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Lettris

Lettris est un jeu de lettres gravitationnelles proche de Tetris. Chaque lettre qui apparaît descend ; il faut placer les lettres de telle manière que des mots se forment (gauche, droit, haut et bas) et que de la place soit libérée.

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Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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définitions

foi (n.f.)

1.confiance.

2.fait de croire en une doctrine, en une religion.

3.assurance de tenir sa promesse.

 
voir aussi

foi (n.f.)

incrédulité

 
synonymes
 
locutions
 
dictionnaire analogique

foi (n. f.)

N + en + comp

wdn

foi

foi (n. f.)

wdn

foi

foi (n. f.)

wdn

foi

foi (n. f.)

foi (n. f.)

foi (n. f.)

 
le Littré (1880)

FOI (s. f.)

1. Fidélité, exactitude à remplir ses engagements ; et, par extension, assurance, serments, protestations de loyauté.

Si j'en obtiens l'effet, je t'engage ma foi De ne respirer pas un moment après toi (CORN. Cid, III, 4)

Aucun de tes amis ne t'a manqué de foi (CORN. Cinna, III, 4)

Ma foi m'engage ailleurs aussi bien que la vôtre (CORN. Héracl. I, 4)

Mais c'est trop que d'en croire un Romain sur sa foi (CORN. Nicom. II, 3)

Avec beaucoup de foi le traité s'exécute (LA FONT. Fianc.)

Je veux m'abandonner à la foi de ma femme (MOL. Éc. des mar. I, 3)

Cultivez vos amis, soyez homme de foi (BOILEAU Art p. IV)

Si la foi dans son coeur retrouvait quelque place (RAC. Andr. II, 1)

Ta foi dans mon malheur s'est montrée à mes yeux (RAC. ib. IV, 1)

Et moi, si mon devoir, si ma foi ne l'arrête.... (RAC. Bajaz. I, 1)

Je ne reconnais plus la foi de vos discours Qu'au soin que vous prendrez de m'éviter toujours (RAC. Mithr. II, 6)

Quoi ! de quelque côté que je tourne la vue, La foi de tous les coeurs est pour moi disparue (RAC. ib. III, 4)

Ah ! sans doute on s'en peut reposer sur ma foi (RAC. Iphig. III, 6)

Manquant à la foi qu'elle avait donnée à mon père (FÉN. Tél. VII)

Cet esclave chrétien Qui, sur sa foi, seigneur, a passé dans la France (VOLT. Zaïre, I, 3)

Est-ce là cette foi si pure et si sacrée Qu'à mon époux, qu'à moi votre bouche a jurée ? (VOLT. Mér. I, 3)

Charles se défia toujours des promesses du monarque, et se livra à la foi du chevalier (VOLT. Moeurs, 125)

On a déjà vu que la maxime s'était introduite, de ne pas garder la foi aux hérétiques, on en concluait qu'il ne fallait pas la garder aux Mahométans (VOLT. ib. 89)

La foi des traités, des engagements, du serment, des serments, etc. l'assurance que l'on donne de quelque chose par les traités, les engagements, etc.

Il veut que d'un festin la pompe et l'allégresse Confirment à leurs yeux la foi de nos serments (RAC. Brit. V, 1)

Fig. Sur la foi des traités, selon la confiance établie entre les honnêtes gens.

Donner sa foi, faire une promesse solennelle.

Non, seigneur, j'en réponds, et vous donne ma foi Que personne jamais n'aura pouvoir sur moi (MOL. D. Garc. V, 5)

Oui, je vous ai promis et j'ai donné ma foi de n'oublier jamais tout ce que je vous dois (RAC. Bajaz. III, 5)

Jurer sa foi, affirmer par serment.

Jurez-en votre foi (MOL. Mar. f. 2)

Il vous aime très chèrement, il en jure sa foi (SÉV. 381)

Foi de Bohême, la foi que les voleurs se gardent entre eux.

Foi de gentilhomme, foi d'honnête homme, etc. façons de parler dont on use pour attester plus fermement quelque chose.

Foi de, sur ma foi, par ma foi, ma foi, locutions affirmatives de ce qu'on dit ou de ce qu'on avance.

Foi de peuple d'honneur ils lui promirent tous De ne bouger non plus qu'un terme (LA FONT. Fabl. IX, 19)

Quel autre art de penser Aristote et sa suite Enseignent-ils, par votre foi ? (LA FONT. ib. XI, 9)

Il épouse Mademoiselle, ma foi, par ma foi, ma foi jurée (SÉV. 9)

Ma foi ! sur l'avenir bien fou qui se fiera ! (RAC. Plaid. I, 1)

Les précautions n'y font, ma foi, rien (HAMILT. Gramm. 9)

Mais de la maison, ma foi, Le plus beau lit fut pour moi (BÉRANG. Sénat.)

2. Terme de féodalité. Foi et hommage, serment de fidélité que le vassal prêtait entre les mains du suzerain.

Homme de foi, le vassal qui doit foi et hommage.

Terme de blason. Foi se dit de deux mains jointes en signe d'alliance.

Terme de fauconnerie. Laisser aller un oiseau sur sa foi, lui donner plus de filière, pour le réclamer en liberté.

3. Foi conjugale, la promesse de fidélité que les deux époux se font au moment du mariage.

De te garder la foi du mariage (LA FONT. Rich.)

Je sais qu'ils [les sultans] se sont fait une superbe loi De ne point à l'hymen assujettir leur foi (RAC. Bajaz. I, 3)

Consentement au mariage, dans le langage de la poésie et de la prose élevée.

Je le veux de ma main présenter à Chimène, Et que pour récompense il reçoive sa foi (CORN. Cid, IV, 5)

Oui, c'est elle en un mot, dont l'adresse subtile La nuit reçut ta foi sous le nom de Lucile (MOL. le Dép. V, 9)

Le jour où j'obtins sa foi [de ma femme], Un sénateur vint chez moi (BÉRANG. Sénateur.)

4. Bonne foi, qualité de celui pour qui la foi est toujours sacrée, et, plus généralement, la sincérité, la franchise.

Rien n'est si dangereux que trop de bonne foi (CORN. Sertor. IV, 3)

Ne m'allez pas tromper, je vous prie ; il y aurait de la conscience à vous, et vous voyez comme j'y vais à la bonne foi (MOL. D. Juan, II, 2)

L'ardeur de s'enrichir chassa la bonne foi (BOILEAU Épître IX.)

J'ai tenu ma parole, j'ai été ami et ennemi de bonne foi (FÉN. Dial. des morts mod. Richelieu, Mazarin.)

Les princes alliés veulent agir de bonne foi avec nous (FÉN. Tél. XXI)

Nous voudrions savoir si nous sommes de bonne foi revenus à Dieu (MASS. Car. Passion.)

Êtes-vous de bonne foi dans cette résolution ? (MASS. Car. Confess.)

