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○   Boggle.

Lettris

Lettris est un jeu de lettres gravitationnelles proche de Tetris. Chaque lettre qui apparaît descend ; il faut placer les lettres de telle manière que des mots se forment (gauche, droit, haut et bas) et que de la place soit libérée.

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Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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définitions

guerre (n.f.)

1.conflit armé entre des groupes humains organisés selon les règles militaires.

 
voir aussi

guerre (n.f.)

aguerrir, de guerre, martial

 
synonymes
 
locutions

-Elisabeth Jacquet de La Guerre • aller à la guerre • allumer la guerre • après-guerre • arme de guerre • art de la guerre • avant-guerre • bateau de guerre • chant de guerre • chef de guerre • chemin de guerre • cheval de guerre • chien de guerre • conseil de guerre • correspondant de guerre • crime de guerre • criminel de guerre • d'après-guerre • de bonne guerre • de guerre • de guerre lasse • droit de la guerre • déclaration de guerre • déclarer la guerre • en état de guerre • enterrer la hache de guerre • faire la guerre • faire la guerre à • fait de guerre • film de guerre • flamme de guerre • flotte de guerre • foudre de guerre • fouet de guerre • fourche de guerre • fusil de guerre • guerre Franco-allemande • guerre atomique • guerre civile • guerre coloniale • guerre d'Algérie • guerre d'Espagne • guerre d'Indochine • guerre d'annexion • guerre d'extermination • guerre d'indépendance • guerre d'usure • guerre de Cent Ans • guerre de Cent-Jours • guerre de Corée • guerre de Crimée • guerre de Sept Ans • guerre de Sécession • guerre de Trente Ans • guerre de Troie • guerre de conquête • guerre de course • guerre de guérilla • guerre de l'Indépendance américaine • guerre de l'Opium • guerre de la Succession d'Autriche • guerre de la Succession d'Espagne • guerre de la Succession de Pologne • guerre de libération nationale • guerre de mouvement • guerre de position • guerre de propagande • guerre de religions • guerre de siège • guerre de tranchées • guerre des Boxers • guerre des Deux-Roses • guerre des böers • guerre des gueux • guerre des nerfs • guerre des ondes • guerre des pierres • guerre des six jours • guerre du Golfe • guerre du Kippour • guerre du Liban • guerre du Pacifique • guerre du Péloponnèse • guerre du Tonkin • guerre du Viêt-nam • guerre du feu • guerre extérieure • guerre froide • guerre idéologique • guerre intestine • guerre intérieure • guerre mondiale • guerre navale • guerre nucléaire • guerre ouverte • guerre presse-bouton • guerre psychologique • guerre religieuse • guerre russo-japonaise • guerre révolutionnaire • guerre sainte • guerre terrestre • guerre éclair • guerre économique • guerre électronique • hache de guerre • homme de guerre • la Grande Guerre • lancer dans une guerre • machine de guerre • marine de guerre • matériel de guerre • mener une guerre • ministère de la guerre • navire de guerre • nerf de la guerre • nom de guerre • opération de guerre • partir à la guerre • petite guerre • place de guerre • port de guerre • première guerre mondiale • prise de guerre • prisonnier de guerre • profiteur de guerre • reporter de guerre • seconde guerre mondiale • seigneur de la guerre • théâtre de la guerre • troisième guerre mondiale • trésor de guerre • va-t-en-guerre • éléphant de guerre • état de guerre • être en guerre

-crime de guerre • dommage de guerre • droit de la guerre • guerre civile • guerre d'indépendance • guerre de frontière • guerre froide • guerre nucléaire • première guerre mondiale • prisonnier de guerre • seconde guerre mondiale • victime de guerre • économie de guerre

 
dictionnaire analogique

guerre (n. f.)

guerre (n. f.)

 
le Littré (1880)

GUERRE (s. f.)

1. La voie des armes employée de peuple à peuple, de prince à prince, pour vider un différend. Avoir guerre. Avoir la guerre. La guerre, la peste et la famine sont les trois fléaux de Dieu.

Vous portâtes soudain la guerre dans la Perse (CORN. Héracl. IV, 4)

Petits princes, videz vos débats entre vous : De recourir aux rois vous seriez de grands fous ; Il ne les faut jamais engager dans vos guerres, Ni les faire entrer sur vos terres (LA FONT. Fabl. IV, 4)

La guerre est une chose si horrible que je m'étonne comment le seul nom n'en donne pas de l'horreur (BOSSUET Pensées chrét. 36)

La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces (RAC. Mithr. III, 1)

Marchons, et dans son sein [de Rome] rejetons cette guerre Que sa fureur envoie aux deux bouts de la terre (RAC. ib.)

Dans la guerre la distinction entre le héros et le grand homme est délicate (LA BRUY. II)

La guerre est un mal qui déshonore le genre humain (FÉN. Dial. des morts anc. dial. 16)

Il n'est permis de faire la guerre que malgré soi, à la dernière extrémité, pour repousser la violence de l'ennemi (FÉN. ib.)

Le nombre infini de maladies qui nous tuent est assez grand, et notre vie est assez courte pour qu'on puisse se passer du fléau de la guerre (VOLT. Lett. Mme du Deffant, 27 fév. 1775)

Vous alliez faire la guerre aux jésuites, allons la faire pour eux (VOLT. Candide, 14)

Le plus déterminé des flatteurs conviendra sans peine que la guerre traîne toujours à sa suite la peste et la famine, pour peu qu'il ait vu les hôpitaux des armées d'Allemagne, et qu'il ait passé dans quelques villages où il se sera fait quelque grand exploit de guerre (VOLT. Dict. phil. Guerre.)

La guerre est une loi de sang et de rigueur (SAURIN Spart. I, 2)

Obéir, à la guerre, est le premier devoir (SAURIN ib. III, 1)

Toutefois, dans ces moyens irréguliers, il y en avait que l'importance du but pouvait excuser ; il s'agissait de surprendre l'armée russe, ensemble ou dispersée, de faire un coup de main avec quatre cent mille hommes ; la guerre, le pire des fléaux, en eût été plus courte (SÉGUR Hist. de Nap. III, 2)

On regardait le duc de Trévise [laissé à Moscou] comme un homme sacrifié ; les autres chefs, ses vieux compagnons de gloire, l'avaient quitté les larmes aux yeux, et l'empereur en lui disant qu'il comptait sur sa fortune, mais qu'au reste, à la guerre, il fallait bien faire une part au feu (SÉGUR ib. IX, 6)

Guerre de mer, guerre maritime, guerre qui se fait sur mer.

