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○   Anagrammes
○   jokers, mots-croisés
○   Lettris
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Lettris

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boggle

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Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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définitions

douleur (n.f.)

1.fait de souffrir, de ressentir avec peine de la douleur.

2.souffrance physique ou morale.

 
voir aussi

douleur (n.f.)

souffrir

 
synonymes
 
locutions
 
dictionnaire analogique

douleur (n. f.)

tid

douleur[ClasseHyper.]

douleur (n. f.)

tid

tristesse[Classe]

malheur[Classe]

douleur (n. f.)

douleur (n. f.)

douleur (n. f.)

douleur (n. f.)

douleurs (n. f. pl.)

tid

maladie et affection[termes liés]

accouchement[DomainDescrip.]

douleurs (n. f. pl.)

 
le Littré (1880)

DOULEUR (s. f.)

1. Impression anomale et pénible reçue par une partie vivante et perçue par le cerveau ; souffrance physique. Sentir, éprouver une douleur, de la douleur dans un membre. Une douleur aiguë. La douleur que cause une incision. La douleur est différente suivant les parties qui sont lésées.

Ne croyez pas que ses excessives et insupportables douleurs aient tant soit peu troublé sa grande âme (BOSSUET Duch. d'Orl.)

La santé que j'appelle et qui fuit mes douleurs (A. CHÉN. Élég. VI)

C'est son bien dissipé, c'est son fils, c'est sa femme, Ou les douleurs du corps si pesantes à l'âme (A. CHÉN. ib. XXXIII)

C'est une douleur terrible, mais qui n'a rien de hideux (DIDEROT Salon de 1767, Oeuvres, t. XIV, p. 301, dans POUGENS.)

Au plur. Les souffrances de l'accouchement. Elle est dans les douleurs. Les grandes douleurs ont commencé.

Ma fille sentit de petites douleurs (SÉV. 5)

2. Souffrance qui est à l'âme ce que la souffrance physique est au corps. Navré de douleur.

Que j'ai de douleur de voir que Dieu vous abandonne ! (PASC. Prov. 17)

Nous ne songeons plus qu'il y ait eu un comte de Guiche au monde : vous vous moquez avec vos longues douleurs (SÉV. Lett. 28 déc. 1673)

Cette autre sorte de douleur qu'on appelle repentir (BOSSUET Libre arb. 2)

Il faut dans la douleur que vous vous abaissiez ; Pour me tirer des pleurs il faut que vous pleuriez (BOILEAU Art p. III)

Il devrait y avoir dans le coeur des sources inépuisables de douleur pour de certaines pertes (LA BRUY. IV)

Il vit chargé de gloire, accablé de douleurs (RAC. Mithr. V, 4)

La douleur qui se tait n'en est que plus funeste (RAC. Androm. III, 3)

De quel nom sa douleur me va-t-elle appeler ? (RAC. ib. II, 5)

Je te laisse trop voir mes honteuses douleurs (RAC. Phèdre, I, 3)

Vos amis et les miens.... Viennent de confier leur douleur à Narcisse (RAC. Brit. III, 5)

La douleur est injuste ; et toutes les raisons Qui ne la flattent point aigrissent ses soupçons (RAC. ib. I, 2)

Elle aura devant lui fait parler ses douleurs (RAC. Baj. III, 3)

Dans sa douleur elle se trouvait malheureuse d'être immortelle (FÉN. Tél. I)

Votre lettre, que la douleur a écrite, pénètre mon coeur (VOLT. Lett. d'Argental, 23 déc. 1774)

Le jour, sur leur tombeau, j'allais verser des pleurs, Et je veillais la nuit pour sentir mes douleurs (ST-LAMBERT Saisons, hiver.)

Ne le lui proposez pas comme une dissipation ; les grandes douleurs y répugnent ; il faut à leur insu tâcher de les distraire et les tromper pour les guérir (MARMONTEL Mém. I)

Je nomme en général douleur ou déplaisir toute situation de mon âme qu'elle aime mieux ne pas éprouver qu'éprouver (BONNET Oeuvres mêlées, t. VIII, p. 265, dans POUGENS)

Le ciel rit à la terre, et la terre fleurit ; Aréthuse serpente et plus pure et plus belle ; Une douleur plus tendre anime Philomèle (A. CHÉN. Élég. XXVI)

De douleur en douleur je traverse la vie (DUCIS Abufar, III, 2)

Quelquefois la douleur n'est pas loin de la joie (DUCIS Oscar, I, 2)

Je ne sais pourquoi dans le trouble de la douleur on est plus capable de superstition que de piété (STAËL Corinne, XVIII, 5)

Tu fais l'homme, ô douleur, oui, l'homme tout entier, Comme le creuset l'or.... (LAMART. Harm. II, 7)

Fig. et familièrement. Avaler la douleur, boire un coup. Allons, avalez la douleur. C'est une ironie au buveur qui feint de ne vouloir plus boire.

