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Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
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définitions

intérêt (n.m.)

1.attention portée à qqch ou à qqn (ex. lire un texte avec intérêt).

2.important retentissement (ex. une découverte d'un grand intérêt).

3.ce qui importe; ce qu'il faut faire (ex. Il est de votre intérêt d'y aller).

4.(finances)revenu tiré d'un capital prêté; somme payée en sus du capital par l'emprunteur.

 
voir aussi
 
synonymes
 
locutions
 
dictionnaire analogique

intérêt (n. m.)

tid

intérêt d'une chose[ClasseHyper.]

intérêt (n. m.)

intérêt (n. m.)

intérêt (n. m.)

intérêt (n. m.)

intérêt (n. m.)

intérêt (n. m.)

intérêt (n. m.)

intérêt (n. m.)

intérêt (n. m.)

intérêt (n. m.)

intérêt (n. m.)

 
le Littré (1880)

INTÉRÊT (s. m.)

1. Profit qu'on retire de l'argent prêté ou dû (ce qui est le sens le plus ancien du bas-latin interesse, et qui se trouve dans des textes du XIIIe siècle). Prêt à intérêt. Joindre l'intérêt au principal. Emprunter à gros intérêt.

Je vous payerai, lui dit-elle, Avant l'oût, foi d'animal, Intérêt et principal (LA FONT. Fabl. I, 1)

Quelqu'un me prête ces mille écus sans intérêt (SÉV. 588)

L'argent qu'il en recevra [de la vente d'un régiment], en lui payant des dettes, ne diminuera-t-il pas aussi des intérêts ? (SÉV. 11 janvier 1690)

Il [le nonce du pape] avait pris depuis quelque temps ses mesures pour retirer des mains des négociants les sommes qu'il leur avait données à intérêt (SAINT-SIMON 499, 26)

L'intérêt de l'argent chez les Romains se payait tous les mois, et était d'un pour cent, c'est pourquoi on l'appelait usura centesima, centième, ou unciarium foenus, douzième, parce qu'en comptant les douze mois, on payait douze pour cent : uncia est la douzième partie d'un tout (ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. X, p. 204, dans POUGENS)

Le haut intérêt de l'argent est la marque infaillible de la pauvreté publique (VOLT. Moeurs, 81)

Intérêt légal, intérêt déterminé par la loi, et qui est aujourd'hui de cinq pour cent.

Intérêt simple, celui qui se tire simplement du capital placé, par opposition à intérêt composé.

Intérêt des intérêts, ou intérêt composé, ou anatocisme, profit qu'on retire de l'argent prêté, en convenant qu'à chaque terme échu ce profit se joindra au capital pour produire comme lui.

Intérêts accumulés, même sens que intérêts composés, surtout quand on considère un placement fait à long terme, comme celui que fait un père à la naissance de son fils pour l'exonérer du service militaire, à la naissance de sa fille pour lui constituer une dot Mille francs placés à 5 p. 100 se doublent en quatorze ans par les intérêts accumulés.

Intérêt du commerce, demi pour cent par mois, ou six pour cent par an.

Intérêts lunaires, nom, au Levant, d'intérêts usuraires que les juifs font payer aux chrétiens, en comptant par mois lunaires, ce qui est un profit pour le prêteur.

2. Terme de jurisprudence (qui se trouve aussi dès le XIIIe siècle sous la forme de damna et interesse). Dommages et intérêts, ou dommages-intérêts, l'indemnité qui est due à quelqu'un pour le préjudice, pour le dommage qu'on lui a causé. à peine de tous dépens, dommages et intérêts. La liquidation des dommages-intérêts.

Intérêts civils, le dédommagement que l'on adjuge, en matière criminelle, à celui qui a été lésé en sa personne ou dans ses biens par le crime ou le délit, et qui s'est constitué partie civile contre l'accusé.

3. Ce qui importe aux personnes en quelque manière que ce soit (ce qui est un retour au sens propre du verbe latin interest, il importe, retour qui ne commence qu'au XVIe siècle).