L'évêque du Mans, du Crevy, disait : Je n'ai jamais lu le livre de Quesnel, mais j'en ai entendu dire beaucoup de bien ; et si, par notre acceptation de la bulle, nous avons mis la foi à couvert, nous n'y avons pas mis la bonne foi (DUCLOS Règne Louis XIV, Oeuv. t. v, p. 133, dans POUGENS)

Laisser quelqu'un sur sa bonne foi, le laisser maître de sa conduite, ne pas le surveiller. On laisse ce jeune homme sur sa bonne foi.

On dit dans le même sens : être sur sa bonne foi, sur sa foi.

Autrefois on a dit sous et non sur.

Et le mettre en état, dessous sa bonne foi, De régner en ma place ou de périr pour moi (CORN. Héracl. IV, 1)

Cet homme est fait à la bonne foi, ou il vit à la bonne foi, c'est-à-dire il est assez niais pour se fier aux apparences, ou pour croire tous ceux qui lui donnent des paroles.

Être de bonne foi, être trop confiant.

Ne soyez pas, ma soeur, d'une si bonne foi (MOL. Femmes sav. I, 1)

En jurisprudence, bonne foi, la conviction où l'on est que l'on exerce un droit légitimement, dans les conditions légales. Possesseur de bonne foi, celui qui possède en vertu d'un titre dont il ignore les vices.

En bonne foi, de bonne foi, manière d'en appeler à la franchise, à la justice.

En bonne foi, crois-tu, sans t'éblouir les yeux, Avoir de grands sujets de paraître joyeux ? (MOL. Mis. III, 1)

De bonne foi, voulez-vous que Dieu oublie les crimes ? (MASS. Car. Pardon.)

Je demande en bonne foi si cette espèce d'héroïsme est comparable à celui de Caton, de Cassius (VOLT. Olympie, remarque de l'acte V)

De bonne foi, en bonne foi, sincèrement.

C'est-à-dire que cette grâce suffit, quoiqu'elle ne suffise pas ; c'est-à-dire qu'elle est suffisante de nom et insuffisante en effet ; en bonne foi, cette doctrine est subtile (PASC. Prov. 2)

De bonne foi, madame, répliquai-je, je n'en sais rien (FONTEN. Mondes, 2e soir.)

On dit dans le même sens : de la meilleure foi du monde. Il vous assure cela de la meilleure foi du monde.

Mauvaise foi, déloyauté, absence de franchise, de sincérité. La mauvaise foi de ce débiteur. Homme de mauvaise foi. La mauvaise foi d'un récit.

Faire provision de quelques dés de mauvaise foi (HAMILT. Gramm. 3)

Il se dit de même en jurisprudence. Possession de mauvaise foi. C'est à celui qui allègue la mauvaise foi à la prouver.

5. Valeur du témoignage rendu, véracité.

Certainement nous ferions difficulté de croire ces choses sur la foi d'autrui (BALZ. liv. II, lett. 1)

Ordinairement ils [les catholiques] négligent trop les livres de controverse ; appuyés sur la foi de l'Église, ils ne sont pas assez soigneux de s'instruire dans les ouvrages où leur foi serait confirmée, et où ils trouveraient les moyens de ramener les errants (BOSSUET Confér. avec Claude, avertissement.)

Je puis attester ici la foi publique : ceux qui eurent besoin de son secours trouvèrent-ils jamais entre eux et lui des barrières impénétrables ? (FLÉCH. Lamoignon.)

Attribuant tout le succès de cette négociation au sophiste Libanius contre la foi de l'histoire et contre le témoignage des auteurs contemporains (FLÉCH. Hist. de Théod. III, 85)

Faire foi, prouver, témoigner. Acte qui fait foi en justice.

[Ils] Nous content qu'ils sont fils d'Hercule Sans toutefois en faire foi (MALH. VI, 8)

Je le repousserai d'un air qui fera foi Qu'on ne doit pas manquer de respect à son roi (TRISTAN Mariane, II, 5)

Oui, je veux que de tout vos yeux vous fassent foi (MOL. Mis. III, 7)

Mon Dieu ! laissons là le mérite ; J'en ai fort peu sans doute et vous en faites foi (MOL. Tart. II, 4)

Les histoires grecques font foi que cette philosophie venait d'Orient (BOSSUET Hist. II, 5)

Dans les champs phrygiens les effets feront foi Qui la chérit le plus ou d'Ulysse ou de moi (RAC. Iphig. I, 2)

L'état où il paraissait, son sang, ses plaies faisaient foi pour lui (ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. III, p. 71, dans POUGENS)

Qui croirait qu'il lui en coûta [à Henri IV] trente-deux millions numéraires de son temps pour payer les prétentions de tant de seigneurs ? les mémoires du duc de Sully en font foi (VOLT. Moeurs, 174)

Dans le langage des certificats. En foi de quoi j'ai signé le présent certificat, c'est-à-dire pour attester telle chose j'ai signé.

Fig.

Sur la foi de, en se confiant, en croyant à.... Sur la foi de ses pleurs je n'ai rien craint de vous (CORN. Rodog. v, 4)

Et nous qui jugeons tout sur la foi de nos yeux (CORN. Sertor. III, 2)

Le plus sage s'endort sur la foi des zéphyrs (LA FONT. Él. aux nymphes de Vaux.)

Sur la foi de ses pleurs ses esclaves tremblèrent (RAC. Bajaz. I, 1)

Et qui ne se serait comme moi déclarée Sur la foi d'une amour si saintement jurée ? (RAC. Andr. II, 1)

Un roi dont la grandeur éclipsa ses ancêtres Crut pourtant, sur la foi d'un confesseur normand, Jansenius à craindre et Quesnel important (VOLT. Loi nat. IV)

réance que l'on accorde aux hommes ou aux choses.

Je doutais qu'un secret n'étant su que de moi Sous un tyran si craint pût trouver tant de foi (CORN. Hérac. II, 6)

Quiconque le peut croire ainsi que vous et moi, S'il a manque de sens, n'a pas manque de foi (CORN. le Ment. III, 2)

Venez, divin mortel, sa [de Démocrite] folie est extrême ; Hippocrate n'eut pas trop de foi pour ces gens (LA FONT. Fabl. VIII, 26)

Beaucoup de gens ont une ferme foi Pour les brevets.... (LA FONT. Orais.)

Quoiqu'à leur nation bien peu de foi soit due (MOL. l'Ét. II, 13)

Mais je n'ai point pris foi sur ces méchantes langues (MOL. Éc. des f. II, 6)

Mme de Montmorenci avait dans Bordeu une foi dont son fils finit par être la victime (J. J. ROUSS. Conf. XI)

J'ai foi à vos discours où le mensonge n'entre pas (P. L. COUR. au rédacteur de la Quotidienne)

Ajouter foi, et, quelquefois, prêter foi, croire, donner créance.