Que deviendrait-elle si à la guerre de mer où elle est engagée, une guerre de terre se joignait encore ? (D'ALEMB. Lett. au roi de Pr. 15 déc. 1780)

Guerre civile, guerre intestine, guerre entre les citoyens d'un même État.

La guerre civile est le règne du crime (CORN. Sertor. I, 1)

Quelle guerre intestine avons-nous allumée ? (RAC. Esth. III, 4)

La guerre civile qui désolait alors l'Angleterre et qui fit tomber sous la hache d'un bourreau la tête de Charles 1er, avait commencé par un impôt de deux shellings par tonneau de marchandise (VOLT. Hist. parlem. ch. 55)

Les guerres civiles prennent leur esprit des causes qui les ont fait naître (RAYNAL Hist. phil. VII, 7)

Guerre étrangère, guerre contre une nation étrangère.

Guerre de religion, guerre qui se fait à cause de la religion. Les guerres de religion désolèrent la France sous François II, Charles IX et Henri III.

Fig. Guerres de religion, querelles religieuses sur des points de doctrine.

Plût à Dieu que ces guerres de religion fussent aussi près de leur fin que celle qui divise les princes de l'Europe ! (MAINTENON Lett. à Mme de St-Géran, 24 août 1696)

Guerre sainte, guerre qui se faisait autrefois contre les infidèles pour conquérir la terre sainte.

Guerre sacrée, guerre que les Thébains et leurs alliés firent aux Phocéens qui s'étaient emparés d'une terre appartenant au temple de Delphes.

Fig. et par plaisanterie. Guerre sacrée, querelle entre gens d'Église.

Pendant que tout conspire à la guerre sacrée (BOILEAU Lutr. VI)

Guerre à mort, guerre dans laquelle on ne fait aucun quartier.

On dit dans le même sens : guerre d'extermination, guerre à outrance.

Terme de féodalité. Guerre du roi, guerre déclarée par le roi à un prince étranger ; elle suspendait toutes les guerres particulières.

Obtenir les honneurs de la guerre, voy.

HONNEUR

.

Conseil de guerre, assemblée d'officiers généraux d'une armée.

Le lion dans sa tête avait une entreprise : Il tint conseil de guerre, envoya ses prévôts.... (LA FONT. Fabl. V, 19)

Conseil de guerre, tribunal qui exerce la justice militaire.

Fruit ou fruits de la guerre, les pays désolés, les gens estropiés et tout ce qui est l'effet des désastres de la guerre ; particulièrement les blessures et les maladies que fait contracter l'état militaire, et, par extension plaisante, les maux qui sont la suite d'excès en tout genre, de l'ivrognerie, de la débauche, du jeu, etc.

Poétiquement, un foudre de guerre, grand homme de guerre qui a remporté de grandes victoires et qui est terrible par sa valeur.

Comment ! des animaux qui tremblent devant moi ! Je suis donc un foudre de guerre ! (LA FONT. Fabl. II, 14)

Faire la guerre à l'oeil, observer attentivement les démarches de l'ennemi. M. de Turenne, très habile et qui savait faire la guerre à l'oeil, n'avait pas manqué d'y jeter un corps, Mém. pour servir à l'hist. univ. de l'Europe, t. I. p. 389.

Fig. Faire la guerre à l'oeil, observer avec soin ce qui se fait afin de profiter des conjonctures.

Dieu sait comme ils firent la guerre, J'entends à l'oeil ; car autrement Je parlerais peu nettement (SCARRON Virg. VI)

Nous ferons guerre à l'oeil (TH. CORN. Geôl. de soi-même, IV, 4)

Il n'importe, elle est amoureuse, je te réponds de tout ; tu n'as qu'à faire la guerre à l'oeil et à nous seconder, Champagne et moi (DANCOURT la Folle enchère, sc. 4)

De guerre lasse, quand on est las de la guerre.

Quand toutes les intrigues, les finesses italiennes sont épuisées et déconcertées, les partis, assez forts pour combattre et trop faibles pour vaincre, font la paix de guerre lasse (DUCLOS Voy. Ital. Oeuv. t. VII, p. 56, dans POUGENS)

Fig. Faire quelque chose de guerre lasse, le faire après avoir longtemps résisté. Je lui ai cédé de guerre lasse.

Faire la guerre à ses dépens, voy.

DÉPENS

.

2. De bonne guerre, se dit de ce qui se fait selon les lois et usages de la guerre.

Le comte de Pas m'avait obligé en me renvoyant pour rien tout le bétail de Commercy qui était à lui de bonne guerre (RETZ IV, 19)

Fig. De bonne guerre, de bonne prise, légitimement.

Persuadé qu'en amour on gagne toujours de bonne guerre ce qu'on peut obtenir par adresse, on ne voit pas qu'il ait jamais témoigné le moindre repentir de cette supercherie (HAMILT. Gramm. 4)

Faire bonne guerre, user de toute l'humanité, de tous les ménagements que les lois de la guerre permettent.

Je n'ai pour ennemis que ceux du bien commun, Je leur fais bonne guerre et n'en proscris pas un (CORN. Sertor. III, 2)

Fig. Faire bonne guerre, en user honnêtement dans une discussion d'intérêts ; prendre ses avantages sans blesser aucune des bienséances et des règles de l'honnêteté.

Ils [Luther et Carlostad] touchèrent en la main l'un de l'autre, en se promettant de se faire bonne guerre (BOSSUET Var. 2)

3. On personnifie quelquefois la guerre dans le langage mythologique et poétique.

Bientôt ils défendront.... De figurer aux yeux la Guerre au front d'airain (BOILEAU Art poét. III)

4. Expédition, campagne.

Dans les premières guerres, il n'avait qu'une seule vie à offrir ; maintenant il en a une autre [son fils] qui lui est plus chère que la sienne (BOSSUET Louis de Bourbon.)

