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Lettris

Lettris est un jeu de lettres gravitationnelles proche de Tetris. Chaque lettre qui apparaît descend ; il faut placer les lettres de telle manière que des mots se forment (gauche, droit, haut et bas) et que de la place soit libérée.

boggle

Il s'agit en 3 minutes de trouver le plus grand nombre de mots possibles de trois lettres et plus dans une grille de 16 lettres. Il est aussi possible de jouer avec la grille de 25 cases. Les lettres doivent être adjacentes et les mots les plus longs sont les meilleurs. Participer au concours et enregistrer votre nom dans la liste de meilleurs joueurs ! Jouer

Dictionnaire de la langue française
Principales Références

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Le dictionnaire des synonymes est surtout dérivé du Crisco ou du dictionnaire intégral (TID).
L'encyclopédie française bénéficie de la licence Wikipedia (GNU).

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définitions

laisse (n.f.)

1.lien pour mener et garder près de soi un chien (ou un autre animal).

2.(histoire)couplet d'une chanson de geste.

3.(géographie)espace que la mer découvre en se retirant, à chaque marée.

laisser (v.)

1.se séparer de, laisser qqch derrière soi, céder qqch à qqn.

2.ne pas empêcher (que qqch survienne).

3.ne pas prendre qqch. Oublier qqch.

4.perdre, abandonner qqch de soi (ex. laisser sa vie dans une bataille).

 
voir aussi
 
synonymes
 
locutions

-laisse-moi tranquille • laissé pour compte • laissé-pour-compte • sot-l'y-laisse • tenir en laisse • tire-laisse

-laisser aller • laisser choir • laisser conduire • laisser couler • laisser de côté • laisser des traces • laisser deviner • laisser dire • laisser dominer • laisser décanter • laisser dégoutter • laisser en garde • laisser en héritage • laisser en paix • laisser en rade • laisser entendre • laisser entrer • laisser faire • laisser faire, laisser passer • laisser flotter • laisser fléchir • laisser froid • laisser indifférent • laisser interdit • laisser la bride sur le cou • laisser la liberté • laisser la place • laisser le champ libre • laisser les mains libres • laisser libre • laisser loin derrière • laisser mener par le bout du nez • laisser mourir la conversation • laisser oublier • laisser pantois • laisser partir • laisser passer • laisser pisser le mérinos • laisser pour héritage • laisser pousser • laisser prendre • laisser prendre à l'appeau • laisser pressentir • laisser reposer • laisser reposer la terre • laisser s'écouler • laisser son épée • laisser stupide • laisser suivre son cours • laisser tenter • laisser tomber • laisser tranquille • laisser traîner • laisser vacant • laisser vivre • laisser voir • laisser à désirer • laisser à part • laisser échapper • laisser-aller • laisser-passer • ne pas laisser froid • ne pas laisser impuni • ne pas se laisser abattre • ne pas se laisser prendre • ne rien laisser au hasard • sans laisser de traces • se laisser aller

-ENTRE-LAISSER[Littré]

-LAISSE-TOUT-FAIRE • SOT-L'Y-LAISSE • TIRE-LAISSE[Littré]

-Chanson en laisse • Laisse aller, c'est une valse • Laisse béton • Laisse de basse mer • Laisse de mer • Laisse parler ton cœur • Laisse tes mains sur mes hanches • Laisse tomber les filles • Sot-l'y-laisse

-Laisser-passer (bridge) • Sans laisser d'adresse • Vivre et laisser mourir • À prendre ou à laisser

 
dictionnaire analogique

laisse (n. f.)

tid

accessoire du chien[ClasseParExt.]

corde[Classe...]

laisse (n. f.) [didactique]

tid

division d'un poème[DomainDescrip.]

laisse (n. f.) [géographie]

tid

zone limitrophe entre mer et rivage[Classe]

haut[Caract.]

bas[Caract.]

marée[termes liés]

laisse (n. f.)

laisse (n. f.)

laisser (v. tr.)

V+comp--à+qqn

laisser (v. tr.)

V+comp--proposition relative • V+Ginf

laisser (v. tr.)

laisser (v. tr.)

laisser (v. tr.)

laisser (v. tr.)

laisser (v. tr.)

laisser (v. tr.)

laisser (v. tr.)

laisser (v. tr.)

laisser (v. tr.)

 
le Littré (1880)

LAISSE (s. f.)

1. Corde dont on se sert pour mener des chiens attachés. Des chiens de chasse qui vont en laisse.

Une laisse de lévriers, se dit de deux lévriers, attachés ou non.

Quand le loup est détourné, on amène les lévriers qui doivent le chasser, on les partage en deux ou trois laisses, on n'en garde qu'une pour le lancer, et on mène les autres en avant pour servir de relais (BUFF. Quadrup. t. II, p. 199)

2. Laisse se dit aussi du cordon avec lequel l'on conduit un chien seul.

Son chien a un collier d'or, il est attaché à une laisse d'or et de soie (LA BRUY X.)

Aux maîtres de cérémonies Plaise ordonner que, dès demain, Entrent sans laisse aux Tuileries Les chiens du faubourg St-Germain (BÉRANG. Requête.)

Fig. Mener quelqu'un en laisse, lui faire faire tout ce qu'on veut.

3. Laisse se dit aussi d'autres animaux que l'on conduit comme les chiens.

Il arriva menant le taureau blanc en laisse (VOLT. Taureau, 6)

À notre tête paraissait le guide ou le postillon grec à cheval, tenant un autre cheval en laisse (CHATEAUB. Itin. 1re part.)

Par extension.

Le Destin se mit en colère, lui donna [à son valet] quelques coups de plat d'épée, et, ayant lié ses mains du licol de son cheval, se servit de celui du cheval de Mlle de l'Étoile pour mener en laisse le criminel (SCARR. Rom. com. II, 13)

Les revoilà sur l'onde [à la nage] ainsi qu'auparavant, La cassette en laisse suivant, Et le nageur poussé du vent De roc en roc portant la belle (LA FONT Fianc.)