À Phorbas ajouteriez-vous foi ? (CORN. Oedipe, IV, 2)

Ils ajoutaient foi aux fausses prédictions (BOSSUET Hist. II, 8)

À ces discours trompeurs le monde ajoute foi (BOILEAU Sat. XI)

Avoir foi en soi-même, croire en soi, être plein de confiance dans son habileté, son succès, etc.

Il se trouble à l'éclat de sa grandeur suprême, Il s'impose, il s'adore, il a foi dans lui-même (C. DELAV. Paria, I, 2)

En foi, en confiance.

Si l'on vous presse d'aller à Paris, marchez en foi (BOSSUET Lett. Corn. 65)

6. Croyance aux dogmes de la religion. Les premiers disciples de la foi. La propagation de la foi.

Qui fuit croit lâchement et n'a qu'une foi morte (CORN. Poly. II, 6)

Il est impossible de plaire à Dieu sans la foi ; car, pour s'approcher de Dieu, il faut croire premièrement qu'il y a un Dieu (SACI Bible, St Paul, Ép. aux Hébr. XI, 6)

Combien aura-t-il plus de soin de vous vêtir, ô homme de peu de foi ! (SACI Bible, Év. St Matthieu VI, 30)

Si jamais l'on peut dire que la voie du chrétien est étroite, c'est, messieurs, durant les persécutions ; car que peut-on imaginer de plus malheureux que de ne pouvoir conserver la foi, sans s'exposer au supplice, ni sacrifier sans trouble, ni chercher Dieu qu'en tremblant ? (BOSSUET Reine d'Anglet.)

Nous voyons en Louis non un roi, mais un serviteur de Jésus-Christ et un prince qui s'élève au-dessus des hommes plus encore par la foi que par sa couronne (BOSSUET Marie-Thér.)

Les gages de l'amour divin, en eux-mêmes, sont indépendants de notre foi ; seulement il faut notre foi pour en profiter (BOSSUET Var. IX, § 32)

Pour être assuré d'avoir cette foi vive qui opère la véritable conversion du coeur, il faudrait être assuré que le péché ne règne plus en nous (BOSSUET ib. I, § 16)

Une foi vive est le fondement de la stabilité que nous admirons ; car d'où viennent nos inconstances, si ce n'est de notre foi chancelante ? (BOSSUET Marie-Thér.)

La foi est donc un soutien, mais des choses qu'on doit espérer ; c'est une pleine conviction de ce qui ne paraît pas (BOSSUET ib.)

Mais qui eût pu refuser l'eucharistie à l'innocence, et Jésus-Christ à une foi si vive et si pure ? (BOSSUET ib.)

Siècle vainement subtil.... où tant d'âmes insensées cherchent leur repos dans le naufrage de la foi, et ne font d'effort contre elles-mêmes que pour vaincre, au lieu de leurs passions, les remords de leur conscience (BOSSUET Ann. de Gonz.)

Croyons donc avec saint Jean en l'amour d'un Dieu ; la foi nous paraîtra douce, en la prenant par un endroit si tendre (BOSSUET Anne de Gonz.)

Il faut imposer silence à nos pensées, à nos discours et à notre raison, et entrer avec Moïse dans la nuée, c'est-à-dire dans les saintes ténèbres de la foi, pour connaître Dieu et ses vérités (BOSSUET 1er serm. Quinquag. 1)

Il est essentiel à la foi de ne pas voir et de croire ce qu'on ne voit pas (BOURD. Pens. t. I, p. 156)

De même que la foi vivifie les oeuvres, on peut dire que les oeuvres vivifient la foi (BOURD. ib. p. 178)

Le concile de Trente, voulant nous donner une idée exacte de la foi, s'est servi de trois paroles bien remarquables, lorsqu'il nous déclare que la foi est le commencement, le fondement et la racine de notre justification (BOURD. 3e dim. après l'Épiph. Dominic. t. I, p. 133)

La nation chérie a violé sa foi (RAC. Esth. I, 4)

La foi qui n'agit point est-ce une foi sincère ? (RAC. Ath. I, 1)

Armez-vous d'un courage et d'une foi nouvelle ; Il est temps de montrer cette ardeur et ce zèle Qu'au fond de votre coeur mes soins ont cultivés Et de payer à Dieu ce que vous lui devez (RAC. ib. IV, 2)

Je dis que la foi est absolument nécessaire à l'homme dans les voies ténébreuses de cette vie (MASS. Car. Vér. de la religion.)

Les Asiatiques ne peuvent croire que par la foi le voyage de Mahomet dans les sept planètes, les incarnations du dieu Fo, de Vitsnou, de Xaca, de Brama, de Sommonacodom (VOLT. Dict. phil. Foi.)

Le dieu des humbles fois descend du ciel sur nous (LAMART. Joc. VI, 230)

Fig.

Je ne pouvais croire qu'il fût possible qu'elle [Mlle de Rambouillet] eût rencontré à écrire si bien de cette sorte [dans le style des romans de chevalerie], n'ayant jamais lu de cette manière de livres ; mais c'est par foi qu'il faut la connaître, et non pas par raison (VOIT. Lett. 30)

Planter la foi dans un pays, y introduire la religion chrétienne.

Avoir la foi, être convaincu de la vérité d'une religion, et, en particulier, de la religion chrétienne.

Vous vous convertiriez si vous aviez la foi (MASS. Avent, Délai.)

Quand on a de la foi et qu'on est touché de la gloire de Dieu (MASS. Carême, Mélange.)

Foi divine, celle qui est fondée sur la révélation ; foi humaine, celle qui est fondée sur le témoignage des hommes.

Foi de saint Thomas, celle qui ne s'accorde que quand on a vu et touché, ou reconnu vrai par quelque épreuve, par allusion à Thomas, qui dans l'Évangile ne veut croire à Jésus ressuscité que quand il l'a touché.

Voilà de ces cas où il ne faut avoir de foi que celle de saint Thomas, et demander à voir et à toucher (VOLT. Lett. duch. de Hesse-Cassel, 14 mai 1754)

La foi, avec l'espérance et la charité, est une des trois vertus théologales.

Le mérite de la foi, le mérite qu'il y a à croire les mystères de la religion, sans y employer la raison ou la science.

Comme le mérite de la foi est de nous faire espérer contre l'espérance même.... (BOURDAL. Carême, sur la Providence.)

On dit que Fra Paolo ne voulut pas jeter les yeux sur le livre d'un de ses amis qui démontrait la vérité des dogmes pour ne pas perdre le mérite de la foi (VOLT. Lett. Constant de Rebecque, le.... 1773)

La foi du charbonnier, foi ferme, mais sans science. On tire ce proverbe d'un conte : un charbonnier, étant enquis par le diable de ce qu'il croyait, lui répondit toujours : je crois ce que l'Église croit.

