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définitions

onomatopée (n.f.)

1.mot tendant à suggérer une chose en imitant le son qu'elle produit.

2.exemples d'onomatopées : boum pour une chute, tic-tac pour un réveil, roucoulement pour le cri du pigeon, etc.

 
voir aussi

onomatopée (n.f.)

onomatopéique

 
synonymes

onomatopée (n.f.)

cri, interjection, son

 
locutions
 
dictionnaire analogique

onomatopée (n. f.)

 
le Littré (1880)

ONOMATOPÉE (s. f.)

Terme de grammaire. Formation d'un mot dont le son est imitatif de la chose qu'il signifie.

Cuculus se prononçait comme nous dirions coucoulous, d'où vient le mot français coucou ; et ces mots, dans l'une et l'autre langue, n'ont été formés que par onomatopée, c'est-à-dire imitation du son, pour marquer le chant de cet oiseau (ROLLIN Traité des Ét. I, 3)

L'onomatopée est une figure par laquelle un mot imite le son naturel de ce qu'il signifie ; on réduit sous cette figure les mots formés par imitation du son, comme le glouglou de la bouteille, le cliquetis, c'est-à-dire le bruit que font les boucliers, les épées et les autres armes, en se choquant (DUMARS. Trop. II, 19)

Un enchaînement de petites onomatopées analogues aux idées qu'on a, et dont on est fortement occupé (DIDEROT Salon de 1767, Oeuvr. t. XIV, p. 474, dans POUGENS)

Il se dit des mots imitatifs eux-mêmes. Dictionnaire des onomatopées françaises.

En un sens plus large, on applique quelquefois aujourd'hui le nom d'onomatopée aux cris qui naturellement accompagnent certains gestes.

REMARQUE

L'onomatopée diffère de l'harmonie imitative, en ce que l'une appartient à un mot, et l'autre à une phrase : glouglou est une onomatopée ; l'essieu crie et se rompt est de l'harmonie imitative.

ÉTYMOLOGIE

Terme dérivé de deux mots grecs signifiant nom et faire.

 
Wikipedia

Onomatopée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Une onomatopée (du grec ονοματοπία, « création de mots ») est une catégorie d'interjection émise pour simuler un bruit particulier associé à un être, un animal ou un objet, par l'imitation des sons que ceux-ci produisent. Certaines onomatopées sont improvisées de manière spontanée, d'autres sont conventionnelles.

Par exemple, l'expression « cui-cui » est l'onomatopée désignant le chant de l'oiseau, et « crac » évoque le bris d'une branche ou d'un arbre.

Les onomatopées, par nature proche de l'extraction naturelle du langage, posent un sérieux problème de taxinomie linguistique : bien qu'un certain nombre d'onomatopées soit admis dans les dictionnaires, en fonction des pays, un grand nombre d'entre eux restent contextuels, épisodiques, ou tributaires d'un certain humour de connivence.

Les études linguistiques ont toutefois renouvelé leur intérêt pour l'étude des onomatopées, notamment à cause de leur valeur phonologique : l'émission d'une onomatopée est déterminée par la configuration du système phonétique et de son utilisation en fonction des régions. Les onomatopées auraient été, avec le langage gestuel, une des premières manifestations des potentialités de communication linguistique de l'homme.

Au Japon, il existe un nombre incalculable d'onomatopées qui, comme en anglais, ont aussi bien des fonctions verbales que nominales.

Certains auteurs de bandes dessinées ont donné un relief nouveau au concept de l'onomatopée. Par exemple, Franquin a travaillé l'amélioration de la transcription sonore par des fantaisies typographiques expressives. Carali et Édika ont mis en place des onomatopées imaginaires, plus éloignées du bruit à reproduire mais chargées d'un comique en accord avec la bande (« balouza, kwika, woga chtonga, azlok » : poing dans la figure). Charlie Schlingo a parfois utilisé des onomatopées reprenant littéralement l'action : le bruit que fait l'action de couper du jambon est tout simplement « coupdujambon ». Le dessinateur américain Don Martin s'était également spécialisé dans les onomatopées incongrues, qui constituaient parfois les seuls « mots » de ses histoires.

