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boggle
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prendre (v.)
1.s'emparer de (un être vivant).
2.suivre une direction déterminée.
3.se figer, épaissir.
4.aller chercher.
5.s'emparer de quelque chose de force.
6.se munir de, emporter avec soi.
7.attraper, saisir. Prendre un bonbon.
8.(botanique)pousser des racines et continuer sa croissance après transplantation.
9.(figuré)réussir, donner le but recherché.
prendre (v.)
↘ capture, empoignement, pénétration, préhenseur, préhensile, préhension, prenable, prenant, preneur, prise, saisie ≠ donner, refuser, s'abstenir
prendre (v.)
absorber, accaparer, accepter, accrocher, accueillir, acheter, acquérir, admettre, adopter, affecter, agrafer, agripper, aller, amadouer, apporter, appréhender, apprivoiser, arnaquer, arquepincer, arracher, arrêter, assumer, assurer, attacher, attaquer, atteindre, attirer, avaler, aveindre, avoir, barboter, boire, brûler, caillebotter, ceinturer, changer, charger, chauffer, chercher, chiper, choisir, choper, chouraver, coaguler, coincer, coller, colleter, commencer, compiler, comprendre, compter, confisquer, congeler, connaître, conquérir, considérer, consommer, contracter, coopter, coûter, cramer, crocher, cueillir, débuter, décimer, déguster, demander, démarquer, dérober, désigner, dévaliser, dévorer, disposer, durcir, écoper, écumer, élire, embarquer, embaucher, embrasser, emmener, employer, empoigner, emporter, emprunter, encaisser, endosser, engager, enlever, entortiller, entrer, envahir, envisager, épaissir, épingler, essuyer, estimer, étreindre, exiger, extraire, faire, faucher, ferrer, figer, fixer, forcer, gagner, geler, gripper, happer, harper, harponner, héberger, ingérer, ingurgiter, intercepter, interpréter, juger, louer, manger, marcher, mettre, monter, mordre, nommer, obtenir, occuper, oppresser, ôter, partir, paumer, percevoir, persuader, piger, piller, pincer, piocher, piper, piquer, plagier, poisser, porter, posséder, prélever, priser, puiser, rafler, ramasser, ratiboiser, ratisser, ravir, recevoir, récolter, recruter, recueillir, récupérer, regarder, remplir, remporter, reprendre, réputer, retenir, retirer, retrancher, réussir, s'adjoindre, s'agripper, s'amorcer, s'appliquer, s'approprier, s'associer, s'assurer, s'attacher, s'attribuer, s'emparer, s'engager, s'implanter, saisir, se cailler, se coaguler, se congeler, se diriger, se donner, séduire, se faire, se figer, se fournir, se glacer, sélectionner, se munir, se pourvoir, se prendre, se procurer, serrer, serrer dans ses bras, se saisir, se vêtir, sortir, souffler, soulever, soustraire, soutirer, subir, suivre, supposer, surprendre, tenir, tirer, toucher, tourner, traiter, transporter, tuer, user, usurper, utiliser, vendanger, voler, attraper (V+comp), capturer (V+comp), confondre (V+comp--à|avec+comp)
prendre (v.) (ellipse)
prendre (v.) (argotique;familier)
botter (V+qqn, argotique), bourrer (V+qqn, argotique), bourriner (V+qqn, argotique), caramboler (V+qqn), égoïner (V+qqn, argotique), enfiler (V+qqn, argotique), farcir (V+qqn, argotique), fourrer (V+qqn, argotique), foutre (V+qqn, argotique), pénétrer (V+qqn), piner (V+qqn, argotique), posséder (V+qqn, argotique), sabrer (V+qqn, argotique), sauter (V+qqn, argotique), tringler (V+qqn, argotique), troncher (V+qqn, argotique), trousser (V+qqn, argotique), verger (V+qqn, argotique)
Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages • Tout le monde veut prendre sa place • À prendre • À prendre ou à laisser • À tout prendre
prendre (v. intr.)
V
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prendre (v. tr.)
V+comp
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prendre (v. tr.)
V+comp
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prendre (v. tr.)
