Enfer
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L’enfer est, selon de nombreuses religions, un lieu mythique où, après la mort, ceux qui ont commis des crimes ou péchés dans leur vie sont tourmentés, continuellement ou jusqu'à leur réincarnation.
L’Enfer peut être aussi l'endroit où dans certaines bibliothèques (comme celle du Vatican), on conserve et relègue des livres que l'on ne veut pas montrer au public pour des raisons religieuses ou de morale (contraire aux valeurs civiles et de vie en société).
Sommaire
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L'enfer dans le judaïsme
L'enfer et ses démons sont amplement décrits dans les textes de la kabbale.
L'enfer dans la mythologie grecque
- Hadès (mythologie grecque)
L'enfer dans la religion chrétienne
La notion d'un enfer ou l'on brûle éternellement est tirée de l'interprétation de certains passages du Nouveau Testament. Néanmoins, certains mouvements se disant chrétiens (comme l'adventisme, une déclinaison du protestantisme, ou les Témoins de Jéhovah), généralement issus des doctrines de William Miller (1782–1849), ne partagent pas cette croyance.
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- Voir aussi : Annihilationisme
Le Catéchisme de l'Église catholique (1992) qui fait autorité pour celle-ci écrit : « L'enseignement de l'Église affirme l'existence de l'enfer et son éternité. » (N° 1033). Et il argumente en se référant à l'Évangile. Jésus parle souvent de la « géhenne », du « feu qui ne s'éteint pas » (Mt 5:22-29; 13:42-50; Mc 9:43-48).
Il n'y a là-dedans aucun fatalisme: « Dieu ne prédestine personne à l'enfer ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu. » (N° 1037).
Enfin les catholiques, en même temps qu'une grande majorité d'autres confessions chrétiennes, distinguent l'enfer des enfers. L'enfer est le lieu de la damnation, le lieu éternel sans Dieu. Au contraire les enfers sont le séjour des morts, où ceux qui sont décédés avant le Christ ont attendu sa venue. Ainsi selon les Credo oriental et romain, le Christ est descendu aux enfers, qu'on appelle aussi les Lymbes, libérer ceux qui l'attendaient. Le Christ n'est jamais allé en enfer.
Les croyances
D'après l'Apocalypse de Jean, les démons sont des anges rebelles, qui ont été précipités des cieux sur la terre, à la suite d'une révolte, puis de là, en enfer, qui est l'abîme de feu.
Un tiers des « étoiles du ciel » se seraient ainsi perdues, sous la direction du Diable ou Satan ou encore le grand Dragon rouge-feu.
Et les hommes qui suivent « l'Antéchrist », c'est-à-dire ceux qui refusent de reconnaître Jésus-Christ, partageraient le sort de Satan et de ses anges. Ce serait pour eux la « seconde mort ».
Citations bibliques
Ce que dit la Bible à ce sujet :
Le she’ôl ou schéol
Il s'agit du terme hébreu de l'Ancien Testament désignant le séjour des morts, les enfers. Il représente un lieu sombre et silencieux où les morts sont endormis, couchés dans la poussière.
Dans le livre de l'Ecclésiaste (ou Qohélet), chap. 9 vv. 5-10 (version T.O.B., œcuménique), il est dit :
Les vivants savent en effet qu'ils mourront, mais les morts ne savent rien du tout... car il n'y a ni œuvre, ni bilan, ni savoir, ni sagesse dans le séjour des morts où tu vas.
Selon le Psaume 146:4, « Leur souffle partira, en ce jour ils retournent à leur poussière, et ce jour-là, c'est la ruine de leurs plans » (T.O.B.) ou « ruine de leurs pensées » (Bible de Jérusalem – traduction catholique).
Bien que ces passages indiquent une inactivité, d'autres passages montrent que les vivants sont en mesure de faire revenir les morts de l'au-delà pour les interroger, les réveiller. Dieu dans le Pentateuque interdit à son Peuple de le faire. Le premier roi d'Israël selon la Bible, Saül, fait interroger par une médium à En-Dor, le prophète Samuel, décédé depuis peu, sur l'issue d'une bataille. (1 Samuel [ou 1 Rois dans certaines versions], chapitre 28)
Cette ambivalence entre le sommeil des morts dans les Enfers et leur capacité à se réveiller et à effrayer les vivants, se retrouve dans la vision babylonienne de la mort de laquelle la cosmogonie biblique s'est inspirée. Le héros de l'Épopée de Gilgamesh déclare après la mort de son ami Enkidou :
« L'ami que j'aimais est maintenant comme de l'argile.
Moi aussi, ne vais-je pas connaître le même sort, me coucher,
Et ne plus jamais me lever pour l'éternité? »
Gilgamesh aussi compare la mort à un sommeil dans un autre passage de cette épopée, alors que dans le même temps les récits sur la visite des Enfers peuplent ces lieux de tout un tas d'êtres étranges et que les morts prennent plaisir à venir déranger les vivants.
L’hadès
C’est le terme grec équivalent du mot schéol, utilisé dans le Nouveau Testament. Il désigne le Séjour des morts. Dans Luc 16 (vv. 19 à 31), un homme riche y séjourne, tourmenté dans les flammes, quoique selon certains théologiens, le séjour des morts mentionné dans ce passage fait en fait référence à l'enfer et non aux enfers.