Il est certain qu'ayant commencé d'aimer quelque chose pour l'amour d'elle-même, le temps ajoute incontinent notre propre intérêt au mérite de la chose (BALZ. De la cour, 7e disc.)

....Cinna saurait choisir des hommes de courage, Et ne remettrait pas en de mauvaises mains L'intérêt d'Émilie et celui des Romains (CORN. Cinna, I, 3)

J'agis sans intérêt ; ce mot te doit suffire, Et n'en veux d'autre fruit que de ne t'en rien dire (ROTR. Bélis. II, 18)

Ma conservation est de votre intérêt (ROTR. ib. V, 5)

C'est un fouet. - C'est un serpent ! vous dis-je ; à me tant tourmenter quel intérêt m'oblige ? (LA FONT. Fabl. X, 10)

Leurs desseins où je n'ai point d'intérêt (PASC. Prov. I)

Notre propre intérêt est un merveilleux instrument pour nous crever les yeux agréablement (PASC. Pensées, III, 14, édit. LAHURE, 1860)

Le prince est, par sa charge, le père du peuple ; il est, par sa grandeur, au-dessus des petits intérêts (BOSSUET Politique, IV, I, 3)

Ce peuple de rivales.... Qui toutes, disputant un si grand intérêt, Des yeux d'Assuérus attendaient leur arrêt (RAC. Esth. I, 1)

Et que m'a fait, à moi, cette Troie où je cours ? Au pied de ses remparts quel intérêt m'appelle ? (RAC. Iph. IV, 6)

Ô rois, ô princes, vous voyez que je vous parle sans intérêt : écoutez donc celui qui vous aime assez pour vous contredire (FÉN. Tél. XXI)

Vous avez cherché à vous persuader ce que vous aviez un si grand intérêt de croire (MASS. Carême, Vérité de la relig.)

Il était de leur intérêt que leur accusateur fût condamné (MASS. Carême, Comm. ind.)

L'intérêt de l'État et de vos citoyens Vous presse autant que moi de former ces liens (VOLT. Orphel. IV, 4)

Je n'ai pas besoin d'eux, et j'attends leur arrêt Par pitié pour ce peuple, et non par intérêt (VOLT. Oedipe, III, 3)

Ayant fait voir combien le mépris des petits intérêts peut s'accorder avec l'ambition que les grands intérêts inspirent (VOLT. Moeurs, 6)

Les faibles intérêts doivent peu nous frapper (VOLT. Sémiram. II, 3)

En occupant les gens de leur propre intérêt, on les empêche de nuire à l'intérêt d'autrui (BEAUMARCH. Barb. de Sév. I, 4)

Intérêt particulier, ou privé, ou personnel, l'avantage d'une personne.

L'intérêt particulier se fait toujours le législateur de l'ordre public (DUCLOS Consid. moeurs, ch. 5)

Quelle sympathie, quelle émotion, quel enthousiasme pourrait jamais résulter de l'intérêt personnel ? (STAËL Corinne, IV, 5)

L'intérêt public, l'avantage de l'État, de la société.

Avoir intérêt à, trouver qu'il nous importe de.

Mais a-t-elle intérêt au choix que vous ferez ? (CORN. Rodog. III, 4)

Camille qui l'écoute [la narration de Curiace] a intérêt, comme lui, à savoir comment s'est faite une paix dont dépend leur mariage (CORN. ib. Examen.)

Ils ont trop d'intérêt à me justifier (RAC. Phèdre, V, 1)

L'intérêt que j'ai à croire une chose n'est pas une preuve de l'existence de cette chose (VOLT. Rem. Pens. Pascal, 5)

On a dit aussi : avoir intérêt en.

Je ne puis me défendre de lui, et il m'a gagné jusqu'à l'âme ; il est vrai que vous avez intérêt en cette perte, et que cela est gagner votre bien, étant obligé d'être tout à vous (VOIT. Lett. 44)

Il a trop d'intérêt lui-même en ma personne (CORN. Cid, II, 1)

Avoir intérêt de, avec un verbe à l'infinitif.