Suivant son usage, il se promène devant les rangs ; il sait quelles sont les guerres que chaque régiment a faites avec lui (SÉGUR Hist. de Nap. III, 3)

Faire la guerre avec quelqu'un, servir avec lui dans le même corps.

En guerre, durant le temps de guerre.

Vous devez en guerre être habillés de fer (LA BRUY. XII)

S'en aller en guerre, partir pour une expédition.

Le lion s'en allant en guerre (LA FONT. Fabl. V, 19)

Ces temps où la France s'en allait en guerre contre les mécréants et les infidèles (CHATEAUB. Génie, II, I, 5)

Ruse de guerre, stratagème employé dans la guerre.

Fig. Tour de vieille guerre, ruses, adresses qui sont à la disposition d'un vieux chasseur, d'un homme expérimenté.

Nous en savons plus d'un, dit-il, en les gobant ; C'est tour de vieille guerre.... (LA FONT. Fabl. III, 18)

5. L'art militaire. la connaissance des moyens employés pour faire la guerre.

Non content de lui enseigner la guerre [à son fils], comme il a fait jusqu'à la fin par ses discours, le prince le mène aux leçons vivantes et à la pratique (BOSSUET Louis de Bourbon.)

Il savait faire la guerre (BOSSUET Hist. II, 2)

Quant à lui [Napoléon], sa tête est son conseil, tout part de là ; mais Alexandre, qui le conseillera ? qui opposera-t-il ? il n'a que trois généraux, Kutusof, qu'il n'aime pas parce qu'il est Russe ; Beningsen, trop vieux il y a six ans, aujourd'hui en enfance ; et Barclay ; celui-ci manoeuvrera, il est brave, il sait la guerre ; mais c'est un général de retraite (SÉGUR Hist. de Nap. IV, 5)

Homme de guerre, homme qui sait la guerre.

Je dois craindre Licine, il est homme de guerre (TRISTAN M. de Chrispe, II, 7)

Gens de guerre, militaires, soldats.

J'ai vu des gens de guerre épandus par la ville (CORN. Rodog. III, 2)

6. Ensemble d'attaques, de défenses, d'opérations.

Ainsi la guerre était partout, devant, sur nos flancs, derrière nous ; l'armée s'affaiblissait ; l'ennemi devenait chaque jour plus entreprenant (SÉGUR Hist. de Nap. VIII, 10)

Petite guerre, celle qui se fait par détachements ou par partis, dans le dessein d'incommoder, de harceler l'ennemi dans sa marche.

Petite guerre, simulacre de combat pour faire manoeuvrer et exercer les troupes.

Anciennement. La petite guerre, la maraude, la picorée.

Une poule et un oison, qui avaient bien la mine d'avoir été pris à la petite guerre (SCARRON Rom. com. I, 1)

7. Absolument. Le département de la guerre, le ministère, les bureaux de ce département. Ministre de la guerre. Il travaille à la guerre. Chef de bureau à la guerre.

8. Guerre ouverte, hostilité déclarée. Le mauvais vouloir de cette puissance finit par se changer en guerre ouverte.

Fig. Inimitié, agression, qui ne se cache pas.

Mais sans discrétion tu vas à guerre ouverte (RÉGNIER Élég. II)

Quoi qu'il en soit enfin, je ne t'abuse pas ; Je fais la guerre ouverte.... (REGNARD le Joueur, I, 2)

9. Nom de guerre, nom que chaque soldat prenait autrefois en s'enrôlant ; par exemple : la Tulipe, Sans-Quartier.

Louis [le dauphin fils de Louis XIV] le bien nommé, c'est Louis le Hardi ; D'un pareil nom de guerre on traitait les neuf preux (LA FONT. Poésies mêlées, LXIV (ballade sur le nom de Louis le Hardi))

Fig. Sobriquet donné par plaisanterie.

Le Magnifique était un nom de guerre (LA FONT. Magn.)

Prendre un nom de guerre, changer son nom véritable, prendre un nom de fantaisie.

10. Il se dit en parlant des animaux qui en attaquent d'autres pour en faire leur proie. Le loup fait la guerre aux brebis.

Les lions ne font point la guerre aux lions (FÉN. Tél. XVII)

Tous les animaux sont perpétuellement en guerre ; chaque espèce est née pour en dévorer une autre (VOLT. Dict. phil. Guerre.)

État de guerre, état d'hostilité de tous contre tous.

Hobbes.... voulant prouver que les hommes naissent tous en état de guerre, et que la première loi naturelle est la guerre de tous contre tous (MONTESQ. Défense de l'Esprit des lois, I, 1)

Poétiquement. Faire la guerre aux habitants de l'air, aux habitants des forêts, chasser.

Je vais faire la guerre aux habitants de l'air (BOILEAU Ép. VI)

11. Fig. Toute espèce de débat, de démêlé, de lutte. Cet homme est toujours en guerre avec ses voisins.

Cela [saisir l'occasion] s'entend principalement à la guerre et des actions militaires ; mais il y a de la guerre, qui le croira ? même dans les actions paisibles et désarmées ; il faut combattre partout de façon ou d'autre (BALZ. De la cour, 4e disc.)

Deux coqs vivaient en paix : une poule survint, Et voilà la guerre allumée (LA FONT. Fabl. VII, 13)

Il faut faire aux méchants guerre continuelle ; La paix est fort bonne de soi ; J'en conviens, mais de quoi sert-elle Avec des ennemis sans foi ? (LA FONT. ib. III, 13)

Tenez entre eux divisés les méchants ; La sûreté du reste de la terre Dépend de là : semez entre eux la guerre, Ou vous n'aurez avec eux nulle paix (LA FONT. ib. VII, 8)

Hircan et Aristobule eurent guerre pour le sacerdoce (BOSSUET Hist. II, 5)

Cette Eglise à laquelle il avait fait une si longue guerre (BOSSUET ib. III, 10)

Familièrement. Faire la guerre à quelqu'un, lui faire souvent des réprimandes, lui chercher querelle.