3. Fig. Expression de la douleur. Les douleurs de l'élégie. Un chant plein de douleur.

Le comique, ennemi des soupirs et des pleurs, N'admet point en ses vers de tragiques douleurs (BOILEAU Art p. III)

PROVERBES

À la Chandeleur, grande douleur, c'est-à-dire grande froidure. Ce dicton, la Chandeleur étant le 2 février, ne paraît pas fondé ; on peut croire qu'il n'a été suggéré que par la consonnance, laquelle a fourni en effet un certain nombre de mots ou de locutions incompréhensibles.

Pour un plaisir mille douleurs.

HISTORIQUE

XIe s.Ce est de la dulor....Lois de Guil. 12. Deus ! quel dulur que li Franceis nel savent ! (Ch. de Rol. LIV)Sur piez se dresse, mais il a grant dulur (ib. CLXIII)

XIIe s.Icil feront as Cristiens dolor (Ronc. p. 44)Lors [ils] se plaignent sans dolor (Couci, I)Onc mais n'avint en France nule si granz dolors (Sax. XXVII)Ezechie e David e maint autre plusur, Quant il orent mesfait vers Deu lur creatur, Mult sunt humilié e furent en dolur E repentant es quers [coeurs].... (Th. le mart. 78)

XIIIe s.Se bien ne vous prouvez [si vous ne vous comportez bien], de la dolor [je] morrai (Berte, VII)Ne la très grant dolor qu'il en ont demené (ib. CIII)

XVe s.Et envoyerent le corps messire Grignard de Mauny à ses deux freres, qui le reçurent à grand douleur (FROISS. I, I, 99)

XVIe s.Le meilleur remede que je sache pour les douleurs presentes, c'est d'oublier les joies passées (DESPÉR. Cymbal. 157)Quant ils ont incisé un membre, ils ne laissent pas la partie dolente en sa douleur et en son tourment (AMYOT Comment discerner le flatt. de l'ami, 63)Douleur de teste veult manger, Douleur de ventre veult purger (LEROUX DE LINCY Prov. t. I, p. 215)À chacun sa propre douleur semble plus greve et la greigneur [plus grande] (LEROUX DE LINCY ib. t. II, p. 226)Au departir sont les douleurs (LEROUX DE LINCY ib. p. 232)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. et espagn. dolor ; portug. dôr ; ital. dolore ; du latin dolorem.

 
Wikipedia

Douleur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Ce mot peut également désigner des souffrances d'ordre sentimental, par exemple suite à un décès ou une rupture amoureuse.

D’après l’IASP (International Association for the Study of Pain) : « La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en des termes évoquant une telle lésion. »

La personne a une sensation extrêmement désagréable, voire insupportable, qui peut provoquer un mouvement réflexe de retrait (au niveau des membres et des extrémités) ou un changement de position du corps.

La douleur peut être provoquée par un traumatisme (brûlure, plaie, choc, coup…) ou une maladie, et de manière générale par une inflammation.

Un acte médical provoquant une douleur (par exemple réalignement d'un membre fracturé) est dit « hyperalgique ».