La foi du centenier, la foi du charbonnier sont passées en proverbe ; je suis soldat et bûcheron, c'est comme charbonnier (P. L. COUR. Lett. à l'Acad. des inscr.)

Familièrement. N'avoir ni foi ni loi, n'avoir ni religion ni morale.

Un coupe-gorge où il n'y a ni foi ni loi (SÉV. 597)

Qui méprise Cotin n'estime point son roi, Et n'a, selon Cotin, ni dieu, ni foi, ni loi (BOILEAU Sat. IX.)

7. L'objet de la foi, les dogmes d'une religion, cette religion même.

Ses aumônes se répandaient de toutes parts jusqu'aux dernières extrémités de ses trois royaumes ; et, s'étendant, par leur abondance, même sur les ennemis de la foi, elles adoucissaient leur aigreur et les ramenaient à l'Église (BOSSUET Reine d'Anglet.)

Nous croyons, dit l'apôtre, et nous confessons l'amour que Dieu a pour nous ; c'est là toute la foi des chrétiens ; c'est la cause et l'abrégé de tout le symbole (BOSSUET Anne de Gonz.)

Il reste la foi qui est la plus noble de toutes les connaissances, parce qu'elle a l'autorité de la révélation (FLÉCH. II, 156)

Il [Théodose] ordonnait que la foi de Nicée fût généralement reçue et approuvée dans toute l'étendue de son empire (FLÉCH. Hist. de Théod. II, 1)

Il est de foi que tous ceux qui ne vivront pas dans la vigilance chrétienne, seront surpris par une ruine prompte et inévitable (FÉN. t. XVII, p. 208)

Il lisait beaucoup sur les matières de religion, car sa piété était éclairée, et il accompagnait de toutes les lumières de la raison la respectable obscurité de la foi (FONTEN. Dodart.)

Martyr, ainsi que moi, de la foi de mes pères (VOLT. Zaïre, II, 3)

Profession de foi, exposition des dogmes ou principes que l'on tient pour orthodoxes.

Profession de foi a passé dans le langage général, où il signifie toute déclaration de principes auxquels on adhère, et, particulièrement, la déclaration qu'un candidat fait de ses opinions, de ses principes. Il a envoyé aux électeurs sa profession de foi.

Règle de foi, s'est dit quelquefois, dans le langage ecclésiastique, pour profession de foi. On a dit aussi confession de foi.

Articles de foi, les différentes parties d'un symbole, d'une profession de foi.

Familièrement. Croire une chose comme un article de foi, la croire fermement.

Croire tout comme article de foi, être fort crédule.

Fig. Ce n'est pas article de foi, se dit d'une chose indigne de croyance.

8. Armée de la foi, bandes espagnoles qui se formèrent en 1820 pour renverser la constitution de 1812, et défendre le roi et la foi.

M. le maire est le télégraphe de notre commune ; en le voyant on sait tous les événements ; lorsqu'il nous salue, c'est que l'armée de la foi a reçu quelque échec (P. L. COUR. Gazette du village, n° 4)

9. Ancien terme d'optique. Ligne de foi, la ligne, qui, partant du centre de l'objet, tombe perpendiculairement sur le centre du verre de la lunette avec laquelle on le regarde.

Terme d'horlogerie. La ligne de l'alidade qui passe toujours par le centre de la graduation (voy. LIGNE n° 15).

HISTORIQUE

XIe s.Serai ses hom par amor et par feid (Ch. de Rol. VI)Que l'uns à l'autre la sue feit plevist [engageât] (ib. XXX)

XIIe s.Par foi [par ma foi] (Ronc. p. 25)Par ma foi, Guenes, vous avez blasme grant (ib. p. 181)Il boissa [trompa] le roi Charle et sa foi lui menti (ib. p. 192)Onques [je] ne chantai faintement ; Ma bone foi m'en a gardé (Couci, p. 121)Se vostre home vous veulent par droite foi aidier (Sax. VI)L'arcevesque respunt senz ire e senz desrei ; Richarz, tu es mis huem : si me deis porter fei (Th. le mart. 51)

XIIIe s.Cil jurerent seur sains le message à tenir en bonne foi (VILLEH. LV)Je vous pri sur la foy que vous m'avez jurée (Berte, XV)De foy et de creance enterine et meüre (ib. XLII)Dame, foy que je doi au cors saint Nicolas, Berte est la mieudre ouvriere.... (ib. LVII)Je lo [conseille] en bonne foy que nous nous en aillons (ib. LXXVII)Je n'i sui pas tenus, s'on ne me fet foi que li escrit sunt perdu.... (BEAUMANOIR XL, 32)Et qui edefie en heritage qu'il tient par cause de male foi, cil qui par bone cause le gaaigne, a les edefices sans riens rendre (BEAUMANOIR XX, 3)Noz avons veu apeler de foi mentie (BEAUMANOIR LXI, 63)Nus hom ne puet [peut] venir à beatitude se par foi non (BRUN. LATINI Trésor, p. 461)

XIVe s.Nus ne quens [comte] ne bers [baron] ne autres ne puet donner son homme de foi [vassal], se n'est à son frere ou à sa suer (Ordonn. t. I, p. 204)

XVe s.Et firent les princes et seigneurs leur foy humblement les genoulx à terre (COMM. V, 18)

XVIe s.L'ancienneté de l'Escriture n'est pas de petite importance, pour nous y faire adjouster foi (CALV. Inst. 38)Cela ne blesse en rien nostre foi (CALV. ib. 103)La foi souvent vaut autant à dire comme saine et pure doctrine quant à la religion (CALV. ib. 429)La foy est une vision des choses qui ne se voyent point (CALV. ib. 321)Foy morte [sans oeuvres] (CALV. ib. 642)Je me fie aysement à la foy d'aultrui (MONT. I, 26)Observer la foy donnée (MONT. I, 27)[Témoins] dignes de foy (MONT. I, 202)Ils enregistrent, à la bonne foy, toutes choses sans chois (MONT. II, 110)Il n'a rien desguisé, de quoy font foy les libres jugements que.... (MONT. II, 112)Possesseur de malle foi ne peut prescrire (LOYSEL 730)Les vices qui ont pris pied ne s'en vont point (comme on dit) à la bonne foy ; il faut les pousser dehors (LANOUE 104)On remarquera quelques evenements qui font foy que ce que j'ay mis en avant n'est pas impossible (LANOUE 316)Je n'estois pas sur mes armes, je n'avois qu'une petite foi de gentilhomme [petit couteau qui attestait la noblesse par le droit de sortir armé] (D'AUB. Faen. II, 3)Je lui appris à parler de la gorge, à peigner ses cheveux, à dire : ma foy hay, au lieu de ma foy (D'AUB. Conf. II, 1)Fiefs nobles escheuz à gens roturiers par succession directe, se departent par teste jusqu'à ce qu'ils viennent à la tierce foi [c'est-à-dire à la troisième génération] ; et quand ils sont en tierce foy, y prend l'ainé tel avantage comme font les gens nobles (Coust. génér. t. II, p. 277)

ÉTYMOLOGIE

Berry, foué ; pic. et lorrain, fi ; franccomt. fay ; provenç. espagn. et portug. fe ; ital. fede ; du latin fides, de même radical que le verbe grec traduit persuader.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

FOI.