V+comp
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prendre (v. tr.)
si P_SYNT • V+comp--de+comp • V+comp
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PRENDRE
1. Saisir, mettre en sa main.
• Prends ta foudre, Louis, et va.... (MALH. II, 12)
• Il vit son éléphant couché sur l'autre rive ; Il le prend, il l'emporte, au haut du mont arrive (LA FONT. Fabl. x, 14)
• Célimène : Puis-je empêcher les gens de me trouver aimable ?... Dois-je prendre un bâton pour les mettre dehors ? - Alceste : Non, ce n'est pas, madame, un bâton qu'il faut prendre, Mais un coeur à leurs voeux moins facile et moins tendre (MOL. Mis. II, 1)
• Je sais que, quand j'aurai dans l'esprit de prendre une chose plutôt qu'une autre, la situation de cette chose me fera diriger de son côté le mouvement de ma main (BOSSUET Lib. arb. 2)
• Elle vit avec étonnement que Dieu.... alla prendre comme par la main le roi son fils pour le conduire à son trône (BOSSUET Reine d'Anglet.)
• Il le prend par la main, le fait descendre avec lui (LA BRUY. XI)
• On a inventé aux tables une grande cuiller pour la commodité du service : il la prend, la plonge dans le plat (LA BRUY. ib.)
• Télémaque, qui était abattu et inconsolable, oublie sa douleur ; il prend ses armes, don précieux de la sage Minerve (FÉN. Tél. XVII)
• Cent écus par jour sont bons à prendre, monsieur mon frère (DANCOURT Déroute du pharaon, II, 3)
• Il arriva qu'à l'oraison funèbre du maréchal de Guébriant, prononcée à Notre-Dame, les présidents des enquêtes prirent par le bras le vieux doyen Savare et l'arrachèrent de sa place (VOLT. Hist. parl. LIV)
Prendre les armes, s'armer, soit pour combattre, soit simplement pour rendre des honneurs.
• Et, sans jeter d'alarmes, à tous mes Tyriens faites prendre les armes (RAC. Athal. II, 6)
Prendre quelqu'un aux cheveux, le saisir par les cheveux.
Fig. Prendre l'occasion aux cheveux, saisir l'occasion, en profiter.
On ne sait par où le prendre pour ne pas le faire crier, se dit d'un malade dont le corps est si douloureux qu'on ne peut le remuer sans lui causer de vives souffrances.
Fig. On ne sait par où le prendre, se dit d'un homme très susceptible ou insensible à tout.
Au jeu de paume, prendre la balle de volée, à la volée, au bond, la jouer de volée, la jouer au bond.
Fig. Prendre la balle au bond, saisir vivement et à propos une occasion.
Fig. Prendre le tison par où il brûle, prendre une affaire par le côté le plus difficile. Fig. Prendre la mouche, prendre la chèvre, se fâcher tout à coup et pour un sujet qui n'en vaut pas la peine.
• On vient civilement pour s'éclaircir d'un doute, Et monsieur prend la chèvre, il met tout en déroute.... (REGNARD le Joueur, III, 13)
Prendre la clef, mettre en sa poche la clef qui ouvre un appartement. Il a pris la clef, je ne puis rentrer.
Fig. Prendre la clef des champs, s'évader, s'échapper.
Prendre une chose à pleine main, en prendre à poignée autant que la main peut en tenir.
Fig. Prendre une affaire en main, la diriger.
• Tous les magistrats sont intéressés à prendre cette affaire en main (MOL. l'Avare, V, 1)
• Si vous ne prenez pas cette affaire [faire jouer une tragédie de Voltaire] avec vivacité, avec emportement, avec rage, je suis perdu (VOLT. Lett. d'Argental, 25 oct. 1777)
Prendre en main les intérêts, le droit de quelqu'un, soutenir ses intérêts, ses droits.
• Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable à les protéger tous se croit intéressé, Et d'abord prend en main le droit de l'offensé (BOILEAU Art p. I)
Dans le style soutenu, prendre en main le timon des affaires, les rênes de l'État, etc. gouverner les affaires publiques.
2. Saisir une chose non avec la main, mais avec quelque instrument ou de toute autre manière. Prendre du feu sur une pelle.
Prendre la lune avec les dents, voy.
LUNE.
Il est à prendre, ou il n'est pas à prendre avec des pincettes, se dit de quelqu'un, de quelque chose extrêmement sale.
3. Il se dit des animaux qui saisissent avec leur gueule, leurs pattes, leurs griffes, etc. Le perroquet prend avec sa patte ce qu'on lui donne.
