Saint
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Les saints sont des hommes ou des femmes distingués dans les diverses traditions religieuses par leur relation particulière avec le divin et leur élévation spirituelle ou morale.
L'impact d'un saint dépasse souvent l'espace de sa religion propre, quand son rayonnement moral apparaît comme universel : c'est le cas, par exemple, de Mère Teresa ou de Gandhi, ainsi que, jusqu'à un certain point, de tous les fondateurs de grandes religions.
Mais si la plupart des religions de l'Inde ont volontiers des tendances syncrétistes, ce n'est pas le cas des trois monothéistes occidentaux (judaïsme, christianisme, islam) où la sainteté se conçoit dans le cadre d'une appartenance communautaire ou sacramentelle. L'islam et le christianisme protestant refusent même la notion de saint et le culte porté à des personnes humaines. Cela n'empêche cependant pas l'islam populaire d'avoir développé, en marge de l'islam officiel et savant, un culte fervent autour des tombeaux des saints.
Voir aussi article spécialisé : le pur et l'impur
Sommaire
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Christianisme
Dans le Christianisme, les saints désignent chaque personne ayant accepté Jésus-Christ comme Sauveur personnel. Ce ne sont pas des être parfaits en eux-mêmes, c'est seulement que chaque chrétien est saint par Jésus-Christ. Les saints ne sont PAS adorés, car, si l'on y pense, tout le monde s'adoreraient entre eux.
Première Église
Tout au long de l’Ancien Testament, on retrouve, comme dans le judaïsme, l’affirmation que seul Dieu est saint. Cependant, du fait du baptême et de l'adoption filiale qui s'ensuit, les chrétiens sont associés et appelés à cette sainteté, qui est une vocation universelle. L'apôtre Paul parle des saints pour désigner les chrétiens vivant dans telle ou telle ville[1]. En ce sens, la sainteté exprime l'état de communion avec Dieu, dans l'Église, par le baptême.
Les saints au sens strict sont ceux qui, comme le Bon Larron à qui le Christ dit "Aujourd'hui, tu seras avec moi au Paradis", sont parvenus à la béatitude éternelle, contemplent Dieu au Ciel et intercèdent pour les hommes ici-bas.
Parmi les défunts, étaient réputés saints et vénérés comme tels les martyrs (leur baptême sanglant effaçait tout péché) et les apôtres (choisis par le Christ). D'autres saints, comme certains ascètes, sont vénérés plus tard. Ainsi, dès les premiers temps du christianisme, tous les fidèles sont appelés à la sainteté et peuvent être dignes de vénération posthume, aussi bien hommes que femmes, les philosophes comme les simples d’esprit, quelque soit leur condition sociale, esclave ou aristocrate (voir saint Druon, saint Gerlac ou encore Benoît Joseph Labre au XVIIIe), ce qui est une nouveauté radicale[2]. De plus, ce n’est pas, jusqu’à l’invention de la procédure de canonisation au XIIIe siècle, la hiérarchie qui décide de la sainteté, mais la vox populi . Celle-ci se base sur la pureté du saint, et la recherche d’un absolu à travers la foi. Cette recherche d’absolu peut conduire jusqu’au martyr, jusqu’à mourir ou endurer des tortures pour ne pas abandonner sa foi ; le martyr est, jusqu’à notre époque, un moyen privilégié d’accéder à la sainteté.
Petit à petit, la notion de saint s'est élargie, et de nombreuses personnalités locales dans l'Église primitive et parmi les populations nouvellement christianisées ont acquis la réputation de sainteté. Aujourd'hui, la reconnaissance officielle du statut de saint passe par l'inscription dans le calendrier de l'Église appelé martyrologe.
Catholicisme
Pour les catholiques, les saints forment l'Église triomphante et intercèdent auprès de Dieu pour les hommes d'ici-bas (l'Eglise militante) et pour les défunts au Purgatoire ('Église souffrante) : c'est la communion des saints. Tous ces saints, qui n'ont pas forcément été officiellement reconnus ici-bas comme tel, sont fêtés ensemble le jour de la Toussaint.