10. Ligne de foi, voy. LIGNE, n° 15, où ce qu'est la ligne de foi est mieux expliqué.

11. En termes juridiques, faire foi à, accorder pleine confiance à.

Attendu qu'A.... et Ce, banquiers à Boulogne, attestent ces faits, et ajoutent que les titres appliqués à D.... sont toujours restés depuis dans leur caisse ; qu'il y a lieu de faire foi à cette déclaration et d'admettre la continuité de possession à D... (Gaz. des Trib. 25-26 janv. 1875, p. 81, 4e col.)

FOI et FOIBLE et FOIBLESSE et FOIBLIR

Voy.

FAIBLE

,

FAIBLESSE

,

FAIBLIR

.

 
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Foi

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Cet article possède des homophones, voir foie, fois et Foix. 

Sommaire

  • 1 Introduction
  • 2 Étymologie
  • 3 Sur l'importance de la foi
  • 4 La foi (pistis) chez Platon et Aristote
  • 5 Panthéisme ou Déisme
  • 6 La foi et la science
  • 7 La foi judaïque
  • 8 La foi chrétienne
  • 9 La foi dans la Bible
  • 10 La foi de l'islam : Al-Imâne
  • 11 Citations
  • 12 Liens internes
  • 13 Liens externes

Introduction

Foi est un mot doté d'un large champ sémantique . Au sens profane, qui est aussi le sens premier, il a le sens de confiance : confiance en quelqu'un, mais aussi en soi-même, voire confiance que l'on inspire (d'où l'expression "être de bonne foi").

Au sens philosophique (voir "la foi chez Platon et Aristote", ci-dessous), la foi est de l'ordre de la certitude intuitive, antérieure à toute démarche réflexive.

Dans le domaine religieux, sens dans lequel on l'utilise le plus souvent, avoir la foi signifie croire en Dieu, et vise aussi bien la connaissance de Dieu que la confiance qu'on place en lui. L'acte de foi implique en outre de se situer globalement vis-à-vis du réel :

  • Dans une prise de position existentielle fondamentale face à la vie.
  • Au sein d'un système conceptuel construisant ou justifiant l'agir humain, une vision du monde, ou les limites d'un savoir.
  • Par l'adoption d'un paradigme global.

La définition de ce mot et même la méthodologie utilisée pour parvenir à une définition de ce mot relèvent donc d'options philosophiques ou religieuses fondamentales.

Enfin, la foi a une importance décisive dans la poursuite des projets humains, la religion, la morale, la politique, la justice, l'éducation, la vie sociale...

Étymologie

Étymologiquement, "foi" provient du latin fides et se rattache à une racine indo-européenne bheidh "avoir confiance" [1].

Il est intéressant de noter que le mot latin fides n'a aucune connotation religieuse ; il provient du vocabulaire profane, et évoque la simple confiance que l'on peut avoir en quelqu'un. C'est la Bible qui l'utilise, dans ses traductions latines, pour traduire le mot hébreu emunah qui désigne l'attitude de l'homme devant Dieu. Le latin utiliserait plutôt le mot religio, dans le sens d'une observation scrupuleuse des rites (ainsi Cicéron), et le grec threskeia, dans le même sens. Avec la Bible, puis le christianisme, la relation à Dieu est donc envisagée comme d'ordre inter-personnel.

Sur l'importance de la foi

Avoir ou ne pas avoir la foi

Le langage courant entend souvent par foi, la foi en Dieu, et il est dit alors de celui qui rejette l'idée de Dieu qu'il n'a pas la foi, mais la foi peut être aussi une confiance dans le réel, dans l'intelligibiltié partielle du monde, de la matière ou de la perception sensorielle.

Une option tranchée implicitement

En définissant la foi comme l'attitude confiante fondamentale face à l'existence, apparait alors son contraire, d'où l'alternative suivante :

1) La révolte, le sentiment de l'absurde, le refus de l'existence et de l'univers tel qu'il est expérimenté, le suicide.

2) L'émerveillement, l'acceptation, la confiance, l'espérance de sens dans le réel ou l'expectative.

La première option peut se résumer par un "non" la seconde par un "oui". Le oui à l'existence revêt alors de fait le caractère de foi à différents degrés. Le concept de Dieu même si il était implicite à cette foi ici-décrite, n'apparait pas explicitement comme nécessaire à cette option face à la vie.

Une option qui peut comporter des biais

Consciemment ou inconsciemment, celui qui a la foi dans une religion ou, de façon plus générale, dans un système de pensée, peut effectuer des biais. Il en fut ainsi pendant longtemps des chrétiens, qui considèrèrent les Juifs comme "perfides", c'est-à-dire manquant de foi (voir Oremus et pro perfidis judaeis).

La foi et l'eschatologie

La foi peut être intuitive et immédiate, mais peut aussi être l'objet d'un parcours intellectuel.

Intellectuellement, la recherche de compréhension des origines de l'univers (cosmologie), de la vie, de l'homme (anthropogénèse), de la conscience (neurosciences et sciences cognitives) ou de sa propre existence peuvent être des chemins (des voies) pour connaître sa foi (ou sa non foi).

La cosmologie est devenue une discipline scientifique autonome. Les représentations sociales et symboliques induites par une nouvelle représentation du monde peuvent aussi induire une cosmologie religieuse, ligne de force d'une nouvelle forme de cause première.

De nombreux chercheurs et lauréats du prix Nobel publient ainsi leurs considérations sur leur foi, qu'elles soient déistes ou athée, et sont écoutés et parfois critiqués par le milieu intellectuel.

Mais à cette recherche des origines prime une autre rencontre plus accessible : celle de la destination, de ses limites, de la fin ou encore de la mort. À cet égard, le comportement face aux limites de sa propre vie peut être l'objet de cette même méditation existentielle (et pas seulement intellectuelle) :

- Limites physiques: la souffrance, le deuil, la maladie, un accident, la vieillesse.

- Limites morales: la solitude, la séparation, le chômage, les faiblesses, privation partielle ou totale d'une faculté qu'un autre être humain voisin a (expérience du manque par la jalousie : don, richesse, pouvoir, intelligence)

Ces expériences sont caractérisées par certains philosophes et théologiens de "mort ontologique" ou plus simplement, de limite de l'existence. Elles peuvent aussi être vues comme manifestation théologique du mal, entendu ainsi comme limite de l'être.