Jésus de Nazareth est aussi descendu dans l'hadès, séjour des morts durant 3 jours, pour prêcher aux esprits en prison (voir T.O.B., note en bas de page), les incrédules de l’époque de Noé (1Pierre 3:18-20), c'est-à-dire l'humanité pécheresse morte avant le Christ.
La géhenne
Vient de Gehinnon, ou Hinnom, vallée située au sud-ouest de la vieille ville de Jérusalem (Jos. 15:8) où furent sacrifiés des enfants au dieu Moloch. (2Chroniques 28:3; 33:6; Jérémie 7:31-32).
Ce lieu fut transformé en décharge publique par le roi Josias (Yoshiya) pour empêcher ce culte (2Rois 23:10). À l'époque de Jésus on y jetait les détritus, mais aussi les cadavres d'animaux morts, ainsi que les corps des criminels exécutés, les jugeant indignes d'une sépulture décente. Ceci pour préserver la ville de toute souillure par rapport au culte rendu au Temple et pour lequel la ville devait rester pure.[1]
Pour entretenir ce feu continuellement afin de se débarrasser des immondices et éviter les épidémies, on versait régulièrement du soufre qui rendait ce feu perpétuel.
La géhenne fut ainsi associée au feu qui ne s'éteint jamais. « Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la Vie que de t'en aller avec tes deux mains dans la géhenne, dans le feu qui ne s'éteint pas. » (Marc 9:43).
Jésus se servit de ce lieu pour expliquer à ses contemporains que la géhenne symbolisait le châtiment définitif.
L'étang de feu
Lieu du feu éternel où, après le Jugement dernier, seront jetés le diable (appelé également Satan, c’est-à-dire « l'Adversaire ») et ses anges (Matthieu, chapitre 25, verset 41). Le livre de l'Apocalypse (chapitre, 20 versets 10 à 15) explique :
« Et le diable […] fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont et la bête et le faux prophète ; et ils seront tourmentés, jour et nuit, aux siècles des siècles. Et je vis un grand trône blanc […]. Et je vis les morts, les grands et les petits, se tenant devant le trône ; et des livres furent ouverts ; et un autre livre fut ouvert qui est celui de la vie. Et les morts furent jugés d’après les choses qui étaient écrites dans les livres, selon leurs œuvres. Et la mer rendit les morts qui étaient en elle ; et la mort et le hadès rendirent les morts qui étaient en eux, et ils furent jugés chacun selon leurs œuvres. Et la mort et le hadès furent jetés dans l’étang de feu : c’est ici la seconde mort, l’étang de feu. Et si quelqu’un n’était pas trouvé écrit dans le livre de vie, il était jeté dans l’étang de feu. »
Représentations artistiques médiévales
Les représentations iconographiques de l'Enfer sont présentes dans les églises (tympans sculptés témoignant du Jugement Dernier, châpiteaux, fresques…), dans les manuscrits et sur les peintures. L'enfer apparaît comme un endroit de torture, bouillonnant et chaud, où s'activent des dizaines de démons. C'était un thème récurrent de l'iconographie pieuse du Moyen Âge, essentiellement dans le catholicisme.
L'enfer dans l'islam
- De très nombreux passages du Coran décrivent l'Enfer ; exemple : Sourate 78, versets 21 à 26 : « L'Enfer demeure aux aguets, refuge pour les transgresseurs. Ils y demeureront pendant des siècles successifs. Ils n'y goûteront ni fraîcheur ni breuvage, hormis une eau bouillante et un pus comme rétribution équitable. »
- Sourate 15, versets 43 à 44 : « La Géhenne sera sûrement pour eux tous leurs rendez-vous. Elle a sept portes: un groupe d'entre eux se tiendra devant chaque porte. »
Les appellations des différents degrés de la Demeure de la perdition sont tous citées dans le Noble Coran mais dispersées dans plusieurs sourates et des dizaines de versets selon leur contenu. Leur ordre serait peut-être comme suit :
- le Feu de la Géhenne,
- le Brasier,
- le Houtama,
- le Saqar,
- le Feu ardent,
- la Fournaise,
- l'Abîme.
- Sourate 39, verset 71 : « Et ceux qui avaient mécru seront conduits par groupes à l'Enfer. Puis quand ils y parviendront, ses portes s'ouvriront et ses gardiens leur diront: "Des messagers [choisis] parmi vous ne vous sont-ils pas venus. vous récitant les versets de votre Seigneur et vous avertissant de la rencontre de votre jour que voici?" Ils diront: si, mais le décret du châtiment s'est avéré juste contre les mécréants. »
L'enfer bouddhiste
Yanluowang 閻羅王 (le roi Yanluo) est un dieu chinois d'origine bouddhiste, gardien et juge de l'enfer. C'est une divinité secondaire présente au Japon aussi sous le nom de Yemma.
Quelques avis littéraires
- « Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur «. (Victor Hugo, Choses vues, 1887)
Notes et commentaires
- ↑ Smith's Dictionary of the Bible, Tome 1.
Voir aussi
- Hadès (mythologie grecque)
- Hel (mythologie nordique)
- Satan ou Lucifer et Belzébuth (Christiannisme)
- La Bible Satanique
- Damnation
- démon
- Monde des esprits
- Jugement dernier
- Paradis
- La Divine Comédie de Dante
Liens externes
- Lecture commentée de l'Apocalypse
- Topo traditionel catholique sur l'Enfer
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