La fête de la Toussaint, célébrée le 1er novembre, signifie, chez les catholiques que, au-delà du nombre restreint de personnes canonisées, c'est-à-dire dont on affirme sans ambiguïté la sainteté et auxquels un culte peut être adressé, de nombreux chrétiens, voire stricto sensu non chrétiens (par exemple Abraham, Moïse, David, Job), ont atteint l'idéal chrétien : la communion avec Dieu.
Les saints inscrits au Martyrologe romain sont ceux pour lesquels l'Église catholique romaine déclare être sûre qu'ils sont au Paradis. Ils font donc l'objet d'un culte public (à l'instar de l'Église orthodoxe) dit culte de dulie (du grec δοῦλος, le serviteur) lequel s'oppose au culte de lâtrie (du grec λατρεία, service dû à Dieu) qui n'est dû qu'à Dieu. Dans le cas de Marie, une exception est admise, qui se nomme hyperdulie et qui se manifeste dans les sites d'apparition.
L'Église catholique procède de manière formelle à la déclaration de la sainteté de certaines personnes, par le biais de la Congrégation pour les causes des saints. Cela passe par les étapes de la vénérabilité puis de la béatification puis de la canonisation. On notera que le « procès en canonisation » prend les formes d'un procès légal et que l'équivalent de la « partie civile » (qui défend la thèse de la non-sainteté) est tenu par une personne qui a traditionnellement reçu le surnom d'avocat du diable (terme qui est passé dans la langue courante).
Cette procédure s'est mise en place progressivement sur plusieurs siècles et s'est peu à peu centrée sur Rome. Aussi les saints anciens étaient-ils déclarés tels par les évêques locaux alors que depuis le XIIIe siècle la canonisation ne peut être déclarée que par le pape. Le droit romain prévoit aussi un temps minimum entre le décès de la personne et l'introduction de sa cause à Rome. Cependant les durées sont variables. Claire d'Assise a failli être déclaré sainte lors de ses funérailles par le pape lui-même. Antoine de Padoue fut canonisé un peu moins d'un an après sa mort. Jeanne d'Arc dut attendre près de 500 ans avant d'être canonisée, et la procédure dura près d’un demi-siècle (elle a été simplifiée depuis). Depuis Vatican II, une nouvelle procédure a été initiée. Les délais sont raccourcis, le nombre de miracles post mortem nécessaire, qui pouvaient atteindre plusieurs centaines (en fonction de la crédulité des époques), est réduit au nombre de deux. Sous le pontificat de Jean-Paul II, pas moins de 2000 nouvelles béatifications ou canonisations seront proclamées en 25 ans, alors qu’il aura fallu plusieurs siècles à ses prédécesseurs pour quelques centaines de déclarations.
La place du saint dans l’Église et dans l’esprit des croyants a fortement évolué durant la seconde moitié du XXe siècle. Le culte qui leur était rendu s’est amenuisé, leur image est plus utilisée comme "exemple" qu’en tant que recours et intercesseurs rôle qu’ils ont remplis des siècles durant.
Les influences (et contestations) idéologiques ainsi que le lobbying, se sont renforcées. Pour qu’une demande aboutisse de façon positive, le groupe demandeur doit déployer énormément d’énergie et disposer de moyens financiers importants afin de satisfaire à toutes les expertises et enquêtes nécessaires. Ce qui explique en partie le nombre majoritaire de saints issus de congrégations religieuses [réf. nécessaire].
Christianisme orthodoxe
Lors de chaque liturgie eucharistique, aussitôt après la consécration, le prêtre élève les saints dons consacrés vers l'assistance des fidèles et proclame ; "les saints dons sont pour les saints !" Et les fidèles ou les chantres protestent : "Un seul est saint, un seul est Seigneur, Jésus-Christ, à la gloire de Dieu le Père". La sainteté orthodoxe est une participation à la vie du Christ et les saints sont appelés ainsi dans la mesure où ils sont christophores, c'est à dire suffisamment humbles et obéissants en la personne du Christ pour représenter fidèlement son image, en être une icône.