Se tourmenter sur ce qu'on n'a ni intérêt de savoir ni droit de comprendre (FLÉCH. Serm. I, 136)

Quel intérêt ont-ils de le publier, si Jésus-Christ n'est pas ressuscité ? (MASS. Mystères, Résurrect.)

Les hommes peuvent faire des injustices parce qu'ils ont intérêt de les commettre (MONTESQ. Lett. pers. 83)

Depuis que je vous ai vue, j'ai un nouvel intérêt de ne pas être oublié de vous (J. J. ROUSS. Lett. à Mme Latour, 2 janv. 1766)

Avoir intérêt que, avec un verbe au subjonctif.

Trop de gens ont intérêt qu'ils [les princes] ne sachent pas la vérité tout entière (BOSSUET Polit. VIII, IV, 4)

De s'entêter qu'elle [une chose] est, parce qu'on veut qu'elle soit ; de la contredire avec obstination parce qu'on a intérêt qu'elle ne soit pas (BOURDAL. Carême, III, Paix chrét.)

Au plur. Les intérêts, l'ensemble de ce qui importe, des utilités, des avantages.

Rome aura le dernier de mes trois adversaires ; C'est à ses intérêts que je vais l'immoler (CORN. Horace, IV, 2)

Il n'y a rien de plus vrai que l'amitié se réchauffe quand on est dans les mêmes intérêts (SÉV. Lett. à Pompone, 11 oct. 1661)

Des âmes hautaines qui, pour faire servir les princes à leurs intérêts cachés.... (BOSSUET le Tellier.)

Au milieu de tant de conseils que l'obscurité des affaires, l'incertitude des événements et les différents intérêts faisaient hasarder (BOSSUET ib.)

Unissez vos chagrins, liez vos intérêts (RAC. Brit. I, 4)

Ses intérêts sont-ils plus sacrés que les nôtres ? (RAC. Bérén. IV, 5)

Je ne puis séparer tes intérêts des miens (RAC. Bajaz. II, 1)

L'habile homme est celui qui entend ses intérêts (LA BRUY. XII)

Ils trouvent leurs intérêts à soutenir les vôtres (FÉN. Tél. X.)

Il [Leibnitz] fut profond dans l'histoire ; il connut les intérêts des princes (DIDER. Opin. des anc. phil. (leibnitzianisme).)

Prendre les intérêts de, se montrer défenseur, apologiste.

Prenez-vous contre moi ses intérêts en main ? (MOL. Éc. des mar. II, 14)

Vous avez des amis qui ont pris vos intérêts avec beaucoup de chaleur (SÉV. 14)

Prendre les intérêts du mensonge contre la gloire de la vérité (MASS. Carême, Parole.)

Être dans les intérêts de quelqu'un, lui être favorable.

Chirvins était dans ses intérêts (HAMILT. Gramm. 11)

Entrer dans les intérêts de quelqu'un, lui devenir favorable.

La Grèce était entrée dans ses intérêts (BOSSUET Hist. I, 9)

Nous entrerons dans tous vos intérêts (FÉN. Tél. XXI)

Sorti de son devoir pour entrer dans les intérêts de monsieur le Prince (HAMILT. Gramm. 5)

Mettre, engager quelqu'un dans les intérêts de, le rendre favorable.

César mit Rome dans ses intérêts (BOSSUET Hist. III, 7)

Pour engager les États [le gouvernement de la Hollande] dans les intérêts du roi (BOSSUET Reine d'Anglet.)

Celui qui a su mettre son Dieu dans ses intérêts (MASS. Carême, Resp. hum.)

Ce serait peu d'avoir mis le monde dans les intérêts de notre gloire (MASS. Or. fun. Madame.)

Absolument. Les intérêts, l'ensemble de ce qui fait la fortune d'un pays, banque, commerce, industrie, etc. à la menace d'une guerre, les intérêts s'alarment.

Tous les intérêts, toutes les ambitions, toutes les corruptions, toutes les lassitudes applaudissaient aux entreprises de Cromwell (CHATEAUBR. Stuarts, Protectorat.)

4. Particulièrement. Part que l'on a dans une opération de commerce ou d'industrie. Avoir un intérêt, prendre un intérêt dans une entreprise. J'ai un léger intérêt dans cette entreprise.