4. Espèce de cordon de chapeau, fait de crin, de fil ou de soie.

HISTORIQUE

XIIIe s.Elle vous maint [mène] com chien en lesse (J. DE MEUNG Codic. 35)

XVe s.Laisses de poil pour tenir chiens (E. DESCH. Poésies mss. f° 452)

XVIe s.Les dieux mesmes disent qu'ils ont avesques un grand advisement composé l'attelage de ceste laisse qu'on appelle le masle et la femelle, afin qu'estant la couple telle.... (LA BOËTIE 160)Il convient avoir aussi une lesse de bons levriers (O. DE SERRES 994)Chevaux menez et conduits par les lesses, qui est à dire en main (BRANT. Dames ill. p. 18, dans LACURNE)Nous voyions depuis, dict Appion, Androclus conduisant ce lion à tout une petite lesse, se promenant par les tavernes à Rome, recevoir l'argent qu'on lui donnoit (MONT. II, 194)

ÉTYMOLOGIE

Wallon, lahe ; namur. lache ; ital. lascio ; bas-lat. laxa ; de laxus, lâche, la laisse étant considérée comme une corde lâchement tenue. Cependant il faut prendre en considération le danois lisse, le hollandais letse, qui signifient attache, cordon. Grandgagnage rattache le wallon lahe à l'anc. haut allemand laz, lazo, courroie. Diez admet que laisse de chien vient de laxa, et que laisse de chapeau vient du germanique lisse, letse, etc.

LAISSE (s. f.)

Terres mêlées de sable et de vase que la mer dépose en forme de sillons sur la côte.

Sol que la marée couvre en montant et que le jusant laisse à découvert.

Débris de plantes que la mer porte et dépose au haut du rivage, lors des grandes marées.

Laisses de haute et basse mer, courbes horizontales de la mer le long de la côte à la haute et à la basse mer.

ÉTYMOLOGIE

Laisser.

LAISSE (s. f.)

Tour que l'horloger laisse à faire au ressort d'une montre ou d'une pendule, après que la chaîne a été remontée sur le barillet.

LAISSE (s. f.)

Terme de chasse. Se dit des lieux où les loups aiguisent leurs ongles.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

4. LAISSE. Ajoutez :

Il se dit de la fiente du sanglier.

LAISSE (s. f.)

Nom, dans les grands poëmes provençaux, des tirades qui les divisent.

Il se dit également des tirades monorimes des poëmes de langue d'oïl, qu'on nomme encore couplets.

LAISSÉ, ÉE (part. passé de laisser)

1. Dont on ne s'est pas séparé. Laissé en route par ses compagnons.

Demeuré sur la place.

Les apôtres laissés pour morts (BOSSUET Hist. II, 12)

Abandonné.

L'homme fut laissé à lui-même (BOSSUET Hist. II, 1)

Légué.

Voici le quatrième exemple que nous voyons d'États laissés par testament au peuple romain (ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. IX, p. 427, dans POUGENS)

2. S. m. Terme de rubanerie. Tous les points blancs d'un patron qui désignent les hautes lisses.

3. Terme de commerce. Un laissé en compte, marchandises étrangères qui sont restées à la douane pour le règlement d'un compte.

LAISSER (v. a.)

1. Se séparer d'une personne ou d'une chose qui reste dans l'endroit dont on s'éloigne.

Je ne puis laisser ma lettre à un plus bel endroit (SÉVIGNÉ 20 juill. 1689)

Paulin, qu'on vous laisse avec moi (RAC. Bérénice, II, 1)

Ariane, ma soeur, de quel amour blessée Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée ! (RAC. Phèdre, I, 3)

Eurybate, il suffit, vous pouvez nous laisser ; Le reste me regarde, et je vais y penser (RAC. Iphig. 1, 4)

Laisse en entrant chez nous ta grandeur à la porte (DESTOUCHES Glor. II, 14)

J'ai pleuré, quatorze printemps, Loin des bras qui m'ont repoussée ; Reviens, ma mère : je t'attends Sur la pierre où tu m'as laissée (A. SOUMET la Pauvre fille.)

Laisser quelqu'un loin de soi, loin derrière soi, le devancer beaucoup.

Un jeune Lacédémonien, nommé Crantor, laissait d'abord tous les autres derrière lui ; un Crétois, nommé Polyclète, le suivait de près (FÉN. Tél. V)

Fig. Laisser derrière soi, l'emporter.

Vos odes ont un air noble, galant et doux, Qui laisse de bien loin votre Horace après vous (MOL. Femmes sav. III, 5)

[Corneille] laissa bien loin derrière lui tout ce qu'il avait de rivaux, dont la plupart, désespérant de l'atteindre.... (RAC. Disc. de l'Acad. fr.)

Laisser un chemin, une maison, etc. à droite, sur la droite, se diriger vers la gauche, en sorte que le chemin, la maison, etc. soit sur la droite ; le laisser sur la gauche, prendre à droite.

Laisser là un vêtement, s'en dépouiller.

Laissez là cet habit, quittez ce vil métier (RAC. Ath. II, 7)

Laisser là une chose, cesser de s'en occuper. Il a laissé là son projet, son entreprise.

Prends-moi le bon parti, laisse là tous les livres (BOILEAU Sat. VIII)

Il se tourmente beaucoup pour éclaircir cette difficulté qu'il laisse enfin là (HAMILT. Gramm. 1)

Il n'y avait peut-être pas de meilleur expédient pour me tirer d'affaire, que de pleurer et de laisser tout là (MARI. Marianne, 2e part.)

Laisser là quelqu'un, rompre avec quelqu'un. Laissez là cette femme, elle vous perdra.

Laisser là, ne plus parler de.

Laisse là Métrobate et songe à te défendre (CORN. Nicom. IV, 2)

Traitez-moi de princesse, Jason, et laissez là l'encens et la déesse (CORN. Tois. d'or, II, 1)

Abner : Reine, Dieu m'est témoin.... - Athalie : Laisse là ton Dieu, traître, Et venge-moi (RAC. Ath. V, 5)

Laissons là de Joad l'audace téméraire (RAC. ib. II, 4)

Laissons là cet idolâtre qui fait de Dieu un stathouder, et qui nous présente des dieux subalternes comme des députés des Provinces-unies (VOLT. Princ. d'act. ch. 22)

Laisser quelqu'un pour mort, s'en éloigner avec conviction qu'il est mort et qu'on l'a tué.