Sommaire

  • 1 Physiologie de la douleur
    • 1.1 Circuit de la douleur
    • 1.2 Conséquences de la douleur
  • 2 Les 2 grands mécanismes de genèse de la douleur
    • 2.1 La douleur par excès de nociception
    • 2.2 La douleur neurogène
  • 3 Les 3 dimensions de la douleur
  • 4 Différents types de douleur
    • 4.1 La douleur aiguë et la douleur chronique
      • 4.1.1 La douleur aiguë
      • 4.1.2 La douleur chronique
    • 4.2 La douleur mécanique et la douleur inflammatoire
      • 4.2.1 La douleur inflammatoire
      • 4.2.2 La douleur mécanique
    • 4.3 La douleur musculaire
      • 4.3.1 La douleur (musculaire) à l'effort
      • 4.3.2 La douleur (musculaire) au repos
      • 4.3.3 La douleur (musculaire) à la palpation
      • 4.3.4 La douleur (musculaire) à la contraction
      • 4.3.5 La douleur (musculaire) à l'étirement
  • 5 Siège de la douleur
  • 6 Évaluation et traitement de la douleur
    • 6.1 Auto évaluation
    • 6.2 Hétéro évaluation
    • 6.3 Traitement de la douleur
  • 7 Les mécanismes de la douleur
  • 8 Réaction à la douleur
  • 9 La prise en charge médicale de la douleur
    • 9.1 Cadre législatif
      • 9.1.1 En France
    • 9.2 Anthropologie, sociologie
    • 9.3 Psychologie
  • 10 Liens externes

Physiologie de la douleur

Circuit de la douleur

Les connaissances concernant les voies neurologiques de la douleur sont actuellement en pleine mutation. Actuellement il est individualisé les voies nociceptives ascendantes de la périphérie du corps vers le cortex cérébral en passant par la moelle épinière et les voies de contrôles de la sensation nociceptive partant du cortex cérébral vers la périphérie. Leur but est la modulation de la perception de la douleur dans le sens d'une diminution ou aggravation de la sensation douloureuse. Ces voies nociceptives transmettent l'information du stimulus nociceptif grâce à des mécanismes électro-biochimiques faisant intervenir de nombreuses molécules et acides aminés.

Conséquences de la douleur

Outre le sentiment de souffrance, la douleur peut provoquer un malaise vagal par stimulation des nerfs vagues (nerfs pneumogastriques). Les symptômes de cette excitation vagale sont toutes ou parties des signes suivants :

  • une baisse du débit sanguin par bradycardie et hypotension ;
  • une syncope ;
  • un myosis (diminution du diamètre des pupilles par contraction de l'iris) ;
  • une transpiration aux extrémités des membres ;
  • une sécrétion excessive de salive
  • une hyperchlorhydrie (excès de sécrétion d'acide chlorhydrique par la muqueuse de l'estomac) ;
  • une constipation ou des diarrhées ;
  • des spasmes ;
  • des troubles de la respiration.

La douleur prolongée est inhibée par le corps par sécrétion d'endorphines (ou endomorphines). La production d'endorphine se fait initialement au niveaux des nerfs proches du siège de la douleur ; lorsque cette production ne suffit plus (douleur prolongée), c'est un site plus proche du cerveau qui prend le relais dans la sécrétion. On a ainsi une douleur qui va et qui revient par vagues.

Lorsqu'en dernier recours c'est le cerveau qui produit les endorphines, la douleur ne peut plus être combattue, il y a donc apparition d'un collapsus cardiovasculaire, réflexe de protection à la baisse du débit sanguin, qui peut conduire exceptionnellement au décès.

Les 2 grands mécanismes de genèse de la douleur

Il existe deux grands mécanismes de genèse de la douleur physique : la douleur par excès de nociception et la douleur neurogène.

La douleur par excès de nociception

Les douleurs par excès de nociception sont provoquées par la mise en jeu normale des voies neuro-physiologiques de la douleur. C'est ce qui se passe lorsque vous frappez votre index au lieu du clou avec le marteau. Elles résultent de lésions des tissus périphériques, qui provoquent un excès d'influx douloureux transmis par le système nerveux intact.

La douleur neurogène

La caractéristique de la douleur neurogène, encore appelée douleur neuropathique, est d'être ressentie comme des décharges électriques, des élancements, des brulures et des picotements dans le territoire des nerfs atteints. C'est aussi la douleur que ressentent les malades amputés et en particulier la sensation perçue dans le membre qui a disparu (membre fantôme)

Les 3 dimensions de la douleur

  • Biologique : le caractère physique de la douleur telle qu'elle peut être représentée.
  • Psychologique : en relation avec la douleur ressentie personnellement.
  • Sociologique : l'interprétation des autres de sa douleur.

Différents types de douleur

La douleur aiguë et la douleur chronique

On différencie la douleur aiguë et la douleur chronique.