Prendre le mors aux dents, voy.
MORS.
4. En parlant de vêtements, mettre sur soi. Vous avez pris aujourd'hui un habit bien léger.
Prendre le deuil, s'habiller de noir à l'occasion de la mort d'une personne.
• J'ai su sa mort à Rome, ou j'en ai pris le deuil (CORN. Suite du Ment. I, 1)
• Elle dit que tout est son parent en France ; dès qu'il meurt quelque grand, elle prend le deuil (SÉV. 216)
• Il était mon cousin ; la cour prendra le deuil (C. DELAV. Louis XI, III, 13)
Prendre l'habit de religieux, ou, simplement, prendre l'habit, entrer en religion.
Prendre le voile, se faire religieuse.
Familièrement. Prendre le froc, se faire moine.
Prendre le petit collet, entrer dans l'ordre ecclésiastique.
Prendre la cuirasse, embrasser la profession des armes.
Prendre le bonnet, se faire recevoir docteur.
Prendre la haire, embrasser une vie pénitente.
• Il prit, laissa, reprit la cuirasse et la haire (VOLT. Henr. IV)
Prendre la livrée, se faire laquais.
Prendre la perruque, ou prendre perruque, commencer à porter perruque.
5. Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution. Prendre un parapluie, une lanterne. Prendre sa canne. son mouchoir, sa tabatière.
6. Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu'un ce qu'il a. On lui a pris une vache dans son pré.
• Prenez tout, s'il se peut ; ne soyez jamais prise (RÉGNIER Sat. XIII)
• On a traité mon maître avec moins de rigueur, On n'a pris que sa bourse, et tu prends jusqu'au coeur (CORN. Suite du Ment. I, 2)
• Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné (MOL. Éc. des femm. II, 6)
• Harpagon : Allons, rends-le-moi sans te fouiller. - La Flèche : Quoi ? - Harpagon : Ce que tu m'as pris. - La Flèche : Je ne vous ai rien pris du tout (MOL. l'Avare, I, 3)
• Je veux que tu me dises des nouvelles de l'argent qu'on m'a pris. - On vous a pris de l'argent ? (MOL. ib. V, 2)
Absolument.
• Figaro : J'étais né pour être courtisan. - Suzanne : On dit que c'est un métier si difficile. - Figaro : Recevoir, prendre et demander, voilà le secret en trois mots (BEAUMARCH. Mar. de Fig. II, 3)
Absolument et en un sens particulier. Faire des profits illicites.
• Il [le chancelier Séguier] était aussi riche en entrant à la cour, qu'il l'était en mourant ; il est vrai qu'il a établi sa famille ; mais, si l'on prenait chez lui, ce n'était pas lui (SÉV. 3 févr. 1672)
Prendre un baiser, se dit d'un baiser ravi à une femme sans qu'elle le veuille.
• Cet objet.... Me fit prendre un baiser sur votre belle bouche ; Mais las ! ce fut plutôt le baiser qui me prit (VOIT. Poés. Oeuv. t. II, p. 90)
Prendre la maîtresse de quelqu'un, le supplanter près de sa maîtresse.
• Ah ! s'il vous a pris votre maîtresse, repartit Freind, c'est une autre chose ; il ne faut jamais prendre le bien d'autrui (VOLT. Jenni, 2)
Poétiquement, prendre les jours, la vie, disposer de la vie de quelqu'un, le faire mourir.
• Avec ma liberté, que vous m'avez ravie, Si vous le souhaitez, prenez encor ma vie (RAC. Brit. IV, 2)
• Il me devait tes jours ; je rougis de les prendre En frappant un captif qui ne peut se défendre (C. DELAV. Fille du Cid, III, 6)
Fig. Il en prendrait sur l'autel, sur le maître autel, c'est-à-dire il prend hardiment tout ce qu'il peut et partout où il peut.
Prendre se dit aussi des animaux. Le chat a pris le fromage. Le renard m'a pris trois poules.
7. Se saisir, s'emparer d'une personne. Il voulait résister, on l'a pris de force.
• Nous n'avons pu prendre le jeune homme, parce qu'il était plus fort que nous, et qu'ayant ouvert la porte il s'est sauvé (SACI Bible, Daniel, XIII, 39)
Prendre au corps, arrêter prisonnier.