Sommaire

  • 1 Liste non exhaustive d'onomatopées
  • 2 Hugo Pratt et le dilemme de la performativité linguistique des onomatopées
  • 3 Sploing sploing
    • 3.1 Historique
    • 3.2 Le champ moderne du Sploing
  • 4 Variations interlinguales
  • 5 Les onomatopées à l'origine du langage ?
  • 6 Voir aussi
    • 6.1 Articles connexes

Liste non exhaustive d'onomatopées

Voir l’article Cris des animaux.
  • Aïe - Ah-Ah ! (rire)- Areu areu - Arf - Argh - Atchoum (éternuement) - aaaaaah (cri d'effroi)
  • Boum (explosion) - Badaboum (chute)- Bam - Bim - Bom - Bang - Braoum - Baoum - Bê ou mê (bêlement de la chèvre ou du mouton) - Berk, Beurk - Bip - Blablabla - Blam - Blong - Bling - Burp - Bzzz - boïng - bunk (choc du à un objet lourd et dur) - beuh (étonnement ou dégoût) - baff! - Bwouf
  • Crac (avec un ou plusieurs « a ») - Chlac - Chtac - Chtonc - Clac - Clang - Clap - Clic - Coin coin (canard)' - Cocorico (coq)- Coa - Cot cot (poule)- Cric, crac - Cui cui - coucou! - crii crii crii (cigales)
  • Ding Dong - Dong (cloche) - Drelin Drelin (sonnette) - Dring (téléphone) - drrr(téléphone ou vibration) - doug doug doug (moteur style remorqueur)
  • Frou frou - Flap flap - fschhh - fschuiii - flip - froutch (bruissement/frottement)
  • Gla gla - Glou Glou (boire, se noyer)- Grrr - Groin groin - Gruik gruik - Gné ? - Grumph - Gnap - gron - gzzzt (éléctricité ou électrocution) - Gaw! (vibration de corde)
  • Hiii ! (avec d'autant plus de « i » que le cri est long) - Hi Han (âne) - Hop - Hips - han! (exclamation due à l'effort) - Humpf
  • Hummm ! (avec d'autant plus de « m » que le plaisir est agréable)
  • Kss kss (serpent) - Klon! (choc) - Klett (coup dans une bagarre)- krrr - klung (choc métallique) - krash(écrasement(avion ou autre))
  • Miam Miam - Miaou (chat) - Mhh - Meuh (vache)
  • Ohhh ou Oh ! - Ouf - Ouaf - Oupla - Oups - Oua-oua - ouaaa!(exclamation)
  • Pif - Paf - Pouf - Pof - Pam - Pang, pan (coup de feu) - Pfff - Pin Pon (sirène des Sapeur-pompiers, ambulance ou police) - Plif - Plaf - Plouf - Patati-Patata - Patatras (édifice, mobilier s'écroulant) - Prout (flatulence) - Pschitt - Pssshh ! (ballon qui se dégonfle) Plonk (bruit que fait un objet s'inserant dans un autre)
  • Ron ron - Raaah - Roaaar (moteur) ou (rugissement) - ratatatata (mitraillette) ou (mitrailleuse)
  • Snif - Splash - Sploush - Splotch - Ssssss (serpent)
  • Tic Tac (réveil, mécanisme de minuterie) - Tchou tchou - Toc Toc Toc (frapper à la porte) - tuuut (klaxon) ou (sonnerie) de (téléphone) - taratata! (trompette) - Tss - tsoin-tsoin(musique)
  • Vroum Vroum (moteur de voiture) - vrooooo/vroaaar (vrombissement) - vlam - vlan
  • Waouh - Wouf - Wouaf-Waf (aboiement) - wham (explosion (de gaz par exemple))
  • Zzz (ronflement, dormir)- Zgrunt - Zdoïng - zzzt! (courant électrique)

Hugo Pratt et le dilemme de la performativité linguistique des onomatopées

Hugo Pratt, l'auteur du célèbre Corto Maltese, a été influencé dans sa jeunesse par la lecture de bandes dessinées américaines. En dessinant ses propres histoires, il a préféré dans de nombreux cas utiliser les onomatopées utilisées en anglais, les estimant plus proche des sons auxquels ils font référence : notamment, « crack » a été choisi au lieu de « pan » pour figurer la détonation d'armes à feu.

Cela invite à une réflexion sur la formation d'onomatopées en langue française, dont la verbalisation est beaucoup plus problématique que dans certaines autres langues : « glou-glouter », « faire miaou » appartiennent à une zone « basse » du spectre linguistique. Cela se vérifie également dans le répertoire des verbes de cris d'animaux, dont l'efficacité étymologique (issues de racines latines) sacrifie, dans de nombreux cas, leur efficacité performative.

Sploing sploing

Historique

Dès 1905 dans des épisodes des Bécassine (bande dessinée), la graphie sploing parfois écrite splouing ou sploug apparaît, notamment lors de l’ouverture d’un parapluie ou de la détente mortelle pour une souris d’une tapette. On pense que l’influence sur André Franquin de ses lectures de jeunesse permet de faire le lien historique.