Mettre quelqu'un hors d'intérêt, le dédommager.

Fig.

Si vous pouviez vous mettre un peu hors d'intérêt (CORN. Nicom. III, 8)

5. Fig. Ce qui importe aux choses, ce qui leur est avantageux. L'intérêt de votre réputation. L'intérêt de votre santé exige du repos.

C'est contre le péché que son coeur se courrouce, Et l'intérêt du ciel est tout ce qui le pousse (MOL. Tart. I, 1)

Il vous engageait à prendre l'intérêt de la religion (PASC. Prov. XIII)

Il y en a qui des intérêts de l'Église font leurs propres intérêts ; et il y en a qui de leurs intérêts propres font les intérêts de l'Église (BOURDAL. Pensées, t. II, p. 350)

Mon âme, à ma grandeur tout entière attachée, Des intérêts du sang est faiblement touchée (RAC. Esth. II, 1)

6. Absolument. Sentiment égoïste qui nous attache à notre utilité particulière.

Il est vrai que j'ai vu quelquefois dans Sion Ces âmes d'intérêt, orgueilleuses et fières, S'élever au-dessus de leur condition (RACAN Ps. 37)

Le sang les avait joints, l'intérêt les sépare (LA FONT. Fab. IV, 18)

Tout marche par cabale et par pur intérêt ; Ce n'est plus que la ruse aujourd'hui qui l'emporte ; Et les hommes devraient être faits d'autre sorte (MOL. Mis. V, 1)

Et ce secret sans doute est celui que je crains ; L'espoir de l'intérêt m'a fait quelque infidèle [a fait que quelqu'un a trahi mon secret] (MOL. Dép. amour. III, 3)

Que l'intérêt est puissant et qu'il est hardi quand il peut se couvrir du prétexte de la religion ! (BOSSUET Hist. II, 12)

Intérêt, dieu du monde et de la cour, le plus ancien, le plus décrié et le plus inévitable de tous les trompeurs (BOSSUET Sermons, Justice, I)

L'intérêt, comme vous savez, n'a point de maximes fixes ; il suit les inclinations, il change avec les temps, il s'accommode aux affaires (BOSSUET ib. I)

Ce démon de l'intérêt étouffe non-seulement la charité, mais la piété et la compassion naturelle (BOURDAL. Myst. Épiphan. t. I, p. 127)

Rien ne coûte moins à la passion que de se mettre au-dessus de la raison : son grand triomphe est de l'emporter sur l'intérêt (LA BRUY. IV)

L'on se couche à la cour et l'on se lève sur l'intérêt (LA BRUY. VIII)

Où la religion a échoué quand elle a voulu l'entreprendre, l'intérêt s'en joue et le fait sans peine (LA BRUY. VIII)

Intérêt obtient tout, reconnaissance rien (LA MOTTE Fabl. II, 10)

Et le vil intérêt, cet arbitre du sort, Vend toujours le plus faible aux crimes du plus fort (VOLT. Mérope, I, 2)

L'intérêt parle en maître et seul est entendu (VOLT. Oreste, III, 6)

L'intérêt est ton dieu, le mien est l'équité ; Entre ces ennemis il n'est point de traité (VOLT. Fanal. II, 5)

Jamais son intérêt ne peut le détourner de l'intérêt public (RAYNAL Hist. phil. XIX, 3)

7. Sentiment opposé à l'intérêt égoïste, et qui nous inspire souci d'une personne ou d'une chose.

Et ce grand intérêt que vous prenez pour eux (CORN. Cid, I, 3)

Il [le roi] a intérêt pour tout son État dans le reste de la pièce (CORN. Hor. Examen.)

Mais à ce froid accueil que je vous vois leur faire, Il semble que pour tous sans aucun intérêt.... (CORN. Sertor. II, 2)

Je crois voir l'intérêt que vous voulez céler, Et qu'un autre qu'un père ici vous fait parler (RAC. Mithr. I, 3)

Et ce cher intérêt est le seul qui m'amène (RAC. ib. IV, 2)

Prendre intérêt à, avoir souci de.