Ne lui faites point la guerre sur tout ceci (SÉV. 453)

Mme de Pontchartrain, à qui je fais la guerre sur le jansénisme, dit qu'on verrait comme vous en useriez avec son confesseur (MAINTENON Lett. au cardin. de Noailles, 12 oct. 1695)

Elle ne cessait de lui faire la guerre sur sa méchante humeur (HAMILT. Gramm. 4)

Je lui fis la guerre de ce caprice (J. J. ROUSS. Ém. v.)

Un manque de civilité dont mon oncle ne cesse de me faire la guerre depuis ce matin (PICARD Petite ville, III, 13)

Faire la guerre à quelque chose, s'en prendre à cette chose, l'attaquer, la détruire.

Elle fait la guerre à ses beaux cheveux (SÉV. 55)

Faire la guerre au pain, en manger beaucoup.

Faire la guerre à, combattre, lutter contre.

Notre société [les jésuites] a pour but de travailler à établir les vertus, de faire la guerre aux vices, et de servir un grand nombre d'âmes (PASC. Prov. x.)

Le vice audacieux, des hommes avoué, à la triste innocence en tous lieux fit la guerre (BOILEAU Sat. X.)

Faire la guerre à ses passions, combattre, réprimer ses passions.

Faire la guerre aux mots, critiquer minutieusement le style.

12. Guerre de plume, discussion, dispute par des écrits entre des hommes de différents partis.

Je m'intéresse plus à la guerre des Russes contre les Ottomans qu'à la guerre de plume du parlement (VOLT. Lett. à la marquise du Deffant, 6 janv. 1771)

À quoi bon rendre guerre pour guerre ? (BONNET Lett. div. Oeuv. t. XII, p. 185, dans POUGENS)

13. Fig. Guerre se dit des choses qui combattent, qui attaquent, qui sont en lutte. Les éléments en guerre.

Dont l'air intempéré fait guerre aux animaux (RÉGNIER Sat. XIV)

Mon esprit agité fait guerre à mes pensées (RÉGNIER Élég. II)

Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre (CORN. Poly. IV, 2)

Si de tels souvenirs ne me faisaient la guerre (CORN. Tite et Bér. II, 1)

Un mal qui répand la terreur,... La peste, puisqu'il faut l'appeler par son nom, Faisait aux animaux la guerre (LA FONT. Fabl. VII, 1)

Elle a dans la tête une philosophie Qui déclare la guerre au conjugal lien, Et vous traite l'Amour de déité de rien (MOL. Princ. d'Él. I, 2)

Où l'honneur a toujours guerre avec la fortune (BOILEAU Sat. I)

14. Nom d'un jeu qui se joue sur un billard.

PROVERBES

À la guerre comme à la guerre, c'est-à-dire il faut souffrir la fatigue ou prendre du bon temps selon les occasions.

La guerre nourrit la guerre, une armée subsiste aux dépens du pays où elle se trouve.

Guerre et pitié ne s'accordent pas ensemble, à la guerre on a peu de pitié et il serait dangereux d'en avoir.

Qui terre a guerre a, celui qui possède de la terre est sujet à avoir des procès. Par allusion à ce proverbe Voltaire a dit (Lett. d'Argental, 4 oct. 1748) : " Je ne m'attendais pas à ce nouveau trait de calomnie ; mais qui plume a guerre a ", c'est-à-dire les gens de lettres sont exposés à être attaqués.

La guerre est bien forte quand les loups se mangent l'un l'autre, se dit quand on voit deux personnes de même profession avoir querelle.

On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix, c'est-à-dire il faut toujours finir par s'accorder.

REMARQUE

La locution de guerre lasse a été trouvée par plusieurs grammaticalement inexplicable ; faire quelque chose de guerre lasse, étant faire une chose las de la guerre ; aussi des grammairiens ont-ils voulu la corriger et dire : de guerre las. D'autres ont dit qu'il fallait écrire de guerre las quand il s'agissait d'un homme, et de guerre lasse quand il s'agissait d'une femme ; et que l'erreur était née de la prononciation de l's dans las, comme plusieurs la font sentir dans hélas (hé-las'). Il nous semble qu'il n'y a rien à changer, que lasse se rapporte bien à guerre, et que la locution représente une figure hardie où la lassitude est transportée de la personne à la guerre : de guerre lasse, la guerre étant lasse, c'est-à-dire les gens qui font la guerre étant las de la faire.

HISTORIQUE

XIe s.Faites la guerre com vous l'avez emprise (Ch. de Rol. XIV)N'aurez mais guerre en tute vostre vie (ib. XLIII)

XIIe s.À la mort [je] sui, se la guerre m'i [en cet amour] dure (Couci, p. 126)Nus [nul] ne nous faisoit guerre ne ne menoit dangier (Sax. XVI)As parenz saint Thomas [le roi] ad prise si grant guerre, Que tuz les fist chacier hors de tute sa terre (Th. le mart. 63)

XIIIe s.À Pepin [ils] orent guerre qu'avez oui conter (Berte, III)Nus marcheant ne vit aese : Car son cuer a mis en tel guerre, Qu'il art [brûle] tous jors de plus acquerre (la Rose, 5090)S'il prent à tout le monde guerre, Il n'a pooir de vivre en terre (ib. 8643)

XIVe s.Moult gens crient maintes fois guerre, guerre, qui ne sçaivent que guerre monte ; en son commencement est large et a si grant entrée que chascun puet entrer, et l'a puet l'en trouver legierement ; mais à grant peine puet l'en sçavoir à quel fin l'on en puet venir (LE CHEV. DE LA TOUR Instruct. à ses filles, f° 13, dans LACURNE)

XVe s.Et on dit, et voir est, qu'il n'e t si felle [cruelle] guerre que de voisins et d'amis (FROISS. I, I, 118)Il avoit dès sa jeunesse forfait le royaume [était banni du royaume] pour guerre d'amis et d'un homicide qu'il avoit fait à St-Omer (FROISS. liv. I, p. 195, dans LACURNE)Or faut pour la guerre civile Advocat clerc qui soit habile Pour le droit des gens demonstrer Aux juges en chascune ville (EUST. DESCH. Poés. mss. f° 79)Regret m'assault, et pitié me fait guerre, Pleure, gemis, et n'est homme qui l'oye (ALAIN CHART. Ball. sur la mort de sa dame)Messeigneurs, y [il] fault adviser, Que guerre n'est pas peu de chose (Myst. du siége d'Orléans, p. 734)Item mon corps j'ordonne et laisse à nostre grandmere la terre, Les vers n'y trouveront grand graisse ; Trop luy a faict faim dure guerre (VILL. Double ball. Testam.)