La douleur aiguë

Les douleurs aiguës sont particulières mais très fréquentes en médecine. Elles apparaissent lorsque les voies neurologiques de la douleur sont atteintes par une maladie (diabète, cancer, intoxications diverses…)

La douleur chronique

  • Les douleurs chroniques sont des douleurs prolongées dans le temps : plusieurs jours, plusieurs mois voire plusieurs années.
  • Les douleurs chroniques sont invalidantes tout autant par leur chronicité que par leur intensité : une douleur permanente mais peu intense peut être très invalidante.

La douleur mécanique et la douleur inflammatoire

La distinction entre ces deux grands types de douleurs permet d'orienter le diagnostic médical entre les grandes affections de rhumatologie…

La douleur inflammatoire

  • La douleur inflammatoire est plus importante le soir et en début de nuit (lorsque le taux sanguin de cortisol naturel est au plus bas).
  • La douleur inflammatoire diminue ou disparaît après échauffement et à l'effort (activité professionnelle ou sportive)  : douleur de dérouillage.

La douleur mécanique

  • La douleur mécanique est constante, ne diminue pas voire s'accentue à l'effort.
  • La douleur mécanique n'augmente pas le soir et en début de nuit.
  • La douleur mécanique diminue lorsque la mobilisation s'arrête.

La douleur musculaire

Lors de l'examen médical des muscles, en particulier en médecine du sport, ces différents temps de l'examen permettent de faire la distinction entre les différentes pathologies possibles.

La douleur (musculaire) à l'effort

La douleur musculaire est présente à l'effort. L'arrêt de l'effort physique ou la baisse de son intensité fait diminuer ou disparaître la douleur.

La douleur (musculaire) au repos

La douleur musculaire est présente au repos.

La douleur (musculaire) à la palpation

La palpation du muscle concerné provoque ou augmente la douleur : rictus douloureux sur le visage du sujet examiné, réaction de retrait…

La douleur (musculaire) à la contraction

La contraction volontaire provoque ou augmente la douleur.

La douleur (musculaire) à l'étirement

L'étirement du muscle provoque ou augmente la douleur.

Siège de la douleur

Les douleurs portent des noms différents selon leur siège. Ces noms sont en général en « -algie » :

  • courbature : douleur musculaire suite à un effort
  • céphalée : mal de tête (exemple : la migraine)
  • dorsalgie : douleur du dos
  • hépatalgie : douleur au foie
  • névralgie : douleur sur le trajet d'un nerf (exemple : la névralgie du trijumeau)
  • rachialgie : douleur au rachis

Évaluation et traitement de la douleur

La douleur est un phénomène totalement subjectif ; le même phénomène (traumatisme, maladie) sera ressenti différemment selon la personne et selon la situation. La douleur peut aller d'une simple incommodation jusqu'à un malaise, voire la mise en danger du pronostic vital ou psychiatrique de la personne. Par ailleurs, la douleur va être mémorisée, et ce souvenir risque de « ressortir » lors d'un événement similaire et donc notamment de « parasiter » le diagnostic dans l'avenir ; par exemple, une personne ressent une douleur aigüe au réveil d'une opération, mais ce n'est en fait que le souvenir de la douleur initiale, ou bien une personne se blessant deux fois ressent une douleur « surévaluée » lors du second traumatisme car le traumatisme précédent était extrêmement douloureux.

Il importe donc de pouvoir évaluer le ressenti par la douleur lors du diagnostic. Il convient de distinguer auto-évaluation et hétéro-évaluation.

Auto évaluation

L'auto évaluation consiste à demander directement au patient le niveau de sa douleur. Il nécessite une coopération et une bonne compréhension.

Le système le plus simple et le plus couramment utilisé est le protocole EVA (échelle visuelle analogique) : on présente une réglette graduée et on demande au patient de positionner un curseur, la position à gauche étant l'absence de douleur et la position à droite une douleur insupportable. Côté praticien, la réglette est graduée de 0 à 10, 1 étant une légère incommodation et 10 étant une douleur insupportable. Une estimation supérieure à 5 est en général considérée comme étant une douleur importante devant être prise en compte spécifiquement (c'est-à-dire qu'il faut traiter en compte également la douleur et pas seulement le traumatisme et la maladie).

On utilise aussi l'échelle verbale simple (EVS) : on propose au patient une série de d'adjectifs pour qualifier la douleur (absente > faible > modérée > intense > extrêmement intense > douleur maximale imaginable), qui est ensuite convertie en une valeur numérique (de 0 pour absente à 5 pour la douleur maximale).