Prendre de force ou par force une femme, attenter à son honneur.
Il se dit aussi des choses que l'on saisit, dont on s'empare. Il a pris le sabre de son ennemi.
• De mon trône en son âme elle prend la moitié (CORN. Pomp. I, 2)
Prendre son bien où on le trouve, mettre ia main sur ce qui est à soi, en quelque endroit qu'on le rencontre.
• La même réponse que faisait Molière à ceux qui lui reprochaient d'avoir pris une scène entière à Cyrano de Bergerac : cette scène m'appartient, puisqu'elle est bonne, et je prends mon bien où je le trouve (D'ALEMB. Éloges, Despréaux.)
8. Prendre se dit de levées d'hommes qui se font. L'empereur Napoléon prenait tous les jeunes gens de chaque conscription.
• Il prendra vos enfants pour conduire ses chariots, il s'en fera des gens de cheval, et il les fera courir devant son char (SACI Bible, Rois, I, VIII, 11)
9. Prendre se dit de Dieu qui fait disparaître un être humain par la mort.
• Quoi ! c'est mon fils ! - Le vôtre : Dieu vous en a pris un, il vous en rend un autre (C. DELAV. Fille du Cid, I, 9)
10. Arrêter pour emprisonner.
• Aussitôt le roi ordonna en secret à Hégésippe de prendre Protésilas et Timocrate, de les conduire en sûreté dans l'île de Samos, et de les y laisser (FÉN. Tél. XIV)
• J'ouvre la bouche et dis : je voudrais, s'il vous plaisait, ne pas payer Chambord ; sur ce mot on me prend, on me met en prison (P. L. COUR. Rép. aux anonym.)
Il a été pris comme dans un blé, il a été attrapé de manière à ne pouvoir se sauver.
11. En guerre, s'emparer, se rendre maître de.
• Vauban dit que le canon prendra cette place (PELLISSON Lett. hist. t. III, p. 8)
• On avait conté auparavant qu'un courtisan avait dit au roi : " Sire, vous prenez des loups comme Monseigneur, et il prend des villes comme vous, " (SÉV. 474)
• Philisbourg est pris, ma chère enfant, votre fils se por e bien (PELLISSON 475)
• Je m'en vais après dîner à Brévanes.... Mme de Coulanges m'y souhaite, il y a six semaines : mais j'avais Philisbourg à prendre (PELLISSON 479)
• Ce duc [le duc de Lunebourg] avait chargé le maréchal de Créquy en flanc, pris son canon et son bagage (PELLISSON 205)
• La prise du vaisseau de guerre ostendois a satisfait Sa Majesté, et vous devez observer que ce n'est pas faire beaucoup que de prendre un vaisseau et laisser aller ensuite le capitaine et l'équipage... (Seignelay à Panetié, 7 févr. 1678, dans JAL)
• Cet étranger [un Allemand au service de Russie], exalté du désir de reprendre Moscou et de se naturaliser en Russie par cet exploit signalé, s'emporta loin des siens.... il se précipite vers le Kremlin, rencontre des avant-postes, les méprise, tombe dans une embuscade, et, se voyant pris dans une ville qu'il voulait prendre.... (SÉGUR Hist. de Nap. IX, 6)
Faire prisonnier.
• Josèphe leur concitoyen [des Juifs], un de leurs capitaines, un de leurs prêtres, qui avait été pris dans cette guerre en défendant son pays (BOSSUET Hist. II, 8)
• S'ils [les Grecs] l'eussent prise [Artémise], elle n'aurait mérité que d'être comblée de louanges et d'honneurs (ROLLIN Hist. anc. Oeuvr. t. III, p. 239, dans POUGENS)
12. Attraper à la chasse, à la pêche, dans un piége, etc.
• Tel est pris qui croyait prendre (LA FONT. Fabl. VIII, 9)
• Un manant au miroir prenait des oisillons (LA FONT. ib. VI, 15)
• Là, cormoran, le bon apôtre.... Vous les prenait sans peine [les poissons], un jour l'un, un jour l'autre (LA FONT. ib. X, 4)
• Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris (LA FONT. ib. I, 18)
• Les poissons se moquent de moi comme les hommes ; je ne prends rien, je meurs de faim (VOLT. Zadig, 17)
• On prend la pie dans les mêmes piéges et de la même manière que la corneilie (BUFF. Ois. t. V, p. 121)
Fig. Se laisser prendre au piége, à l'hameçon, se laisser tromper.
