GRIFFON (s. m.)
1. Oiseau de proie semblable à l'aigle.
• Ne mangez point de ceux qui sont impurs, qui sont l'aigle, le griffon, l'aigle de mer, l'ixion, le vautour et le milan (SACI Bible, Deutéron. XIV, 12, 13)
2. Animal fabuleux, moitié aigle et moitié lion.
• Un ongle de griffon, assis sur un pied de griffon, d'argent doré.... cette pièce est excellente pour sa rareté, d'autant que cet ongle, qui est naturel, est fort grand et gros, de sorte qu'il tient une pinte et sert de mesure et d'étalon pour la pinte de vin de Saint-Denis, qui est grande ; par ainsi qu'il est aisé à juger que cet oiseau, nommé griffon, à proportion d'un tel ongle, fut d'une monstrueuse grandeur et grosseur (DOUBLET Invent. de St-Denis, dans DE LABORDE, Émaux, p. 336)
• Il y a dans l'Arabie heureuse deux griffons, mes amis intimes, qui ne demeurent qu'à cent cinquante milles d'ici (VOLT. Princ. de Babyl. 4)
• Sur des chars qu'emporte Le vol des griffons (V. HUGO Ball. 14)
Il s'emploie en ce sens dans le blason. Il porte d'or au griffon d'argent.
3. Nom d'une espèce de papier dont la marque est un griffon.
4. Nom donné aux différents points d'émergence des filets d'eau qui constituent une source.
5. Chien anglais qui a les poils du corps très durs, et ceux de la tête longs et hérissés.
6. Terme d'alchimie. Griffon des philosophes, l'antimoine.
7. Ancienne espèce de pièce de canon.
HISTORIQUE
XIVe s.— Item un oef de griffon, garnis d'argent, od [avec] pié et covercle (DE LABORDE Émaux, p. 336)— Dont fist mander Gaufroi, qui coer ot de grifon (Baud. de Seb. VI, 801)
ÉTYMOLOGIE
Provenç. griffo ; esp. grifo ; port. gripho ; ital. grifone ; du lat. gryphus, et mieux grypus, dérivé du grec, vautour.