On utilise aussi dans certains cas l'échelle verbale relative (EVR) : le principe est similaire à l'EVS, mais on distingue et quantifie séparément les différents types de douleur et leurs répercussions : fourmillements, décharges électriques, élancement, coup de poignard, douleur énervante, épuisante…

Hétéro évaluation

Mise en place pour évaluer la douleur de sujets ne pouvant l'exprimer (nourrissons, déficients mentaux, l'hétéro évaluation est faite par l'examinateur. Il en existe de plusieurs types (à finir).

Cela est particulièrement compliqué dans le cas où la personne n'est pas capable de s'exprimer :

  • personne âgée, notamment atteinte de troubles cognitifs comme la maladie d'Alzheimer ; voir Échelle Doloplus [1]
  • les handicapés cérébro-moteurs ;
  • les nourrissons.

Traitement de la douleur

Le traitement de la douleur est appelé antalgie.

En France, le traitement de la douleur a longtemps été considéré comme secondaire, pour de nombreuses raisons culturelles :

  • on a longtemps cru que les nourrissons ne souffraient pas, car leur système nerveux n'est pas mature (les neurones sont incomplètement myélinisées) ; par ailleurs, ils n'expriment pas leur douleur de manière spécifique (autre que par des cris et des pleurs, qui sont leur mode de communication habituel) ;
  • la douleur révèle une affection, l'enlever supprime un élément de diagnostic : ceci n'est valable qu'avant le diagnostic (il est vrai qu'une autre douleur peut apparaître et être masquée par le traitement antalgique) ; par ailleurs, certains actes diagnostics sont eux-mêmes générateurs de douleur, notamment les actes invasifs comme une ponction osseuse ;
  • le traitement de la douleur aiguë fait appel à des médicaments classés comme stupéfiants, on avait peur que le patient devienne dépendant : ceci est insignifiant dans le cas d'un patient en fin de vie ;
  • certains avancent le poids de la culture judéo-chrétienne dans laquelle l'homme et la femme ont été destinés à souffrir en étant chassés du paradis.

Maintenant, la douleur est considérée comme une affection spécifique, et parfois même comme une urgence (par exemple colique néphrétique).

Le traitement de la douleur dépend de l'intensité et de son origine, le traitement définitif étant le traitement de la cause, lorsque cela est possible. Il peut faire appel :

  • à un réconfort, au fait de détourner l'attention, au fait d'expliquer ce qui se passe (diminuer l'anxiété) ; cela est particulièrement flagrant avec les enfants ;
  • à une position d'attente : installation du patient dans une position qui minimise la douleur (le patient adopte en général instinctivement cette position) ;
  • au froid : appliqué localement et avec modération, il calme la douleur ;
  • à des anti-inflammatoires ;
  • à des antalgiques ;
  • à des sédatifs ;
  • dans les cas extrêmes à l'anesthésie ;
  • et dans certains cas on a recours à l'antalgie interventionnelle.

Dans le cas de douleurs intenses, on peut laisser au patient la possibilité de gérer l'antalgie lorsque celle-ci est administrée par perfusion de morphine : le patient dispose d'un bouton poussoir qui active l'injection de morphine, la quantité injectée étant limitée par un réglage de l'appareil sur prescription médicale. Cette modalité d'analgésie est appelée analgésie contrôlée par le patient (ACP) ou PCA en anglais.

Les mécanismes de la douleur

Les douleurs surviennent à partir de systèmes complexes. Elles se résument schématiquement en douleurs par excès de nociception, douleurs neurogènes, douleurs psychogènes, douleurs aiguës et chroniques. Quand elles sont mixtes, on parle de souffrance.

Les douleurs par excès de nociception sont des douleurs localisées à l'endroit des lésions, elles se traitent par antalgiques périphériques. Les douleurs neurogènes ne dépendent pas de la localisation du mal et sont aggravées par le trajet nerveux ou le SNC. Elles surviennent de façon spontanée ou pour des mouvements minimes, persistant en fond douloureux accentués par des paroxysmes. Les douleurs psychogènes sont dépendantes du psychisme. Elles sont aussi appelées douleurs fonctionnelles ou psychosomatiques. Néanmoins ce sont de vraies douleurs et pas autre chose.

Réaction à la douleur

La réaction à la douleur est utilisée pour évaluer l'état neurologique d'un patient, et notamment son état de conscience. Il fait partie du bilan des secouristes ainsi que de l'échelle de Glasgow.