Un homme que pour mort on laisse sur la place (CORN. le Ment. IV, 3)

Familièrement. Laissez-le pour ce qu'il est, n'ayez aucun égard aux injures, aux outrages d'un pareil homme, ou, en général, à ce qu'il dit, à ce qu'il fait.

Fig. Laisser la vie, perdre la vie.

Je vois de quel succès leur fureur fut suivie, Et que dans les tourments ils laissèrent la vie (RAC. Esth. II, 3)

Familièrement. Laisser ses os, ses bottes en quelque occasion, y mourir.

Laisser des poils, des plumes en quelque endroit

, se dit d'un animal, d'un oiseau, dont il est resté des poils, des plumes, dans l'endroit par où il a passé.

Fig. et familièrement. Laisser des plumes, faire quelque perte, et, particulièrement, une perte d'argent. Il a laissé de ses plumes dans cette affaire.

Laisser des traces, des vestiges

, se dit des marques qui demeurent de quelqu'un ou de quelque chose. Il a laissé des traces de son passage. Cet événement a laissé des traces dans la mémoire des hommes.

Les ennemis ont laissé tant de milliers d'hommes sur la place, ils ont eu tant d'hommes tués ou blessés.

Terme de marine. Quand une ancre qui mordait la terre se détache du fond, elle le laisse.

Laisser ses ancres, les abandonner au fond en partant du mouillage.

2. Abandonner. Cette rivière a laissé son ancien lit.

Qui pouvait.... Faire à des peuples indomptés Laisser leurs haines obstinées (MALH. VI, 3)

Ô Dieu ! ma force usée en ce besoin me laisse ! (CORN. Cid, I, 6)

Puis-je, laissant la feinte et les déguisements, Vous découvrir ici mes secrets sentiments ? (RAC. Mithr. I, 3)

Pour l'intérêt public laissant mes intérêts (M. J. CHÉN. Ch. IX, I, 3)

Familièrement. Cette marchandise est à prendre ou à laisser, il faut en donner le prix demandé, ou on ne l'aura pas.

Il y a à prendre et à laisser dans ces marchandises, il s'y trouve du bon et du mauvais, et il faut savoir choisir.

Fig. Dans le même sens, il y a à prendre et à laisser dans cette affaire, dans cette entreprise, dans ce que vous proposez.

Familièrement. Avoir le prendre et le laisser, avoir le choix.

Trouvant sur les arbres un refuge, il a partout le prendre et le laisser dans la rencontre (J. J. ROUSS. Origines, 1)

3. Céder. Je lui en laisse l'honneur. Les ennemis furent contraints de nous laisser le champ de bataille.

Laisser une chose à un certain prix, consentir à la vendre pour un certain prix, etc. Je vous laisse ce cheval pour six cents francs.

Fig. Laisser le champ libre à quelqu'un, ne pas vouloir se mettre en concurrence avec quelqu'un, ou se retirer, abandonner ses prétentions.

4. Léguer, transmettre par des dispositions testamentaires ou autrement. Il a laissé une somme considérable à l'hôpital de la ville.

Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage Que nous ont laissé nos parents : Un trésor est caché dedans (LA FONT. Fabl. V, 9)

Voilà une coutume bien impertinente qu'un mari ne puisse rien laisser à une femme dont il est aimé tendrement (MOL. Mal. im. I, 9)

Lui laissant tout mon bien, meubles, propres, acquêts (REGNARD Légat. IV, 6)

Item, je laisse et lègue à Crispin.... (REGNARD ib.)

Par extension, il se dit de ce qu'on transmet à la postérité.

Les anciens les ont trouvées [les sciences] seulement ébauchées par ceux qui les ont précédés ; et nous les laisserons à ceux qui viendront après nous en un état plus accompli que nous ne les avons reçues (PASC. Fragm. d'un Traité du vide.)

5. Il se dit aussi de ce qui reste après notre mort, personnes ou choses. Il laisse une femme et des enfants. Laisser de grands biens après sa mort. Il a laissé plusieurs ouvrages manuscrits. Il a laissé ses affaires en mauvais état.

Il n'y a plus que moi de cette branche.... ainsi, mon cher cousin, je vous laisserai en ce monde pour y soutenir mon nom (SÉV. à Bussy, 31 déc. 1684)

Je [Marc-Aurèle] lui [à Commode] ai laissé trop de puissance, pour lui laisser de la modération et de la vertu (FÉN. Dial. des morts anc. 47)

Ah ! c'est un beau spectacle, à ravir la pensée, Que l'Europe ainsi faite, et comme il l'a laissée (V. HUGO Hernani, IV, 6)

6. Il se dit de l'opinion, des sentiments, etc. qui restent relativement à une personne, après sa mort ou son éloignement. Il a laissé une bonne, une mauvaise réputation après lui.

Elle est morte cette grande reine, et par sa mort elle a laissé un regret éternel à tous ceux qui ont eu l'honneur de la servir ou de la connaître (BOSSUET Reine d'Anglet.)

Et, toujours de la gloire évitant le sentier, Ne laisser aucun nom et mourir tout entier (RAC. Iphig. I, 2)

7. Il se dit des sensations ou impressions qui demeurent après quelque chose, des suites que produit quelque chose. Cette liqueur laisse un bon goût, un mauvais goût. Ce voyage m'a laissé des souvenirs agréables. Cette maladie lui a laissé une incommodité fâcheuse.

8. Confier, remettre. Il a laissé tous ses papiers à son avocat. Je vous laisse cela en garde.

Auprès de votre époux, ma fille, je vous laisse (RAC. Iphig. III, 5)

Laisser une chose au soin, à la discrétion, à la prudence, etc. de quelqu'un, la confier, l'abandonner au soin, à la discrétion, la remettre à la prudence de quelqu'un.On dit dans le même sens : je vous en laisse le soin, la conduite, etc.

Remettre quelque chose à quelqu'un pour qu'il le remette à un autre. Je ne l'ai point trouvé chez lui, j'ai laissé votre lettre à son domestique.

9. Ne pas ôter, ne pas retirer une personne ou une chose que l'on peut ôter, retirer Il laisse son enfant en nourrice.

Ne pas ôter une personne ou une chose de la place où elle est, de la situation où elle se trouve. Laissez-moi auprès du feu. Laissez cela, n'y touchez point. Il le laissa à la porte.

