Préciosité
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La Préciosité est un des courants littéraires du XVIIe siècle. C'est un mouvement qui se développe entre 1650 et 1660 dans les Salons. Les précieux veulent donner du prix à tout ce qui les entoure et sont en quête perpétuelle de l’élégance dans le goût, les manières et le langage. Ils voient l’amour comme une pure inclination de l’esprit et reprennent l’héroïsme cornélien. Les Salons précieux, « fondés » par des grands aristocrates, se développent initialement en Provence et à Paris. Pour y accéder, on devait avoir une « noblesse de l’âme », pas seulement une noblesse de sang. Dans ces salons, dont les plus importantes sont la « chambre bleue » de Madame de Rambouillet et celui de Madame de Scudéry, on parle de littérature, on utilise un langage très poli et on écrit des poèmes (presque tous sur l’amour).
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Définition
Vers la seconde moitié du XVIIe siècle, un nouveau mode de vie, une nouvelle philosophie naît, c'est la préciosité. Les femmes, principalement, mais on compte aussi des hommes, s'opposant aux manières rustres du XVIe siècle, et plus particulièrement de la cour d'Henri IV (que l'on surnommait le « Vert Galant » à cause du grand nombre de ses aventures amoureuses), s'opposant aussi à la violence baroque, vont créer ce mouvement pudique et se voulant raffiné à l'extrême.
Les salons
Les précieux se retrouvent dans des salons (celui de Madeleine de Scudéry, par exemple), pour discuter, lire des poèmes ou des extraits d'œuvres, lesquels salons vont influencer les auteurs de cette époque car se crée une vraie littérature de salons baignant dans un raffinement extrême qui inspirera le libertinage. La préciosité a aussi influencé la culture des siècles à venir car les philosophes des Lumières, par exemple, prendront l'habitude de se réunir dans des salons, coutume qui s'est poursuivie jusqu'à nous.
Influence sur la langue française
Les vues linguistiques des précieuses ont aussi influencé la langue française, principalement de deux manières.
Dans l'orthographe
On doit aux précieux un projet de simplification d'une orthographe déjà figée et souvent jugée trop éloignée de la parole, qui s'avérait difficile pour les femmes : l'accès aux études était moins courant et plus limité. Nombre de leurs rectifications ont été retenues par le dictionnaire de l'Académie française qui les a suivies : autheur → auteur, respondre → répondre, aisné → aîné, etc.
Lexique précieux
Les précieux sont surtout connus pour leur création lexicale intense dans le but de désigner le monde de manière pudique (les mots « bas » sont évités, ainsi que ceux dont les sonorités sont jugées cocasses ou sales, comme écu ou conçu). L'usage de périphrases hyperboliques, de métaphores recherchées et de néologismes est notable.
Certains des termes précieux sont restés, comme furieusement, s'encanailler ou hardi en parlant d'une couleur mixte (d'un blond hardi). D'autres formules, déjà tournés en dérision au XVIIe siècle (par Molière et Antoine Baudeau Somaize, notamment) semblent maintenant ridicules : le conseiller des grâces désigne un miroir tandis qu'il faut traduire le visage de l'âme par le discours ou donner dans l'amour permis pour se marier.
Conclusion
On peut en définitive caractériser l'esprit de ce mouvement par le raffinement des manières, des sentiments, du goût et de la langue.
Il faudra cependant se garder de n'en conserver que l'image ridicule que Molière ou Somaize en ont donnée : véritable mouvement littéraire et intellectuel aux vues en avance sur le siècle (un certain féminisme est notable, ou du moins un rejet de l'a priori de la supériorité masculine), il l'a profondément marqué, comme en attestent les marques qu'il a laissées dans la langue française.
Articles connexes
- Les femmes et les salons littéraires ;
- salon littéraire sous Louis XIV ;
- classicisme ;
- baroque.
Bibliographie
- Mireille Huchon, Histoire de la langue française, le Livre de poche, Paris, 2002.
- Ambroise Firmin-Didot, Observations sur l'orthographe, ou ortografie, française depuis le XVe siècle jusqu'à nos jours, 2e édition imprimée et typographiée par Firmin-Didot, Paris, 1860.
- Antoine Baudeau de Somaize, Le grand dictionnaire des précieuses ou la clef de la langue des ruelles, 1660.
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Catégorie : Histoire du français




