Méandre
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Rem : Sur les rivières ou l'amont des fleuves, des espèces telles que le castor peuvent également intervenir en retenant l'eau derrière leurs barrages
Un méandre est une sinuosité très prononcée du cours d'un fleuve ou rivière qui se produit lorsque la pente est très faible.
Rem : Sur les rivières ou l'amont des fleuves, des espèces telles que le castor peuvent également intervenir en retenant l'eau derrière leurs barrages
Le terme vient du grec Maiandros, désignant un fleuve de Turquie au cours particulièrement sinueux (appelé aujourd'hui le Menderes). Les Grecs anciens l'avaient divinisé (voir l'article Méandre (mythologie)).
Les méandres et le « chevelu » des fleuves évoluent naturellement sous l'effet de l'érosion due au courant, celui-ci continuant à éroder la berge concave, tandis que des alluvions se sédimentent sur la rive convexe. Au fil du temps, un méandre peut finir par se recouper, délimitant un bras mort.
Dans les régions agricoles et urbaines, ou ayant fait l'objet d'aménagements hydrauliques, les méandres et les bras-morts tendent à rapidement régresser puis disparaitre au profit de la rectification des canaux, depuis plus de 500 ans en Europe, avec diverses conséquences négatives :
- accélération des flux d'eau, impliquant ;
- inondations plus graves et plus fréquentes en aval
- sécheresses accrues en amont.
- aggravation de l'érosion, localement
- perturbations écologique, avec fragmentation écopaysagère et dégradation de l'eau liée à l'artificialisation des berges, et souvent aux écluses et barrages associés à ces aménagements
- moindre alimentation de la nappe phréatique, car la surface et souvent le volume total d'eau du cours des fleuves diminuent, alors que toutes choses égales par ailleurs, c'est la hauteur d'eau qui contrôle la vitesse de percolation vers la nappe (Cf. Loi de Darcy).
Les fleuves depuis longtemps urbanisés Seine ont conservé leurs principaux méandres, ex : la seine, notamment en aval de Rouen, mais ont souvent perdu leur chevelu et la capacité de ces méandres à évoluer, l'urbanisme ou l'Agriculture cherchant à les fixer pour des raisons de protection de la propriété publique ou privée.
Sommaire
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Typologie
- méandres de vallée ou « méandres encaissés »
- méandres de plaine alluviale : ils se déploient dans le lit majeur du cours d'eau ; il s'agit de méandres très mobiles qui peuvent laisser des secteurs très humides ou abandonnés comme les bayous dans le Sud des États-Unis[1].
Écologie
La méandrisation fait partie des processus dits de perturbation qui créent de nouveaux milieux, colonisés par les espèces pionnières, puis par un stade secondaire et climacique. ce phénomène contribue à l'hétérogénéité et à la diversité biologique des fleuves, rivières et ripisylves. La méandrisation est un phénomène naturel nécessaire au bon fonctionnement écologique des fleuves, qui devrait être préservé ou restauré pour répondre aux objectifs de bonne gestion de l'eau et de bon état écologique du bassin versant (Cf. Directive cadre sur l'eau en Europe), que l'écologie rétrospective peut intégrer dans les démarches de cartographie des corridors biologiques. Ces processus nécessite que la rivère puisse librement se déplacer dans son lit majeur, ce qui est peu acceptable dans les contexte de propriété privée. En France les documents d'urbanismes (SCOT en particulier) peuvent désigner et protéger les zones d'évolution des cours d'eau.
Méandres remarquables
France
- Le méandre de Queuille formé par la Sioule dans le département du Puy-de-Dôme.
- Le méandre de Besançon formé par le Doubs. Le centre historique s'est développé à l'intérieur de ce méandre aujourd'hui appellé la Boucle du fait de sa forme géométrique. Jules César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, décrit ainsi le méandre de Besançon: « Le Doubs entoure presque la ville entière d'un cercle qu'on dirait tracé au compas; l'espace que la rivière laisse libre ne mesure pas plus de seize cents pieds... ».
Belgique
- la Cascade de Coo, plus importante cascade de Belgique, est issue d'un méandre qui fut recoupé au XVIIIe siècle par les moines de l'abbaye de Stavelot. Le méandre mort sert dorénavant de bassin inférieur pour la centrale hydro-électrique de Coo-Trois-Ponts ;
- un méandre de la Lesse fut naturellement recoupé par une perte d'eau dans un sol karstique au gouffre de Belvaux, aux environs de Han-sur-Lesse, ce qui donna naissance aux grottes de Han ("Han" ou "Ham" étant un nom porté par plusieurs localités de Belgique, signifiant méandre).
Thaïlande
- la ville historique d'Ayutthaya fut bâtie sur un méandre recoupé par un canal du Chao Phraya.
Voir aussi
- Corridor biologique
- Réseau écologique
- Berge
- Érosion
Bibliographie
- Roger Brunet (dir.), Les mots de la géographie, Paris, Reclus-La Documentation française, 1993, ISBN 2110030364, article « méandre », page 323.
- Max Derruau, Les formes du relief terrestre. Notions de géomorphologie, Paris, Armand Colin, 1969, 2001, 8e édition, ISBN 2200210140, page 18
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