XVIe s.Avoir guerre contre les Escossois (MONT. I, 15)Le mareschal [prisonnier] le pria de luy faire bonne guerre, et qu'il ne se souvint du passé (CARLOIX VIII, 38)Les Suisses, irritez de cest outrage, demanderent à monsieur l'admiral qu'il leur permist de faire la mauvaise guerre [guerre à mort] ; mais les Espagnols ne cesserent de pratiquer jusques à ce que la bonne guerre [à merci] fut accordée (M. DU BELL. 100)Je veux seulement parler des fortunes qui advinrent au bon chevalier durant la guerre guerroyable qu'eurent ensemble François et Espaignols (Vie du chev. Bayard par le loyal serviteur, chap. XVIII)Aussi dict-on qu'il fault faire la guerre à l'oeil ; et qui la faict bien les yeux fermés, ou en absence et bien loing, est fort à louer (BRANT. Philippe II)La guerre engendre pauvreté, Pauvreté humilité, D'humilité revient la paix, Ainsi retournent les humains (LEROUX DE LINCY Prov. t. II, p. 366)Homme mort ne fait guerre (COTGRAVE)Mieux vaut en paix un oeuf qu'en guerre un boeuf (ID.)

ÉTYMOLOGIE

Bourguig. gare ; provenç. guerra, gerra ; espagn. portug. et ital. guerra ; bas-lat. werra, mot qu'on trouve dans des textes du temps de Charles le Chauve, mais qui est plus ancien ; du germanique : anc. h. allem. werra, querelle ; anc. angl. werre ; angl. mod. war, guerre.

 
Wikipedia

Guerre

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Une tombe improvisée après le débarquement en Normandie le 6 juin 1944.
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La guerre est une mise en œuvre de l'hostilité, entre au moins deux belligérants adverses, se traduisant obligatoirement par des combats plus ou moins dévastateurs, impliquant indirectement ou directement des tiers. Elle qualifie donc tous les conflits, ayant pour principales caractéristiques, la force physique, les armes, la tactique, la stratégie ou la mort de certains de ses participants (soldats, membres des MLN, résistants, Franc-tireur etc.) ou de tiers (civils, membres des convois humanitaires etc.). C'est une relation entre crise et conflit.

Le sens commun veut que la guerre soit aussi vieille que l'humanité, mais si des indices laissent penser que les conflits armés sont très anciens, il semble aussi que des civilisations ou sociétés aient su vivre longtemps sans la guerre, ou avec des simulacres ou des stratégies d'évitement. Du mythe de la société paradisiaque et non violente de Tahiti, aux analyses de la vie dans les Gothuls chez les Murias, en passant par les stratégies non violentes de Gandhi, avec quelques indices qui laissent penser que les guerres fréquentes entre tribus d'amérindiens du sud datent surtout de l'arrivée des Conquistadors, en s'appuyant sur l'étude comparée des stratégies de règlement de conflits chez le chimpanzé et chez le bonobo, le sens du conflit et de sa solution est encore un domaine peu exploré de la recherche.
Certains estiment que chez l'Humain, la guerre est une forme extrême de communication, un « commerce » dans sa signification profonde ou exacte de mise en commun, de partage et d'échange (ici d'agressivité), dans la relation entre crise et conflit, la guerre économique pouvant alors, sous une apparence plus socialement et éthiquement acceptable, satisfaire d'autres appétits de pouvoirs que ceux qui animaient les auteurs des guerres ethniques, de religions, de classe, etc. Les armes des nouveaux conflits seraient alors la capacité à trouver et manipuler l'argent, l'influence et l'information.

Dans le contexte du droit international les belligérants remplacent souvent le terme guerre par conflit armé, grande opération de police, lutte contre le terrorisme, pacification, etc.

De nombreux animaux grégaires ont des comportements d'agression qui, lorsqu'ils s'expriment collectivement, peuvent évoquer la guerre. Il s'agit généralement d'animaux territoriaux qui disposent aussi parfois de comportements évoquant la négociation. Ainsi certains insectes sociaux (fourmis, termites, etc) vivant en colonies semblent former de véritables armées, disposant d'individus que nous nommons "soldats" chargés de défendre la colonie. Cette vision anthropomorphique semble inappropriée ; les animaux en question ne semblent pas développer de stratégies planifiées d'attaque et de pouvoir, mais plutôt obéir à des stimuli simples de défense et d'extension de leurs colonies.

Toutes les guerres laissent des séquelles, sociopsychologiques, économiques et environnementales qui souvent constituent le germe ou le ferment d'une prochaine guerre, produisant un cercle vicieux entretenu par la haine, le non respect, la peur de l'autre ou de l'avenir, et la difficulté à négocier.

