GIFLE (s. f.)
1. Anciennement, joue.
• Les vents Eure, Note et Zéphire, S'ébouffent, mais non pas de rire, Oui bien à force de souffler, Ce qui fait leurs gifles enfler (SCARRON Virg. II)
• Ses joues [d'un gardien de la Bastille] plissées comme des bourses à jetons, ressemblent aux gifles d'un singe (Mémoires d'un prisonnier de la Bastille réfugié en Hollande, fin du XVIIe siècle, dans le National, 15 déc. 1850)
2. Aujourd'hui, populairement, coup avec la main, tape sur la joue. Donner, recevoir une gifle.
ÉTYMOLOGIE
Bourguign. giffle, joue ; génev. gifflard, jouflu ; wallon, chife, joue ; Hainaut, guife, visage ; nam. gife, gifle. Grandgagnage propose comme étymologie l'allemand Kiefer, mâchoire.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
GIFLE. Ajoutez : - HIST. XIIIe s.— Craissins qui dort sur les roisoles, Qui borse a dure et giffes [joues] moles (GAUTIER DE COINSY Sainte Léocadie, V. 1093)
ÉTYMOLOGIE
Ajoutez : M. Bugge, Romania, n° 10, p. 150, fortifie la dérivation par Kiefer, mâchoire, proposée par M. Grandgagnage ; des formes avec l se trouvant aussi en allemand : kiefel, kifel, kiffel, joue, mâchoire. Les formes des patois français sans l dans la désinence tiennent à la forme haut-allem. mod. kiefe, mâchoire, bas-allem. kiffe.