Belle cérémonie, Pour me laisser dehors ! (MOL. Éc. des f. I, 2)

Eh ! laisse-moi, Clitidas, dans ma sombre mélancolie (MOL. Am. magn. V, 1)

Fig. et familièrement. Laisser quelqu'un dans la nasse, l'abandonner dans une méchante affaire où on l'a engagé et dont on se tire soi-même.

Laisser quelqu'un dans l'embarras, dans le danger, dans la misère, ne pas lui donner les secours qu'on pourrait lui donner.

Laisser quelqu'un tranquille, ne pas le troubler, l'agiter, le fatiguer.

Laisser quelqu'un en paix, en repos, le laisser tranquille.

Laisser en paix, dédaigner.

Crois-moi donc, laisse en paix, jeune homme au noble coeur, Ce Zoïle à l'oeil faux, ce malheureux moqueur (V. HUGO Voix intérieures, 13)

Laisser se dit pour laisser tranquille, laisser en repos. Laissez-moi là. Laissez-moi donc. Laissez-moi.

Absolument. Laissez donc, finissez.

Une bête est là dans vos cheveux. - Laisse (MOL. les Fâcheux, II, 3)

Laissez, ma bru, laissez, ne venez pas plus loin : Ce sont toutes façons dont je n'ai pas besoin (MOL. Tart. I, 1)

Laissez, mon fils : je fais ce qui m'est ordonné (RAC. Athal. IV, 1)

Familièrement. Laissez que, permettez, souffrez que. Laissez que je vous réponde.

Familièrement. Laissez le monde comme il est, ne vous embarrassez pas de ce qui se passe dans le monde, ne prétendez pas le réformer.

Laisser quelqu'un en son particulier, le laisser seul.

Laisser quelqu'un maître d'une chose, la laisser entièrement à sa disposition.

Ne croyez pas pourtant qu'éloigné de l'Asie, J'en laisse les Romains tranquilles possesseurs (RAC. Mithr. III, 1)

Laisser un ouvrier sans ouvrage, ne pas lui fournir de l'ouvrage.

10. Ne pas changer l'état où se trouve une personne.

Les bains en remettent quelques-uns [des malades], et laissent les autres (SÉV. 25 sept. 1687)

En quel funeste état ces mots m'ont-ils laissée ! (RAC. Iphig. II, 5)

Il était le plus grand géomètre de son siècle, mais la géométrie laisse l'esprit comme elle le trouve (VOLT. Louis XIV, 31)

Ne pas changer l'état où se trouve une chose. Laisser un champ en friche. Laisser un ouvrage imparfait.

Laisser une chose intacte, ne point l'endommager ou n'en rien prendre, etc.

Laisser à l'abandon, ne prendre aucun soin de. Vous laissez ce jardin à l'abandon.

11. Ne pas prendre, ne pas enlever. Les voleurs lui ont laissé son habit, lui ont laissé la vie. Ses occupations ne lui laissent pas un moment de repos. Laisser de la marge. Laissez-moi un peu de place.

J'ai voulu retourner sur ce triste chapitre pour ne vous pas laisser des erreurs (SÉV. 1er août 1685)

On ne leur [aux peuples] laisse plus rien à ménager, quand on leur permet de se rendre maîtres de leur religion (BOSSUET Reine d'Angl.)

Un homme [Cromwell] s'est rencontré.... qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance (BOSSUET ib.)

Ô mort, cruelle mort, que ne lui laissais-tu plus longtemps le plaisir de voir le fruit de ses travaux ? (FLÉCHIER Mme de Mont.)

Laissez-moi mes secrets ; je vous laisse les vôtres (TH. CORNEILLE Comtesse d'Org. IV, 7)

Vous ne changez rien au fond de votre vie ; vous n'en voulez retrancher que le désordre ; les sources, les attraits, les routes qui y mènent, vous les laissez (MASS. Carême, Pâques.)

Laissez-moi ma vertu, laissez-moi mes malheurs (VOLT. Brutus, IV, 1)

Ne laisser que les quatre murailles, tout emporter, tout enlever d'une maison ou d'un appartement.

Se laisser, ne pas enlever à soi.

Heureux ceux qui poussent ce désir jusqu'au dernier renoncement ! mais qu'ils ne se laissent donc rien ; qu'ils ne disent pas : ce peu à quoi je m'attache encore n'est rien (BOSSUET Médit. sur l'Évang. la Cène, 83e jour.)

12. Ne pas emmener, ne pas emporter avec soi. Il a laissé son fils avec son précepteur. Je vous laisse ma voiture.

Oublier de prendre avec soi. Il a laissé sa montre dans son cabinet.

13. Terme de manége. Laisser la bride sur le cou à un cheval, lui rendre la main, le laisser aller de lui-même.

Fig. et familièrement. Laisser la bride sur le cou à quelqu'un, l'abandonner à lui-même, à ses caprices, à ses volontés.

14. Laisser en blanc, réserver dans un écrit, une place, un espace qu'on remplira plus tard. Laisser un nom en blanc.

15. Passer sous silence, ne pas s'occuper de, écarter.

Je laisse ces instructions si utiles et ces maximes si pures qu'elle lui [au dauphin dont elle était gouvernante a depuis insinuées (FLÉCH. Mme de Mont.)

Laissons de leur amour la recherche importune (RAC. Bajaz. IV, 4)

Idamé : On t'a dit à quel prix ce tyran daigne enfin Sauver tes tristes jours et ceux de l'orphelin ? - Zamti : Ne parlons pas des miens, laissons notre infortune (RAC. Orphel. IV, 6)

Laissons cela, ne parlons plus de cela.

Hé ! Messieurs, c'en est trop, laissez cela, de grâce (MOL. Mis. I, 3)

Avec que.

Je laisse à part que les louanges ne sont d'ordinaire agréables qu'à ceux qu'on loue (D'ABLANC. Lucien, Comm. écr. l'hist.)

16. Fig. Laisser quelque chose à, renoncer à quelque chose comme ne valant pas la peine, avec une nuance de dédain.

Je ne viens point ici renouveler dans vos esprits le triste souvenir d'une mort que vous avez déjà pleurée ; laissons aux infidèles ces longues et sensibles douleurs que la religion ne modère pas (FLÉCH. Lamoignon.)