Sommaire

  • 1 Théories
    • 1.1 Origines de la guerre
      • 1.1.1 La guerre comme expression de la solidarité
      • 1.1.2 La guerre comme jeu
      • 1.1.3 La guerre comme nature humaine
      • 1.1.4 La guerre comme continuation de la politique
    • 1.2 Références bibliographiques
  • 2 Théories de la guerre
  • 3 Causes et enjeux
    • 3.1 Causes invoquées
    • 3.2 Diverses opinions sur la guerre
      • 3.2.1 Opinion d'André Maurois
      • 3.2.2 Opinion de Rosa Luxemburg
    • 3.3 Quelques exemples
  • 4 Guerres civiles
  • 5 Conventions
    • 5.1 La convention de La Haye
    • 5.2 Les conventions de Genève du 12 août 1949 dont la troisième relative au traitement des prisonniers de guerre
  • 6 droit de la guerre (jus in bello) et dommages de guerre
  • 7 Voir aussi
    • 7.1 Articles connexes
    • 7.2 Liens externes

Théories

Selon Théodore Funck-Brentano et Albert Sorel, « La guerre éclate lorsque les États n'ont plus une conscience claire de leurs devoirs, une intelligence nette de leurs droits, une notion exacte de leurs intérêts respectifs. Ils ne peuvent plus arriver à une entente commune, ils ne peuvent plus accepter les lois que leur traçait le droit des gens en temps de paix : ils s'y soustraient. La guerre est l'acte politique par lequel des États, ne pouvant concilier ce qu'ils croient être leurs devoirs, leurs droits et leurs intérêts, recourent à la lutte armée, et demandent à cette lutte de décider lequel d'entre eux étant le plus fort pourra en raison de sa force imposer sa volonté aux autres ». (Funck-Brentano et Sorel, Précis du droit des gens, Paris, Plon, 1900, p. 74) « Quand on a un marteau dans la main, tous les problèmes deviennent des clous »

Les responsables des nations ont considéré depuis longtemps que l'éventualité des guerres étant fréquente, il convenait de s'y préparer. La préparation de ces guerres se fait le plus souvent par l'entraînement d'une ou plusieurs armées, et par ce que les médias ont appelé depuis la guerre froide la course aux armements, que résume la formule d'une théorie sans cesse démentie depuis des milliers d'années "Si tu veux la paix prépare la guerre". Après la deuxième guerre mondiale, les états ont créé l'ONU qui développe par la coopération et la diplomatie des stratégies de préparation et de maintien de la paix (avec, l'aide de contingents de casques bleus lorsque le stade du conflit armé est atteint).

Depuis l'histoire de la libération de l'Inde, qui s'est terminée au milieu du XX siècle, le Mahatma Gandhi a fait école auprès de certains courants minoritaires qui réfléchissent à des moyens «non-violents» pour régler les conflits entre nations. Ils cherchent à réformer les réflexes ancestraux des nations et des peuples vis-à-vis des guerres.

Origines de la guerre

Dans la globalité de l'Anthropologie, une guerre est la forme suprême d'une agressivité collective organisée, en contraste à une « mêlée générale » où selon René Girard interviendrait le désir mimétique favorisant une violence mimétique généraliséetout le monde se bat contre tout le monde, pour faire comme tout le monde.

L'anthropologue Marvin Harris [1] de la Columbia University a proposé une théorie sur les origines de la guerre dans les sociétés non-étatiques, tribales et villageoises. L'idéologie dominante dans notre société tend à blâmer l'individu pour la guerre sur la base supposément biologique d'une « violence innée » de la « nature humaine » (le péché originel) ou de l'« instinct de mort ». C'est un point de vue simple et simpliste qui nous lave de toute responsabilité dans notre conduite envers autrui. Si la guerre était naturelle, il n'y aurait pas besoin de tant d'efforts de propagande pour dresser les uns et les autres à s'entretuer. Le dressage ici se rapporte à ce que l'Anglais nomme par « basic training » dès l'enfance dans la famille, la parenté, l'école, le milieu social et à travers les jeux et les divertissements apparemment les plus inoffensifs, le rejet et le déni de l'autre, la compétition et la coopération.

Harris répertorie quatre théories, selon lui les plus communes sur l'origine de la guerre :

  1. la guerre comme solidarité,
  2. la guerre comme jeu,
  3. la guerre comme nature humaine
  4. la guerre comme continuation de la politique (Cf. Clausewitz entre autres).

Dans cette perspective et en couvrant à la fois les sociétés non-étatiques et les sociétés étatiques, la guerre apparaît comme la forme et le moment (à la fois comme instant et comme rapport de forces) de violence extrême d'un vol organisé dont l'objet peut être physique, imaginaire ou symbolique.

La guerre comme expression de la solidarité

De ce point de vue, les gens feraient la guerre pour maintenir la cohésion sociale de leur groupe. Harris ne nie pas cet aspect de la guerre (ceux qui ont cette expérience de guerre et de solidarité ne l'oublient pas facilement) mais le réfute comme origine et cause. Il démontre qu'il y a d'autres façons de maintenir la cohésion et la solidarité sociales comprenant les mythes (mutos : fable, une histoire inventée des ancêtres communs et de l'origine distinctive du groupe comme les Gaulois pour les Français et les Français pour les Québécois, etc.), les rites (la culture, à l'origine, désigne les rites du culte), les danses (la liturgie est l'ensemble des danses), les jeux (activités ludiques) festifs, les compétitions sportives (qui sont des simulacres de guerre), etc.

Il remarque qu'en terme coûts/bénéfices,l'argument de la solidarité échoue à montrer comment et pourquoi le recours à une guerre meurtrière et destructrice est plus bénéfique que les mortalités, morbidités et destructions dues à une plus faible cohésion et solidarité sociales. D'autre part et du point de vue singulier des intérêts particuliers, une bonne petite guerre étrangère, joyeuse et courte détourne l'attention des difficultés internes et peut éviter ou retarder une « guerre civile » interne grâce à l'« union sacrée » interne qui fait taire les disputes partisanes. Cette attitude serait plutôt anglosaxone. En contraste, chez les latins et les arabo-musulmans, une guerre étrangère réveillerait plutôt les disputes partisanes. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les dictatures hitlérienne et mussolinienne n'ont pas pu surmonter ces caractéristiques anthropologiques (culturelles). Les Asiatiques, eux, mettraient en veille leurs disputes intestines pour régler leurs comptes entre eux après la fin d'une guerre étrangère, comme avec la Guerre sino-vietnamienne.

La guerre comme jeu

Harris veut démontrer que les gens, les hommes surtout, sont élevés dans le culte et la croyance de la guerre comme une activité anoblissante, flamboyante et glorieuse, avec un substitut qui est la compétition sportive collective. L'histoire montre qu'on peut être élevé à prendre plaisir à pourchasser d'autres personnes et à les tuer, à les détester et les haïr ou bien à se révolter contre les résultats de tels actes. Si on croit que les valeurs belliqueuses sont sources des guerres, alors le problème crucial et critique devient celui de spécifier les conditions dans lesquelles des personnes sont amenées à valoriser et à révérer la guerre. La théorie de la guerre comme jeu trouve là sa limite. Comme activité ludique, le jeu est une représentation du type « théâtral » et prépare à la guerre en la glorifiant et en la valorisant.