Il ne prend intérêt qu'aux crimes de sa race (CORN. Hor. V, 3)

Prenez-vous intérêt à la faire [la douleur] éclater ? (CORN. Rodog. IV, 6)

La princesse prend intérêt à votre santé (SÉV. 255)

Qui doit prendre à vos jours plus d'intérêt que moi ? (RAC. Iph. III, 6)

Eh bien ! quel intérêt si pressant et si tendre à ce vieillard chrétien votre coeur peut-il prendre ? (VOLT. Zaïre, III, 6)

Prendre intérêt à une affaire, désirer qu'elle réussisse, travailler à la faire réussir.

Une affaire où il a su que vous preniez intérêt (LA BRUY. IX.)

On a dit dans le même sens : prendre intérêt en, dans.

Je prends désormais assez d'intérêt en lui, pour être fort aise de ce qu'il est bon juge de ces choses-là (VOIT. Lett. 192)

Je chéris tellement celles de votre sorte, Et prends tant d'intérêt en ce qui leur importe.... (CORN. Mélite, IV, 2)

Et par quelle raison dans son juste trépas Prend-il un intérêt qu'un père ne prend pas ? (CORN. Hor. V, 3)

Si j'ose en ce héros prendre quelque intérêt (CORN. Suréna, V, 1)

Nous nous plaisons, nous nous aimons, nous prenons intérêt dans nos fortunes (SÉV. Lett. à Bussy, 26 juill. 1668)

Il me semble que l'intérêt qu'on aurait pris en vous... (SÉV. 12 août 1685)

Ce n'est que dans ses jours que je prends intérêt, Et vous pouvez des miens user comme il vous plaît (QUINAULT Astr. V, 2)

Je voudrais, monsieur, entendre un peu plus clairement quel est ce grand intérêt que vous dites prendre en moi (J. J. ROUSS. Lett. à Dusaulx, 16 fév. 1771)

Sorte de sentiment d'une femme à l'égard d'un homme, et qui, moindre que l'amour, en est voisin, Il y a encore un cinquième sentiment qu'on appelle de l'intérêt (GENLIS Ad. et Théod. t. I, p. 440, dans POUGENS)

9. Sentiment d'attention curieuse. L'intérêt qui naît dans l'âme du spectateur. Cette découverte excite l'intérêt des savants. J'ai lu cet ouvrage avec un vif intérêt.

Il n'y a nulle lecture où je puisse prendre plus d'intérêt (SÉV. 230)

Qualité de certaines choses qui les rend propres à captiver l'attention, à toucher l'esprit. Une histoire pleine d'intérêt. L'intérêt dans ce roman croît de chapitre en chapitre.

Si vous ne frappez pas le coeur du spectateur par des coups toujours redoublés au même endroit, ce coeur vous échappe ; si vous mêlez plusieurs intérêts ensemble, il n'y a plus d'intérêt (VOLT. Comm. Corn. Rem. Oedipe, V, 1)

Les intérêts, partagés s'affaiblissent mutuellement (SÉV. Lett. Chabanon, 13 janv. 1766)

HISTORIQUE

XIVe s.Lequel suppliant prist un gobelet d'argent, lequel il ploia ou froissa entre ses mains.... laquelle froisseure le dit suppliant congnut avoir faicte, et en rendist au tavernier son interest (DU CANGE interesse.)

XVe s.Icelle Katherine dit à Alips qu'elle n'estoit pas saige de soy esjouir de l'interest et deplaisir de son pere (DU CANGE ib.)L'audition de plusieurs comptes a esté par plusieurs foys et est encore presentement retardée ou delayée, au grand interest [préjudice] de mon dit seigneur (Estats des officiers des ducs de Bourg. p. 78, dans LACURNE)

