Intérêt
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L'intérêt au sens le plus général c'est l'attention que l'on porte à quelque chose ou quelqu'un.
Au niveau utilitariste, l'intérêt d'une personne (dans le sens de défense de ses intérêts), c'est ce qu'il considère utile à lui-même indépendamment de l'utilité pour les autres. Par extension, l'intérêt général c'est ce qui est considéré utile à l'ensemble ou à la majorité d'une société humaine.
En finance, l'intérêt est la rémunération du capital emprunté
Sommaire
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Définition (finance)
L'intérêt est la rémunération d'un prêt, sous forme généralement d'un versement périodique de l'emprunteur au prêteur.
Pour le prêteur, c'est le prix de sa renonciation temporaire à une consommation. Pour l'emprunteur, c'est un coût correspondant à une consommation anticipée.
Une épargne rémunérée par un intérêt est assimilable à un prêt, l'emprunteur étant la banque ou l'organisme bénéficiaire de cette épargne.
Calcul de l'intérêt
L'intérêt est proportionnel à la somme empruntée ou placée (capital) et au temps couru. Il est généralement calculé par application d'un pourcentage annuel, appelé le taux d'intérêt. Ce taux peut être fixe ou ajusté d'une période à l'autre selon une formule d'indexation. Dans ce cas, il peut être révisable (fixé en début de chaque période) ou variable (déterminé à la fin de chaque période).
Modalités de versement
L'intérêt est
- habituellement, versé périodiquement au prêteur, par exemple à échéances mensuelles, trimestrielles ou annuelles.
- ou, en cas de (capitalisation payé seulement en même temps que le remboursement final de l'emprunt. Il est alors capitalisé, autrement dit ajouté au capital à la fin de chaque période (par exemple chaque année), pour produire à son tour des intérêts pendant les périodes suivantes.
Avantages et inconvénients
Diverses critiques au fil du temps ont porté tant sur les intérêts eux-même que sur le crédit et la monnaie, accusés de concert d'appauvrir certains au profit d'autres. En fait les économies prospères s'appuient largement sur un secteur de l'épargne et du crédit aussi développé que performant. L'un des facteurs de développement économique est la mise en place d'un tel système.
Une surveillance des pratiques en ces domaines est toutefois nécessaire, d'où des dispositions dans divers pays visant tant à protéger l'épargnant qu'à éviter des taux usuraires pour l'emprunteur.
Intérêt de l'argent et religions monothéistes
Les interdictions ou limites au prêt à intérêt dans les textes fondamentaux
La Bible et le Coran contiennent des versets qui condamnent fermement la pratique du prêt à intérêt.
Cet interdit est exprimé en particulier dans l'Ancien Testament, au vingt-troisième chapitre du Deutéronome (23-19):
« Tu ne prêteras pas à intérêt à ton frère, intérêt d'argent ou intérêt de nourriture, de toute chose qui se prête à intérêt. »
Le verset suivant (23-20) ajoute cependant une restriction importante :
« Tu pourras tirer un intérêt de l'étranger, mais tu n'en tireras point de ton frère, afin que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans tout ce que tu entreprendras au pays dont tu vas entrer en possession. »
L'interdiction du prêt à intérêt figure également dans Ex 22-24, et dans Lv 25,35-37.
La condamnation du prêt à intérêt, présenté comme une pratique contraire à la justice, se trouve chez les prophètes, surtout Ezéchiel (18,8 ; 13,7 ; 22,12).
Dans le Nouveau Testament, la formulation de cet interdit est moins explicite. On trouve néanmoins dans Luc, 6, les versets suivants :
- (34) :
« Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin de recevoir la pareille. »
- (35) :
« Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. »
Dans les évangiles, les passages qui sont relatifs à la relation avec l'argent d'une façon générale sont très nombreux. Certains passages encouragent le don aux pauvres selon le principe de charité, tandis que d'autres condamment sévèrement ceux qui ne font pas fructifier leurs talents (parabole des talents). L'utilisation de l'argent n'est pas condamnée, à condition que cela ne soit pas une fin, mais seulement un moyen, ce qui rejoint la conception judaïque.
En ce qui concerne le Coran, on peut citer notamment le verset 275 de la Sourate Al-Baqarah (La vache) :
« Ceux qui mangent [pratiquent] de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela parce qu’ils disent : "le commerce est tout à fait comme l’intérêt. Alors qu’Allah a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt." »
La dénonciation de la pratique de l'intérêt se retrouve également dans la Sourate Ar-Rum (Les Romains) (Sourate 30 - verset 39) :
« Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens au dépens des biens d'autrui ne les accroît pas auprès d'Allah, mais ce que vous donnez comme Zakat, tout en cherchant la Face d'Allah (Sa satisfaction)… Ceux-là verront [leurs récompenses] multipliées. »
Aperçu historique
Dans l'Antiquité, on pratiquait des taux d'intérêt très importants. Il pouvait arriver que, à la mort d'un débiteur, le créancier réduise en esclavage ses enfants. C'est pour réagir à cette situation que la législation juive a introduit des interdictions au prêt à intérêt (Pentateuque, voir supra).