Le champ moderne du Sploing

De nombreuses bandes dessinées ont transposé le sploing au fur et à mesure que l’onomatopée audio-descriptive a pris une place importante dans la narration. Des swiiing, swwoing ou stwouip de facture plus moderne ont remplacé l’antique sploing. Dans les mangas japonais, le scrlurrlph peut y être assimilé (traduction approximative).

Variations interlinguales

Si tout le monde entend les mêmes bruits, la transcription phonétique des onomatopées varie énormément selon les langues.

Ainsi le « cocorico » francophone devient « kikeriki » en allemand, « cock-a-doodle-do » en anglais, « quiquiriqui » en espagnol, « chicchirichi » en italien, le « hiiiiii ! » francophone devient « heeeeeen ! » en espéranto, etc.

On peut expliquer cela par les variations phonologiques de chaque langue.

Les onomatopées à l'origine du langage ?

L’une des théories sur la formation de la première langue affirme sa nature onomatopéique à base d’imitation de sons naturels entendus et reproduits par les premiers hommes. Appelée aussi thèse « ouah-ouah » (bow-wow theory), cette théorie est celle de Gottfried Wilhelm von Leibniz dans les Nouveaux essais sur l’entendement humain (1765). La distance à la chose que suppose l’usage de l’onomatopée est bien déjà un fait de langage.

Selon sa définition étymologique grecque citée en préambule, l’onomatopée est une «création de mot»; elle est formée de suites de phonèmes, destinées à imiter ou à suggérer par imitation phonétique un cri ou un bruit. Elle n’est donc plus aussi spontanée que l’interjection et varie d’une langue à l’autre. Déjà Platon dans son Cratyle cherche à remonter à la langue originaire en remontant aux sources des mots primitifs qu’il appelle prôta onomatopa.

Les onomatopées imitatives du craquement, du claquement ou du flux (crac, clac, flic-flac) font sans doute partie des premières désignations d’action (ac) observées dans la nature.

La linguistique affirme que le signifié onomatopéique se confond avec le signifiant. La dichotomie signifiant/signifié n’existerait pas pour les onomatopées. Ce serait le cas pour aïe de la douleur, quoique ouille fasse aussi mal, ou pour les beurk et pouih du dégoût devant les miasmes des postillons du zozoteur (mot onomatopéique) : n’est-ce pas oublier que le signifié est une sensation interne ?

La linguistique ne devrait pas se couper de la biologie. Dire que le signifié de aïe est le signifiant aïe est une bévue physiologique : le signifié, c’est la sensation de douleur (nociceptive) qui provoque l’expression d’un cri signifiant. Le signifié se confond, ici, avec le référent qui est un stimulus interne. Le cri suscité par la sensation algique va très vite chez l’enfant avant l’âge de 2 ans passer du ah spontané au , par un conditionnement mimétique de la langue maternelle si elle est française ou passer du ah au au pour l’allemande et au outch pour l’anglais. Pour ces onomatopées algiques, le référent biologique est la stimulation des récepteurs algiques, le signifié est la prise de conscience de la douleur et le signifiant est la réponse conditionnée modulant le cri primitif naturel de douleur en onomatopée algique de la langue du souffrant.

L’origine imitative de certains mots comme les noms d’oiseau se confirme par des concordances multilinguales. Ainsi, le drôle d’oiseau que nous nommons coucou est dit kokilah en sanskrit, kokkux en grec,cuculus en latin correspondant à l’imitation du cri redoublé de l’oiseau. Le succulent mot latin cuculus, représenté encore par le provençal couguou et le toscan cuculo, a subi en français, avec le temps, (va tout s’en va, mais pas « les o » !) une évolution phonétique anormale : le second c, qui aurait dû disparaître a été maintenu pour conserver au mot son expressivité, d’où le mot cocu en français moderne : mari trompé d’après les mœurs de la femelle du coucou, qui change de nid à chaque couvée ou animal à cornes d’après les quanquans (old french 1554) de la commère ou cancouaille franc-comtoise du quartier !

Un certain nombre de mots sont officiellement d’origine onomatopéique tels : cliquetis, trictrac, brouhaha, froufrou, aboyer, miauler, bêler, meugler,hennir, caqueter, hululer, piailler, roucouler, coasser, croasser, couiner, cracher, gronder, renifler, racler, craquer, péter, murmurer, susurrer, chuchoter, tinter, gazouiller, jaser, vrombir, zozoter, zézayer, etc.

