuer tous les principes mauvais et était considérée par les conquérants comme la source de tout le mal et, par conséquent, devenait source de peur et de crainte. Un exemple de cette théorie est donné par l’évolution du culte de Seth (Setekh) dans l’Égypte antique au profit de celui d’Horus. Pour les peuples de haute Égypte, Seth était un dieu bienveillant, rôle occupé par Horus (et Osiris) en Basse Égypte. Lors de l’unification de la haute et de la basse Égypte, Horus et Seth devinrent, dans un premier temps, frères, et furent vénérés comme un dieu bifide Hâpy, puis, le temps aidant, Seth fut considéré comme inférieur à Horus pour finalement personnifier la source de tout mal, le Satan de l’ancienne Égypte. Seth fut fréquemment représenté comme un serpent noir, un porc noir ou encore par un homme aux cheveux roux (les mots rouges et désert - la haute Égypte où Seth était vénéré est désertique - sont très proches l’un de l’autre en hiéroglyphique égyptien). Il est curieux de constater que les hommes roux ont aussi été considérés comme « sataniques » au cours du Moyen Âge européen, probablement à cause de l'évocation du feu (associé au diable dans le christianisme) que rappelait leur couleur de cheveux.

Origines

Azazel dans le Dictionnaire infernal
Azazel dans le Dictionnaire infernal

La plupart des religions précédant le christianisme intègrent un ou plusieurs dieux incarnant le mal. Contrairement à la vision chrétienne cependant, ces divinités ont généralement un double visage et parallèlement à leur dimension malveillante, sont l'objet d'un culte pour leurs aspects positifs. Elles ne sont en outre fréquemment la cause que d'une des facettes du mal et de ses manifestations. L'existence d'une entité représentant la personnification du mal sous tous ses aspects et combinant les fonctions de maître de l'inframonde, destructeur du cosmos et responsable des pires aspects de l'humanité semble être une singularité chrétienne. L'élaboration de cette figure originale emprunte néanmoins aux religions pratiquées au Moyen-Orient et aux influences desquelles les auteurs de la Bible furent soumis.

Mésopotamie

La religion mésopotamienne est l'une des premières à représenter l'univers comme le champ de bataille de l'affrontement cosmique entre le bien et le mal. L'épopée de Gilgamesh, le plus ancien texte connu, marque déjà la première apparition d'un personnage diabolique dans la figure de Huwawa. Ce géant monstrueux garde la forêt de cèdres dans laquelle Gilgamesh veut couper le bois qui manque à son peuple. Gilgamesh occit le monstre mais n'en retire aucune gloire et se voit au contraire puni par Enlil, seigneur du ciel et roi des dieux. Huwawa au delà de ses aspects terrifiants (« son rugissement est comme celui d'une tempête, sa bouche est le feu et son souffle est la mort ») représente en effet une force naturelle au caractère sacré.

Perse

Zarathoustra est à l'origine d'un bouleversement sans précédent dans la mythologie mésopotamienne puisqu'il remplace tous les dieux existant par deux entités, l'une bénéfique, Ahura Mazda, dieu de la lumière apportant l'ordre, l'autre Ahriman ou Angra Mainyu, présidant aux forces destructrices. Il crée ainsi la première religion dualiste en opposant deux puissances équivalentes et projetant une vision du monde en noir et blanc. Certains disciples de Zarathoustra réintroduiront certains des anciens dieux et suggéreront qu'Ahriman est subordonné à Ahura Mazda. Cette interprétation donne au dieu bienveillant le rôle de juge ultime qui laisse les démons tenter l'humanité et n'intervient qu'en dernier recours pour empêcher la victoire du mal. Cette notion de Jugement Dernier (religion) est une des composantes du christianisme.

Ahriman est probablement le personnage ayant le plus influencé le diable chrétien. Véritable incarnation du mal, capable de rivaliser avec le dieu bienveillant, il est assisté par sept démons majeurs.

Égypte

Anubis, le seigneur de la nécropole
Anubis, le seigneur de la nécropole

Le panthéon égyptien fournit deux divinités dont la contribution à ce qui va devenir le diable est significative. D'une part Anubis, qui règne sur le royaume des morts et porte des attributs que l'on retrouvera chez le démon chrétien : le caractère mi-homme, mi-bête ou la queue. D'autre part, Seth, dont l'une des formes est un serpent et qui pourrait avoir donné sa couleur rouge à Satan.