XVIe s.Prestez-moy ung denier à l'interest (RAB. Pant. II, 17)Et, ores que Sibylle ne feust, quel interest [dommage] encourez-vous, avec elle, conferens de vostre perplexité ? (RAB. ib. III, 16)Ou [au] grand dommaige et interest des pauvres maistres es artz (RAB. Chr. phil.)....D'aller sans delay vers sa majesté pour y pourveoir, laquelle a grand interest quand ses sujets vivent en discorde (LANOUE 257)Ce n'est point faire le dommage du maistre, de lui conseiller de despendre une petite poignée d'argent pour en recueillir de si bons interests (LANOUE 266)De sorte que les prenant à l'aloy et fondant lesdits escus, se trouvoit grand interest [déchet], si que finablement, pour demeurer d'accord, fut baillé aux deputez de l'empereur quarante mil escus d'avantage pour les interests de l'aloy (LANOUE 159)Selon les degrez de l'interest que chascun apportoit à... (MONT. I, 7)Il se transformoit à façons si diverses, sans interest de sa santé (MONT. I, 185)Estimant que nos interests alterent le ciel (MONT. II, 382)Au present brouillis de cest estat, mon interest ne m'a faict mecognoistre les qualitez louables en nos adversaires (MONT. IV, 159)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. interesse ; espagn. interes ; portug. et ital. interesse ; du lat. interesse, profiter, importer, de inter, entre, et esse, être (voy. ESSENCE). Tandis que les autres langues romanes tirent ce mot de l'infinitif latin, le français le tire de la troisième personne interest. La manière dont le français a modifié quant au sens, en en faisant un substantif, le verbe latin est singulière : il lui a donné l'acception de ce qu'il importe d'éviter, dommage, préjudice ; et, chose remarquable, dont on peut s'assurer en lisant l'historique, l'acception joue facilement entre dommage et dédommagement ; de là le sens particulier de profit retiré de l'argent, et de dédommagement accordé par la justice.

 
Wikipedia

Intérêt

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

L'intérêt au sens le plus général c'est l'attention que l'on porte à quelque chose ou quelqu'un.

Au niveau utilitariste, l'intérêt d'une personne (dans le sens de défense de ses intérêts), c'est ce qu'il considère utile à lui-même indépendamment de l'utilité pour les autres. Par extension, l'intérêt général c'est ce qui est considéré utile à l'ensemble ou à la majorité d'une société humaine.

En finance, l'intérêt est la rémunération du capital emprunté

Sommaire

  • 1 Définition (finance)
    • 1.1 Calcul de l'intérêt
    • 1.2 Modalités de versement
    • 1.3 Avantages et inconvénients
  • 2 Intérêt de l'argent et religions monothéistes
    • 2.1 Les interdictions ou limites au prêt à intérêt dans les textes fondamentaux
    • 2.2 Aperçu historique
  • 3 Autres notions relatives à l'intérêt
  • 4 Voir aussi
  • 5 Liens externes

Définition (finance)

L'intérêt est la rémunération d'un prêt, sous forme généralement d'un versement périodique de l'emprunteur au prêteur.

Pour le prêteur, c'est le prix de sa renonciation temporaire à une consommation. Pour l'emprunteur, c'est un coût correspondant à une consommation anticipée.

Une épargne rémunérée par un intérêt est assimilable à un prêt, l'emprunteur étant la banque ou l'organisme bénéficiaire de cette épargne.

Calcul de l'intérêt

L'intérêt est proportionnel à la somme empruntée ou placée (capital) et au temps couru. Il est généralement calculé par application d'un pourcentage annuel, appelé le taux d'intérêt. Ce taux peut être fixe ou ajusté d'une période à l'autre selon une formule d'indexation. Dans ce cas, il peut être révisable (fixé en début de chaque période) ou variable (déterminé à la fin de chaque période).

Modalités de versement

L'intérêt est

  • habituellement, versé périodiquement au prêteur, par exemple à échéances mensuelles, trimestrielles ou annuelles.
  • ou, en cas de (capitalisation payé seulement en même temps que le remboursement final de l'emprunt. Il est alors capitalisé, autrement dit ajouté au capital à la fin de chaque période (par exemple chaque année), pour produire à son tour des intérêts pendant les périodes suivantes.