La guerre comme nature humaine

Du point de vue de la « nature humaine » décrite par ses “pulsions” génétiques, biologiques et/ou culturelles acquises, la pulsion de meurtre pourrait ou voudrait expliquer, au delà de la « pulsion de mort » que l'humain est « programmé » pour tuer. « Instinct », comme ailleurs « Dieu » seraient alors des principes explicatifs passe-partout pour justifier absolument et définitivement ce que nous ne comprenons pas.

La théorie de l'instinct de mort ou pulsion de mort néglige (aussi bien dans la signification française de « ne pas savoir » que dans la signification anglaise de « ne pas vouloir savoir ») l'environnement bio-physico-chimique et le contexte culturel, historique et social dans lesquels les tueries et les guerres prennent place. L'argument de la « nature humaine », réincarnation du déterminisme génétique de la sociobiologie qui va aussi loin que proclamer le viol comme un acte logique dans l'intérêt du « succès reproductif » du violeur, se contredit lui-même car guerre et tueries ne sont pas universellement et de tous les temps admirées et pratiquées par les humains.

De plus, il y a d'énormes distinctions entre les « lois de la guerre » (à différentes époques et dans différentes sociétés) et, par ailleurs la quantité de violences distribuée. La théorie d'un universel « instinct de meurtre » est insoutenable même dans une société en guerre.

L'être humain est bien entendu capable de devenir dangereusement agressif en apprenant à jouir et à se réjouir de la guerre et de l'exercice de la cruauté. Mais, « comment et quand nous devenons agressif sont plutôt sous le contrôle de nos cultures que de nos gènes » écrit Harris (p. 54), dans le vieux débat scientifique entre l'inné et l'acquis (ou du déterminisme génétique contre le déterminisme culturel).

La guerre comme continuation de la politique

Cette théorie pose qu'un conflit armé est « la suite logique d'une tentative d'un groupe pour protéger ou augmenter sa prospérité économique, politique et sociale au dépens d'un autre ou d'autres groupe(s) » (Harris, p. 54). C'est la définition de la guerre impériale ou étatique, où l'attaquant se battrait pour élever son niveau de vie au détriment des autres (les intérêts économiques sous-jacents peuvent être enfouis et cachés derrière et par des alibis politiques, raciaux et religieux). Dans cette approche l'État n'existerait que par son organisation politique - impérialiste à l'usage interne ou externe - capable de réaliser des guerres de conquête territoriale, d'agencement économique et de colonisation. Cette théorie n'explique pas, selon Harris, l'origine de la guerre dans des sociétés non-étatiques, tribales et villageoises.

John Foster Dulles, alors Ministre des Affaires étrangères du Président Eisenhower, a déclaré qu'il y eût deux moyens pour soumettre un pays, par la force des armes et par le contrôle de son économie.

Jacob Bronowski - mathématicien, philosophe et poète réfugiés en Angleterre et aux États-Unis durant les années 30-40 a estimé que la guerre était le résultat de la conjonction d'une technologie appropriée et de la logique du pillage. L'agriculture avec la domestication des animaux et des plantes a fait sortir l'humanité de l'errance perpétuelle. La domestication du cheval s'insèrerait alors dans cette logique du pillage, le cheval permettant à des nomades de faire des razzias chez des cultivateurs fixés à leurs terres, et aux temps des semailles et des récoltes et voler le fruit de leur travail. La frayeur suscité par ces cavaliers serait la source de la légende du « centaure ». Une tradition de pillage et d'ailleurs de guerre par des cavaliers a persisté en de nombreux lieux et époques, en Afrique, Amérique et Asie.

Références bibliographiques

  • Carl von Clausewitz De la guerre, traduction de Nicolas Waquet, Éditions Rivage poche, 2006, ISBN : 2743615168 .
  • Carl von Clausewitz Théorie du Combat, préface de Thomas Lindemann, Economica (1998), ISBN : 2717837361.
  • Antoine-Henri de Jomini Précis de l’art de la guerre, éditions Ivrea, 1994 ; Les guerres de la Révolution, Hachette, 1998.

Thanh H. Vuong & as. Communauté Économique de l’Asie-Pacifique. Essai d’Anthropologie économique et de Géographie politique, Presses inter-universitaires, Cap Rouge, QC, 2004.

  • Victor Davis Hanson, Carnage & Culture, Doubleday, 2001, ISBN 2-7028-7924-1
  • John Keegan, Histoire de la guerre, Dagorno, 1996, ISBN 2910019322
  • Fabio Maniscalco, World Heritage and War - monographic series "Mediterraneum", vol. VI, Naples, 2007, ISBN 88-89466-07-3
  • Anthony Wilden, The Rules are no Game. The Strategy of Communication, Routledge & Kegan Paul, London & New York, 1987.
  • Anthony Wilden, Man and Woman, War and Peace. The Strategist’s Companion, Routledge & Kegan Paul, London & New York, 1987.
  • Jean Doise Du Combat antique au Combat moderne : Les réalités du terrain, ADDIM 1999, 223p.ISBN 2-907341-96-0.
  • Jean Doise Histoire militaire de l'Alsace : La défense du Pays ; première partie : De la guerre de Trente ans à Napoléon, Saisons d'Alsace, Revue Trimestrielle n°84, 1984, 103p.ISSN 0048-9018.
  • Jean Doise Histoire militaire de l'Alsace : La défense du Pays ; deuxième partie : De la Restauration à la Ligne Maginot, Saisons d'Alsace, Revue Trimestrielle n°87, 1985, 102p.ISSN 0048-9018.
  • Jean Doise et Maurice Vaïsse) Diplomatie et outil militaire. Politique étrangère de la France : 1871-1969, Imprimerie Nationale, collection Politique étrangère de la France1987, 546p.ISBN 2-11-080924-8. Nouvelle éd.,Diplomatie et outil militaire. Politique étrangère de la France : 1871-1991, Le Seuil, collection Points Histoire, 1992, 749p.ISBN 2020141590.