Évitons cet excès ; laissons à l'Italie De tous ces faux brillants l'éclatante folie (BOILEAU Art poétique, II, 43)

Laissez les pleurs, Esther, à ces jeunes enfants (RACINE Esth. I, 3)

Aux moeurs de l'Occident laissons cette bassesse (VOLTAIRE Zaïre, III, 7)

17. Fig. Laisser à, livrer à.

Les Véïens furent laissés à leur propre défense (LE P. CATROU dans DESFONTAINES)

Ces êtres insensibles et muets me laissent à mon ignorance et à mes conjectures (VOLT. Ph. ignor. 1)

Gardez de le laisser à sa propre fureur (VOLT. Sémiram. V, 8)

Ton épouse ? tu crains une femme et des pleurs ? Laisse-lui ses remords, laisse-lui ses terreurs (VOLT. Catil. II, 1)

18. Laisser beaucoup, quelque chose, peu, etc. avec à suivi d'un infinitif. Laisser beaucoup à penser, se dit d'une personne qui s'exprime mystérieusement ou avec finesse.

Cela laisse beaucoup à penser, cela donne matière à bien des réflexions.

Laisser quelque chose, laisser beaucoup à dire, à faire, ne pas épuiser une matière, une oeuvre ; et dans le sens contraire, ne rien laisser à dire, à faire.

Laisser à désirer, n'être pas entièrement satisfaisant. Cet ouvrage a du mérite, cependant il laisse beaucoup à désirer.

Il y a des endroits dans l'opéra qui laissent à en désirer d'autres (LA BRUY. I)

19. Laisser à quelqu'un à faire une chose, lui remettre le soin de faire une chose.

Et d'ailleurs si le ciel vous choisit pour victime, Vous me devez laisser à punir ce grand crime (CORN. Oedipe, IV, 3)

Je vous laisse à conduire cette petite affaire selon mes désirs (SÉV. 8 fév. 1687)

Laissons aux astronomes à mesurer la grandeur et le mouvement des astres (MALEBR. Entret. sur la métaph. X, 7)

Va, ne me laisse point un héros à venger (VOLT. Triumvirat, V, sc. dern.)

Toutes les choses qui se cachent à la vue avec cérémonie, laissant à l'imagination à grossir les objets, imposent infiniment davantage (Hist. des Vestales, dans DESFONTAINES)

Laissons au temps à calmer ses regrets (LEMERCIER Agamem, I, 2)

En ce sens, Mme de Sévigné a dit aussi : laisser à.... de.

Je crois que vous [Bussy] condamneriez des sentiments moins nobles que ceux-là ; je laisse aux baigneurs [Bussy s'était logé chez un baigneur] d'en avoir de plus tendres et de plus faibles (SÉV. à Bussy, 26 juin 1655)

Je vous laisse à penser ce qui en arrivera ; je vous laisse à juger s'il profita de l'occasion, etc. c'est à vous de penser aux conséquences de cela ; je vous donne à juger si, etc.

Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis, Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis (LA FONT. Fabl. I, 9)

Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines (LA FONT. ib. IX, 2)

Je vous laisse à penser si, dans la nuit obscure, J'ai d'un vrai trépassé su tenir la figure (MOL. École des femmes V, 2)

20. Ne pas laisser de, ne pas cesser, ne pas s'abstenir, ne pas discontinuer de, ne pas manquer à.

Il faut se laisser aller à la destinée, et consentir à une chose qu'on ne laisserait pas de faire sans moi (MOL. Précieuses, préface.)

Ce n'est rien : ne laissons pas d'achever (MOL. Précieuses, 15)

Je lui dis que vous n'y êtes pas, madame, et il ne veut pas laisser d'entrer (MOL. Critique, sc. 4)

Cela n'importe, dit le père, on ne laisse pas d'obliger toujours les confesseurs à les [les pénitents] croire (PASC. Prov. X.)

Cette médecine [les représentations qu'on nous fait de nos défauts] ne laisse pas d'être amère à l'amour-propre (PASC. Pens. II, éd. HAVET)

Je vous prie de ne pas laisser d'en faire mes remerciements (SÉV. 251)

Ne laissons pas de publier le miracle de nos jours [le coup porté à l'hérésie par la révocation de l'édit de Nantes] (BOSSUET le Tellier.)

Ne laissez pas de recevoir les grâces de Dieu (BOSSUET Lett. abb. 151)

Il faut ne laisser pas de faire du bien aux hommes (FÉN. Tél. XXIV)

20. Cette locution a souvent le sens de néanmoins.

Elle [la pièce] n'a pas laissé de plaire (CORN. Exam. d'Héracl.)

L'eau ne laissa pas d'agir et de mettre en évidence les figues toutes crues encore et toutes vermeilles (LA FONT. Vie d'Ésope.)

Il me semble que toutes les causes secondes sont autant de mains qui exécutent les volontés de Dieu ; nous ne laissons pas d'agir, nous voulons faire ce que nous faisons (SÉV. Lett. de date incertaine, n° 2, éd. RÉGNIER.)

On croit être dans un autre monde, mais on ne laisse pas de se souvenir de ses amies (SÉV. 20 juill. 1694)

Son orgueil [de Nabuchodonosor], quoique abattu par la main de Dieu, ne laissa pas de revivre dans ses successeurs (BOSSUET Hist. III, 4)

Les apôtres, tout sanctifiés et tout régénérés qu'ils avaient été par ce sacrement, ne laissaient pas d'être encore fort imparfaits (BOURDAL. Myst. Pentec. t. I, p. 453)

Cette femme [une veuve] pleure.... sanglote, et ne laisse pas de reprendre tous les détails de la maladie de son époux (LA BRUY. XI)

Quoique l'empreinte d'un cachet magique soit sur le bouchon, la bouteille ne laissera pas de se casser (LE SAGE Diable boit. ch. I)

Je ne laissai pas de compter avec plaisir l'argent que j'avais dans mes poches (LE SAGE Gil Blas, II, 6)

On peut faire servir la vache à la charrue, et, quoiqu'elle ne soit pas aussi forte que le boeuf, elle ne laisse pas de le remplacer souvent (BUFF. Quadrup. t. I, p. 188)

Cela ne laisse pas de, en somme, en définitive.