• Je me suis laissé prendre à l'appât des grandeurs (P. LEBRUN Marie Stuart, II, 2)
Dans un sens analogue. Ne vous laissez pas prendre à ses paroles, à sa feinte douceur.
• Qui, chaleur, force, enthousiasme, voilà ses expressions, et vous vous laissez prendre à ce galimatias (GENLIS Théât. d'éduc. les Faux amis, I, 4)
Fig. Cette femme l'a pris dans ses filets, cette femme l'a séduit.
Fig. Prendre quelqu'un au trébuchet, obtenir par artifice quelque chose de quelqu'un.
Fig. Prendre un rat, voy.
RAT.
Prendre se dit aussi des animaux qui chassent ou pêchent. Le chat a pris une souris. La mouette a pris un poisson.
Fig. S'emparer de l'esprit, du coeur.
• Alléguant maint exemple en ce siècle où nous sommes, Qu'il n'est rien si facile à prendre que les hommes (RÉGNIER Sat. III)
• Que la vengeance est douce à l'esprit d'une femme ! Je l'attaquai par là, par là je pris son âme (CORN. Cinna, V, 2)
• Pour une qu'amour prend par l'âme, Il en prend mille par les yeux (LA FONT. Nicaise.)
• Tout ce qu'elle m'a dit m'a semblé si spirituel, que, si elle avait manqué de me prendre par les yeux, elle m'aurait pris par les oreilles (BOURSAULT Lett. nouv. t. III, p. 39, dans POUGENS)
• Comme la raison n'est pas toujours écoutée, lorsque nos inclinations y résistent, parce que notre inclination est elle-même souvent la plus pressante raison qui nous émeuve, Dieu saura nous prendre encore de ce côté-là.... (BOSSUET Lib. arb. VII)
• Il me prenait par mon propre intérêt (FÉN. Tél. XIII)
• Les jeunes gens veulent être pris par les sens (DIDER. Pens. philos. n° 26)
• Cette manière de prendre toujours les enfants, comme on dit, par la sensibilité, ne vaut rien lorsqu'on en abuse (GENLIS Ad. et Théod. t. I, p. 208, dans POUGENS)
Prendre quelqu'un par son faible, flatter, toucher son inclination favorite.
Savoir prendre quelqu'un, connaître les mobiles par lesquels on peut agir sur lui.
• Et quand on sait le prendre, on en fait ce qu'on veut (J. B. ROUSS. Flatt. I, 1)
Prendre quelqu'un par ses propres paroles, le convaincre par ce qu'il a dit lui-même, se faire contre lui un droit de ses propres paroles.
• M. Basnage fait semblant de me vouloir prendre par mes propres paroles (BOSSUET Déf. Var. 1er disc. 42)
13. Surprendre. Je l'ai pris à voler des fruits. On m'a pris au dépourvu.
• Je te prends sur le livre. - Hé bien, qu'en veux-tu dire ? Tant d'excellents esprits qui se mêlent d'écrire, Valent bien qu'on leur donne une heure de loisir (CORN. Gal. du Pal. I, 7)
En un sens analogue.
• Dieu connaît de toute éternité tout ce que la créature fera librement, en quelque temps qu'il la puisse prendre, et en quelques circonstances qu'il la puisse mettre (BOSSUET Lib. arb. VI)
Prendre quelqu'un sur le fait, le prendre au moment même où il fait quelque chose qu'il voulait cacher.
Fig.
• En vain la nature s'était cachée dans des lieux si profonds et si inaccessibles pour travailler à la végétation des pierres, elle fut, pour ainsi dire, prise sur le fait par des curieux si hardis (FONT. Tournefort.)
• Ah, disait-il [le nain de Saturne], j'ai pris la nature sur le fait ; mais il se trompait sur les apparences.... (VOLT. Microm. 8)
On dit dans le même sens : prendre quelqu'un en flagrant délit (voy.
LAGRANT).
Prendre quelqu'un la main dans la poche, la main dans le sac, le surprendre au moment où il commet un vol ou quelque détournement.
Prendre en faute, surprendre pendant qu'une faute se commet.