La confrontation avec ces limites de l'être remet en cause en permanence notre foi sans remettre en cause le constat premier : celui de notre existence. En ce sens, la vie peut être l'occasion d'un approfondissement.

La foi (pistis) chez Platon et Aristote

Dans la tradition philosophique grecque, le mot pistis (équivalent du latin fides et du français foi) n'a aucune connotation religieuse. Platon en fait un des modes de connaissance du réel ; Aristote y voit l'adhésion qu'un orateur persuasif et talentueux obtient de son auditoire .

Platon : la foi-pistis, mode de connaissance du réel

Pour Platon (la République, livre VI), la foi permet de connaître certaines réalités du monde.

Le monde platonicien se divise en deux parties : le monde visible, et le monde intelligible qui n’est autre que le monde des idées. Le premier appelle le second : c’est en partant de l’observation du réel qu’on peut avoir accès aux Idées du monde supérieur. Chacun de ces deux domaines est lui-même divisé en deux. Le monde connaissable est donc divisé en quatre parties : les images, les objets, les idées inférieures et les idées supérieures ; à chacune de ces parties appartient un mode de connaissance spécifique : aux images, l’imagination ; aux objets, la foi (pistis) ; aux idées inférieures, la connaissance discursive (dianoia) ; aux idées supérieures, l’intelligence (nous).

Platon résume cela dans un schéma linéaire, auquel on donnera par la suite le surnom de mythe de la ligne.

Aristote : la foi-pistis, force de conviction et socle de croyances communes

Aristote rapproche le mot pistis du verbe peithomai, qui signifie persuader, convaincre un interlocuteur. Son point de départ est donc une réflexion sur le discours et le langage.

Tout discours, pour Aristote, repose sur un socle de convictions que partagent l'orateur et son auditoire. La pistis aristotélicienne est donc à la fois force de conviction, ensemble de croyances communes qui forment le socle de la réflexion, et confiance accordée à l’orateur :

"Si notre connaissance, notre croyance, provient de prémisses premières, ce sont celles-ci que nous connaissons le mieux et auxquelles nous croyons davantage, parce que c’est par elle que nous connaissons les conséquences." (Seconde Analytique, 72a 30)

Pour Aristote en effet, nous ne pouvons raisonner que parce que nous partageons des convictions communes. Ces convictions sont préalables à toute démarche scientifique. Ainsi, le soleil nous paraît plus petit que la terre : pourtant, nous savons qu'il est plus grand (De anima III, 3, 428 b4) ; une telle foi n'est fondée sur aucune expérience mais est indispensable à tout ce que nous pouvons dire à propos du cosmos.

La théologie chrétienne de la foi, héritière de Platon et d'Aristote.

Ni Platon, ni Aristote n'imaginent que la foi ait une quelconque dimension religieuse, car pour eux le religieux est d'un autre domaine : celui de la crainte et du respect dû aux divinités. Toutefois, les premiers théologiens chrétiens (les Pères de l'Eglise), soucieux d'établir un dialogue avec la philosophie, auront soin de montrer que les deux grands penseurs de l'Antiquité connaissaient la foi et en faisaient usage dans leurs travaux. Ce souci apologétique aura pour le christianisme une conséquence décisive : la foi, qui relève, dans la Bible, d'une confiance en Dieu, sera désormais comprise comme une démarche de l'intelligence. L'accent va être alors mis sur la dimension intellectuelle et rationnelle de l'acte de foi.

Panthéisme ou Déisme

Une option fondamentale s'offre à la pensée humaine quand elle constate son existence et celle de l'univers :

1) Panthéisme (au sens large):

L'univers s'explique par lui même. Il est éternel, infini et contient en lui les causes des événements à venir.

1A) Une ou plusieurs parties de cet univers en est la cause. C'est ce qu'on appelle l'idôlatrie, l'animisme..., la quasi totalité des religions primitives (dite religion naturelle).

1B) L'ensemble de l'univers en est la cause (panthéisme de Leibniz) et ceci par exemple par la structure de la matière (matérialisme).

Il est à noter que l'ensemble de la philosophie grecque et les religions et philosophies orientales se rattachent au panthéisme au sens large, hormis l'atomisme pré-socratique qui professe une explication de l'existence par le hasard, ce qui est une façon d'éviter de répondre à la question liée au constat de l'existence. (voir plus bas)

2) Déisme :

L'univers n'est pas éternel ni ne s'explique par lui même. Le monde, la vie et l'Homme sont à attribuer à quelque chose hors de l'univers d'éternel, de tout puissant et s'expliquant (par définition) par lui-même : Dieu (philosophique). C'est la foi des trois religions dites "révélées".

Note sur l'explication de l'existence par le hasard :

Lorsque l'on répond au constat de l'existence (la sienne et celle de l'univers) par : "nous existons, mais nous aurions pu aussi bien ne pas exister", on ne répond pas à la question puisque en effet "nous existons" et c'est le point de départ de la question. Henri Bergson a remarquablement résumé le consensus philosophique qui prévaut par le fait qu'il est impossible de penser le néant (cf. l'Evolution créatrice). Autrement dit, nous sommes ramenés à l'alternative entre panthéisme au sens large ou déisme.

La foi et la science

Voir l’article Relation entre science et foi.

Au XVIIe siècle, Galilée ouvrit la voie à la science moderne. Son procès et sa condamnation (1633) ont été à l'origine d'une séparation entre foi et science, et même d'un divorce entre la foi, qui apparut comme une superstition, et la raison (science), seul véritable chemin de recherche de la vérité, par les lumières naturelles (Descartes). L'affaire Galilée fut le point de départ de la révolution copernicienne, qui entraîna un changement de représentation du monde se déroulant sur plusieurs siècles.

La science entendue comme corrélation entre l'empirisme expérimental et la recherche créative théorique, n'a méthodologiquement pas la possibilité de remettre en cause l'existence de son objet. En mesurant et en recherchant des règles scientifiques et une cohérence aux données de la perception, la science ne peut pas s'interroger sur le comment ou pourquoi cette réalité est intelligible.

En fait plusieurs postulats sont préalables à toute science (cf. La matière aujourd'hui, ouvrage collectif § de H.Reeves) :

1) Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? (cette question est plus pertinente que celle du commencement temporel). C'est la question dite ontologique. ( Mais quand on réfléchit en profondeur sur le pourquoi de cette interrogation, on s'aperçoit que l'esprit humain est ainsi fait qu'il lui semblerait plus "logique" qu'il n'y eut rien plutôt que quelque chose.)

2) Pourquoi cet univers est-il compréhensible (vulgairement: pourquoi est-il une musique plutôt que du bruit). Albert Einstein disait : "ce qui est incompréhensible, c'est que le monde soit compréhensible" (cit. Stephen Hawking, brève histoire du temps, introduction). Derrière cette remarque se situent 3 axiomes:

2A) L'univers semble effectivement bien régi par des règles scientifiques, qui prennent la forme de forces (par exemple : gravité, électromagnétisme...). C'est le point de départ de toute la réflexion philosophique sur l'ordre, le chaos ...