Canaan

Le personnage de la religion cananéenne qui influencera le plus le démon chrétien est sans conteste Baal, dieu de la fertilité et fils du dieu El. La vision péjorative et négative que la Bible offre de Baal est probablement le reflet de l'opinion des juifs sur ce dieu d'une religion païenne mais il semble que pour ses adorateurs, Baal ait eu la dimension d'un sauveur dans son combat contre Mot, dieu de la mort et de la stérilité.

Grèce

Si la Grèce antique est le berceau de la raison, les philosophes grecs ont cependant eu une influence très relative sur leurs contemporains qui, dans toutes les strates de la société, s'en référaient encore couramment à des dieux aux travers très humains pour expliquer les vicissitudes de leur existence.

Haut-relief du dieu Pan (probablement un télamon), connu sous le nom de « satyre della Valle », découverte près du théâtre de Pompée, probablement de la fin de l'époque hellénistique
Haut-relief du dieu Pan (probablement un télamon), connu sous le nom de « satyre della Valle », découverte près du théâtre de Pompée, probablement de la fin de l'époque hellénistique

La mythologie grecque a profondément marqué le démon du Nouveau Testament, en particulier à travers Hermès (le messager des dieux est en effet également le dieu des voleurs et celui qui mène les morts dans l'inframonde) mais surtout son fils, Pan. Celui-ci transmettra en effet au diable cinq de ses traits de caractère les plus reconnaissables : les sabots, les cornes, le bouc, les pattes velues et l'odeur pestilentielle. Satan héritera en outre de sa dimension de personnification du désir sexuel. En particulier, sous l'influence de la vision de la sexualité de saint Augustin qui associe la sexualité au démon, les artistes se tourneront vers Pan comme source d'inspiration pour la représentation du démon.

Si la distinction entre le bien et le mal est parfois diffuse, de nombreuses déités présentant deux facettes, l'une bienveillante et l'autre malveillante, Hésiode affirme néanmoins que les mauvaises actions sont punies par les dieux qui confient aux Érinyes la tâche de tourmenter ceux qui vont contre les lois du cosmos. C'est avec Platon qu'apparaît une distinction plus claire entre l'aspiration au monde des idées et la tentation de céder aux besoins matériels (une opposition inspirée notamment par le combat de Zeus et Dionysos contre les Titans).

Rome

Les chrétiens ont de plus été inspirés par les images des tombes étrusques qui dépeignaient des scènes d'horreur, des démons et des flammes... La mythologie étrusque s'est beaucoup inspirée de la mythologie grecque, et durant les premiers siècles de l'hégémonie chrétienne à Rome, elle a dû survivre en parallèle de religions polythéistes. Il paraît donc naturel que les chrétiens se soient inspirés, consciemment ou non, de ce qu'ils avaient sous les yeux, et surtout de ces dieux étrusques qui représentaient pour eux le paganisme, donc l'incarnation du mal.

Le Charun étrusque, démon de la mort, est souvent représenté sur les fresques, les sarcophages, les urnes et les vases étrusques dès le IVe siècle av. J.-C., comme un monstre ricanant, hirsute, au nez crochu, aux dents de sanglier, pourvu d'un énorme maillet.

Apparition dans la Torah

Le dieu des Juifs est d'essence moniste, autant adoré pour sa bonté que redouté pour sa colère ; il est omnipotent et semble ne laisser aucune place à la concurrence. À l'opposé des croyances de leurs voisins, le peuple d'Israël ne cherche pas à imputer à des déités externes les événements qu'il ne peut comprendre mais considère plutôt qu'il est le responsable de son propre destin. Tout ce qui survient de mal est la conséquence de ses errances et du non respect de son alliance avec Yahvé qui le punit en conséquence.

« Je forme la lumière et je crée les ténèbres, je fais le bonheur et je crée le malheur : c'est moi, le SEIGNEUR, qui fais tout cela. » 

Es 45.7

Cette vision, si elle semble correspondre à la mentalité d'un peuple tribal en guerre perpétuelle pour conquérir un territoire semble moins pertinente après que les Juifs aient vaincus leurs adversaires et commencé à se sédentariser. Les questions d'organisation sociale et de morale émergent alors et les livres des prophètes, rédigés à cette époque, font apparaître une préoccupation privilégiée pour les questions du bien et du mal. En marge de la théologie officielle, les croyances populaires subsistent et sont évoquées à de nombreuses reprises dans le deutéronome