Avantages et inconvénients

Diverses critiques au fil du temps ont porté tant sur les intérêts eux-même que sur le crédit et la monnaie, accusés de concert d'appauvrir certains au profit d'autres. En fait les économies prospères s'appuient largement sur un secteur de l'épargne et du crédit aussi développé que performant. L'un des facteurs de développement économique est la mise en place d'un tel système.

Une surveillance des pratiques en ces domaines est toutefois nécessaire, d'où des dispositions dans divers pays visant tant à protéger l'épargnant qu'à éviter des taux usuraires pour l'emprunteur.

Intérêt de l'argent et religions monothéistes

Les interdictions ou limites au prêt à intérêt dans les textes fondamentaux

La Bible et le Coran contiennent des versets qui condamnent fermement la pratique du prêt à intérêt.

Cet interdit est exprimé en particulier dans l'Ancien Testament, au vingt-troisième chapitre du Deutéronome (23-19):

« Tu ne prêteras pas à intérêt à ton frère, intérêt d'argent ou intérêt de nourriture, de toute chose qui se prête à intérêt. » 

Le verset suivant (23-20) ajoute cependant une restriction importante :

« Tu pourras tirer un intérêt de l'étranger, mais tu n'en tireras point de ton frère, afin que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans tout ce que tu entreprendras au pays dont tu vas entrer en possession. » 

L'interdiction du prêt à intérêt figure également dans Ex 22-24, et dans Lv 25,35-37.

La condamnation du prêt à intérêt, présenté comme une pratique contraire à la justice, se trouve chez les prophètes, surtout Ezéchiel (18,8 ; 13,7 ; 22,12).

Dans le Nouveau Testament, la formulation de cet interdit est moins explicite. On trouve néanmoins dans Luc, 6, les versets suivants :

  • (34) :

    « Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin de recevoir la pareille. » 

  • (35) :

    « Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. » 

Dans les évangiles, les passages qui sont relatifs à la relation avec l'argent d'une façon générale sont très nombreux. Certains passages encouragent le don aux pauvres selon le principe de charité, tandis que d'autres condamment sévèrement ceux qui ne font pas fructifier leurs talents (parabole des talents). L'utilisation de l'argent n'est pas condamnée, à condition que cela ne soit pas une fin, mais seulement un moyen, ce qui rejoint la conception judaïque.

En ce qui concerne le Coran, on peut citer notamment le verset 275 de la Sourate Al-Baqarah (La vache) :

« Ceux qui mangent [pratiquent] de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela parce qu’ils disent : "le commerce est tout à fait comme l’intérêt. Alors qu’Allah a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt." » 

La dénonciation de la pratique de l'intérêt se retrouve également dans la Sourate Ar-Rum (Les Romains) (Sourate 30 - verset 39) :

« Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens au dépens des biens d'autrui ne les accroît pas auprès d'Allah, mais ce que vous donnez comme Zakat, tout en cherchant la Face d'Allah (Sa satisfaction)… Ceux-là verront [leurs récompenses] multipliées. » 

Aperçu historique

Dans l'Antiquité, on pratiquait des taux d'intérêt très importants. Il pouvait arriver que, à la mort d'un débiteur, le créancier réduise en esclavage ses enfants. C'est pour réagir à cette situation que la législation juive a introduit des interdictions au prêt à intérêt (Pentateuque, voir supra).

Alors que le droit romain autorisait le prêt à intérêt, l’Église catholique romaine l'interdisait à ses fidèles : le droit canon prenait appui sur la Bible.

Les rabbins juifs ont réagi à l'interdiction chrétienne en codifiant les choses dans le Talmud de Jérusalem au IVe siècle, et dans le Talmud de Babylone au VIe siècle, qui apportèrent de grandes innovations sur l'organisation sociale, en particulier les taux d'intérêt, l'usage des lettres de change, et les limites du profit (notion de prix juste).

En occident, l'interdiction du prêt à intérêt fut intégrée au droit laïc sous Charlemagne et perdura pendant tout le Moyen Âge. Elle fut critiquée par quelques théologiens et juristes au XIIIe siècle. Le droit canon s'appuya ensuite sur la critique de la chrématistique par Aristote : pour le philosophe grec, l'argent ne devait pas pouvoir "faire des petits".