L'Église orthodoxe ignore la notion de "bienheureux", le mot est équivalent de saint. Elle ignore aussi les procès en canonisation ou le nombre minimum de miracles requis pour être proclamé saint. Lorsque la vénération de la mémoire d'un défunt se répand parmi les fidèles, le synode de l'Église concernée se réunit autour du primat (patriarche ou archevêque) et étudie la question de la sainteté de cette personne. Il arrive souvent que quelques icônes aient déjà été peintes à sa mémoire. La sainteté de la personne en question est ensuite proclamée en même temps qu'est déterminé un (ou plusieurs) jour de fête liturgique et l'adoption d'un tropaire (hymne en l'honneur du nouveau saint). Le canon iconographique du saint s'élabore ensuite petit à petit.
Dans le calendrier orthodoxe, le jour consacré à la mémoire de tous les saints est le premier dimanche après la Pentecôte.
Protestantisme
Le protestantisme se distingue du reste du christianisme notamment par son refus du culte des saints (et de leurs reliques).
La Bible déclare sainte toute personne ayant accepté le sang de Jésus versé à la croix comme nécessaire et suffisant pour effacer ses péchés, car tous sont pécheurs devant Dieu (cf. Hébreux 10.29 et Romains 3.10-18). Ce sens du mot saint comme synonyme de chrétien est le plus courant en protestantisme.
Cette confession insiste sur l'affirmation du salut à l'initiative de Dieu seul (sola gratia, sola fide), ce qui implique que « Dieu seul connaît ceux qui lui appartiennent ». De ce fait, les protestants s'abstiennent de déclarer quiconque particulièrement saint, d'autant que leur conception de l'après-vie est très variable non seulement selon les dénominations mais aussi selon les individus.
Dans le protestantisme classique, on appelle couramment saints les personnages du Nouveau Testament, sans que cela donne lieu au moindre culte, car pour l'ensemble des protestants, le culte n'est dû qu'à Dieu seul (Soli Deo gloria).
Par tradition, plusieurs pays protestants ont conservé comme patron le saint qui est réputé avoir joué le plus grand rôle dans leur évangélisation : sainte Brigitte en Suède, saint Olav en Norvège, etc.
Islam
En théorie, l'islam réprouve tout culte autre que celui adressé à Dieu. Il parle d'associateurs pour désigner ceux qui pratiquent autrement.
Dans les pays d'Afrique et précisément au Maghreb, on pratique aussi un certain culte des saints nommés marabouts. Le soufisme dont les tariqa sont répandues dans l'ensemble de l'espace musulman connaît aussi des wali toujours traduits par saints dans la littérature d'expression française.
Pourtant, le chiisme reconnaît des saints et leur tombeau donne lieu à des pèlerinages.
Sur les saints en islam : Femmes et religions en Islam, un couple maudit ? par Sossie ANDEZIAN, dans CLIO, revue francophone d'histoire des femmes. Au cours d'une étude du mysticisme féminin, elle présente le concept de saint et son fonctionnement dans la spiritualité musulmane féminine.
Se reporter aussi à l'ouvrage d'Émile Dermenghem (1892-1971), Vies des saints musulmans. 2e édition. Arles : Sinbad-Actes Sud, coll. « La bibliothèque de l'Islam », 2005. 329 p., 23 cm. ISBN 2-7427-5717-1.
Hindouisme
Bouddhisme
Voir aussi
Articles connexes
- Saints dans le bouddhisme : arhat | bodhisattva
- Saints dans le catholicisme : saints par ordre alphabétique | canonisation | sanctification | Vita
- Saints auxiliaires
- Saints dans le christianisme orthodoxe : icône | Liste des saints de l'Église orthodoxe
Liens externes
- Nominis: Site de Référence pour l'Eglise Catholique en France
Sources
Notes et références
- ↑ Paul de Tarse. Première et secondes épître aux Corinthiens
- ↑ Régine Pernoud, Les Saints au Moyen Âge - La sainteté d’hier est-elle pour aujourd’hui ?, Plon, Paris, 1984, 367 p., p 23-30
| Étapes de la canonisation dans l'Église catholique romaine |
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| Serviteur de Dieu ==> Vénérable ==> Bienheureux ==> Saint |
Catégories : Religion • Mysticisme • Doctrine chrétienne


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