Mais comme l’écrivait déjà le bisontin Charles Nodier dans son Dictionnaire des onomatopées de 1808 « il faut donner de l’Onomatopée une idée plus distincte et plus précise que celle qu’on puiserait dans les vagues définitions des rhéteurs. Pour faire passer une sensation dans l’esprit des autres, on a dû eprésenter l’objet qui la produisait par son bruit ou par sa figure. Les noms des choses, parlés, ont donc été l’imitation de leurs sons et les noms des choses, écrits, l’imitation de leurs formes. L’onomatopée est donc le type des langues prononcées et l’hiéroglyphie, le type des langues écrites ».

Le dictionnaire de Nodier, petit chef d’œuvre linguistique, démontre le reflet de la nature dans la voix et dans la langue. Il considère l’onomatopée comme la source unique de toutes les langues. Par exemple, our “tinter, tintement”, Nodier écrit : « onomatopées du son de la cloche, qui ont d’heureux équivalents dans le tinnitus latin, le tintinnire italien, le tingle anglais ». Pour éclat : « vient du bruit d’un corps dur qui se divise avec violence quand on le crève, le fend ou le brise ». Les glossateurs et les étymologistes pourraient reconnaître dans ce mot éclat, «cl» de clac, onomatopée imitant un bruit sec, un claquement de fermeture.

Opposés à toute motivation des mots, des linguistes classiques, tel Bally, font remarquer, que “tinter” suggère un son de cloche, mais “teinter” ne le fait pas ! Cette critique est déplacée, puisque tinter est bien d’origine onomatopéique acoustique, alors qu’il ne peut naturellement pas en être le cas pour désigner les couleurs, caractères visuels ! Mais si “teinter” est l’homophone de “tinter”, c’est que justement, dans le domaine visuel, on est contraint d’établir des correspondances synesthésiques. Si “tinter” fait du bruit et résonne avec le son des cloches, “teinter” c’est faire de la couleur. La découverte des sens inconscients de la lettre t, selon le docteur Christian Dufour (2006) permet de comprendre que le t de tinter porte en fait le sens de coup (tamtam, toc-toc) alors que le t de teinter a le sens de couverture (toile, tâche,tapis, tenture). Le mot “éclat” qui traduit aussi un bruit intense, s’est étendu de même au domaine visuel pour signifier une couleur vive, et selon le docteur Christian Dufour, dans notre inconscient le codon cl sous-entend que cet éclat peut nous fermer les yeux (cligner).

Les objets matériels, explorables par la vue, l’ouïe et les différents tacts se prêtent à une discrimination fine, tandis que les odeurs ou les goûts, non visibles et non palpables sont difficilement transcrits en mots et sont nommés en fonction des objets inanimés ou animés, dont ils émanent : un goût d’orange, persillé, sucré, vanillé et un parfum de rose, de muguet...ou de m ! Cette constatation devrait faire réfléchir le linguiste classique car si le mot n’est vraiment qu’un signe conventionnel, pourquoi les langues n’ont pas collé des chaînes de sons arbitraires à chacun de ces parfums ? Parce que le conventionnel est dérisoire, voire absent dans la langue ! Si les [(mots]) n’étaient que pure convention, il n’y aurait aucune difficulté à passer d’une langue à l’autre, or traduire mot à mot sera toujours trahir.

Que les onomatopées aient été à l’origine des mots d’un langage rudimentaire, cela est probable. Mais il faut surtout les considérer comme un réservoir de couples de phonèmes qui, eux, sont les vraies briques d’un premier langage qu’on peut qualifier de protolangage. En outre, l’exemple d’une onomatopée récente comme vroum vroum démontre aussi que les onomatopées peuvent naître de certains couples de phonèmes issus de mots de notre langage évolué (vr de vrombrir), car le sens du codon vr nous brûle les lèvres (= entoure, tourne): pieuvre, givre (qui entoure), couleuvre ou vouivre, vrille (pénètre en tournant) avec de multiples exemples végétaux : vrillée (liseron), vrille de la vigne, chèvrefeuille, chanvre, ivraie, livre (tourne les pages), ouvrir (tourne sur les gonds), œuvrer, manœuvrer, livrer (faire des tournées comme un VRP, abréviation récente qui démontre jusqu’où s’inscrit l’inconscient) ! Quelle ivresse ! Alors que les interjections sont liées uniquement à l’émotion et jouent sur leur tonalité pour exprimer des émotions différentes, les onomatopées sont reliées à notre insu soit à l’émotion soit à la spatialité avec la possibilité d’association en chaîne : vlan, patatras !

Les onomatopées sont donc la matière première sonore des unités du code de l’inconscient, des ensembles de briques linguistiques.


cf "Entendre les mots qui disent les maux" page 222 Editions du Dauphin juin 2006

Voir aussi

Articles connexes

  • Liste des notions utilisées en linguistique
  • Grammaire
  • Nature (grammaire)
  • Interjection
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