• Ma situation était pire encore par l'animosité de mes ennemis, qui ne cherchaient qu'à me prendre en faute (J. J. ROUSS. Conf. XII)
Prendre quelqu'un sans vert, voy.
VERT.
Prendre quelqu'un au pied levé, voy.
LEVÉ, n° 1.
Prendre quelqu'un au saut du lit, l'aller trouver dès le matin afin de ne pas le manquer.
Prendre quelqu'un au mot, se hâter d'accepter une offre.
Prendre quelqu'un à son avantage, le saisir, le surprendre quand on a l'avantage sur lui.
• J'ai fait une réponse à M. de Carcassonne.... je l'ai pris à mon avantage, et, comme je le tiens à cent cinquante lieues de moi, je lui dis tout ce que je pense (SÉV. 510)
Prendre le défaut d'un joueur, à la paume, pousser la balle de manière que celui qui est obligé de la renvoyer ne puisse aisément aller au-devant.
Terme d'escrime. Prendre sur le temps, porter une botte à son adversaire dans l'instant où il s'occupe de quelque mouvement.
• Y prendre, prendre à cela, c'est-à-dire prendre quelqu'un dans une occupation, dans une circonstance, dans un état d'esprit indiqués par le contexte du discours Le corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus (LA FONT. Fabl. 1, 2)
• Ah ! je vous y prends enfin, perfide ! me voilà sûre de votre inconstance.... (VOLT. Écoss. IV, 4)
• Vous lisez donc des chansonnettes ? Ah ! je vous y prends, monseigneur (BÉRANG. Cardin.)
15. Manger, boire, avaler Je n'ai encore rien pris de la journée.
• Mon avis est qu'on la remette sur son lit, et qu'on lui fasse prendre quantité de pain trempé dans du vin (MOL. Méd. malgré lui, II, 6)
• J'ai pris une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit médecines (MOL. Mal. imag. I, 1)
• J'ai voulu me raccommoder avec le chocolat, j'en pris avant-hier pour digérer mon dîner, afin de bien souper ; et j'en ai pris hier pour me nourrir, et pour jeûner jusqu'au soir (SÉV. 94)
• Il était incommodé d'un dévoiement au commencement de son service ; il prit du lait sans préparation pour le faire cesser (SÉV. 128)
• J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlantes veines Un poison que Médée apporta dans Athènes (RAC. Phèdre, V, 7)
Voudriez-vous prendre quelque chose ? se dit à une personne que l'on invite à manger un morceau.
• Peut-être le matin prenez-vous quelque chose : Un bouillon ? du café ? que vous plaît-il des deux ? (BOURSAULT Fables d'Ésope, I, 2)
On dit : prendre du café, du thé, du chocolat, plutôt que boire.
Trop prendre de son vin, ou, absolument, en trop prendre, s'enivrer.
• Il faut.... Ou que mon maître ait pris le soir pour le matin, Ou que trop tard au lit le blond Phébus sommeille, Pour avoir trop pris de son vin (MOL. Amph. I, 2)
• C'est lui qui en a trop pris ; pour moi, j'en ai pris aussi ; ils sont si longtemps à table que par contenance on boit, et puis on boit encore, et on se trouve avec une gaieté extraordinaire (SÉV. 29 août 1677)
Fig.
• Son coeur n'est pas usé pour moi, il n'est seulement qu'un peu rassasié du plaisir de m'aimer, pour en avoir trop pris d'abord (MARIVAUX Marianne, part. 8)
Faire usage d'une chose pour sa santé, pour son agrément, etc. Prendre un bain.
• Comment ! que voulez-vous faire ? - Prendre ce petit lavement-là ; ce sera bientôt fait (MOL. Mal. imag. III, 4)
• De quoi vous mêlez-vous.... d'empêcher monsieur de prendre mon clystère ? (MOL. ib.)
• On a fait refus de prendre le remède que j'avais prescrit (MOL. ib. III, 6)
• Je prendrai la douche dans quelques jours (SÉV. 277)
• J'ai donc pris des eaux ce matin, ma très chère ; ha ! qu'elles sont méchantes ! (SÉV. 277)
Prendre du tabac, mettre de la poudre de tabac dans son nez.
• Il n'est rien d'égal au tabac.... ne voyez-vous pas bien, dès qu'on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde ? (MOL. Festin, I, 1)
Prendre la poudre d'escampette, voy.