Si la victime n'a pas de réaction spontanée, ni au bruit ou au toucher, on teste sa réaction à la douleur. Il convient d'exercer une stimulation qui ne cause pas de blessure ni d'aggravation de l'état. Plusieurs méthodes peuvent être employées.

On a longtemps pratiqué un pincement de la peau ; celui-ci doit être évité. Sur une personne consciente, on n'utilise qu'un léger pincement aux extrémités (dos de la main ou dessus du pied, face interne du bras) pour vérifier si la personne ressent ce qu'on lui fait, mais pas comme méthode de stimulation d'une personne sans réaction.

  • une pression avec les doigts sur l'arrière de la mâchoire inférieure (nomenclature internationale = mandibule), sous les oreilles,
  • une pression appuyée au niveau sus-orbitaire.

La prise en charge médicale de la douleur

Cadre législatif

En France

Le nombre de textes de loi qui traitent de la douleur prouve que celle-ci n’est plus un sujet délaissé par la politique de santé de notre pays. La prise en charge de la douleur est un droit pour les personnes soignées et un devoir pour les soignants, et revêt un aspect légal, éthique et moral que chaque soignant doit intégrer.

  • Décret de compétence n°2002-194 du 11 février 2002, relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la profession d'infirmier

Article 2 : « Les soins infirmiers (…) ont pour objet (…) de participer à la prévention, à l'évaluation et au soulagement de la douleur et de la détresse physique et psychique des personnes».

Article 5 : « Dans le cadre de son rôle propre, l’infirmier accomplit les actes ou dispense les soins suivants visant à identifier les risques et assurer le confort et la sécurité de la personne (…) : recueil des observations de toutes natures susceptibles de concourir à la connaissance de l’état de santé de la personne : évaluation de la douleur ; (…) »

Article 7 : « L'infirmier est habilité à entreprendre et à adapter les traitements antalgiques, dans le cadre des protocoles préétablis, écrits, datés et signés par un médecin. Le protocole est intégré dans le dossier de soins infirmiers. » L’infirmière a donc pour obligation de prendre en compte et d’aider à soulager la douleur des personnes soignées.

  • Décret N°93-221 du 16 février 1993, relatif aux règles professionnelles des infirmiers et infirmières

Article 2 « L'infirmier ou l'infirmière exerce sa profession dans le respect de la vie et de la personne humaine. Il respecte la dignité et l'intimité du patient et de sa famille » Ceci implique que nous devons aussi reconnaître la personne et sa souffrance dans le respect de la vie.

  • La charte du patient hospitalisé

« Au cours de ces traitements et ces soins, la prise en compte de la dimension douloureuse, physique et psychologique des patients et le soulagement de la souffrance doivent être une préoccupation constante de tous les intervenants. Tout établissement doit se doter des moyens propres à prendre en charge la douleur des patients qu’ils accueillent et intégrer ces moyens dans son projet d’établissement. L’évolution des connaissances scientifiques et techniques permet d’apporter, dans la quasi totalité des cas, une réponse aux douleurs, (…) qu’elles soient ressenties par des enfants, des adultes ou des personnes en fin de vie. »

  • La charte de l’enfant hospitalisé (EACH, 1998)

Article 5 : On évitera tout examen ou traitement qui n’est pas indispensable. On essaiera de réduire au minimum les agressions physiques ou émotionnelles et la douleur.

Ces deux chartes permettent aux personnes soignées, enfants ou adultes (parents) de prendre connaissance de leurs droits en matière de soin, et notamment en ce qui concerne la prise en charge de leur douleur.

  • Circulaire DHOS/E2 n°2002-266 du 30 avril 2002, relative à la mise en œuvre du programme national de lutte contre la douleur 2002-2005 dans les établissements de santé.

Ce programme quadriennal (2002-2005) poursuit les axes d'amélioration du plan précédent. Il comporte par ailleurs trois nouvelles priorités, dont la douleur de l’enfant. Ces priorités s'articulent autour de cinq objectifs, dont le renforcement du rôle infirmier notamment dans la prise en charge de la douleur provoquée. »

  • Les principes de base des codes éthiques

Principe de non maléfiance : (depuis le serment d’Hippocrate) Ne pas utiliser ce que l’on sait pour faire du mal. Ce principe englobe non seulement le mal lui-même, mais aussi les risques de faire du mal. »

Principe de bénéficience : utiliser toutes nos connaissances en vue de faire le plus grand bien possible dans telle situation. »

Les soignants sont donc tenus, pour respecter l’aspect moral de leur profession, de ne pas ignorer l’inconfort, voire la souffrance que peut engendrer la douleur physique ou psychologique.