Alors que le droit romain autorisait le prêt à intérêt, l’Église catholique romaine l'interdisait à ses fidèles : le droit canon prenait appui sur la Bible.
Les rabbins juifs ont réagi à l'interdiction chrétienne en codifiant les choses dans le Talmud de Jérusalem au IVe siècle, et dans le Talmud de Babylone au VIe siècle, qui apportèrent de grandes innovations sur l'organisation sociale, en particulier les taux d'intérêt, l'usage des lettres de change, et les limites du profit (notion de prix juste).
En occident, l'interdiction du prêt à intérêt fut intégrée au droit laïc sous Charlemagne et perdura pendant tout le Moyen Âge. Elle fut critiquée par quelques théologiens et juristes au XIIIe siècle. Le droit canon s'appuya ensuite sur la critique de la chrématistique par Aristote : pour le philosophe grec, l'argent ne devait pas pouvoir "faire des petits".
L’interdit a toutefois été partiellement contourné, au cours de la période médiévale, en faisant appel aux Juifs, qui de leur côté pouvaient accepter de prêter à intérêt en vertu du verset 23-20 du Deutéronome : « Tu pourras tirer un intérêt de l’étranger… » (23-20). Il y eut ainsi une courte période, sous Philippe Auguste, qui, après avoir expulsé les Juifs, les réintégra (1198) et autorisa le prêt à intérêt. L'interdiction fut rétablie sous Louis VIII (1223).
La Réforme protestante, par la voix de Calvin en particulier, a contribué à la levée progressive de l'interdit du prêt à intérêt dans les pays européens. Cependant, les lois contre l'usure n'ont été officiellement abrogées dans ces pays qu'au cours du XIXe siècle, le plus souvent. L'Église catholique leva son interdiction en 1830, sans toutefois valoriser l'intérêt.
Aujourd'hui, seul l'islam continue de faire valoir cet interdit auprès de ses fidèles. Il existe d'ailleurs un nombre croissant de banques islamiques, installées y compris dans des pays occidentaux (ex. : la Lariba American Finance House aux États-Unis), offrant des produits financiers non fondés sur le prêt à intérêt. Le succès de ces banques, qui ont fait leur apparition dans la seconde partie du XXe siècle, a incité récemment des banques occidentales conventionnelles à proposer, elles aussi, des produits financiers « islamiques », destinés à leur clientèle musulmane.
Sources :
- Lewys Hyde, The Gift. Imagination and the Erotic Life of Property, New York, Vintage Books, Random, 1983 (voir le chapitre VII sur la question de l'usure) ; Benjamin Nelson, The Idea of Usury, from tribal brotherhood to universal otherhood, Chicago, University of Chicago Press, 1969 (2e éd.), 310 p.
- Liens externes ci-dessous.
Autres notions relatives à l'intérêt
Le sens du mot intérêt indiqué ci-dessus est le sens financier, c'est-à-dire la somme que l'on paie pour l'usage de l'argent ou des valeurs d'autrui sous forme d'emprunt.
Les sens premiers du mot intérêt sont, selon le Petit Larousse :
- Ce qui importe, qui est utile à quelqu'un : agir dans l'intérêt d'un ami.
- C'est aussi un sentiment de curiosité ou de bienveillance à l'égard de quelque chose, de quelqu'un ; agrément qu'on y prend : ressentir un vif intérêt pour quelqu'un.
- L'originalité, l'importance de quelque chose, de quelqu'un : une déclaration du plus haut intérêt.
- Le droit éventuel à des bénéfices : avoir des intérêts dans une entreprise.
Dans un sens péjoratif, le mot intérêt désigne le souci exclusif à ce qui est avantageux pour soi, l'égoïsme ; c'est l'intérêt qui le guide.
Dans le contexte de l'État et de l'administration, les intérêts de l'État désignent ce qui est important du point de vue de l'État. Les intérêts vitaux de l'État désignent ce qui est primordial pour la sûreté de l'État, et qui exige, notamment, une classification des informations (voir par exemple information classifiée en France).
Dans le contexte de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), on s'interroge sur le fait que d'autres parties prenantes que les actionnaires et les dirigeants (citoyens, employés, État, collectivités territoriales…), aient des intérêts dans la gestion de l'entreprise.
Voir : Parties prenantes
À noter par ailleurs que lorsqu'une personne a des intérêts multiples et important dans une entreprise (par exemple à la fois gros actionnaire et gros fournisseur ou client, il peut y avoir conflit d'intérêts car il peut privilégier dans ses décisions le côté le plus profitable pour lui.
Voir aussi
- Intérêt général
- Groupe d'intérêts
- Intérêts des parties prenantes d'une entreprise
- Liste d'articles de finance
Liens externes
- Le prêt à intérêt dans l'Ancien Testament
- Prohibition de l'intérêt par l'Église
- Les juifs, les chétiens et l'argent, par Jacques Attali
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