Théories de la guerre

Selon le théoricien prussien Carl von Clausewitz (1780-1831) : la guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens. Cette définition rejoint les antiques idées de la civilisation chinoise : la guerre n'est qu'un des moyens pour imposer sa volonté à un groupe ou à l'inverse y résister. Comme ce moyen est le plus risqué et le plus coûteux, la victoire la plus intéressante est celle qui ne se voit pas, l'adversaire n'ayant pas perdu la face, ce qui pourrait être une des définitions de la diplomatie.

Par cette continuité politique, la guerre est aussi un élément incontournable des relations humaines, et donc une chose à laquelle il faut être prêt, ce que traduit le proverbe romain : Si vis pacem, para bellum (Si tu veux la paix, prépare la guerre), ou bien l'aphorisme de Nicolas Machiavel : « une guerre prévisible ne se peut éviter, mais seulement repousser ». On peut même considérer que l'état de guerre est naturel, et que c'est la paix qui résulte d'une construction, motivée par les plus grand gain d'un mauvais compromis que de la plus grande victoire. La régulation et le traitement de la guerre sont l'un des sujets majeurs pour les acteurs politiques et religieux et depuis quelques années par l'Organisation des Nations unies et d'autres institutions internationales et des organisations non gouvernementales.

  • Sigmund Freud avec Albert Einstein  :"Pourquoi la guerre ?" (1933), Ed.: Rivages, 2005, ISBN 2743613645

Des théoriciens ont émis l'hypothèse que la guerre était aussi une nécessité naturelle pour réguler la population humaine. C'est une idéee qui semble assez communément partagée, qui voudrait que malgré son « intelligence » l'humanité ne saurait se réguler autrement, mais cette théorie est infirmée par au moins deux faits ;

  1. les guerres même les plus sanglantes n'ont eu qu'un impact très provisoire et négligeable sur la démographie humaine (la dernière guerre mondiale ayant même suscité un baby boom).
  2. Quand le niveau de vie augmente, la population se stabilise, et en Europe depuis la période de paix (interne au moins), la démographie s'est rapidement stabilisée.

Causes et enjeux

Causes invoquées

On dit parfois que les guerres ont des causes profondes et des raisons futiles. Les causes - ou parfois les prétextes - de guerre peuvent être entre autres :

  • conquérir un territoire,
  • libérer un territoire occupé par une puissance étrangère (colonisation, etc.),
  • accéder à une ressource vitale (en particulier l'eau, les débouchés sur la mer, ...),
  • engager une domination économique (par exemple une réserve de pétrole ou de cuivre qu'on espère se faire céder à un prix avantageux),
  • obtenir le remboursement d'une dette,
  • punir le non-respect d'accords internationaux,
  • honorer un pacte d'alliance (conclu antérieurement ou pas),
  • imposer une croyance, une religion (Marx ne croit guère à ce genre d'explication qui selon lui masque toujours en réalité des intérêts matériels qui ne veulent pas s'avouer, comme le trafic d'armes par exemple),
  • ériger un système politique ou social, présenté comme le meilleur,
  • obtenir réparation d'un affront, d'autant plus important que le pouvoir est personnalisé.
  • permettre une relance économique au niveau du pays

Diverses opinions sur la guerre

L'apothéose de la guerre, Vasily Vereshchagin 1871
L'apothéose de la guerre, Vasily Vereshchagin 1871

Opinion d'André Maurois

Dans Les silences du colonel Bramble André Maurois voit la guerre comme aussi inévitable que les mouvements d'un dormeur dans son sommeil : suite à un immobilisme prolongé, des parties du corps éprouvent des soucis qui se cumulent avec le temps d'approvisionnement en ressources, et la souffrance engendrée déclenche une tentative de retournement brutale. Après s'ensuit un nouveau calme, temporaire, à l'issue duquel le cycle recommence.

Opinion de Rosa Luxemburg

« Les guerres sont un phénomène barbare, profondément immoral, réactionnaire et contraire aux intérêts du peuple » - Déclaration devant le tribunal de Francfort, février 1914.

Quelques exemples

Une guerre a rarement une cause unique, et fait suite plus souvent à une accumulation de causes profondes; la cause immédiate, par exemple l'affront, sert alors de déclencheur, comme la goutte qui fait déborder le vase.

  • La guerre est souvent une façon de ressouder une communauté contre un ennemi commun, de justifier une forte discipline, voire d'acquérir ou conserver une gloire politiquement nécessaire à un pouvoir se voulant charismatique (Junte argentine dans la Guerre des Malouines). Ces raisons rendent la guerre fréquente dans les dictatures et les États où les hommes voient leurs certitudes troublés par une brutale évolution politique (ethnique), économique ou technique. Il arrive cependant, bien que ce soit plus rare, que des démocraties se fassent la guerre entre elles aussi (guerres frontalières péruviennes, par exemple).
  • La raison d'une guerre (le groupe auquel on veut imposer sa loi) n'est pas toujours « en face », mais peut-être dans chaque camp, à l'image de la guerre franco-allemande de 1870, occasion pour Bismarck de sceller l'unité allemande. Cette interprétation fut également donnée à la Première Guerre mondiale par des socialistes de chaque camp.
  • La guerre est parfois perçue comme le moyen (éventuellement inconscient et selon Jean Jaurès « naturel au capitalisme ») d'éliminer une impasse sociale sans la régler.
  • Lorsque la guerre est particulièrement mal vécue par les militaires, comme la Première Guerre mondiale, le pouvoir accentue la propagande et promet (brièvement) que ce sera la dernière (Der des ders). Elle mit fin aux monarchies dans tous les pays vaincus (trois empires).

Guerres civiles

Comme dans une vendetta les guerres internes à un pays mettant aux prises une partie de la population contre l'autre, sont qualifiées de guerres civiles. Chacun voit dans son ennemi, et même en celui qui voudrait rester neutre, un traître avec lequel il n'est plus possible de cohabiter et avec lequel aucu