Anthropologie, sociologie

La douleur n’est pas du tout considérée ni prise en compte de la même manière selon les cultures. Chaque peuple a sa propre conception de la douleur. Cette notion s’applique aussi bien aux bénéficiaires de soins qu’aux valeurs des soignants. En effet, « ce ne sont pas seulement les malades qui intègrent leur douleur dans leur vision du monde, mais également les médecins et les infirmières qui projettent leurs valeurs, et souvent leurs préjugés, sur ce que vivent les patient dont ils ont la charge. » (LE BRETON D., 1995, p.136). Les religions sont aussi sources de valeurs, et donc d’interprétation de la douleur d’autrui. Voyons ce qu’il en est en fonction de leurs différences:

  • Dans la Bible, la douleur est associée à une punition divine lors du non respect des lois dictées par Dieu : « Les récits de la Bible associent souvent la prospérité et la santé à la fidélité des hommes aux commandements de Dieu. Le malheur, la souffrance, la douleur frappent toute infraction à la loi. » (LE BRETON D., 1995, page 82). Mais l’interprétation qu’en fait la religion catholique est différente : « La tradition chrétienne assimile en revanche la douleur au péché originel, elle en fait une donnée inéluctable de la condition humaine. (…) L’acceptation de la douleur est une forme possible de dévotion qui rapproche de Dieu, purifie l’âme. Elle fût longtemps considérée, surtout dans l’Antiquité et au Moyen Âge, comme une grâce particulière. (…) La mort de Jésus sur la croix est essentiellement un mystère de la souffrance, un récit de la rédemption par une douleur infinie seule propre à absorber l’infini péché de l’homme. Longtemps pour le chrétien la douleur est participation sur un mode mineur aux souffrances exemplaires du Christ… » (LE BRETON D., 1995, p.89-91). Cette conception de la douleur est récurrente dans notre culture, ce qui expliquerait que dans nos sociétés occidentales, principalement judéo-chrétiennes, la douleur est sous estimée, voir complètement occultée.
  • Dans la religion musulmane : « Le musulman est moins confronté que le chrétien ou le juif au paradoxe du juste souffrant, car si pour ces derniers Dieu est amour, pour le premier il est surtout puissance absolue. Le fidèle se remet avec patience entre les mains de Dieu et témoigne de son endurance devant l’épreuve. (…) La douleur n’est pas la sanction d’une faute, elle est prédestinée, inscrite en l’homme bien avant sa naissance. (…) Mais si Dieu a créé la douleur il a aussi donné à l’homme les moyens de la combattre par la médecine et la prière. » (LE BRETON D., 1995, p.97-98). Ce qui signifie que les musulmans n’ont jamais refusé de soulager la douleur, ils sont même plus souvent demandeurs de soin que les juifs ou les chrétiens car la médecine est une science connue depuis de très nombreux siècles. De plus, la religion n’entrave pas la prise en charge de la douleur.
  • Quant aux spiritualités orientales : « Le corps est douleur, parce qu’il est le lieu de la douleur. » . « La misère humaine n’est pas le fait d’une punition des dieux, mais de la seule ignorance des hommes. La libération réside dans la révélation grâce à laquelle toute souffrance s’évanouit. » (LE BRETON D., 1995, p.100). En ce qui concerne les religions polythéistes, telles que le bouddhisme ou l’hindouisme par exemple, la religion permet aux hommes de s’affranchir de la douleur par la spiritualité.
  • La douleur a une signification même pour les individus athées : « La douleur est une incisive figure du mal. Constant rappel de la fragilité morale de l’homme. (…) L’idée de la maladie méritée, de la souffrance venant punir la conduite réprouvée d’un individu est encore profondément enracinée dans les consciences contemporaines. » (LE BRETON D., 1995, p. 104-105). Même chez les individus non religieux, la douleur est considérée comme la punition d’une faute commise.