2B) L'homme a la possibilité d'appréhender ces lois individuellement (recherche scientifique personnelle). C'est la possibilité de passer du "cogito" à une appréhension rationnelle du monde.

2C) L'homme a la possibilité de construire cette science collectivement (possibilité de la science comme construction collective). C'est le fait de l'existence de "Autrui". Isaac Newton (reprenant la citation originellement énoncée par Bertrand de Charte au XII siècle) disait : "nous sommes des nains (scientifiques contemporains) sur les épaules de géants (scientifiques antérieurs)". Remarque : ce dernier point à la face rationnelle-émergée de l'iceberg du problème de l'Autre en philosophie, qui se pose comme point de départ de toute réflexion sur la société, le droit, la justice...

Il a été démontré philosophiquement en quoi l'empirisme logique, notamment professé par l'école de Vienne était une position arbitraire (Claude Tresmontant : comment se pose aujourd'hui le problème de l'existence de Dieu). L'empirisme logique postule comme rationnelles les seules assertions pouvant être vérifiées expérimentalement. L'intelligence rationnelle dépasse en fait constamment le cadre de l'empirisme logique, et ceci au sein même du processus intellectuel de recherche scientifique (Eccles, évolution du cerveau et création de la conscience, chap 10).

Les points de départ de la métaphysique, ou les limites de la science comme recherche du sens de l'existence ou de la foi sont en résumé les suivants:

1) Physique : l'origine et le destin de l'univers par l'infiniment grand (cosmologie) et l'infiniment petit (recherches sur les particules).

2) Biogénèse : l'origine de la vie (dont l'epérience de Miller est une des réflexions les plus célèbres).

3) Anthropologie : l'origine de la conscience (notamment, les travaux d'Eccles).

4) démographie, écologie et sociologie : les limites de la science pour résoudre les problèmes liés au développement durable sur une planète peuplée de plus de 6 milliards d'habitants.

Les découvertes de la science au XXe  siècle ont ainsi ouvert la voie à de nouvelles pistes de co-existence entre foi et raison.

Le pape Jean-Paul II a publié le 14 septembre 1998 une encyclique sur les rapports entre la foi et la raison : Fides et ratio. Cette encyclique met l'accent sur l'importance des philosophies présentant une ouverture métaphysique pour assurer une fonction de médiation dans l'intelligence de la Révélation.

La foi judaïque

La foi du peuple juif a été une nouveauté historique :

Elle est la première à affirmer que l'univers (tout et parties) n'est pas divin, c'est à dire qu'il ne possède pas en lui les propriétés divines (aséité, éternité, toute puissance, infinité...). Autrement dit, c'est la première "philosophie" ou vision du monde non panthéiste. (cf. récit de la création de la Genèse).

- Elle affirme que cette divinité est Une, qu'elle s'adresse à l'homme, que ce dernier est à son image et que l'homme est appelé à participer à la vie divine. (cf. Idem)

- Elle prétend être périodiquement informée directement de Dieu dans le cadre de ce qu'on appelle le prophétisme hébreux : 2000 ans pendant lesquels des prophètes parlent (ou disent parler) au nom de Dieu au peuple hébreux. (Ancien Testament, livres prophétiques)

- Elle situe et approfondit la morale dite naturelle dans le cadre de ce projet créateur et rédempteur. (cf. Exode : Dix Commandements et autres prescriptions juives).

- Cette foi devient l'élément fondateur du peuple juif, ce dernier étant dépositaire de la révélation, élu par Dieu. Peuple ainé dans l'ordre de la rédemption.

D'autre part, la foi du peuple juif et ses livres sont considérés par l'ensemble des chrétiens comme la base historique et théologique de la foi chétienne : ancienne alliance (ou Ancien Testament). Les musulmans ne retiennent de leur côté que certains traits les plus caractéristiques de la foi juive (monothéisme, Abraham comme père des croyants...) tout en se démarquant de celle-ci sur de nombreux points non négligeables (messianisme, le peuple en marche de l'exode...).

La foi chrétienne

Hébreux 11:1 Or la foi est l'assurance des choses qu'on espère, et la conviction de celles qu'on ne voit pas.

La foi du chrétien (catholique, orthodoxe et d'une partie des protestants) est contenue de manière synthétique et dogmatique dans les différentes versions du credo ("je crois" en latin) appelé aussi symbole des apôtres. Le credo (deux versions principales symbole de Nycée et symbole de Constantinople) est un texte de plusieurs dizaines de phrases qui exprime successivement la foi :

- En Dieu créateur de l'univers (le Dieu des philosophes et le Dieu de Einstein).

- En Jésus Christ et les principaux événements de sa vie, de sa mort et de sa résurrection. (foi au Christ historique mais aussi messianique).

- En l'Esprit saint (divergences de définitions entre catholiques et orthodoxes), l'Église (entendue comme spirituelle chez les protestants et incarnée par l'Église hiérarchique chez les catholiques et orthodoxes), la communion des saints (idem), à la vie éternelle... (Bonne Nouvelle ou pertinence actuelle du message du Christ)

Mais "je crois en Dieu" ne se réduit pas à "Dieu existe" ou "je crois à l'existence de Dieu". En effet, "je crois en Dieu" implique successivement:

- Je crois en l'existence de Dieu.

- Je crois et j'acquiesce au plan de Dieu dans ma vie (en latin la phrase est construite par credo in + acc. qui suppose une mise en mouvement, donc une interaction réciproque). La foi du chrétien est une rencontre personnelle avec Jésus Christ et une expérimentation de sa parole et de l'Église comme édifiante, salvatrice et source de paix.

La foi chrétienne est ensuite avant tout communautaire (cf. J.Ratzinger les principes de la théologie catholique § 1 Structure et contenu dans la foi chrétienne). Elle n'est pas un acquis mais l'objet d'une éducation permanente dont la catéchèse est l'élément central (cf. Directoire général de la catéchèse). Elle naît de la prédication (saint Paul) et meurt si elle n'est pas transmise.

- Elle peut être enseignée dès l'enfance (éducation chrétienne familiale) et mûrit alors depuis la réception du baptême puis tout au long de la vie.

- Elle peut naître adulte et être alors éduquée dans le cadre du catéchuménat. L'approfondissement de la foi chrétienne est alors validé dans le scrutin du catéchuménat appelé "redditio symboli" ce qui se veut dire en français "proclamation du symbole des apôtres (ou credo)".

Le pape Jean-Paul II a publié le 14 septembre 1998 une encyclique sur les rapports entre la foi et la raison : Fides et Ratio. Elle met l'accent sur l'importance des philosophies présentant une ouverture métaphysique pour assurer une fonction de médiation dans l'intelligence de la Révélation.