L’interdit a toutefois été partiellement contourné, au cours de la période médiévale, en faisant appel aux Juifs, qui de leur côté pouvaient accepter de prêter à intérêt en vertu du verset 23-20 du Deutéronome : « Tu pourras tirer un intérêt de l’étranger… » (23-20). Il y eut ainsi une courte période, sous Philippe Auguste, qui, après avoir expulsé les Juifs, les réintégra (1198) et autorisa le prêt à intérêt. L'interdiction fut rétablie sous Louis VIII (1223).

La Réforme protestante, par la voix de Calvin en particulier, a contribué à la levée progressive de l'interdit du prêt à intérêt dans les pays européens. Cependant, les lois contre l'usure n'ont été officiellement abrogées dans ces pays qu'au cours du XIXe siècle, le plus souvent. L'Église catholique leva son interdiction en 1830, sans toutefois valoriser l'intérêt.

Aujourd'hui, seul l'islam continue de faire valoir cet interdit auprès de ses fidèles. Il existe d'ailleurs un nombre croissant de banques islamiques, installées y compris dans des pays occidentaux (ex. : la Lariba American Finance House aux États-Unis), offrant des produits financiers non fondés sur le prêt à intérêt. Le succès de ces banques, qui ont fait leur apparition dans la seconde partie du XXe siècle, a incité récemment des banques occidentales conventionnelles à proposer, elles aussi, des produits financiers « islamiques », destinés à leur clientèle musulmane.

Sources :

  • Lewys Hyde, The Gift. Imagination and the Erotic Life of Property, New York, Vintage Books, Random, 1983 (voir le chapitre VII sur la question de l'usure) ; Benjamin Nelson, The Idea of Usury, from tribal brotherhood to universal otherhood, Chicago, University of Chicago Press, 1969 (2e éd.), 310 p.
  • Liens externes ci-dessous.

Autres notions relatives à l'intérêt

Le sens du mot intérêt indiqué ci-dessus est le sens financier, c'est-à-dire la somme que l'on paie pour l'usage de l'argent ou des valeurs d'autrui sous forme d'emprunt.

Les sens premiers du mot intérêt sont, selon le Petit Larousse :

  • Ce qui importe, qui est utile à quelqu'un : agir dans l'intérêt d'un ami.
  • C'est aussi un sentiment de curiosité ou de bienveillance à l'égard de quelque chose, de quelqu'un ; agrément qu'on y prend : ressentir un vif intérêt pour quelqu'un.
  • L'originalité, l'importance de quelque chose, de quelqu'un : une déclaration du plus haut intérêt.
  • Le droit éventuel à des bénéfices : avoir des intérêts dans une entreprise.

Dans un sens péjoratif, le mot intérêt désigne le souci exclusif à ce qui est avantageux pour soi, l'égoïsme ; c'est l'intérêt qui le guide.

Dans le contexte de l'État et de l'administration, les intérêts de l'État désignent ce qui est important du point de vue de l'État. Les intérêts vitaux de l'État désignent ce qui est primordial pour la sûreté de l'État, et qui exige, notamment, une classification des informations (voir par exemple information classifiée en France).

Dans le contexte de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), on s'interroge sur le fait que d'autres parties prenantes que les actionnaires et les dirigeants (citoyens, employés, État, collectivités territoriales…), aient des intérêts dans la gestion de l'entreprise.

Voir : Parties prenantes

À noter par ailleurs que lorsqu'une personne a des intérêts multiples et important dans une entreprise (par exemple à la fois gros actionnaire et gros fournisseur ou client, il peut y avoir conflit d'intérêts car il peut privilégier dans ses décisions le côté le plus profitable pour lui.

Voir aussi

  • Intérêt général
  • Groupe d'intérêts
  • Intérêts des parties prenantes d'une entreprise
  • Liste d'articles de finance

Liens externes

  • Le prêt à intérêt dans l'Ancien Testament
  • Prohibition de l'intérêt par l'Église
  • Les juifs, les chétiens et l'argent, par Jacques Attali
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