D’autre part, les cultures aussi sont sources de valeurs et de croyances. Voici un exemple qui illustre très bien les différences qui existent entre les cultures en ce qui concerne le sens même que l’on donne à la douleur : « Un ethnologue raconte que dans la société qu’il étudie, une femme sachant qu’il possède une trousse de secours lui amène son enfant dont elle dit qu’il a un léger « bobo » au pied, la mère comme l’enfant ne semblent pas considérer la blessure avec gravité. Lorsque l’ethnologue détache le bandage en feuille de bananier de l’enfant, il découvre avec stupéfaction que l’on aperçoit l’os de l’enfant dont le pied ressemble, selon les termes de l’ethnologue à « une masse gélatineuse ». Dans cette même société, on l’appelle une autre fois au chevet d’une petite fille souffrant d’une constipation. Ce dernier cas, d’une gravité moindre aux yeux de l’ethnologue est considéré comme très grave par les membres de cette société du sud-ouest de la Tanzanie, car la constipation peut-être due à une action malveillante, par exemple celle d’un sorcier. ». Pour évaluer la douleur, il est donc primordial de prendre en considération l’origine ethnique des personnes soignées, et, dans le cas d’enfants hospitalisés, de l’origine de leurs parents. Ils exerceront un œil critique sur la prise en charge de la douleur de leur enfant, en fonction de leurs croyances et de leurs origines ethniques.

Psychologie

La prise en charge de la douleur peut s’expliquer par le fait que « (…) la pratique quotidienne d’actes douloureux oblige le soignant à mettre en œuvre un certain nombre de mécanismes de défense visant à le protéger, à le prémunir contre l’enlisement et la contamination par la souffrance de l’autre… » On peut noter un aspect intéressant de l’écho que peut produire la douleur de l’enfant chez le soignant : le déni. « Reconnaître, admettre la réalité de la douleur de l’enfant est un exercice difficile pour beaucoup d’équipes accueillant des enfants. D’autant que la non reconnaissance de la douleur est plus facile chez l’enfant car ses moyens d’expression sont plus limités. » (…) « Ce déni est souvent le reflet d’un malaise chez les soignants, d’une incompréhension de l’attitude de l’enfant, d’un dysfonctionnement au sein d’un service. » . On entend encore malheureusement dans les services : « Ce n’est pas de la douleur, c’est de la peur ou de l’anxiété… », ou bien : « C’est de la douleur mais il oubliera… », ou bien encore : « C’est dans la tête, c’est psychologique… ». Le déni de la réalité est un mécanisme de défense des soignants qui nient totalement une part plus ou moins importante de la réalité externe. « Le déni est un mécanisme psychologique où la personne réagit comme si sa pensée était toute puissante et qu’il suffisait de refuser la pensée d’une chose pour que cette chose n’existe pas. Mécanisme pathologique quand il est prévalent et rigide mais qui se retrouve sous une forme atténué chez tout un chacun sous la forme : « il ne faut pas penser au malheur, à la mort, etc. » ; héritage de la pensée magique chez les jeunes enfants. Dans la relation de soin, ce déni se manifeste rarement de façon ouverte mais plutôt de manière inconsciente qui peut se traduire par la persistance d’attitudes nocives (le déni favorise les conduites à risque)… ». Il existe une autre notion qui peut rentrer en ligne de compte dans ce déni des soignants face à la douleur de l’enfant : le concept d’amnésie infantile qui fait partie du développement psychologique de l’enfant. Il est vrai « que nous avons tous été des enfants ». Mais cette période de notre vie que nous avons tous en commun est recouverte « d’un voile d’étrangeté », peu, voir aucun souvenir de cette époque nous revient consciemment à la mémoire. « Qu’il est donc difficile de comprendre ce que veut, ce que cherche, ce que demande un enfant ! » : cela explique cette facilité des soignants à ne pas prendre en compte la douleur de l’enfant qu’il soigne, ne se souvenant pas eux-mêmes de ce qu’ils ont ressenti et vécu à cette période de leur vie. Un autre concept intéressant concernant le vécu de la douleur par les soignants est le transfert. Les soignants adultes résistent mieux à la douleur en général, et donc transfèrent leurs ressentis et leurs émotions sur la personne qu’ils soignent. Ils pensent que l’enfant supporte la douleur de la même façon qu’ils le feraient.

Liens externes

  • (fr) La découverte d'une molécule naturelle anti-douleur : une vidéo du canal Educatif à la Demande en partenariat avec l'Institut Pasteur
  • (fr) Une vie dans la douleur : Témoignage d'un grand brûlé.
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Récupérée de « http://fr.wikipedia.org../../../d/o/u/Douleur.html »

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