Vivez en paix avec: « La Foi en Jésus Le Messie »; né de la « Vierge Marie » à Bethléem; vaicu à Nazareth; crucifié à Jerusalem; devenu le « Christ », après sa résurrection entre les morts, ( trois jours après sa crucifixtion ); apparu à ses disciples, pour apporter la directive du Baptème: « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit »; avant de connaître la gloire dans la Trinité ».

La foi dans la Bible

" La foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas". Hébreux 11.1

On traitera ici de la foi dans l'Ancien Testament (pour faire bref, les livres retenus dans le Canon juif) et dans le Nouveau Testament (livres propres aux chrétiens).

Le mot "foi", dans la Bible, est l'un des mots utilisés pour décrire l'attitude de l'homme devant Dieu. Il traduit le Latin fides et le Grec pistis qui ont le sens premier de "confiance", et ne sont donc pas des mots du vocabulaire religieux, ni du vocabulaire de la croyance. Ces mots sont eux-mêmes la traduction de termes hébreux qui dérivent de la même racine aman, un radical qui évoque la solidité, la fermeté. La foi biblique est donc d'abord affaire de confiance en Dieu, avant de concerner une croyance ou un contenu dogmatique : voir par exemple 1 Samuel 3,20. Dans l'Evangile, Jésus compare le croyant à un homme qui construit sa maison sur le roc et qui lui confère ainsi un caractère vraiment indestructible. Il donne à Simon, le premier disciple à reconnaître en lui le Messie et fils de Dieu, le surnom de "Pierre", allusion à la foi qui fait de lui un roc.

Pour caractériser la relation du croyant à son Dieu, la Bible n'utilise pas, dans ses traductions grecques et latines, le mot de religio qui est habituellement employé dans le monde antique (et qui insiste sur l'observance des rites, l'obéissance aux commandements et le respect scrupuleux des coutumes). Elle marque de cette manière le caractère profondément original de l'attitude croyante en Israël : le croyant n'est pas celui qui croit que Dieu existe, mais qui croit EN Dieu, formulation reprise à dessein dans les symboles de foi chrétiens et sur laquelle reviendra Saint Augustin. Cette foi se vérifie dans la vie quotidienne, par l'observation des commandements. Elle donne la certitude de la réalité de Dieu et de sa vérité.

Pour parler de la foi, plutôt que des énoncés théoriques, on trouvera dans la Bible des récits : le modèle du croyant est ainsi Abraham, que la foi-confiance en Dieu poussera à quitter son pays et à sacrifier son fils. Un autre modèle est Job, qui conserve la foi malgré la souffrance injuste dont il est victime.

Le Nouveau Testament propose, lui aussi, un modèle de croyant : Jésus, dont Paul nous dit dans la Lettre aux Galates que, par sa foi, il est l'auteur de notre salut. Le geste dans lequel Jésus manifeste ce qu'est la foi est l'offrande qu'il fait de sa propre vie, dans un acte de confiance totale en Dieu. La foi est ainsi, pour les Ecritures chrétiennes, le lieu du salut de l'humanité. Un autre modèle de croyante est Marie, mère de Jésus, qui a cru, la première, en la réalisation de la promesse qui lui était faite par l'ange Gabriel.

Pour être complet, on conclura en faisant remarquer que la foi biblique, si elle est d'abord affaire de confiance en Dieu, n'exclut nullement la dimension de connaissance des réalités divines. Cette connaissance se situe simplement dans le contexte plus fondamental d'une relation inter-personnelle à Dieu.

Sources : Encyclopédie Catholicisme, article "Foi" - http://theologiedelafoi.blogspot.com/ (cours de théologie chrétienne sur la foi)- J. RATZINGER, Foi chrétienne hier et aujourd'hui - Paris, 1969

La foi de l'islam : Al-Imâne

Transcription : La Foi se dit Al-Imâne en arabe. Al-Imâne signifie littéralement : « Connaissance, Croyance et Conviction sans aucun doute possible ». Al-Imâne est à la base de l'islam.

La Foi (Al-Imâne) dans l'islam est une conviction ferme, une exhortation à croire en Dieu, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses Prophètes, au Jour Dernier, et à la Prédestination favorable ou défavorable.

La profession de foi (Chahada) tient lieu de premier pilier de l'islam. Elle consiste en une déclaration d'unicité de Dieu, et à la reconnaissance du prophète Mahomet comme envoyé de Dieu. Sa transcription est la suivante : "J'atteste qu'il n'y a d'autre divinité à part Dieu, et que Mahomet est Son Envoyé."

La foi musulmane repose donc, avant tout, sur la croyance ferme en l'unicité de Dieu. Le culte musulman est uniquement voué à Dieu. Dieu, l'Unique. Sans aucune forme d'association. Sans aucune forme d'idolatrie.

Outre la croyance ferme en l'unicité de Dieu, le musulman croit à la mission d'envoyé du prophète Mahomet (Paix et Salut sur Lui) et, partant, à la révélation du Coran qui lui a été faite.

Le musulman croit également aux prophètes antérieurs à l'islam, comme Jésus fils de Marie (appelé Issa - ou Issa ben Mariama pour souligner sa filiation à sa mère Marie (Mariama)), Moïse (appelé Moussa), Jonas (appelé Younouss), et Abraham (Ibrahima) qui est un modèle de piété pour le musulman.

Il croit aussi aux Anges, aux Livres révélés antérieurs au Coran, au Jour Dernier, et à la Prédestination favorable ou défavorable.

Citations

« C’est le cœur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison. »

-- Blaise Pascal

« La foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas. »

-- Épitre aux Hébreux, chapitre 11.

Liens internes

  • Croyance
  • Dieu
  • Fides et ratio, encyclique de Jean-Paul II qui expose les relations entre la Foi et la raison, parue le 14 septembre 1998, disponible en ligne sur internet dans le site officiel du Vatican
  • Relation entre science et foi
  • Fanatisme, qui désigne un débordement souvent idéologique par rapport à une foi authentique.

Liens externes

  • Jacques NOWAK, FOI ET CROYANCE Question d'authenticité
  • Anonyme, Qu'est-ce que la foi ? (Tentative d'analyse logique de la foi monothéiste).
  • Jean-Pierre Baud, La bonne foi depuis le Moyen Age (Conférence à l'École doctorale des Sciences juridiques de l'Université Paris X).
  • Jean Martin Charcot, La foi qui guérit (Éditions Félix Alcan, Paris, 1897).
  • James E. Talmage, Distinction entre foi et croyance (Articles de foi, Salt Lake City, 1890)
  • Emmanuel Pic, Théologie de la foi, http://theologiedelafoi.blogspot.com/ (cours de théologie destiné aux étudiants du grand séminaire de Mayidi - RDC).
Récupérée de « http://fr.wikipedia.org../../../f/o/i/Foi.html »

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