On a des théâtres chez soi si on en manque à Genève, on fait bonne chère, on est le maître de son château, on ne paye de tribut à personne ; cela ne laisse pas de faire une position assez agréable (VOLT. Lett. Algarotti, 17 janv. 1763)

Impersonnellement.

Celle [la fâcheuse nouvelle] qui m'a le plus vivement touché a été la maladie de Votre Altesse ; et, bien que j'en aie aussi appris la guérison, il ne laisse pas d'en rester encore des marques de tristesse en mon esprit (DESC. Lett. à la princ. Palatine, 27 du 1er vol. édit. de 1724)

On dit, bien que moins correctement : ne pas laisser que de.

Il ne faut pas laisser que de s'écrire de temps en temps (SÉV. 31 déc. 1684)

La constance d'Alcibiade ne laissa pas que d'être ébranlée par ce coup (ROLLIN Hist. anc. Oeuv. p. 630, dans POUGENS)

21. Laisser, suivi d'un infinitif, signifie, permettre, souffrir, ne pas empêcher ; dans cette construction le régime de laisser est direct, et le verbe à l'infinitif est neutre, ou a un régime direct.

Laisse faire le temps, ta vaillance et ton roi (CORN. Cid, V, 8)

Ne vous figurez plus que ce soit le confondre Que de le laisser faire et ne lui point répondre (CORN. Nicom, V, 2)

Il laissa le duc d'Enghien reprendre ses esprits (BOSSUET Louis de Bourbon.)

Contre mon ennemi laisse-moi m'assurer (RAC. Andr. II, 1)

Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione (RAC. ib. V, 5)

Comment, qu'on me laisse dire ? vraiment, je le prétends bien, et surtout qu'on me laisse faire (VOLT. Socrate, I, 7)

Je laisse Hecquet faire de l'estomac un moulin, et Van Helmont un laboratoire de chimie (VOLT. Dial. 25)

Il laissait paraître ses talents et cachait ses vertus (BUFF. Rép. à la Condamine, Oeuv. t. X, p. 37, dans POUGENS.)

Substantivement. Le laisser agir.

On dit que les âmes de ce degré [mystique] laissent agir Dieu, et qu'elles demeurent en silence ; on a déjà entendu ce que c'est que ce silence et ce laisser agir (BOSSUET États d'oraison, IV, 9)

Laisser faire, laisser dire, ne pas se soucier, ne pas se mettre en peine de ce que fait ou dit quelqu'un.

Laissez dire les sots : le savoir a son prix (LA FONT. Fabl. VIII, 19)

Poussez votre bidet, vous dis-je, et laissez faire (MOL. l'Ét. I, 2)

Laissez faire, laissez passer, dicton des partisans de la liberté du commerce qui appartient aux économistes du XVIIIe siècle, et qu'on attribue particulièrement à Gournay.

Il [Gournay] en conclut qu'il ne fallait jamais rançonner ni réglementer le commerce ; il en tira cet axiome : laissez faire et laissez passer (DUP. DE NEM. dans le Dict. de l'Écon. polit. de Guillaumin, art. laissez faire)

Laisser voir, montrer, découvrir. Cette fenêtre laisse voir la campagne.

Fig. Laisser voir sa pensée, parler, agir de manière à faire deviner sa pensée.

Elle m'avait fait beaucoup de caresses, et me traitait sur un pied d'égalité qui m'ôtait le courage de lui laisser voir mon état, et de descendre du rôle de bonne compagnie à celui d'un malheureux mendiant (J. J. ROUSS. Conf. IV)

Laisser tout traîner, ne rien mettre à sa place, laisser tout en désordre.

Laisser aller tout sous soi

, se dit d'un enfant ou d'une personne infirme qui n'a pas la force de retenir ses excréments.

Laisser aller les choses, le monde, prendre en patience les choses comme elles arrivent, ne rien faire pour les changer.

On demande que, neutre en ces dissensions, Je laisse aller le sort de vos deux nations (CORN. Sophon, I, 4)

Il faut prendre le parti de laisser aller les choses et les hommes (D'ALEMB. Lett. au roi de Pr. 8 nov. 1771)

Laissons, laissons aller le monde Comme il lui plaît, comme il l'entend ; Vivons caché, libre et content, Dans une retraite profonde (FLORIAN Épilogue mis à la fin de ses fables)

Laisser tout aller, négliger entièrement ses affaires.

S. m. Laisser aller, espèce de négligence qui n'est pas sans grâce, et aussi facilité trop grande à prendre les opinions d'autrui, à se laisser diriger.

Croiriez-vous que je la trouve imposante malgré son naturel et le laisser aller de sa conversation (STAËL Corinne, III, 3)

Le laisser aller veut dire aussi facilité de moeurs, avec tous les sens que cela comporte.

Familièrement. Je me suis laissé dire telle chose, j'ai ouï dire telle chose, mais sans y ajouter grand'foi.

22. Quand laisser, avec le sens de souffrir, permettre, est suivi d'un infinitif, si le régime est un pronom, ce pronom peut appartenir non à laisser, mais au verbe à l'infinitif.

On pourrait dire.... qu'ayant fait la matière, il [Dieu] la laisse mouvoir et arranger au gré de quelque autre (BOSSUET Libre arbitre, 3)

Nourrissez votre coeur de l'espérance ; laissez-le enflammer de la charité (FÉN. t. XVIII, p. 186)

23. Laisser, avec le sens de souffrir, permettre, suivi d'un infinitif, peut avoir un régime par à.

Affranchissons le Tage et laissons faire au Tibre (CORN. Sertor. IV, 2)

Laissez donc faire au ciel, au temps, à la fortune (CORN. Agésil. IV, 5)

Faites votre devoir, et laissez faire aux dieux (CORN. Hor. II, 8)

Et laissez à l'amour conserver par pitié De ce tout désuni la plus digne moitié (CORN. Oedipe, I, 1)

Laissons-lui [à l'Ecclésiaste] égaler le fol et le sage, et même, je ne craindrai pas de le dire hautement en cette chaire, laissons-lui confondre l'homme avec la bête (BOSSUET Duch. d'Orl.)

Fritigerne leur laissa assouvir leur première rage (FLÉCH. Hist. de Théodose, I, 52)

Et, laissant faire au sort, courons où la valeur Nous promet un destin aussi grand que le leur [des dieux] (RAC. Iphig. I, 2)

Laissons aux Scythes inhumains Mêler dans leurs banquets le meurtre et le carnage (J. B. ROUSS. Cantate IX.)