ESCAMPETTE.
Prendre l'air, sortir d'un lieu où l'on était renfermé pour aller dans un endroit découvert, aéré.
• Allons prendre un peu d'air dans la cour des prisons (CORN. Suite du Ment. II, 7)
• Je me promène, il est vrai ; mais il faut qu'on défende le beau temps, si l'on veut que je ne prenne pas l'air (SÉV. 369)
Prendre l'air, sortir de la ville pour aller passer quelque temps à la campagne.
Familièrement. Prendre l'air, s'évader, se retirer d'une situation où l'on court quelque péril. On voulut l'arrêter ; mais il avait pris l'air.
Prendre le frais, respirer la fraîcheur.
• Quel grand mal est-ce qu'il y a à prendre le frais la nuit ? (MOL. G. Dand. III, 8)
• Candide et Martin, en retournant à la petite métairie, rencontrèrent un bon vieillard qui prenait le frais à sa porte sous un berceau d'orangers (VOLT. Candide, 30)
En un sens analogue.
• Quand j'ai pris toute la beauté du soleil en marchant toujours, je rentre dans ma chambre (SÉV. 26 nov. 1684)
Prendre du repos, prendre du relâche, interrompre le travail, l'action, par du repos, par du relâche.
• Prends du repos, ma fille, et calme tes douleurs (CORN. Cid, II, 9)
Dans les maisons religieuses, prendre la discipline, se donner la discipline. Ces religieuses prenaient la discipline deux fois la semaine.
16. Être atteint par communication, en parlant de maladies contagieuses. Il a pris le typhus dans l'hôpital.
• Je suis effrayée de ces fièvres que je crains que vous ne preniez à Versailles ; on mande ici que tout en est plein (SÉV. 22 sept. 1687)
Fig. Prendre un mal, une passion, contracter un mal moral, une passion, etc.
• Vous avez pris ce mal-là de moi (SÉV. 18 oct. 1688)
• Son maître.... Prit insensiblement dans les yeux de sa nièce L'amour où je voulais amener sa tendresse (RAC. Brit. IV, 2)
• Elle ne pensait jamais à donner de l'amour, mais elle était sujette à en prendre (MARIVAUX Pays parv. 4e part.)
• Le roi prit de l'amour pour Mme de Montespan dans le temps qu'il vivait avec Mlle de la Vallière en maîtresse déclarée (Mme DE CAYLUS Souvenirs.)
17. Il se dit de certaines conditions corporelles. Prendre de l'embonpoint, du corps, devenir plus gras, plus gros.
• Le tarier prend beaucoup de graisse dès la fin de l'été, et alors il ne le cède point à l'ortolan pour la délicatesse (BUFF. Ois. t. IX, p 327)
• Un coq est capable d'engendrer à l'âge de trois mois, et il n'a pas alors pris plus du tiers de son accroissement (BUFF. Hist. anim. t. III, p. 457)
Prendre du ventre, devenir ventru.
Prendre des forces, se fortifier.
Fig.
• J'ai pris dans l'horreur même où je suis parvenue Une force nouvelle à mon coeur inconnue (VOLT. Orphel. V, 1)
Prendre de l'âge, avancer en âge.
Ce cheval prend quatre ans, cinq ans, il entre dans sa quatrième, dans sa cinquième année.
Prendre les dents, se dit du cheval, lorsque les secondes dents lui poussent.
Prendre une posture, une attitude, placer son corps d'une certaine manière.
Il se dit de certains mouvements du corps. Prendre son vol, commencer à s'envoler.
• Déjà prenait l'essor, pour se sauver dans les montagnes, cet aigle dont le vol hardi avait d'abord effrayé nos provinces (FLÉCH. Tur.)
Prendre son élan. se donner une certaine impulsion en courant afin de s'élancer plus loin.
Prendre la fuite, s'enfuir.
Anciennement, prendre son escousse, s'élancer.
Prendre le trot, le galop, se dit d'un cheval qui se met à trotter, à galoper.
Prendre les aides des jambes, se dit d'un cheval qui commence à répondre à ces aides.
Prendre chair, se dit d'un cheval qui commence à se rétablir après une longue maladie.
Prendre les coins, entrer dans les angles du manége.
18. Contracter, adopter, en parlant de certaines qualités ou manières. Il pre