Laisse à ta Juliette apaiser tes douleurs (DUCIS Roméo, III, 2)

Dans une autre construction, mais dont le sens est analogue, ce n'est pas laisser, c'est l'infinitif qui le suit, qui est construit avec à, lequel dans ce cas signifie par (voy au n° 27 la remarque pour l'explication de cette tournure).

La plupart de ses auditeurs n'ont pas voulu voir les défauts de sa conduite [du Cid] et ont laissé enlever leurs suffrages au plaisir que leur a donné la représentation (CORN. Examen du Cid)

J'avance cette opinion ; mais, parce qu'elle est nouvelle, je la laisse mûrir au temps (PASC. Prov. VI)

Laissez, laissez toucher à mes tremblantes mains Ces restes échappés à des dieux inhumains (VOLT. Oreste, III, 4)

Laissons discuter ces questions à l'homme juste qui n'a point failli (J. J. ROUSS. Contr, soc. II, 5)

24. Terme de chasse. Laisser courre les chiens, voy.

COURRE

24. .

Substantivement. Laisser-courre, le lieu où l'on découple les chiens, voy.

COURRE

.

On trouve aussi laissé-courre.

8 sept. 1685, le roi courut le cerf dans sa calèche tout seul ; Monseigneur et Madame l'avaient accompagné jusqu'au laissé-courre, et ensuite montèrent à cheval (DANGEAU I, 218)

On dit d'un limier qu'il laisse aller les voies, lorsqu'il passe dessus sans s'en rabattre. Se dit pareillement d'un chien courant qui, en enveloppant un défaut, passe sur la voie sans la marquer.

Laisser suivre, donner au limier quelques longueurs de trait, soit pour s'assurer du rembuchement, soit pour lancer la bête.

25. Terme de manége. Laisser aller son cheval, ne lui rien demander et le laisser aller à sa fantaisie ; ou bien ne le point retenir de la bride quand il marche ou qu'il galope ; ou bien lui rendre toute la main et le faire aller de toute sa vitesse.

Laisser échapper son cheval de la main, ne pas le retenir.

Laisser tomber les jambes, les tenir dans une position naturelle et sans raideur.

26. Terme de marine. Laisser tomber l'ancre, mouiller.

Laisser arriver, manoeuvrer pour produire un mouvement d'arrivée ; on dit aussi : laisser porter.

27. Se laisser avec un verbe actif qui a pour régime le pronom se précédant laisser, permettre d'être.... Il s'est laissé vaincre, il n'a pas fait tous ses efforts pour n'être pas vaincu.

Ces émotions d'un jour qu'opèrent-elles ? un dernier endurcissement, parce qu'à force d'être touché inutilement, on ne se laisse plus toucher d'aucun objet (BOSSUET Mar.-Thér.)

Après cela, chrétiens, laissez-vous séduire par les fausses maximes du siècle (BOURDAL. Purif. de la Vierge, myst. t. II, p. 166)

Ami, peux-tu penser que d'un zèle frivole Je me laisse aveugler pour une vaine idole ? (RAC. Ath. III, 3)

Ajoutons lumières sur lumières, en réunissant les faits, en accumulant les preuves, et laissons-nous juger ensuite sans inquiétude et sans appel (BUFF. Prem. époq. natur. Oeuv. t. XII, p. 76)

Un regard de Zaïre aura pu l'aveugler : Sans doute il est aisé de s'en laisser troubler (VOLT. Zaïre, IV, 7)

27. Dans cette locution, l'infinitif peut être suivi de la proposition à qui prend le sens de par (la tournure est latine d'après M. Havet, qui, Table des Pensées de Pascal, au mot laisser, dit que ce vers de Racine : Je me laissai conduire à [par] cet aimable guide, Iph. II, 1, représente le latin : permisi me juveni deducendam).

Le zèle extrême que j'ai pour elle [Votre Altesse] est cause que je me suis laissé emporter à ce discours (DESC. Lett. à la Princ. Palatine, 28 du t. 1er de l'éd. de 1724)

Elle [Sabine] ne sert pas davantage à l'action que l'infante à celle du Cid, et ne fait que se laisser toucher, comme elle, à la diversité des événements (CORN. Examen d'Hor.)

Il soupçonne aussitôt son manquement de foi, Et se laisse surprendre à quelque peu d'effroi (CORN. Pomp. II, 2)

Se laissant conduire à leurs inclinations et à leurs plaisirs sans réflexion et sans inquiétude (PASC. Pens. IX, 2)

Avec quelle soumission se laisserait-il gouverner à la volonté qui... (PASC. ib. XXIV, 60 bis.)

Si son histoire [de Charles 1er] trouve des lecteurs dont le jugement ne se laisse pas maîtriser aux événements ni à la fortune (BOSSUET Reine d'Anglet.)

L'admirable Julie ne se laissa point éblouir à l'éclat des dignités du siècle (FLÉCH. Mme de Mont.)

À quels affreux desseins vous laissez-vous tenter ? (RAC. Phèdre, I, 3)

Vous laissez-vous abattre aux rigueurs de la fortune ? (FENEL. Fabl. II)

Pourquoi ne vous laisseriez-vous pas toucher à la bonté de Dieu ? (MASS. Pet. carême, Drap.)

Ah ! si le ciel enfin vous parle et vous éclaire, S'il vous donne en secret un remords salutaire, Ne le repoussez pas ; laissez-vous pénétrer à la secrète voix qui vous daigne inspirer (VOLT. Oreste, I, 3)

Se laisser pénétrer, ne pas cacher avec assez de soin ses intentions, ses projets.

Se laisser gouverner, conduire, mener, et, familièrement, se laisser mener par le nez, laisser prendre de l'empire sur soi, et n'avoir pas la force de s'y opposer.

Familièrement. Se laisser faire, ne pas opposer de résistance, ne pas se défendre.

Je vous avoue que je suis aussi en colère contre les philosophes qui se laissent faire que contre les marauds qui les oppriment (VOLT. Lett. d'Alemb. 15 avr. 1760)

Se laisser faire signifie aussi ne pas résister à des caresses, à des offres, à quelque chose de tentant.

Si on savait qu'il [le roi de Prusse] m'a baisé un jour la main, toute maigre qu'elle est, pour me faire rester chez lui, on me pardonnerait de m'être laissé faire (VOLT. Lett. Richelieu, 10 octobre 1756)

Ma foi, laissons-nous faire, et prenons ce qui s'offre (V. HUGO Ruy Blas. IV, 3)

Familièrement. Se laisser battre signifie quelquefois simplement être battu.

Fig. et familièrement.

Ce livre, cet ouvrage se laisse lire

, c'est-à-dire on le lit sans fatigue, sans ennui.

Il faut avouer que cette petite histoire n'est point bien écrite du tout ; mais les événements se laissent fort bien lire (SÉV. 11 août 1676)

Cela se laisse manger

, c'est-à-dire on le mange avec plaisir.

28. V. n. Terme de marine. Quand la mer se retire, au moment du reflux, on dit qu'elle laisse.

Il est plus usuel de dire qu'elle descend.

29. Se laisser, v. réfl. Être laissé. Cela se prend et se laisse.

30. Se laisser, permettre qu'on soit.... Ces enfants se sont laissés tomber. Se laisser aller à la paresse.

Les autres [les Grecs], plutôt que de la perdre [Hélène], se laissèrent vieillir loin de leur patrie (P. L. COUR. Éloge d'Hélène.)

Se laisser aller à une chose, permettre que cette chose nous conduise, nous détermine, nous fasse agir.

Les âmes vulgaires se laissent aller à leurs passions, et ne sont heureuses ou malheureuses que selon que les choses qui leur surviennent sont agréables ou déplaisantes (DESC. Lett. à la Princ. Palatine, 28 du t. Ier de l'éd. de 1724)

Se laisser aller, se relâcher, ne pas tenir ferme, suivre ses mouvements naturels, sans projet, sans réflexion.

Familièrement. Cette jeune fille s'est laissée aller, elle a cédé à la séduction.

Familièrement. Se laisser mourir, mourir.

Certes elle aurait tort de se laisser mourir ; Aller en l'autre monde est très grande sottise, Tant que dans celui-ci l'on peut être de mise (MOL. Sgan. 4)

PROVERBES

Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez, c'est-à-dire il faut souffrir un petit mal pour en éviter un plus grand.

On a beau être las, on ne laisse pas d'aller, c'est-à-dire il faut s'évertuer dans la nécessité.

Il faut bien faire et laisser dire.

REMARQUE

1. Ne pas laisser de, ne pas laisser que de, sont tous les deux dans le Dictionnaire de l'Académie. Ne pas laisser que de n'y est qu'à partir de 1835 ; en 1762 l'Académie n'autorisait encore que ne pas laisser de. Cependant le que s'introduisait. Cette petite supercherie ne laisse pas que d'en imposer aux sots, MARMONTEL, ; à quoi Génin réplique : Tant pis pour Marmontel, il faut : Ne pas laisser de, Recréat. t. I. p. 423. Il y a de que des exemples plus anciens que Marmontel ; voy. ce qui est dit au n° 20 de LAISSER.

2. Autrefois on disait, et aujourd'hui encore le peuple dit, je lairrai, pour je laisserai, je lairrais, pour je laisserais.Quelques matières qui ne lairraient pas de faire voir assez clairement ce que je puis ou ne puis pas dans les sciences (DESC. Méth. VI, 9)

3. Je me suis laissé dire que.... locution mauvaise et affectée, dit CAILLIÈRES, en 1690. Cette locution, qui d'ailleurs est ancienne (voy. l'historique), s'est conservée, et elle est encore dans l'usage familier.

4. Le participe passé présente des difficultés quand il est suivi d'un infinitif. Cette femme que j'ai laissée peindre, veut dire : à qui j'ai laissé le loisir de peindre ; cette femme que j'ai laissé peindre, veut dire : que j'ai permis que l'on peignît. En un mot, quand le pronom est régime du verbe laisser, il détermine l'accord du participe ; si au contraire il est régime de l'infinitif qui suit, le participe reste invariable. Dans le premier cas, on dira : Cette femme que l'on a laissée faire ; et dans le second : Les maux que l'on a laissé faire ; Malheureuse, tu t'es laissé charmer.

5. Quand l'infinitif est un verbe actif employé avec un régime direct, alors, par cela même que cet infinitif a son régime après lui, celui qui précède le participe laissé appartient à ce participe, et le force à prendre l'accord : Nous les eussions laissés passer tranquillement leur hiver à Paris ; Je les ai laissés chasser un chevreuil ; Je les ai laissés courir les spectacles.

6. Si le verbe à l'infinitif est neutre, alors on suit la règle ordinaire des participes :Les fautes que nous avons laissées échapper ; Je vous ai laissés tout du long quereller (MOL. Tart. II, 4)Quand Jugurtha eut enfermé une armée romaine et qu'il l'eut laissée aller sur la foi d'un traité (MONTESQ. Rom. 6)Il l'a laissée trop vivre après la mort de l'empereur Maurice son mari (CORN. Examen d'Héraclius) Cependant des grammairiens, Condillac entre autres, ont soutenu qu'il n'y avait pas lieu à un accord, que le participe laissé et le verbe à l'infinitif formaient une locution dans laquelle rien n'était à intercaler, et qu'il fallait dire : La faute que j'ai laissé échapper, et non laissée. De fait, cette manière de concevoir la locution a conduit plusieurs écrivains. Ainsi Racine a dit, en parlant de Junie :Je l'ai laissé passer dans son appartement (RAC. Brit. II, 2) Rollin :Dix officiers romains qu'Annibal avait laissé sortir (ROLLIN) et, dans Girault-Duvivier, Voltaire :Virgile fait voir les enfants que leurs parents avaient laissé périr (VOLT. Moeurs, myst.) D'Alembert :Elles s'étaient laissé aller à la douceur de vivre (D'ALEMB.) La règle d'accorder le participe en ces cas prévaut aujourd'hui ; cependant il faut reconnaître qu'elle n'est pas absolue, et qu'il y a lieu, quand on veut, de voir dans la locution un gallicisme.

7. Quand le verbe qui suit est transitif direct et a un complément, on met souvent le pronom complément de laissé au cas attributif